Homélie du pape François pour la Solennité des saints apôtres Pierre et Paul

CNS photo/Paul Haring

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de l’homélie du pape François telle que prononcée lors de la Messe de la Solennité des saints apôtres Pierre et Paul et dans laquelle les nouveaux archevêques du monde entier on reçu le Pallium:

Les lectures proclamées nous permettent d’entrer en contact avec la tradition apostolique, celle qui «n’est pas une transmission de choses ou de paroles, une collection de choses mortes. LaTradition est le fleuve vivant qui nous relie aux origines, le fleuve vivant dans lequel les origines sont toujours présentes» (Benoît XVI, Catéchèse, 26 avril 2006) et nous offrent les clés du Royaume des cieux (cf. Mt 16, 19). Tradition pérenne et toujours nouvelle qui ravive et rafraîchit lajoie de l’Evangile, et nous permet ainsi de confesser avec nos lèvres et notre cœur: «“Jésus-Christ est Seigneur!” à la gloire de Dieu le Père» (Ph 2, 11).

Tout l’Evangile veut répondre à la question qui habitait le cœur du Peuple d’Israël et qui aujourd’hui encore ne cesse d’habiter tant de visages assoiffés de vie: «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?» (Mt 11, 3). Question que Jésus reprend et pose à ses disciples: «Et vous que dites-vous? Pour vous qui suis-je?» (Mt 16, 15).

Pierre, prenant la parole, attribue à Jésus le titre le plus grand avec lequel il pouvaitl’appeler: «Tu es le Messie» (cf. Mt 16, 16); c’est-à-dire l’Oint, le Consacré de Dieu. J’aime savoirque c’est le Père qui a inspiré cette réponse à Pierre qui voyait comment Jésus “oignait” son peuple. Jésus, l’Oint qui, de village en village, marchait avec l’unique désir de sauver et de soulagerquiconque était considéré comme perdu: “il oint” le mort (cf. Mc 5, 41-42 ; Lc 7, 14-15), il oint le malade (cf. Mt 6, 13); Jc 5, 14), il oint les blessures (cf. Lc 10, 34), il oint le pénitent (cf. Mt 6, 17).Il oint l’espérance (cf. Lc 7, 38.46; 10, 34; Jn 11, 2; 12, 3). Dans une telle onction, chaque pécheur, chaque vaincu, chaque malade, chaque païen – là où il se trouvait – a pu se sentir un membre aiméde la famille de Dieu. Par ses gestes, Jésus lui disait d’une façon personnelle: tu m’appartiens.Comme Pierre, nous aussi nous pouvons confesser avec nos lèvres et notre cœur non seulement ce que nous avons entendu, mais aussi l’expérience concrète de notre vie: nous avons été ressuscités,soignés, renouvelés, remplis d’espérance par l’onction du Saint. Chaque joug d’esclavage est détruitgrâce à son onction (cf. Is 10, 27). Il n’est pas permis de perdre la joie et la mémoire de nous savoir délivrés, cette joie qui nous porte à confesser: “Tu es le Fils du Dieu vivant” (cf. Mt 16, 16).

Et il est intéressant ensuite de noter ce qui suit ce passage de l’Evangile dans lequel Pierreconfesse la foi: «À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallaitpartir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter» (Mt 16, 21). L’Oint de Dieu porte l’amour et la miséricorde du Père jusqu’aux conséquences extrêmes. Cet amour miséricordieux demande d’aller dans tous lescoins de la vie pour rejoindre chacun, même si cela coûte “la bonne réputation”, les commodités, lasituation… le martyre.

Devant cette annonce si inattendue, Pierre réagit «Dieu t’en garde, Seigneur! cela net’arrivera pas» (Mt 16, 22) et se transforme immédiatement en pierre d’achoppement sur la route du Messie; et en croyant défendre les droits de Dieu, sans s’en apercevoir, il s’est transformé en sonennemi (il l’appelle “Satan”). Contempler la vie de Pierre et sa confession signifie aussi apprendre à connaître les tentations qui accompagneront la vie du disciple. A la manière de Pierre, comme Eglise, nous serons toujours tentés par ces “murmures” du Malin qui seront une pierre d’achoppement pour la mission. Et je dis “murmures” parce que le démon séduit en cachette, faisanten sorte qu’on ne reconnaisse pas son intention, «sa conduite est celle d’un séducteur: il demande le secret et ne redoute rien tant que d’être découvert» (S. Ignace de Loyola, Exercices spirituels n. 326).

Au contraire, participer à l’onction du Christ, c’est participer à sa gloire, qui est sa Croix:Père, glorifie ton Fils… «Père, glorifie ton nom» (Jn 12, 28). Gloire et croix en Jésus Christ vont ensemble et ne peuvent pas se séparer; parce que lorsqu’on abandonne la croix, même si nousentrons dans la splendeur éblouissante de la gloire, nous nous tromperons, parce que celle-ci ne sera pas la gloire de Dieu, mais la tromperie de l’adversaire.

