Tous les saints sont « Pro-vie » !

CNS photo/Art Babych

Ce jeudi 10 mai 2018, des milliers de personnes se réuniront sur la Colline parlementaire, à Ottawa, pour manifester leur soutien à la cause de la promotion et de la défense de la dignité humaine et de la vie de la conception à la mort naturelle. Cette cause méconnue et mal comprise n’a que très rarement reçu un accueil médiatique proportionnel à l’importance de l’enjeu qui s’y joue. Ses défenseurs, eux, font toujours l’objet de nombreux préjugés et a priori. Bien que la cause Pro-vie ne soit pas l’exclusivité des chrétiens, ces derniers bénéficient cette année d’un encouragement de taille par la publication de l’exhortation apostolique «Gaudete et Exhultate » du pape François. En effet, poursuivant notre analyse de ce document, on voit comment l’appel universel à la sainteté est indissociable de la défense des plus vulnérables de nos sociétés.

Dans un premier temps, le pape nous invite à faire preuve d’audace et à ne pas nous laisser aller à cette tendance toute humaine à faire comme tout le monde : « Bien que les paroles de Jésus puissent nous sembler poétiques, elles vont toutefois vraiment à contrecourant de ce qui est habituel, de ce qui se fait dans la société » (no 65). Ainsi, loin d’être des moutons, les chrétiens d’aujourd’hui sont, au contraire, invités à faire preuve d’esprit critique vis-à-vis de leurs propres comportements et habitudes. En ce sens, dans le chapitre trois, le Pape nous offre un commentaire des béatitudes dans lequel il manifeste, à la fois, le contraste qui existe entre la logique du monde et celle de Dieu et à la fois la dimension libératrice de chacune des béatitudes. En cette journée de la Marche pour la vie, deux de celles-ci ont particulièrement retenu mon attention.

« Heureux les affligés, car ils seront consolés » (Mt 5, 4)

Pour le pape François, le monde actuel nous invite fortement à nous contenter du « divertissement, de la jouissance, du loisir, de la diversion, et il nous dit que c’est cela qui fait la bonne vie » (no 75). Or, lorsque nous nous y arrêtons quelques instants, on se rend bien compte qu’il y a quelque chose de malsain derrière cette soif insatiable d’amusement. Sans vouloir être doloriste, je pense que nous devons nous réveiller de notre torpeur et faire face à la dimension tragique de l’existence, en incorporant la souffrance et la tristesse à notre vision du monde. Cacher le mal n’est pas une solution mais, au contraire, le meilleur moyen de ne jamais en trouver !

Au contraire, comme le dit le Pape : « La personne qui voit les choses comme elles sont réellement se laisse transpercer par la douleur et pleure dans son cœur, elle est capable de toucher les profondeurs de la vie et d’être authentiquement heureuse (no 76)[4]. Être saint implique donc le courage de faire face aux problèmes qui nous entourent tout en gardant une « option préférentielle pour les pauvres » et au premier chef : les enfants à naître et les malades en phase terminale (no 101). Défendre la vie de la conception à la mort naturelle est donc une condition sine qua non de l’agir et de la sainteté chrétienne puisque, comme le dit le document d’Aparecida rédigé sous la présidence du Cardinal Bergolio actuellement pape au numéro 112, l’être humain   « est toujours sacré, depuis sa conception, dans toutes les étapes de son existence, jusqu’à sa mort naturelle et après la mort », et que sa vie doit être protégée « depuis la conception, à toutes les étapes, et jusqu’à la mort naturelle ».

« Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux » (Mt, 5,10)

Rien ne manifeste plus l’efficacité d’un esprit contestataire qui dérange que les persécutions. En d’autres termes : « Pour vivre l’Évangile, on ne peut pas s’attendre à ce que tout autour de nous soit favorable, parce que souvent les ambitions du pouvoir et les intérêts mondains jouent contre nous » (no 91). Toutefois, il faut toujours faire preuve de discernement puisque Jésus ne proclame bienheureux que ceux qui sont persécutés « pour la justice ». Que la cause de la défense de la vie soit juste, cela ne fait aucun doute aux yeux de Dieu. Par contre, nous devons nous assurer que les moyens que nous utilisons servent la cause « en justice et en vérité » (Jn 4, 23-24) et non pas « en esprit de jalousie et de rivalité » (Phi, 1, 15). En ce sens, nous devons user de créativité et enlever tout obstacle inutile à la portée de notre discours comme ce préjugé tenace que contredit le pape :  « Un saint, nous dit-il,  « n’est pas quelqu’un de bizarre, de distant, qui se rend insupportable par sa vanité, sa négativité et ses rancœurs » (no93).

