Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. sur la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse

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Réflexion sur la croix des Journées Mondiales de la Jeunesse, Père Thomas Rosica c.s.b.

Au cœur de chacune des Journées Mondiales de la Jeunesse se trouve un symbole chrétien simple et puissant à la fois : deux larges planches de bois en croix que plusieurs ont surnommées la « flamme olympique » de cet immense Festival de jeunes catholiques. La croix des JMJ a reçu plusieurs noms : la Croix du Jubilée, la Croix des pèlerins, la croix de la jeunesse. En 1984, peu de temps après la clôture en 1983 de l’année sainte de la rédemption au Vatican, le saint pape Jean-Paul II avait confié aux jeunes du monde entier une simple croix en bois de douze pieds de haut en leur demandant de l’apporter avec eux de par le monde comme signe de l’amour que le Seigneur Jésus a pour l’humanité et pour « proclamer à tous que le salut et la rédemption ne se trouvent que dans le Christ qui est mort et est ressuscité ». Depuis ce jour, portée par des mains généreuses et des cœurs aimants, la Croix a parcouru un long chemin, un pèlerinage ininterrompu à travers tous les continents pour démontrer que, comme le disait saint Jean-Paul II : « la Croix marche avec les jeunes et les jeunes marchent avec la Croix ».

La croix ne se promène pas toute seule ! Depuis 2003, elle est accompagnée d’une icône de la Vierge Marie, une copie de l’icône de Notre Dame « Salus Populi Romani ». L’originale de cette icône, considérée par plusieurs comme datant du 8e siècle, se trouve dans la chapelle de la Basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome. Le pape Jean-Paul II l’a ainsi confiée à la jeunesse comme icône de la Bienheureuse Mère qui accompagnerait ainsi la Croix partout où elle irait. « Elle serait le signe de la présence maternelle de Marie auprès de cette jeunesse qui est appelée, comme l’Apôtre Jean, à accueillir le Christ dans leur vie ».

La croix des Journées Mondiales de la Jeunesse et l’icône de Notre Dame nous disent les deux points centraux du message chrétien : du berceau et de la croix; du Christ qui est né de Marie et du Christ qui est crucifié pour nous, de Noël et du Vendredi Saint, de l’Incarnation et du Mystère Pascal. Ainsi, l’icône et la Croix sont les deux puissantsWYD Icon symboles de la joie et de la souffrance que nous expérimentons dans notre pèlerinage chrétien.

En 2002, le passage de la Croix des Journées Mondiales de la Jeunesse à travers tout le Canada continue d’émouvoir les cœurs et rappelle de très beaux souvenirs encore aujourd’hui, plusieurs années après le début de ce pèlerinage sur notre terre le 11 avril 2001. La croix des JMJ a littéralement touché les trois océans qui entourent le Canada. Elle a visité nos villes et villages entraînant une multitude de personnes dans les rues en processions, en prières, en vigiles et suscitant des moments forts de réconciliation, de paix et de guérison.

De telles expressions de piété populaire avaient été absentes depuis bien trop longtemps de notre paysage ecclésial canadien. Au milieu de ce pèlerinage brillamment orchestré à travers 72 diocèses du Canada, la Croix fit un détour en février 2002 qui ne faisait pas partie des préparatifs normaux des Journées Mondiales de la Jeunesse comme cela avait été le cas dans les éditions précédentes. À l’aube d’un très froid dimanche, un convoi d’autobus a quitté Toronto avec à bord des représentants des corps de police, des ambulanciers, des pompiers pour se rendre à New York accompagné de la Croix des JMJs.

Après une Messe du dimanche à Manhattan en la cathédrale Saint Patrick ainsi qu’une Messe tôt le matin en compagnie de l’Observateur permanent du Vatican près les Nations Unies, nous avons porté la Croix à Ground Zero, à l’intérieur même du trou, afin de prier pour les victimes de la tragédie du 11 septembre au World Trade Center et ailleurs aux États-Unis. Cette visite, qui a reçu une visibilité médiatique internationale, était un signe d’espoir, de consolation, de solidarité, de paix pour le peuple américain et le monde entier, peinant alors à comprendre le mal, la terreur, la violence, les forces de mort dont l’humanité avait fait l’expérience en ce 11 septembre 2001.

