L’ouverture à la vie et la responsabilité éducative: réflexion sur l’Instrumentum Laboris (4e partie)

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Comme il est mentionné à plusieurs reprises, l’Instrumentum Laboris « a été agencé […] de façon à en confronter le contenu et à favoriser son approfondissement durant les travaux de la IIIème Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques »[1]. C’est en restant fidèle à ce but que la troisième partie du document aborde la responsabilité de la transmission de la vie et de la foi. Pour ce faire, on représente la « signification prophétique » (no122) de l’encyclique Humanae vitae et du lien indissoluble qu’il définit entre la dimension procréative et unitive de l’acte sexuel humain qui ne peuvent être séparées sans causer un dommage à l’amour entre les époux. Tout en soulignant le « tourment de l’homme contemporain pour tout ce qui touche à l’affectivité, à l’engendrement de la vie, à la réciprocité entre l’homme et la femme, à la paternité et à la maternité »[2], le document explicite les diverses réponses obtenues sur les causes de « l’accueil difficile » (no 126) de cet enseignement d’amour de l’Église. Parmi ces dernières sont mentionnées « l’abîme qui existe entre la doctrine de l’Église et l’éducation civile » (no 126) manifestant une « différence de l’anthropologie de fond » (no 126) comme, par exemple, la mentalité contraceptive et la présence massive de l’idéologie du genre (no 127). Pour contrer un tel phénomène, le document souligne l’idée qu’on ne pourra bien répondre à ces défis par « une casuistique » puisque cela impliquerait un réductionnisme jetant un ombrage sur « l’ample vision de l’anthropologie chrétienne » (no 126). Ainsi on proposerait, par l’usage d’un « nouveau langage » (no 128) des « parcours d’éducation à l’amour » (no 128) permettant la diffusion de mœurs intellectuelles ainsi que la promotion sur la place publique de politiques sociales favorisant une plus grande « ouverture à la vie » (no 131). [Read more…]

La famille dans le contexte de l’évangélisation : réflexions sur l’Instrumentum Laboris du Synode extraordinaire des Évêques 2014

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Photo: courtoisie CatholicNewsService

Depuis son élection le 13 mars 2013, la conversion missionnaire de l’Église a clairement été identifiée par le pape François comme étant une priorité de son pontificat. La convocation du Synode extraordinaire d’octobre prochain peut être lue à la lumière de cette orientation. Dans un premier temps, il est nécessaire de mettre l’Instrumentum laboris dans le contexte de sa publication et des différents rôles qu’il est sensé jouer durant les travaux synodaux. D’abord, le présent Instrumentum Laboris, comme son nom l’indique, se veut un instrument de travail ou, plutôt, un guide orientant la réflexion des Pères Synodaux. La particularité de ce texte de base, que l’on retrouve avant tout synode, se trouve dans le fait qu’il est le fruit d’une consultation mondiale sur le thème de la famille. En effet, il y a maintenant plusieurs mois, un questionnaire attaché au Document préparatoire a été envoyé dans tous les pays du monde pour connaître la perception des fidèles en général sur les thèmes liés à la réalité de la famille non seulement dans un contexte chrétien catholique mais également dans la société en général. Les résultats ont été compilés et présentés dans ce document « pour réfléchir sur le chemin à suivre pour communiquer à tous les hommes la vérité de l’amour conjugal et de la famille en répondant à ses multiples défis »[1] puisque c’est dans la contemplation du « visage réel que l’Église présente aujourd’hui [que] naît un désir généreux et comme impatient de renouvellement »[2]. Enfin, il est important de noter que la démarche de réflexion de l’Église universelle se déroulera en deux étapes étalées sur deux années comprenant un synode extraordinaire en octobre 2014 plus spécifiquement dédié à l’analyse des résultats de l’enquête et qui mènera à un Synode ordinaire en 2015 duquel émanera, sous la responsabilité de l’évêque de Rome, des orientations fondamentales pour la mission évangélisatrice de la famille au niveau de l’Église universelle. [Read more…]

François, un an plus tard

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Le Conclave

Le mardi après-midi 12 mars 2013, l’excitation et les espoirs étaient palpables alors que le Collège des Cardinaux entrait en Conclave. Le lendemain après-midi, par l’acclamation « Habemus Papam » était présenté comme pape un étranger, un homme de l’extérieur qui allait, toutefois, gagner rapidement la sympathie de la multitude présente à la Place Saint-Pierre et dans le monde entier. Qui aurait cru que ce serait par ces simples mots « fratelli e Sorelle, buona sera! » (Frères et sœurs, bonne soirée! ) que pouvait commencer un pontificat? Je n’aurais jamais pu, même dans mes rêves les plus fous, imaginer qu’un Pape puisse s’appeler un jour François! De même, il n’avait jamais eu l’idée de la scène qui s’est déroulée ensuite lorsque près de cent milles personnes emmerveillées sont soudainement devenues silencieuses après que le Pape leur ait demandé de prier pour lui et sur lui. Ce fut le moment le plus touchant auquel j’ai pu assister lors d’une célébration au Vatican. Ces mots « Priez pour moi » résonne encore à mes oreilles.