Il faut néanmoins être conscient que, sur les questions de la vie, notre monde a opéré un renversement de perspective. Ce que les sociétés occidentales modernes considèrent comme « un droit acquis »,  l’Église le considère comme « un crime abominable » (GS, no 51). En ce sens, les paroles du Pape sont claires.  Nous habitons dans une « société aliénée, prise dans un enchevêtrement politique, médiatique, économique, culturel et même religieux qui empêche un authentique développement humain et social, il devient difficile de vivre les béatitudes, et cela est même mal vu, suspecté, ridiculisé » (no 91). Nous devons donc accepter, chacun à notre manière et selon nos responsabilités, le prix à payer pour témoigner que la vie n’a pas de prix.

Alors que des milliers de personnes : évêques, religieux et religieuses, laïcs et personnes de bonne volonté se réunissent aujourd’hui dans la capitale canadienne pour promouvoir joyeusement leur appui à la promotion et à la défense de la vie, nous pouvons prendre cette occasion pour réfléchir à notre engagement personnel envers cette cause indissociable du chemin de sainteté chrétien. Méditant les béatitudes et les paroles du pape François, nous sommes tous appelés à faire un pas de plus dans la bonne direction, tout cela en gardant à l’esprit que « nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple […] avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle » (Mc 10, 29-30). Restez à l’écoute de Sel et Lumière pour une couverture exclusive de cet événement exceptionnel !

Message vidéo du Pape François sur les formes nouvelles de l’esclavage

Vous trouverez ci-dessous le texte complet du message vidéo du pape François tel qu’envoyé aux participants du Forum sur l’esclavage moderne, «Vieux problèmes du nouveau monde» et qui se tient à Buenos Aires du 5 au 8 mai 2018:

Chers frères et sœurs,

J’ai accepté avec plaisir l’invitation à adresser mes salutations à vous qui participez à ce forum sur les formes modernes d’esclavage: «Vieux problèmes du nouveau monde», organisé par le diocèse orthodoxe de Buenos Aires, dirigé par le Métropolite Tarasios,  par l’Institut orthodoxe «Patriarche Athénagoras» de Berkeley en Californie, et sous le patronage du Patriarcat œcuménique. Tout d’abord, je tiens à exprimer ma profonde gratitude au Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Bartholomée Ier, ainsi qu’à l’archevêque de Canterbury, Sa Grâce, Justin Welby, qui ont inauguré ce forum l’année dernière.

Cela me réconforte de savoir que nous partageons la même préoccupation pour les victimes de l’esclavage moderne.

L’esclavage n’est pas quelque chose d’un autre temps. C’est une pratique qui a des racines profondes et se manifeste encore aujourd’hui sous de nombreuses formes: la traite humaine, l’exploitation du travail par la dette, l’exploitation des enfants, l’exploitation sexuelle et le travail domestique forcé. Chacune de ces formes est plus sérieuse et inhumaine que les autres. Malgré le manque d’information dans certaines régions du monde, les chiffres sont spectaculairement élevés et, très probablement, sous-estimés. Selon certaines statistiques récentes, il y aurait plus de 40 millions de personnes, hommes, mais surtout femmes et enfants, qui souffrent d’esclavage. Pour avoir une idée, si elles vivaient dans une seule et même ville, il s’agirait de la plus mégapole de notre planète, et aurait plus ou moins une population quatre fois supérieure au Grand Buenos Aires.

Personne ne peut se laver les mains devant cette réalité tragique, s’il ne veut pas être complice de ce crime contre l’humanité. Le premier devoir qui s’impose est de mettre en place une stratégie qui permettra une meilleure connaissance du sujet, de déchirer le voile de l’indifférence qui semble couvrir le sort de cette partie de l’humanité qui souffre, qui est en train de souffrir. Il semblerait que beaucoup ne souhaitent pas comprendre l’ampleur du problème.

