Le Cardinal et la charte

Gerald

 

Dimanche matin, le cardinal désigné Gérald Cyprien Lacroix se réveillait, comme nous tous, en apprenant la bonne nouvelle de sa création comme Cardinal par le Pape François. Cette nomination n’était toutefois pas totalement imprévisible, compte tenu de la tradition du Diocèse de Québec d’être un « siège cardinalice ». Une chose est sûre, la nouvelle tombait à point puisque la belle province avait désespérément besoin d’une voix forte pour l’aider à faire face aux défis actuels. La forte présence de journalistes lors de la conférence de presse donnée à Québec, lundi dernier, manifeste un changement et même un tournant dans le traitement médiatique du désormais Cardinal Lacroix. En effet, les médias se sont d’emblée concentrés sur son attitude générale, son « style pastoral » et ses opinions sur les grands sujets d’actualité. À cette occasion, l’opinion de son Excellence (bientôt « Éminence ») sur la question de la Charte du Parti Québécois a pris une large place. De fait, l’Église joue toujours un rôle important dans la société québécoise. En ce sens, les journalistes ont perçu que le cardinalat de Mgr Lacroix sera une voix privilégiée pour connaître l’avis de l’Église sur les sujets de société. Le contenu même des questions posées manifeste cette prise de conscience. En effet, on pouvait sentir qu’ils s’interrogeaient sur le type d’interlocuteur auquel ils ont et auront affaire. Comme s’ils avaient conscience que cette nomination allait les obliger, dans un avenir rapproché, à côtoyer davantage l’homme d’Église. Ainsi, même s’ils n’osent peut-être pas se l’avouer, les journalistes ont conscience de ce que Michael Coren affirme lorsqu’il dit que « la foi importe » (« Faith Matters ») !

Le Cardinal Lacroix s’est adonné à cet exercice rhétorique en prenant bien soin d’éviter les tentatives de certains journalistes de transformer la nouvelle en une simple polémique. La manière dont il a répondu aux questions « pièges » manifeste plusieurs attitudes pastorales qui s’apparentent « étrangement » à celles du Pape François. Il ne s’en cache d’ailleurs pas du tout en ce qu’il a même procédé à la lecture de la lettre du Pape aux nouveaux cardinaux et en y revenant lorsque le besoin s’en fit sentir. Par exemple, lorsqu’une journaliste lui a posé la question de sa « rapide ascension » il a répondu en citant le Pape François qui faisait appel aux vertus de service et d’humilité auxquelles les cardinaux sont tenus. Cela nous révèle l’attitude pastorale du pape François et de Mgr Lacroix qui possèdent toutes les caractéristiques d’une bonne stratégie de communication. En cela, bien qu’il ne soit pas un « scholar » comme il le dit lui-même, Mgr Lacroix pourrait se voir décerner un doctorat honoris causa d’une faculté de communication!

Sans nier les vérités et les vertus aujourd’hui mal comprises de la morale catholique, le Cardinal Lacroix a bien mis en pratique l’affirmation suivante du Pape François : « quand on assume un objectif pastoral et un style missionnaire, qui réellement arrivent à tous sans exceptions ni exclusions, l’annonce se concentre sur l’essentiel, sur ce qui est plus beau, plus grand, plus attirant et en même temps plus nécessaire »[1]. Comme le Cardinal Lacroix le disait dans sa conférence de presse du 17 janvier : « le Pape est fidèle aux enseignements de l’Église, n’attendez jamais une annonce disant que l’Église est pour l’euthanasie ou l’avortement, mais il préfère commencer par essayer d’ouvrir leurs cœurs, d’être inclusif envers tous et de faire sentir au monde qu’il est aimé de Dieu »[2]. Le Québec et certaines élites ordinairement hostiles à l’Église et son enseignement sont-elles prêtes à s’engager d’une manière respectueuse dans un dialogue avec l’Église ? Espérons que le ton et l’ouverture de notre nouveau Cardinal aident à briser les remparts qui bloquent l’accès du Christ au cœur des québécois.


[1] Pape François, Evangelii gaudium, no 35.