Dès ces premiers moments, le Pape François a décrit son rôle en utilisant l’ancien titre « d’évêque de Rome » qui préside à la charité, faisant ainsi écho à la célèbre déclaration de Saint Ignace d’Antioche. François a apporté à la papauté le « génie » de faire des gestes significatifs et porteurs de messages puissants.

Le regard du Seigneur

Lorsque le Pape François a donné un portrait spirituel de sa personne à l’occasion d’une entrevue sans précédent accordée à une revue Jésuite en septembre dernier, il se décrivait comme se tenant sous le regard du Seigneur : « Je suis un pécheur sur qui le Seigneur a daigné jeter son regard ». Le Pape parle de ce regard du Christ en faisant référence au tableau de Caravaggio « La vocation de Saint Mathieu » qu’il a souvent contemplé dans l’église Saint-Louis-des-Français à Rome. [Read more…]

«Les personnes gravement malades et en fin de vie occupent nos pensées et nos cœurs »

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Message de l’Archevêque de Montréal aux fidèles du diocèse concernant le projet de loi 52 visant à légaliser l’euthanasie. 2014-02-05

Fragilité et valeur de la vie

Les questions d’accompagnement des personnes gravement malades et en fin de vie occupent nos pensées et nos cœurs depuis quelques décennies. Les soins palliatifs se sont développés pour répondre à la souffrance et à la douleur, tout en évitant l’acharnement thérapeutique. Au Québec, nos députés s’apprêtent à voter très bientôt sur le Projet de loi 52, « Loi concernant les soins de fin de vie », qui rendrait possible l’euthanasie sous l’appellation d’ « aide médicale à mourir ». Or, devancer la mort ce n’est pas aider à mourir mais faire mourir. C’est pourquoi j’estime important de vous faire part d’une réflexion sur le choix inconditionnel du respect de la vie, quel que soit l’état de faiblesse d’une personne, invitant à tenir ensemble fragilité et valeur de la vie, compassion et espérance.

« Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d’amertume, qui aspirent à la mort sans qu’elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu’un trésor ? » (Job 3, 20-21). La prière de Job exprime ici que son angoisse est telle qu’il ne veut plus vivre. Il s’en remet pourtant à Dieu qui « tient en son pouvoir l’âme de tout vivant et le souffle de toute chair d’homme » (Job, 12, 10) en disant dans la confiance et l’espérance : «  Je sais que tu peux tout et que nul projet pour toi n’est impossible. » (Job 42, 2). [Read more…]

L’Évangélisation au Canada, réfléchissons avec les Évêques

blog_1390662189Il devenu maintenant évident que l’Église en occident, spécialement depuis l’élection du Pape François, est en train de vivre une véritablement révolution. Non que la nature de l’Église catholique soit en train de changer : elle restera toujours l’Épouse bien aimée du Christ sauveur de l’humanité. C’est plutôt l’attitude de ses enfants qui subit un tournant : une conversion missionnaire. Dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium, le Pape François parle de « transformation missionnaire de l’Église », un changement qui nous invite tous à « sortir de [notre] propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile »[1]. L’évangélisation a toujours été d’actualité puisque tous les cœurs ont le droit d’entendre la voix du Christ. Dans les sociétés fondées et développées sous l’influence du christianisme, ce mandat missionnaire a pu se dissoudre peu à peu devant des réflexions comme : « tout le monde est chrétien autour de moi, pourquoi devrais-je faire l’effort d’aller vers d’autres? Ils ne veulent pas entendre parler de Jésus, ils sont bien comme ils sont ! ». Pourquoi ce genre de réflexion n’a plus lieu d’être? Parce que nous ne sommes plus dans un monde chrétien et que nous voyons, puisque nous l’avons nous-mêmes expérimenté, combien le Christ pourrait faire une heureuse différence dans la vie des gens. Cette prise de conscience est le point de départ de notre appel à la mission. L’Église canadienne vit cette situation et elle prend l’interpellation du Pape François au sérieux. Voilà pourquoi la commission épiscopale pour la doctrine de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a publié récemment un document pour proposer plusieurs changements que nous devons apporter à notre attitude pour qu’elle soit plus conforme à l’ardeur de l’Amour du Christ pour les âmes canadiennes qui nous entourent. Je vous propose donc une série de blogues dans les prochaines semaines consacrés à une lecture commentée du document : Les composantes de l’Évangélisation aujourd’hui.

