Homélie du père supérieur George Smith c.s.b. lors de sa visite au studio de S+L à Toronto

Messe au studio de Télévision S+L
Jeudi de la troisième semaine du carême 

« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. » Luc 11,17

L’une des réalités de la vie dans cette première partie du XXIe siècle est la prévalence de la polarisation. Ce manque d’unité existe à de nombreux niveaux : en politique bien sûr de la manière peut-être la plus dramatique. Cette division existe aussi en terme de disparité sociale entre les pays développés et les pays en voie de développement. On note aussi des grandes fractures entre les grandes religions : entre chrétiens et musulmans certainement mais également au sein d’une même religion comme c’est le cas dans le christianisme. Nous connaissons que trop bien les divisions qui existent parmi nous. Même dans notre propre Église, on distingue cette attitude qui ressemble à ces Israélites de vision étroite qui ont rejeté les prophètes de Yahvé, comme Jérémie les décrit dans notre première lecture.

À la lumière de ces divisions, les enseignements de Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui prend un sens de mauvais augure. Pour combattre ces divisions, nous devons regarder vers les personnes et organisations qui font la promotion de l’unité et qui nous donnent de l’espoir.

Dans mon esprit, l’un des plus importants charismes de Sel et Lumière est celui de ministère au service de l’unité. Il s’agit, bien sûr, d’un apostolat de nouvelle évangélisation. Nous ne devons pas perdre de vue ce dynamisme initial même s’il émanait davantage des pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI. Rallumer la flamme de la foi qui a été atténuée au sein du Peuple de Dieu et l’apporter à ceux qui n’en ont pas fait encore l’expérience reste toujours un élément central de la mission de Sel et Lumière. Voilà le cœur de la nouvelle évangélisation ! D’un point de vue plus fondamental, il s’agit d’un apostolat d’éducation et d’évangélisation. C’est pourquoi S+L mérite et reçoit toute la reconnaissance et l’admiration des pères Basiliens. Étant nous-mêmes au service de l’éducation et de l’évangélisation, les pères Basiliens dont je fais partie, sont émerveillés devant la myriades d’initiatives et de possibilités que permet l’utilisation des médias comme la télévision et les réseaux sociaux lorsqu’ils sont utilisés au profit de nos instruments d’éducation et d’évangélisation plus traditionnels. Votre créativité qui se manifeste dans vos émissions et documentaires est pour nous une source de joie intense.

Comme je le mentionnais plus tôt, le contexte de l’évangile d’aujourd’hui nous amène à contempler votre charisme d’unité de votre ministère. C’est cette dimension qui m’a porté à avoir une appréciation encore plus profonde de la télévision S+L. Cette unité trouve sa force à de nombreuses sources : d’abord, c’est une conséquence des racines spirituelles qui sont au cœur de votre ministère. Nous connaissons tous la passion du père Tom pour les Écritures Saintes et nous voyons à quel point elle fut transmise à tous les niveaux de son entreprise apostolique. Une autre source de cette unité qui vous habite est la tradition vivante du Concile Vatican II qui imprègne virtuellement toutes vos émissions. Vous avez tellement donné pour stimuler ce désir d’une ecclésiologie toute conciliaire et, ce, spécialement chez les jeunes ! Une autre source d’unité,  qui est présente au sein de S+L depuis le commencement,  c’est la vie de saints et saintes, aujourd’hui vivants ou décédés, habités que nous sommes de cette conviction extraordinaire que nous pouvons tous être saints. Que, par la Grâce, cette sainteté est à notre portée, même si nous luttons quotidiennement avec nos faiblesses et nos péchés. Malgré tout cela, Dieu nous appelle à la sainteté et c’est cette même conviction qui nous permet de vivre saintement et, ainsi, d’être témoins de la foi de ceux qui nous ont précédés. La dernière source de l’unité est, selon moi, la force unificatrice du pape François. Évidemment, il s’agit de la première mission du ministère pétrinien. Toutefois, nous sentons que cet esprit est particulièrement perceptible dans la programmation de S+L. Programmation qui, soit dit en passant, est appréciée du pape François lui-même ! En effet, nous chérissons tous cette photo du pape François fixant l’écran d’ordinateur souriant et, ce, entouré de l’équipe de S+L. Ce sourire du pape François révèle une joie authentique et bellement partagée.

