Le Défenseur nous donne une raison d’espérer

Sixième dimanche de Pâques, Année A – 21 mai 2017

Actes 8,5-8.14-17
1 Pierre 3,15-18
Jean 14,15-21

Les six premiers chapitres des Actes racontent l’histoire de la fondation et de la construction de l’Église à Jérusalem. Dans la première lecture d’aujourd’hui (Actes 8, 5-8.14-17) et de nouveau en Actes 10, 44-48 comme en Actes 19, 1-6, Luc distingue entre le baptême au nom du Seigneur Jésus et la réception de l’Esprit. Chaque fois, l’Esprit est conféré grâce à l’intervention de l’un des Douze (Pierre et Jean) ou de leur représentant (Paul). C’est très probablement une façon pour Luc de décrire le rôle de l’Église dans l’effusion de l’Esprit. Ailleurs dans les Actes, le baptême et l’Esprit sont associés de manière plus étroite (Actes 1,5; 11,16).

Que pouvons-nous apprendre de cette expérience ? Les écrits de Luc dans les Actes des Apôtres indiquent clairement que le don de l’Esprit n’est pas un privilège individuel. Et que la proclamation des Écritures n’est pas un processus purement cérébral qui serait affaire de théorie et d’intelligence. Il s’agit bien plutôt d’un processus qui exige une connaissance expérientielle de Jésus de Nazareth, le crucifié et le ressuscité. Aucun obstacle apparent – défaut physique, origine ethnique ou distance géographique – ne peut empêcher quelqu’un d’avoir accès à l’appel salvifique de la bonne nouvelle. Dieu travaille à accomplir ses objectifs quant au rayonnement de la mission de l’église (Luc 24,47; Actes 1,8). Le Seigneur Jésus jette les yeux sur des témoins potentiels et fait tout ce qu’il peut pour les former, les habiliter et les lancer sur les routes de la Parole.

Reconnaissez dans vos cœurs la sainteté du Christ, le Seigneur

La deuxième lecture d’aujourd’hui, tirée de la Première Lettre de Pierre (3, 15-18), nous rappelle que la souffrance et la mort du Christ, lui qui est le juste, a sauvé les coupables (1 Pierre 3, 18) ; par sa résurrection il a reçu la vie nouvelle dans l’Esprit et il la communique aux croyants par le bain baptismal qui purifie leur conscience du péché. De même que la famille de Noé fut sauvée par l’eau, ainsi les chrétiens sont-ils sauvés par les eaux du baptême (1 Pierre 3, 19-22). Aussi n’ont-ils pas à partager la crainte des pécheurs ; ils devraient plutôt se réjouir dans la souffrance à cause de leur espérance dans le Christ. Leur innocence confond leurs accusateurs (1 Pierre 3, 13-16 ; cf. Matthieu 10, 28 ; Romains 8, 35-39).

Deux mille ans plus tard, les paroles que Pierre adresse à l’Église primitive continuent de retentir en nous avec force (1 Pierre 15s) :

C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.

Quelle est la raison de notre espérance ? Permettez-moi de rappeler ici ce que disait le pape Benoît XVI dans son homélie pour la Solennité des saints Pierre et Paul, à Rome, le 29 juin 2009 :

Très brièvement, je voudrais encore rappeler l’attention sur deux autres affirmations de la Première Lettre de saint Pierre, qui nous concerne tout particulièrement, à notre époque. Il y a tout d’abord la phrase aujourd’hui nouvellement découverte, sur la base de laquelle les théologiens médiévaux comprirent leur tâche, leur tâche de théologiens: « Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Jésus Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (Ac 3, 15). La foi chrétienne est espérance. Elle ouvre la voie vers l’avenir. Et elle est une espérance qui est raisonnable ; une espérance dont nous pouvons et nous devons exposer la raison. La foi provient de la Raison éternelle qui est entrée dans notre monde et nous a montré le vrai Dieu. Elle va au-delà de la capacité propre de notre raison, tout comme l’amour voit davantage que la simple intelligence. Mais la foi parle à la raison et dans la confrontation dialectique, elle peut tenir tête à la raison. Elle ne la contredit pas mais elle va de pair avec elle et, dans le même temps, conduit au-delà d’elle – elle introduit dans la Raison plus grande de Dieu.

En tant que pasteurs de notre temps, nous avons le devoir de comprendre nous les premiers la raison de la foi. Le devoir de ne pas la laisser demeurer simplement une tradition, mais de la reconnaître comme une réponse à nos questions. La foi exige notre participation rationnelle, qui s’approfondit et se purifie dans un partage d’amour. Cela fait partie de nos devoirs en tant que pasteurs que de pénétrer la foi avec la pensée pour être en mesure de montrer la raison de notre espérance dans le débat de notre temps.

Le nouveau défenseur parmi nous

Dans l’Évangile de Jean, le deuil est palpable chez les apôtres au moment où Jésus se prépare à les quitter. Pierre lui demande : « Seigneur, où vas-tu ? » (Jean 13, 36) puis « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? » (Jean 13, 37). C’est à ces questions poignantes que Jésus répond : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jean 14, 15). Et Jésus présente alors le nouveau Défenseur (Paraclet) comme l’Esprit de vérité, méconnu du monde mais présence permanente chez les disciples (Jean 14, 17). Voilà bien le fondement de notre confiance en la direction de l’Esprit.

Le mot grec « paraclet » provient du langage juridique et désigne un avocat, le procureur de la défense. On pourrait aussi traduire le porte-parole, le médiateur, l’intercesseur, celui qui console et réconforte, encore qu’aucune de ces expressions n’exprime tout ce que Jean veut dire. Le Paraclet chez Jean est un maître, un témoin de Jésus, et en même temps le procureur de la poursuite contre le monde; le mot lui sert à désigner celui qui assure la présence continue sur terre du Jésus qui est retourné au Père.

Jésus est le premier défenseur (paraclet) ; voyez 1 Jean 2,1, où Jésus plaide notre cause en intercédant pour nous au ciel. La venue du Paraclet dans la communauté chrétienne signale le début d’une mission mondiale qui poussera les premiers chrétiens à franchir les frontières de leur monde. Si Jésus était le Défenseur pendant qu’il était sur terre, l’Esprit est maintenant un nouveau Défenseur, la présence de Jésus jusqu’à son retour. Ce Défenseur n’est pas un étranger mais plutôt la garantie de la fidélité à Jésus : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26). Et Jésus répète que le Défenseur va témoigner en son nom et mettre les disciples en mesure de témoigner, eux aussi. Pour situer ces passages, il faut se rappeler l’incertitude et la peur des disciples au début du livre des Actes. Avec la venue de l’Esprit, les disciples reçoivent la lumière et l’audace de témoigner avec clarté et avec courage.