Certains, qui sont directement impliqués dans des organisations criminelles, ne veulent pas en être informés, simplement parce qu’ils en tirent de grands bénéfices grâce aux nouvelles formes d’esclavage. Il y a aussi ceux qui, malgré leur connaissance du problème, ne veulent pas parler parce que c’est là que se termine la «chaîne de consommation», en tant que consommateur de «services» qui offrent des hommes, des femmes et des enfants devenus esclaves. Nous ne pouvons pas être distraits: nous sommes tous appelés à sortir de toutes les formes d’hypocrisie, affrontant cette réalité que nous faisons partie du problème. Le problème n’est pas une chose extérieure devant nous: il m’implique. Nous ne sommes pas autorisés à détourner le regard, à déclarer notre ignorance ou notre innocence.

La deuxième grande tâche consiste à agir en faveur de ceux qui sont devenus des esclaves: défendre leurs droits, empêcher les corrompus et les criminels d’échapper à la justice et d’avoir le dernier mot sur les personnes exploitées. Il ne suffit pas que certains États et organisations internationales adoptent une politique particulièrement dure en voulant punir l’exploitation des êtres humains, si les causes ne sont pas abordées… Les racines les plus profondes du problème. Lorsque les pays souffrent de pauvreté extrême, ils subissent la violence et la corruption, ni l’économie, ni le cadre législatif, ni les infrastructures de base ne sont efficaces; ils ne peuvent garantir la sécurité, ni les biens, ni les droits essentiels. De cette façon, il est plus facile pour les auteurs de ces crimes de continuer à agir en toute impunité. De plus, il y a un fait sociologique: le crime organisé et le trafic illégal d’êtres humains choisissent leurs victimes parmi les personnes qui ont aujourd’hui peu de moyens de subsistance et encore moins d’espoir pour l’avenir. Pour être plus clair: parmi les plus pauvres, parmi les plus marginalisés, les plus mis au rebut. La réponse fondamentale réside dans la création d’opportunités pour le développement humain intégral, en commençant par une éducation de qualité: c’est le point clé, une éducation de qualité dès la petite enfance, pour continuer à générer de nouvelles opportunités de croissance par le travail. Éducation et travail.

Cet immense travail, qui demande du courage, de la patience et de la persévérance, nécessite un effort commun et global de la part des différents acteurs qui composent la société. Les Églises doivent également s’engager dans cette tâche. Bien que les individus et les groupes spéculent sans vergogne sur l’esclavage, nous les chrétiens, tous ensemble, nous sommes appelés à développer une collaboration de plus en plus grande pour que nous dépassons tous les types d’inégalité, la discrimination de toute nature, ce qui est exactement ce qui permet qu’un homme peut être l’esclave d’un autre homme. Un engagement commun pour faire face à ce défi sera une aide valable pour la construction d’une société renouvelée orientée vers la liberté, la justice et la paix.

Marcher pour une défense claire, ferme et passionnée de toute vie humaine

Être Pro-vie est l’une des plus profondes expressions de notre baptême : nous nous tenons debout devant les pouvoirs tels des fils et des filles de lumière, vêtus de l’humilité et de la charité, remplis de conviction, parlant avec fermeté, assurance et détermination le langage de la vérité et, ce, sans jamais perdre la joie et l’espoir. Être Pro-vie n’est pas l’exclusivité d’un parti politique ou d’un côté ou l’autre de l’échiquier politique. C’est une obligation pour tous qu’on soit de gauche, de droite ou du centre! Si nous sommes Pro-vie, nous ne devons pas diaboliser mais plutôt nous impliquer dans la culture qui nous entoure. Nous devons voir les autres avec le regard de Jésus. Nous devons donc aimer même ceux qui nous sont opposés. Marcher pour la vie à Ottawa, Washington ou dans n’importe quelle autre ville du monde signifie que nous soutenons la dignité de toute vie humaine. Cela signifie aussi que nous soutenons une vision globale de la cause pour la vie. Être Pro-vie aujourd’hui est un engagement véritablement prophétique et fait partie du combat pour un développement et l’établissement d’une véritable paix pour notre monde.