Nous ne devrions pas oublier l’importante contribution qu’apporte l’aspect plurilingue de la programmation qui favorise l’unité dont nous venons de parler.

L’Écriture Sainte, les enseignements du Concile Vatican II, la vie de saints hommes et femmes, le pape François, la pluralité de langues, voilà les grands socles qui apportent de l’unité non seulement à notre Église canadienne mais également à l’Église universelle. Je le répète, je ne connais aucun autre apostolat qui apporte davantage d’unité que la Télévision Sel et Lumière.

Pour tout cela, nous, les pères Basiliens, nous remercions Dieu de tout cœur.

Père George T. Smith, c.s.b.
Supérieur général
Congrégation de Saint-Basile
23 mars 2017

Le pape François et la révolution médiatique

CNS photo/Paul Jeffrey

Ce mardi 24 janvier 2017, le pape François publiait comme à chaque année un message pour la Journée mondiale des communications sociales qui aura lieu le 28 mai prochain. Le message de cette année, « Ne crains pas, car je suis avec toi » (Is 43,5), s’adresse principalement aux artisans des médias qu’il appelle au discernement et à la responsabilité pour, selon les mots mêmes du Pape, qu’ils entrent « dans la logique de la Bonne nouvelle ».

Développer un bon discernement

Nous sommes tous des « consommateurs » de nouvelles. Toute personne est influencée par ce qu’elle voit, ce qu’elle entend et c’est d’autant plus vrai lorsque ces informations proviennent des médias, ceux-ci jouissant d’une crédibilité et d’une audience accrues. On aurait cependant tort de croire que les médias eux-mêmes sont au-dessus de la mêlée. En effet, les plus grands consommateurs de nouvelles ne sont-ils pas les journalistes et commentateurs eux-mêmes ? En cette époque ou tout et n’importe quoi peut devenir une nouvelle, ou la qualité de l’information peut être facilement mise de côté au profit de la quantité, tous doivent développer un bon jugement sur ce qui est important, pertinent, intéressant, approprié, etc. Pour le Pape, il est impératif de travailler à produire une « communication constructive qui, en rejetant les préjugés envers l’autre, favorise une culture de la rencontre grâce à laquelle il est possible d’apprendre à regarder la réalité en toute confiance ».

Une interprétation responsable

Il est vrai que cette relation de « confiance » de la population envers les médias en général a déjà connu des jours meilleurs. Plusieurs sont de plus en plus critiques devant une certaine orientation dans l’interprétation que l’on donne aux événements et on les soupçonne parfois d’être les marionnettes d’intérêts sous-jacents. Comme le dit le Pape : « Tout dépend du regard avec lequel elle est saisie, des « lunettes » à travers lesquelles on choisit de la regarder: en changeant les verres, la réalité aussi apparaît différente ». C’est pourquoi, selon lui, les artisans des médias devraient changer leurs « verres » en incarnant un « style ouvert et créatif » et qui « cherchant à mettre en lumière les solutions possibles » ne se limitent pas à mettre toujours au premier plan les mauvaises nouvelles.

Cette « logique de la bonne nouvelle » ne doit pas, comme le dit François « promouvoir une désinformation où le drame de la souffrance serait ignoré, ni de tomber dans un optimisme naïf » mais plutôt favoriser une présentation dans laquelle, même les pires événements, peuvent être le lieu de l’expression du bien. « Tout nouveau drame qui arrive dans l’histoire du monde devient aussi le scénario d’une possible bonne nouvelle ». Par exemple, lors de la présentation d’une catastrophe, un média responsable pourrait mettre l’accent sur les manifestations de courage et d’abnégation des secouristes. Cela, loin de minimiser la gravité d’une tragédie, contribuerait à promouvoir les vertus dont la société a grandement besoin et, ainsi, stimulerait l’implication des auditeurs. Comme le dit le Pape, une éthique journalistique conforme à la logique de la Bonne nouvelle permet de « dépasser ce sentiment de mécontentement et de résignation qui nous saisit souvent, nous plongeant dans l’apathie, et provoquant la peur ou l’impression qu’on ne peut opposer de limites au mal. »