Pape François : six mois de pontificat

Pope arrives to lead general audience in St. Peter's Square at VaticanLes cardinaux sont venus le chercher « au bout du monde ». Une première dans l’histoire de l’Église, car jamais auparavant le siège de Pierre n’avait été occupé par un sud-américain. Ni même par un jésuite. C’est donc un profil « atypique »  qui est à la tête de l’Église depuis le 13 mars dernier. Et en six mois le pape François semble être parvenu à s’imposer. Il n’a pas peur de dire « Non », il casse allègrement le protocole, sans vergogne. Par ses gestes et par ses paroles le nouveau Pontife ne cesse de surprendre. La rédactrice en chef de la section française de Radio Vatican dira même qu’il crée un « véritable séisme », qui « secoue les catholiques, mais aussi les médias et l’opinion publique ». Loin de l’image traditionnelle que l’on se fait d’un souverain pontife, le pape François  reste un peu le cardinal Bergoglio, celui de Buenos Aires, le « bon pasteur ». Se mêlant ainsi aux foules, embrassant les malades, lavant les pieds des prisonniers, rencontrant les réfugiés, visitant les toxicomanes. Il se laisse volontiers prendre en photo, décroche son téléphone pour répondre à des lettres, et désormais, se déplace même en 4L.

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Vivre à Dieu seul

En cette fête de St Benoît, voici l’hymne composée par S. Marie-Pierre pour vivre cette journée d’été en communion avec la famille bénédictine.
Bonne méditation

Vivre à Dieu seul
Et se tenir en sa présence,
Tout quitter pour atteindre la paix,
Choisir le silence
Pour saisir la Parole,
Pour être ce disciple aux aguets
D’un mot, d’un ordre…

Fuir au désert,
Mais rassembler dans la louange,
Consentir à toujours commencer,
Traduire en patience
Le désir du Royaume,
Pouvoir être trahi sans cesser
De croire aux hommes…

Voir l’univers
À sa mesure véritable,
L’univers comme un point lumineux,
Léger grain de sable
Que l’amour transfigure,
Savoir que toute chose est en Dieu
Précieuse et pure…

Craindre sans peur,
Dans l’abandon de tout son être,
N’avoir rien de plus cher que le Christ,
Servir le seul Maître
Dont le joug rende libre :
Ainsi, dans la douceur de l’Esprit,
Benoît se livre.
CFC (s. Marie-Pierre)

Audiences du pape François

– Audience avec les délégués fraternels
Le pape François reçoit en audience les représentants des autres Eglises chrétiennes, notamment le patriarche de Constantinople Bartholomé Ier.

Mercredi 20 mars

En direct 6h

Rediffusion

en Français 10h et 17h30

En Anglais 9h ; 14h ; 21h ; 1h du matin

– Audience avec le corps diplomatique
Le pape François reçoit en audience le Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège.

Vendredi 22 mars:

en Français 10h et 17h30

En Anglais 9h ; 12h30 ; 20h30 ; minuit

Interview de Mgr Richard Smith, président de la CECC

A Rome, Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton, président de la CECC a accordé une entrevue à Charles Le Bourgeois sur les premiers moments qui ont suivi l’élection du pape François. Rediffusion ce soir à 20h45, 22h15

La gloire cachée du Mont Thabor



Réflexion biblique pour le deuxième dimanche de Carême C

L’évangile d’aujourd’hui nous présente la Transfiguration du Seigneur, l’une des plus mystérieuses et impressionnantes visions du Nouveau Testament qui nous soient racontées dans les synoptiques (Marc 9, 2-8; Matthieu 17, 1-8; Luc 9, 28-36). La version de Luc de la Transfiguration se trouve au chapitre 9 à la suite de plusieurs épisodes centrés sur l’identité de Jésus. Le chapitre entier est consacré à la question d’Hérode (9, 9) « Mais qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? ». Dans les chapitres suivants, Luc donne au lecteur différentes réponses. Jésus est l’unique dans lequel la puissance de Dieu est présente et qui pourvoit aux besoins du peuple de Dieu (9, 18-21). Pierre le déclare « Le Messie de Dieu ». Jésus dit qu’il est le Fils de l’Homme souffrant (22, 43-45). Jésus est le Maître qui est à suivre, même jusqu’à la mort (9, 23-27). Finalement, Jésus est le Fils de Dieu, son élu (9, 28-36) révélé dans cette scène majestueuse de la Transfiguration.

