Cultiver l’ouverture à la vie

Une réflexion pour ceux et celles qui marchent pour la vie

De milliers de Canadiens vont se rencontrer de nouveau à Ottawa cette semaine pour « La Marche pour la Vie » en défense des êtres humains qui ne sont pas encore nés.  Être « pro-vie » de manière active c’est contribuer au renouvellement de la société à travers la promotion du bien. Il est impossible de répandre le bien commun sans toutefois affirmer et défendre le droit à la vie, droit sur lequel reposent et se fondent tous les droits inaliénables des individus et à partir duquel ils se développent. La vraie paix ne peut exister que lorsque la vie est défendue et promue.

L’avortement est, sans aucun doute, la blessure la plus grave infligée, non seulement sur les individus et leurs familles – qui sont sensées procurer un sanctuaire à la vie, mais aussi sur les sociétés et leur culture, par les mêmes personnes qui devraient être les agents promoteurs et les défenseurs de la société.  Pour ceux et celles qui disent que l’avortement est un gage de progrès pour la femme, un acquis ou un droit inaliénable, rien n’est plus faux.
 
Le centre du vrai développement

Dans son encyclique, Caritas in Veritate (La vérité dans la charité), le pape Benoît XVI vise clairement la dignité et le respect pour la vie humaine (#28):
L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement. Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent. L’accueil de la vie trempe les énergies morales et nous rend capables de nous aider mutuellement. En cultivant l’ouverture à la vie, les peuples riches peuvent mieux percevoir les besoins de ceux qui sont pauvres, éviter d’employer d’importantes ressources économiques et intellectuelles pour satisfaire les désirs égoïstes de leurs citoyens et promouvoir, en revanche, des actions bénéfiques en vue d’une production moralement saine et solidaire, dans le respect du droit fondamental de tout peuple et de toute personne à la vie.
L’autre grand défi

Nous ne pouvons ignorer l’autre grand défi qu’affronte l’humanité aujourd’hui – la question sérieuse de la mort par compassion, que d’aucuns appellent parfois euthanasie, qui n’est plus présente dans des cas abstraits et des théories. Cette question concerne les gens ordinaires et est débattue, non seulement au Congrès, au Sénat ou au Parlement, mais aussi à table et dans les milieux scolaires. Les populations vieillissantes, notamment en Occident et les forces actives qui en résultent, sont désormais en train de créer une force qui propulse le marché vers l’euthanasie. Le Bienheureux Jean Paul II écrivait : « Le droit de mourir cèdera inévitablement au devoir de mourir. » La question touche l’essence de ce que l’on est et ce que l’on croit. L’euthanasie doit être appelée compassion erronée et mal-conseillée. La vraie compassion mène au partage de la souffrance de l’autre, et non pas à tuer la personne dont la souffrance nous est insupportable.
 
Icône vivante de l’Evangelium Vitae

Si pénible qu’ait pu devenir pour lui sa propre vie, le pape Jean-Paul II nous a enseigné que la vie est sacrée. Plutôt que de cacher ses infirmités, comme le font la plupart des personnalités choyées du public, le pape Jean-Paul II a laissé le monde entier voir ce qui lui arrivait.  Karol Wojtyla fut lui-même un témoin extraordinaire pour la vie, une icone vivante de l’Evangelium Vitae!  Par son dévouement, ses efforts héroïques, ses longues souffrances et sa mort, il a transmis la force du message de l’Évangile aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui.  Il nous apprenait à ne pas avoir peur. Il nous montrait à vivre, à aimer, à pardonner et à mourir. Il nous a enseigné à embrasser la croix aux heures les plus douloureuses de l’existence, en sachant que la croix n’est pas le dernier mot de Dieu.
Que ce nouveau Bienheureux intercède pour nous et pour tous ceux et celles qui souffrent dans leur corps et leur esprit. Puisse l’exemple de Jean-Paul II nous donner le désir, la force et le courage de protéger, défendre et promouvoir la dignité de la vie humaine.

Discours de Mgr. Yousif Habash, Evêque syro-catholique des Etats-Unis et du Canada

Vigile pour commémorer  les victimes Chrétiennes d’Irak

Cathédrale St. Michael, Archidiocèse de Toronto

11 novembre, 2010


Discours de Mgr. Yousif Habash, Evêque syro-catholique des Etats-Unis et du Canada – [traduction de l’arabe par – Rita Sawaya] Prayer Vigil for Victims of the Middle East

Et maintenant, j’adresse ce discours à mon peuple bien-aimé, à mon peuple dans le cher et bien aimé Irak.

Je salue la précieuse Bagdad.  Je baise le sol de l’Irak.  Je me purifie avec l’eau pure de Dijlah (le Tigre) et la rivière abondante paradisiaque de Fourat (l’Euphrate). Je salue les irakiens de Zakho (dans le Nord) à FAO (dans le Sud).
Je salue chaque homme irakien et femme irakienne, les souffrants et les désespérés. Je vous demande mon peuple bien-aimé, je vous demande au nom de l’Irak, ensemble de rejeter la haine et la violence, car la haine et la violence n’aboutissent à rien d’autre qu’à la souffrance.
Arrêtons les souffrances!
Mon cher peuple irakien, apprenons ensemble l’abécédaire de la miséricorde et du pardon.
Nous qui avons été appelés les enfants de la foi, les enfants d’Abraham, nous, les enfants de la terre des messages divins, de la terre des civilisations. [Read more…]

