Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix pour le Congrès SIGNIS 2017

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du Cardinal de Monsieur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Primat du Canada telle que prononcée lors de la Messe pour le Congrès mondial de Signis 2017 en la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, Québec, 21 juin 2017:

« Restons connectés pour dire l’espérance »

Très chers frères et sœurs,

Chères communicatrices, chers communicateurs venus de toutes les régions du monde,

Vous avez sûrement remarqué que la Parole de Dieu qui vient de nous être proclamée parle essentiellement de semence, de croissance et de fécondité. Des thèmes bibliques riches et fort signifiants pour notre réflexion au cœur de votre Congrès mondial.

Dans les récits de la création dans le livre de la Genèse, on nous présente un jardin créé par Dieu, un jardin très fécond où tout pousse, où tout est bon et généreux. Un jardin qui dépeint l’explosion de la Vie, semence de Dieu sur cette terre, notre maison commune. La création est sans contredit une manifestation exubérante de cette vie divine et de sa fécondité. Mais Dieu n’avait pas encore dit son dernier mot.

Le Seigneur n’a pas seulement créé ce monde, créé l’homme et la femme pour qu’ils y vivent en les laissant seuls. Dès le début, il entre en relation et propose une grande amitié, une Alliance avec les humains que nous sommes. Du jamais vu, de l’inédit. Notre Dieu n’est pas un grand silencieux qui nous regarde passivement du haut du ciel. Il parle, il prend l’initiative d’entrer en dialogue avec nous. Et petit à petit, nous découvrons que sa Parole est bienfaisante, pleine de vie. Elle libère et remet debout, elle met en marche. Elle produit des fruits. Il n’y a pas seulement que les semences du jardin qui produisent du fruit, la Parole en produit aussi.

La Palabra de Dios es vida y produce frutos abundantes. Nos lo recordó el profeta Isaías : “Así dice el Señor: como bajan la lluvia y la nieve de los cielos y no vuelven allá sin haber empapado la tierra, sin haberla fecundado y haberla hecho germinar, para que dé la simiente para sembrar y el pan para comer, así será la palabra que salga de mi boca. No volverá a mí con las manos vacías sino después de haber hecho lo que yo quería, y haber llevado a cabo lo que le encargué”.

Ustedes que obran en los medios de comunicación, siembran a diario la semilla de la Palabra a través de sus artículos, programas, reportajes, entrevistas, testimonios. Siembran con fe y audacia porque bien saben que esa divina semilla es fecunda y pronto o tarde producirá frutos en los corazones. En décadas pasadas, el jardín de los medios de comunicación era bien definido; un periódico o una revista llegaba a sus suscriptores ; un programa de televisión a los que tenían antena sobre su techo. Hoy en día, gracias a internet y a las nuevas tecnologías, su jardín se ha ampliado a las dimensiones del mundo. ¡Qué bendición y a la vez, qué responsabilidad! Ustedes tienen una oportunidad sin precedentes de proclamar y hacer llegar la Palabra de Dios a tantas personas, de entrar en lugares que nosotros no logramos acceder. Tengan fe que lo que ustedes siembran a diario a través de su trabajo no retorna a Dios sin haber producido lo que Él quiere.

Saint John, in his first Letter, shares a vibrant expression of his faith: “We declare to you what was from the beginning, what we have heard, what we have seen with our eyes, what we have looked at and touched with our hands, concerning the word of life — this life was revealed, and we have seen it and testify to it…”.  John’s personal encounter, his experience with Jesus Christ transforms him into a great communicator, a missionary able to spread the Good News of the death and resurrection of Christ to the world.

No Facebook account yet, no Tweets, no printing presses or 4K Pro video cameras, no internet or optical fiber were anywhere to be seen, and yet the Gospel spread all over the world and has reached all of us, who represent close to 50 countries.