Nous sentons souvent la tentation d’être chrétiens en maintenant une distance prudente avec les plaies du Seigneur. Jésus touche la misère humaine, nous invitant à rester avec Lui et à toucherla chair souffrante des autres. Confesser la foi avec nos lèvres et notre cœur demande – comme il l’ademandé à Pierre – d’identifier les “murmures” du malin. Apprendre à discerner et découvrir ces“couvertures” personnelles et communautaires qui nous maintiennent à distance de la réalité du drame humain ; qui nous empêchent d’entrer en contact avec l’existence concrète des autres et, endéfinitive, de connaître la force révolutionnaire de la tendresse de Dieu (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 270).

En ne séparant pas la gloire de la croix, Jésus veut délivrer ses disciples, son Eglise, des triomphalismes vides: vides d’amour, vides de service, vides de compassion, vides de peuple. Ilveut la délivrer d’une imagination sans limites qui ne sait pas mettre de racines dans la vie duPeuple fidèle ou, ce qui serait pire, croire que le service du Seigneur lui demande de se débarrasser des chemins poussiéreux de l’histoire. Contempler et suivre le Christ exige de laisser le cœur s’ouvrir au Père et à tous ceux avec lesquels il a voulu s’identifier (cf. S. Jean-Paul II, Lett. Ap.Novo millennio ineunte, n. 49), et cela avec la certitude qu’il n’abandonne pas son peuple.

Chers frères, la question: «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?» (Mt 11, 3) continue d’habiter des millions de visages. Confessons avec nos lèvres et notre cœur: Jésus-Christ est Seigneur (cf. Ph 2, 11). C’est notre cantus firmus que nous sommes invités à entonner tous les jours. Avec la simplicité, la certitude et la joie de savoir que «l’Eglise brille non de sa propre lumière, mais de celle du Christ. Tirant sa propre splendeur du Soleil de justice, ensorte qu’elle peut dire: “ Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi” (Ga 2, 20)» (S. Ambroise Hexaemeron, IV, 8, 32).

[01090-FR.02] [Texte original: Italien]

Mgr Christian Rodembourg, m.s.a.: Les premiers pas d’un nouvel évêque

Mgr Christian Rodembourg, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, s’est entretenu brièvement avec Emilie Callan lors de l’Assemblée plénière des évêques du Canada, qui s’est déroulée du 25 au 29 septembre 2017. Le pape François l’a nommé l’été dernier. Mgr Rodembourg est aussi prêtre missionnaire chez les Saints-Apôtres, une société de vie apostolique fondée à Montréal au milieu du 20e siècle. Dans cette entrevue, il s’arrête sur les joies et les peines d’un nouvel évêque. Découvrez ce jeune évêque, ordonné le 17 septembre dernier à la cathédrale de Saint-Hyacinthe, seulement quelques jours avant la rencontre annuelle de la conférence épiscopale.  

Emilie Callan : Mgr Rodembourg, vous venez d’être ordonné évêque pour le diocèse de Saint-Hyacinthe… C’est la première fois que vous vous retrouvez à l’Assemblée Plénière des évêques. Comment la vivez-vous?

Mgr Christian Rodembourd, m.s.a. : Je dirais avec beaucoup de joie, d’abord, mais aussi beaucoup d’émotions, parce que c’est une découverte totale pour moi… à la fois comment ça fonctionne, la rencontre, bien sûr, de tous mes frères évêques, autant du Canada de l’ouest ou de l’est et du Québec…. Alors c’est un moment extraordinaire dans ma vie comme jeune évêque de quasiment 11 jours d’ordination… Donc, comme je l’ai dit à plusieurs, je plonge dedans, et je suis très heureux de ça. Ça me donne l’heure juste de où nous nous trouvons comme église ici et maintenant. C’est sur cette réalité-là que je m’en vais comme évêque de Saint-Hyacinthe, en communion avec tous mes frères évêques évidemment.

EC : Donc, ça fais 11 jours justement que vous êtes évêque, quel est votre plus grand défi?

Rodembourg : Je dirais, le premier défi, c’est certainement la rencontre du diocèse, la découverte, la rencontre des frères prêtres, diacres, leur épouse aussi qui les accompagnent, la rencontre des agents et agentes de pastorale, et tous les bénévoles impliqués… j’entendais qu’il y avait plusieurs mouvements intéressants, des associations, qui méritent certainement le plus rapidement possible la rencontre du nouvel évêque… Donc, moi, ça m’enthousiasme tout ça. Je veux remplir mon agenda de rencontres fraternelles et chaleureuses et essayer en même temps, déjà, de prendre le pouls des enjeux qu’il y aura à relever tous ensemble. Et je dirais que l’autre joie que j’ai ces jours-ci, c’est que dès la semaine prochaine, au Cap-de-la-Madeleine, nous avons en gros deux jours et demi de rencontres d’une trentaine de prêtres du diocèse pour, justement, faire connaissance de part et d’autre. Alors, je trouve ça un très bon début de service épiscopal.

