N’oublions pas que Pierre détient les clés

Vingt-et-unième dimanche du temps ordinaire, Année A – 27 août 2017

Isaïe 22,19-23
Romains 11,33-36
Matthieu 16,13-20

Pendant mes études de deuxième et troisième cycles en Israël dans les années 1990, j’ai passé un certain temps avec l’équipe archéologique israélienne qui explorait le site de Césarée de Philippe dans le nord du pays. Césarée de Philippe se trouve à une vingtaine de milles au nord de la mer de Galilée dans le territoire qu’a dirigé le tétrarque Philippe, un fils d’Hérode le Grand, de 4 avant J.C. jusqu’à sa mort en 34 de notre ère. Le potentat reconstruisit la ville de Paneas en lui donnant le nom de Césarée, en l’honneur de l’empereur, auquel il ajouta Philippi (« de Philippe », pour la distinguer du port de mer en Samarie qui portait aussi le nom de Césarée.

L’endroit s’appelle aujourd’hui « Banias », déformation du mot « Paneas », qui renvoie au dieu grec Pan. À l’époque de Jésus, il y avait, dans cette localité située à la frontière entre Israël et la Syrie au pied du majestueux mont Hermont, un culte de la fertilité florissant dans un temple païen dédié à Pan. C’est là, en cet endroit de débordements sexuels et de culte païen au dieu grec Pan, que Jésus demande à ses disciples ce qu’ils pensent de son statut messianique. C’est là que Pierre acclame en Jésus le Messie du seul vrai Dieu. Décor étonnant pour ce récit dramatique de l’Évangile, en Matthieu 16, 13-20 !

Le récit de l’Évangile d’aujourd’hui a des parallèles en Marc 8, 27-29 et en Luc 9, 18-20. La relation de Matthieu attribue la confession à une révélation octroyée au seul Pierre (v. 17) ; elle fait de Pierre le rocher sur lequel Jésus construira son église (v. 18) et le disciple dont l’autorité dans l’église sur terre sera confirmée dans les cieux, c’est-à-dire par Dieu (v. 19). En tenant compte de la richesse du contexte mythologique grec associé à ce site impressionnant du nord de l’État d’Israël, arrêtons-nous à différents mots et à quelques expressions de l’Évangile d’aujourd’hui.

« Tu es le Messie »

En réponse à la question de Jésus (v. 13), « Le Fils de l’Homme, qui est-il d’après ce que disent les hommes ? », les disciples présentent une série de titres ou d’étiquettes que la rumeur appliquait à Jésus. Ces noms révèlent les diverses attentes qu’on entretenait à son sujet. Certains voyaient en lui un Élie, engagé avec fougue dans un affrontement avec les puissants. D’autres reconnaissaient plutôt en lui un Jérémie, non moins véhément mais plus attentif au cheminement intérieur, à la dimension personnelle, privée, de l’existence.

Quand Jésus pose à Pierre la question cruciale, « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », Pierre lui répond : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » Vu le cadre majestueux où se déroule l’Évangile d’aujourd’hui, est-ce que Pierre promulguait la mort de tous les autres dieux, celle de Pan notamment, qu’il pouvait apercevoir autour de lui, en proclamant que Jésus est le Fils du Dieu vivant ? La mort de Pan allait-elle provoquer une crise de pouvoir pour Tibère, et l’empêcher d’hériter du pouvoir d’Auguste ?

Le Fils du Dieu vivant

L’expression « fils de Dieu » doit être entendue dans le contexte de la mythologie grecque, présente à l’endroit où se produit la confession de Pierre. Le dieu grec Pan était associé à une montagne d’Arcadie et à une grotte en Attique. Comme l’Arcadie ne comptait guère de troupeaux de gros bétail, ce dieu pastoral était associé à la chèvre et il était représenté pour moitié sous la forme de cet animal. Pan devint un dieu universel dans la mythologie grecque, particulièrement populaire auprès des bergers, des agriculteurs et des paysans. De façon générale, Pan était amoureux, comme il convient à un dieu qui a d’abord pour mission d’assurer la fécondité des troupeaux ! Il était censé aimer les cavernes, les montagnes et les endroits isolés, et il avait un penchant marqué pour la musique : son instrument était la flûte de Pan ! Pan était un fils de Zeus, il était donc fils de Dieu !

