CECC 2017: Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix cathédrale Notre-Dame d’Ottawa

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de l’homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix lors de la Messe de la Fête des saints Martyrs canadiens et de consécration des diocèses du Canada au Coeur Immaculé de Marie. Cette célébration réunissait en la Basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa, les évêques du Canada lors de l’Assemblée plénière annuelle. Elle fut notamment célébrée lors du 150e anniversaire de la Confédération du Canada et le 50e anniversaire de Développement et Paix :

« Vivre habités par l’esprit du Verbe incarné »

Chers frères et sœurs, Dear brothers and sisters,

Dans une lettre à son fils Claude à l’automne 1649, sainte Marie de l’Incarnation écrit ces lignes au sujet des jésuites, martyrs canadiens : «Ils avaient l’esprit du Verbe incarné. C’est cet esprit qui fait courir par terre et par mer les ouvriers de l’Évangile et qui les fait martyrs vivants avant que le fer et le feu ne les consument1. » (Sainte Marie de l’Incarnation, Lettre à son fils Claude, 1649, CXXIII.)  Des martyrs vivants… c’est-à-dire, des disciples de Jésus qui ont déjà donné leur vie pour le Christ et pour l’avancement du Royaume de Dieu dans ce pays en train de naître, sans attendre le moment du témoignage ultime par le martyre pour être livrés au Christ.

Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Dans notre spiritualité chrétienne, la mort et la vie se côtoient. Et la mort n’a pas eu le dernier mot car le Christ est ressuscité au troisième jour. Le mystère pascal est le cœur de notre foi, la fondation sur laquelle est bâtie toute notre vie. C’est cette espérance fiable qui permet d’aller jusqu’au bout dans l’amour. Le Père Christophe de Tibhirine, ce moine cistercien assassiné en Algérie et dont le film Des hommes et des dieux a ravi la planète disait peu de temps avant son martyre : « Je suis ressuscité, je peux mourir. » Les saints martyrs canadiens étaient certainement habités par cette conviction profonde, dans la foi, que leur vie porterait du fruit parce qu’elle était livrée et donnée, en profonde communion avec leur Sauveur, Jésus Christ.

Saint John Paul II at the Canadian Shrine of the North American Martyrs in 1984 during his first visit to Canada said:

« They, like Paul, had come to consider the love of Christ as the greatest of all treasures. And they, too, believed that the love of Christ was so strong that nothing could separate them from it, not even persecution and death. The North American Martyrs, then, gave up their lives for the sake of the Gospel – in order to bring the faith to the native people whom they served ».

Today, as we come together in our nation’s capital to celebrate the Holy Eucharist, we give thanks to the Lord for the many saints, holy men and women who, like the Canadian Martyrs, came to the New World, bringing with them the Good News of Jesus Christ. We can literally say that our country was founded by saints. The Gospel they brought from Europe was not only in Bibles and in books; it was deeply rooted in their lives. They were bearers of the Good News. And that is why they were able to witness faithfully and persevere in the midst of many trials.

It is good to recall our roots as we celebrate the 150th Anniversary of Confederation of Canada. Jean Vanier, a great Canadian, had this to say about this year’s celebration: « There is something wonderful in the celebration of Canada, to celebrate faith. Faith is that belief that every person – whatever the culture, whatever the religion – is important, and to enter into a relationship with that person. And not just to see them as citizens of the same country, but as brothers and sisters in humanity. In my Christian faith, obviously, to love God and to love neighbor is somewhere at the heart of everything. […] We can come from different faiths, but there’s that belief that you, a Canadian, you’re more beautiful than you dare imagine ».2 (Jean Vanier, message vidéo : http://www.faithincanada150.ca)

Je suis convaincu que ces paroles résonnent encore au plus profond du cœur d’un grand nombre de canadiens et de canadiennes. L’Évangile est cette source inépuisable où nos saints fondateurs se sont abreuvés et où nous-mêmes pouvons encore y puiser pour trouver la lumière, la force et le courage de poursuivre la mission d’évangélisation avec ardeur. Cette source coule toujours. Elle nous offre l’eau vive de la vie en abondance.

