Le président du Panama invite les jeunes Canadiens à la JMJ 2019

Vous trouverez ci-dessus l’invitation du président du Panama Juan Carlos Varela aux jeunes du Canada en vue des JMJs de 2019.

Hymne officiel des JMJ au Panama 2019

L’hymne des JMJ, caractérisé par une rythmique typique de la culture panaméenne, reprend le thème des JMJ choisi par le Pape « que tout m’advienne selon ta parole » (Lc. 1. 38). Ce chant de louange qui sera diffusé et chanté dans le monde entier a été écrit et composé par Abdiel JIMÉNEZ, auteur de plusieurs pièces de musique liturgique, et aussi membre de plusieurs chorales. Il a étudié à la Faculté de Sciences Religieuses de l’Université Catholique Santa María La Antigua. Une version française est à paraitre prochainement !

Le changement d’une vie…

Je suis une maman d’une fille d’un an, Emma, qui à ce jour s’épanouit et me montre ce qu’est la vie. J’ai toujours su qu’un enfant allait  changer ma vie d’une manière ou d’une autre, mais jamais je n’aurais cru que ça allait avoir un aussi grand impact, surtout au niveau de ma spiritualité. Alors, depuis un an, avec mon époux, nous sommes devenus trois. Quel beau chiffre! À y penser, le chiffre trois a plusieurs significations dans la Bible. Entre autres, ce chiffre peut représenter la Sainte Trinité. Nous sommes maintenant une jeune famille qui vit des hauts et des bas, comme bien d’autres familles, et nous apprenons à vivre avec de nombreux changements et défis que la société d’aujourd’hui nous apporte.

Lorsque je passe à travers une journée plus difficile, il m’arrive souvent de penser aux nombreux obstacles que mes parents on subit et cela me témoigne de deux choses. Premièrement, que leur foi en Dieu est tellement puissante et si bien ancrée dans leurs cœurs que cela leur a permis de surmonter les difficultés à travers les années. Deuxièmement, cette foi les a aidés à trouver un sens à leurs vies et de vouer leurs vies par amour pour ses enfants en réalisant plusieurs sacrifices.  

Étant maintenant nouvelle maman, j’essaie de transmettre les valeurs que je trouve importantes à mon enfant. Évidemment, pour l’instant elle est trop petite pour comprendre ce que le monde subit : terreurs, peur, isolation, guerre, égoïsme, jalousie, pauvreté, etc. Par contre, sans qu’elle le sache, elle me montre ce que je dois faire et comment je dois m’y prendre pour devenir une meilleure chrétienne et ainsi aider à bâtir un monde meilleur. À titre d’exemple, j’ai toujours voulu aider de nos nombreuses familles en leur montrant que tout est possible. Que ce soit à travers la réalisation de leurs rêves, dans leurs projets de vie et tout cela en leur démontrant que, lorsqu’on met Dieu à l’avant,
tout est possible. Et bien, le 24 mars dernier, lors de la Journée mondiale de la Jeunesse 2018 à Montréal, on m’a approchée pour me demander de faire partie de la procession de l’offertoire : en fait, non seulement moi, mais bien ma petite famille. Toutefois,  j’avais déjà une journée très chargée, mais soudainement, un rendez-vous s’est annulé à la dernière minute. Alors, non seulement sommes
nous allés, mais on m’a informé que nous allons représenter une jeune famille qui a choisi l’amour et la vie. Le tout en répondant à ce que l’ange Gabriel a dit à Marie « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu », thème de la JMJ 2018. Nous avons fait un simple geste, mais qui en dit grand ! Grâce à ma fille et à mon époux, nous avons témoigné qu’on est prêt à vivre dans la grâce de Dieu.

Dois-je vous dire que j’étais sans mots?! Je pense avoir  eu des larmes de joie lors de la cérémonie, on dirait que tout prenait son sens. Les nombreuses questions que j’avais dans ma tête ont été répondues par une invitation à témoigner devant plusieurs jeunes que OUI tout est possible si Dieu est avec nous. Par contre, je ne dis pas que tout sera facile. Au contraire, c’est à travers les embûches de la vie, que nous apprenons à nous remonter. Je crois que chaque être humain est ici pour une raison et nous sommes tenus d’être attentifs à l’appel de Dieu. Dieu nous montre le chemin et ça me rappelle les paroles de Jésus « Je serais toujours avec vous jusqu’à la fin de temps » (Mt 28:20).

