Les voies du désert…

Premier dimanche du Carême, Année B – 18 février 2018

Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui attend le carême avec impatience? Qu’est-ce qui nous attire dans le carême? Quels aspects de cette démarche nous mettent à l’épreuve? Pour nous aider, les textes de l’Écriture de ce temps liturgique ont été soigneusement choisis pour rejouer l’histoire du salut sous nos yeux.

Nous commençons avec Jésus dans le désert… l’Évangile du premier dimanche de carême. Le désert, le soleil et les affres de la faim et de la soif conjurent le démon sur Lui. Marc présente Jésus aux prises avec le pouvoir de Satan, seul et silencieux dans le désert. La tentation de Jésus au désert mentionnée dans Marc ne parle pas des trois tentations ni du fait que Jésus aurait jeûné. Pour Marc, la tentation de Jésus s’inscrit dans la lutte entre le bien et le mal, entre Dieu et Satan.

L’expérience de Jésus au désert soulève pour nous d’importantes questions. Quelles sont certaines expériences de «désert» dans ma vie? Quel désert suis-je en train de traverser en ce moment? Comment vivre à travers mes propres déserts? Quand et comment puis-je trouver des moments de réflexion et de contemplation au cœur d’une vie qui va trop vite? Ai-je été courageux et persistant dans ma lutte contre les démons? Comment ai-je résisté à transformer mes déserts en zones de vie et de joie?

Dans Matthieu et Luc, le prince du mal tente de détourner Jésus de la Foi et de l’intégrité au cœur de sa mission messianique. Mais si Israël a échoué dans le désert, Jésus n’échoua pas. Son lien avec son Père était trop fort pour que les démons puissent le briser.

Dans la première tentation au désert, Jésus résiste au mal, non pas en niant la dépendance de l’homme à l’égard de la nourriture, mais plutôt en mettant la vie humaine et sa finalité en perspective. Ceux qui suivent Jésus ne peuvent pas devenir dépendant des choses de ce monde. Quand nous sommes plus dépendants des choses matérielles que de Dieu, nous cédons à la tentation et au péché.

La deuxième tentation porte sur l’adoration du diable plutôt que de Dieu. Jésus rappelle une fois encore que Dieu est plus fort que le mal. Ceci est important à entendre pour nous, surtout lorsque nos tentations semblent nous dominer, quand tout autour de nous semble indiquer l’échec, l’ombre, l’obscurité et le mal. En fin de compte, c’est Dieu qui est en charge de notre destinée.

Dans la troisième tentation, le diable demande une révélation ou une manifestation de l’amour de Dieu pour Jésus. Jésus lui répond en disant qu’il n’avait à prouver à personne que Dieu l’aimait.

La tentation est tout ce qui nous rend petit, laid et méchant. La tentation utilise les stratégies les plus rusées que le mal puisse imaginer. Plus le diable nous contrôle, moins nous voulons reconnaître qu’il se bat pour dominer chaque millimètre de cette Terre. Jésus ne l’a pas laissé s’en tirer comme ça. Au tout début de sa campagne pour ce monde et pour chacun de nous, Jésus s’est ouvertement confronté à l’ennemi. Il a commencé sa lutte en utilisant le pouvoir de l’Écriture pendant une nuit de doute, de confusion et de tentation. Nous ne devons jamais oublier l’exemple de Jésus, ainsi nous ne serons jamais séduits pas les tromperies du diable.

De Jésus nous apprenons que Dieu est présent et qu’il nous soutient au milieu de l’épreuve, de la tentation et même du péché. Nous nous rendons compte que nous devons avoir un espace spirituel dans nos vies où nous pouvons nous dépouiller de ce qui est faux et qui s’accroche à nous et ainsi respirer de la vie nouvelle et repartir de nouveau. Nous en venons à croire que Dieu peut prendre notre espérance asséchée pour la rendre florissante. Tels sont les enseignements du désert. C’est pourquoi nous avons besoin, même dans les activités de la vie quotidienne, de moments de prière, de silence et d’écoute de la voix de Dieu.

Nous rencontrons Dieu au milieu des déserts de notre péché, de l’égoïsme, de la jalousie, de l’efficacité, de l’isolement, du cynisme et du désespoir. Et en plein milieu du désert nous entendons ce que Dieu fera si nous lui ouvrons nos cœurs et si nous le suivons pour rendre notre propre désert fleurissant. Les voies du désert étaient profondément ancrées dans le cœur de Jésus, et cela doit être de même pour tous ceux et celles qui le suivent.