Jésus dit encore : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » « Se détacher » de sa vie signifie être prêt à prendre des risques pour l’amour de Celui qui est la Vie. Si l’Évangile est proclamé ici en Amérique du Nord depuis plus de quatre siècles, c’est précisément à cause d’hommes et de femmes, des amoureux de la Vie, qui ont osé tout donner pour la mission. À la base de l’œuvre d’évangélisation chez nous, il y a un témoignage de foi profonde vécue souvent dans l’héroïcité.

C’est parce que nous aimons la vie et que nous sommes en relation avec Celui qui est la Vie que nous pouvons en arriver à vouloir, comme Lui, livrer la nôtre, la donner par amour et nous associer à son œuvre de salut.

Notre cher pape émérite Benoît XVI écrivait dans son encyclique sur l’espérance : « Celui qui est touché par l’amour commence à comprendre ce qui serait précisément ‟vie”. Il commence à comprendre ce que veut dire la parole d’espérance que nous avons rencontrée dans le rite du Baptême : de la foi j’attends la ‟vie éternelle” – la vie véritable qui, totalement et sans menaces, est, dans toute sa plénitude, simplement la vie. Jésus, qui a dit de lui-même être venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en plénitude, en abondance (cf. Jn 10, 10), nous a aussi expliqué ce que signifie ‟la vie” : ‟La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ” (Jn 17, 3). La vie dans le sens véritable, on ne l’a pas en soi, de soi tout seul et pas même seulement par soi : elle est une relation. Et la vie dans sa totalité est relation avec Celui qui est la source de la vie. Si nous sommes en relation avec Celui qui ne meurt pas, qui est Lui-même la Vie et l’Amour, alors nous sommes dans la vie. Alors nous ‟vivons”3. » (Benoît XVI, Spe Salvi, no 27.)

A Christian who maintains and nourishes a meaningful relationship with the Lord of Life necessarily learns to open his heart to others, to the men and women with whom he shares his life on this earth. It is the great commandment inherited from the Old Testament that Jesus puts in center stage in his teaching: the love of God and the love of neighbor. Pope Francis writes in his Apostolic

Exhortation, The Joy of the Gospel: « The Church, guided by the Gospel of mercy and by love for mankind, hears the cry for justice and intends to respond to it with all her might. In this context we can understand Jesus’ command to his disciples: “You yourselves give them something to eat!” (Mk 6:37): it means working to eliminate the structural causes of poverty and to promote the integral development of the poor, as well as small daily acts of solidarity in meeting the real needs which we encounter. The word ‘solidarity’ is a little worn and at times poorly understood, but it refers to something more than a few sporadic acts of generosity. It presumes the creation of a new mindset which thinks in terms of community and the priority of the life of all over the appropriation of goods by a few ».4 (Francis, EG, no 188)

Au Canada, c’est l’organisme Développement et Paix qui, depuis cinquante ans, porte de façon spéciale cette mission. Fondée par la Conférence des évêques catholiques du Canada, Développement et Paix a soutenu des milliers d’initiatives locales dans des domaines comme l’agriculture, l’éducation, l’action communautaire, la consolidation de la paix et la défense des droits humains dans soixante-dix pays. Il appuie les femmes dans leur recherche de justice sociale et économique.

Aujourd’hui, en ce jubilé d’or, nous rendons grâce à Dieu pour tant de personnes qui ont œuvré et qui continuent d’être engagées pour bâtir un monde plus juste. À ce moment de l’histoire où la paix est si menacée et que grondent les bruits de guerre à plusieurs endroits sur notre terre, les paroles prophétiques du bienheureux pape Paul VI résonnent avec encore plus d’actualité : « Le développement est le nouveau nom de la paix 5. » (Paul VI, Populorum progressif, no 87)

Puisque nous voulons vivre pleinement notre vocation de baptisés et notre mission au cœur du monde de notre temps, nous, les évêques catholiques du Canada, avons décidé de consacrer nos communautés diocésaines et notre pays au Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie, comme l’ont fait les missionnaires jésuites, aux premières heures de l’évangélisation en Nouvelle- France. Prière empreinte de foi et de confiance en la Mère de notre Sauveur, Jésus Christ. Comme l’affirme le pape François : « Nous la supplions (la Vierge Marie) afin que, par sa prière maternelle, elle nous aide pour que l’Église devienne une maison pour beaucoup, une mère pour tous les peuples, et rende possible la naissance d’un monde nouveau 6. » (François, EG, no 288)

By this prayer of consecration to the Blessed Virgin Mary, we pray that our country may be protected from the horrors of war and that our people may be more open to welcome into their lives the Good News which is not a doctrine or a philosophy, but is Someone: Jesus Christ. We also pray that we may become missionary disciples, available and willing to share the treasure of our faith.