Enfin, j’ai très vite réalisé qu’on a tous une mission à accomplir devant Dieu. Il est vrai qu’être un jeune catholique, dans une société qui rejette systématiquement la religion et la richesse spirituelle que celle-ci peut engendrer, peut s’avérer difficile. Cependant, il est primordial de ne pas se décourager et de continuer de cheminer dans la foi avec patience et amour, car c’est ainsi que nous pouvons manifester l’amour du Christ envers ses enfants et devenir un exemple à suivre pour ceux qui sont réticents d’exposer leur foi par crainte du jugement des autres. Il existe plusieurs activités et regroupements de jeunes catholiques qui sont une excellente façon de vivre pleinement sa foi, avec d’autres personnes qui vivent une réalité similaire. Par exemple, auparavant, j’ai participé dans différents groupes de jeunes ainsi que dans deux JMJ; celle de Cologne en Allemagne, et celle de Barcelone en Espagne. Ce furent deux expériences magnifiques, mais malgré mes participations actives pour témoigner de ma foi, je sentais qu’il me fallait plus et je me retrouvais en constante recherche de grands projets pour aller vers les jeunes et leur témoigner de Dieu. C’est donc au courant de cette quête qu’Emma est arrivée dans ma vie. En effet, ma fille est arrivée à un moment où j’en avais le plus besoin. Sans qu’elle ne le sache, c’est Dieu qui à travers ce petit ange, me guide de jour en jour pour grandir encore plus dans la foi, et tout cela, en toute humilité. En effet, elle me montre ce que Dieu veut de moi; en me rappelant les paroles de l’annonciation: «Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu». 

Maribel Mayorga-Espinoza

Message du pape François pour la 32e Journée mondiale de la jeunesse (Panama 2019)

« Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 49)

Chers jeunes,
Nous voici de nouveau en chemin après notre merveilleuse rencontre à Cracovie, où nous avons célébré les XXXIèmes Journées Mondiales de la Jeunesse et le Jubilé des jeunes, dans le cadre de l’Année Sainte de la Miséricorde. Nous nous sommes laissés guider par saint Jean-Paul II et par sainte Faustine Kowalska, apôtres de la miséricorde divine, pour donner une réponse concrète aux défis de notre temps. Nous avons vécu une forte expérience de fraternité et de joie, et nous avons donné au monde un signe d’espérance ; les divers drapeaux et langues n’étaient pas un motif de conflit et de division, mais une occasion afin d’ouvrir les portes des cœurs, de construire des ponts.

Au terme des Journées Mondiales de Cracovie, j’ai indiqué la prochaine destination de notre pèlerinage qui, par la grâce de Dieu, nous conduira au Panama en 2019. La Vierge Marie nous accompagnera sur ce chemin, elle que toutes les générations disent bienheureuse (cf. Lc 1, 48). Le nouveau tronçon de notre itinéraire se relie au précédent, qui était centré sur les Béatitudes, mais nous pousse à aller de l’avant. J’ai en effet à cœur que vous les jeunes vous puissiez marcher non seulement en faisant mémoire du passé, mais en ayant également le courage dans le présent et l’espérance pour l’avenir. Ces attitudes, toujours vivantes dans la jeune Femme de Nazareth, sont exprimées clairement dans les thèmes choisis pour les trois prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse. Cette année (2017), nous réfléchirons sur la foi de Marie lorsqu’elle a déclaré dans le Magnificat : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 49). Le thème de l’année prochaine (2018) – « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1, 30) – nous fera méditer sur la charité pleine de courage avec laquelle la Vierge a accueilli l’annonce de l’ange. Les Journées Mondiales de la Jeunesse 2019 s’inspireront des paroles « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 30), réponse de Marie à l’ange, pleine d’espérance.

En octobre 2018, l’Église célèbrera le Synode des Évêques sur le thème : « Les jeunes, la foi et le discernement des vocations ». Nous nous interrogerons sur la manière dont vous les jeunes, vous vivez l’expérience de la foi au milieu des défis de notre temps. Et nous affronterons aussi la question de la façon dont vous pourrez faire mûrir un projet de vie, en discernant votre vocation, entendue au sens large, c’est-à-dire au mariage, dans l’environnement laïc et professionnel, ou à la vie consacrée et au sacerdoce. Je voudrais qu’il y ait une grande syntonie entre le parcours vers les Journées Mondiales de la Jeunesse du Panama et le cheminement synodal.

Notre temps n’a pas besoin de ‘‘jeunes-divan’’
Selon l’Évangile de Luc, après avoir accueilli l’annonce de l’ange et après avoir dit son ‘‘oui’’ à l’appel à devenir mère du Sauveur, Marie se lève et va en toute hâte visiter sa cousine Elisabeth, qui est à son sixième mois de grossesse (cf. 1, 36.39). Marie est très jeune ; ce qui lui a été annoncé est un don immense, mais comporte aussi des défis très grands ; le Seigneur l’a assurée de sa présence et de son soutien, mais beaucoup de choses demeurent encore obscures dans son esprit et dans son cœur. Pourtant Marie ne s’enferme pas chez elle, elle ne se laisse pas paralyser par la peur ou par l’orgueil. Marie n’est pas le genre de personne qui, pour être à l’aise, a besoin d’un bon divan où se sentir bien installée et à l’abri. Elle n’est pas une jeune-divan ! (cf. Discours à l’occasion de la Veillée, Cracovie, 30 juillet 2016). Si sa cousine âgée a besoin d’une aide, elle ne tarde pas et se met immédiatement en route.

