« La dame ne m’a pas demandé de vous convaincre mais de vous le dire »

Réflexion du père Thomas Roscia c.s.b. pour la Fête de Notre-Dame de Lourdes, 11 février 2017

Cette année, alors que nous célébrons la Fête de Notre-Dame de Lourdes le 11 février, nous commémorons également la 25e Journée Mondiale des malades. Mes premiers souvenirs remontent à ma première visite au très fameux sanctuaire de Lourdes, l’un des sites catholiques parmi les plus vénérés et visités du monde entier, situé tout près des Pyrénées à la limite de la frontière franco-espagnole. Cette visite remonte, en effet, à 1978 lorsque j’étais étudiant à l’université et que je terminais un stage d’été en Bretagne où j’avais travaillé bénévolement comme « brancardier » c’est-à-dire une de ces personnes qui accueillent les personnes malades d’un « Accueil » ou d’un hospice jusqu’à la grotte puis dans les bains. J’y ai découvert une histoire extraordinaire qui demeure encore aujourd’hui inconnue pour beaucoup de gens. Il y a peu de lieux de pèlerinage sur terre qui permettent de toucher le Mystère de la Croix et la valeur rédemptrice de la souffrance avec autant d’intensité ; qui permettent, en effet, de faire l’expérience du cœur de la vie chrétienne.

Le 11 février 1858, une petite fille du coin nommée Bernadette Soubirous âgée de 14 ans affirme que Notre-Dame lui est apparue lorsqu’elle se trouvait dans la grotte de Massabielle aux périphéries de la ville de Lourdes dans le sud-ouest de la France. Marie s’est révélée en ces mots à cette petite paysanne : « Que soy era Immaculada Conceptiou ». Exprimée dans le dialecte de la petite Bernadette (ni français, ni espagnol mais provençal), cette phrase signifie « Je suis l’Immaculée Conception ». Dans les mois qui ont suivi, la Vierge lui apparut 18 fois.

Le dogme de l’Immaculée Conception est complexe et a davantage intéressé les théologiens que le commun des fidèles. Encore aujourd’hui, beaucoup se trompent en croyant que l’Immaculée Conception se réfère à la conception du Christ. Ce dogme se réfère plutôt à la croyance selon laquelle Marie, par une grâce spéciale et du moment de sa conception, ne fut pas entachée par le péché originel.

Or, l’une des pierres d’achoppement pour beaucoup de catholiques est le péché originel. Aujourd’hui, nous sommes de moins en moins conscients de la réalité du péché originel. Or, s’il n’y a pas de péché originel, l’Immaculée Conception n’a pas de sens. Par l’entremise du dogme de l’Immaculée Conception, Dieu était présent dans la vie de Marie depuis ses tous premiers moments. La Grâce de Dieu est plus grande que le péché, elle surpasse le péché et la mort.

Lorsque nous honorons la Mère de Dieu sous le titre d’« Immaculée Conception », nous reconnaissons en elle un modèle de pureté, d’innocence, de confiance, de curiosité enfantine, de révérence et de respect; elle qui avait également une conscience mature et apte à comprendre que la vie n’est pas toujours simple. Il est rare de trouver en une même personne révérence et sophistication, idéalisme et réalisme, pureté, innocence et passion tels que nous les trouvons en Marie. Quelque chose en nous cherche cette innocence, cette pureté, cette fraîcheur et cette confiance. Lorsque nous les perdons, nous nous retrouvons cyniques et désillusionnés avec un sentiment malheureux qui vient précisément du fait d’avoir « fait le tour », d’avoir ouvert nos yeux ou, en d’autres termes, d’avoir une connaissance sans innocence. Nous devons garder cette innocence en gardant un équilibre entre les deux. Par ce titre d’« Immaculée Conception » nous avons l’image d’une humanité et d’une divinité qui se rencontrent dans la chaleur d’un foyer. Dieu est confortable en notre présence et nous le sommes également en Lui.