Échapper au piège du passé

Le Défenseur ne sera pas seulement l’assurance de la fidélité et la source d’une proclamation audacieuse mais aussi le guide vers un avenir encore obscur : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître » (Jean 16, 12-13). Cette assurance de la présence et de la direction de l’Esprit permet aux disciples d’avancer vers l’avenir, d’affronter de nouveaux défis et de le faire avec créativité. Les disciples authentiques, fidèles à la personne et au message de Jésus, ne se laissent pas prendre au piège du passé. C’est l’Esprit qui rend possible la flexibilité, l’apprivoisement, l’adaptation, c’est lui qui permet à la nouveauté d’émerger, toujours dans un contexte de fidélité.

L’Esprit est notre guide, notre conseiller, la source de notre confiance et de notre sens de l’orientation. C’est l’Esprit qui garde l’espérance vivante dans nos cœurs alors que nous aspirons à la plénitude de la présence et de l’amour de Dieu. L’assurance de la présence et de la direction de l’Esprit nous donne les moyens, à nous, Ses disciples, d’avancer vers l’avenir et de relever de nouveaux défis avec créativité. Le disciple est fidèle à la personne et au message de Jésus sans tomber pas dans le piège du passé. C’est l’Esprit qui rend possible la flexibilité, l’apprivoisement, l’adaptation, c’est lui qui permet à la nouveauté d’émerger dans un contexte de fidélité. Les écrits de Luc dans les Actes des Apôtres montrent clairement que l’Esprit n’est pas un privilège individuel.

La mémoire vivante de l’Église

Ce nouveau Défenseur n’est pas simplement un porteur de procuration, envoyé remplacer le Seigneur en son absence : au contraire, il assure sa présence et celle du Père. Ils vont « venir chez » celui ou celle qui reste fidèle à la parole de Jésus, et ils vont faire chez lui/elle leur demeure. Mais pas chez les autres – ceux qui n’aiment pas le Seigneur et ne gardent pas sa parole. Le Paraclet demeure en quiconque aime Jésus et garde ses commandements ; sa présence échappe donc à la limite du temps (Jean 14, 15-17). Le Paraclet est tout aussi présent chez les disciples modernes de Jésus qu’il l’était dans la première génération chrétienne. Personne ne doit penser que Jésus a abandonné son Église aujourd’hui. Jésus continue de nous envoyer l’Esprit de Dieu, l’Esprit de vérité. L’Évangile nous dit que « celui que le Père enverra nous enseignera tout et nous fera souvenir de tout ce que Jésus nous a dit » (v. 26). Ce souvenir, ce rappel à la mémoire se trouve admirablement exprimé dans la nouvelle formulation qu’emploie le Catéchisme de l’Église catholique pour décrire le travail du Défenseur, « L’Esprit Saint est la mémoire vivante de l’Église » (n° 1099) :

La venue du Paraclet signale le début d’une vision mondiale qui pousse les premiers chrétiens à dépasser leurs frontières géographiques. Comme chrétiennes et chrétiens, la personne de Jésus Christ est notre « point de départ », notre espérance et notre but. Le Christ demande à l’Église de « faire des disciples de toutes les nations » (Matthieu 28, 19). Pour guider le travail de l’Église dans cette mission, le Christ envoie l’Esprit Saint au milieu de nous. Jésus présente le nouveau Défenseur comme « l’Esprit de vérité », méconnu du monde mais présence constante parmi les disciples (Jean 14, 17). Tel est bien le fondement de notre confiance en la direction de l’Esprit. Jésus a été le Défenseur pendant qu’il était sur terre avec les disciples. L’Esprit Saint est un nouveau Défenseur, la présence de Jésus qui guide l’Église jusqu’à son retour. Ce Défenseur n’est pas un étranger, mais bien la garantie de la fidélité à Jésus : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26).

Déclaration commune de Sa Sainteté François et le patriarche copte orthodoxe Tawadros II

Vous trouverez ci-dessous le texte de la déclaration commune de Sa Sainteté François et de Sa Sainteté Tawadros II:

Nous, François, Évêque de Rome et Pape de l’Église catholique, et Twardros II, Pape d’Alexandrie et Patriarche du Siège de saint Marc, remercions Dieu dans l’Esprit Saint de nous offrir la joyeuse occasion de nous rencontrer une fois encore, pour échanger une fraternelle accolade et pour nous unir de nouveau dans la prière. Nous glorifions le Tout-Puissant pour les liens de fraternité et d’amitié existant entre le Siège de saint Pierre et le Siège de saint Marc. Le privilège d’être ensemble ici, en Égypte, est le signe que la solidité de notre relation s’accroît d’année en année, que nous grandissons dans la proximité, dans la foi et dans l’amour du Christ notre Seigneur. Nous remercions Dieu pour l’Égypte bien-aimée, cette ‘‘patrie qui vit en nous’’ comme aimait le dire Sa Sainteté Shenouda III, pour le ‘‘peuple béni de Dieu’’ (cf. Is 19, 25), avec cette antique civilisation des pharaons, avec l’héritage grec et romain, avec la tradition copte et la présence islamique. L’Égypte est le lieu où la Sainte Famille a trouvé refuge, une terre de martyrs et de saints.

Notre profond lien d’amitié et de fraternité a son origine dans la pleine communion qui a existé entre nos Églises au cours des premiers siècles et qui était exprimée de multiples manières par les premiers Conciles œcuméniques, jusqu’au Concile de Nicée en 325 et par la contribution du courageux Père de l’Église saint Athanase, qui a reçu le titre de ‘‘Protecteur de la foi’’. Notre communion était exprimée par la prière et par des pratiques liturgiques similaires, par la vénération des mêmes martyrs et saints, ainsi que par le développement et par l’expansion du monachisme, suivant l’exemple du grand saint Antoine, connu comme le Père des moines.

Cette même expérience de communion avant le temps de la séparation a une signification spéciale dans nos efforts pour restaurer la pleine communion aujourd’hui. La plupart des relations existant au cours des premiers siècles entre l’Église catholique et l’Église copte orthodoxe ont perduré jusqu’aujourd’hui malgré les divisions, et ont été revivifiées récemment. Elles nous incitent à intensifier nos efforts communs afin de persévérer dans la recherche d’une unité visible dans la diversité, sous la conduite de l’Esprit Saint.

Nous nous souvenons avec gratitude de la rencontre historique, il y a quarante-quatre ans, entre nos prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Pape Shenouda III, dans une accolade de paix et de fraternité, après plusieurs siècles où nos liens mutuels d’amour n’étaient pas capables de trouver une expression à cause de la distance qui est survenue entre nous. La Déclaration commune qu’ils ont signée le 10 mai 1973 a représenté un jalon sur le chemin de l’œcuménisme, et a servi de point de départ à la Commission pour le dialogue théologique entre nos deux Églises, qui a porté beaucoup de fruit et a ouvert la voie à un dialogue plus large entre l’Église catholique et toute la famille des Églises Orientales orthodoxes. Dans cette Déclaration, nos Églises ont reconnu que, en lien avec la tradition apostolique, elles professent «une foi dans le Dieu Un Trine» et «la divinité de l’Unique Fils né de Dieu… Dieu parfait pour ce qui est de sa divinité, et homme parfait pour ce qui est de son humanité». Il a également été reconnu que «la vie divine nous est donnée et est nourrie en nous à travers les sept sacrements» et que «nous vénérons la Vierge Marie, Mère de la Vraie Lumière», la «Theotokos».