Dans leur introduction, les Évêques canadiens  constatent : « nous vivons […] dans une société pluraliste où la foi chrétienne ne va pas de soi »[2]. Telle est aujourd’hui la réalité qui nous entoure. Ainsi, puisque l’Église n’est plus aujourd’hui l’unique référence morale mais demeure, néanmoins, orientée vers le salut de tous, elle se doit de mieux comprendre ce monde afin de mieux l’aimer. C’est donc cette volonté d’améliorer la qualité de son amour envers le monde que l’Église propose comme critère premier pour guider les diverses transformations à faire. Mieux connaître : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent »[3] nous aidera donc à accentuer, en un premier temps, ce qui dans notre Foi, correspond le mieux à ces besoins. Cette considération nous aide à comprendre pourquoi les évêques affirment que : « à bien des égards, notre situation est semblable à celle des premiers chrétiens qui devaient porter la Bonne Nouvelle dans un monde où s’affrontaient divers courants religieux et philosophiques »[4]. Tentons de voir qu’elles sont les similitudes entre notre époque et celle du premier siècle.

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Le Conclave. Comment le Pape est-il élu?

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En cette période de transition pontificale dans l’Église, Sel + Lumière est fier de présenter un documentaire de Goya Producciones.

Tous les yeux sont rivés sur le Vatican. La démission de Benoît XVI marque une nouvelle ère pour l’Église catholique. Des millions de gens se demandent qui prendra la place de ce grand Pape allemand qui a prêché ici et dans tant d’autres lieux. Au cours des deux mille dernières années, 265 papes ont piloté la barque de saint Pierre, à travers une mer de difficultés. Mais c’est la première succession d’un pape vivant depuis sept siècles.

Comment un pape est-il élu? Est-ce comme les élections d’aujourd’hui? Les cardinaux peuvent-ils former des partis, des alliances ou des pactes électoraux? Y a-t-il quelque chose de surnaturel dans le conclave?

Benoît XVI a apporté un grand prestige à la papauté. Quelle surprise nous réserve son successeur?
Maintenir l’espoir et la foi dans un monde de plus en plus sécularisé fait partie du devoir colossal qui sera transmis au nouveau successeur de Saint-Pierre.

Ce dimanche 10 mars à 23h30, lundi 11 mars à 22h et mardi 12 mars à 13h.

Sel + Lumière diffusera aussi en direct du Vatican les cérémonies et des émissions spéciales, avant, pendant et après le conclave.

L’ombre de Pierre sur nous en la personne de Benoît XVI

Benoît XVI
Une image forte de Pierre se présente à nous dans les Actes des Apôtres 5:15-16: «Ils ont même porté le sortir malades dans les rues et qu’on les plaçait sur des lits et des palettes, de sorte que lorsque Pierre passerait, son ombre au moins pourrait tomber sur l’un d’eux. En outre, les habitants des villes à proximité de Jérusalem venaient ensemble, rassembler les gens qui étaient malades ou tourmentés par des esprits impurs, et ils étaient tous guéris.  »

J’ai toujours été ému par l’image de l’ombre de Peter passant sur les malades et les affligés. Les gens qui passaient dans l’ombre de Pierre étaient guéris, et non par l’ombre de Pierre, mais la puissance de Dieu à l’œuvre à travers Pierre. Ces miracles de guérison ont attiré les personnes de l’Eglise primitive et ont confirmé la vérité de l’enseignement des Apôtres et le fait que la puissance de Dieu était avec eux. Nous apprenons aussi que les chefs religieux qui étaient jaloux de la puissance de Jésus et l’autorité des Apôtres vues comme une menace continue et exigeant le respect d’eux-mêmes. Les apôtres n’exigeaient pas le respect d’eux-mêmes. Leur but était d’apporter le respect et la révérence à Dieu. Les apôtres avaient acquis le respect du peuple, non pas parce qu’ils l’exigeaient, mais parce qu’ils le méritaient. [Read more…]

Témoin: Mgr Luis Antonio Tagle

13 decembre, 2012 – Lors du Congrès eucharistique international de Dublin, le Père Thomas Rosica, csb a rencontré Mgr Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, Philippines. Celui-ci était aussi intervenu lors du Congrès eucharistique international de Québec. Dans cette entrevue exclusive, quelques mois avant d’être nommé cardinal, Mgr Tagle parle de la situation de l’Église en Asie et de la canonisation de Pedro Calungsod.