Luc comme Matthieu et Marc met ce récit immédiatement après la première annonce de la passion, une place qui donne à la Transfiguration une importance stratégique parallèle à celle du baptême de Jésus (3,21-22). Après s’être soumis au baptême et avant de commencer son ministère public, Jésus a reçu la confirmation venant du ciel qu’il est le Fils de Dieu. Située très vite après la première annonce de la passion, de la mort et résurrection, la scène de la Transfiguration de Jésus fournit la confirmation céleste de la déclaration de Jésus au sujet de sa passion qui se terminera dans la gloire (9, 32).

Les six jours, la haute montagne, la lumière irradiant de son visage, et le nuage se trouvent aussi dans le récit de Moïse au Mont Sinaï. (Exode 19, 16; 24, 15-18; 34, 29-35). Dans Luc, la “montagne” est le lieu habituel de prière (cf.  6,12; 22, 39-41). Élie et Moïse représentent l’Ancien Testament, la Loi et les Prophètes. Selon la tradition juive, ils ne meurent pas mais vont directement au ciel. Les « Tabernacles » ou tentes font référence au Festival des Cabanes, des Tentes. Luc qualifie cette rencontre au sommet « d’exode, de départ » (v. 31) de Jésus, une référence à sa mort, sa résurrection et son ascension qui se situeront à Jérusalem, la ville de son destin (9, 51). La mention de départ rappelle l’exode des israélites d’Égypte vers la terre Promise. À la fin de cet épisode, la voix céleste, dont les paroles sont semblables à celles du baptême de Jésus, l’identifie à celui qui doit être écouté (9, 35). [Read more…]

« La seule chose dont vous avez besoin: une étoile et un cœur pur »


Solennité de l’Epiphanie – 6 janvier 2013

Le terme épiphanie signifie «montrer», «faire connaître» ou «révéler». La fête de l’Épiphanie tire son origine de l’Église d’Orient. À Jérusalem, près de Bethléem, la fête avait une référence spéciale à la Nativité. Aujourd’hui, dans les églises orthodoxes d’Orient, cette fête porte surtout sur le rayonnement et la révélation de Jésus-Christ comme Messie et seconde personne de la Sainte Trinité, au moment de son baptême. Habituellement appelée Fête de la Théophanie, elle est l’une des grandes fêtes de l’année liturgique. «Théophanie» vient du grec et signifie «Dieu resplendissant. »

L’Épiphanie en Occident

L’Occident a pris cette fête orientale de janvier, conservant toutes ses caractéristiques principales, mais en attachant une importance prépondérante, avec le temps, à la visite des rois mages qui apportent des présents et visitent l’enfant Jésus, et donc «révèlent» Jésus au monde en tant que Seigneur et Roi. La fête est observée comme un temps pour se concentrer sur la mission de l’Église ad gentes en « montrant » que Jésus est le Sauveur de tous les peuples. Le futur rejet de Jésus par Israël et son acceptation par les païens sont mis en lumière dans cette scène du récit de Matthieu.

Les détails particuliers de Matthieu

Le roi Hérode a régné de l’an 37 à 4 avant notre ère. « Mages » étaient une désignation de la caste sacerdotale perse et le mot a été par la suite utilisé pour désigner ceux considérés comme ayant des connaissances dépassant le savoir humain. Les Mages de Matthieu sont des astrologues. Quant à l’étoile dans le récit, elle correspond à une ancienne croyance commune qui veut qu’une nouvelle étoile apparaisse au moment de la naissance du souverain. Matthieu s’appuie aussi sur le récit de Balaam dans l’Ancien Testament, qui avait prophétisé qu’«une étoile se lève, issue de Jacob» [Nombres 24,17], bien que dans ce cas l’étoile ne signifie pas un phénomène astral, mais le roi lui-même. [Read more…]