Pierre déclare que « Jésus est le Fils du Dieu vivant ». L’addition de ce titre exalté à la confession marcienne originale (Marc 8, 27-29) élimine toute ambiguïté qui pourrait s’attacher au titre de « Messie ». La déclaration de Pierre ne peut pas ne pas tenir compte du contexte mythologique grec associé à la ville de Césarée de Philippe !

La chair et le sang

Au verset 17, Jésus prend acte de la déclaration de Pierre : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». « La chair et le sang » est une expression sémitique qui désigne les êtres humains et met l’accent sur leur faiblesse. Le fait que Pierre révèle la véritable identité de Jésus montre que ce savoir ne lui vient pas de moyens humains mais d’une révélation de Dieu. Voilà qui ressemble à la description que donne Paul de la façon dont il a lui-même découvert qui était Jésus en Galates 1, 15-16: « lorsqu’il plut à Dieu… de révéler en moi son Fils… »

Tu es le rocher

Au verset 18, Jésus révèle la nouvelle identité de Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (v. 18). Le mot araméen « kepa », qui veut dire rocher et qui est transcrit « Képhas » en grec, est le nom sous lequel Pierre est désigné dans les épîtres de Paul (1 Co 1, 12; 3, 22; 9, 5; 15, 4; Ga 1, 18; 2, 9.11.14) sauf en Ga 2, 7-8 (« Pierre »). Le même nom est traduit Petros (Pierre) en Jean 1, 42. L’énoncé araméen original de Jésus aurait donné littéralement en français : « Tu es le Rocher (Kepa) et sur ce rocher (kepa) je construirai mon église. »

Quand Jésus déclare que Pierre est le rocher sur lequel l’Église sera bâtie, faisait-il allusion aux rochers massifs qu’il apercevait autour de lui dans cette région, et qui hébergeaient des temples à des dieux païens et à un dirigeant profane ? Est-ce que la mort du Grand Pan et celle du Christ n’allaient pas se produire l’une et l’autre alors que Ponce Pilate serait procureur de Judée, en lien l’une avec l’autre ? Les premiers chrétiens voulaient-ils voir un lien entre ces deux événements, comme Eusèbe le signale dans ses écrits ?

L’emploi du mot « église » chez Matthieu

Matthieu est le seul évangéliste à employer le mot « Église » (en grec ekklesia) ici au verset 17. Le mot apparaît deux fois dans le texte de l’Évangile d’aujourd’hui. Quelles sont les possibilités concernant le terme araméen que Jésus lui-même aurait employé ? L’église de Jésus désigne la communauté qu’il va rassembler et qui, tel un édifice, aura Pierre pour assises et fondations. Cette fonction de Pierre consiste à témoigner que Jésus est le Messie, le Fils du Dieu vivant.

Les portes de l’Hadès

La référence aux portes de l’Hadès qui ne l’emporteront pas sur l’Église fait-elle référence de quelque façon à la caverne massive dont on croyait qu’elle donnait accès au « monde d’en bas » et d’où jaillissent les eaux puissantes du Jourdain ? À l’époque de Jésus et des écrivains du Nouveau Testament, la conception de l’Hadès (Shéol) qui prédominait chez les juifs et les chrétiens était celle du séjour des morts plutôt que l’idée d’un lieu de châtiment. Les anciens croyaient que le Jourdain naissait dans une vaste caverne qui se trouve aujourd’hui au centre d’un parc national situé à l’embouchure du Jourdain, à Banias. On croyait aussi que la bouche de cette caverne était l’une des entrées du monde souterrain (Hadès/Shéol). Une fois qu’on y avait pénétré, on ne pouvait plus revenir sur la terre des vivants.