I’m not a specialist in communications, but my humble conclusion when I hear this and listen to the Gospel is that the strength, the vigor is not in the means or the apostle, but in the seed, in the Word of God, in the Word of God made flesh, Jesus Christ. Pope Francis put it well in this year’s Message for World Communications Day: “Confidence in the seed of God’s Kingdom and in the mystery of Easter should also shape the way we communicate. This confidence enables us to carry out our work – in all the different ways that communication takes place nowadays – with the conviction that it is possible to recognize and highlight the good news present in every story and in the face of each person”.

That is where we find Hope to pursue our mission. Of course, we continue to strive to put to use the most modern means of communication, the best technologies and prepare ourselves to be as professional as we can, but we do not forget that the power, the strength, the Life, is in the seed. the Word of God, the Incarnate Word who gave His Life so we may have abundant life and eternal life. What a humbling and exciting experience for all of you communicators who are called to exercise this vital mission in today’s world.

 Nous sommes familiers avec la parabole du semeur. Je ne suis pas sûr que votre chef de pupitre aurait accepté autant de répétition dans une même phrase : « Le Semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin ». Semeur, semer, semence, semait… ce n’est pas fort en composition si on regarde ça d’un point de vue littéraire. Cependant, la parabole de Jésus nous laisse bien entrevoir la générosité de Dieu qui, comme ce semeur, sème la Parole partout généreusement, même sur des terrains qui à première vue sont stériles. Il est vrai que les chances sont meilleures pour la semence lorsqu’elle tombe dans une bonne terre, une terre accueillante et dégagée de tout obstacle.

Rappelons-nous toutes les fois où Jésus s’est approché des pécheurs qui à prime abord semblaient fermés, endurcis ou très souffrants. Ils ont pourtant accueilli la Parole du Sauveur et leur vie en a été transformée. Pensons encore à Zachée, au démoniaque de Gérasa, à la femme adultère, à Marie-Madeleine, au bon larron. Frères et sœurs, restons connectés à la puissance de la Parole pour dire l’espérance à un monde qui a un profond besoin de lumière et de Vie.

Je me souviens alors que j’étais jeune prêtre, d’un matin où l’on sonne à ma porte à six heures. Je réponds et un homme demande à me rencontrer. Je ne le connais pas. Il m’avoue arriver d’un motel où il a passé la nuit avec une femme qui n’est pas la sienne. Elle est partie vers deux heures du matin. Il décide alors de regarder la télévision dans sa chambre, seul. En faisant le tour des chaînes, il tombe sur un programme de la télévision communautaire qui présente un extrait de conférence de Jean Vanier. Il est bouleversé par les propos qu’il vient d’entendre et se sent appelé à changer de vie par l’Évangile proclamé dans cette conférence. Ne sachant plus quoi faire, il décide de rencontrer un prêtre. Ce moment fut l’occasion d’une conversion profonde et toute sa vie a changé de direction. Par la suite, il a souvent témoigné publiquement de sa conversion. La Parole qui touche le cœur et produit des fruits de conversion et de vie l’a rejoint là où il se trouvait. Ne l’oublions jamais !

Nos saints fondateurs et fondatrices à Québec nous ont laissé le témoignage d’une foi profondément enracinée dans le Christ et sa Parole. Sainte Marie de l’Incarnation et la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin sont arrivées en Nouvelle-France au début du 17e siècle, alors que tout était à construire. Les défis étaient de taille et les dangers omniprésents. Les longs hivers québécois à l’époque – ils le sont encore aujourd’hui – et la précarité de la communauté naissante présentaient des obstacles majeurs à surmonter. Et pourtant, ces femmes n’y ont pas seulement survécu, elles y ont vécu leur mission respective dans l’éducation et la santé avec brio. C’était des femmes d’espérance, connectées à la Source qu’est la Parole de Dieu et à une relation intime avec lui; des missionnaires habitées par un zèle apostolique qui a produit de grands fruits. Leur vie nous inspire encore aujourd’hui.