Que ce soit par l’appel au jugement dans le discernement des nouvelles à privilégier ou encore par l’angle sous lequel les médias devraient présenter la nouvelle, le message du pape François pour la Journée mondiale des communications sociales présente plusieurs idées ingénieuses. Dans un monde où trop souvent la tentation du cynisme éteint le désir de l’améliorer, une révolution médiatique comme le propose le successeur de Pierre mérite que nous y réfléchissions et que nous y travaillions. Nous qui, dans cette ère de médias sociaux, sommes tous des communicateurs !

 

Message du Pape François pour la journée mondiale des communications sociales (28 mai 2017)

CNS photo/Tolga Bozoglu, EPA

Le thème 2017 pour la journée mondiale des communications sociales est  » Ne crains pas, car je suis avec toi » (Is 43, 5): communiquer l’espérance et la confiance en notre temps. Chaque année, ce message est publié le 24 janvier, fête de Saint-François de Sales, saint patron des journalistes et communicateurs. Cette journée est généralement commémorée à une date près du dimanche de la Pentecôte. Vous trouverez ci-dessous le texte complet de ce message du pape François:

«Ne crains pas, car je suis avec toi» (Is 43,5).
Communiquer l’espérance et la confiance en notre temps

L’accès aux médias, grâce au développement technologique, est tel que beaucoup de gens ont la possibilité de partager instantanément l’information et de la diffuser de manière capillaire. Ces informations peuvent être bonnes ou mauvaises, vraies ou fausses. Par le passé, nos pères dans la foi parlaient de l’esprit humain comme de la meule d’un moulin qui, actionnée par l’eau, ne peut pas être arrêtée. Celui qui est responsable du moulin a cependant la possibilité de décider de moudre du grain ou de l’ivraie. L’esprit de l’homme est toujours en action et ne peut cesser de « moudre » ce qu’il reçoit, mais c’est à nous de décider de quel matériel l’approvisionner (cf. Cassien le Romain, Lettre à Léonce Higoumène).

Je voudrais que ce message puisse atteindre et encourager tous ceux qui, dans leur milieu professionnel ou dans leurs relations personnelles, « moulent » chaque jour beaucoup d’informations pour offrir un pain frais et bon à ceux qui se nourrissent des fruits de leur communication. Je voudrais exhorter chacun à une communication constructive qui, en rejetant les préjugés envers l’autre, favorise une culture de la rencontre grâce à laquelle il est possible d’apprendre à regarder la réalité en toute confiance.

Je pense qu’il faut briser le cercle vicieux de l’anxiété et endiguer la spirale de la peur, fruit de l’habitude de concentrer l’attention sur les « mauvaises nouvelles » (les guerres, le terrorisme, les scandales et toutes sortes d’échec dans les affaires humaines). Il ne s’agit pas évidemment de promouvoir une désinformation où le drame de la souffrance serait ignoré, ni de tomber dans un optimisme naïf qui ne se laisse pas atteindre par le scandale du mal. Je voudrais, au contraire, que tous nous cherchions à dépasser ce sentiment de mécontentement et de résignation qui nous saisit souvent, nous plongeant dans l’apathie, et provoquant la peur ou l’impression qu’on ne peut opposer de limites au mal. D’ailleurs, dans un système de communication où domine la logique qu’une bonne nouvelle n’a pas de prise et donc ne constitue pas une nouvelle, et où le drame de la souffrance et le mystère du mal sont facilement donnés en spectacle, il peut être tentant d’anesthésier la conscience ou de tomber dans le désespoir.

Je voudrais donc apporter une contribution à la recherche d’un style ouvert et créatif de communication qui ne soit jamais disposé à accorder au mal un premier rôle, mais qui cherche à mettre en lumière les solutions possibles,  inspirant une approche active et responsable aux personnes auxquelles l’information est communiquée. Je voudrais inviter à offrir aux hommes et aux femmes de notre temps des récits marqués par la logique de la « bonne nouvelle ».