On croyait aussi parfois que ce royaume de l’Hadès ou du Shéol hébergeait – en plus des êtres humains défunts – les agents démoniaques de mort et de destruction. Dans le langage apocalyptique juif, à la fin des temps les puissances du chaos cosmique, contenues depuis la création, vont se déchaîner et provoquer des tribulations inouïes et la destruction de la terre. Ces forces étaient enfermées dans une caverne dans les entrailles de la terre. Certains exégètes ont écrit que l’image des Portes de l’Hadès évoque les maîtres du monde souterrain s’échappant des portes de leur cité, ceinturée d’un mur et étroitement surveillée, pour attaquer le peuple de Dieu sur terre. Cette image devient assurément très concrète quand on la replace dans le cadre géographique de Paneas.

Attention à l’emplacement ! (« Location, location, location »)

Paneas (Banias) et son histoire aussi riche qu’ancienne servent de décor à un nouveau drame : non plus l’adoration d’un dieu païen ou de l’État, mais l’adoration du Fils du Dieu vivant, celui sur lequel est édifiée l’église. Ce n’est sûrement pas par hasard que c’est justement à Césarée de Philippe (Banias) que Jésus est salué par Pierre comme Fils du Dieu vivant. On ne saurait croire que les rochers massifs au pied du mont Hermon n’ont pas influencé le rédacteur de l’Évangile ou celui qui a prononcé ces mots, Jésus lui-même. D’une caverne dont les anciens croyaient qu’elle hébergeait les puissances destructrices de l’univers on affirme tout à coup, non pas qu’elle résistera à ses propres puissances destructrices mais que ces puissances destructrices ne l’emporteront pas sur le pouvoir de l’église. Un ancien dieu dont on disait qu’il possédait les clés du monde souterrain est tout à coup remplacé par un simple mortel, Pierre, dont on affirme qu’il possède les clés du Royaume des cieux.

Les clés du royaume

En effet, dans l’Évangile, nous entendons aussi parler des clés (v. 19) du royaume des cieux. L’image des clés est probablement tirée de la première lecture d’aujourd’hui, en Isaïe 22, 15-25, alors qu’Éliakim, qui succède à Shebna comme maître du palais, reçoit « la clé de la maison de David » qu’il pourra, d’autorité, « ouvrir » et « fermer » (Isaïe 22,22).

En Matthieu 18,18 tous les disciples reçoivent le pouvoir de lier et de délier mais le contexte de ce verset suggère que Pierre est investi d’un pouvoir ou d’une autorité particulière. Le fait que les clés sont celles du royaume des cieux et que l’autorité exercée par Pierre dans l’Église sera confirmée au ciel montre qu’il y a un lien intime – mais pas d’identification – entre l’église et le royaume des cieux. L’Église est le champ de bataille où s’affrontent les forces de l’Hadès et les forces des cieux. Combien de fois, ces dernières années, n’avons-nous pas eu l’impression que les portes de l’Hadès se sont ouvertes pour déchaîner contre l’Église le feu et la fureur de l’enfer ?

Au milieu des tempêtes, cependant, prenons courage et voyons bien que Pierre reçoit les clés qui ouvrent les portes des cieux. Ces portes, elles aussi, vont s’ouvrir et le pouvoir royal de Dieu fera irruption du haut du ciel pour entrer en lice contre les démons. Notre foi nous assure que l’Hadès ne l’emportera pas contre l’église parce que Dieu y sera à l’œuvre avec puissance, qu’il dévoilera son projet pour elle et qu’il lui remettra le pouvoir céleste nécessaire pour réaliser son projet.

Nos passages par Césarée de Philippe

Le combat autour de l’identité de Jésus et de sa mission de Messie se poursuit aujourd’hui. Certains prétendent que les chrétiens et l’Église dans son ensemble devraient s’inspirer d’Élie, affronter publiquement les systèmes, les institutions et les politiques nationales. C’est ainsi qu’Élie voyait son rôle. D’autres disent, comme Jérémie, que le règne du Christ, à travers son Église, c’est la dimension personnelle et privée de l’existence. Et nombreux sont ceux, en effet, qui voudraient réduire la religion et la foi à une affaire strictement personnelle dans le monde d’aujourd’hui.