Un journaliste du journal Le Soleil, Louis-Guy Lemieux a écrit ces lignes qui en disent long sur Marie de l’Incarnation : « Plus que Champlain, le fondateur, plus que Louis Hébert, le premier habitant enraciné, plus que Jean Talon, le solide intendant, plus que Louis Jolliet, l’explorateur et découvreur du Mississippi, plus que ces aventuriers de robe ou d’épée, flamboyants ou profiteurs, c’est elle, Marie Guyart qui incarne le mieux le courage et la ténacité des premiers Canadiens. Ses contemporains se reconnaissent en elle. Sans quitter son couvent, elle aura été le ciment de la Nouvelle-France[1]. » Marie de l’Incarnation et Marie-Catherine de Saint-Augustin furent de grandes communicatrices de l’espérance et de l’Évangile, par le don de leur vie au service de la mission. Des femmes connectées qui ont su vivre et dire l’espérance qui les habitaient.

Notre premier évêque, saint François de Laval, canonisé par le pape François en 2014, a su soutenir la communauté naissante en Nouvelle-France malgré les nombreux obstacles et tempêtes qu’il a rencontrés. Il ne s’est pas laissé effrayer ou démotiver car son cœur était empreint de confiance en Dieu. Il aimait dire : « Il nous faut mettre toute notre confiance et notre force en Dieu… Il faut se laisser conduire par la Providence. » Ou encore : « Que les missionnaires se souviennent que la semence de la Parole de Dieu porte son fruit dans la patience. » Soyons, nous aussi, habités par cette confiance en Dieu et sa en Parole et ayons la patience de laisser croître ce qui est semé dans les cœurs par notre travail quotidien.

On this shared day that brings together delegates from the SIGNIS World Congress and the Catholic Press Association of the United States and Canada, may the Lord bless you and all you do so that His Word of Life and Hope may reach the ends of the world. May he sustain you and your colleagues in the mission we all share in the Church through our different vocations and charisms, to proclaim what we have seen with our eyes and heard with our ears, what we have touched: Jesus Christ, the Living One, who is with us and who sends us out to share His Good News.

 Señor, Padre nuestro, que tu Palabra cumpla su obra en nuestras palabras y obras para que muchos y muchos lleguen a conocerte, amarte y servirte.

Restons connectés pour dire l’espérance !

[1] Le Soleil, 16 mars 1997.

Église en sortie 16 juin 2017

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis rencontre le philosophe et animateur radio Jean-Philippe Trottier sur son livre intitulé « La profondeur divine de l’existence » publié aux éditions MédiasPaul. On vous présente un reportage sur la Montée Jeunesse 2017 qui s’est déroulée à l’archidiocèse de Sherbrooke. Dans la troisième partie de l’émission, on s’entretient avec l’abbé Jean-Philippe Auger sur son tout dernier livre « Tous disciples missionnaires » publié chez Novalis.

Église en sortie 9 juin 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons Gilles Proulx pour parler de son tout dernier livre intitulé « De Ville-Marie à Montréal ». On vous présente un reportage sur le 350e anniversaire de la Paroisse La Nativité de la Sainte-Vierge de La Prairie. Puis en troisième partie, Francis Denis s’entretient avec Mme Gaëtane Breton, chanteuse et auteur des chansons accompagnant le livre « La périlleuse fondation de Ville-Marie »  publié aux Éditions Planète rebelle.

L’Église et les jeunes: un discernement à double sens

 

CNS photo/Max Rossi, Reuters

Il y a quelques semaines, le Secrétariat de la 15e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques publiait un document préparatoire ainsi qu’un questionnaire sur le thème « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » pour les diocèses du monde entier. Suivant la même méthodologie que les précédents synodes sur la famille, ce document a pour but d’amorcer la réflexion en vue des discussions qui auront lieu à Rome en octobre prochain. Ce texte subdivisé en trois parties manifeste non seulement la richesse doctrinale, humaine et pastorale qui fait de l’Église, selon les mots du bienheureux Paul VI, une « experte en humanité » (no 13) mais également sa volonté d’inclure les jeunes dans cette démarche de réflexion qui vise à mieux les accompagner dans leur processus de discernement vocationnel. Ainsi donc, la conversion demandée à toute l’Église est déjà mise en pratique dans le processus même du synode !