L’autoroute vers la sainteté traverse le désert

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Troisième dimanche de l’Avent, Année C – 11 décembre 2016

Isaïe 35,1-6a.10
Jacques 5,7-10
Matthieu 11,2-11

Dans sa touchante homélie prononcée le 24 avril 2005 pour l’inauguration de son ministère pétrinien en tant qu’évêque de Rome, le pape Benoît XVI a dit :

La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur: il n’est pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit. Il y a le désert de l’obscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de l’homme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. C’est pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de l’édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de l’exploitation et de la destruction. L’Église dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude.

Les déserts dans nos vies

Il n’y a pas de meilleur point de départ pour comprendre les lectures bibliques pour le troisième dimanche de l’Avent, en particulier la première lecture d’aujourd’hui, tirée du Livre du prophète Isaïe (35, 1-10), qu’en méditant les paroles du pape Benoît. Les thèmes de la géographie et du désert, présents à la fois dans l’homélie inaugurale du pape et dans l’émouvante lecture d’Isaïe, nous invitent à méditer sur les déserts de nos propres vies. Comment vivons-nous au milieu de nos propres déserts ? Combien de fois sommes-nous devenus des déserts de solitude, de désolation et de vide, plutôt que des jardins florissants de joie, de lumière et d’esprit de communauté pour les autres ? Comment avons-nous résisté à transformer nos déserts en des espaces où la vie abonde ? Il se peut que nous ayons à aller dans ce désert où nous prenons conscience que nous sommes perdus, seuls, stériles et sans ressources – ce n’est que lorsque nous atteignons ce point que nous sommes prêts à rencontrer Dieu.

La géographie du salut

Nous trouvons la géographie du salut à plusieurs endroits dans la Bible. Cette géographie forme l’arrière-plan du portrait que dresse Isaïe de la venue du Seigneur au chapitre 35. Alors que le chapitre 34 décrit le jugement des nations, le chapitre 35 contraste nettement avec le sombre tableau de dévastation et de désolation du chapitre précédent où le Seigneur juge la terre d’Édom. Défait dans la bataille et chassé de sa patrie, le peuple d’Israël était sans espérance.

Isaïe 35, v. 1-10 annonce la fin de la captivité à Babylone par une vision émouvante de délivrance, de liberté et de salut. Le prophète rappelle les souvenirs joyeux de l’exode d’Égypte. Un second exode se prépare, symbolisé par la guérison accordée aux aveugles, aux boiteux et aux muets. Le chantre de l’espérance d’Israël a saisi le paradoxe de la stérilité et de l’allégresse – le paradoxe de l’Avent – comme aucun autre poète ne l’avait fait. Balayant du regard la surface aride du désert du Néguev méridional, il eut une vision de la nouvelle création de Dieu : « Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! » (35, 1-2a)

Un nouvel exode

Libérés et sauvés par Dieu, tous les peuples retourneront à leur propre terre par la voie du désert, le nouvel exode. Le salut fait irruption sur la scène mondiale à travers la géographie : de grandes routes, des vallées, des montagnes, des déserts et des plaines ! La route, le désert, l’eau et la joie sont plus que de simples coïncidences. Isaïe prophétise qu’il y aura une route pure, qu’elle sera appelée « la voie de la sainteté » et que les rachetés y marcheront. Du désert aux cours d’eau à la grande route de la sainteté, l’atlas de la géographie du salut d’Isaïe nous mène jusqu’à la montagne où se tient le Seigneur : « Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuiront. » (Is 35, 10)

Le désert comme une métaphore

Le désert est devenu une métaphore pour décrire le sentiment d’aliénation et de désespoir causés par le péché de l’homme. Combien de fois avons-nous utilisé l’expression : « Je vis une véritable traversée du désert » ou « Je me sens tellement aliéné de Dieu et des autres » pour décrire ce que nous ressentons à cause de notre péché. Si nous nous sommes contentés et que nous nous satisfaisons nous-mêmes, nous ne pourrons même pas commencer à désirer la venue du Seigneur, ni nous préparer à le rencontrer. Les voies du désert avançaient profondément dans le cœur de Jésus et il doit en être de même pour tous ceux qui veulent le suivre. En plein désert, nous entendons ce que Dieu fera si nous lui ouvrons nos cœurs et permettons à Dieu de faire fleurir nos propres déserts.