Jésus dépasse ces deux approches et pousse un peu plus loin : Et vous, qu’est-ce que vous en dites : qui suis-je pour vous ? Dans la réponse de Pierre : « Tu es le Messie », lancée avec son impétuosité habituelle, nous trouvons une notion qui reprend les deux idées précédentes mais en les dépassant. Le Messie est venu dans une société mais aussi dans nos vies individuelles, d’une manière totale, surmontant ainsi la distinction entre le public et le privé. La qualité de notre réponse à cette question est la mesure la plus précise de notre qualité de disciples.

À un moment ou l’autre, tout le monde doit passer par Césarée de Philippe et répondre à la question : « Et toi, qu’est-ce que tu en dis, qui suis-je à tes yeux ? » Où sont dans ma vie les Césarée de Philippe, à quel moment ai-je été mis au défi de dire qui est le Christ pour moi, pour l’Église et pour le monde ?

Comme Pierre, est-ce que j’ai du mal à accepter la façon dont Dieu agit dans le monde, « la puissance vulnérable de l’amour », comme dit le pape Benoît ? Comment l’amour transforme-t-il aujourd’hui des scènes de tragédie et de souffrance ? Comment ai-je vu la puissance de l’amour de Dieu opérer dans les épreuves et les tragédies de ma propre vie ? Dans les orages de la vie, quelle consolation ai-je reçue du fait de mon appartenance à l’Église de Jésus Christ ?

Jean le Baptiste, le paradoxe de l’Avent

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Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour le deuxième dimanche de l’Avent, Année C (6 décembre 2015)

Dans le texte de l’Evangile d’aujourd’hui (Luc 3,1-6), l’évangéliste, celui que Dante Alighieri appelle le « scriba manuetidinis Christi » (scribe de la douceur du Christ), lance l’appel de Jean le Baptiste sous la forme d’un appel prophétique de l’Ancien Testament (Luc 3:2) et prolonge la citation d’Isaïe trouvée dans Marc 1, 3 (Isaïe 40, 3) par l’ajout d’Isaïe 40, 4-5 dans Luc 3, 5-6. En faisant cela, Luc présente son thème de l’universalité du salut, qu’il annonçait plus tôt à travers les paroles de Siméon (Luc 2,30-32). Je vous propose que nous examinions ensemble plusieurs détails historiques offerts par Luc dans ce récit de l’appel prophétique.

Tibère César succéda à Auguste comme empereur en l’an 14 et régna jusqu’en 37 ap.J.-C. La quinzième année de son règne serait entre 27 et 29 ap.J.-C. Ponce Pilate fut préfet de la Judée de l’an 26 jusqu’en 36. L’historien juif Flavius Josèphe le décrit comme un préfet cupide et sans scrupule, qui avait peu d’égard pour la population juive locale et ses pratiques religieuses (Luc 13,1). L’Hérode en question est Hérode Antipas, le fils d’Hérode le Grand qui régnait sur la Galilée et Pérée.J.-C. à 39 ap.J-C.

Luc ne situe pas seulement l’appel de Jean le Baptiste en termes de dirigeants civils de cette période, mais il mentionne également le haut sacerdoce d’Annas et de Caïphe, les dirigeants religieux de la Palestine. Anne avait été prêtre entre 6 et 15 ap. J.-C. Après avoir été déposé par les Romains en l’an 15, il fut remplacé par divers membres de sa famille et, éventuellement, par son gendre, Caïphe, qui fut prêtre de 18 à 36.