« Adveniat regnum tuam! » – Que ton règne vienne!


Homelie du Saint Père Benoit XVI – 25 novembre, 2012

Messieurs les Cardinaux,
Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
Chers frères et sœurs,

La solennité du Christ-Roi de l’univers – couronnement de l’année liturgique – s’enrichit aujourd’hui de l’accueil dans le Collège cardinalice de six nouveaux Membres que, selon la tradition, j’ai invités à concélébrer avec moi l’Eucharistie, ce matin. À chacun d’eux, j’adresse mes plus cordiales salutations, en remerciant le Cardinal James Michael Harvey pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées au nom de tous. Je salue les autres Cardinaux et tous les Prélats présents, ainsi que les illustres autorités, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, les prêtres, les religieux et tous les fidèles, particulièrement ceux venus des diocèses confiés à la charge pastorale des nouveaux Cardinaux.

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, l’Église nous invite à célébrer le Seigneur Jésus, Roi de l’univers. Elle nous appelle à tourner notre regard vers l’avenir, ou mieux plus profondément, vers la destination finale de l’histoire qui sera le règne définitif et éternel du Christ. Il était au commencement avec le Père, quand le monde a été créé, et il manifestera pleinement sa seigneurie à la fin des temps, quand il jugera tous les hommes. Les trois lectures d’aujourd’hui nous parlent de ce règne. Dans le passage de l’évangile, tiré de l’Évangile de Saint Jean, que nous avons écouté, Jésus se trouve dans une situation humiliante – celle d’accusé – devant le pouvoir romain. Il a été arrêté, insulté, raillé, et ses ennemis espèrent obtenir maintenant sa condamnation au supplice de la croix. Ils l’ont présenté à Pilate comme quelqu’un qui aspire au pouvoir politique, comme le prétendu roi des juifs. Le procureur romain mène son enquête et interroge Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? » (Jn 18, 33). Répondant à cette demande, Jésus précise la nature de son règne et de sa messianité-même, qui n’est pas un pouvoir mondain, mais un amour qui sert ; il affirme que son règne ne doit pas être absolument confondu avec un règne politique quelconque : « Ma royauté ne vient pas de ce monde … Non, ma royauté ne vient pas d’ici » (v. 36). [Read more…]

L’avenir de l’humanité passe par le mariage et la famille


Père Thomas Rosica, csb
Directeur-général, Fondation catholiqie Sel et Lumière Média

Au lendemain des dernières élections aux Etats-Unis, et à la lumière du vote en faveur du mariage entre les personnes du même sexe, dans de nombreux Etats, nous recevons de nombreux messages de nos téléspectateurs et lecteurs  soucieux qui demandent la position de l’Eglise et notre position sur cette question. Je suis heureux de redire ici ce l’Eglise enseigne et ce que nous, à Télévision Sel et Lumiere, nous avons enseigné  depuis nos débuts il y a 10 ans.

Dans les encycliques Humanae Vitae (1968) et Evangelium Vitae (1995) et, en particulier, dans l’exhortation apostolique Familiaris Consortio (1981) et dans la magnifique Lettre aux familles (1994), les papes Paul VI et Jean-Paul II ont accordé une grande attention au mariage et à la famille dans la culture d’aujourd’hui. Dès la première année de son pontificat, le bienheureux Jean-Paul II a mis l’accent sur le fait que « la famille est la voie de l’Eglise ». La famille est une école de communion, fondée sur les valeurs de l’Evangile.