C’est avec une profonde gratitude que nous nous rappelons notre rencontre fraternelle à Rome, le 10 mai 2013, et la proclamation du 10 mai comme le jour où chaque année nous approfondissons l’amitié ainsi que la fraternité entre nos Églises. Cet esprit renouvelé de proximité nous a rendus capables de reconnaître une fois encore que le lien qui nous unit était reçu de notre unique Seigneur le jour de notre baptême. Car c’est à travers le baptême que nous devenons membres du corps unique du Christ qu’est l’Église (cf. 1 Co 12, 13). Cet héritage commun est la base du pèlerinage que nous faisons ensemble vers la pleine communion, tandis que nous grandissons dans l’amour et la réconciliation.

Nous sommes conscients d’avoir encore un long chemin à parcourir dans ce pèlerinage, cependant nous nous souvenons de tout ce qui a été déjà accompli. En particulier, nous nous rappelons la rencontre entre le Pape Shenouda III et saint Jean-Paul II, venu en Égypte en pèlerin durant le Grand Jubilé de l’an 2000. Nous sommes déterminés à suivre leurs pas, animés par l’amour du Christ le Bon Pasteur, profondément convaincus qu’en marchant ensemble, nous grandissons dans l’unité. Puissions-nous puiser notre force de Dieu, parfaite source de communion et d’amour !

Cet amour trouve sa plus profonde expression dans la prière commune. Lorsque des chrétiens prient ensemble, ils en viennent à réaliser que ce qui les unit est plus grand que ce qui les divise. Notre désir d’unité est inspiré par la prière du Christ «que tous soient un» (Jn 17, 21). Approfondissons nos racines communes dans la foi apostolique en priant ensemble et en recherchant les traductions communes de la Prière du Seigneur et une date commune pour la célébration de Pâques.

Alors que nous cheminons vers le jour béni où, enfin, nous serons rassemblés autour de la même table eucharistique, nous pouvons coopérer dans plusieurs domaines et démontrer d’une manière tangible la grande richesse qui nous unit déjà. Nous pouvons témoigner ensemble de valeurs fondamentales telles que la sainteté et la dignité de la vie humaine, le caractère sacré du mariage et de la famille, ainsi que le respect de toute la création, qui nous a été confiée par Dieu. Face à de nombreux défis contemporains comme la sécularisation et la globalisation de l’indifférence, nous sommes appelés à offrir une réponse commune fondée sur les valeurs de l’Évangile et sur les trésors de nos traditions respectives. À ce sujet, nous sommes encouragés à entreprendre une étude plus approfondie des Pères orientaux et latins, et à promouvoir un échange fructueux sur le plan pastoral, spécialement dans la catéchèse, et pour un mutuel enrichissement spirituel entre des communautés monastiques et religieuses.

Notre témoignage chrétien commun est un signe de réconciliation et d’espérance rempli de grâce pour la société égyptienne et pour ses institutions, un grain semé pour porter des fruits de justice et de paix. Puisque nous croyons que tout être humain est créé à l’image de Dieu, nous luttons pour la sérénité et la concorde à travers une cohabitation pacifique des chrétiens et des musulmans, en témoignant ainsi du désir de Dieu pour l’unité et l’harmonie de la famille humaine tout entière et pour l’égale dignité de chaque être humain. Nous partageons la préoccupation pour le bien-être et l’avenir de l’Égypte. Tous les membres de la société ont le droit et le devoir de participer pleinement à la vie de la nation., en jouissant de la pleine et égale citoyenneté et en collaborant pour bâtir leur société.  La liberté de religion, incluant la liberté de conscience, enracinée dans la dignité de la personne, est la pierre angulaire de toutes les autres libertés. C’est un droit sacré et inaliénable.

Intensifions notre inlassable prière pour tous les chrétiens en Égypte et de par le monde entier, et spécialement au Moyen Orient. Les expériences tragiques ainsi que le sang versé par nos fidèles persécutés et tués pour la seule raison d’être chrétiens rappellent à nous tous combien davantage l’œcuménisme du martyre nous unit et nous encourage sur le chemin de la paix et de la réconciliation. Car, comme l’a écrit saint Paul : «Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance» (1 Co 12, 26).

Le mystère de Jésus qui est mort et ressuscité par amour se trouve au cœur de notre cheminement vers l’unité. Une fois encore, les martyrs sont nos guides. Dans l’Église primitive, le sang des martyrs était la semence de nouveaux chrétiens. De même, de nos jours, puisse le sang des très nombreux martyrs être la semence d’unité parmi les disciples du Christ, un signe et un instrument de communion comme de paix pour le monde.

Obéissant au travail de l’Esprit Saint, qui sanctifie l’Église, la garde tout au long des siècles, et la conduit vers la pleine unité – cette unité pour laquelle Jésus a prié :

Aujourd’hui nous, Pape François et Pape Tawadros II, en vue de satisfaire le cœur du Seigneur Jésus, ainsi que les cœurs de nos fils et filles dans la foi, nous déclarons mutuellement que, dans le même esprit et d’un même cœur, nous chercherons sincèrement à ne plus répéter le baptême qui a été administré dans nos respectives Églises pour toute personne qui souhaite rejoindre l’une ou l’autre. Nous confessons cela en obéissance aux Saintes Écritures et à la foi des trois Conciles œcuméniques célébrés à Nicée, à Constantinople et à Éphèse.

Nous demandons à Dieu notre Père de nous guider, dans le temps et par les moyens que l’Esprit Saint choisira, vers la pleine unité dans le Corps mystique du Christ.

Laissons-nous, donc, guider par les enseignements et par l’exemple de l’apôtre Paul, qui a écrit : «Ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous» (Ep 4, 3-6).

Source: http://www.news.va/fr/news/le-pape-francois-et-le-pape-copte-tawadros-ii-sign

Message du pape François pour la Journée mondiale de prière pour les vocations

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Poussés par l’Esprit
pour la mission

Chers frères et sœurs,
Au cours des années passées, nous avons eu l’occasion de réfléchir sur deux aspects qui concernent la vocation chrétienne : l’invitation à ‘‘sortir de soi’’ pour se mettre à l’écoute de la voix du Seigneur et l’importance de la communauté ecclésiale en tant que lieu privilégié où l’appel de Dieu naît, s’alimente et s’exprime.