Ce voyage à Ground Zero était pour nous un acte public de défiance et de courage. Six jeunes de l’équipe nationale des Journées mondiales de la Jeunesse de Toronto en 2002 ont porté la grande Croix en haut de la plateforme construite pour les familles des victimes de la tragédie du World Trade Center. Alors qu’ils montaient avec la croix, nous chantions le refrain du chant de Taizé : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu seras dans ton Royaume ». Lorsque la Croix fut placée sur son socle de métal au bord du cratère où naguère s’étaient tenues les Twins Towers, la chorale devint de plus en plus grande et le chant devint également plus intense. C’était un acte de défiance puisque, sur le lieu même où la destruction, la dévastation, la terreur, la mort avaient fait grand bruit, nous élevions une croix de bois c’est-à-dire un instrument de mort transformé en symbole central de la vie et de la foi chrétienne. Ce jour-là, personne n’a pu échapper au sens profond de ce geste.

La Croix de Jésus Christ a béni et marqué les Journées Mondiales de la Jeunesse de 2002 d’une manière extraordinaire. Chaque lieu de catéchèse avait la chance d’avoir une réplique de la croix des JMJs. Elle était présente à chaque grande cérémonie. Elle précédait les processions, appelait à la prière et à la réflexion, a guéri, réconcilié et a touché nos cœurs. Ces souvenirs restent encore gravés dans nos esprits.

Qui ne pourra jamais oublier ces belles images de la Croix des JMJ précédant plus d’un demi million de personnes, la majorité étant à genoux, lors du chemin de croix le vendredi soir du 26 juillet 2002 sur un trajet partant de la majestueuse avenue de l’Université, passant devant le palais de justice, le consulat américain, les édifices du gouvernement, les hôpitaux, l’Université de Toronto, le Parlement provincial et les différents musées. L’une des rues principales d’une grande ville fut transformée en une Via dolorosa contemporaine alors qu’environ un milliard de personnes étaient témoins de cette mise en scène moderne de la passion par l’entremise de la télévision et des satellites.

Cross Icon Brazilian pilgrims

Durant la célébration eucharistique de clôture, le dimanche 28 juillet 2002, le Saint Père a présenté aux jeunes pèlerins présents parmi la multitude de près de 850 000 personnes des petites croix de bois faites à la main par des jeunes vivant dans les quartiers pauvres de Bogotá et Medellín en Colombie. Les organisateurs des Journées mondiales de la Jeunesse de 2002 avaient choisi de faire fabriquer les croix en une terre qui avait eu son lot de croix dans les années précédentes.

C’est parce que nous suivons un Christ crucifié que nous entrons en solidarité avec les millions de personnes qui souffrent dans le monde. Nous faisons l’expérience du pouvoir de l’Amour de Dieu grâce aux plus vulnérables et grâce à ceux qui souffrent. La croix nous apprend que ce qui aurait pu rester caché et sans importance pour l’histoire peut se transformer en beauté, espoir ainsi qu’en un appel constant à la bonté héroïque.

Lors de la conclusion de la liturgie eucharistique, le Pape vieillissant et souffrant dit aux jeunes de ne pas avoir peur « de suivre le Christ sur la voie royale de la Croix ! En cette période difficile de la vie de l’Église, la poursuite de la sainteté devient de plus en plus urgente ». Il a ainsi invité ses jeunes amis à se « mettre à l’école de la croix ».

Lorsque la frénésie et les émotions fortes des activités des JMJ furent terminées, j’étais convaincu que l’un des souvenirs les plus marquants et qui resterait dans la mémoire de notre pays serait une simple Croix de bois, une si grande source de bénédictions et de consolation, de guérison, de force et de paix pour les centaines de milliers de personnes qui l’avaient embrassée, touchée, les inspirant et leur permettant d’être touchés par le message génial et la mémoire de Celui qui y est mort.

Célébrer le Triomphe de la Croix signifie reconnaître la plénitude de l’achèvement cruciforme de la vie de Jésus. Jésus nous demande courageusement de choisir une vie similaire à la sienne. La souffrance ne peut être évitée ou ignorée de ceux qui désirent suivre le Christ. Suivre Jésus implique souffrir et prendre sa croix. La marque du Messie doit devenir la marque de ses disciples.

Le père Thomas Rocisa c.s.b. était le Directeur national et PDG des Journées Mondiales de la Jeunesse de 2002 au Canada

Presque 4 000 jeunes Canadiens se rendront en Pologne pour la Journée mondiale de la jeunesse 2016

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***Cet article ci-dessous provient du site web de la CECC

(CECC – Ottawa)… La jeunesse du monde entier est attendue à Cracovie, en Pologne, du 25 au 31 juillet 2016, pour participer à la 31e Journée mondiale de la jeunesse (JMJ). Cracovie est la ville de Karol Wojtyla – saint Jean-Paul II – qui, dans ses premières années comme prêtre, aumônier universitaire, évêque et puis cardinal-archevêque a semé les graines de ce qui deviendra, dans les premières années de son pontificat, la Journée mondiale de la jeunesse.