À chacun sa vocation

Tout être humain a une vocation, c’est-à-dire un appel à l’amour qui prend « une forme concrète dans la vie quotidienne à travers une série de choix, qui allie état de vie (mariage, ministère ordonné, vie consacrée, etc.), profession, modalité d’engagement social et politique, style de vie, gestion du temps et de l’argent, etc. » (Intro). L’Homme étant un être social, il ne pourra découvrir le sens de sa vie que par l’entremise d’autres personnes qui l’aideront à déployer son plein potentiel tout au long de sa vie. La qualité de ce « parcours “ réflexif ” » (no3) dépendra donc énormément du milieu dans lequel les jeunes évoluent, d’où l’importance d’une approche adaptée à notre monde et à leur destinée intemporelle.

Un double discernement

Pour être en mesure d’aider les jeunes à grandir, à gagner en maturité et à faire les choix qui s’imposent dans tout discernement vocationnel, l’Église doit se mettre à leur portée dans un processus d’accompagnement qui tient compte du monde dans lequel ces jeunes vivent. Pour ce faire, une réflexion profonde sur les grandes dynamiques actuelles qui sont également opportunités et défis doit avoir lieu.

L’une des constatations du document est que la jeunesse ne représente pas un bloc monolithique. Nous avons affaire à « une pluralité de mondes des jeunes (no 1), ce qui demande une attention particulière aux subtilités culturelles, économiques, sociales, politiques, artistiques et j’en passe. Loin de vouloir faire une analyse exhaustive de ces différences, le document cherche à souligner quelques grands courants qui influencent les jeunes de toute société.

Par exemple, on souligne cette énergie de la jeunesse à vouloir s’impliquer, « sa disponibilité à participer et à se mobiliser pour des actions concrètes, où l’apport personnel de chacun peut être une occasion de reconnaissance identitaire ». Elle pourra trouver en l’Église le catalyseur de cette volonté d’engagement total tout en la préservant des différentes dérives de notre temps, qu’elles soient consuméristes ou idéologiques.

Cependant, l’Église doit se départir des attitudes qui pourraient infantiliser les jeunes et les porter à cette « insatisfaction envers des milieux où les jeunes ressentent, à tort ou à raison, qu’ils ne trouvent pas leur place ou dont ils ne reçoivent pas de stimuli ». Ainsi, une transformation missionnaire « d’une Église qui accompagne » (Evangelii Gaudium, no 24) les jeunes dans leur discernement lui permettra également d’exercer un examen de conscience sur ses propres pratiques. En ce sens, lorsque le Pape affirme : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. », cela signifie aussi donner des responsabilités aux jeunes sachant que, comme tout le monde, ils feront des erreurs mais qu’au bout du compte, ils seront à la hauteur des responsabilités que nous leur confierons.

La semaine prochaine, nous continuerons l’analyse de ce document important sur le processus de transformation missionnaire de l’Église tel que voulu par le pape François.

 

Homélie du pape François – Messe pour la XXVIIIe Journée mondiale de la Jeunesse

Capture d’écran 2013-07-28 à 09.47.43Donnée le 28 juillet 2013 par le pape François, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

Vénérés frères dans l’Épiscopat et le Sacerdoce.
Chers frères et sœurs, chers jeunes !