Marie: modèle et paradigme de la croyance des chrétiens


Solennité de Marie, Mère de Dieu – Année C 

Le Nouvel An chrétien est célébré le 1er janvier, une semaine après la célébration de la naissance de Jésus. Le 1er janvier est qualifié de diverses manières qui révèlent divers aspects de la nature de la fête. Tout d’abord, le Nouvel an chrétien se trouve dans l’octave de Noël [i.e. 8 jours après la naissance de Jésus.] Avant la réforme liturgique du Concile Vatican II [1962-1965], la fête de la Circoncision de Jésus ou de l’attribution du nom de Jésus [Saint Nom de Jésus] a été célébrée à cette date pour commémorer le récit évangélique de la circoncision de Jésus selon les prescriptions rituelles de la loi mosaïque, faisant ainsi officiellement de lui un membre du peuple de l’alliance: « Quand arriva le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. » [Lc 2, 21-24]

Suite au renouvellement liturgique du Concile Vatican II, le 1er janvier est aussi connu comme la Solennité de Marie, la Mère du Seigneur, et a également été désigné Journée mondiale de prière pour la paix.

Nous pouvons nous demander souvent si en accumulant tant de significations différentes, les gens ne portent plus attention au Jour de l’An comme une fête religieuse.

N’est-il pas vrai non plus que l’atmosphère de réjouissances attachée à la veille du Jour de l’An ne laisse pratiquement personne avec l’énergie, le désir ou la volonté de considérer le Nouvel An comme une fête religieuse? Examinons quelques-uns des fondements bibliques pour les différentes significations rattachées au nouvel an chrétien.

Fête de la circoncision et attribution du nom de Jésus

Dans l’Antiquité et dans les Écritures, il est commun de croire que le nom donné à une personne n’est pas seulement un label, une étiquette, mais révèle aussi une partie de la personnalité de celui qui le porte. Le nom porte la volonté et le pouvoir. Jésus de Nazareth est né à Bethléem de parents juifs [Matthieu 1-2; Luc 1-2]. Lors de sa conception, un ange a affirmé que son nom serait « Jésus ». L’hébreu et l’araméen du nom « Yeshua » [Jésus] est une forme tardive de l’hébreu « Yehoshua » ou Josué. C’était un nom très commun dans le Nouveau Testament. La signification du nom est «Le Seigneur est le salut», et on y fait allusion dans Matthieu 1, 21 et Luc 2,21.

Dans les Écritures, « Yeshua » fait référence au Sauveur et fut l’un des moyens pour les chrétiens de nommer et d’identifier Jésus. Le grec Christos traduit l’hébreu Mashiah, «oint», par ce nom, les chrétiens affirmaient que Jésus était le Messie. Dans le Nouveau Testament, le nom, la personne et l’œuvre de Dieu sont indissociablement liés à ceux de Jésus-Christ. Les vrais disciples de Jésus doivent prier en son nom [Jean 14,13-14]. Dans Jean 2, 23,  croire au nom de Jésus signifie croire en lui comme le Christ, le Fils de Dieu [3,18]. Le nom de Jésus est puissant seulement là où il y a la foi et l’obéissance [Marc 9, 38-39]. Croire au saint nom de Jésus mène à la confession de ce nom [Hébreux 13,15]. Faire appel à ce nom est le salut.

Solennité de Marie, Mère du Seigneur

La deuxième personne qui est célébrée et honorée à l’occasion du Nouvel An chrétien est la mère de Jésus. Cette jeune femme d’origine juive a pris sur elle la responsabilité entière du mot «oui» à un visiteur mystérieux lors de l’Annonciation. Par sa réponse, elle a brisé les frontières culturelles et religieuses de son temps, manifestant foi et grand courage. Elle a littéralement apporté le ciel sur terre. Marie de Nazareth a vécu ces événements et leur sens, montrant toujours la capacité d’interpréter le fil conducteur de toute sa vie en se rappelant à l’esprit des paroles et des événements.

«Marie» vient de l’hébreu « Miriam » dont l’étymologie est probablement du mot égyptien qui signifie «bien-aimée». Elle est le disciple par excellence qui nous introduit à la bonté et à l’humanité de Dieu. Le fait qu’elle soit femme n’est pas en soi un signe de salut, mais il est significatif de la façon et de la manière dont le salut arrive. Il n’y a de salut en aucun autre nom que celui de l’homme Jésus, mais à travers cette femme, Marie, nous avons l’assentiment de l’humanité au salut. C’est ainsi que nous pouvons parler d’une réalisation féminine de salut de Dieu.

