Les attentes du pape François pour le Québec

CNS photo/Gregory A. Shemitz

Le 19 janvier dernier, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec publiait un message aux communautés chrétiennes. Faisant suite à leur visite ad limina du printemps dernier, ce document intitulé « Lève-toi, va, approche-toi, écoute » résume les faits saillants de l’expérience romaine, présente les différentes invitations du Saint-Père, exprime l’accueil fait à celles-ci et propose quelques grandes orientations.

Un pèlerinage auprès du successeur de Pierre

Durant ces trois semaines de retraite, de pèlerinage et de rencontres dans les différents dicastères de la Curie romaine, c’est les trois rencontres avec le Pape qui semblent avoir particulièrement marqué les évêques. Non seulement « l’esprit du pape François, son écoute, sa volonté de dialoguer » sont soulignés mais aussi l’attitude de l’Institution vaticane entière qui présente, selon les évêques, une nouvelle ouverture à la « situation sociale et ecclésiale au Québec » : « le pape François nous a partagé sa préoccupation particulière pour le Québec » peut-on retrouver dans le document.

Cette attention spéciale du pape n’était pas la seule raison permettant aux évêques de se sentir à la maison. La Curie romaine semblait avoir évolué jusqu’à y une certaine ressemblance avec l’Église au Québec. On la présente comme étant « en changement » « dans ses boîtes », désinstallée par les nombreuses réorganisations voulues par le Pape » (p.2). Ce type d’instabilité, les évêques du Québec en subissent constamment les contrecoups, étant eux-mêmes « une Église sans doute plus pauvre, parfois fatiguée mais jamais découragée » (p.4), d’où le sentiment d’une commune espérance.

Le programme du Pape pour le Québec

Plus de 10 ans s’étant écoulés depuis la dernière visite de l’AECQ à Rome, il est clair que plusieurs dossiers devaient être abordés. Sans entrer dans tous les détails, les évêques soulignent l’importance d’entrer toujours plus profondément dans une perspective missionnaire. Pour ce faire, deux conseils semblent émerger des conversations avec le Saint-Père. D’abord, comprendre que la mission de l’Église passe par une meilleure compréhension du monde et de ses enjeux actuels. Les évêques interprètent cette interpellation comme soulignant l’importance d’une « investissement spécial dans les communications » (p.2) ainsi que de « s’engager socialement » (p.2).

Ensuite, loin de sous-estimer le rôle des évêques, le Pape leur a dressé le portrait d’un leadership épiscopal au service du salut des âmes. « Nous sommes appelés », peut-on lire sous la plume des évêques,  « à être des hommes de prière, d’écoute, familiers de la Parole de Dieu et attentifs aux signes de l’Esprit… » (p.4).

Des changements à venir

Sans entrer dans les particularités de chaque diocèse, ce document nous prépare à un accueil concret des volontés de transformation missionnaire telle que voulue par le pape François. À travers un « nouveau partage des responsabilités en Église », un « meilleur réseautage » et un « partage des ressources », un développement de « réflexes synodaux », nous percevons la profonde unité des évêques du Québec qui voient de plus en plus leur mission commune d’évangélisation de la Belle Province.

À la lecture de ce document, on perçoit d’abord l’atmosphère intensément priante et chaleureuse vécue durant cette visite ad limina 2017. Que ce soit par l’accueil réciproque, les réformes de part et d’autre ou la profonde unité de vision entre l’épiscopat québécois et l’épiscopat, si j’ose dire, « romain », tout porte à croire à une intensification des collaborations.  Une chose est certaine, l’Église du Québec est appelée à devenir chef de file de cette nouvelle évangélisation en faisant preuve decette créativité qui a fait la réputation du Québec de par le monde.

L’Église communicatrice avant ses origines !