Le chemin pour rejoindre la maison d’Elisabeth est long : 150 kilomètres environ. Mais la jeune de Nazareth, poussée par l’Esprit Saint, ne connaît pas d’obstacles. Sûrement, les journées de marche l’ont aidée à méditer sur l’événement merveilleux dans lequel elle était impliquée. Il en est de même avec nous également lorsque nous nous mettons en pèlerinage : au long du chemin, nous reviennent à l’esprit les faits de la vie, et nous pouvons en mûrir le sens et approfondir notre vocation, révélée ensuite dans la rencontre avec Dieu et dans le service des autres.

Le Puissant fit pour moi des merveilles
La rencontre entre les deux femmes, l’une jeune et l’autre âgée, est pleine de la présence de l’Esprit Saint, et chargée de joie ainsi que d’émerveillement (cf. Lc 1, 40-45). Les deux mamans, tout comme les enfants qu’elles portent dans leur sein, dansent presque de joie. Elisabeth , touchée par la foi de Marie, s’exclame : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur » (v. 45). Oui, l’un des grands dons que la Vierge a reçu est celui de la foi. Croire en Dieu est un don inestimable, mais qui demande aussi à être reçu ; et Elisabeth bénit Marie pour cela. À son tour, elle répond par le chant du Magnificat (cf. Lc 1, 46-55), où nous trouvons l’expression : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (v. 49).

C’est une prière révolutionnaire, celle de Marie, le chant d’une jeune pleine de foi, consciente de ses limites mais confiante en la miséricorde divine. Cette petite femme courageuse rend grâce à Dieu parce qu’il a regardé sa petitesse et pour l’œuvre de salut qu’il a accomplie en faveur de son peuple, des pauvres et des humbles. La foi est le cœur de toute l’histoire de Marie. Son cantique nous aide à comprendre la miséricorde du Seigneur comme moteur de l’histoire, aussi bien de l’histoire personnelle de chacun de nous que de l’humanité entière.

Lorsque Dieu touche le cœur d’un jeune, d’une jeune, ceux-ci deviennent capables d’actions vraiment grandioses. Les ‘‘merveilles’’ que le Puissant a faites dans l’existence de Marie nous parlent aussi de notre voyage dans la vie, qui n’est pas un vagabondage sans signification, mais un pèlerinage qui, même avec toutes ses incertitudes et ses souffrances, peut trouver en Dieu sa plénitude (cf. Angelus, 15 août 2015). Vous me direz : ‘‘Père, mais je suis très limité, je suis pécheur, que puis-je faire ?’’. Quand le Seigneur nous appelle, il ne s’arrête pas à ce que nous sommes ou à ce que nous avons fait. Au contraire, au moment où il nous appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l’amour que nous sommes capables de libérer. Comme la jeune Marie, vous pouvez faire en sorte que votre vie devienne un instrument pour améliorer le monde. Jésus vous appelle à laisser votre empreinte dans la vie, une empreinte qui marque l’histoire, votre histoire et l’histoire de beaucoup (cf. Discours à l’occasion de la veillée, Cracovie 30 juillet 2016).

Être des jeunes ne veut pas dire être déconnectés du passé
Marie a à peine dépassé l’âge de l’adolescence, comme beaucoup d’entre vous. Pourtant, dans le Magnificat, elle prête une voix de louange à son peuple, à son histoire. Cela nous montre qu’être jeune ne veut pas dire être déconnecté du passé. Notre histoire personnelle s’insère dans une longue suite, dans un cheminement communautaire qui nous a précédés dans les siècles. Comme Marie, nous appartenons à un peuple. Et l’histoire de l’Église nous enseigne que, même lorsqu’elle doit traverser des mers agitées, la main de Dieu la guide, lui fait surmonter des moments difficiles. L’expérience authentique de l’Église n’est pas comme un flashmob, où on se donne rendez-vous, se réalise une performance et puis chacun va son chemin. L’Église porte en elle une longue tradition, qui se transmet de génération en génération, en s’enrichissant en même temps de l’expérience de chacun. Votre histoire a aussi sa place dans l’histoire de l’Église.

Faire mémoire du passé sert également à accueillir les interventions inédites que Dieu veut réaliser en nous et à travers nous. Et cela nous invite à nous ouvrir pour être choisis comme ses instruments, collaborateurs de ses projets de salut. Vous aussi, jeunes, vous pouvez faire de grandes choses, assumer de grandes responsabilités, si vous reconnaissez l’action miséricordieuse et toute puissante de Dieu dans votre vie.

Je voudrais vous poser quelques questions : comment ‘‘sauvez-vous’’ dans votre mémoire les événements, les expériences de votre vie ? Comment traitez-vous les faits et les images imprimés dans vos souvenirs ? Certains, particulièrement blessés par les circonstances de la vie, auraient envie de ‘‘reconfigurer’’ leur passé, de se servir du droit à l’oubli. Mais je voudrais vous rappeler qu’il n’y a pas de saint sans passé, ni de pécheur sans avenir. La perle naît d’une blessure de l’huître ! Jésus, par son amour, peut guérir nos cœurs, en transformant nos blessures en d’authentiques perles. Comme disait saint Paul, le Seigneur peut manifester sa force à travers nos faiblesses (cf. 2 Co 12, 9).