Près de 3 750 jeunes pèlerins du Canada sont inscrits pour participer à ce rassemblement international sur le thème « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7). À l’exemple des JMJ 2011 à Madrid et 2013 à Rio de Janeiro, les pèlerins canadiens auront encore l’occasion de vivre une célébration nationale qui aura lieu le 26 juillet à 13 heures, en la fête de sainte Anne et saint Joachim, parents de la Vierge Marie. L’événement aura lieu à l’aréna Tauron de Cracovie qui sera le lieu principal pour les pèlerins de langue anglaise pendant les célébrations de la JMJ. Ce pavillon est parrainé par les Chevaliers de Colomb. Son Éminence M. le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et primat du Canada, présidera le temps de prière qui impliquera des évêques, des prêtes, des personnes dans la vie consacrée, des agents de pastorale jeunesse, des musiciens, des artistes et plusieurs milliers de jeunes pèlerins Canadiens.

En plus des 3 750 jeunes, la délégation canadienne sera composée de neuf évêques du Canada. Le Conseil pontifical pour les laïcs a invité trois des évêques canadiens pour servir à titre de catéchètes auprès des jeunes pèlerins : M. le Cardinal Lacroix; Mgr Albert LeGatt, archevêque de Saint-Boniface; et Mgr Bryan Bayda, C.Ss.R., évêque éparchial ukrainien de Saskatoon. De jeunes Canadiens seront impliqués dans les diverses cérémonies, liturgies et événements de la Journée mondiale de la jeunesse de Cracovie. Du 20 au 25 juillet, plusieurs pèlerins canadiens auront également l’opportunité de participer aux diverses activités pour les journées dans les diocèses de la Pologne.

Pendant son voyage apostolique en ce pays, le pape François présidera plusieurs célébrations. Son horaire inclura l’eucharistie à l’occasion du 1050e anniversaire du baptême de la Pologne qui aura lieu sur le terrain du sanctuaire du couvent Jasna Góra en présence des autorités religieuses et civiles du pays; la cérémonie d’accueil de la JMJ (28 juillet) ; le Chemin de Croix du vendredi soir (29 juillet) au parc Blonia ; l’eucharistie avec les prêtres polonais, les religieux et religieuses, de même que les séminaristes au sanctuaire de saint Jean-Paul II (30 juillet) ; et la vigile de prière en soirée en plus de la messe de clôture du dimanche (31 juillet) sur le Campus Misericordiae. Le Saint-Père visitera également le camp de concentration d’Auschwitz où il priera dans la cellule du martyr saint Maximilien Kolbe, dont c’est le 75e anniversaire de la mort, en plus d’offrir une prière silencieuse devant le Monument international des victimes du camp d’extermination de Birkenau qui faisait partie du complexe d’Auschwitz. Parmi les 1.1 million de prisonniers qui sont morts à Auschwitz, il y avait sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) et sa sœur, Rosa, également une religieuse carmélite.

L’horaire du Saint-Père pour la semaine comprendra également une célébration du sacrement de la réconciliation avec des jeunes qui participent à la JMJ ; une visite de l’Hôpital universitaire pour enfants ; une rencontre avec les évêques de la Pologne, une prière dans la chapelle du tombeau de sainte Faustine ; une bénédiction de deux bâtiments de la Caritas pour les pauvres et les personnes âgées, de même qu’une rencontre avec les bénévoles de la JMJ 2016 à l’aréna Tauron.

Programmation en direct sur Télévision Sel + Lumière
Le réseau national de télévision catholique canadien Sel et Lumière, qui est disponible par satellite et câble numérique à travers le Canada, de même qu’à travers le monde par Internet aux www.seletlumieretv.org ou www.saltandlighttv.org, sera en Pologne toute la semaine avec une équipe accompagnée du directeur général, le père Thomas Rosica, C.S.B. Sel + Lumière assurera une couverture en direct des plus importantes activités de la JMJ, incluant les catéchèses et plusieurs entrevues. La couverture de Sel + Lumière sera diffusée en Australie, par la Télévision catholique de Boston, par le Centre audiovisuel du diocèse de Hong Kong, de même que par l’Ordinariat militaire des États-Unis. Ayant précédemment agi à titre de directeur général de la Journée mondiale de la jeunesse de 2002 au Canada, le père Rosica est le coordonnateur national de la délégation canadienne à la JMJ 2016 en Pologne. Le site Internet www.wydcentral.org contiendra également de beaux souvenirs de la JMJ.

