Homélie du pape François lors du Consistoire pour la création de 14 cardinaux

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de l’homélie du pape François lors du Consistoire ordinaire public pour la création de 14 nouveaux cardinaux telle que prononcée par le pape François en la basilique Saint-Pierre de Rome:

«Les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem; Jésus marchait devant[1] eux» (Mc10, 32).

Le début de ce passage caractéristique de Marc nous invite à toujours voir comment le Seigneur prend soin de son peuple grâce à une pédagogie incomparable. En route vers Jérusalem, Jésus ne manque pas de précéder (primerear) les siens. Jérusalem représente l’heure des grandes déterminations et décisions. Nous savons tous que, dans la vie, les moments importants et cruciaux font parler le cœur et révèlent les intentions ainsi que les tensions qui nous habitent. Ces carrefours de l’existence nous interpellent et font émerger desquestions ainsi que des désirs pas toujours transparents du cœur humain. Voilà ce que révèle, avec une grande simplicité et réalisme, le passage de l’Évangile que nous venons d’écouter. Face à latroisième et plus dure annonce de la passion, l’Évangéliste ne craint pas de révéler certains secrets ducœur des disciples: recherche des premières places, jalousies, convoitises, intrigues, arrangements et accords; une logique qui non seulement mine et corrode de l’intérieur les relations entre eux, maisqui en outre les enferme et les engage dans des discussions inutiles et de peu d’intérêt. CependantJésus ne s’arrête pas à cela, mais va de l’avant; il les devance (primerea) et avec force il leur dit: «Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur» (Mc 10, 43). Par ce comportement, le Seigneur cherche à recentrer le regard et le cœur de ses disciples,en empêchant que les discussions stériles et autoréférentielles trouvent place au sein de la communauté. À quoi sert-il de gagner le monde entier si l’on est corrompu à l’intérieur? À quoi sert-il de gagner le monde entier si l’on vit tous pris dans les intrigues asphyxiantes qui font dessécher etrendent stérile le cœur et la mission? Dans cette situation – comme quelqu’un l’a fait observer – on pourrait déjà entrevoir les intrigues de palais, y compris dans les curies ecclésiastiques.

«Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi»: une réponse du Seigneur qui est, avant tout, uneinvitation et un effort pour récupérer ce qu’il y a de meilleur chez les disciples et ainsi pour ne pas se laisser corrompre et emprisonner par des logiques mondaines qui détournent le regard de l’essentiel.«Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi»: c’est la voix du Seigneur qui fait éviter à la communautéde se regarder trop elle-même au lieu de diriger le regard, les ressources, les attentes et le cœur versce qui compte: la mission.

Et ainsi Jésus nous enseigne que la conversion, la transformation du cœur et la réforme de l’Église sont et seront toujours d’un point de vue missionnaire, car cela présuppose que l’on cesse devoir et de rechercher ses propres intérêts pour regarder et rechercher les intérêts du Père. La conversion de nos péchés, de nos égoïsmes n’est pas et ne sera jamais une fin en soi, mais viseprincipalement à faire grandir dans la fidélité et dans la disponibilité pour embrasser la mission. Etcela de manière que, à l’heure de vérité, surtout dans les moments difficiles pour nos frères, nous soyons bien disposés et disponibles pour les accompagner et accueillir tous et chacun, et que nous ne devenions pas de très bons repoussoirs, ou par étroitesse de vue[2], ou bien, pire encore, parce que nous discutons et pensons entre nous à celui qui sera le plus important. Quand nous oublions la mission, quand nous perdons de vue le visage concret des frères, notre vie se renferme dans la recherche de nos propres intérêts et de nos propres sécurités. Et ainsi, commencent à grandir le ressentiment, la tristesse et le dégoût. Peu à peu, disparaît l’espace pour les autres, pour lacommunauté ecclésiale, pour les pauvres, pour écouter la voix du Seigneur. De cette manière, on perdla joie et le cœur finit par se dessécher (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 2).

«Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi, nous dit le Seigneur, […] celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous» (Mc 10, 43.44). C’est la béatitude et le magnificat que nous sommes appelés chaque jour à entonner. C’est l’invitation que le Seigneur nous adresse pour que nous n’oublions pas que l’autorité dans l’Église grandit avec cette capacité de promouvoir la dignité de l’autre, d’oindre l’autre, pour guérir ses blessures et son espérance tant de fois offensée. C’est noussouvenir que nous sommes ici parce que nous sommes invités à « porter la Bonne Nouvelle auxpauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre enliberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur» (Lc 4, 18-19).

Chers frères Cardinaux et nouveaux Cardinaux, tandis que nous sommes en route vers Jérusalem, le Seigneur marche devant nous pour nous rappeler encore une fois que l’unique autoritécrédible est celle qui naît du fait de se mettre aux pieds des autres pour servir le Christ. C’est celle qui vient du fait de ne pas oublier que Jésus, avant d’incliner la tête sur la croix, n’a pas eu peur de s’incliner devant ses disciples et de leur laver les pieds. C’est la plus haute distinction que nous puissions obtenir, la plus grande promotion qui nous puisse être accordée: servir le Christ dans le peuple fidèle de Dieu, dans celui qui est affamé, dans celui qui est oublié, dans le prisonnier, dans le malade, dans le toxicodépendant, dans la personne abandonnée, dans les personnes concrètes avec leurs histoires et leurs espérances, avec leurs attentes et leurs déceptions, avec leurs souffrances et leurs blessures. Ce n’est qu’ainsi que l’autorité du pasteur aura la saveur de l’Évangile et ne sera pas«qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante» (1 Co 13, 1). Personne parmi nous ne doit sesentir ‘‘supérieur’’ à quelqu’un. Personne parmi nous ne doit regarder les autres de haut. Nous pouvons regarder ainsi une personne uniquement quand nous l’aidons à se relever.

Avec vous, je voudrais rappeler une partie du testament spirituel de saint Jean XXIII, qui en avançant sur le chemin a pu dire: «Né pauvre, mais de gens humbles et honorables, je suis particulièrement heureux de mourir pauvre, en ayant distribué, selon les diverses exigences et circonstances de ma vie simple et modeste, au service des pauvres et de la Sainte Église qui m’a nourri, ce que j’ai eu entre les mains – par ailleurs, dans une mesure assez limitée – durant les années de mon sacerdoce et de mon épiscopat. Des apparences de bien-être ont souvent caché des épinesd’une pauvreté affligeante et qui m’ont empêché de donner toujours avec la largesse que j’auraisouhaitée. Je remercie Dieu de cette grâce de la pauvreté dont j’ai fait vœu dans ma jeunesse, pauvreté d’esprit, comme prêtre du Sacré Cœur, et pauvreté réelle, et qui m’a aidé à ne jamais rien demander: ni des postes, ni de l’argent, ni des faveurs, jamais, ni pour moi, ni pour mes parents ou des amis» (29juin 1954).

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[1] Le verbe proago est le même avec lequel Jésus ressuscité fait annoncer à ses disciples qu’il les ‘‘précèdera’’ en Galilée(cf. Mc 16, 7).
[2] Cf. Jorge Mario Bergoglio, Ejercicios Espirituales a los Obispos espagnoles, 2006.

[01080-FR.01] [Texte original: Italien]

La révolution de la normalité

Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. pour le troisième anniversaire de l’élection du pape François (Traduit de l’anglais par Francis Denis)

Ce dimanche 13 mars 2016 marque le troisième anniversaire de l’élection du Cardinal Jorge Mario Bergoglio comme évêque de Rome. Après son élection, dans la chapelle Sixtine il y a déjà trois ans, il prit le nom de François en l’honneur de Saint François d’Assise qu’il aime tant. Durant ces trois années, plusieurs observateurs ont associé le nouveau Pape, à cause de ses gestes et de ses actions, au « poverello » au petit pauvre d’Assise, celui qui est peut-être le saint le plus aimé dans la tradition catholique. En effet, c’est en une journée de fin du 12e siècle que le jeune Giovanni di Pietro di Bernardone (que l’on nommera plus tard « François ») a entendu la plainte de Jésus « Vas et rebâtis mon Église » depuis le crucifix de la chapelle abandonnée de Saint Damien dans les faubourgs d’Assise. C’est certainement ce qu’il fit durant toute sa vie et ensuite par l’entremise de l’immense famille franciscaine qu’il a laissée derrière lui afin de perpétuer son rêve et de continuer l’œuvre qu’il avait entreprise.