Journée mondiale des malades

Chaque année, le Pape publie un message spécial pour la Journée mondiale des malades  célébrée, d’une manière on ne peut plus appropriée le 11 février, Fête de Notre-Dame de Lourdes. Le thème de cette année est « Émerveillement pour tout ce que Dieu accomplit : 
« Le Puissant fit pour moi de grandes choses … » (Lc 1,49)[1]. Comme le pape François le mentionne dans son message, cette journée fut instituée par Saint Jean-Paul II en 1992 et fut célébrée pour la première fois le 11 février 1993. Elle est l’occasion de réfléchir en particulier pour les besoins des malades, mais plus généralement, pour tous ceux qui souffrent. C’est également l’occasion pour ceux qui assistent si généreusement les malades, dont les membres de la famille, les travailleurs du domaine de la santé, les bénévoles, de remercier Dieu pour leur vocation d’accompagnateurs de nos frères et sœurs handicapés.

Continuant son propos, le pape François affirme : « Comme sainte Bernadette, nous sommes sous le regard de Marie. L’humble jeune fille de Lourdes raconte que la Vierge, qu’elle a appelée “la Belle Dame”, la regardait comme on regarde une personne. Ces simples paroles décrivent la plénitude d’une relation. Bernadette, pauvre, analphabète et malade, se sent regardée par Marie comme une personne. La Belle Dame lui parle avec grand respect, sans prendre un air supérieur. Cela nous rappelle que chaque malade est et reste toujours un être humain, et doit être traité comme tel. Les infirmes, comme les porteurs de handicaps même très lourds, ont leur inaliénable dignité et leur mission dans la vie, et ne deviennent jamais de simples objets, même si parfois ils peuvent sembler seulement passifs, mais en réalité, ce n’est jamais ainsi ».

Après ce passage à la Grotte, grâce à la prière, Bernadette a transformé sa fragilité en support pour les autres. Grâce à son amour, elle fut capable d’enrichir son prochain mais, surtout, elle a pu offrir sa vie pour le salut de l’humanité. Le fait que la Dame d’Amour lui demanda de prier pour les pécheurs nous rappelle que les infirmes et les souffrants n’ont pas seulement besoin de soins corporels mais également de vivre une vie chrétienne authentique, au point de s’offrir comme disciples missionnaires du Christ. Marie a donné à Bernadette la vocation de servir les malades en devenant une Sœur de la Charité. Vocation qu’elle porta d’une manière exemplaire au point de devenir un modèle pour tous les travailleurs des soins de la santé. « Demandons donc à l’Immaculée Conception la grâce de savoir nous mettre toujours en relation avec le malade comme avec une personne qui, certainement, a besoin d’aide, parfois aussi pour les choses les plus élémentaires, mais qui porte en elle un don personnel à partager avec les autres. »

Le pape François a également inclus cette prière dans son message annuel :

O Marie, notre Mère, qui, dans le Christ, accueille chacun de nous comme un enfant,
Soutiens l’attente confiante de notre cœur,
Secours-nous dans nos infirmités et nos souffrances,
Guide-nous vers le Christ ton fils et notre frère,
et aide-nous à nous confier au Père qui accomplit de grandes choses.

Bien que caché dans un coin reculé de la France, Lourdes a une vocation universelle envers l’humanité et, ce, depuis 1858. Au cours des années, j’ai souvent réfléchi à l’expérience et à la souffrance de Bernadette alors qu’elle essayait de partager l’histoire de sa rencontre avec la « Belle Dame » avec ceux qui l’entouraient. Même le scepticisme des autorités locales de l’Église envers son histoire a pu servir comme temps de purification afin que le grand message de Lourdes puisse continuer à résonner dans le monde entier. La foi simple et la confiance en Dieu de Bernadette m’inspire et a inspiré plusieurs à ne pas avoir peur de partager les histoires de leurs expériences et convictions religieuses avec ceux qui les entourent. Avons-nous peur de l’indifférence, de l’hostilité, d’être mis de côté ou d’être ridiculisés ? Je prends courage dans la réponse de Bernadette au chef de police de Lourdes qui lui disait qu’elle ne l’avait pas convaincu des événements qu’elle racontait s’être produits dans la grotte près de la rivière : «  La dame ne m’a pas demandé de vous convaincre mais de vous le dire  ».

Prions pour ne jamais nous fatiguer de raconter à ceux qui nous entourent les grandes choses que Dieu a faites pour nous et pour l’humanité.

Ordination épiscopale des évêques auxiliaires de l’archidiocèse de Québec

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Ordination épiscopale de deux nouveaux évêques auxiliaires, Louis Corriveau ptre et Marc Pelchat ptre, jeudi 8 décembre 2016 en la solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie. La célébration aura lieu en la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré à 19 h 30. Une production webtélé ECDQ.tv.