Aujourd’hui, nous célébrons la Sainte Mère de Dieu, qui est un modèle pour tous les croyants. Je ne peux pas m’empêcher de rappeler les fortes paroles de l’évêque anglican N.T. Wright, de Durham, en Angleterre, lors du Synode sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église en 2008. Mgr Wright, l’un des délégués fraternels nommés par le Pape au Synode, a évoqué les quatre grands moments de la vie de Marie, avec quatre mots: Fiat, Magnificat, Conservabat et Stabat. Grâce à son «fiat», Marie a donné son assentiment à la Parole de Dieu avec son esprit. Grâce à son «Magnificat», la vierge de Nazareth révèle sa force et son courage. Marie a médité et gardé la Parole de Dieu dans son cœur: « conservabat. » Sa fidélité à la fin est décrite par le mot «stabat » alors qu’elle se trouvait au pied de la Croix et attendait patiemment dans son âme l’accomplissement de la prophétie de Siméon et l’expérience de la nouvelle, de l’inattendue révélation qui sauve, encore et toujours.

Dieu appelle chacun de nous à travers l’Écriture d’un amour parfait et de grâce, et la réponse de l’esprit docile est « fiat »:«Qu’il me soit fait selon ta parole». Nous célébrons nous aussi, avec nos forces, la pertinence de la parole à de nouvelles situations personnelles et surtout politiques: « magnificat ». Puis nous laissons monter dans notre cœur ce que nous avons vu et entendu: «conservabat. » Mais l’Écriture nous dit que Marie, elle aussi, a dû apprendre des choses difficiles: elle voulait contrôler son fils, mais ne le pouvait pas. Son âme est percée par l’épée, comme elle est « stabat » au pied de la croix. Nous aussi nous devons attendre patiemment, en laissant la Parole écrite nous dire des choses inattendues, voire désagréables, mais porteuses de salut. Nous avons lu avec humilité, confiant en Dieu et attendant de voir ce que signifie sa volonté. Marie est vraiment un modèle et le paradigme de la croyance des chrétiens.

Journée mondiale de prière pour la paix

Le plus récent «thème» rattaché au Nouvel An chrétien a été la « Journée mondiale de prière pour la paix». La Journée mondiale de la Paix fut lancée par l’Église sous le pape Paul VI en 1967. Les chrétiens sont invités à entamer une nouvelle année en priant pour la paix. Le message de Benoît XVI pour la célébration de la quarante-troisième Journée mondiale de la Paix a été rendu public il ya quelques semaines et a pour thème: «Si tu veux construire la paix, protège la création », un jeu de mot délibéré sur les célèbres paroles de Paul VI «Si tu veux la paix, travaille pour la justice. »

Dans son message, le pape Benoît XVI présente «une vision cosmique de la paix » une paix qui « vient à propos dans un état d’harmonie entre Dieu, l’humanité et la création. Dans cette perspective, la dégradation de l’environnement est une expression non seulement d’une rupture de  l’harmonie entre l’humanité et la création, mais d’une profonde détérioration de l’unité entre l’humanité et Dieu. »

Benoît XVI s’est déjà taillé une réputation en tant que pape «vert» en raison de ses appels répétés pour une meilleure protection de l’environnement. Le langage du Pape dans le message de cette année est d’ailleurs assez énergique.

Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales?

Comment négliger le phénomène grandissant de ce qu’on appelle les «réfugiés de l’environnement»: ces personnes qui, à cause de la dégradation de l’environnement où elles vivent, doivent l’abandonner – souvent en même temps que leurs biens – pour affronter les dangers et les inconnues d’un déplacement forcé? Comment ne pas réagir face aux conflits réels et potentiels liés à l’accès aux ressources naturelles? Toutes ces questions ont un profond impact sur l’exercice des droits humains, comme par exemple le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé, au développement.

Benoît XVI met l’accent sur une vision du cosmos comme un don de Dieu que les êtres humains ont l’obligation de «soigner et de cultiver. » Le Pape a appelé à «une révision profonde et clairvoyante du modèle de développement», fondée non seulement sur les besoins actuels «des êtres vivants, humains et non humains», mais ceux des générations à venir.