Cependant, nos souvenirs ne doivent pas demeurer tous entassés, comme dans la mémoire d’un disque dur. Et il n’est pas possible d’archiver tout dans un ‘‘nuage’’ virtuel. Il faut apprendre à faire de manière à ce que les faits du passé deviennent une réalité dynamique, sur laquelle réfléchir et dont tirer un enseignement et un sens pour notre présent et notre avenir. Découvrir le fil rouge de l’amour de Dieu qui relie toute notre existence est une tâche ardue, mais nécessaire.

Beaucoup de personnes disent que vous les jeunes, vous êtes sans mémoire et superficiels. Je ne suis pas du tout d’accord ! Il faut cependant reconnaître que ces temps-ci il est nécessaire de récupérer la capacité de réfléchir sur sa propre vie et de la projeter vers l’avenir. Avoir un passé, ce n’est pas la même chose que d’avoir une histoire. Dans notre vie, nous pouvons avoir de nombreux souvenirs, mais combien de souvenirs construisent vraiment notre mémoire? Combien sont significatifs pour nos cœurs et aident à donner un sens à notre existence ? Les visages des jeunes, dans les ‘‘social’’, apparaissent dans de nombreuses photographies qui relatent des événements plus ou moins réels, mais nous ne savons pas dans tout cela ce qui est une ‘‘histoire’’, une expérience qui puisse être racontée, ayant un objectif et un sens. Les programmes de télévision sont remplis de ce qu’on appelle ‘‘reality show’’, mais ils ne sont pas des histoires réelles, ce ne sont que des minutes qui s’écoulent devant un écran, durant lesquelles les personnages vivent au jour le jour, sans un projet. Ne vous laissez pas égarer par cette fausse image de la réalité ! Soyez protagonistes de votre histoire, décidez de votre avenir !

Comment rester connecté, en suivant l’exemple de Marie
On dit de Marie qu’elle gardait toutes les choses en les méditant dans son cœur (cf. Lc 2,19.51). Cette humble jeune fille de Nazareth nous enseigne par son exemple à conserver la mémoire des événements de la vie, mais aussi à les assembler, en reconstruisant l’unité des fragments, qui ensemble peuvent composer une mosaïque. Comment pouvons-nous nous exercer concrètement en ce sens ? Je vous fais quelques suggestions.

À la fin de chaque journée, nous pouvons nous arrêter pendant quelques minutes pour nous rappeler les beaux moments, les défis, ce qui a bien marché et ce qui est allé de travers. Ainsi, devant Dieu et nous-mêmes, nous pouvons manifester les sentiments de gratitude, de repentir et de confiance, si vous le voulez, en les écrivant dans un carnet, une espèce de journal spirituel. Cela signifie prier dans la vie, avec la vie et sur la vie, et sûrement cela vous aidera à percevoir mieux les merveilles que le Seigneur fait pour chacun d’entre vous. Comme disait saint Augustin, nous pouvons trouver Dieu dans les vastes champs de notre mémoire (cf. Les confessions, Livre X, 8, 12).

En lisant le Magnificat, nous voyons combien Marie connaissait la Parole de Dieu. Chaque verset de ce cantique a son parallèle dans l’Ancien Testament. La jeune mère de Jésus connaissait bien les prières de son peuple. Sûrement, ses parents, ses grands-parents les lui ont enseignées. Combien la transmission de la foi d’une génération à l’autre est importante ! Il y a un trésor caché dans les prières que nous enseignent nos anciens, dans cette spiritualité vécue dans la culture des humbles que nous appelons piété populaire. Marie recueille le patrimoine de foi de son peuple et le recompose dans un chant complètement sien, mais qui est en même temps un chant de l’Église entière. Et toute l’Église le chante avec elle. Pour que, vous aussi jeunes, vous puissiez chanter un Magnificat complètement vôtre et faire de votre vie un don à l’humanité entière, il est fondamental de vous relier à la tradition historique et à la prière de ceux qui vous ont précédés. D’où l’importance de bien connaître la Bible, la Parole de Dieu, de la lire chaque jour en la confrontant avec votre vie, en lisant les événements quotidiens à la lumière de ce que le Seigneur vous dit dans les Saintes Écritures. Dans la prière et dans la lecture priante de la Bible (ce qu’on appelle la lectio divina), Jésus réchauffera vos cœurs, éclairera vos pas, également dans les moments sombres de votre existence (cf. Lc 24, 13-35).

Marie nous enseigne aussi à vivre dans une attitude eucharistique, c’est-à-dire à rendre grâce, à cultiver la louange, à ne pas nous fixer uniquement sur les problèmes et sur les difficultés. Dans la dynamique de la vie, les supplications d’aujourd’hui deviendront des motifs d’action de grâce de demain. Ainsi, votre participation à la Sainte Messe et les moments où vous célébrez le sacrement de la Réconciliation seront en même temps sommet et point de départ : vos vies se renouvèleront chaque jour dans le pardon, en devenant une louange permanente au Tout-Puissant : « Fiez-vous au souvenir de Dieu : […] sa mémoire est un cœur tendre de compassion, qui se plaît à effacer définitivement toutes nos traces de mal. » (Homélie lors de la Sainte Messe des Journées Mondiales de la Jeunesse, Cracovie, 31 juillet 2016).