« Allez, et de toutes les nations faites des disciples ». Par ces mots, Jésus s’adresse à chacun de vous en disant : « cela a été beau de participer aux Journées mondiales de la Jeunesse, de vivre la foi avec des jeunes provenant des quatre coins u monde, mais maintenant tu dois aller et transmettre cette expérience aux autres ». Jésus t’appelle à être disciple en mission ! Aujourd’hui, à la lumière de la Parole de Dieu que nous avons entendue, que nous dit le Seigneur ? Trois paroles : Allez, sans peur, pour servir.

1. Allez. Ces jours-ci, à Rio, vous avez pu faire la belle expérience de rencontrer Jésus, et de le rencontrer ensemble ; vous avez senti la joie de la foi. Mais l’expérience de cette rencontre ne peut rester renfermée dans votre vie ou dans le petit
groupe de votre paroisse, de votre mouvement, de votre communauté. Ce serait comme priver d’oxygène une flamme qui brûle. La foi est une flamme qui est d’autant plus vivante qu’elle se partage, se transmet, afin que tous puissent connaître, aimer et professer Jésus Christ qui est le Seigneur de la vie et de l’histoire (Cf. Rm10, 9).
Cependant attention ! Jésus n’a pas dit : si vous voulez, si vous avez le temps, mais : « Allez, et de toutes les nations faites des disciples ». Partager l’expérience de la foi, témoigner la foi, annoncer l’Évangile est le mandat que le Seigneur confie à toute l’Église, et aussi à toi. Mais c’est un commandement, qui ne vient pas d’un désir de domination ou de pouvoir, mais de la force de l’amour, du fait queJésus en premier est venu parmi nous etnous a donné, non pas quelque chose de lui, mais lui-même tout entier ; il a donné sa vie pour nous sauver et nous montrer l’amour et la miséricorde de Dieu. Jésus ne nous traite pas en esclaves, mais en hommes libres, en amis, en frères ; et non seulement il nous envoie, mais il nous accompagne, il est toujours à nos côtés dans cette mission d’amour. [Read more…]

Le joug léger et le sourire d’un Maître bienveillant

Un problème technique nous a fait prendre du retard pour publier cette réflexion qui peut toujours nous inspirer…

Réflexion biblique pour le Quatorzième dimanche du Temps ordinaire A


Lors d’une session d’été en France pendant mes études de premier cycle, je me rappelle avoir visité l’Abbaye de Saint-Honorat dans les îles de Lérins, dans le Midi. J’y ai été particulièrement frappé par une figure médiévale du Christ en croix dans l’église abbatiale. Le crucifié, pendu à la croix, les yeux fermés et la tête penchée vers la droite, avait un visage souriant. Le vieux moine qui nous faisait visiter ce jour-là  nous expliqua que c’était le « Christ souriant ». Plusieurs de mes confrères de différents pays, notamment les fidèles d’autres confessions religieuses, étaient médusés de voir le Christ crucifié afficher un sourire paisible et demandèrent au moine comment la chose pouvait être possible. 
Je me suis souvent demandé pourquoi, de nos jours, nous ne représentons pas Jésus en train de sourire ou de rire. Oui, je sais qu’il y a quelques gravures et quelques représentations bien connues d’un Christ souriant, mais elles sont peu nombreuses et assez rares. J’oserais dire que plusieurs de nos portraits du Christ choisissent d’en évoquer des images plutôt sombres, graves et tristes qui nous viennent de la fin du Moyen Âge, époque où la peste et la danse macabre hantaient l’Europe.
S’il est vrai que le Nouveau Testament ne nous parle pas d’un Jésus souriant, riant aux éclats ou en train d’avoir du plaisir en compagnie des personnes de son entourage, les Écritures ne craignent pas de nous dire qu’il a ressenti et exprimé d’autres émotions. Nous savons qu’il a pleuré amèrement à la mort de son ami Lazare. Il n’a pas hésité à manifester sa colère au Temple quand  les gens en firent un centre commercial. Il s’est montré irrité des pièges que lui tendaient certains chefs religieux de son temps. Combien de fois aura-t-il été frustré de voir ses disciples incapables de comprendre la situation et le sens de ses paroles, ses paraboles, les annonces qu’il leur fit de sa passion et de son départ imminent?  Il vaut la peine de nous demander comment il se fait que les Écritures ne disent rien d’un Jésus souriant ou de l’humour avec lequel il dut bien réagir à la lenteur de ses disciples?  Il ne pouvait manquer de rire et de sourire quand il était entouré d’enfants qui, de toute évidence, recherchaient sa compagnie! [Read more…]