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L’été approche à grand pas et avec lui, pour plusieurs, un temps de détente et de repos. L’occasion rêvée pour changer d’air et reprendre les forces nécessaires aux différentes responsabilités qui nous attendent à la rentrée en septembre ! C’est également une opportunité en or pour lire et approfondir notre connaissance d’un sujet qui nous tient à cœur. Comme le disait saint Jean-Paul II « il semble plus que jamais opportun de réfléchir sur les “défis” que les communications sociales constituent pour l’Église, laquelle, comme le remarque Paul VI, “se sentirait coupable devant son Seigneur si elle ne mettait pas en œuvre ces puissants moyens” (no2). Ainsi, pour tous les lecteurs du blogue de S+L, j’offrirai tout au long de l’été des réflexions sur un sujet qui, je crois, vous intéresse particulièrement : l’Église et les médias.

Comme je l’ai déjà dit « l’Église est communicatrice depuis les origines ». Je dirais même qu’elle l’était avant même d’exister ! En effet, l’Église fut engendrée dans l’histoire par Celui qui est Communication par excellence. Sa nature profonde est à chercher dans le Mystère de la Très Sainte Trinité qui est constituée de relations (donc de communications) entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu étant Lui-même communication ad intra, comme le disent les théologiens, il était convenable qu’Il désire se communiquer à d’autres êtres que Lui. C’est ce qu’on appelle la « création ». Ainsi, en créant l’univers, Dieu allait pouvoir communiquer son Être en donnant l’existence à d’autres êtres. Nous savons que la chute de nos premiers parents a causé une rupture de communication avec Dieu. C’est la raison pour laquelle nous appelons Révélation la reprise du dialogue entre Dieu et les hommes. À un moment donné de l’histoire, Dieu a repris contact avec l’humanité par un dialogue plein d’amour et de miséricorde dans lequel Il révéla peu à peu son dessein de retrouver ses droits de paternité sur ses enfants. Jésus, l’Incarnation du Fils éternel du Père est la plénitude de ce dialogue, l’Interlocuteur et le « Médium » par excellence entre les hommes et Dieu le Père. C’est par Lui que nous pouvons être reconnus par Dieu comme ses fils et ses filles. L’Église étant la continuation de la Présence du Christ sur terre, sa vocation est de répandre les grâces de Dieu sur la Terre. En d’autres termes, de communiquer à l’humanité blessée sa vocation à la vie éternelle et le dessein d’amour du Père.

Ce bref résumé nous montre bien jusqu’à quel point la réalité de la communication est centrale pour l’Église et tous ses membres. Dans ce contexte, nous voyons bien pourquoi il est nécessaire d’approfondir les rapports de l’Église avec les médias. Je tiens à en mentionner ici quelques-unes de ses raisons telles que présentés par Dariusz Gronowski et José Maria La Porte dans leur article « La communication aux yeux d’un théologien » paru dans le manuel Introduction à la communication institutionnelle de l’Église.

  • L’étude de la communication aide l’Église à comprendre le monde contemporain et la situation de l’Église à l’intérieur de la culture. En effet, il est clair que nous ne sommes pas envoyés en mission dans un monde parallèle qui serait déjà parfaitement adapté au message que nous sommes sensés lui transmettre. Au contraire, si nous sommes appelés à entrer en dialogue avec notre monde, c’est qu’il a, consciemment ou non, soif de Dieu et d’absolu. Nous devons donc trouver les moyens les plus appropriés pour qu’une rencontre avec Dieu soit possible pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui. De même, comprendre la culture médiatique dans laquelle nous nous trouvons permettra à l’Église de se positionner correctement. Par exemple, en mettant à l’avant plan les éléments du catholicisme facilement acceptables dans une culture donnée pour créer un climat propice à l’échange et à l’acceptation d’autres positions, celles-là plus difficiles et contre culturelles.
  • L’étude de la communication aide l’Église à développer les meilleurs moyens pour multiplier et répandre le message. Connaître les médias de près est pour l’Église un moyen de faire entendre la Révélation de Dieu à tous les hommes. Par exemple, il est aisé de constater l’immense potentiel que représentent les médias sociaux aujourd’hui. Contrairement aux médias de masse traditionnels qui pouvaient parfois être un obstacle dans la transmission du véritable message de l’Église, les médias sociaux offrent une opportunité sans précédent pour élaborer des stratégies de communication fidèles au message de l’Église. Ainsi un plus grand nombre de personnes seront en mesure d’entrer en contact avec la foi authentiquement catholique c’est-à-dire dans son intégralité.
  • L’étude de la communication permet à l’Église d’accomplir plus efficacement sa mission d’éducation. L’Église a toujours joué un rôle central dans l’éducation de toutes les générations. L’ignorance étant d’abord et avant tout une pauvreté de l’intelligence, l’Église a toujours pris au sérieux son mandat divin d’aider à nourrir le corps et l’esprit des indigents de ce monde. Bien que la plupart des pays du monde détiennent toujours des écoles et universités catholiques, d’autres, dont la province de Québec, n’offrent plus la possibilité aux parents catholiques d’avoir des institutions d’enseignement conformes à leurs convictions les plus profondes. Dans ce contexte, les nouveaux médias d’information peuvent être une opportunité pour l’Église de remplir son rôle d’éducation en offrant une panoplie de ressources jusqu’à ce que le manque actuel soit combler.