Nous avons vu que le Magnificat jaillit du cœur de Marie au moment où elle rencontre Elisabeth, sa cousine âgée. Celle-ci, par sa foi, par son regard avisé et par ses paroles, aide la Vierge à mieux comprendre la grandeur de l’action de Dieu en elle, de la mission qu’il lui a confiée. Et vous, vous rendez-vous compte de la source extraordinaire de richesse qu’est la rencontre entre les jeunes et les personnes âgées ? Quelle importance accordez-vous aux personnes âgées, à vos grands-parents ? Justement, vous aspirez à ‘‘prendre l’envol’’, vous portez dans vos cœurs de nombreux rêves, mais vous avez besoin de la sagesse et de la vision des personnes âgées. Tandis que vous ouvrez vos ailes au vent, il est important que vous découvriez vos racines et que vous recueilliez le témoignage des personnes qui vous ont précédés. Pour construire un avenir qui ait du sens, il faut connaître les événements passés et prendre position face à eux (cf. Exhort. ap. postsyn. Amoris laetitia, nn. 191.193). Vous, jeunes, vous avez la force, les personnes âgées ont la mémoire et la sagesse. Comme Marie face à Elisabeth, dirigez votre regard vers les personnes âgées, vers vos grands-parents. Ils vous diront des choses qui passionneront votre esprit et toucheront votre cœur.

Fidélité créatrice pour construire des temps nouveaux
Certes, vous avez peu d’années sur vos épaules et pour cela il peut vous sembler difficile d’accorder la valeur due à la tradition. Ayez bien présent à l’esprit que cela ne veut pas dire être traditionaliste. Non ! Quand Marie, dans l’Évangile, dit « le Puissant fit pour moi des merveilles », elle entend que ces ‘‘merveilles’’ ne sont pas finies, mais continuent à se réaliser dans le présent. Il ne s’agit pas d’un passé lointain. Savoir faire mémoire du passé ne signifie pas être nostalgique ou rester attaché à une période déterminée de l’histoire, mais savoir reconnaître ses propres origines, pour retourner toujours à l’essentiel et se lancer avec une fidélité créatrice dans la construction des temps nouveaux. Ce serait un malheur et cela ne servirait à personne de cultiver une mémoire paralysante, qui fait faire toujours les mêmes choses de la même manière. C’est un don du ciel de pouvoir voir que beaucoup d’entre vous, avec vos interrogations, rêves et questions, s’opposent à ceux qui disent que les choses ne peuvent pas être différentes.

Une société qui ne valorise que le présent tend aussi à dévaluer tout ce qui est hérité du passé, comme par exemple les institutions du mariage, de la vie consacrée, de la mission sacerdotale. Celles-ci finissent par être vues comme dénuées de sens, comme des modèles dépassés. On pense vivre mieux dans des situations dites ‘‘ouvertes’’, en se comportant dans la vie comme dans un reality show, sans objectif et sans but. Ne vous laissez pas tromper ! Dieu est venu élargir les horizons de notre vie, dans toutes les directions. Il nous aide à accorder la valeur due au passé, pour mieux projeter un avenir de bonheur : mais cela n’est possible que si l’on vit d’authentiques expériences d’amour, qui se concrétisent dans la découverte de l’appel du Seigneur et dans l’adhésion à cet appel. Et c’est l’unique chose qui nous rend vraiment heureux.

Chers jeunes, je confie votre cheminement vers Panama, ainsi que l’itinéraire de préparation du prochain Synode des Évêques, à la maternelle intercession de la Bienheureuse Vierge Marie. Je vous invite à vous souvenir de deux événements importants de 2017 : les trois cents ans de la redécouverte de l’image de la Vierge Aparecida, au Brésil ; et le centenaire des apparitions de Fatima, au Portugal, où, par la grâce de Dieu, je me rendrai, en tant que pèlerin, en mai prochain. Saint Martin de Porres, l’un des saints patrons de l’Amérique Latine et des Journées Mondiales de la Jeunesse 2019, dans son humble service quotidien, avait l’habitude d’offrir les meilleures fleurs à Marie, comme signe de son amour filial. Cultivez, vous aussi, comme lui, une relation de familiarité et d’amitié avec la Vierge, en lui confiant vos joies, vos inquiétudes et vos préoccupations. Je vous assure que vous ne le regretterez pas.

Que la jeune de Nazareth, qui dans le monde entier a pris mille visages et noms pour se rendre proche de ses enfants, intercède pour chacun de nous et nous aide à chanter les merveilles que le Seigneur accomplit en nous et par nous.