Dans le contexte de cette histoire, la parole de Dieu fut adressée à Jean dans le désert de Judée. Luc est le seul parmi les écrivains du Nouveau Testament qui associe la prédication de Jean avec un appel de Dieu. L’évangéliste place ainsi Jean avec les prophètes dont les ministères ont commencé avec des appels similaires. Plus tard, Luc sépare le ministère de Jean le Baptiste de celui de Jésus en signalant l’emprisonnement de Jean avant le baptême de Jésus (Luc 3, 21-22). Luc utilise ce procédé littéraire pour faire état de sa compréhension de l’histoire du salut. Avec Jean le Baptiste, le temps de la promesse, la période d’Israël, se termine. Avec le baptême de Jésus et la descente de l’Esprit sur lui, l’accomplissement de la promesse, la période de Jésus, commence.

Dans son second volume, les Actes des Apôtres, Luc va présenter la troisième époque de l’histoire du salut, la période de l’église. Dans Luc 7, 26 Jean sera décrit comme «plus qu’un prophète», il est aussi le précurseur de Jésus (Luc 7, 27), une figure de transition inaugurant la période de l’accomplissement de la prophétie et une promesse.

En décrivant l’attente du peuple (Luc 3,15), Luc caractérise le moment de la prédication de Jean de la même manière qu’il avait déjà qualifié la situation d’autres Israélites pieux dans le récit de l’enfance (Luc 2, 25-26; 37-38). Au chapitre 3, 7-18, Luc présente la prédication de Jean le Baptiste exhortant les foules à la conversion en vue de la colère à venir (Luc 3, 7, 9), leur donnant certaines normes pour réformer leur conduite sociale (Luc 3, 10-14), et leur annonçant la venue de quelqu’un de plus grand que lui (Luc 3, 15-18).

Jean: le paradoxe de l’Avent

Les vrais prophètes d’Israël nous aident dans notre lutte contre toutes les formes de duplicité. Jean le Baptiste est le saint patron par excellence de l’authenticité. Combien de fois nos paroles, nos pensées et nos actions sont-elles incohérentes! En Jean le Baptiste se trouve le paradoxe de l’Avent: le triomphe de Dieu qui se manifeste précisément dans l’obscurité du monde actuel. Jean le Baptiste a entendu, expérimenté et vécu la parole libératrice de Dieu au désert et a donc été en mesure de le prêcher aux autres de façon efficace parce que sa vie et son message ne faisaient qu’un. Il est certain qu’il ne mâchait pas ses mots. Jean le Baptiste brise le silence du désert avec son cri: « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche. » Pas seulement « repentez-vous », changer la façon dont nous vivons, mais se repentir et se préparer à la venue du royaume des cieux qui va bouleverser notre confort et notre petite sécurité en renversant tout ce que nous essayons de garder en place. La joie et le défi de l’Avent c’est qu’en Jésus-Christ, Dieu vient parmi nous, nos douleurs et notre désir de Dieu seront alors apaisés. Mais ce Dieu qui vient est préoccupant.

Il n’y avait rien de politiquement correct dans le message du Baptiste. Il est allé droit au but et a dit ce qui devait être dit. Il a dit aux premières personnes qui venaient à lui de partager. Il a dit aux percepteurs de taxe d’être justes. Il a dit aux soldats de faire la paix.

Le Baptiste a enseigné aux gens de son temps et à ceux de notre temps que le Messie vient nous sauver des puissances de la duplicité, du désespoir, des ténèbres et de la mort, pour nous remettre sur le chemin de la paix et de la réconciliation afin que nous puissions trouver notre chemin du retour vers Dieu. La vie et la mission de Jean le Baptiste nous rappellent à quel point nous avons besoin d’un Sauveur pour nous sauver, afin que nous puissions devenir tout ce que nous sommes appelés à être et faire tout ce que nous avons à faire pour vivre dans la Lumière. Trop souvent nous ne parvenons pas à reconnaître celui parmi nous qui est notre Chemin, notre Vérité et notre Vie. C’est là le cœur de l’Avent: trouver le chemin du retour vers Dieu. [Read more…]

Messie de Händel à la cathédrale de Montréal le 24 décembre à 20h00

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Le 6 décembre dernier, avait lieu à la Basilique Cathédrale Marie-Reine-du-Monde, à Montréal, l’interprétation du Messie de Georg Friedrich Händel par le Chœur polyphonique de Montréal et l’Orchestre Symphonique des Jeunes de Montréal sous la direction de Louis Lavigueur, C.Q. Ce magnifique concert, réalisé sous l’égide de Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, fut un grand succès ayant affiché complet.