La géographie du salut de nos jours

Dieu s’est révélé à nous non seulement à des moments déterminés dans l’histoire, mais aussi dans des endroits très précis. Pour nombre de chrétiens, ces endroits évoquent des images de bergers et d’oliviers, de hauts murs entourant des cités anciennes, des bourgades comme il en existait au temps du roi David ou à Bethléem au temps de Jésus. La Terre Sainte est une terre avec une longue histoire, ses habitants et ses lieux sont figés à l’époque biblique ou enfermés dans une bataille politique sans fin. En tant que catholiques, nous avons la double obligation de dégeler ce temps biblique figé et de le rendre accessible et invitant pour les chrétiens.

Un séjour en Terre Sainte nous rappelle que nous sommes pris non seulement dans l’Histoire du Salut, mais aussi dans la Géographie du Salut. L’histoire de notre propre vie jumelée à celles de la Bible nous montre comment Dieu peut écrire droit dans des lignes courbes. Les guides de voyage sur la Terre Sainte qui se vendent le mieux ne rendent pas témoignage. Ils se contentent d’indiquer. Seules des personnes – pas des pierres ni du marbre – peuvent rendre le témoignage le plus authentique et le plus éloquent stipulant qu’à un moment brillant de l’histoire, la Parole s’est faite chair et a jeté sa tente parmi nous. Et nous continuons à ce jour à contempler sa gloire.

Si les Lieux Saints étaient transformés en musées ou en curiosités archéologiques comme cela s’est produit dans d’autres pays, des liens historiques tangibles seraient rompus. Sans la présence d’églises locales et de communautés chrétiennes, le témoignage de la Terre Sainte serait terriblement diminué et même inexistant.

La Parole de Dieu et la Terre Sainte

Je vous encourage à continuer de lire l’exhortation apostolique de Benoît XVI Verbum Domini ; cette fois, c’est la section qui parle éloquemment de « La Parole de Dieu et la Terre Sainte » (no. 89) que je vous recommande.

En nous souvenant du Verbe de Dieu qui se fait chair dans le sein de Marie de Nazareth, notre cœur se tourne, à présent, vers cette Terre où s’est accompli le Mystère de notre Rédemption et depuis laquelle la Parole de Dieu s’est répandue jusqu’aux confins de la terre. En effet, par l’action de l’Esprit Saint, le Verbe s’est incarné en un moment précis et en un lieu déterminé, sur un coin de terre aux confins de l’empire romain. C’est pourquoi, plus nous voyons l’universalité et l’unicité de la Personne du Christ, plus nous considérons avec gratitude cette Terre où Jésus est né, a vécu et s’est donné lui-même pour nous tous.

Les pierres sur lesquelles notre Rédempteur a marché demeurent pour nous riches de souvenirs et continuent à « crier » la Bonne Nouvelle. C’est pourquoi les Pères synodaux ont rappelé l’heureuse expression qui désigne la Terre Sainte, « le cinquième Évangile ». Combien il est important qu’en ces lieux se trouvent des communautés chrétiennes, malgré les nombreuses difficultés ! Le Synode des Évêques exprime sa profonde proximité à tous les chrétiens qui vivent sur la Terre de Jésus, en témoignant leur foi dans le Ressuscité. Là, les chrétiens sont appelés à servir non seulement comme « un phare de la foi pour l’Église universelle, mais aussi comme un levain d’harmonie, de sagesse et d’équilibre dans la vie d’une société qui, traditionnellement, a été et continue d’être pluraliste, multiethnique et multi-religieuse ».

La Terre Sainte reste encore aujourd’hui un but de pèlerinage du Peuple chrétien, comme démarche de prière et de pénitence, ainsi qu’en témoignaient, déjà dans l’antiquité, des auteurs comme saint Jérôme. Plus nous tournons notre regard et notre cœur vers la Jérusalem terrestre, plus s’embrasent en nous le désir de la Jérusalem céleste, véritable but de tout pèlerinage, et la passion pour que le nom de Jésus, en qui seul réside le salut, soit reconnu par tous (cf. Ac 4, 12).

Le dimanche de l’allégresse

Le chemin d’Israël au désert est un chemin pour nous tous. En célébrant le troisième dimanche de l’Avent, « le dimanche de la joie », le jour pour se réjouir, nous nous joignons aux exilés d’Israël et aux disciples de Jean le Baptiste alors que nous aspirons au salut et que nous nous languissons de voir fleurir la vie nouvelle. Taillons-nous cette semaine un espace spirituel dans nos vies, un espace où nous pourrons nous dépouiller des choses fausses qui s’accrochent à nous, insuffler une vie nouvelle à nos rêves et prendre un nouveau départ. En plein désert, nous entendons ce que Dieu fera si nous lui ouvrons nos cœurs et le laissons faire fleurir nos déserts. Ce que Dieu fait au désert du sud d’Israël, Dieu le fera pour nous : transformer notre stérilité en vie et tracer une grande route et une voie sainte en des lieux que nous croyions sans vie et sans espoir. Cheminons-nous sur l’Autoroute de la Sainteté ? Faisons-nous des progrès sur le chemin de la sainteté ? Profitons-nous du voyage ? Invitons-nous d’autres personnes à se joindre à nous en chemin ?