Du Vatican, 27 février 2017
Mémoire de Saint Gabriel de l’Addolorata

[00396-FR.01] [Texte original: Français]

FRANÇOIS

Angelus des Rameaux: le Pape invite les jeunes à venir à Cracovie pour les JMJ

À l’issue de la célébration liturgique, avant la prière de l’Angelus, le Pape François a invité les jeunes à se rendre nombreux fin juillet à Cracovie à l’occasion des JMJ. Le dimanche des Rameaux coïncide avec la célébration diocésaine de la Journée mondiale de la Jeunesse. Mais c’est en Pologne, pays natal de Jean-Paul II, qu’aura lieu la prochaine rencontre mondiale. À l’occasion de l’Année Sainte de la Miséricorde, a indiqué le Saint-Père, les JMJ de Cracovie constitueront le Jubilé des jeunes au niveau de l’Église universelle. Sur la place Saint-Pierre se trouvaient de nombreux jeunes du diocèse de Rome ainsi que des jeunes volontaires de Cracovie. Ces derniers sont venus à Rome avec des rameaux d’olivier de Jérusalem, d’Assise et du Mont Cassin. Le Pape François les a bénis pour qu’ils puissent les porter aux responsables polonais comme une invitation à cultiver des desseins de paix, de réconciliation et de fraternité.

Voici l’Angelus du Pape François :

Je salue tous ceux qui ont participé à cette célébration et ceux qui se sont unis à nous grâce à la télévision, la radio, ou d’autres moyens de communication. Aujourd’hui, nous célébrons la 31e Journée mondiale de la Jeunesse, dont le point d’orgue sera la grande rencontre mondiale à Cracovie à la fin du mois de juillet. Le thème est « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7). Je salue particulièrement les jeunes présents ici, ainsi que ceux dans le monde entier. J’espère que vous pourrez venir nombreux à Cracovie, la patrie de Saint Jean-Paul II, à l’origine de la Journée Mondiale de la Jeunesse. Nous lui confions les derniers mois de préparation de ce pèlerinage qui, dans le contexte de l’Année Sainte de la Miséricorde, sera le Jubilée des jeunes au niveau de l’Église universelle. Les nombreux jeunes volontaires de Cracovie sont ici avec nous. En retournant en Pologne, ils porteront aux responsables de la nation des rameaux d’olivier, cueillis à Jérusalem, à Assise et du Mont Cassin et bénis aujourd’hui sur cette place, comme une invitation à cultiver les intentions de paix, de réconciliation et de fraternité. Merci pour cette belle initiative ; avancez avec courage ! Et maintenant prions la Vierge Marie, parce qu’elle nous aide à vivre la Semaine Sainte avec une intensité spirituelle.

Dimanche des Rameaux: homélie du pape François

À 9 h30 ce matin, le pape François a présidé la liturgie solennelle du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, Place Saint-Pierre. Tout près de l’obélisque, le Pape a béni les rameaux et les branches d’olivier puis il est entré en procession. Arrivé à l’autel il a célébré la Messe de la Passion. Pour marquer l’approche des Journée mondiale de la jeunesse 2016, des jeunes de Cracovie en Pologne ont participé à la célébration à l’occasion de la fête diocésaine de la XXXIe Journée mondiale de la jeunesse, sous le thème “Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde” (Mt 5, 7). Suite à la proclamation de la Passion tiré de l’Évangile de Saint Luc, le Pape a livré cette homélie:

La foule de Jérusalem criait en accueillant Jésus : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (cf. Lc 19, 38). Nous avons fait nôtre cet enthousiasme : en agitant les palmes et les rameaux d’olivier, nous avons exprimé la louange et la joie, le désir de recevoir Jésus qui vient à nous.

Il désire, en effet, entrer dans nos villes et dans nos vies, comme il est entré à Jérusalem. Il vient humblement à nous, comme il le fait dans l’Évangile, monté simplement sur un âne, mais il vient « au nom du Seigneur » : avec la puissance de son amour divin il pardonne nos péchés et nous réconcilie, avec le Père et avec nous-mêmes. Jésus est content de la manifestation populaire d’affection de la foule, et il répond à la protestation des pharisiens –pour qu’il fasse taire ceux qui l’acclament – : « Si eux se taisent, les pierres crieront » (Lc 19, 40). Rien n’a pu arrêter l’enthousiasme provoqué par l’entrée de Jésus ; que rien ne nous empêche de trouver en lui la source de notre joie, de la vraie joie, qui demeure et qui donne la paix. Car seul Jésus nous sauve des liens du péché, de la mort, de la peur et de la tristesse.

Mais la liturgie de ce jour nous enseigne que le Seigneur ne nous a pas sauvés par une entrée triomphale ni par le moyen de puissants miracles. L’Apôtre Paul, dans la seconde lecture, synthétise par deux verbes le parcours de la rédemption : « il s’est anéanti » et « il s’est abaissé » lui-même. (Ph 2, 7.8) Ces deux verbes nous disent jusqu’à quelle extrémité est arrivé l’amour de Dieu pour nous.

Jésus s’est anéanti lui-même : il a renoncé à la gloire de Fils de Dieu et il est devenu Fils de l’homme pour être en tout solidaire avec nous, pécheurs, lui qui est sans péché. Et pas seulement : il a vécu parmi nous une « condition de serviteur » (v.7) ; non pas de roi, ni de prince, mais de serviteur. Il s’est donc abaissé, et l’abîme de son humiliation, que nous montre la Semaine Sainte, semble ne pas avoir de fond. Le premier geste de cet amour « jusqu’au bout » (Jn 13, 1) est le lavement des pieds. « Le Seigneur et le Maître » (Jn 13, 14) s’abaisse aux pieds des disciples, comme seuls le font les serviteurs.