À présent, à l’occasion de la 54ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, je voudrais m’arrêter sur la dimension missionnaire de l’appel chrétien. Celui qui s’est laissé attirer par la voix de Dieu et s’est mis à la suite de Jésus découvre bien vite en soi l’irrésistible désir de porter la Bonne Nouvelle à ses frères, à travers l’évangélisation et le service de la charité. Tous les chrétiens sont constitués missionnaires de l’Évangile ! Le disciple, en effet, ne reçoit pas le don de l’amour de Dieu pour une consolation privée ; il n’est pas appelé à porter lui-même ni à défendre les intérêts d’une entreprise ; il est simplement touché et transformé par la joie de se sentir aimé de Dieu et il ne peut pas garder cette expérience pour lui-même : « La joie de l’Évangile qui remplit la vie de la communauté des disciples est une joie missionnaire ». (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 21)

L’engagement missionnaire, par conséquent, n’est pas quelque chose qu’on va ajouter à la vie chrétienne, comme s’il s’agissait d’un ornement, mais au contraire, il est situé au cœur de la foi même : la relation avec le Seigneur implique le fait d’être envoyé dans le monde comme prophète de sa parole et témoin de son amour.

Même si nous expérimentons en nous beaucoup de fragilité et que nous pouvons parfois nous sentir découragés, nous devons élever la tête vers Dieu, sans nous laisser écraser par le sentiment d’inadéquation ou sans céder au pessimisme, qui fait de nous des spectateurs passifs d’une vie fatiguée et routinière. Il n’y a pas de place pour la crainte : c’est Dieu lui-même qui vient purifier nos ‘‘lèvres impures’’, en nous rendant aptes pour la mission : « Ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : ‘‘Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ?’’ Et j’ai répondu : ‘‘Me voici : envoie-moi !’’ » (Is 6, 6-8).

Chaque disciple missionnaire sent dans son cœur cette voix divine qui l’invite à ‘‘passer’’ au milieu des gens, comme Jésus, ‘‘en guérissant et faisant du bien’’ à tous (cf. Ac 10, 38). J’ai déjà eu l’occasion de rappeler, en effet, qu’en vertu du baptême, chaque chrétien est un ‘‘christophe’’, c’est-à- dire ‘‘quelqu’un qui porte le Christ’’ à ses frères (cf. Catéchèse, 30 janvier 2016). Cela vaut de manière particulière pour ceux qui sont appelés à une vie de consécration spéciale et également pour les prêtres, qui ont généreusement répondu : ‘‘Me voici, Seigneur, envoie-moi !’’. Avec un enthousiasme missionnaire renouvelé, ils sont appelés à sortir des enceintes sacrées du temple, pour permettre à la tendresse de Dieu de déborder en faveur des hommes (cf. Homélie de la Messe chrismale, 24 mars 2016). L’Église a besoin de prêtres ainsi : confiants et sereins pour avoir découvert le vrai trésor, anxieux d’aller le faire connaître à tous avec joie (cf. Mt 13, 44) !

Certes, nombreuses sont les questions qui surgissent lorsque nous parlons de la mission chrétienne : que signifie être missionnaire de l’Évangile ? Qui nous donne la force et le courage de l’annonce ? Quelle est la logique évangélique dont s’inspire la mission ? À ces interrogations, nous pouvons répondre en contemplant trois scènes de l’Évangile : le début de la mission de Jésus dans la synagogue de Nazareth (cf. Lc 4, 16-30) ; le chemin que parcourt le Ressuscité aux côtés des disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35) ; enfin, la parabole de la semence (cf. Mc 4, 26-27).

Jésus est oint par l’Esprit et envoyé. Être disciple missionnaire signifie participer activement à la mission du Christ, que Jésus lui-même décrit dans la synagogue de Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18- 19). C’est aussi notre mission : être oints par l’Esprit et aller vers nos frères annoncer la Parole, en devenant pour eux un instrument de salut.

Jésus se joint à notre chemin. Face aux questions qui émergent du cœur de l’homme et aux défis qui surgissent de la réalité, nous pouvons éprouver une sensation d’égarement et sentir un manque d’énergies et d’espérance. Il y a le risque que la mission chrétienne apparaisse comme une pure utopie irréalisable ou, en tout cas, comme une réalité qui dépasse nos forces. Mais si nous contemplons Jésus ressuscité, qui marche aux côtés des disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 13-15), notre confiance peut être ravivée ; dans cette scène évangélique, nous avons une authentique ‘‘liturgie de la route’’, qui précède celle de la Parole et du Pain rompu et nous fait savoir que, à chacun de nos pas, Jésus est à nos côtés ! Les deux disciples, blessés par le scandale de la Croix, sont en train de retourner chez eux en parcourant la voie de l’échec : ils portent dans leur cœur une espérance brisée et un rêve qui ne s’est pas réalisé. En eux, la tristesse a pris la place de la joie de l’Évangile. Que fait Jésus ? Il ne les juge pas, il parcourt la même route qu’eux et, au lieu d’élever un mur, il ouvre une nouvelle brèche. Lentement, il transforme leur découragement, il rend brûlants leurs cœurs et ouvre leurs yeux, en annonçant la Parole et en rompant le Pain. De la même manière, le chrétien ne porte pas seul l’engagement de la mission, mais dans les fatigues et dans les incompréhensions, il fait aussi l’expérience que « Jésus marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui. Il ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 266).

Jésus fait germer la semence. Enfin, il est important d’apprendre de l’Évangile le style de l’annonce. Souvent, en effet, même avec les meilleures intentions, il peut arriver de céder à une certaine frénésie du pouvoir, au prosélytisme ou au fanatisme intolérant. L’Évangile, au contraire, nous invite à rejeter l’idolâtrie du succès et de la puissance, la préoccupation excessive pour les structures, et une certaine anxiété qui répond plus à un esprit de conquête qu’à l’esprit du service. La semence du Royaume, bien que petite, invisible et parfois insignifiante, grandit silencieusement grâce à l’œuvre incessante de Dieu : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Mc 4, 26- 27). Voilà notre première confiance : Dieu dépasse nos attentes et il nous surprend par sa générosité, en faisant germer les fruits de notre travail au-delà des calculs de l’efficacité humaine.

Par cette confiance évangélique, nous nous ouvrons à l’action silencieuse de l’Esprit, qui est le fondement de la mission. Il ne peut jamais y avoir de pastorale vocationnelle ni de mission chrétienne sans la prière assidue et contemplative. En ce sens, il faut alimenter la vie chrétienne par l’écoute de la Parole de Dieu et, surtout, prendre soin de la relation personnelle avec le Seigneur dans l’adoration eucharistique, ‘‘lieu’’ privilégié de la rencontre avec Dieu.

C’est cette intime amitié avec le Seigneur que je désire vivement encourager, surtout pour implorer du ciel de nouvelles vocations au sacerdoce et à la vie consacrée. Le peuple de Dieu a besoin d’être guidé par des pasteurs qui consacrent leur vie au service de l’Évangile. C’est pourquoi je demande aux communautés paroissiales, aux associations et aux nombreux groupes de prière présents dans l’Église : contre la tentation du découragement, continuez à prier le Seigneur d’envoyer des ouvriers à sa moisson et de nous donner des prêtres amoureux de l’Évangile, capables d’être proches de leurs frères et d’être, ainsi, un signe vivant de l’amour miséricordieux de Dieu.