Suivre Jésus sur le chemin royal de la Croix

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Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour le dimanche des Rameaux -Année liturgique C (20 mars 2016)

Cette année, au dimanche des Rameaux, nous entendons deux parties de l’évangile de Luc – le premier à la bénédiction des Rameaux et le second lors de la lecture du récit de la Passion. Avec l’entrée royale de Jésus à Jérusalem, (19, 28-21,38) une nouvelle section de l’évangile commence – le ministère de Jésus à Jérusalem avant sa mort et résurrection.

Dans un élan d’enthousiasme, le peuple de Jérusalem a agité les palmes et accueilli Jésus comme il entrait dans la ville, monté sur un âne. L’acclamation : «Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur » (v.38) est présente seulement dans l’évangile de Luc où est explicitement donné à Jésus le titre de roi lorsqu’il entre en triomphe dans Jérusalem. Luc a inséré ce titre dans les paroles du psaume 118,26 qui annonçait l’arrivée des pèlerins venant vers la ville sainte et au temple. Jésus est acclamé comme roi et comme celui qui vient (Malachie 3,1; Luc 7,19). L’acclamation des disciples: « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux» fait écho à l’annonce des anges à la naissance de Jésus (Luc 2,14). La paix que Jésus apporte est associée au salut qui doit être accompli à Jérusalem. Il y a une unité interne entre les récits de l’enfance et la passion de l’évangile de Luc.

Luc est lié à Marc pour la composition du récit de sa Passion (22,14-23.56) mais il a incorporé beaucoup de sa propre tradition dans le récit. On distingue plusieurs parties dans le récit de la Passion de Jésus dans Luc: 1 la tradition de l’institution de l’Eucharistie (22, 15-20); 2 Le discours d’adieu de Jésus (22,21-38); 3 Le mauvais traitement et l’interrogation de Jésus (22,63-71); 4 Jésus devant Hérode et sa seconde apparition devant Pilate (23,6-16); 5 les paroles adressées aux femmes qui suivaient le chemin de croix (23, 27-32); 6 les paroles au larron pénitent (23, 39-41); 7 la mort de Jésus (23,46, 47b-49).

La palme du triomphe et Croix de la Passion

La figure paisible de Jésus s’élève au-dessus de l’hostilité et de la colère des foules ainsi que du processus légal. Jésus reste un vrai modèle de réconciliation, de pardon et de paix. Au milieu de sa propre agonie et de son procès, nous réalisons la passion profonde de Jésus pour l’unité: il est capable de rendre amis même Pilate et Hérode (23,12). Luc présente Jésus sur la croix, pardonnant à ses persécuteurs (23,34) et Jésus mourant autorise même un voleur à voler le paradis! (23,43).

Partout dans son récit, Luc souligne l’innocence de Jésus (23,4; 14-15,22) qui est la victime des pouvoirs du diable (22,3; 31; 53) et qui va à la mort dans l’accomplissement de la volonté de son Père (22,42.46). Luc accentue la miséricorde, la compassion et le pouvoir guérisseur de Jésus (22,51; 23,43) qui ne va pas à la mort seul et abandonné, mais est accompagné par d’autres qui le suivent sur le chemin de croix. (23,26-31, 49).

Dans le récit émouvant de Luc, la palme du triomphe et la croix de la Passion ne sont pas une contradiction. À l’intérieur repose le cœur du mystère proclamé durant la Semaine Sainte. Jésus s’est donné lui-même volontairement à la Passion, il n’était pas écrasé par des forces plus grandes que lui. Il fit face librement à la crucifixion et a triomphé de la mort.

Des modèles sur le chemin de la Croix

Sur le chemin de la croix, Luc nous offre des modèles qui nous apprennent à vivre dans nos vies quotidiennes la Passion de Jésus comme un itinéraire vers une résurrection. Alors que Jésus est amené du palais du gouverneur aux pentes rocailleuses à l’extérieur des murs de la ville où les exécutions publiques ont lieu, ils tirent Simon de Cyrène, un passant, pour porter la croix de Jésus (23,26). Les mots de Luc montrent clairement qu’il voit dans la figure de Simon une image de la manière d’être disciple : Simon prend la croix de Jésus et la porte « derrière Jésus ».