Il nous a montré par l’exemple que nous avons besoin d’être rejoints par son amour qui se penche sur nous ; nous ne pouvons pas nous en passer, nous ne pouvons pas aimer sans nous faire d’abord aimer par lui, sans faire l’expérience de sa surprenante tendresse, et sans accepter que l’amour véritable consiste dans le service concret.

Mais c’est seulement le début. L’humiliation que subit Jésus devient extrême dans la Passion. Il est vendu pour trente deniers et trahi par le baiser d’un disciple qu’il avait choisi et appelé ami. Presque tous les autres fuient et l’abandonnent ; Pierre le renie trois fois dans la cour du temple. Humilié dans l’âme par des moqueries, des insultes et des crachats, il souffre dans son corps d’atroces violences : les coups, le fouet et la couronne d’épine rendent son aspect méconnaissable. Il subit aussi l’infamie et la condamnation inique des autorités, religieuse et politique : il est fait péché et reconnu injuste.

Ensuite, Pilate l’envoie à Hérode, et celui-ci le renvoie au gouverneur romain : alors que toute justice lui est refusée, Jésus éprouve aussi l’indifférence, parce que personne ne veut assumer la responsabilité de son destin. La foule, qui l’avait acclamé peu de temps avant, change ses louanges en cri d’accusation, préférant même qu’un homicide soit libéré à sa place. Il arrive ainsi à la mort de la croix, la plus douloureuse et infamante, réservée aux traitres, aux esclaves et aux pires criminels. La solitude, la diffamation et la douleur ne sont pas encore le sommet de son dépouillement. Pour être en tout solidaire avec nous, il fait aussi, sur la croix, l’expérience du mystérieux abandon du Père. Mais dans l’abandon, il prie et s’en remet : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23, 46). Suspendu au gibet, en plus de la dérision, il affronte aussi la dernière tentation : la provocation à descendre de la croix, à vaincre le mal par la force et à montrer le visage d’un Dieu puissant et invincible.

Jésus, au contraire, précisément ici, au faîte de l’anéantissement, révèle le vrai visage de Dieu, qui est miséricorde. Il pardonne à ceux qui l’ont crucifié, il ouvre les portes du paradis au larron repenti et touche le coeur du centurion. Si le mystère du mal est abyssal, la réalité de l’Amour qui l’a transpercé est infinie, parvenant jusqu’au tombeau et aux enfers, assumant toute notre souffrance pour la racheter, portant la lumière aux ténèbres, la vie à la mort, l’amour à la haine.

Il semble que nous sommes loin de la manière d’agir de Dieu qui s’est anéanti pour nous, alors que nous oublier un peu nous-mêmes nous paraît difficile. Il a renoncé à lui pour nous ; combien il nous coûte de renoncer à quelque chose pour lui et pour les autres ! Mais si nous voulons suivre le Maître, en plus de nous réjouir qu’il vient nous sauver, nous sommes appelés à choisir sa route : la route du service, du don, de l’oubli de soi. Puissions-nous apprendre cette route en nous arrêtant ces jours-ci pour regarder le Crucifié, la « Chaire de Dieu », pour apprendre l’amour humble qui sauve et qui donne la vie, pour renoncer à l’égoïsme, à la recherche du pouvoir et de la renommée.

Nous sommes attirés par les mille flatteries de l’apparence, oubliant que « l’homme vaut plus par ce qu’il est que par ce qu’il a » (Gaudium et spes, n. 35) ; par son humiliation, Jésus nous invite à purifier notre vie. Tournons le regard vers lui, demandons la grâce de comprendre quelque chose de son anéantissement pour nous ; reconnaissons-le comme Seigneur de notre vie et répondons à son amour infini par un peu d’amour concret.

« On s’était dit rendez-vous dans 10 ans »


Article du père Serge Comeau, curé du diocèse de Bathurst, à paraître dans le journal « Acadie Nouvelle » le 28 juillet 2012. Le père Comeau fut directeur des Catéchèses pour les JMJ 2002 à Toronto.

Il y a 10 ans, jour pour jour, c’était la Journée Mondiale de la Jeunesse à Toronto. En y pensant, je sens encore le vent violent de ce matin du 28 juillet 2002. Avec une pluie torrentielle. Et je revois encore, du haut dupodium papal où la messe était célébrée, cette foule innombrable de pèlerins venus de partout pour se faire dire par un vieillard venu de l’Est : « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde! »

Des centaines de milliers de jeunes s’étaient donnés rendez-vous chez-nous. Ils défiaient la peur au lendemain des attentats terroristes du World Trade Center. Cette rencontre des jeunes avec le pape s’inscrivait dans un mouvement historique non négligeable dans l’Église. Un mouvement qui dure depuis plus de 25 ans.

Fruits de la JMJ

Les JMJ permettent de donner un visage rafraîchissant de l’Église. Les reportages qui parlent des JMJ nous montrent des jeunes heureux, des jeunes qui font la fête, des jeunes épanouis! Cela est rafraîchissant alors que l’image de l’Église catholique dans l’imaginaire collectif est celle d’une vieille institution en agonie. Les JMJ montrent un autre côté de l’Église, tout aussi valable que celui qui crève l’écran.