La bonne nouvelle

La vie de l’homme n’est pas seulement une chronique aseptisée d’événements, mais elle est une histoire, une histoire en attente d’être racontée à travers le choix d’une clé de lecture qui permet de sélectionner et de recueillir les données les plus importantes. La réalité, en soi, n’a pas une signification univoque. Tout dépend du regard avec lequel elle est saisie, des « lunettes » à travers lesquelles on choisit de la regarder: en changeant les verres, la réalité aussi apparaît différente. D’où pouvons-nous donc partir pour lire la réalité avec de bonnes « lunettes »?

Pour nous chrétiens, les lunettes appropriées pour déchiffrer la réalité, ne peuvent être que celles de la bonne nouvelle, de la Bonne Nouvelle par excellence: «l’Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu» (Mc 1,1). Avec ces mots, l’Evangéliste Marc commence son récit par l’annonce de la « bonne nouvelle » qui concerne Jésus,  mais plus qu’une information sur Jésus, c’est plutôt la bonne nouvelle qui est Jésus lui-même. En lisant les pages de l’Évangile, on découvre en effet, que le titre de l’œuvre correspond à son contenu et, surtout, que ce contenu est la personne même de Jésus.

Cette bonne nouvelle qui est Jésus lui-même, n’est pas bonne car dénuée de souffrance, mais parce que la souffrance aussi est vécue dans un cadre plus large, comme une partie intégrante de son amour pour le Père et pour l’humanité. En Christ, Dieu s’est rendu solidaire avec toutes les situations humaines, nous révélant que nous ne sommes pas seuls parce que nous avons un Père qui ne peut jamais oublier ses enfants. «Ne crains pas, car je suis avec toi» (Is 43,5) sont les paroles consolatrices d’un Dieu qui depuis toujours s’est impliqué dans l’histoire de son peuple. En son Fils bien-aimé, cette promesse de Dieu – «Je suis avec toi » – arrive à assumer toute notre faiblesse, jusqu’à mourir de notre mort. En Lui aussi les ténèbres et la mort deviennent des lieux de communion avec la Lumière et la Vie. Ainsi, une espérance voit le jour, accessible à tous, à l’endroit même où la vie connaît l’amertume de l’échec. C’est une espérance qui ne déçoit pas, parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs (cf. Rm 5,5) et fait germer la vie nouvelle comme la plante germe du grain jeté en terre. Dans cette lumière tout nouveau drame qui arrive dans l’histoire du monde devient aussi le scénario d’une possible bonne nouvelle, car l’amour parvient toujours à trouver le chemin de la proximité et à susciter des cœurs capables de s’émouvoir, des visages capables de ne pas se décourager, des mains prêtes à construire.

La confiance dans la semence du Royaume

Pour introduire ses disciples et les foules à cet état d’esprit évangélique et leur donner les bonnes « lunettes » pour approcher la logique de l’amour qui meurt et ressuscite, Jésus utilisait les paraboles, dans lesquelles le Royaume de Dieu est souvent comparé à la semence, qui libère sa puissance vitale justement quand elle meurt dans le sol (cf. Mc 4,1 à 34). L’utilisation d’images et de métaphores pour communiquer l’humble puissance du Royaume n’est pas une façon d’en réduire l’importance et l’urgence, mais la forme miséricordieuse qui laisse à l’auditeur l’ »espace » de liberté pour l’accueillir et la rapporter aussi à lui-même. En outre, elle est le chemin privilégié pour exprimer l’immense dignité du Mystère Pascal, laissant les images – plus que les concepts – communiquer la beauté paradoxale de la vie nouvelle dans le Christ, où les hostilités et la croix n’empêchent pas, mais réalisent le salut de Dieu, où la faiblesse est plus forte que toute puissance humaine, où l’échec peut être le prélude à l’accomplissement le plus grand de toutes choses dans l’amour. Et c’est justement ainsi, en réalité, que mûrit et s’approfondit l’espérance du Royaume de Dieu: « Comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse »  (Mc 4,26-27)

Le Royaume de Dieu est déjà parmi nous, comme une graine cachée à un regard superficiel et dont la croissance se fait en silence. Celui qui a des yeux rendus clairs par l’Esprit Saint peut le voir germer et ne se laisse pas voler la joie du Royaume par les mauvaises herbes toujours présentes.