La phrase est identique dans l’enseignement de Jésus sur le fait d’être disciple : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. » (Luc 14,27). Ceux qui veulent vivre à la manière de Jésus doivent accepter de donner leur vie pour les autres. Le simple fait de porter la croix n’est pas ce qui est le plus important. Tant de personnes dans ce monde souffrent dramatiquement: chaque personne, chaque famille a sur ses épaules des peines et des fardeaux à porter. Ce qui donne la pleine signification à notre croix est de  la porter derrière Jésus, non dans la solitude angoissée, en errant sans espoir ou en rébellion, mais plutôt en étant soutenu et nourri par la présence du Seigneur.

Nous lisons en Luc 23,27, « Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. » Un partage qui consiste seulement en quelques paroles de compassion, même accompagné de larmes, n’est pas suffisant. Chacun de nous doit être conscient de sa propre responsabilité dans le drame de la souffrance spécialement dans la souffrance du juste et de l’innocent. Les paroles de Jésus dans Luc 23,31 nous invite à lire l’histoire des individus et des communautés d’une façon réaliste. « Car si ces choses sont faites quand le bois est vert, qu’est ce qui arrive quand c’est sec? Cela veut dire : si l’innocent est celui qui est frappé en route, qu’arrivera-t-il à ceux qui sont responsables du mal qui survient dans l’histoire des individus et des nations?

Jésus n’a pas compris son existence sur la terre comme une recherche de pouvoir, ni comme une course au succès ou à une carrière, comme un désir de dominer les autres. Au contraire, comme nous le lisons aujourd’hui dans la seconde lecture de la lettre de saint Paul aux Philippiens, il céda les privilèges du fait d’être l’égal de Dieu pour prendre la forme de serviteur et devint comme les hommes et fut obéissant au projet du Père jusqu’à la mort sur une croix (Phil 2, 6-11). En commémorant les événements de la Semaine Sainte, nous faisons beaucoup plus que rappeler la souffrance et l’entrée dans la gloire du Seigneur. La puissance salvifique de sa Mort et de sa Résurrection nous pénètre. Jésus devient lumière et salut pour chaque individu et pour toute l’humanité. [Read more…]

Un déjeuner avec le Pape

Comme le veut la tradition à chaque JMJ, 12 jeunes venus du monde entier ont dejeuné à Rio de Janeiro au Brésil avec le pape François. Parmi eux, une volontaire française à Rio depuis six mois pour la préparation des JMJ 2013. Anne-Sophie Peiffer, 27 ans, revient sur ce repas avec le pape François, quelqu’un de « bienveillant qui a le sens de l’humour ».

Témoignage d’un volontaire aux JMJ de Rio

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« Quels sont les meilleurs endroits pour manger à Rio ? »

« Puis-je avoir une audience privée avec le pape ? »

« Quel est le vol le moins cher du Ghana ? »

Voilà quelques questions typiques que nous recevons à travers les réseaux sociaux officiels de la Journée mondiale de la Jeunesse.

Le thème de la JMJ internationale de cette année est « Allez donc et de toutes les nations faites des disciples ! » Un appel audacieux, il encourage les jeunes à être proactifs dans leur foi et de favoriser une nouvelle direction en mettant l’accent sur l’Évangile. [Read more…]

Aujourd’hui rassemblement canadien à 13h30 au Centre Rio Vivo à Rio

Tous les canadiens à Rio sont invités à se rassembler autour de nos évêques présents aux JMJ, pour un temps de célébration à 13h30 aujourd’hui jeudi 25 juillet.
C’est au centre Vivo Rio au bord de la baie de Guanabara.

Profonds témoignages aux JMJ

IMG_1255Ce mercredi matin à Rio de Janeiro les pèlerins ont eu l’occasion d’approfondir le thème de ces 28 èmes Journées Mondiales de la Jeunesse : « Allez ! de toutes les nations, faites des disciples ». Plus de 260 catéchèses ont été données par des cardinaux et des évêques, aux pèlerins réunis par groupes linguistiques. A l’église du Christ Redempteur c’est Mgr Riocreux qui accueillait les jeunes francophones, venus du Canada, de France, d’Afrique et de Belgique. La rencontre a débuté par un temps de louange, et s’est poursuivie par des témoignages. Deux jeunes filles ont notamment évoqué leur expérience des journées missionnaires, où elles ont rencontré des prisonniers. Une expérience « très touchante » confie l’une d’entre elle, qui dit « avoir vraiment vu en eux le visage du Christ ».