Le réseau Sel + Lumière était très heureux d’apporter sa contribution en réalisant la télédiffusion de l’événement. Cette réalisation majeure d’une qualité exceptionnelle sera diffusée sur nos ondes le 24 décembre prochain en la veille de la solennité de la Nativité de Jésus. Nous remercions tout spécialement l’apport de la cathédrale de Montréal et la belle collaboration entre le père Thomas Rosica et l’abbé Alain Vaillancourt ptre, curé de la cathédrale.

Pour l’occasion, le père Thomas Rosica nous offre une magnifique réflexion sur le sens profond de cette œuvre monumentale :

 « Le Messie est une œuvre de langue anglaise composée en 1741 par George Friedrich Händel à partir de textes de l’Écriture rassemblés par Charles Jennens dans la version « King James » de la Bible et de la version des psaumes se trouvant dans le « Book of Common Prayer ». La musique fut écrite et complétée en 24 jours en l’an 1741. Elle a été interprétée pour la première fois à Dublin en Ireland, le 13 avril 1742 et fut présentée à Londres presqu’un an plus tard. Après un premier accueil initial que l’on pourrait qualifier de modeste, l’œuvre a gagné peu à peu en popularité pour finalement devenir une des pièces les plus connues interprétées par les chorales du monde occidental. [Read more…]

La seule question qui compte

Réflexion biblique pour le 12e dimanche du temps ordinaire C

La deuxième moitié de l’évangile de Luc consiste en un pèlerinage important à Jérusalem, ville du destin. Pour Luc le voyage chrétien est un chemin joyeux illuminé par la grâce du Sauveur du monde. Sur ce chemin, Jésus pose une question importante à ces disciples. « Pour vous, qui suis-je ? » C’est la même question adressée à chaque disciple à chaque époque. À partir de cette instance là dans la lecture de ce dimanche, Jésus se trouve sur le chemin de la croix. Tout ce qu’il dit et fait concrétise un pas vers le Golgotha – où il démontrera une obéissance parfaite, un amour accompli et un don de soi absolu.

whodoyou-1-1L’incident dans l’évangile d’aujourd’hui [Luc 9, 18-24] est basée sur l’évangile de Marc [8, 27-33], sauf que Luc a éliminé le refus de Pierre d’accepter Jésus en tant que Fils de l’Homme souffrant [Marc 8, 32] et la réprimande de Pierre par Jésus [Marc 8, 33]. Ailleurs dans cet évangile, Luc adoucit le portrait austère de Pierre – et des autres apôtres mentionnés dans l’évangile de Marc [Luc 22, 39-49], qui omet également une réprimande de Pierre qui a lieu dans la source, Marc [14, 37-38].

Les disciples énumèrent une série entière d’appellations que les gens appliquent à Jésus. Et ces noms révèlent la totalité des différentes attentes anticipées de lui. Certains pensaient à lui en tant qu’un Élie, qui œuvrait vers une confrontation réelle avec les pouvoirs existants. D’autres le considéraient comme un des anciens prophètes. Lorsque Jésus demande à ces disciples d’exprimer ce qu’ils pensent de lui, il demande ce que les gens en disent. Comment perçoivent-ils ses œuvres ? Qui est-il pour eux ? Les disciples, probablement décontenancés par la question, fouillent leur mémoire pour tenter d’en déduire des remarques préalablement entendues, des extraits de conversations partagées, des opinions qui circulent dans les villes de la région du lac. Jésus lui-même est partiellement au courant de ce fait. Les réponses des disciples varient, comme le sont les nôtres aujourd’hui lorsque Jésus nous pose la même question à travers les lèvres d’autrui – avec une fréquence et une intensité croissantes. [Read more…]