En communion avec tous les frères et sœurs qui se joignent à nous dans la prière aujourd’hui, présents ici en cette Basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa ou encore grâce à la Télévision Sel & Lumière, supplions notre Dieu par l’intercession de la Vierge Marie, des saints martyrs canadiens et de tous les saints et saintes de notre pays, d’envoyer sur nous un nouveau souffle de Pentecôte pour un renouveau en profondeur de notre foi et un accroissement de notre zèle apostolique et missionnaire.

C’est l’heure d’évangéliser pour que la joie de l’Évangile rayonne partout dans ce grand pays ! C’est ce que nous avons de meilleur à offrir au peuple canadien que nous aimons tant et dans lequel nous sommes engagés à vivre et servir.

Église en sortie 23 septembre 2016

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons Mathieu Bock-Côté, sociologue et chroniqueur au Journal de Montréal qui nous parle des relations entre l’Église catholique et la société québécoise. Nous assistons à la conférence sur l’encyclique « Laudato Sì » du pape François organisée par Développement et Paix dans le cadre du Forum social mondial de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Éric Bédard, historien et professeur à TELUQ, sur l’histoire de l’Église catholique au Québec.

Église en sortie 6 mai 2016

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec Isabelle Saint-Maurice, directrice des communications de l’Opus Dei au Canada et qui s’est entretenue avec Francis Denis de l’œuvre fondée par saint Josemaria De Balaguer mais également des différentes initiatives apostoliques au Canada. Dans la deuxième partie de l’émission nous vous présentons un reportage sur la Messe pour la communauté philippine à l’Oratoire Saint-Joseph présidée par le Cardinal archevêque de Manille, Luis A. Tagle. Dans la troisième partie de l’émission vous aurez la chance de voir l’entrevue réalisée avec Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield lors de l’Assemblée générale de la Conférence des évêques catholiques du Canada à Cornwall.

L’écologie globale du pape François

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Image: Courtoisie de CNS

Les deux dernières semaines furent très importantes et très chargées pour le pape François. En effet, ce Pape qui exhorte l’Église entière à « sortir de soi-même pour aller aux périphéries existentielles » est le premier à appliquer sa propre consigne. C’est ce qu’il a fait durant les courts mais non moins exigeants voyages des derniers jours alors qu’il s’est rendu à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au Parlement Européen et en Turquie. À la lecture de ses différents discours et homélies, j’ai pu y saisir un fil conducteur : l’écologie globale.

Par écologie globale, j’entends l’élargissement du souci de protection de l’environnement pour y inclure l’homme. Parfois, un certain discours environnementaliste tend à exclure l’homme de la nature en le considérant comme un indésirable ou, pire, comme un malfaiteur. Selon ce discours, si nous avons des crises comme le réchauffement climatique, c’est uniquement la faute des hommes qui abusent de l’environnement en le réduisant à un simple objet de consommation. Cette critique, bien que s’appuyant sur des faits réels, n’est pas en mesure de dresser un portrait réaliste et est donc incapable d’offrir de véritables solutions. Un bref coup d’œil aux paroles et aux actions du Pape actuel nous donne une meilleure compréhension des défis de notre temps et, ainsi, nous permet d’y apporter des solutions adéquates. [Read more…]

Sécularisme et couverture médiatique: le cas irakien

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Image: Courtoisie de CNS

Depuis des décennies maintenant, le Moyen-Orient est l’objet de tensions sans précédent. L’Irak ne fait pas exception à ce triste constat. Depuis maintenant près de 40 ans, ce pays a vu deux guerres importantes se transformer en guerre civile ne faisant qu’augmenter le nombre de victimes. Aujourd’hui, un groupe terroriste nommé ISIS qui est l’équivalent politico-militaire d’Al-Qaeda, est en train d’essayer de prendre le contrôle du pays prônant un Islam rétrograde, faisant une interprétation littérale du Coran et portant une idéologie politique à ce point inhumaine que l’on se croirait dans les pires films d’horreur hollywoodiens. Ainsi, ce regroupement militaire a décidé de mettre en place une véritable purge de tout ce qui ne correspond pas à ce qu’il perçoit comme un Islam pur. Les chrétiens et les minorités religieuses non islamiques ne trouvant évidemment pas leur place dans ce cadre, ces terroristes leur ont donné un ultimatum les obligeant à se convertir, fuir ou mourir. Un choix ayant déjà conduit plusieurs de nos frères chrétiens au martyre d’une façon si barbare que nous avons peine à y croire.