De nombreuses autres raisons pourraient nous convaincre de l’opportunité que représentent les nouveaux médias pour l’évangélisation et la mission de l’Église en général. Pour plus de détails, je vous suggère la lecture de l’article La communication aux yeux d’un théologien mentionné plus haut. La semaine prochaine, nous poursuivrons notre réflexion sur les relations entre l’Église et les médias en relatant les défis et risques qu’ils peuvent représenter.

« Nous te rendons grâce pour ton immense gloire »

Trinity Orta

Solennité de la Trinité – dimanche 22 mai 2016

Proverbes 8,22-31
Romains 5,1-5
Jean 16,12-15

Ce Dimanche qui suit la Pentecôte, nous célébrons la solennité de la Trinité. Grâce à l’Esprit Saint qui nous aide à comprendre les mots de Jésus et qui nous guide vers la vérité absolue, nous, croyants pouvant avoir une expérience personnelle de l’intimité de Dieu lui-même, en découvrant qu’il n’est pas solitude infinie mais communion de lumière et d’amour, vie donnée et reçue dans un dialogue éternel entre le Père et le Fils, dans le Saint Esprit.

La Dame Sagesse, le communicateur

Notre première lecture d’aujourd’hui extraite du livre des Proverbes [8,22-31] parle de la Dame Sagesse, la personne que Dieu avait créée avant les créations du monde, afin de communiquer l’amour de Dieu et nous guider dans une existence paisible. La Sagesse est parallèle, de plusieurs manières, au Saint Esprit du Nouveau Testament. Même si nous sommes incapables d’expliquer la Trinité de manière rationnelle, nous sommes supposés manifester le Dieu trinitaire par nos actions.

Le Livre des Proverbes est le plus « terre-à-terre » parmi tous les livres de la Bible. Dans ce recueil de dictons abrégés et pragmatiques qui constituent la majorité de ce livre, il existe une réflexion mystique magnifique dans le chapitre 8. La « Dame Sagesse » est personnifiée, dans une tentative de décrire les manières par lesquelles Dieu a choisi de révéler sa nature divine.

La Sagesse est présentée comme un phénomène impliqué avec Dieu, et dans des récits ultérieurs la sagesse est perçue comme qualité dont les êtres humains ont besoin afin de discerner l’œuvre de Dieu dans le monde. La supériorité de la sagesse sur toute chose est due à son origine qui précède ces derniers. Quoique l’on voit la sagesse émaner de la demeure mystérieuse de Dieu, elle demeure visible à nous, « établie dans le ciel, » à travers « la mer [et] ses confins, » sur la « surface de la terre de Dieu. » La Sagesse a été répandue, engendrée par Dieu au commencement et, en tant que « co-travailleuse » de Dieu, la sagesse a dirigé la création et a retrouvé l’enchantement dans la race humaine.

Expérience et discernement

Le lyricisme de Proverbes est supposé nous donner un sens de la beauté et de la permanence – en effet, qualité éternelle – de la sagesse. Dans tous ces attributs, la sagesse possède des qualités Divines. Elle est aussi le don de Dieu aux êtres humains, don qui les permet de voir au-delà du sens littéral et de pénétrer la signification la plus profonde des évènements de al vie. La Sagesse est parallèle à l’Esprit Saint de maintes manières. La Sagesse n’est assimilée d’aucune manière à la prouesse intellectuelle, à l’accumulation d’informations ou de simples données. La Sagesse est plutôt plus intimement associée à l’expérience et au discernement. Par-dessus tout, elle est une entité spirituelle, qui ne dépend point de la pensée et de la logique mais qui y est de loin supérieure. 