En direct Jeudi 8 décembre 2016 : 19h35- 22h00


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Mgr Louis Corriveau est un prêtre de l’archidiocèse de Québec, curé des paroisses de Saint-Raymond, Saint-Bernardin-de-Sienne à Rivière-à-Pierre, Saint-Léonard et Sainte Christine.

Il a été ordonné prêtre le 16 juin 1990. Au cours de son ministère sacerdotal, il a été vicaire à Saint-Georges et Saint-Jean-de-la-Lande (1990-1996), dans la région de la Beauce; animateur pour les vocations (1994-1995); membre de la communauté de formateurs du Grand Séminaire (1996-1997).

Au début de 2011, il a été nommé curé des paroisses de Saint-Léonard, Sainte-Christine et Saint-Raymond de Portneuf. Le 7 Septembre 2011, il a été nommé curé de Saint-Bernardin-de-Sienne, à Rivière-à-Pierre. Depuis 2009, il est le directeur spirituel des équipes Notre-Dame pour le Canada.

marc-pelchat-photo-officielle-credit-daniel-abelMgr Marc Pelchat est prêtre de l’archidiocèse de Québec, ancien professeur et doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval et vicaire général et modérateur de la curie (à partir de 2015). Il est né le 3 mai 1950 à St-Samuel du Lac-Drolet (Québec).

Ordonné prêtre le 19 juin 1976 et après avoir obtenu son doctorat à Rome, il a commencé à enseigner à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval comme chargé de cours (1986-1987), professeur adjoint (1987- 1992), professeur agrégé (1992-1997), professeur titulaire de la Chaire de théologie

« Monseigneur-de-Laval » (1997-2013). Il a été doyen de la Faculté durant trois termes (1997-2004; 2004-2007; 2008-2012). Depuis 2013, il est professeur associé, à la retraite. De 1987 à 1996, il faisait partie du groupe de formateurs du Grand Séminaire de Québec.

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Marie, demeure de l’Humanité et de la Divinité

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Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour la fête de l’Immaculée Conception 8 décembre 2015

Chaque année, l’Église fête l’Immaculée Conception le 8 décembre.  Cette fête de l’Immaculée, que l’on célébrait déjà autour du Xe siècle, fut introduite dans le calendrier universel par Sixte IV.

L’Immaculée Conception apparaît comme un phare lumineux pour l’humanité de tous les temps.  En ce grand jour de l’Avent, nous honorons la “Tota pulchra”, “Tu es toute belle, ô Marie !”, “Tota pulchra es, Maria!” Heureuse Toi que Dieu a choisie comme Mère de son Fils unique!

C’est à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole d’Elizabeth ‘Bienheureuse celle qui a cru’ en quelque sorte une clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l’ange a saluée comme ‘pleine de grâce’.  C’est ici les racines de cette fête de l’Immaculée Conception.

Beaucoup de gens supposent toujours incorrectement que l’Immaculée Conception se rapporte à la conception du Christ. En fait, elle se rapporte à la foi que Marie, par faveur divine spéciale, était sans péché dès le moment où elle fut conçue. Sans la conscience du péché originel, l’Immaculée Conception n’aura pas de sens. Par le dogme de l’Immaculée Conception, Dieu était présent et vivant chez Marie dès les premiers moments de sa vie. La grâce de Dieu est plus grande que le péché; elle vaincre le péché et la mort.

Une liberté qui ne tremble pas

Le péché blesse notre humanité.  Même pardonné, il laisse des traces.  La Vierge Marie, elle, n’a pas connu le péché.  Elle n’en porte pas les traces. Ses forces spirituelles, sa liberté sont totales.  C’est ainsi qu’elle a pu faire face à la mission exceptionnelle que Dieu voulait lui confier : être la Mère de son Fils, le mettre au monde par l’action de l’Esprit Saint.  Pour accepter cette mission, il fallait à Marie une foi sans faille, une liberté qui ne tremble pas.

Quand nous honorons la Mère de Dieu sous le vocable “Immaculée Conception”, nous reconnaissons en elle un modèle de pureté, innocence, confiance, curiosité enfantine, révérence, respect, vivant paisiblement à côté d’une conscience mature que cette vie n’est pas simple. Il est rare de trouver la révérence et la sophistication, l’idéalisme et le réalisme, la pureté, l’innocence et la passion, à l’intérieur de la même personne comme nous le trouvons en Marie.