Dans plusieurs pays, nous pouvons dire que les JMJ ont façonné le visage d’une nouvelle génération de catholiques. Lorsque les JMJ ont été créées, la toile ne reliait pas encore les jeunes entre eux. De telles rencontres ont permis aux jeunes de sortir de leur isolement et de prendre leur place dans la vie paroissiale et diocésaine.

En entendant le témoignage de jeunes engagés dans leur paroisse, il n’est pas rare de les entendre parler de telle ou telle JMJ qui a marqué un tournant dans leur vie spirituelle. La vie pastorale dans ces paroisses où les jeunes sont présents est articulée autour des piliers de toute JMJ : catéchèse, adoration eucharistique, fraternité et vie sacramentelle. [Read more…]

Soyons Sel et Lumière! 10e anniversaire de la Journée mondiale de la jeunesse

Soyez Sel et Lumière!

Dixième Anniversaire de la Journée mondiale de la jeunesse, 23-28 juillet 2002

La JMJ est arrivée au Canada à un moment crucial de l’histoire. La toile de fond historique de cette JMJ, au lendemain du 11 septembre, reflète un monde plongé dans la terreur et la guerre, une Église embarrassée par des scandales d’abus sexuels, un souverain pontife visiblement affaibli et une culture canadienne d’indifférence religieuse.

 Au cours du mois de juillet de 2002, plusieurs centaines de milliers de jeunes de 172 pays, des personnes âgées et des infirmes se sont rendues à Toronto, pour assister à la cérémonie d’ouverture en la présence du pape Jean-Paul II. Plus de 350 000 personnes se sont rassemblées le 25 juillet pour la cérémonie d’ouverture à Exhibition Place.

Tous à travers le Canada se souviendront des puissantes images de la croix des JMJ lors de son pèlerinage historique en 2001-2002. Cette croix a traversé plus de 350 villes et villages d’un océan à l’autre. Par la suite, lors des Journées elles-mêmes à Toronto, la magnifique présentation du Chemin de croix a constitué un pénétrant témoignage de l’histoire chrétienne en marche au cœur d’une ville moderne. Selon Radio-Canada, ce Chemin de Croix a été suivi à la télévision par plus d’un milliard de personnes réparties dans 160 pays du monde.

La spectaculaire vigile aux bougies, samedi soir au parc Downsview a rassemblé plus de 600 000 personnes ; et la messe de clôture, le dimanche, avec le Pape, dans une ambiance presque surnaturelle, a réuni plus de 850 000 personnes.

Les JMJ en 2002 et la visite du pape Jean-Paul II ne nous ont pas apporté des médailles d’or, d’argent ou de bronze, mais elles nous ont rendu quelque chose d’encore plus grand : l’âme de notre pays. En juillet 2002, nous avons encore écouté le sermon nous disant d’être sel de la terre et lumière du monde.

Nous considérons les JMJ de 2002 comme une Pentecôte: un événement passé qui a su transformer la monotonie de la vie en un moment plein de lumière dans l’histoire. Mais il y a aussi une autre perspective. L’Évangile relate des histoires liées au « Magnificat », invitant en permanence les chrétiens à embrasser l’hymne marial de louange, et à rendre grâce à Dieu tout-puissant. La vie chrétienne n’est pas nourrie simplement de souvenirs, aussi bons et beaux soient-ils. La résurrection du Christ n’est pas le souvenir d’un événement distant dans le temps, mais elle est la Bonne Nouvelle qui continue de s’accomplir en nos jours.

Ce qui reste est une extraordinaire rencontre entre Jésus et ses jeunes amis, entre les jeunes pèlerins et ce bien-aimé vieil homme en blanc qui voyagea des berges du Tibre aux rives du lac Ontario pour une rencontre, un moment «kairos» pour nous soutenir et nous encourager pour que nous puissions «avancer au large».

Que le vent puissant de cet événement de Pentecôte 2002 continue de souffler partout au sein de l’Église canadienne nous donnant le courage de constamment laisser dans notre Église la place aux jeunes, qui sont la garantie du Christ d’une joie et d’une jeunesse éternelle.

Durant l’Angélus au Parc Dowsview le dimanche 28 juillet 2002, le Saint Père a merveilleusement résumé le sentiment de millions de jeunes qui ont été touchés d’une façon ou d’une autre par la Journée mondiale de la jeunesse 2002. «Alors que nous nous apprêtons à rentrer chez nous, je vous dis, avec saint Augustin: « Nous nous sommes sentis bien sous la commune lumière. Nous nous sommes réjouis et nous avons exulté de joie ensemble. Maintenant que nous devons nous séparer, essayons de ne pas nous détacher de Lui, le Christ.»”

Prions le Seigneur, par l’intercession du Bienheureux Jean-Paul II, afin que nous soyons le sel et la lumière du Christ au coeur du monde aujourd’hui.

Père Thomas Rosica, c.s.b., est ancien directeur général de la Journée mondiale de la jeunesse, 2002  et directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière médias