Nous pouvons facilement nous laisser captiver par les nombreuses images accrocheuses, le buzz médiatique, les photos touchantes ou les belles expressions du pape François reprises régulièrement. Par exemple, plusieurs ont été surpris par l’abandon des chaussures rouges qui, soit dit en passant, ne furent jamais un vêtement officiel des Souverains pontifes! On est émerveillés de voir un Pape qui s’habille modestement, qui paie ses propres factures, qui se déplace dans la cité du Vatican dans une Ford Focus ou bien dans une petite voiture lorsqu’il est à l’extérieur. On est heureux de voir un Pape qui invite les gens de la rue à son déjeuner d’anniversaire et qui demande à son chauffeur d’arrêter devant le mur entre Jérusalem et Bethléem afin de pouvoir prier devant une preuve flagrante de divisions et de douleurs. On est enchantés de voir un Pape inviter des clercs musulmans à faire un bout de chemin avec lui dans la papemobile en République Centrafricaine, pays déchiré par la guerre. Avec les années, ce pontife romain est devenu spécialiste non seulement des embrassades de bébés mais également des malades, des corps défigurés et des rejetés de nos sociétés. Il sait comment utiliser un téléphone et il l’utilise souvent. Il attend en ligne pour retrouver son manteau dans le hall du Synode au Vatican et se réjouit de passer beaucoup de temps avec les journalistes dans l’avion lors de ses nombreux voyages alors que nombre d’évêques retiennent leur souffle à chacune de ces rencontres devenues légendaires. Il a restauré le Synode des évêques en lui redonnant la place qui lui revient c’est-à-dire en faisant des ces rencontres des lieux de libre expression, de prises de parole courageuses, franches et ouvertes plutôt que des prestations arrangées d’avance pour manifester une pseudo concorde.

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Plusieurs se disent intérieurement et en souriant : « Quel changement! », « Quelle révolution! » « Quelle simplicité! », « Wow », « Enfin !». Cependant, plusieurs observateurs sont sous le choc et ressentent de l’angoisse se demandant : « Que fait-il donc? », « Comment peut-il continuer à ce rythme ? », « Ne se rappelle-t-il pas qu’il est le Vicaire du Christ? ».

« Est-ce que la Réforme de François sera un succès? ». La réponse est oui. La réforme de François est inévitable parce qu’elle n’émane ni d’Assise, ni de Loyola, ni de Mansera ou même de Rome, aussi importants que soient ces saints lieux! Elle est fondée sur la grande histoire venue d’ailleurs et qui s’est tenue à Bethléem, à Nazareth, à Naïm, à Emmaus, au Mont Tabor, en Galilée, à Jérusalem la décapole, les terres de la Bible. Le pape François a fondé son ministère pétrinien sur l’Évangile du charpentier et qui était Fils de Dieu et Seigneur, Sauveur et Rédempteur de la famille humaine.

Le pape François veut que nous soyons chaleureux, accueillants et prompts à pardonner comme Jésus nous en a donné l’exemple dans chaque page du Nouveau Testament. Jour après jour, il nous rappelle que nous avons un Maître et Seigneur qui partage la joie des épouses de Cana, de Galilée ainsi que les angoisses de la veuve de Naïm, que nous avons un Maître et Seigneur qui entre dans la maison de Jaïre, touchée par la mort, la maison de Béthanie, parfumée de nard. Un Maître qui a pris sur lui la maladie et les souffrances au point de donner sa vie en rançon pour la multitude.