Les trois grands moments de Marie

Nous célébrons trois grands moments dans la vie de Marie sachant qu’ils représentent l’ensemble de nos vies. Lorsque qu’en 1854 le pape Pie IX proclamait le dogme de l’Immaculée Conception, il se
référait explicitement à l’histoire biblique de l’Annonciation dans l’Évangile de Luc. La salutation de l’Ange Gabriel, “Je vous salue Marie, pleine de grace,” dénote la reconnaissance que Marie devraitLourdes grotto être toujours épargnée du péché. Dieu était présent et en mouvement dans la vie de Marie dès les premiers moments. La grâce de Dieu est plus puissante que le péché, elle vainc le péché et la mort. À travers son Immaculée Conception, Marie a été appelée pour accomplir une mission spéciale.

Le deuxième moment de la vie de Marie est l’Incarnation. À travers la naissance virginale de Jésus il nous est rappelé que Dieu agit puissamment dans nos vies aussi. Notre réponse à ce mouvement doit être reconnaissance, gratitude, humilité, ouverture et accueil. A travers l’Incarnation, Marie a été douée de la Parole devenue Chair.

L’Église célèbre le voyage final de Marie dans la plénitude du Royaume de Dieu par le dogme de l’Assomption promulgué par Pie XII en 1950. Tout comme au commencement de sa vie, à la fin de sa vie Dieu a accompli toutes les promesses qu’il nous a données. Nous aussi allons être enlevés jusque dans le paradis comme elle le fut. En Marie nous avons une image du domaine de l’humanité et de la divinité. Dieu est, en effet, confortable en notre présence et nous en la Sienne. À travers son Assomption, Marie a été choisie pour occuper la place d’honneur dans la divinité.

Plus grande que le péché

Alors que la dévotion mariale est toujours très forte dans l’Église, l’Immaculée Conception est un dogme complexe qui a intéressé bien plus les théologiens que les simples fidèles. L’Immaculée Conception réfère à la conception du Christ.  En fait, elle se réfère à la croyance selon laquelle Marie, par une grâce divine spéciale, est restée vierge de péché depuis le moment où elle a été conçue. La principale pierre d’achoppement pour de nombreux catholiques est le péché originel.  Aujourd’hui, nous sommes de moins en moins conscients du péché originel. Et sans cette conscience, l’Immaculée Conception n’a pas de sens.  La grâce de Dieu est plus grande que le péché, elle triomphe sur le péché et la mort.

Quelque chose à l’intérieur de nous aspire toujours à l’innocence, la pureté, la fraîcheur et la confiance. Si nous perdons ces derniers, nous nous trouvons cyniques et désillusionnés avec un mécontentement qui nous vient précisément d’avoir vécu, d’avoir ouvert nos yeux, d’avoir la connaissance sans innocence. Il est rare de trouver à la fois vénération et sophistication, idéalisme et réalisme, pureté, innocence et passion, dans une même personne comme c’est le cas chez Marie.  Nous devons tenir cette innocence et expérience avec une tension appropriée. Par l’Immaculée conception, nous avons une image de l’humanité et de la divinité chez nous. Dieu est en effet à l’aise en notre présence et nous dans la sienne.

Verbum caro hic factum est

Je vous laisse cette petite pensée aujourd’hui.  La semaine dernière, lors d’une série de réunions en Terre Sainte, j’ai eu la grande joie de présider l’Eucharistie dans la grotte de l’Annonciation à
Nazareth.  Sur l’autel dans cette simple grotte on trouve une petite plaque pour commémorer le lieu où Marie reçut un message de l’ange Gabriel lui disant qu’elle allait concevoir et enfanter un fils et Verbum caro hic factum estqu’elle lui donneras le nom de Jésus (Lc 1,31). L’inscription latine se lit : «Verbum caro hic factum est » (Ici, le Verbe s’est fait chair).

Cette inscription est profonde, grandiose et peut renouveler la face de la terre. Ces mots : « Verbum caro hic factum est » ne se trouvent pas sur une plaque votive dans les grottes de l’église de la Nativité à Bethléem, ni n’est-elle sur les ruines du Temple à Jérusalem. Elle sont posées sur un autel au plus profond de l’imposante structure de l’église de l’Annonciation. C’est là que « le Verbe s’est fait chair… » C’est là que l’histoire a change, parce que Marie a dit son oui.