Les effets de la justification

Dans sa lettre aux Romains [Romains 5,1-5], Paul commence à évoquer la foi chrétienne en Jésus, présente l’expérience chrétienne dans son essence et explique comment le salut est accordé aux vertueux. Dans le passage d’aujourd’hui, le mystère de l’Esprit Saint surpasse la formulation théologique et devient un ingrédient actif, un levain, dans la vie quotidienne. Le premier effet de la justification des expériences chrétiennes est la paix ; la réconciliation remplace la séparation. Le second effet de la justification est l’espérance.

Une fois justifié, le chrétien est réconcilié à Dieu et vit dès lors une paix qui ne peut être dérangée par les troubles bouleversants, ni par les souffrances, une espérance qui ne connait pas de déception, et une confiance de salut en Jésus. L’extrait sur la foi est un paradoxe Paulinien typique : le chrétien qui exprime sa fierté place cette dernière dans une chose qui dépasse totalement les pouvoirs humains – dans la foi. Le verset 5 exprime l’assurance puissante qu’une (telle) espérance ne nous déçoit pas. Le chrétien ne sera jamais embarrassé par une foi déçue ; comparaison implicite avec la simple foi humaine, qui peut décevoir. L’Esprit de Dieu doit guider nos vies, les modeler et les façonner suivant la vie et le paradigme de Jésus.

Une attitude de foi profonde et d’optimisme chrétien est cruciale dans notre vie. Le verset 5 comprend aussi l’expression suivante : l’amour de Dieu – ne devant être interprétée par notre amour de Dieu, mais plutôt par l’amour de Dieu pour nous. Cet amour est exprimé à travers Jésus et perpétué par l’Esprit Saint qui demeure dans notre cœur pour nous ramener à l’amour de Dieu. Paul nous assure que même la souffrance peut nous rendre capables d’endurer, de développer du caractère, et d’espérer pour la victoire avec Jésus, notre modèle. Le don de l’Esprit n’est pas seulement la preuve, mais aussi le moyen de la surabondance de l’amour de Dieu pour nous.

Vers une compréhension plus profonde du message de Jésus

Dans la lecture de l’évangile de Jean [Jean 16,12-15], les disciples n’ont pas pu supporter tout ce que Jésus avait à leur dire. Ils avaient d’abord besoin d’assurance qui ne pouvait être donnée qu’à travers son triomphe sur la mort. Il est dit que l’Esprit de vérité engage l’Église. L’Esprit nous « déclarera » ce qui adviendra [Jean 16,13]. L’Esprit nous « déclarera » ce que l’Esprit a extrait du Christ [Jean 16,14]. L’Esprit prendra ce qui est du Christ et nous le « déclarera » [Jean 16,15]. Le même verbe est utilisé à trois reprises pour décrire la même activité, anagallis : qui annonce ou proclame quelque chose de nouveau. Cela signifie que l’Esprit continuera ce qui a été réalisé en Christ. Mais l’Esprit Saint nous l’interprètera, y explorera un sens plus profond, et le rendra compréhensible dans plusieurs cultures et contextes. Cette connotation de la « révélation de ce qui arrivera » ne voulait pas dire que le Paraclet pouvait faire n’importe quelles révélations prophétiques sur le futur, mais que le Paraclet guidait la communauté dans son assimilation de Jésus en tant qu’accomplissement de tout ce qui a été promis dans les Écritures.