Cette crise humanitaire n’a toutefois attiré l’attention des gouvernements occidentaux et des médias que récemment. La crise avait NUNpourtant déjà fait surface d’une manière impressionnante dans les médias sociaux amenant plusieurs personnes à changer leur photo de profil Facebook ou Twitter pour le signe « nûn » c’est-à-dire la lettre « N » en arabe qui signifie « Nazaréen ». Cette lettre fut, en effet, utilisée par les terroristes de ISIS pour identifier les maisons des chrétiens au moment de l’ultimatum imposé par eux à Mosul. Peut-être avez-vous remarqué ce signe à plusieurs endroits? Certaines personnalités courageuses ont, dès ce moment, changé leur image en solidarité avec les victimes désormais réfugiées ou martyrs d’Irak.

Cependant, il a fallu plus de 2 mois avant que les mass médias se mettent à parler de cette crise. Que devons-nous retenir de cette pauvre couverture médiatique? Qu’est-ce qui justifie un tel silence? Une première raison pourrait être de type économique en ce sens que des nouvelles sur un massacre en Irak ne vendent plus; que les téléspectateurs se sont lassés de voir ces images de violence. Alors pourquoi continuer de montrer des images de guerre ailleurs dans le monde? Est-ce parce qu’il y aurait une hiérarchie de victimisation ? Quels critères utilisons-nous pour décider que telle tragédie sera médiatisée et pas une autre ? Dans un article paru dans l’Observatore Romano, l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni au Saint-Siège, Francis Campbell affirmait que: [Read more…]

« Toujours prier sans se décourager »

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Image: Courtoisie de CNS

« Toujours prier sans se décourager » (Luc 18, 1)

Depuis quelque temps, le monde vit des instabilités grandissantes dans plusieurs parties du monde. Que les conflits soient en Ukraine, en Syrie, au Liban, au Nigéria, en Irak et, plus récemment, dans la bande de Gaza, les moyens de communication font en sorte que nous nous sentons de plus en plus directement concernés par ces conflits. De plus, avec la globalisation, cette instabilité tend à s’accroître à l’extérieur des frontières des pays impliqués. Comment réagir chrétiennement à cette situation difficile?

Selon moi, la solution se trouve dans l’imitation de l’attitude du pape François. En effet, lors de son voyage en Terre sainte il y a quelques mois, le Saint-Père a appelé des représentants palestiniens et israéliens à venir prier avec lui au Vatican le 8 juin dernier. Cette rencontre fut riche d’émotion et de fraternité. Devant les événements des derniers jours, plusieurs se demandent ce qui s’est passé. N’étions-nous pas sur la bonne voie? La prière est-elle vraiment utile? La paix est-elle possible? C’est la tentation du découragement qui nous guette tous.

Pour ne pas perdre espoir, il est important de s’arrêter quelques instants sur la réalité de la prière. Dans un premier temps, et pour satisfaire notre envie moderne d’efficacité, nous pourrions nous consoler en nous disant que peut-être sans cette rencontre le conflit aurait été pire encore! Cette réponse ne nous satisfait cependant qu’à moitié. La prière est subtile et profonde. C’est pourquoi elle échappe au calcul géostratégique et politique. L’Église enseigne que la prière est tout d’abord un lieu de rencontre où tous les hommes de bonne volonté peuvent se réunir. En effet, « l’homme reste à l’image de son créateur. Il garde le désir de Celui qui l’appelle à l’existence. Toutes les religions témoignent de cette quête essentielle des hommes »[1] . Ainsi, la prière peut réunir tous les hommes, même les plus grands ennemis, puisqu’elle est une réponse à l’appel universel à l’Amour de Dieu.