Les sujets brûlants d’actualité entourant la protection et la promotion de la vie, de la conception à la mort naturelle, doivent être une priorité pour toute personne quel que soit le côté de l’échiquier politique où elle se trouve. Cela n’est pas uniquement l’apanage de l’extrême droite. Plusieurs personnes, aveuglées par leur zèle et leur propre satisfaction ont fini par nuire à la cause qui leur était si chère. Cette cause que devons tous défendre de toutes nos forces jusqu’à épuisement. Ce qui est mal avec l’avortement, l’euthanasie, la sélection embryonnaire et la recherche illégitime sur les embryons ne sont pas les raisons qui motivent ceux qui les pratiquent. Bien souvent, ces motivations sont, du moins en apparence, la compassion; par exemple, pour protéger un enfant de naître dans un environnement hostile, mettre fin à la douleur ou bien venir en aide à un enfant souffrant d’une maladie incurable. Dans tous ces cas, la terrible vérité est que c’est le fort qui décide de la destinée du plus faible; des êtres humains deviennent des instruments entre les mains d’autres êtres humains.

Nous vivons, aujourd’hui, au milieu d’une culture qui nie la solidarité humaine et prend la forme d’une véritable « culture de la mort ». Cette culture est mise de l’avant par des puissants courants culturels, économiques et politiques qui encouragent l’idée d’une société exclusivement centrée sur l’efficacité. Il s’agit d’une guerre des forts contre les faibles. Il n’y a pas de place en ce monde pour celui qui, comme les enfants non encore nés et les mourants, est un élément faible de la structure sociale. Celui qui apparaît complètement dépendant des autres ou ne peut communiquer que par le langage de l’affection se voit bien souvent dépouillé de sa propre dignité. La vie humaine est sacrée puisqu’elle a une valeur religieuse mais cette valeur ne concerne pas que les croyants. Il ne fait aucun doute que l’avortement est la plus sérieuse blessure, non seulement pour les personnes et les familles qui devraient être le sanctuaire de la vie mais aussi pour la société entière et la culture, qui devraient en être les promoteurs et les défenseurs. Les questions d’immigration sont également des enjeux Pro-vie qui sont cruciaux pour notre époque. Le sort des 800 000 « Dreamers » aux États-Unis fait aussi partie de la cause Pro-vie. La séparation des familles à la frontière des États-Unis fait aussi partie de la cause Pro-vie. L’incarcération illégale de dizaines de milliers de jeunes dans des prisons situées le long de la frontière du Mexique fait aussi partie de la cause Pro-vie. La protection de l’environnement, sujet également crucial, est une cause Pro-vie.

Dans sa plus récente Exhortation apostolique « Gaudete et Exsultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, le pape François met au défi tous ceux qui se considèrent Pro-vie. Parlant des dangereuses idéologies qui peuvent nous détourner dans nos efforts pour la vie, il affirme (no 101):

« Est également préjudiciable et idéologique l’erreur de ceux qui vivent en suspectant l’engagement social des autres, le considérant comme quelque chose de superficiel, de mondain, de laïcisant, d’immanentiste, de communiste, de populiste. Ou bien, ils le relativisent comme s’il y avait d’autres choses plus importantes ou comme si les intéressait seulement une certaine éthique ou une cause qu’eux-mêmes défendent. La défense de l’innocent qui n’est pas encore né, par exemple, doit être sans équivoque, ferme et passionnée, parce que là est en jeu la dignité de la vie humaine, toujours sacrée, et l’amour de chaque personne indépendamment de son développement exige cela. Mais est également sacrée la vie des pauvres qui sont déjà nés, de ceux qui se débattent dans la misère, l’abandon, le mépris, la traite des personnes, l’euthanasie cachée des malades et des personnes âgées privées d’attention, dans les nouvelles formes d’esclavage, et dans tout genre de marginalisation[84]. Nous ne pouvons pas envisager un idéal de sainteté qui ignore l’injustice de ce monde où certains festoient, dépensent allègrement et réduisent leur vie aux nouveautés de la consommation, alors que, dans le même temps, d’autres regardent seulement du dehors, pendant que leur vie s’écoule et finit misérablement. »