Suivre le Christ signifie aller dans la même direction que lui, prendre en charge, comme le bon samaritain, le blessé que nous rencontrons sur la route, aller à la recherche de la brebis égarée. Comme Jésus, être près des gens, partager leurs joies et leurs peines, manifester par notre amour le visage paternel de Dieu ainsi que la caresse maternelle de l’Église. François veut que nous mangions avec les pécheurs et les collecteurs d’impôts. Il veut que nous pardonnions à la femme adultère (tout en l’invitant à ne plus pécher). Il veut que nous accueillions et respections les étrangers (même nos ennemis). Et, par-dessus tout, il ne veut pas que nous jugions les autres. Le pape François a parlé bellement et fortement de retrouver l’unité perdue. Il veut que nous construisions des ponts que tous pourront traverser. Il est spécialement conscient du sort réservé aux pauvres et à ceux qui sont marginalisés, ceux que l’on garde dans les périphéries de la société. Il a parlé fortement de la crise des réfugiés et déploré le mal que sont l’avortement et l’euthanasie. Il demande une éthique de la vie cohérente avec un respect de son intégrité, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle.

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(CNS photo/Paul Haring)

Au tout début de son ministère pétrinien, il a dit fortement et clairement sur la Place Saint-Pierre : « Un peu de miséricorde fait du monde un endroit moins froid et plus juste. Nous devons comprendre correctement la miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est si patient » (Angelus, 17 Mars 2013). Depuis ce jour, son cri de ralliement est « miséricorde ». Juste avant le début du Carême de cette année, le pape François a écrit un livre personnel ayant pour titre « Le Nom de Dieu est Miséricorde » qui fut publié simultanément à travers le monde. Le thème principal de ce livre est la miséricorde ainsi que les raisons pour lesquelles il a décidé de proclamer l’ouverture d’une Sainte Année de la Miséricorde. La miséricorde est le message le plus important de Jésus. La miséricorde est essentielle parce que nous sommes tous pécheurs. Nous avons tous besoin du pardon de Dieu et de sa grâce, spécialement aujourd’hui, en ce temps où « l’humanité est blessée » et où elle souffre « de tous les esclavages de ce troisième millénaire », pas seulement des guerres, de la pauvreté et de l’exclusion sociale mais aussi du fatalisme, de la dureté du cœur et de la droiture autoproclamée. [Read more…]

Pape François : six mois de pontificat

Pope arrives to lead general audience in St. Peter's Square at VaticanLes cardinaux sont venus le chercher « au bout du monde ». Une première dans l’histoire de l’Église, car jamais auparavant le siège de Pierre n’avait été occupé par un sud-américain. Ni même par un jésuite. C’est donc un profil « atypique »  qui est à la tête de l’Église depuis le 13 mars dernier. Et en six mois le pape François semble être parvenu à s’imposer. Il n’a pas peur de dire « Non », il casse allègrement le protocole, sans vergogne. Par ses gestes et par ses paroles le nouveau Pontife ne cesse de surprendre. La rédactrice en chef de la section française de Radio Vatican dira même qu’il crée un « véritable séisme », qui « secoue les catholiques, mais aussi les médias et l’opinion publique ». Loin de l’image traditionnelle que l’on se fait d’un souverain pontife, le pape François  reste un peu le cardinal Bergoglio, celui de Buenos Aires, le « bon pasteur ». Se mêlant ainsi aux foules, embrassant les malades, lavant les pieds des prisonniers, rencontrant les réfugiés, visitant les toxicomanes. Il se laisse volontiers prendre en photo, décroche son téléphone pour répondre à des lettres, et désormais, se déplace même en 4L.