Chers frères et sœurs, aujourd’hui encore, nous pouvons retrouver l’ardeur de l’annonce et proposer, surtout aux jeunes, la sequela du Christ. Face à la sensation répandue d’une foi fatiguée ou réduite à de purs ‘‘devoirs à accomplir’’, nos jeunes ont le désir de découvrir l’attrait toujours actuel de la figure de Jésus, de se laisser interroger et provoquer par ses paroles et par ses gestes et, enfin, de rêver, grâce à lui, d’une vie pleinement humaine, joyeuse de se consacrer à l’amour.

La Très Sainte Marie, Mère de notre Sauveur, a eu le courage d’embrasser ce rêve de Dieu, en mettant sa jeunesse et son enthousiasme dans ses mains. Que son intercession nous obtienne la même ouverture de cœur, la diligence à professer notre ‘‘Me voici’’ à l’appel du Seigneur et la joie de nous mettre en route (Lc 1, 39), comme elle, pour l’annoncer au monde entier.

Du Vatican, le 27 novembre 2016 Premier dimanche de l’Avent

FRANÇOIS

[01925-FR.01] [Texte original: Italien]

« Nous te rendons grâce pour ton immense gloire »

Trinity Orta

Solennité de la Trinité – dimanche 22 mai 2016

Proverbes 8,22-31
Romains 5,1-5
Jean 16,12-15

Ce Dimanche qui suit la Pentecôte, nous célébrons la solennité de la Trinité. Grâce à l’Esprit Saint qui nous aide à comprendre les mots de Jésus et qui nous guide vers la vérité absolue, nous, croyants pouvant avoir une expérience personnelle de l’intimité de Dieu lui-même, en découvrant qu’il n’est pas solitude infinie mais communion de lumière et d’amour, vie donnée et reçue dans un dialogue éternel entre le Père et le Fils, dans le Saint Esprit.

La Dame Sagesse, le communicateur

Notre première lecture d’aujourd’hui extraite du livre des Proverbes [8,22-31] parle de la Dame Sagesse, la personne que Dieu avait créée avant les créations du monde, afin de communiquer l’amour de Dieu et nous guider dans une existence paisible. La Sagesse est parallèle, de plusieurs manières, au Saint Esprit du Nouveau Testament. Même si nous sommes incapables d’expliquer la Trinité de manière rationnelle, nous sommes supposés manifester le Dieu trinitaire par nos actions.

Le Livre des Proverbes est le plus « terre-à-terre » parmi tous les livres de la Bible. Dans ce recueil de dictons abrégés et pragmatiques qui constituent la majorité de ce livre, il existe une réflexion mystique magnifique dans le chapitre 8. La « Dame Sagesse » est personnifiée, dans une tentative de décrire les manières par lesquelles Dieu a choisi de révéler sa nature divine.

La Sagesse est présentée comme un phénomène impliqué avec Dieu, et dans des récits ultérieurs la sagesse est perçue comme qualité dont les êtres humains ont besoin afin de discerner l’œuvre de Dieu dans le monde. La supériorité de la sagesse sur toute chose est due à son origine qui précède ces derniers. Quoique l’on voit la sagesse émaner de la demeure mystérieuse de Dieu, elle demeure visible à nous, « établie dans le ciel, » à travers « la mer [et] ses confins, » sur la « surface de la terre de Dieu. » La Sagesse a été répandue, engendrée par Dieu au commencement et, en tant que « co-travailleuse » de Dieu, la sagesse a dirigé la création et a retrouvé l’enchantement dans la race humaine.

Expérience et discernement

Le lyricisme de Proverbes est supposé nous donner un sens de la beauté et de la permanence – en effet, qualité éternelle – de la sagesse. Dans tous ces attributs, la sagesse possède des qualités Divines. Elle est aussi le don de Dieu aux êtres humains, don qui les permet de voir au-delà du sens littéral et de pénétrer la signification la plus profonde des évènements de al vie. La Sagesse est parallèle à l’Esprit Saint de maintes manières. La Sagesse n’est assimilée d’aucune manière à la prouesse intellectuelle, à l’accumulation d’informations ou de simples données. La Sagesse est plutôt plus intimement associée à l’expérience et au discernement. Par-dessus tout, elle est une entité spirituelle, qui ne dépend point de la pensée et de la logique mais qui y est de loin supérieure. 

Les effets de la justification

Dans sa lettre aux Romains [Romains 5,1-5], Paul commence à évoquer la foi chrétienne en Jésus, présente l’expérience chrétienne dans son essence et explique comment le salut est accordé aux vertueux. Dans le passage d’aujourd’hui, le mystère de l’Esprit Saint surpasse la formulation théologique et devient un ingrédient actif, un levain, dans la vie quotidienne. Le premier effet de la justification des expériences chrétiennes est la paix ; la réconciliation remplace la séparation. Le second effet de la justification est l’espérance.

Une fois justifié, le chrétien est réconcilié à Dieu et vit dès lors une paix qui ne peut être dérangée par les troubles bouleversants, ni par les souffrances, une espérance qui ne connait pas de déception, et une confiance de salut en Jésus. L’extrait sur la foi est un paradoxe Paulinien typique : le chrétien qui exprime sa fierté place cette dernière dans une chose qui dépasse totalement les pouvoirs humains – dans la foi. Le verset 5 exprime l’assurance puissante qu’une (telle) espérance ne nous déçoit pas. Le chrétien ne sera jamais embarrassé par une foi déçue ; comparaison implicite avec la simple foi humaine, qui peut décevoir. L’Esprit de Dieu doit guider nos vies, les modeler et les façonner suivant la vie et le paradigme de Jésus.

Une attitude de foi profonde et d’optimisme chrétien est cruciale dans notre vie. Le verset 5 comprend aussi l’expression suivante : l’amour de Dieu – ne devant être interprétée par notre amour de Dieu, mais plutôt par l’amour de Dieu pour nous. Cet amour est exprimé à travers Jésus et perpétué par l’Esprit Saint qui demeure dans notre cœur pour nous ramener à l’amour de Dieu. Paul nous assure que même la souffrance peut nous rendre capables d’endurer, de développer du caractère, et d’espérer pour la victoire avec Jésus, notre modèle. Le don de l’Esprit n’est pas seulement la preuve, mais aussi le moyen de la surabondance de l’amour de Dieu pour nous.

Vers une compréhension plus profonde du message de Jésus

Dans la lecture de l’évangile de Jean [Jean 16,12-15], les disciples n’ont pas pu supporter tout ce que Jésus avait à leur dire. Ils avaient d’abord besoin d’assurance qui ne pouvait être donnée qu’à travers son triomphe sur la mort. Il est dit que l’Esprit de vérité engage l’Église. L’Esprit nous « déclarera » ce qui adviendra [Jean 16,13]. L’Esprit nous « déclarera » ce que l’Esprit a extrait du Christ [Jean 16,14]. L’Esprit prendra ce qui est du Christ et nous le « déclarera » [Jean 16,15]. Le même verbe est utilisé à trois reprises pour décrire la même activité, anagallis : qui annonce ou proclame quelque chose de nouveau. Cela signifie que l’Esprit continuera ce qui a été réalisé en Christ. Mais l’Esprit Saint nous l’interprètera, y explorera un sens plus profond, et le rendra compréhensible dans plusieurs cultures et contextes. Cette connotation de la « révélation de ce qui arrivera » ne voulait pas dire que le Paraclet pouvait faire n’importe quelles révélations prophétiques sur le futur, mais que le Paraclet guidait la communauté dans son assimilation de Jésus en tant qu’accomplissement de tout ce qui a été promis dans les Écritures.