Le 10 mai prochain, des dizaines de milliers de gens, dont beaucoup de jeunes et de femmes, se rendront à Ottawa pour la Marche pour la vie. N’oublions jamais de réfléchir à ce que nous faisons concrètement comme personne et comme communauté pour la défense de la vie, TOUTE vie humaine. Construire une culture de la vie et mettre fin à l’avortement est le devoir et l’obligation de chaque personne. Cependant, manifester dans les grandes villes du monde n’est pas la seule façon de montrer notre attachement à la vie. Le plus grand test est ce que nous faisons pour la vie lors des 364 autres jours de l’année et quels sont nos petits et grands efforts pour nous opposer constamment et systématiquement à tout type de meurtres, de génocides, d’avortements, d’euthanasies ou toutes formes d’autodestruction, de coercition et violation contre la dignité humaine. Comment défendons-nous les personnes qui vivent dans des conditions de vie sous-humaines, qui sont emprisonnées arbitrairement, déportées, réduites en esclavage, obligées de se prostituer, victimes de trafic humain, qui subissent des conditions de travail inhumaines ou qui sont soumises à des lois d’immigration injustes ? Toutes ces pratiques et d’autres sont de véritables poisons pour nos sociétés. Nous devons lutter pour une forte et consistante éthique de la vie.

Notre maison commune est devenue le lieu de conflits violents, de haine, d’atrocités brutales commises même au nom de Dieu et de la religion. Durant sa brève visite pastorale en Suède en octobre 2016[2], lors de la Solennité de la Toussaint, le pape François a proposé six nouvelles béatitudes pour notre monde contemporain :

« Bienheureux ceux qui supportent avec foi les maux que d’autres leur infligent et pardonnent du fond du cœur »

« Bienheureux ceux qui regardent dans les yeux les rejetés et les marginalisés en leur manifestant de la proximité »

« Bienheureux ceux qui reconnaissent Dieu dans chaque personne et luttent pour que d’autres Le découvrent aussi »

« Bienheureux ceux qui protègent et sauvegardent la maison commune »

« Bienheureux ceux qui renoncent à leur propre bien-être pour le bien d’autrui »

« Bienheureux ceux qui prient et travaillent pour la pleine communion des chrétiens »

Que ces paroles puissantes du pape François soient pour nous un guide et une source d’apprentissage, d’inspiration, de consolation et d’espoir pour les citoyens de notre pays qui marchent pour la vie et la défendent de la conception à la mort naturelle. Que les béatitudes nous émeuvent et nous portent à travailler avec courage et audace alors que nous accueillons, aimons et protégeons les plus pauvres, les plus faibles et les plus vulnérables de nos sociétés.

Père Thomas Rosica, c.s.b.

PDG, Fondation catholique Sel et Lumière média

Église en sortie 4 mai 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit la journaliste et représentante de la Conférence des évêques catholiques du Canada au Pré-Synode sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Et on vous présente un reportage sur l’Assemblée générale annuelle des Chevaliers de Colomb du Québec.

De l’humanité qui se sauve au Sauveur de l’humanité

CNS photo/Paul Haring

Il y a quelques semaines déjà, le pape Françoispubliait l’Exhortation apostolique « Gaudete et Exsultate » sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel. Nous poursuivrons aujourd’hui notre analyse de ce texte magnifique en abordant le chapitre 2 dédié à ce que le Saint-Père nomme les « ennemis subtils de la sainteté » (no35). Pour le pape François, l’Église et notre monde sont malheureusement influencés par deux « hérésies » (no 35)qui mettent en péril « l’une des grandes convictions définitivement acquises par l’Église » (no 55). En effet, d’un côté comme de l’autre, le gnosticisme et le pélagianisme remettent en doute, chacun à sa façon, l’enseignement dogmatique du Concile de Trente selon lequel « nous sommes « justifiés gratuitement parce que rien de ce qui précède la justification, que ce soit la foi ou les œuvres, ne mérite cette grâce de la justification »[1].