Notre mission et notre vocation

L’Esprit guide l’Église vers la Vérité à travers son activité continue, à travers son interprétation déclarative de ce qui provient du Christ, pour que l’expérience de la foi puisse tendre vers une compréhension plus approfondie de ce qui est en Christ. C’est un concept riche et profond qui décrit la vocation et la mission du vrai berger et de la personne du prêtre : nous sommes appelés a interpréter l’expérience de la foi qui permet une compréhension et un savoir plus approfondis de Dieu dans la vie de chaque personne et dans la vie du monde. Notre mission est en vérité « de prendre ce qui est du Christ et de le déclarer, » de l’interpréter, de le professer, et de le proclamer toujours et encore au monde. « Prendre ce qui est du Christ » indique un contact personnel profond avec le Christ à travers la prière, la contemplation et l’étude. Dans l’Esprit, nous devons amener ce qui est du Christ vers un nouvel ordre de compréhension, vers une réalisation dans l’ordre temporel. Nous sommes appelés à construire une civilisation de justice, d’amour et de paix basée sur notre connaissance de la relation à Jésus Christ.

Expérimenter la Gloire

La gloire de Dieu qui grandit constitue la révélation progressive de la Trinité. Qu’est ce que l’expérience de la gloire pour nous ? Elle n’est pas euphorie, bonheur ou extase, bien que ces éléments puissent en effet être présents chez ceux qui ont des expériences profondes de la Présence de Dieu dans leurs vies. Lorsque la présence et l’idée de Dieu arrivent à dominer notre conscience et notre amour, lorsqu’elle devient présente, de façon presque palpable, avec l’intensité d’un sens et d’un amour plus mystérieux, c’est ça la gloire. Lorsque l’expérience de Dieu nous soutient au milieu d’une douleur atroce et d’une souffrance, d’une obscurité spirituelle et d’un vide, d’une crise et d’une confusion, nous avons un avant-gout de la gloire de Dieu. Quoiqu’il nous arrive, nous savons que Dieu est avec nous, que Dieu nous entoure, nous protège et nous porte dans la paume de sa main. Saint Paul explique que c’est en effet dans cette espérance pour la gloire que les êtres humains sont appelés à exalter. Ainsi, c’est une immense grâce de Dieu que l’Église prie chaque dimanche en disant : « Nous te rendons grâce pour ton immense gloire. » 

La Trinité est Communication

La Trinité est communication entre le Père, le Fils, et le Saint Esprit. C’est le mystère profond que rappelle la liturgie de ce dimanche pour la fête de la Sainte Trinité : la réalité inexprimable de Dieu et la manière de laquelle son mystère nous a été donné. Nous pouvons lutter avec la Sainte Trinité, certes, mais nous l’accueillons dans nos mains chaque fois que nous faisons le signe de la croix.

Je conclue avec cet extrait de la Trinité comme Mystère du dialogue « Sur la Providence Divine » par Sainte Catherine de Siena (Cap 167, Gratiarum actio ad Trinitatem). Cet extrait est utilisé dans l’Office des Lectures Romanes pour la liturgie mémoriale de cette grande Sainte de l’Église, dont la fête est célébrée le 29 avril de chaque année. C’est une prière magnifique de la Trinité que nous pouvons prier chaque jour :

Dieu éternel, Trinité éternelle, vous avez rendu le sang du Christ si précieux a travers son partage dans votre nature divine. Vous êtes un mystère aussi profond que la mer ; plus je cherche, plus je découvre, et plus je découvre plus je te cherche. Mais je ne peux jamais être satisfaite ; ce que je reçois me laisse avec un désir illimité. Lorsque vous remplissez mon âme je sens un faim encore plus aigüe, et je m’affame davantage pour votre lumière. Je désire par dessus tout vous voir, vraie lumière, comme vous êtes en réalité.

J’ai gouté et perçu la profondeur de votre mystère et la beauté de votre création avec la lumière de ma compréhension. Je me suis vêtue par votre image et ai vu ce que je serais. Père éternel, vous m’avez donnée un part de votre pouvoir et la sagesse que le Christ déclare comme étant propre à lui, et votre Esprit Saint m’a donné le désir de vous aimer. Vous êtes mon Créateur, Trinité et je suis votre créature. Vous avez fait de moi une nouvelle création, car vous m’avez illuminée.

Que la Sainte Trinité de Dieu – dans sa bonté et son mystère indescriptibles – nous apprennent et nous guide dans notre vie, et que nous puissions grandir dans « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné » [Romains 5,5].

(Image: La Sainte Trinité par Luca Rossetti da Orta)