Ces mots peuvent-ils être appliqués à nos propres vies, à nos familles, communautés et églises : « Ici le Verbe s’est fait chair »? Savons-nous comment écouter la Parole de Dieu, la méditer et en vivre chaque jour ? Mettons-nous ces paroles en pratique dans nos vies quotidiennes ? Sommes-nous remplis de foi, d’espérance et d’amour, témoignant par notre vie et nos paroles ? Que de mots forts pour parler des chrétiens : leurs paroles deviennent chair !

Sainte Marie, Immaculée et concue sans peché, Fille de Sion, Vierge de Nazareth et Mère de l’Eglise, aide nous pour que nos paroles deviennent chair !  Prie pour nous maintenant et à l’heure de notre mort!  Amen.

Marie, demeure de l’Humanité et de la Divinité – homélie pour la fête de l’Immaculée Conception

Voyez la messe de l’Immaculée Conception au www.seletlumieretv.org/messe

Homélie pour la Solennité de l’Immaculée Conception
Crypte de l’Oratoire de Saint- Joseph
Montréal, 8 décembre 2010
Père Thomas Rosica, csb

Chaque année, l’Église fête l’Immaculée Conception le 8 décembre.  Cette fête de l’Immaculée, que l’on célébrait déjà autour du Xe siècle, fut introduite dans le calendrier universel par Sixte IV.
L’Immaculée Conception apparaît comme un phare lumineux pour l’humanité de tous les temps.  En ce grand jour de l’Avent, nous honorons la “Tota pulchra”, “Tu es toute belle, ô Marie !”, “Tota pulchra es, Maria!” Heureuse Toi que Dieu a choisie comme Mère de son Fils unique!
C’est à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole d’Elizabeth ‘Bienheureuse celle qui a cru’ en quelque sorte une clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l’ange a saluée comme ‘pleine de grâce’.  C’est ici les racines de cette fête de l’Immaculée Conception.
Beaucoup de gens supposent toujours incorrectement que l’Immaculée Conception se rapporte à la conception du Christ. En fait, elle se rapporte à la foi que Marie, par faveur divine spéciale, était sans péché dès le moment où elle fut conçue. Sans la conscience du péché originel, l’Immaculée Conception n’aura pas de sens. Par le dogme de l’Immaculée Conception, Dieu était présent et vivant chez Marie dès les premiers moments de sa vie. La grâce de Dieu est plus grande que le péché; elle vaincre le péché et la mort.
Une liberté qui ne tremble pas
Le péché blesse notre humanité.  Même pardonné, il laisse des traces.  La Vierge Marie, elle, n’a pas connu le péché.  Elle n’en porte pas les traces. Ses forces spirituelles, sa liberté sont totales.  C’est ainsi qu’elle a pu faire face à la mission exceptionnelle que Dieu voulait lui confier : être la Mère de son Fils, le mettre au monde par l’action de l’Esprit Saint.  Pour accepter cette mission, il fallait à Marie une foi sans faille, une liberté qui ne tremble pas.
Quand nous honorons la Mère de Dieu sous le vocable “Immaculée Conception”, nous reconnaissons en elle un modèle de pureté, innocence, confiance, curiosité enfantine, révérence, respect, vivant paisiblement à côté d’une conscience mature que cette vie n’est pas simple. Il est rare de trouver la révérence et la sophistication, l’idéalisme et le réalisme, la pureté, l’innocence et la passion, à l’intérieur de la même personne comme nous le trouvons en Marie.
Les trois grands moments de Marie
Nous célébrons trois grands moments dans la vie de Marie sachant qu’ils représentent l’ensemble de nos vies. Lorsque qu’en 1854 le pape Pie IX proclamait le dogme de l’Immaculée Conception, il se référait explicitement à l’histoire biblique de l’Annonciation dans l’Évangile de Luc. La salutation de l’Ange Gabriel, “Je vous salue Marie, pleine de grace,” dénote la reconnaissance que Marie devrait être toujours épargnée du péché. Dieu était présent et en mouvement dans la vie de Marie dès les premiers moments. La grâce de Dieu est plus puissante que le péché, elle vainc le péché et la mort. À travers son Immaculée Conception, Marie a été appelée pour accomplir une mission spéciale.