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Claude Ryan ou le visage politique de la Foi

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(Photo: Courtoisie Centre Newman McGill)

Les 13 et 14 février derniers se tenait un colloque sur la vie du journaliste et politicien Claude Ryan (1925–2004). Plusieurs collaborateurs, politiciens et journalistes, amis et membres de la famille se sont exprimés sur la personne qu’ils avaient eu la chance de côtoyer à un moment ou à un autre de leur vie. L’image qui s’en est dégagée est conforme à ce que l’on pourrait s’attendre d’un homme aussi diversifié dans ses activités que dans les thèmes sur lesquels il a dû s’exprimer ou même décider. J’utilise ici le verbe « devoir » puisque c’est un concept qui émerge de toutes les interventions qui se sont succédé durant ces deux journées de conférence.

Rigueur intellectuelle, civilité dans les débats, respect des autres, intégrité politique, engagement social ne sont que quelques-unes des qualités qui caractérisaient Claude Ryan selon John Parisella, ancien directeur général du Parti Libéral (1986-1988) et ancien chef de cabinet des premiers ministres Robert Bourassa et Daniel Johnson (1989-1994). Cet homme, parfois qualifié de bourreau de travail, a dû accompagner de sa plume, lorsqu’il était rédacteur en chef du journal Le Devoir, un Québec en pleine transformation; un peuple, pour ainsi dire, en pleine crise d’adolescence puisqu’en recherche de repères stables pour faire face à ce nouveau monde globalisé qui était en train de naître. En ce sens, nous pouvons nous demander ce qui a permis à cet homme de garder une telle crédibilité  « même de la part de ces opposants politiques » comme l’affirmait Guy Lachapelle, professeur de science politique à l’Université Concordia. Le secret derrière cette influence qui faisait dire à Bryan Mulroney qu’il était une « autorité morale et l’un des plus grands Québécois de l’histoire moderne » se trouve dans ce que Jean-Pierre Proulx, ancien président du Conseil supérieur de l’éducation, appelle « la théologie de Ryan ». [Read more…]

Allocution à l’assemblée provinciale de l’Ontario de Développement et Paix

Université de St. Michael’s College, Toronto – 12 mai 2012

Je suis très reconnaissant à Luke Stocking et à l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix pour leur invitation et pour le privilège de m’adresser à vous, ce matin, dans le cadre de votre importante assemblée provinciale. Avant tout, ce sera pour moi l’occasion de vous exprimer à chacune et à chacun ma gratitude pour votre engagement, votre témoignage et votre persévérance. Je ne peux me tenir aujourd’hui devant vous sans évoquer l’extraordinaire collaboration que nous avons vécue il y a dix ans en préparant la Journée mondiale de la Jeunesse 2002 à Toronto et en célébrant ainsi à grande échelle notre identité et notre mission chrétienne et catholique. Grâce à la grande générosité de Développement et Paix, nous avons pu faire fabriquer dans les barrios de Colombie, en Amérique du Sud, plus de 500 000 petites croix de bois que le pape Jean-Paul II a remis à chacun des jeunes pèlerins qui ont participé à la Journée mondiale de la Jeunesse au Canada. Grâce à votre généreuse contribution, ce sont des coopératives de femmes du Chiapas, au Mexique, qui ont confectionné les étoles portées par les quelque 500 prêtres qui ont célébré le sacrement de la Réconciliation avec des dizaines de milliers de jeunes du monde entier dans le parc Duc in Altum et au parc Downsview. En étroite collaboration avec vos responsables régionaux, nous avons permis à 100 000 jeunes de mettre la main à des projets de service le mercredi après-midi de la Semaine de la Journée mondiale de la Jeunesse. Et en tirant parti de l’immense bonne volonté de vos bénévoles, nous avons préparé les fameux sacs du pèlerin de couleur rouge, tissés dans les prisons du Québec. La Journée mondiale de la Jeunesse 2002 a permis à Développement et Paix de renouveler son rayonnement parmi les jeunes, filles et garçons, de notre pays. Plusieurs d’entre vous ont alors qualifié la JMJ de moment de « refondation » pour l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix.

Dix ans plus tard, je me présente devant vous pour vous encourager une fois encore à assumer l’importante mission ecclésiale confiée à Développement et Paix et pour réfléchir avec vous sur ce que cela veut dire que d’être un témoin convaincu et convaincant de Jésus Christ et sur la riche tradition de l’enseignement social de l’Église. Vous m’avez demandé de parler des « communications, de l’identité et de la mission catholiques », thème qui est depuis dix ans au cœur de mon ministère, soit depuis la création de la Fondation Sel et Lumière. Je voudrais situer mes remarques dans le contexte de l’Année de la Foi promulguée par le pape Benoît XVI — année qui débutera le 11 octobre 2012, soit la journée qui marquera le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Deuxième Concile du Vatican. L’Année de la Foi se conclura le jour de la Solennité du Christ Roi, le 24 novembre 2013.