EC : Quel est votre espoir? Ou votre espérance?

Rodembourg : Je dirais que depuis – ça fait 22 ans que je suis prêtre – c’est d’être d’abord disciple de la joie de l’Évangile, un disciple de Jésus qui est accueillant, qui accompagne, qui fait route avec les frères et les sœurs, et ensemble rechercher, ce que le Seigneur attend de nous aujourd’hui, cette fois-ci pour le diocèse de Saint-Hyacinthe. Je faisais exactement la même chose au niveau de mes paroisses avant, où j’étais curé, ou dans ma communauté, où j’étais en responsabilité les dix dernières années. Je disais souvent à mes jeunes frères, cherchons ensemble : que nous demande Jésus aujourd’hui? dans notre monde tel qu’il est, dans chaque pays, dans chaque continent – parce que j’ai eu la chance d’aller à travers plusieurs continent dans le monde…

EC : Vous avez mentionné que vous étiez curé de paroisse… Mais vous êtes aussi un prêtre avec la Congrégation des Missionnaires des Saints-Apôtres, une société de vie apostolique fondée à Montréal. Comment cette expérience peut vous servir maintenant comme évêque?

Rodembourg : Elle va sûrement me servir parce qu’à l’origine notre fondateur avait pour objectif de servir l’Église. Donc ça fait partie de notre charisme, d’être en disponibilité aux besoins de notre Église, là où il manque des prêtres, là où il manque des chrétiens… et notre vocation aussi, c’était justement de travailler à l’accompagnement des vocations, le discernement des vocations, et spécialement s’il y a des laïcs engagés en Église – c’est une originalité qui m’a beaucoup plu et qui est à la base de ma vocation il y a 28 ans quand je suis entré… alors je crois que c’est une expérience qui va effectivement m’aider dans ma nouvelle mission que le pape François me confie.

EC : Merci beaucoup. On a eu un goût seulement de qui vous êtes en tant qu’évêque maintenant. Ce sera un plaisir de vous « découvrir » davantage au fil des années…

Rodembourg : Avec joie! Vous êtes toujours les bienvenues et moi je vous félicite parce que vous rendez un service à l’Église, magnifique.

*Cette entrevue a été enregistrée le 28 septembre 2017 au Centre Nav Canada à Cornwall, en Ontario, pendant l’Assemblée plénière annuelle des évêques catholiques du Canada.

 

Église en sortie 23 juin 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons M. Denis Lapointe, Député d’État des Chevaliers de Colomb du Québec qui nous parle de la mission et de l’implication de cet ordre comptant quelque 80 000 membres dans la province. On vous présente un reportage sur le 118e Congrès annuel des Chevaliers de Colomb du Québec. Puis en troisième partie, Francis Denis s’entretient avec Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, sur la plus récente visite ad limita des évêques du Québec.

Église en sortie 7 octobre 2016

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit l’abbé Thierry Sol, prêtre de l’Opus Dei et professeur à l’Université Pontificale de la Sainte-Croix sur le thème du Droit canonique. Nous vous présentons un reportage sur l’Assemblée des évêques catholiques du Québec à Notre-Dame du Cap. Dans la troisième partie de l’émission, le professeur Ernest Caparros nous parle des procédures en nullité de mariage.

Saint Guillaume de Bourges

A la découverte des Saints et Saintes…

Nous fêtons aujourd’hui, 10 janvier, Saint Guillaume de Bourges.

Guillaume de Corbeil est né en 1120 dans une illustre famille de la noblesse française. Il est élevé par un oncle diacre et s’oriente rapidement vers les ordres tout en conservant les avantages de son titre. Mais un jour, il renonce à ses prébendes avant de se faire moine à Grandmont (Haute Vienne). Recherchant toujours plus d’austérité et de simplicité, Guillaume demande à être admis chez les Cisterciens de Pontigny (Bourgogne). Il devient ensuite abbé de Chaalis, filiale de Pontigny.

St GuillaumeEn 1199, à la mort de l’archevêque de Bourges, il est nommé à la tête de l’évêché par l’évêque de Paris. Investi malgré lui, Guillaume accepte la charge sans les honneurs. Il touche les cœurs par sa joie et sa douceur tout en continuant à pratiquer piété, mortification et humilité. Ce qui lui vaut l’opposition de ses cupides chanoines. Le prélat attire également les foudres du roi Philippe II de France par son opposition à la répudiation de sa femme et à son remariage.

A la demande du pape Innocent III, il combat les hérétiques puis tombe malade en pleine préparation de croisade. Il meurt le 10 janvier 1209. Huit ans seulement après sa mort et suite à des miracles observés par l’intercession de Guillaume, le pape Innocent III le béatifie.

Il est canonisé le 17 mai 1218 par le pape Honorius III.