Des maux à la commune racine

Comme nous venons de le dire, ces deux courantsde pensée qui contredisent la vérité révélée par le Christ sont comme les deux côtés d’une même médaille. Procédant d’une même origine soit l’« immanentisme anthropocentrique déguisé en vérité catholique » (no 35), ces deux doctrines nous détournent de la personne du Christ en nous faisant croire que nous pouvons, individuellement et collectivement, nous sauver du mal et de la mort par nos propres forces.

Gnosticisme : enfermer ce qui est ouvert  

Selon le pape François, d’importants secteursde l’Église souffrent d’une forme nouvelle de gnosticisme. Défini comme « une foi renfermée dans le subjectivisme où seule compte une expérience déterminée ou une série de raisonnements et de connaissances… » (no 36) le gnosticisme confond le contenu de la foi avec sa formulation intellectuelle. Plutôt que de soumettre la raison à la réalité objective du Mystère contemplé, le gnostique le réduit à ses propres catégories. En ce sens, ce n’est donc plus la Personne du Christ qui me sauve mais moi-même par l’entremise de ma connaissance.  Cela a souvent pour conséquence de créer des communautés renfermées ressemblant davantage à des clubs sélects qu’à une maison aux portes ouvertes.

Devant ces tentatives, conscientes ou non, de réduire le Mystère du salut à une « logique froide et dure qui cherche à tout dominer » (no 39), nous devons répondre par une reconnaissance « des limites de la raison » (no43) et par une admiration constante devant la grandeur insaisissable de Dieu et l’immensité du don qui nous est fait gratuitement en Jésus-Christ.

Pélagianisme : un salut à la hauteur de notre médiocrité

Comme le dit lui-même le Pape, « Le gnosticisme a donné lieu à une autre vieille hérésie qui est également présente aujourd’hui » (no 47). De même que le gnostique de tendance chrétienne octroyait la capacité du salut à la connaissance humaine, le pélagiens affirme que le salut de l’homme provient de ses bonnes œuvres. Se détournant de sa nature spirituelle, la foi catholique devient, en quelque sorte, une utopie politique. C’est alors que la Révélation devient la transmission de belles valeurs dont la mise en pratique ne dépendrait que de la bonne volonté de chacun. Dans ce cas, Jésus devient « une bonne personne et un modèle à imiter ». Du Sauveur de l’humanité on passe à l’humanité qui se sauve.

Or, contrairement à leurs intentions, les pélagiens mettent un trop lourd fardeau sur notre pauvre humanité, ce qui a pour conséquence de faire obstacle au bien qui aurait pu être fait. Pour utiliser les mots du théologien Joseph Ratzinger, « la recherche de l’absolu dans l’histoire est l’ennemi du bien qui s’y trouve ». Suivant l’idée de Chesterton qui disait que « ce n’est pas qu’on ait essayé l’idéal chrétien et qu’on l’ait trouvé déficient; mais plutôt que, l’ayant trouvé trop difficile, on ne l’a pas essayé », le pape affirme que « la grâce agit historiquement et, d’ordinaire, elle nous prend et nous transforme de manière progressive. C’est pourquoi, si nous rejetons ce caractère historique et progressif, nous pouvons, de fait, arriver à la nier et à la bloquer, bien que nous l’exaltions par nos paroles (no 50).

Ainsi, devant toutes les idéologies de notre temps : néo-libéralisme, transhumanisme, idéologie du genre, marxisme et leurs différentes reformulations théologiques que l’on retrouvent parfois dans l’Église, « Il nous faut « accepter joyeusement que notre être soit un don, et accepter même notre liberté comme une grâce. C’est ce qui est difficile aujourd’hui dans un monde qui croit avoir quelque chose par lui-même, fruit de sa propre originalité ou de sa liberté » (no 55).

Conclusion

Comme nous venons de le voir, le deuxième chapitre de l’Exhortation apostolique du pape François « Gaudete et Exultate » appuie d’une manière admirable ce que le pape émérite écrivait à propos de son successeur : « contre le préjugé stupide en vertu duquel le pape François ne serait qu’un homme pratique dénué de toute formation théologique ou philosophique »[15]. Que ce soit par sa fine analyse des problèmes doctrinaux qui touchent l’Église ou par la perspicacité des solutions qu’il promeut, le pape François se présente ici comme un pasteur éclairé dont les écrits méritent l’attention de tous les fidèles. Nous poursuivrons notre lecture de ce document la semaine prochaine.