Les horizons de l’Esprit

L’espérance fondée sur la bonne nouvelle qui est Jésus nous fait lever les yeux et nous pousse à le contempler dans le cadre liturgique de la Fête de l’Ascension. Bien qu’il semble que le Seigneur s’éloigne de nous, en fait, les horizons de l’espérance s’élargissent. Effectivement, chaque homme et chaque femme, dans le Christ, qui élève notre humanité jusqu’au Ciel, peut librement «entrer dans le sanctuaire grâce au sang de Jésus, chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré pour nous en franchissant le rideau du Sanctuaire, c’est-à-dire sa chair » (He 10, 19-20). A travers « la force de l’Esprit Saint » nous pouvons être «témoins» et communicateurs d’une humanité nouvelle, rachetée, « jusqu’aux extrémités de la terre» (cf. Ac 1,7-8).

La confiance dans la semence du Royaume de Dieu et dans la logique de Pâques ne peut que façonner aussi la manière dont nous communiquons. Cette confiance nous permet d’agir – dans les nombreuses formes de communication d’aujourd’hui – avec la conviction qu’il est possible d’apercevoir et d’éclairer la bonne nouvelle présente dans la réalité de chaque histoire et dans le visage de toute personne.

Celui qui, avec foi, se laisse guider par l’Esprit Saint devient capable de discerner en tout évènement ce qui se passe entre Dieu et l’humanité, reconnaissant comment Lui-même, dans le scénario dramatique de ce monde, est en train de tisser la trame d’une histoire de salut. Le fil avec lequel est tissée cette histoire sacrée est l’espérance, et son tisserand est nul autre que l’Esprit Consolateur. L’espérance est la plus humble des vertus, car elle reste cachée dans les plis de la vie, mais elle est comme le levain qui fait lever toute la pâte. Nous la cultivons en lisant encore et encore la Bonne Nouvelle, l’Evangile qui a été « réédité » en de nombreuses éditions dans la vie des saints, des hommes et des femmes qui sont devenus des icônes de l’amour de Dieu. Aujourd’hui encore c’est l’Esprit qui sème en nous le désir du Royaume, à travers de nombreux « canaux »  vivants, par le biais de personnes qui se laissent conduire par la Bonne Nouvelle au milieu du drame de l’histoire et qui sont comme des phares dans l’obscurité de ce monde, qui éclairent la route et ouvrent de nouveaux chemins de confiance et d’espérance.

(Tratto dall’archivio della Radio Vaticana)

Intentions de prière du pape François pour le mois d’octobre

Vous trouverez ci-dessous le vidéo des intentions de prière du pape François pour le mois d’octobre 2016: Pour que les journalistes dans l’exercice de leur profession soient toujours motivés par le respect de la vérité et un réel sens éthique

La Vidéo du Pape est une initiative développée par le Réseau Mondial de Prière du Pape (Apostolat de la Prière) pour collaborer à la diffusion des intentions mensuelles du Saint-Père à propos des défis de l’humanité

L’Église communicatrice avant ses origines !

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L’été approche à grand pas et avec lui, pour plusieurs, un temps de détente et de repos. L’occasion rêvée pour changer d’air et reprendre les forces nécessaires aux différentes responsabilités qui nous attendent à la rentrée en septembre ! C’est également une opportunité en or pour lire et approfondir notre connaissance d’un sujet qui nous tient à cœur. Comme le disait saint Jean-Paul II « il semble plus que jamais opportun de réfléchir sur les “défis” que les communications sociales constituent pour l’Église, laquelle, comme le remarque Paul VI, “se sentirait coupable devant son Seigneur si elle ne mettait pas en œuvre ces puissants moyens” (no2). Ainsi, pour tous les lecteurs du blogue de S+L, j’offrirai tout au long de l’été des réflexions sur un sujet qui, je crois, vous intéresse particulièrement : l’Église et les médias.