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Benoît XVI devient un « simple pèlerin »

Pope Benedict XVI walks away after making final public appearance as pope in Castel Gandolfo

« Ce n’est bien évidemment pas un jour comme les autres » disait Benoît XVI  avant de se retirer définitivement de ses fonctions. Et pour cause, les lumières sont éteintes dans ses appartements place Saint-Pierre ce jeudi soir. Une journée particulièrement longue et éprouvante  pour ce pape émérite qui a salué une dernière fois ce matin le collège cardinalice, et autres prélats de la Curie. Lors de cette ultime rencontre salle Clémentine au Vatican, le cardinal doyen, Angelo Sodano, s’est adressé à Benoît XVI de la part de ses pairs, le remerciant pour son « service apostolique de grande abnégation, totalement tendu vers le bien de l’Église et de l’humanité ». Et en faisant référence à l’expérience des disciples d’Emmaüs, il poursuit : « c’est avec amour que nous avons essayé d’accompagner votre chemin…Oui, très Saint-Père, notre cœur brulait ces dernières années à vos côtés et, aujourd’hui, nous voulons vous redire toute notre gratitude ». Benoît XVI quant à lui, dans une courte allocution est revenu sur la nature de l’Église, faisant référence au philosophe et théologien Romano Guardini : « L’Église n’est pas une institution inventée,  mais une réalité vivante. Elle vit au long des siècles et grandit comme tout être vivant, en se transformant, tout en restant elle-même, car son cœur est le Christ…Vivant dans le monde, elle n’est pas du monde, mais de Dieu, du Christ et de l’Esprit ». Lors de ces échanges l’émotion était forte, certains pleuraient, d’autres étaient au bord des larmes. Benoît XVI, visiblement fatigué mais attentif, a pris le temps de saluer une toute dernière fois les cardinaux présents, et a promis révérence et obéissance inconditionnelles à son successeur. [Read more…]

Noble départ de Benoît XVI

C’est un coup de tonnerre au plus haut sommet de l’Église. Le renoncement de Benoît XVI à poursuivre son pontificat a pris tout le monde de court. Partout, l’annonce a provoqué une onde de choc. Une grande partie des fidèles salue le courage du souverain pontife et juge son choix lucide, mais d’autres comprennent mal sa décision.

Il a pris le monde entier au dépourvu, mais il n’avait pas caché cet éventuel départ. Dans Lumière du Monde, publié en 2010, Benoît XVI déclarait : « Quand un pape en vient à reconnaître en toute clarté que physiquement, psychiquement et spirituellement, il ne peut plus assumer la charge de son ministère, alors il a le droit et, selon les circonstances, le devoir de se retirer ».

C’est désormais chose faite. La décision est grave reconnait Benoît XVI, et d’une grande importance pour la vie de l’Église. L’annonce a suscité de nombreuses réactions. Dans l’Église d’abord. Le cardinal Angelo Sodano, doyen du collège des cardinaux, a été le premier à réagir, en exprimant sa solidarité au nom des cardinaux. « Nous vous sommes plus que jamais proches, comme nous l’avons été au long de ces huit années d’un pontificat lumineux » a-t-il confié au Saint-Père directement après sa déclaration officielle. Mais la stupeur s’étend au-delà de l’Église catholique. Le chef spirituel des anglicans, Justin Welby, dit « comprendre » la démission de Benoît XVI, mais confie avoir le « cœur lourd ». De son côté le grand rabbin ashkénaze d’Israël, Yona Metzger, a déclaré que le Pape Benoît XVI avait amélioré les relations entre le christianisme et le judaïsme, contribuant  à une « diminution des actes antisémites dans le monde ». [Read more…]

Perspectives hebdo: regard sur la pensée et le ministère d’un pape

Gilles Mongeau sjLe 19 avril 2005, Benoît XVI succédait à Jean-Paul II et devenait le 265e pape de l’Église catholique. Théologien, professeur, évêque puis préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, Joseph Ratzinger est l’un des grands penseurs chrétiens de l’ère moderne.  Pour lui, l’Église vit d’abord au « temps de Dieu » et l’exercice du ministère pétrin s’inscrit dans cette vision. Retour sur 5 années mouvementées pour comprendre la pensée d’un pape-théologien et le rôle du successeur de Pierre aujourd’hui.

Invité : Père Gilles Mongeau, sj, théologien, Regis College
Avec les propos de Frédéric Mounier, envoyé du journal La Croix à Rome, du père Thomas Rosica, csb, consulteur au Conseil pontifical pour les communications sociales et du Cardinal Marc Ouellet.

Ce soir à 19h05 et 23h05 et sur la page de l’émission.