Viens, Seigneur Jésus !
Nous avons besoin de toi plus que jamais.
Fait fleurir nos déserts.
Épanche notre soif avec ton eau de vie.
Donne-nous la force de te suivre sur l’Autoroute de la Sainteté.
Empli nos cœurs et nos esprits de joie !

(Image : Le Christ dans le désert par Ivan Kramskoy)

Jean le Baptiste, le paradoxe de l’Avent

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Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour le deuxième dimanche de l’Avent, Année C (6 décembre 2015)

Dans le texte de l’Evangile d’aujourd’hui (Luc 3,1-6), l’évangéliste, celui que Dante Alighieri appelle le « scriba manuetidinis Christi » (scribe de la douceur du Christ), lance l’appel de Jean le Baptiste sous la forme d’un appel prophétique de l’Ancien Testament (Luc 3:2) et prolonge la citation d’Isaïe trouvée dans Marc 1, 3 (Isaïe 40, 3) par l’ajout d’Isaïe 40, 4-5 dans Luc 3, 5-6. En faisant cela, Luc présente son thème de l’universalité du salut, qu’il annonçait plus tôt à travers les paroles de Siméon (Luc 2,30-32). Je vous propose que nous examinions ensemble plusieurs détails historiques offerts par Luc dans ce récit de l’appel prophétique.

Tibère César succéda à Auguste comme empereur en l’an 14 et régna jusqu’en 37 ap.J.-C. La quinzième année de son règne serait entre 27 et 29 ap.J.-C. Ponce Pilate fut préfet de la Judée de l’an 26 jusqu’en 36. L’historien juif Flavius Josèphe le décrit comme un préfet cupide et sans scrupule, qui avait peu d’égard pour la population juive locale et ses pratiques religieuses (Luc 13,1). L’Hérode en question est Hérode Antipas, le fils d’Hérode le Grand qui régnait sur la Galilée et Pérée.J.-C. à 39 ap.J-C.

Luc ne situe pas seulement l’appel de Jean le Baptiste en termes de dirigeants civils de cette période, mais il mentionne également le haut sacerdoce d’Annas et de Caïphe, les dirigeants religieux de la Palestine. Anne avait été prêtre entre 6 et 15 ap. J.-C. Après avoir été déposé par les Romains en l’an 15, il fut remplacé par divers membres de sa famille et, éventuellement, par son gendre, Caïphe, qui fut prêtre de 18 à 36.

Dans le contexte de cette histoire, la parole de Dieu fut adressée à Jean dans le désert de Judée. Luc est le seul parmi les écrivains du Nouveau Testament qui associe la prédication de Jean avec un appel de Dieu. L’évangéliste place ainsi Jean avec les prophètes dont les ministères ont commencé avec des appels similaires. Plus tard, Luc sépare le ministère de Jean le Baptiste de celui de Jésus en signalant l’emprisonnement de Jean avant le baptême de Jésus (Luc 3, 21-22). Luc utilise ce procédé littéraire pour faire état de sa compréhension de l’histoire du salut. Avec Jean le Baptiste, le temps de la promesse, la période d’Israël, se termine. Avec le baptême de Jésus et la descente de l’Esprit sur lui, l’accomplissement de la promesse, la période de Jésus, commence.

Dans son second volume, les Actes des Apôtres, Luc va présenter la troisième époque de l’histoire du salut, la période de l’église. Dans Luc 7, 26 Jean sera décrit comme «plus qu’un prophète», il est aussi le précurseur de Jésus (Luc 7, 27), une figure de transition inaugurant la période de l’accomplissement de la prophétie et une promesse.

En décrivant l’attente du peuple (Luc 3,15), Luc caractérise le moment de la prédication de Jean de la même manière qu’il avait déjà qualifié la situation d’autres Israélites pieux dans le récit de l’enfance (Luc 2, 25-26; 37-38). Au chapitre 3, 7-18, Luc présente la prédication de Jean le Baptiste exhortant les foules à la conversion en vue de la colère à venir (Luc 3, 7, 9), leur donnant certaines normes pour réformer leur conduite sociale (Luc 3, 10-14), et leur annonçant la venue de quelqu’un de plus grand que lui (Luc 3, 15-18).