Comme je l’ai déjà dit « l’Église est communicatrice depuis les origines ». Je dirais même qu’elle l’était avant même d’exister ! En effet, l’Église fut engendrée dans l’histoire par Celui qui est Communication par excellence. Sa nature profonde est à chercher dans le Mystère de la Très Sainte Trinité qui est constituée de relations (donc de communications) entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu étant Lui-même communication ad intra, comme le disent les théologiens, il était convenable qu’Il désire se communiquer à d’autres êtres que Lui. C’est ce qu’on appelle la « création ». Ainsi, en créant l’univers, Dieu allait pouvoir communiquer son Être en donnant l’existence à d’autres êtres. Nous savons que la chute de nos premiers parents a causé une rupture de communication avec Dieu. C’est la raison pour laquelle nous appelons Révélation la reprise du dialogue entre Dieu et les hommes. À un moment donné de l’histoire, Dieu a repris contact avec l’humanité par un dialogue plein d’amour et de miséricorde dans lequel Il révéla peu à peu son dessein de retrouver ses droits de paternité sur ses enfants. Jésus, l’Incarnation du Fils éternel du Père est la plénitude de ce dialogue, l’Interlocuteur et le « Médium » par excellence entre les hommes et Dieu le Père. C’est par Lui que nous pouvons être reconnus par Dieu comme ses fils et ses filles. L’Église étant la continuation de la Présence du Christ sur terre, sa vocation est de répandre les grâces de Dieu sur la Terre. En d’autres termes, de communiquer à l’humanité blessée sa vocation à la vie éternelle et le dessein d’amour du Père.

Ce bref résumé nous montre bien jusqu’à quel point la réalité de la communication est centrale pour l’Église et tous ses membres. Dans ce contexte, nous voyons bien pourquoi il est nécessaire d’approfondir les rapports de l’Église avec les médias. Je tiens à en mentionner ici quelques-unes de ses raisons telles que présentés par Dariusz Gronowski et José Maria La Porte dans leur article « La communication aux yeux d’un théologien » paru dans le manuel Introduction à la communication institutionnelle de l’Église.

  • L’étude de la communication aide l’Église à comprendre le monde contemporain et la situation de l’Église à l’intérieur de la culture. En effet, il est clair que nous ne sommes pas envoyés en mission dans un monde parallèle qui serait déjà parfaitement adapté au message que nous sommes sensés lui transmettre. Au contraire, si nous sommes appelés à entrer en dialogue avec notre monde, c’est qu’il a, consciemment ou non, soif de Dieu et d’absolu. Nous devons donc trouver les moyens les plus appropriés pour qu’une rencontre avec Dieu soit possible pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui. De même, comprendre la culture médiatique dans laquelle nous nous trouvons permettra à l’Église de se positionner correctement. Par exemple, en mettant à l’avant plan les éléments du catholicisme facilement acceptables dans une culture donnée pour créer un climat propice à l’échange et à l’acceptation d’autres positions, celles-là plus difficiles et contre culturelles.
  • L’étude de la communication aide l’Église à développer les meilleurs moyens pour multiplier et répandre le message. Connaître les médias de près est pour l’Église un moyen de faire entendre la Révélation de Dieu à tous les hommes. Par exemple, il est aisé de constater l’immense potentiel que représentent les médias sociaux aujourd’hui. Contrairement aux médias de masse traditionnels qui pouvaient parfois être un obstacle dans la transmission du véritable message de l’Église, les médias sociaux offrent une opportunité sans précédent pour élaborer des stratégies de communication fidèles au message de l’Église. Ainsi un plus grand nombre de personnes seront en mesure d’entrer en contact avec la foi authentiquement catholique c’est-à-dire dans son intégralité.
  • L’étude de la communication permet à l’Église d’accomplir plus efficacement sa mission d’éducation. L’Église a toujours joué un rôle central dans l’éducation de toutes les générations. L’ignorance étant d’abord et avant tout une pauvreté de l’intelligence, l’Église a toujours pris au sérieux son mandat divin d’aider à nourrir le corps et l’esprit des indigents de ce monde. Bien que la plupart des pays du monde détiennent toujours des écoles et universités catholiques, d’autres, dont la province de Québec, n’offrent plus la possibilité aux parents catholiques d’avoir des institutions d’enseignement conformes à leurs convictions les plus profondes. Dans ce contexte, les nouveaux médias d’information peuvent être une opportunité pour l’Église de remplir son rôle d’éducation en offrant une panoplie de ressources jusqu’à ce que le manque actuel soit combler.