Le deuxième moment de la vie de Marie est l’Incarnation. À travers la naissance virginale de Jésus il nous est rappelé que Dieu agit puissamment dans nos vies aussi. Notre réponse à ce mouvement doit être reconnaissance, gratitude, humilité, ouverture et accueil. A travers l’Incarnation, Marie a été douée de la Parole devenue Chair.
L’Église célèbre le voyage final de Marie dans la plénitude du Royaume de Dieu par le dogme de l’Assomption promulgué par Pie XII en 1950. Tout comme au commencement de sa vie, à la fin de sa vie Dieu a accompli toutes les promesses qu’il nous a données. Nous aussi allons être enlevés jusque dans le paradis comme elle le fut. En Marie nous avons une image du domaine de l’humanité et de la divinité. Dieu est, en effet, confortable en notre présence et nous en la Sienne. À travers son Assomption, Marie a été choisie pour occuper la place d’honneur dans la divinité.
Plus grande que le péché
Alors que la dévotion mariale est toujours très forte dans l’Église, l’Immaculée Conception est un dogme complexe qui a intéressé bien plus les théologiens que les simples fidèles. L’Immaculée Conception réfère à la conception du Christ.  En fait, elle se réfère à la croyance selon laquelle Marie, par une grâce divine spéciale, est restée vierge de péché depuis le moment où elle a été conçue. La principale pierre d’achoppement pour de nombreux catholiques est le péché originel.  Aujourd’hui, nous sommes de moins en moins conscients du péché originel. Et sans cette conscience, l’Immaculée Conception n’a pas de sens.  La grâce de Dieu est plus grande que le péché, elle triomphe sur le péché et la mort.
Quelque chose à l’intérieur de nous aspire toujours à l’innocence, la pureté, la fraîcheur et la confiance. Si nous perdons ces derniers, nous nous trouvons cyniques et désillusionnés avec un mécontentement qui nous vient précisément d’avoir vécu, d’avoir ouvert nos yeux, d’avoir la connaissance sans innocence. Il est rare de trouver à la fois vénération et sophistication, idéalisme et réalisme, pureté, innocence et passion, dans une même personne comme c’est le cas chez Marie.  Nous devons tenir cette innocence et expérience avec une tension appropriée. Par l’Immaculée conception, nous avons une image de l’humanité et de la divinité chez nous. Dieu est en effet à l’aise en notre présence et nous dans la sienne.
Verbum caro hic factum est
Je vous laisse cette petite pensée aujourd’hui.  La semaine dernière, lors d’une série de réunions en Terre Sainte, j’ai eu la grande joie de présider l’Eucharistie dans la grotte de l’Annonciation à Nazareth.  Sur l’autel dans cette simple grotte on trouve une petite plaque pour commémorer le lieu où Marie reçut un message de l’ange Gabriel lui disant qu’elle allait concevoir et enfanter un fils et qu’elle lui donneras le nom de Jésus (Lc 1,31). L’inscription latine se lit : «Verbum caro hic factum est » (Ici, le Verbe s’est fait chair).
Cette inscription est profonde, grandiose et peut renouveler la face de la terre. Ces mots : « Verbum caro hic factum est » ne se trouvent pas sur une plaque votive dans les grottes de l’église de la Nativité à Bethléem, ni n’est-elle sur les ruines du Temple à Jérusalem. Elle sont posées sur un autel au plus profond de l’imposante structure de l’église de l’Annonciation. C’est là que « le Verbe s’est fait chair… » C’est là que l’histoire a change, parce que Marie a dit son oui.
Ces mots peuvent-ils être appliqués à nos propres vies, à nos familles, communautés et églises : « Ici le Verbe s’est fait chair »? Savons-nous comment écouter la Parole de Dieu, la méditer et en vivre chaque jour ? Mettons-nous ces paroles en pratique dans nos vies quotidiennes ? Sommes-nous remplis de foi, d’espérance et d’amour, témoignant par notre vie et nos paroles ? Que de mots forts pour parler des chrétiens : leurs paroles deviennent chair !
Sainte Marie, Immaculée et concue sans peché, Fille de Sion, Vierge de Nazareth et Mère de l’Eglise, aide nous pour que nos paroles deviennent chair !  Prie pour nous maintenant et à l’heure de notre mort!  Amen.