La totale pour le cardinal…

Le cardinal Turcotte et Edgar Fruitier à TLMEPVenu présenter le coffret des Grands classiques d’Edgar sur la musique sacrée, le cardinal Jean-Claude Turcotte s’attendait sûrement à quelques questions classiques de la part de gens qui croient que l’Église vit encore en 1950. Et il a eu la totale… le « mariage des prêtres, » la place des femmes, l’homosexualité, l’avortement… tout y est passé. Et notre éminence s’en est très bien tiré, surtout lorsque l’on sait que le bloc d’une quinzaine de minutes diffusé hier est un montage d’une entrevue qui a probablement durée le triple – ce qui est à peu près la règle. Il était un peu triste que l’on se serve de questions à M. Fruitier pour ensuite poser la question voulue au cardinal du genre: «M. Fruitier, quelle est la meilleure musique pour un mariage? (…) Parlant de mariage Mgr Turcotte…»

On reprochera au cardinal Turcotte de n’avoir rien dit de nouveau… ce fut bien difficile avec la cassette du Québécois libéré qui jouait à fond. Pourtant, l’archevêque de Montréal est parvenu a laisser un message d’amour et d’ouverture, celui que le Seigneur a apporté. Ce fut le cas lorsque le cardinal a parlé de toutes les oeuvres de charité, à Montréal et ailleurs, qui ont été fondées ou dans lesquelles sont impliquées des personnes de foi.

Quelques répliques de notre éminence ont pu rallier la foule: «Je reconnais que la religion catholique a des progrès à faire de ce côté-là [sur la place des femmes en Église ndlr]. On s’y emploie, mais c’est une grosse institution», admettait le cardinal avant de se tourner vers Guy A. Lepage et lancer: «Oui, l’église a beaucoup changé. Il faudrait peut-être sortir un peu pis y aller de temps en temps pour voir!»

Le cardinal Turcotte savait bien ce qui l’attendait. Il avait d’ailleurs dit à quel point il avait de la difficulté avec les médias qui cherchaient simplement la confrontation et le punch, lors de l’émission Témoin avec le père Thomas Rosica.

Le prétexte du coffret d’Edgar était certainement l’occasion idéale pour que notre éminence de Montréal accepte de participer à la ‘grand mess’ de la télé québécoise. C’est fait. L’excellent coffret de musique sacrée d’Edgar Fruitier se retrouvera sous bien des sapins de Noël et nos cardinaux recueilleront une petite redevance qui ira à leurs oeuvres. Puissent ces hymnes et ces morceaux de musique sacrés élever les âmes de tous ceux et celles qui l’écouteront.

« Voulez-vous partir, vous aussi? »

Réflexion biblique pour le 21e dimanche du temps ordinaire B

Dans l’évangile de ce dimanche (Jean 6, 60-69), nous entendons les diverses réactions des disciples au discours de Jésus entendu au cours des dernières semaines: le discours sur le Pain de vie.  Jésus offre du pain, mais ce pain n’est pas comme la manne que Dieu a donnée au peuple au désert; ce pain, c’est lui-même, sa vie même, et ceux qui en mangent « vivront éternellement. » Comme c’est souvent le cas dans l’évangile de Jean, des mots simples comme pain et vie débordent de sens théologique. Des siècles de théologie de l’eucharistie et de réflexions nous offrent une clé pour comprendre ces mots. Il faut toutefois savoir que ces paroles, prononcées à l’origine, ont causé bien des maux de tête et ont probablement offensé certaines gens. Saisissant bien l’humeur de son auditoire, Jésus dit : « Cela vous heurte? »

Le défi lancé par Jésus marque un point tournant du quatrième évangile. Non seulement nous dit-on que l’un de ceux qui suivaient Jésus allait le trahir, on apprend également que « beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. » Le groupe devient plus petit alors que les enjeux deviennent plus importants. Malgré l’explication de Jésus, certain choisissent de s’en aller et ainsi révoquent leur loyauté. Jean se sert ici du mot disciples  pour ceux qui tournent leur dos. Ceux-ci n’étaient pas que de simples auditeurs de Jésus : ils étaient des disciples qui le connaissaient et étaient, fort probablement, connus de lui.

« Voulez-vous partir, vous aussi? »

Alors Jésus appelle les Douze et leur lance directement la question : « Voulez-vous partir, vous aussi? » Pierre agit ici comme porte-parole, comme il le fait dans les autres évangiles: « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Bien que les paroles soient différentes, cet échange est pareil à la confession de Pierre à Césarée de Philippe. À cet endroit, Jésus demande: « Pour vous, qui suis-je? » – ce à quoi Pierre répond : « Tu es le Messie » (Marc 8, 27-30). Dans les deux cas, le miracle de la multiplication sert de toile de fond à la question cruciale : qui est vraiment Jésus? [Read more…]

Deux ans après le retour vers Dieu du Cardinal Lustiger

 

Le 5 août 2009 marque le 2e anniversaire du rappel à Dieu du Cardinal Jean-Marie-Lustiger. En mission à Paris au printemps 2009, j’ai eu la chance de poser quelques questions au Cardinal André Vingt-Trois, actuel archevêque de Paris, ‘fils spirituel’ du Cardinal Lustiger, à propos de l’héritage de son prédécesseur. L’entretien a eu lieu dans les studios de KTO à Paris.