Redécouvrir Gaudium et Spes

Pour amorcer notre réflexion, examinons l’un des textes les plus importants du Deuxième Concile du Vatican — Gaudium et Spes, la Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps qui est la raison d’être de l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix. Gaudium et Spes est le plus long document du Concile et, en fait, le document le plus long jamais produit par l’un ou l’autre des 21 conciles œcuméniques tenus en 2000 ans d’histoire du christianisme !  Gaudium et Spes exigeait de nous un engagement intense dans le monde. Les Pères du Concile qui ont préparé ce document avaient connu les deux Guerres mondiales, l’horreur de la Shoa, l’aube de l’ère nucléaire, l’hostilité du communisme et l’impact stupéfiant et encore difficile à évaluer de la science et de la technologie. Tous ces facteurs les ont conduits à comprendre l’Église en fonction non seulement de sa vie interne, mais aussi de sa mission dans le monde. Le message de la Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps est, à bien des égards, le condensé des espoirs et des objectifs de tout le Concile Vatican II. [Read more…]

Collecte annuelle de Carême pour Développement et Paix

Cette fin de semaine c’est la quête spéciale de Carême pour Développement et Paix: Pour qu’un monde plus juste prenne racine. Cet organisme vient d’apprendre que les subventions du gouvernement vont de près de 65% pour les cinq prochaines années, ce qui va entraver la réalisation de nombreux projets. Développement et Paix vit essentiellement de ces subventions ainsi que des dons collectés lors du Carême.
La Conférence des évêques catholiques du Canada regrette cette décision qui va être au détriment de l’aide apportée aux populations moins favorisées et appelle à être généreux cette fin de semaine pour cette collecte annuelle de Carême.
Voir le communiqué sur le site www.cecc.ca
Pour plus de renseignements www.devp.org

Secours d’urgence pour la Corne de l’Afrique

La situation est toujours aussi dramatique dans la Corne d’Afrique.  La Conférence des évêques catholique du Canada vient de publier un communiqué de presse donnant les informations et invitant à la solidarité. Le voici dans son intégralité.

« L’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix collabore avec Caritas Kenya, Caritas Éthiopie et Caritas Somalie pour faire parvenir des secours d’urgence dans la Corne de l’Afrique où quelque 11,6 millions de personnes sont affectées par une grave sécheresse. Par ailleurs, le gouvernement du Canada ajoutera une contribution égale à celle des dons que les particuliers auront faits pour cette cause entre le 6 juillet et le 16 septembre.

Le site Internet de Développement et Paix donne actuellement de l’information sur les causes profondes de la crise alimentaire qui frappe aujourd’hui la Corne de l’Afrique. En outre, il y a une fiche d’information sur la sécheresse et l’aide fournie par Développement et Paix en expliquant comment on peut faire un don. Cette fiche de renseignements est disponible en français à http://www.devp.org/devpme/fr/international/corne_d_afrique-fact-fr.html

À l’Angélus du 17 juillet dernier, le Saint-Père, le Pape Benoît XVI, a lancé un appel pour les populations de la Corne de l’Afrique :

« C’est avec une grande préoccupation que je suis les nouvelles en provenance de la région de la Corne de l’Afrique et en particulier de la Somalie, frappée par une très grave sécheresse qui a été suivie, dans certaines zones, par de fortes pluies, qui sont en train de provoquer une catastrophe humanitaire. Un nombre incalculable de personnes sont en train de fuir cette terrible famine à la recherche de nourriture et d’aide. Je souhaite que la mobilisation internationale se renforce pour que l’on envoie au plus vite des secours à nos frères et sœurs déjà durement éprouvés, parmi lesquels se trouvent de nombreux enfants. J’espère que ces populations souffrantes pourront compter sur notre solidarité et sur le soutien concret de toutes les personnes de bonne volonté. » (Voir : http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/angelus/2011/documents/hf_ben-xvi_ang_20110717_fr.html.) »