A l’occasion du 40e anniversaire de l’encyclique Humanae Vitae, les évêques du Canada ont publié un document très important. On y lit notamment au numéro 19 :

« En somme, l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI, et à sa suite la « théologie du corps » élaborée le pape Jean-Paul II, lancent un défi immense à un monde trop souvent occupé à se protéger de l’extraordinaire potentiel de vie de la sexualité. A la suite de ces deux papes au regard prophétique, l’Eglise « experte en humanité » lance un message inattendu : la sexualité est une amie. Un don de Dieu. Elle nous est révèlée par le Dieu trinitaire qui nous demande d’en révéler à notre tour la grandeur et la dignité à nos contemporains en ce début de troisième millénaire. Certains comparent la théologie du corps è une véritable révolution qui pourrait produire ses fruits au cours du XXIe siècle du christianisme. Nous invitons les baptisés à être les premiers à en expérimenter le potentiel libérateur. »

Pour accepter l’enseignement de Jésus en matière de mariage, il faut avoir l’ouverture d’esprit qu’ont les enfants et un sens de dépendance à l’égard de la force de Dieu, semblable à la dépendance de l’enfant envers ses parents. Lorsque l’amour est authentique, fort, sincère et ferme, il s’accompagne de vision, de joie, de créativité, de vie nouvelle et d’un désir de sainteté . Lorsque des couples mariés mettent le Christ au centre de leur projet, ils ressentent profondément la paix répandue par Dieu – paix qui rejaillit sur leurs enfants et leurs petits-enfants.

La crise des vocations en Occident nous oblige à repenser non seulement notre façon de promouvoir les vocations, mais le terrain où tombent les semences de vocation. Cette terre fertile pour les vocations, c’est la famille, l’Eglise domestique.

Cette réalité est suscitée par la présence du Christ dans la maison, par la grâce des sacrements, spécialement l’Eucharistie, et par la fidélité à l’Evangile et aux enseignements de l’Eglise.

Il y a des voix dans notre société et dans notre Eglise qui concèdent peu de chances au sacrement de mariage et à la vie de famille. Je ne suis pas d’accord avec ces prophètes de malheur. Chacun de nous a la responsabilité de favoriser une véritable culture du mariage et de la vie de famille, autant qu’une culture des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse ou consacrée.

Je suis ému et édifié par les jeunes qui forment l’équipe du réseau de télévision Sel et Lumière au Canada. Leur foi simple et claire, leur joie profonde, leur engagement sans équivoque, leur amour visible pour le Christ et pour l’Eglise et leur désir ardent d’évangélisation sont inspirants. Au cours des dix dernières années, j’ai été le témoin privilégié de professions religieuses et d’ordinations de plusieurs collègues à Sel et Lumière et j’ai célébré sept mariages parmi les membres de mon personnel – dont plusieurs avaient travaillé avec moi à préparer les Journées mondiales de la jeunesse en 2002. Nous en sommes maintenant à la saison des baptêmes! C’est de cette génération d’enfants que sortiront des vocations pour l’Eglise. Comment n’y aurait-il pas de vocations lorsque le terrain est si fertile et que les parents sont ouverts à l’Evangile et à l’Eglise?

Il ne faut jamais oublier qu’il existe dans la société d’autres liens d’amour et d’interdépendance, d’engagement et de responsabilité mutuelle. Ils peuvent être bons, ils peuvent même être reconnus par la loi. Ils ne sont clairement pas la même chose que le mariage; ils sont quelque chose d’autre. Aucune extension de la terminologie à des fins juridiques ne changera la réalité observable que seule l’union engagée d’un homme et d’une femme comporte non seulement le lien d’interdépendance entre deux adultes mais aussi la capacité de donner vie à des enfants.

Réengageons-nous à construire la famille humaine, à renforcer le mariage, à bénir et à élever les enfants et à faire de nos maisons, de nos familles et de nos communautés paroissiales des lieux sacrés et accueillants pour les femmes et les hommes de toutes races, langues, orientations et modes de vie.

Dans notre prédication, nos stratégies et nos programmes pastoraux, comment accueillons-nous le rôle sanctifiant de Jésus Christ dans le mariage d’un homme et d’une femme? Sommes-nous prêts à offrir l’enseignement de Jésus sur le mariage avec l’ouverture à la vie? Quelles sont les fragilités et les situations souffrantes qui affligent les mariages de nos jours? Ces mariages peuvent-ils être sauvés et la fracture dans la relation entre mari et femme peut-elle être guérie? Quel est le rôle de la foi dans tout cela?

Prions aujourd’hui pour les personnes mariées, afin qu’elles puissent mieux comprendre la sacramentalité du mariage et son aptitude à refléter l’amour de Dieu pour notre monde. Continuons de nous entraider à porter les blessures, les fardeaux et les croix que le Seigneur nous a donné. N’oublions jamais ceux et celles qui ont aimé et perdu quelqu’un, ceux et celles qui ont connu la douleur de la séparation, du divorce et de l’aliénation. Puissent-il trouver la guérison au sein de la communauté de l’Eglise et l’accueil de ceux et celles dont le mariage a porté beaucoup de fruits.