Jean: le paradoxe de l’Avent

Les vrais prophètes d’Israël nous aident dans notre lutte contre toutes les formes de duplicité. Jean le Baptiste est le saint patron par excellence de l’authenticité. Combien de fois nos paroles, nos pensées et nos actions sont-elles incohérentes! En Jean le Baptiste se trouve le paradoxe de l’Avent: le triomphe de Dieu qui se manifeste précisément dans l’obscurité du monde actuel. Jean le Baptiste a entendu, expérimenté et vécu la parole libératrice de Dieu au désert et a donc été en mesure de le prêcher aux autres de façon efficace parce que sa vie et son message ne faisaient qu’un. Il est certain qu’il ne mâchait pas ses mots. Jean le Baptiste brise le silence du désert avec son cri: « Repentez-vous car le royaume des cieux est proche. » Pas seulement « repentez-vous », changer la façon dont nous vivons, mais se repentir et se préparer à la venue du royaume des cieux qui va bouleverser notre confort et notre petite sécurité en renversant tout ce que nous essayons de garder en place. La joie et le défi de l’Avent c’est qu’en Jésus-Christ, Dieu vient parmi nous, nos douleurs et notre désir de Dieu seront alors apaisés. Mais ce Dieu qui vient est préoccupant.

Il n’y avait rien de politiquement correct dans le message du Baptiste. Il est allé droit au but et a dit ce qui devait être dit. Il a dit aux premières personnes qui venaient à lui de partager. Il a dit aux percepteurs de taxe d’être justes. Il a dit aux soldats de faire la paix.

Le Baptiste a enseigné aux gens de son temps et à ceux de notre temps que le Messie vient nous sauver des puissances de la duplicité, du désespoir, des ténèbres et de la mort, pour nous remettre sur le chemin de la paix et de la réconciliation afin que nous puissions trouver notre chemin du retour vers Dieu. La vie et la mission de Jean le Baptiste nous rappellent à quel point nous avons besoin d’un Sauveur pour nous sauver, afin que nous puissions devenir tout ce que nous sommes appelés à être et faire tout ce que nous avons à faire pour vivre dans la Lumière. Trop souvent nous ne parvenons pas à reconnaître celui parmi nous qui est notre Chemin, notre Vérité et notre Vie. C’est là le cœur de l’Avent: trouver le chemin du retour vers Dieu. [Read more…]

Ces tentations qui correspondent à nos vulnérabilités

Réflexion bilique pour le premier dimanche de Carême C

Il existe un vieux proverbe qui affirme que: «Résister à la tentation engendre les bonnes habitudes ». Au mercredi des Cendres, nous avons entendu trois orientations fondamentales pour ce temps dans les lectures très riches des Écritures : aumône, prière et jeune. Le Carême est un temps de solidarité, de partage, d’ouverture à notre voisin, spécialement envers le plus démuni. Le Carême est aussi le temps favorable pour la prière personnelle et communautaire, nourrie par la parole de Dieu et proclamée chaque jour dans la liturgie. Cette année, au commencement du Carême, nous sommes invités à nous centrer sur le récit des tentations de Jésus au désert chez Luc. Comment pouvons-nous développer quelques bonnes habitudes lorsque nous essayons de résister à nos tentations?

Mené au désert par l’Esprit

Tentation au désertLa plupart d’entre nous connaissent les trois tentations de Jésus racontées par Matthieu et Luc dans leurs évangiles, au désert. Comme résultat de la descente de l’Esprit sur Jésus au baptême (Luc 3,21-22), ce même esprit mène Jésus au désert pour quarante jours pour être tenté par le diable. La mention des quarante jours rappelle les quarante ans d’errance dans le désert des Israélites pendant l’Exode (Dt. 82).

Nous devons nous demander comme les gens se sont demandés à travers les âges: comment peut-on dire que le Saint Esprit a mené Jésus au désert? Si Jésus était Dieu, et Dieu est incapable d’être tenté, comment Jésus a-t-il pu être tenté? De telles questions surgissent lorsque nous étudions les tentations du Christ. Comment réconcilions-nous ce que nous savons sur Dieu, Jésus et la tentation, avec ce que l’on rapporte être arrivé dans les récits concernant les tentations du Christ? [Read more…]