Notre mission et notre vocation

L’Esprit guide l’Église vers la Vérité à travers son activité continue, à travers son interprétation déclarative de ce qui provient du Christ, pour que l’expérience de la foi puisse tendre vers une compréhension plus approfondie de ce qui est en Christ. C’est un concept riche et profond qui décrit la vocation et la mission du vrai berger et de la personne du prêtre : nous sommes appelés a interpréter l’expérience de la foi qui permet une compréhension et un savoir plus approfondis de Dieu dans la vie de chaque personne et dans la vie du monde. Notre mission est en vérité « de prendre ce qui est du Christ et de le déclarer, » de l’interpréter, de le professer, et de le proclamer toujours et encore au monde. « Prendre ce qui est du Christ » indique un contact personnel profond avec le Christ à travers la prière, la contemplation et l’étude. Dans l’Esprit, nous devons amener ce qui est du Christ vers un nouvel ordre de compréhension, vers une réalisation dans l’ordre temporel. Nous sommes appelés à construire une civilisation de justice, d’amour et de paix basée sur notre connaissance de la relation à Jésus Christ.

Expérimenter la Gloire

La gloire de Dieu qui grandit constitue la révélation progressive de la Trinité. Qu’est ce que l’expérience de la gloire pour nous ? Elle n’est pas euphorie, bonheur ou extase, bien que ces éléments puissent en effet être présents chez ceux qui ont des expériences profondes de la Présence de Dieu dans leurs vies. Lorsque la présence et l’idée de Dieu arrivent à dominer notre conscience et notre amour, lorsqu’elle devient présente, de façon presque palpable, avec l’intensité d’un sens et d’un amour plus mystérieux, c’est ça la gloire. Lorsque l’expérience de Dieu nous soutient au milieu d’une douleur atroce et d’une souffrance, d’une obscurité spirituelle et d’un vide, d’une crise et d’une confusion, nous avons un avant-gout de la gloire de Dieu. Quoiqu’il nous arrive, nous savons que Dieu est avec nous, que Dieu nous entoure, nous protège et nous porte dans la paume de sa main. Saint Paul explique que c’est en effet dans cette espérance pour la gloire que les êtres humains sont appelés à exalter. Ainsi, c’est une immense grâce de Dieu que l’Église prie chaque dimanche en disant : « Nous te rendons grâce pour ton immense gloire. » 

La Trinité est Communication

La Trinité est communication entre le Père, le Fils, et le Saint Esprit. C’est le mystère profond que rappelle la liturgie de ce dimanche pour la fête de la Sainte Trinité : la réalité inexprimable de Dieu et la manière de laquelle son mystère nous a été donné. Nous pouvons lutter avec la Sainte Trinité, certes, mais nous l’accueillons dans nos mains chaque fois que nous faisons le signe de la croix.

Je conclue avec cet extrait de la Trinité comme Mystère du dialogue « Sur la Providence Divine » par Sainte Catherine de Siena (Cap 167, Gratiarum actio ad Trinitatem). Cet extrait est utilisé dans l’Office des Lectures Romanes pour la liturgie mémoriale de cette grande Sainte de l’Église, dont la fête est célébrée le 29 avril de chaque année. C’est une prière magnifique de la Trinité que nous pouvons prier chaque jour :

Dieu éternel, Trinité éternelle, vous avez rendu le sang du Christ si précieux a travers son partage dans votre nature divine. Vous êtes un mystère aussi profond que la mer ; plus je cherche, plus je découvre, et plus je découvre plus je te cherche. Mais je ne peux jamais être satisfaite ; ce que je reçois me laisse avec un désir illimité. Lorsque vous remplissez mon âme je sens un faim encore plus aigüe, et je m’affame davantage pour votre lumière. Je désire par dessus tout vous voir, vraie lumière, comme vous êtes en réalité.

J’ai gouté et perçu la profondeur de votre mystère et la beauté de votre création avec la lumière de ma compréhension. Je me suis vêtue par votre image et ai vu ce que je serais. Père éternel, vous m’avez donnée un part de votre pouvoir et la sagesse que le Christ déclare comme étant propre à lui, et votre Esprit Saint m’a donné le désir de vous aimer. Vous êtes mon Créateur, Trinité et je suis votre créature. Vous avez fait de moi une nouvelle création, car vous m’avez illuminée.

Que la Sainte Trinité de Dieu – dans sa bonté et son mystère indescriptibles – nous apprennent et nous guide dans notre vie, et que nous puissions grandir dans « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné » [Romains 5,5].

(Image: La Sainte Trinité par Luca Rossetti da Orta)

Avec humilité, mais avec force : le début d’un Temps nouveau

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Solennité de la Pentecôte – dimanche 15 mai 2016

Actes 2,1-11

1 Corinthiens 12,3b-7.12-13

Jean 20,19-23

On connaît bien le récit d’Actes 2,1-10 – au matin de la Pentecôte les disciples de Jésus sont réunis dans l’attente et la prière. Cette nouvelle journée commence par l’explosion d’un tonnerre provenant du ciel, et par un vent violent. ‪L’histoire rappelle le grand vent qui planait sur les eaux dans le récit de la création de la Genèse. ‪Ce qui était d’abord entendu a ensuite été vu – des langues de feu [2,3]. ‪Le premier don de l’Esprit Saint est le don de la parole dans différentes langues.

La scène passe rapidement de l’intérieur de la salle supérieure, où les disciples sont réunis, au dehors de la maison, dans les rues de Jérusalem. ‪L’Évangile attirait déjà de grandes foules. ‪Dans les rues, « les Juifs venus de toutes les nations qui sont sous le ciel de vie à Jérusalem [2,5] » confrontent l’Église, et leur réaction initiale était l’égarement [2,6]. ‪Les « langues » dont on parle sont en effet les différentes langues de « chaque nation sous le ciel », puisque chaque étranger s’écrie: « Nous avons entendu, chacun de nous, dans notre langue maternelle [2,8]. »

L’énumération par Luc des nations – Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, la Judée et de Cappadoce, le Pont et l’Asie, la Phrygie et de Pamphylie, l’Egypte et les parties de la Libye appartenant à Cyrène, et les visiteurs Juifs et prosélytes venus de Rome [2,9-10], affirme très clairement qu’aucune nationalité n’est exclue de la proclamation de la Bonne Nouvelle. ‪Dans ces quelques lignes, Luc nous donne une histoire en miniature, de l’ensemble de la narrative des Actes des Apôtres.