Chaque année, l’Église fête l’Immaculée Conception le 8 décembre.  Cette fête de l’Immaculée, que l’on célébrait déjà autour du Xe siècle, fut introduite dans le calendrier universel par Sixte IV.

lourdes_vierge_grotteL’Immaculée Conception apparaît comme un phare lumineux pour l’humanité de tous les temps.  En ce grand jour de l’Avent, nous honorons la “Tota pulchra”, “Tu es toute belle, ô Marie !”, “Tota pulchra es, Maria!” Heureuse Toi que Dieu a choisie comme Mère de son Fils unique!

C’est à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole d’Elisabeth ‘Bienheureuse celle qui a cru’ en quelque sorte une clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l’ange a saluée comme ‘pleine de grâce’.  Ce sont ici les racines de cette fête de l’Immaculée Conception.

Beaucoup de gens supposent toujours incorrectement que l’Immaculée Conception se rapporte à la conception du Christ. En fait, elle se rapporte à la foi que Marie, par faveur divine spéciale, était sans péché dès le moment où elle fut conçue. Sans la conscience du péché originel, l’Immaculée Conception n’aura pas de sens. Par le dogme de l’Immaculée Conception, Dieu était présent et vivant chez Marie dès les premiers moments de sa vie. La grâce de Dieu est plus grande que le péché; elle peut vaincre le péché et la mort.

Une liberté qui ne tremble pas

Le péché blesse notre humanité.  Même pardonné, il laisse des traces.  La Vierge Marie, elle, n’a pas connu le péché.  Elle n’en porte pas les traces. Ses forces spirituelles, sa liberté sont totales.  C’est ainsi qu’elle a pu faire face à la mission exceptionnelle que Dieu voulait lui confier : être la Mère de son Fils, le mettre au monde par l’action de l’Esprit Saint.  Pour accepter cette mission, il fallait à Marie une foi sans faille, une liberté qui ne tremble pas. [Read more…]

« Qui sommes-nous? »

Célébration grandiose hier à la cathédrale Notre-Dame de Québec à l’occasion de la fête patronale de l’Église mère : l’Immaculée Conception. Une liturgie bien menée, comme l’équipe du diocèse de Québec sait très bien le faire. Et les prêtres avaient répondu nombreux à l’appel, puisqu’on avait organisé une journée pour eux à l’occasion de l’année du prêtre.

Parmi les moments fors de cette célébration, il faut souligner la remise de la médaille Pro Ecclesia et Pontifice à madame Anne Sigier qui fondait il y a 35 ans la maison d’éditions qu’elle a vendue cette année à Médiaspaul. Femme d’Église, femme de foi, Anne Sigier a publié plus de 500 ouvrages et nourri l’âme et l’esprit de milliers de lecteurs au Canada français et en Europe. La médaille remise par le Saint-Père par l’entremise du cardinal Ouellet a permis aux catholiques de Québec de rendre un vibrant hommage à celle qui est arrivée chez nous il y a 37 ans… un 8 décembre! 

L’autre moment fort de la célébration fut sans aucun doute l’homélie de l’archevêque de Québec. Du rôle de Marie dans l’histoire du Salut tel que présenté dans les Écritures – Marie qui coopère avec le Christ dans l’œuvre de la régénération de l’humanité, le cardinal a abordé un thème qui lui est chère, celui de l’identité catholique des Québécois. Il nous a ainsi invités à ne pas avoir peur d’être davantage missionnaires dans notre société. Voici un extrait de l’homélie du cardinal Ouellet prononcée hier soir : [Read more…]

Messe de l’Immaculée Conception EN DIRECT de Québec

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Télévision Sel et Lumière diffusera en direct la messe de la solennité de l’Immaculée Conception à Québec.

Le cardinal Marc Ouellet présidera la fête patronale de l’église mère du Canada en la basilique Notre-Dame de Québec.

Au cours de cette célébration, le cardinal remettra la médaille Pro Ecclesia et Pontifice à Madame Anne Sigier, éditrice bien connue au Québec et en Europe. Il s’agit de l’une des plus grandes distinctions conférées par le Pape aux personnes qui se distinguent par leurs œuvres en faveur de l’Église.

Mardi 8 décembre 19h30 (90 min)
Rediffusion mercredi 9 décembre 8h (90 min)

À la télé et sur le web.

Cette émission spéciale est possible grâce à la collaboration d’ECDQ.tv, qui diffusera également cette célébration sur son site web.