De nombreuses autres raisons pourraient nous convaincre de l’opportunité que représentent les nouveaux médias pour l’évangélisation et la mission de l’Église en général. Pour plus de détails, je vous suggère la lecture de l’article La communication aux yeux d’un théologien mentionné plus haut. La semaine prochaine, nous poursuivrons notre réflexion sur les relations entre l’Église et les médias en relatant les défis et risques qu’ils peuvent représenter.

Existe-t-il un média catholique? Est-ce que les médias sont pour les catholiques?

Conférence pour le Congrès Eucharistique international

Dublin, Irlande

Sur la rive nord-ouest de la Mer Morte dans le sud d’Israël se trouve le site où habitaient les Esséniens. C’est également l’endroit où un pasteur bédouin a trouvé les manuscrits de la Mer morte en 1947. Cette journée-là, un premier manuscrit a été déplacé et les autres ont suivi les jours suivants. Cette découverte s’est avéré être la plus importante jamais faite. Elle dévoilait les sept premiers manuscrits de la Mer Morte. Les Esséniens, une secte Juive du Second Temple pourrait être catégorisés comme un groupe religieux fanatique qui a existé entre 200 avant J.C. et  75 ans après J.C. Ils avaient délibérément installé  leur communauté sur un site inaccessible. Leur groupe était constitué de prêtres et de laïcs et ils vivaient en communauté une vie totalement consacrée à Dieu. Leur chef avait pour nom  « l’enseignant vertueux ». Ils se percevaient eux-mêmes comme les vrais élus d’Israël et comme les seuls à respecter la Loi. Les Esséniens étaient convaincus que les Chefs et le Peuple de Jérusalem s’étaient égarés du droit chemin et étaient devenus infidèles à Dieu. C’est la raison pour laquelle ces Juifs se sont réfugiés à Qumran pour se préparer à la venue du Messie.

Les écrits esséniens révèlent l’humeur de ces Juifs messianiques fanatiques et c’est pourquoi nous pouvons aujourd’hui dresser un portrait de cette communauté. Nous connaissons leur manière de vivre, leurs croyances ainsi que des détails à propos du Second Temple comme leurs rituels. Les textes de Qumran nous apprennent beaucoup sur l’environnement religieux dans lequel ils ont vécu.

J’ai commencé ma présentation en proposant l’histoire de Qumran puisqu’elle offre à l’Église un paradigme pour ses relations avec le monde, avec les médias et la communication en général. Il y a certaines personnes, et même quelques autorités dans l’Église aujourd’hui, qui me semble s’approcher de cette communauté essénienne. En effet, certaines personnes croient former   la seule vraie Église, les seuls vrais fidèles qui n’ont pas perdu leur chemin. Dans leur esprit, la seule façon d’entretenir des relations avec le monde est de le fuir et d’installer leurs  communautés dans des lieux inaccessibles comme ceux de la Mer morte; construire dans des lieux hermétiques pour se protéger du monde extérieur. Dans cette perspective, les communications deviennent une affaire interne, nous prêchons pour ceux qui se trouvent déjà dans l’Église,  pour ceux qui sont déjà sauvés, les pures, les personnes non problématiques.

Je ne crois pas personnellement que la méthode de Qumran soit la bonne façon d’entretenir des relations avec le monde d’aujourd’hui. Plutôt que de fuir la confusion et l’ambiguïté de notre époque en nous réfugiant dans la nostalgie du passé qui est aujourd’hui enterré dans le cœur de Dieu, certains d’entre nous doivent rester dans les villes et présenter la cohérence et la beauté de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église qui est fondamentalement comme un rayon d’espoir et une dose de joie. Tout cela nous devons le faire sur différents supports médiatiques et, cela, simultanément!

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Le cardinal Turcotte sur les médias


L’archevêque de Montréal s’entretient avec le père Thomas Rosica.

À voir ce mercredi 19h30 et 23h30.