Spiritualité chrétienne authentique

Le chapitre 8 de l’épître de Paul aux Romains traite des éléments de la spiritualité authentique [vv. 8-17]. ‪Plaire à Dieu constitue le but de la vie humaine à la fois par les Juifs et les chrétiens, mais cet objectif ne peut être atteint par ceux qui sont dominés par eux-mêmes (« dans la chair »). ‪Afin de plaire à Dieu, il faut être « dans l’Esprit », vivant « selon l’Esprit » [8,5].

D’après Paul, le baptême chrétien n’est pas seulement « dans l’Esprit », mais l’Esprit demeure dès lors en lui ou elle. ‪Paul insiste sur le fait que l’attachement au Christ n’est possible que par la « spiritualisation » des êtres humains.

Cet attachement n’est pas une simple identification superficielle avec la cause du Christ, ou même une expression de gratitude en reconnaissance pour ce qu’il avait fait pour l’humanité. Au contraire, le chrétien qui appartient au Christ est le seul habilité à « vivre pour Dieu » par l’influence vivifiante de son Esprit.

Sans l’Esprit, source de vitalité chrétienne, le « corps » humain serait comparable à un cadavre en raison de l’influence du péché, mais en union avec le Christ l’« esprit » humain vit, car le Saint-Esprit ressuscite les morts à la vie. L’Esprit ne donne pas seulement une nouvelle vie mais il établit aussi pour les êtres humains la relation de fils et de fille adoptifs, et d’héritier. C’est l’Esprit qui anime et stimule le/la chrétien/chrétienne pour en faire un/une enfant de Dieu. Le thème de la filiation dans l’épître aux Romains évoque la tentative de Paul pour décrire le nouveau statut des chrétiens par rapport à Dieu. Les chrétiens ont reçu l’Esprit (du Christ ou de Dieu), mais ce n’est pas un « esprit » dans le sens d’une disposition ou une mentalité qu’aurait un esclave. Animés par l’Esprit de Dieu, le chrétien ne peut pas avoir l’attitude d’un esclave, car l’Esprit libère. À travers l’Esprit, le chrétien proclame que Dieu est Père.

La Pentecôte dans l’évangile de Jean

La scène de l’évangile d’aujourd’hui se déroule la nuit de la première fête de Pâques. Les apparitions de Jésus aux disciples, sans ou avec Thomas [Jean 11,16 ; 14,15], ont des parallèles dans les autres évangiles, et ce, uniquement pour Jean 20,19-23 ; cf. Luc 24,36-39 ; Marc 16,14-18. Dans Jean, la première apparition du Seigneur ressuscité à ses disciples est à la fois intense et ciblée [20,19-23]. C’est le soir et les portes étaient verrouillées. Soucieux, les disciples sont barricadés à l’intérieur. Un monde suspect, hostile est fermement forcé vers l’extérieur. Jésus manque à l’appel. Soudain, le Ressuscité défie les portes verrouillées, les cœurs scellés, et la vision distordue et apparaît, tout simplement.

La rencontre avec le Seigneur ressuscité dans le récit de Jean marque le début humble et puissant d’une nouvelle ère : la peur se transforme en joie, la douleur devient paix et confiance ; la fuite et la cachette deviennent courage et mission. La division et la haine sont vaincues par le don de l’Esprit Saint – par l`amour de Dieu révélé en Jésus et sa puissance pour enlever le mal et le péché.

Jésus qui « souffle sur eux », comme nous le rappelle Genèse 2,7, où Dieu souffla sur le premier homme et lui donna la vie ; tout comme la vie d’Adam est venue de Dieu, la nouvelle vie spirituelle des disciples provient de Jésus. Cette action rappelle également la revivification des os desséchés dans Ézéchiel 37. Telle est la version de la Pentecôte de l’évangéliste Jean.

« La paix soit avec vous » est le salut et le don du Seigneur ressuscité. Le mot hébreu « shalom » signifie rétablir le sens absolu des choses. La paix biblique n’est pas uniquement un pacte qui permet une vie paisible, ou indique le contraire d’un temps de guerre. La paix se réfère plutôt au bien-être de l’existence quotidienne, à son état de vivre en harmonie avec la nature, avec soi-même et avec Dieu. Concrètement, cette paix désigne la bénédiction, le repos, l’honneur, la richesse, la santé et la vie. Le don de la paix, que Jésus a confiée à ses premiers disciples, devient une promesse et une prière partagée avec la communauté chrétienne.

La mission et le pouvoir de Jésus sont confiés aux mains pauvres, limitées et fragiles de ses apôtres. A travers le travail de l’Esprit Saint cette même mission se poursuit en eux, les munissant du pouvoir de pardonner les péchés, offrant la possibilité de la réconciliation et de l’intimité avec le Père.

Courageux annonciateurs de l’Evangile

L’Esprit Saint renouvela les Apôtres de l’intérieur, les revêtant d’une force qui leur donnerait le courage de sortir et proclamer courageusement que « Christ est mort et est ressuscité ! » Des pêcheurs craintifs de Galilée étaient devenus de courageux annonciateurs de l’Evangile. Même leurs ennemis n’arrivaient pas à comprendre comment « des hommes ordinaires et non-instruits » [Actes 4,13] ont pu faire preuve d’un tel courage et supporter les difficultés, la souffrance et la persécution avec joie. Rien ne pouvait les restreindre. Pour ceux qui ont essayé de leur imposer le silence, ils répondaient : « Nous ne pouvons pas nous empêcher de parler de ce que nous avons vu et entendu » [Actes 4,20]. Voilà comment est née l’Église, et à partir du jour de la Pentecôte, elle n’a pas cessé de répandre la Bonne Nouvelle « jusqu’aux confins de la terre » [Actes 1,8].

A la Pentecôte, le sens intégral de la vie de Jésus et de son message est répandu dans nos cœurs par l’Esprit qui vit dans la communauté. Le mouvement de l’Esprit dans les gens se manifeste dans les dons et les talents. Ce mouvement n’arrive pas à sa fin dans les individus. Il est plutôt censé entraîné une réaction en chaîne pour que nos capacités uniques puissent promouvoir le bien commun. Les dons de l’Esprit sont nombreux : l’enseignement, l’instruction, la guérir, la consolation, le pardon, et l’encouragement. L’Esprit va multiplier nos dons jusqu’a ce que nous aimions Jésus et nos frères et sœurs, observions les commandements et partagions ce que nous avons reçu si généreusement et librement avec les autres.

L’espérance chrétienne : un don de l’Esprit

L’espérance chrétienne est l’une des vraies manifestations de l’Esprit à la Pentecôte. Pour un monde sans nuance où tout doit être dit en moins de 140 caractères, l’espoir signifie en général que nous nous faisons croire que tout va s’arranger. Nous utilisons le mot espoir à la légère et à un prix avantageux. Ce n’est pas l’espérance des chrétiens. Nous devons être des icônes de l’espoir, un peuple avec une nouvelle vision, un peuple qui apprend à voir le monde à travers les lentilles du Christ, de l’Esprit et de l’Eglise.