Chrétiens, Juifs, Musulmans du Moyen-Orient: Un meilleur avenir ensemble

Les Messages des représentants Musulmans

Le cri de S.O.S. de certaines communautés comme celle des Chrétiens d’Iraq chrétiens, de Palestine victimes d’atrocités fondamentalistes, et celles des chrétiens asiatiques émigrés au Golfe souvent victimes d’abus des droits humains, pose problème aussi bien chez les chrétiens que chez les Musulmans, ces derniers étant majoritairement modérés. Pourtant la violence et le terrorisme son un réalité vécue au quotidien surtout dans certaine régions conflictuelles comme l’Iraq actuel.

« Je ne peux pas vivre mon arabité sans le chrétien arabe du Moyen-Orient. » attesta Muhammad Al-Sammak, Conseiller du Mufti sunnite du Liban, qui fit part lors de son intervention de sa préoccupation quant a la disparition des chrétiens, partie intégrante originelle du tissu culturel oriental. « Conserver la présence chrétienne est un devoir islamique commun autant qu’un devoir chrétien commun », de conclure Mr. Al-Sammak aux applaudissements de l’assemblée. Ayatollah Mohaghegh Ahmadabadi qui lui succéda a la tribune décrivit le statut des chrétiens en Iran comme étant très privilégiés : « Les chrétiens vivent côte à côte et en paix avec leurs frères musulmans, ils jouissent de tous les droits juridiques des autres citoyens et exercent librement leurs pratiques religieuses.» conclut-il a une assemblée refroidie.

Nul ne peut nier les persécutions et massacres des Chrétiens – comme l’atroce massacre des fideles de l’Eglise syriaque catholique en Iraq hier dimanche, les inégalités de droits qui sont privilégient les musulmans dans certains pays. Les lois doivent être reformées pour assurer aux chrétiens une citoyenneté égale, comme par exemple le droit d’accès a la propriété qui est réservé aux musulmans dans plusieurs pays comme ceux du Golfe par exemple. D’autre part, le changement de mesures prises officieusement qui empêchent les chrétiens d’avancer dans la société, comme par exemple en Egypte ou un grand nombre de chrétiens compétents sont discrètement écartés des postes élevés de la fonction publique. [Read more…]

Les Chrétiens d’Iraq: Confrontation ou Fuite versus Charité et Convivialité

Confrontation ou Fuite?

Au Moyen Orient l’émigration forcée est devenue la norme. Il est désormais impossible pour un nombre croissant de Chrétiens – devenus désormais minoritaires dans un Moyen Orient plus déstabilisé et tourmenté que jamais – de vivre sainement, ou de vivre tout court dans leur pays d’origine. Dans plusieurs pays du Levant la définition du terme « Chrétien » se rapproche plus que jamais du martyrisme, de la survie et de l’émigration.

Dans cette région du monde les Chrétiens sont continuellement soumis de maintes manières a de diverses pressions et violences de toutes sortes qui les obligent a quitter leurs patrie pour pouvoir survivre et sauvegarder le restant de d’une dignité qu’ils sont souvent forcés à subjuguer à des idéologies politico-religieuses futiles imposées pour éviter d’être expatriés. Ceux qui choisissent de rester le font à leurs risques et périls. C’est ce qui arrive en Iraq. Que faire? Confronter contre les principes de la foi chrétienne ou fuir? Y-a-t-il d’autres alternatives?

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