En même temps, Benoît XVI a insisté sur le fait que la protection de l’environnement est «le devoir de chaque personne», celui qui exige des changements dans les habitudes et attitudes personnelles. Benoît XVI a appelé à «de nouveaux styles de vie», fondés non pas uniquement sur la logique de la consommation, mais aussi sur la sobriété, la solidarité, ainsi que la prudence

« C’est pour cette raison qu’il est indispensable que l’humanité renouvelle et renforce «l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le miroir de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons». Nos crises actuelles … sont des crises aussi morales, et toutes sont inter reliées. Elles nous obligent à repenser le chemin que nous parcourons ensemble. Aujourd’hui, alors que nous célébrons la Mère du Seigneur qui réconcilie les nombreux sens donnés à la fête d’aujourd’hui, faisons-nous l’écho des paroles du saint Basile le Grand, dont la fête suit immédiatement la célébration d’aujourd’hui [2 janvier] :

Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, chantons avec les anges : « Il nous est né aujourd’hui un sauveur qui est le Christ Seigneur ;
le Seigneur Dieu qui nous est apparu…
Non pas sous la forme divine, afin de nous effrayer dans notre faiblesse, mais sous la forme d’un Serviteur, afin qu’Il puisse libérer se qui avait été réduit à la servitude …
Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, chantons avec les anges : « Il nous est né aujourd’hui un sauveur qui est le Christ Seigneur ;
le Seigneur Dieu qui nous est apparu…
Non pas sous la forme divine, afin de nous effrayer dans notre faiblesse,
mais sous la forme d’un Serviteur, afin qu’Il puisse libérer
se qui avait été réduit à la servitude

« Paroles faites chair, volume 3, année C » sera publié par la Conférence des Evêques catholiques du Canada dans le courant de l’année 2013.  Il est toujours possible de commander votre exemplaire de « Paroles faites chair, volume 2, année B », pour cela visitez notre boutique sur le site seletlumieretv.org/boutique. Pour recevoir le recueil de l’année C, veuillez-vous inscrire sur notre lettre d’infos qui vous annoncera la sortie de ces réflexions sur l’Année C. seletlumieretv.org/sabonner

The Priests: ce soir 20h diffusion en direct du concert Venite Adoremus 2012

Ce soir 20h diffusion en direct sur notre site du concert Venite Adoremus avec le groupe The Priests
pour inaugurer le 10e anniversaire de Télévision Sel et Lumière.

Les personnes qui ne peuvent pas se rendre à Toronto pourront ainsi profiter de ce spectacle inoubliable.

Ceux qui veillent dans l’attente du Christ


Réflexion biblique pour le premier dimanche de l’Avent C
2 décembre 2012

Nous avons parfois l’impression que le monde s’écroule autour de nous. Nos problèmes nous paraissent insurmontables. Lorsque je me trouve dans cet état,  je me remémore avec gratitude des paroles des héros de la Révolution de velours qui ont contribué à la chute du communisme, à la fin des années 80. Je chéris les paroles d’espérance de l’ancien président tchèque Vaclav Havel durant son emprisonnement. Ces paroles ont capté l’imaginaire de tant de gens alors qu’ils étaient enfin témoins de la dissolution du régime communiste :

« L’Espoir est totalement distinct de l’optimisme. Ce n’est pas la conviction qu’une chose aura une issue favorable, mais la certitude que cette chose a un sens, quoiqu’il advienne. En somme, je pense que l’espoir, dans son sens fort profond, est la seule chose qui puisse nous garder la tête hors de l’eau et nous inciter à accomplir de bonnes œuvres. Puis elle est la seule véritable source de cette dimension étonnante de l’esprit humain et ses efforts surgissent comme s’ils étaient « d’ailleurs ». »

Je m’intéresse également aux sections des vertus théologales du Catéchisme de l’Église Catholique particulièrement les paragraphes sur l’espérance. J’ai été particulièrement touché par les pensées énoncées au nº 1818 du Catéchisme :

« La vertu d’espérance répond à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme ; elle assume les espoirs qui inspirent les activités des hommes; elle les purifie pour les ordonner au Royaume des cieux; elle protège du découragement; elle soutient en tout délaissement ; elle dilate le cœur dans l’attente de la béatitude éternelle. L’élan de l’espérance préserve de l’égoïsme et conduit au bonheur de la charité. » [Read more…]