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Coup d’envoi officiel des 28èmes JMJ

IMG_1244Ce mardi à Rio de Janeiro, les pèlerins étaient quasiment tous arrivés, mais le soleil lui n’a pas montré le bout de son nez. Dans la journée les pèlerins ont pu profiter de la ville. Visite de la cathédrale, découverte du Christ Rédempteur, rencontre entre les diocèses du même pays. En la cathédrale Saint Sébastien par exemple, les jeunes français se sont retrouvés pour un temps de prière autour du cardinal André Vingt-Trois, selon qui « le christianisme n’est pas une honte à cacher mais une fierté à montrer ».
Une fierté que l’on pouvait voir sur le visage de nombreux pèlerins dans les rues de Rio. Drapeau sur le dos, tee-shirt aux couleurs du Brésil, croix des JMJ autour du coup, en groupe ou entre amis, les pèlerins chantent fièrement leur foi et échangent des signes de fraternité avec des pèlerins inconnus venus d’ailleurs.
Bishops arrive for opening ceremony of World Youth Day in Rio Plus tard dans la journée, entre 500 et 600 000 jeunes se sont retrouvés sur la plage de Copacabana pour une cérémonie d’abord, puis pour la messe d’ouverture de ces 28 èmes Journées Mondiales de la Jeunesse. La célébration était présidée par l’archevêque de Rio de Janeiro, Mgr Orani João Tampesta, sous la pluie, mais avec un profond recueillement.
Dans son homélie, l’archevêque de la ville assure que la jeunesse est  « l’espérance d’une société qui attend de trouver une solution à sa crise de valeurs ». Il rappelle aux jeunes que nous sommes tous appelés à être des protagonistes d’un monde nouveau. « Nous sommes certains, dit-il, que vous accomplirez cela dans vos villes et vos pays. Le monde a besoin de jeunes comme vous », a-t-il enfin assuré.
Quant au pape François, cette journée était pour lui un moment de repos, bien mérité après un voyage mouvementé. Il est resté dans le calme et la verdure de la résidence du Sumaré, sur les hauteurs de Rio de Janeiro, avant de partir mercredi, visiter la sanctuaire d’Aparecida.

A l’approche des JMJ

IMG_1151Les pèlerins sont désormais légion dans les rues de Rio de Janeiro. On sent dans cette ville comme une atmosphère particulière. Avec leur T-shirt JMJ Rio 2013, et leurs drapeaux venant des quatre coins du monde, les pèlerins s’interpellent les uns les autres. Ensemble ils partagent déjà leur expérience diocésaine dans les différentes villes du pays, ils chantent, ils dansent, et ils prennent la photo « familiale ». Car tous appartiennent à la même famille : L’Eglise catholique, dont on perçoit clairement la dimension universelle à travers ses rassemblements.

IMG_1222Ce lundi, le pape François arrivera à Rio de Janeiro. Son emploi du temps est très chargé : il s’entretiendra avec la présidente du Brésil, Dilma Roussef. Il célébrera une messe au sanctuaire d’Aparecida, pour rendre hommage à la sainte patronne du Brésil. Il rencontrera de jeunes détenus et et se rendra dans les favelas de Rio. Il présidera également plusieurs événements des ces journées mondiales de la Jeunesse. Mais en attendant l’arrivée du pape François, chacun y va de son talent. Sur la plage et dans la rue, on croise parfois le visage du pape peint sur mur mur ou dessiné sur le sable. Dans les kiosques la venue du pape fait la Une des journaux. Devant les églises, son portrait  est affiché en grand. Quant aux infrastructures qui accueilleront le Saint-Père et les pèlerins dès lundi, elles sont déjà  toutes montées depuis plusieurs jours.

IMG_1177Le Brésil représente aujourd’hui 44% des catholiques du monde. En rencontrant dans ce pays la jeunesse du monde, le pape François réalise son premier voyage à l’étranger. « Allez ! de toutes les nations, faites des disciples » !

Fidèles fils et filles du Pape Benoît XVI

Avec les Journées mondiales de la jeunesse, le pape Benoît XVI a montré qu’il communique de manière profonde avec les jeunes.

Tout au long de son pontificat qui a duré plus de 26 ans, le Bienheureux Jean-Paul II a bénéficié d’une incroyable popularité auprès des jeunes catholiques. Il a notamment déclaré à ses

«chers jeunes amis» qu’ils étaient à l’avant-garde de l’histoire en tant qu’architectes et que constructeurs de la nouvelle civilisation de l’amour. Des générations de jeunes gens ont écouté Jean-Paul II si attentivement qu’il ne fut pas surprenant, en avril 2005, de les voir débarquer à Rome par millions pour pleurer sa mort. Pour les mêmes raisons, on ne s’est pas étonné de constater que la cérémonie de béatification de Jean-Paul II, en mai dernier à Rome, avait des airs de Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).