[1]Ses. 6èmeDecretum de iustificatione, chap. 8, DH 1532 (H. Denziger, Symboles et définitions de la foi catholique, Paris 2010, p. 422).

Message de Mgr Christian Lépine suite à la tragédie de Toronto

Vous trouverez ci-dessous le message de S. Exc. Mgr Christian Lépine suite à la tragédie qui a eu lieu à Toronto:

« Chaque vie humaine est une histoire »

Chers fidèles du diocèse de Montréal,

Depuis hier nous sommes sous le choc suite à la tragédie qui a eu lieu à Toronto. Pour le moment on sait que 10 personnes ont été tuées et 15 blessées. Nous n’avons pas d’idée précise du motif qui a amené un homme à foncer sur les personnes avec un véhicule. Cependant nous sommes profondément touchés par le drame qui a frappé les victimes et leurs familles.

Chaque vie humaine est une histoire, et hier des personnes innocentes ont été fauchées comme si elles n’étaient rien. Les personnes blessées sont marquées dans leur chair et leur âme. Les familles des victimes sont dévastées et dans une immense peine.

Au nom de tous les fidèles du diocèse de Montréal et avec eux j’exprime notre compassion devant le ravage causé par un acte insensé. Je m’unis à l’Archevêque de Toronto et à son appel à la prière. Jésus-Christ a le pouvoir de conduire à la vie éternelle et de consoler les cœurs brisés. Nous voulons nous recueillir dans le silence pour exprimer notre solidarité et confier les victimes et leurs familles à Dieu et à sa tendresse infinie.

Nous sommes réconfortés par les témoins directs de la tragédie qui ont tout fait pour porter secours et par les premiers répondants qui se sont dévoués pour faire face à la crise. Que, par la grâce de Dieu, nous continuions toujours de croire au pouvoir du bien et de l’entraide.

+Christian Lépine
Archevêque de Montréal

Église en sortie 20 avril 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit en entrevue Mgr Marcel Utembi, archevêque de Kisangani, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo  et Mgr Fridolin Ambongo, archevêque co-adjuteur de Kinshasa (RDC) pour parler de l’Église catholique au Congo et de la situation socio-politique actuelle de ce pays. Et on vous présente la chronique des actualités de la rue avec l’abbé Claude Paradis de l’apostolat Notre-Dame de la Rue.

Télévision Sel et Lumière en français depuis presque 15 ans!

Vidéo promotionnelle de Télévision Sel et Lumière en français, 15 ans après sa fondation! Pour un aperçu de la mission et des nombreuses productions francophones originales de Télévision S+L:

Notre mission:
Proclamer Jésus-Christ
Annoncer l’Évangile
Susciter l’espérance
Transmettre la joie

Une télé unique, catholique, canadienne et francophone au service de l’Église et des gens d’ici et d’ailleurs.

Pour faire un don: http://saltandlighttv.org/donate/?lan…

CECC: Information urgente concernant une motion qui sera déposée au Parlement

Photo: Osservatore romano

Les médias informent les bureaux de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) qu’une motion associant l’Église catholique au fonctionnement des anciens pensionnats indiensfera l’objet d’un débat à la Chambre des Communes et peut-être aussi au Sénat. Le document ci-joint a pour objectif de fournir le contexte sur cette question et de clarifier un certain nombre d’inexactitudes qui circulent ou qui sont rapportées.

Lien au document (PDF)
Lien à la lettre aux peuples autochtones du Canada

Église en sortie 13 avril 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit Mme Denise Ouellette, directrice de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Montréal qui nous parle des 170e anniversaire de l’organisme. On vous présente un reportage sur la maison de prière Jérusalem à Mont-Saint-Hilaire. Dans la troisième partie de l’émission, on s’entretient avec le père Thomas Rosica c.s.b. sur son tout dernier livre intitulé « Restes avec nous… Méditations sur le Christ ressuscité ».