Le Concile Vatican II a encouragé les chrétiens à lire les signes des temps, et pour le pape Jean XXIII, ils étaient des signes d’espérance et une préfiguration de la présence du Royaume parmi nous. Le Royaume se manifeste à travers les dons de l’Esprit Saint : la sagesse, la compréhension, le conseil, le courage, la connaissance, la piété et la crainte du Seigneur. Et les fruits de l’Esprit rendent le Royaume palpable et l’on peut aussi en avoir en avant-goût : joie, paix, patience, bonté, bienveillance, souffrance prolongée, douceur, foi, modestie, continence, et chasteté.

Il est également possible de suivre une via negativa et dire où le Royaume n’est pas. Là où il n’y a ni justice, ni paix, partage, confiance mutuelle, ni pardon, il n’y a pas de royaume. Là où il y a rancune, jalousie, méfiance, haine, ignorance, indifférence, impudicité, cynisme, il n’y a pas de royaume, et certainement pas de vie.

En Dieu-même, tout est joie

Une deuxième manifestation de l’Esprit à la Pentecôte, c’est la joie. La Lettre apostolique du pape Paul VI en 1975 sur la joie chrétienne « Gaudete in Domino », décrit cette joie :

Que les membres agités de divers groupes rejettent donc les excès de la critique systématique et destructrice ! Sans perdre le point de vue réaliste, que les communautés chrétiennes deviennent des centres d’optimisme, où tous les membres résolument entreprennent de percevoir l’aspect positif des personnes et des événements. « L’amour ne se réjouit pas du mal mais se réjouit avec la vérité. Il n’y a pas de limite au fruit de l’amour, à sa confiance, son espérance, sa capacité à supporter.

La réalisation d’une telle perspective n’est pas seulement une question de psychologie. Elle est aussi un fruit de l’Esprit Saint. Cet Esprit, qui habite pleinement en la personne de Jésus, l’a rendu tant alerte aux joies de la vie quotidienne, tant délicate et persuasive pour remettre pécheurs sur la voie d’une nouvelle jeunesse de cœur et d’esprit ! C’est ce même Esprit qui a animé la Sainte Vierge et chacun des saints. C’est ce même Esprit qui continue à donner à tant de chrétiens la joie de vivre au jour le jour leur vocation particulière, dans la paix et l’espoir qui dépassent les échecs et les souffrances. C’est l’Esprit de Pentecôte qui, aujourd’hui, conduit de très nombreux adeptes du Christ sur les chemins de la prière, dans la joie de louange filiale, vers le service humble et joyeux des déshérités et de ceux qui se trouvent en marge de la société. Car la joie ne peut être dissociée du partage. En Dieu, tout est joie parce que tout est don.


(Image: Pentecôte par Jean Restout)

Le Concile de Jérusalem, le Défenseur et la stratégie pastorale

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Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour le 6e dimanche de Pâques C (25 avril 2016)

La première communauté de l’Église à Jérusalem n’existait pas sans problèmes ! À l’évidence, le chapitre 15 des Actes des Apôtres met en relief plusieurs de ses controverses. Lorsque quelques-uns des Pharisiens convertis de Jérusalem découvrent les résultats de la première journée de mission de Paul [Actes 15, 1-5], ils insistent pour que les Gentils apprennent à observer la loi mosaïque. Reconnaissant l’autorité de l’Église de Jérusalem, Paul et Barnabé visitent Jérusalem afin de régler la question concernant le droit des Gentils à pratiquer une forme de christianisme qui omet cette obligation. Le « Concile de Jérusalem » [Actes 15, 1-35] marque le rejet officiel de cette vue rigide qui obligeait les Gentils à observer la loi mosaïque de manière stricte. De ce passage jusqu’à la fin du Livre des Actes, le texte de Luc se concentre sur Paul et la mission de Gentils.

Une des premières controverses majeures de l’Église

Si les Gentils sont invités à être chrétiens, ceci impliquerait-t-il qu’ils devront suivre les coutumes des Juifs convertis au christianisme ? Cela pourrait être interprété par l’imposition de règles correspondantes, comme la circoncision, les restrictions diététiques, et celles concernant le mariage. La scène de notre première lecture d’aujourd’hui présente d’une part, l’une des premières grandes controverses de l’Église paléochrétienne, et d’autre part, nous donne d’excellentes introspectives sur notre propre compréhension de la tradition, de la continuité, et de la résolution des conflits au sein de l’Église.

Dans la lecture du livre des Actes, il y a mention de quelques membres de l’Église de Jérusalem qui tentaient d’insister sur la circoncision comme procédé nécessaire pour le salut dans l’Église d’Antioche. Le problème classique de la première Église tournait autour de la nécessité de la loi mosaïque en tant qu’instrument de salut. Ayant été circoncis au huitième jour de sa naissance, Jésus y avait en effet parfaitement adhéré [Luc 2, 21], et n’annula jamais la force de la loi mosaïque. En effet, il affirme clairement : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » [Mathieu 5, 17]. Toutefois, Pierre, porté par l’inspiration du centurion romain de Cornelius, avait baptisé la maison de Dieu sans avoir recours à la circoncision.

Les Apôtres et les pères de l’Église s’étaient réunis pour la délibération et conclurent, conformément à la position de l’Église Mère à Jérusalem, que ni les lois mosaïques ni les multiples traditions des rabbins ne sont nécessaires. Par courtoisie aux traditions des nouveaux convertis, ces derniers étaient dispensés de faire part du sang, de mariages liés par certains liens de sang, ou des pratiques liées aux animaux étranglés, et ce pour ladite raison.

L’Esprit Saint n’est pas limité par la tradition et l’histoire

C’est ainsi que le Concile de Jérusalem avait réglé une question doctrinale sur la circoncision et la loi mosaïque, cependant de manière à sauvegarder la paix. Ce procédé sert de paradigme à suivre aujourd’hui pour aborder les questions de la tradition, de la continuité et du conflit. Les apôtres Pierre et Paul expriment un respect remarquable pour la manifestation de l’Esprit Saint dans la vie des personnes et des situations ordinaires. Même lorsque l’Esprit semblait anéantir les traditions sacrées qui existaient depuis des siècles, Pierre et Paul savaient que le Saint Esprit ne se limitait ni à la tradition, ni à l’histoire.

Ni Pierre ni Paul ne manquaient d’audace pour présenter leurs cas et leurs questions aux prélats qui étaient à la tête de l’Église. C’est à travers la prière, le jeûne, la consultation, et le suffrage que les décisions sont prises. En tout état de cause, la toile de fond de tout cela consiste à préserver la paix quel que soit le coût, sans toutefois compromettre les principes et les droits de l’Homme. Après tout, le cadeau d’adieu de Jésus est la paix, et non pas la division et le désaccord. Nos jugements et décisions doivent nous guider et guider notre postérité à accomplir notre but ultime, qu’est la Nouvelle Jérusalem terrestre, le règne de la justice, de la paix et de la joie parmi nous. [Read more…]