En août 2005, seulement quelques mois après la mort du pape, des centaines de milliers de jeunes provenant de plus de 160 pays ont envahi Cologne, en Allemagne, pour les XXes JMJ. Peu de temps auparavant, beaucoup de gens s’étaient demandé à quoi ressembleraient de telles Journées maintenant que le fondateur et père de ces immenses rassemblements n’était plus là.  

Je me souviens de l’agitation : Joseph Ratzinger allait-il charmer les jeunes comme Karol Wojtyla l’avait fait ? Le pape Benoît XVI pouvait-il sortir de l’ombre créée par son prédécesseur bien-aimé et poursuivre avec les Journées mondiales de la jeunesse ? Et est-ce qu’un nouveau pape aussi âgé allait réussir à entrer en communication à la fois étroite et profonde avec le million de jeunes gens réunis en Allemagne cet été-là, lesquels espéraient à la base vivre un autre moment « Jean-Paul II » ?

DE COLOGNE À SYDNEY

En Allemagne en août 2005, le pape Benoît XVI s’était exclamé devant la multitude de jeunes chrétiens : « Nous faisons précisément l’expérience, ici, à Cologne, du fait qu’il est beau d’appartenir à une famille vaste comme le monde, qui comprend le ciel et la terre, le passé, le présent et l’avenir, et toutes les parties de la terre […] On peut beaucoup critiquer l’Église : elle est un champ avec le bon grain et l’ivraie. Mais, en définitive, que l’ivraie existe dans l’Église est consolant. Ainsi, avec tous nos défauts, nous pouvons néanmoins espérer nous trouver encore à la suite de Jésus, qui a précisément appelé les pécheurs. »

Benoît XVI avait soigneusement choisi ses mots, désirant susciter une réflexion à long terme plus qu’une approbation immédiate. Il a invité les jeunes catholiques à suivre les voies de Dieu, non pas en se créant « un Dieu privé » pour soi-même, déconnecté de l’Église, mais plutôt en développant « une sensibilité aux besoins d’autrui » qui doit « se refléter dans notre volonté de partage ».

Ainsi, au lieu d’être condescendant ou flatteur, Benoît XVI a livré un vigoureux enseignement à Cologne. Durant la vigile à Marienfeld, le 20 août 2005, le pape s’est agenouillé devant le Saint Sacrement pour la prière silencieuse et l’adoration, en compagnie de quelque 800 000 jeunes gens. Ce soir-là, le pape allemand a dit à ses jeunes amis que les saints étaient « les vrais réformateurs […] C’est seulement des saints, c’est seulement de Dieu que vient la véritable révolution, le changement décisif du monde. »

À Cologne, Benoît XVI a montré au monde que le « professeur Ratzinger » était devenu le berger d’un très grand troupeau. Il avait passé haut la main le test des Journées mondiales de la jeunesse.

Trois ans plus tard, et à des milliers de kilomètres tant de l’Allemagne que de Rome, le pape a livré d’autres leçons inoubliables, à Sydney, lors des JMJ 2008. Lors de la cérémonie d’accueil là-bas, le 17 juillet, le pape a soutenu la préoccupation des jeunes pour l’environnement, ajoutant qu’une telle préoccupation ne devrait jamais éclipser la compréhension de la dignité innée de la vie humaine, laquelle est « au cœur du prodige de la création ».

Le jour suivant, Benoît XVI a rencontré des jeunes qui avaient connu des problèmes de drogue et qui participaient à un programme de réhabilitation en périphérie de Sydney. Il s’est entretenu avec eux des faux dieux d’aujourd’hui et de l’adoration portée à trois choses : les biens matériels, l’amour possessif et le pouvoir.

« Chers amis, je vois en vous des ambassadeurs de l’espérance pour tous ceux qui se trouvent dans des situations semblables, a-t-il dit. Vous pouvez les convaincre de la nécessité de choisir le chemin de la vie et de renoncer au chemin de la mort, parce que vous parlez d’expérience. Dans tous les Évangiles, ce sont ceux qui ont opéré des choix erronés qui sont particulièrement aimés de Jésus, parce que, quand ils se sont rendu compte de leur erreur, ils se sont ouverts plus que les autres à sa parole de guérison. »

ENVOYÉS PAR L’ESPRIT

La vigile de prière à l’hippodrome Randwick, le samedi soir à Sydney, a donné l’occasion à Benoît XVI de donner une merveilleuse leçon sur l’Esprit Saint, qu’il a qualifié d’ « oublié de la Sainte Trinité ». Invoquant ce dernier et exhortant ses jeunes auditeurs à permettre aux dons de l’Esprit de façonner leurs vies, le pape a rappelé le thème de ces Journées mondiales de la jeunesse 2008 : «Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui descendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Actes 1.8).

« Comme l’Église accomplit le même voyage avec l’humanité tout entière, de même, vous aussi, soyez appelés à exercer les dons de l’Esprit parmi les vicissitudes de la vie quotidienne. Faites en sorte que votre foi mûrisse à travers vos études, le travail, le sport, la musique, l’art. Faites en sorte qu’elle soit soutenue par la prière et nourrie par les sacrements.

« La vie ne consiste pas simplement à accumuler, et elle est bien plus que le succès, a poursuivi le pape. Être vraiment vivants, c’est être transformés intérieurement, c’est être ouverts à la force de l’amour de Dieu. En accueillant la puissance du Saint-Esprit, vous pouvez vous aussi transformer vos familles, les communautés, les nations. Libérez ces dons ! Faites en sorte que la sagesse, l’intelligence, la force morale, la science et la piété soient les signes de votre grandeur ! »

Le matin suivant, dans son homélie lors de la liturgie de clôture des JMJ de Sydney, Benoît XVI a repris le même thème sur lequel il s’était attardé dans l’homélie lors de son intronisation pontificale, trois ans plus tôt. Il a parlé du désert spirituel grandissant qui afflige l’humanité —un vide intérieur, une peur non nommée, un discret sentiment de désespoir. Il a également décrit la nouvelle génération de chrétiens « appelée à contribuer à l’édification d’un monde où la vie est accueillie, respectée et aimée, non rejetée ou ressentie comme une menace et par conséquent détruite. Une nouvelle ère où l’amour n’est pas avide et égoïste, mais pur, fidèle et sincèrement libre, ouvert aux autres, respectueux de leur dignité, cherchant leur bien et rayonnant la joie et la beauté. »

Le pape Benoît XVI a de la sorte fourni à l’Australie un programme pour le renouveau spirituel et social de toute une nation. À Sydney, les jeunes gens de la « génération Jean-Paul II » et de la « génération Benoît XVI » se sont vus investis alors que le Saint-Esprit était si généreusement déversé sur eux (Actes 1.8). Benoît XVI les a renvoyés de par le monde pour témoigner joyeusement, chacun de leur côté, du pouvoir de l’Esprit.

AFFERMIS DANS LA FOI EN ESPAGNE

Lorsque les jeunes du monde entier convergeront vers Madrid, du 16 au 21 août prochain pour les Journées mondiales de la jeunesse 2011, ils vont célébrer leur foi catholique en présence de deux papes : l’un observant, souriant et les bénissant « depuis la fenêtre » de la maison du Père, et un second, qui arrivera de Rome afin d’agir à titre de pèlerin ainsi que de patron de ces deuxièmes JMJ à avoir lieu en Espagne. (Les premières s’étaient déroulées à Saint-Jacques-de-Compostelle, en 1989.) Dans sa lettre annonçant les Journées mondiales de la jeunesse 2011, le pape Benoît XVI a écrit : « A présent, à l’heure où l’Europe a un très grand besoin de retrouver ses racines chrétiennes, nous avons rendez-vous à Madrid, avec le thème: “Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi (cf. Col 2, 7)”. Je vous invite donc à cet événement si important pour l’Église en Europe et pour l’Église universelle. »

À Cologne en 2005 puis à Sydney en 2008, le Saint-Père a prouvé qu’il était plus complexe et plus charismatique que ce que beaucoup croyaient. Et il ne s’agissait pas de « sortir de l’ombre » de Jean-Paul II ; Benoît XVI a montré avec brio qu’il n’avait même jamais été dans cette ombre. Ses divers publics ont été conquis par son enseignement clair et captivés par sa douce présence. Tranquillement mais fermement, ce pape est en train de faire sa propre contribution bien distincte.

Combien vraies sonnent aujourd’hui les paroles prophétiques de l’archevêque de Sydney, le cardinal George Pell, qui avait déclaré à la clôture des Journées mondiales de la jeunesse 2008: « Les Journées mondiales de la jeunesse n’appartiennent pas à un pape, ou à une génération, elles font plutôt aujourd’hui partie intégrante de la vie de l’Église. La génération Jean-Paul II — les jeunes comme les moins jeunes — est fière d’être les fidèles fils et les filles du pape Benoît XVI. »