L’écologie globale du pape François

blog_1417789377

Image: Courtoisie de CNS

Les deux dernières semaines furent très importantes et très chargées pour le pape François. En effet, ce Pape qui exhorte l’Église entière à « sortir de soi-même pour aller aux périphéries existentielles » est le premier à appliquer sa propre consigne. C’est ce qu’il a fait durant les courts mais non moins exigeants voyages des derniers jours alors qu’il s’est rendu à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au Parlement Européen et en Turquie. À la lecture de ses différents discours et homélies, j’ai pu y saisir un fil conducteur : l’écologie globale.

Par écologie globale, j’entends l’élargissement du souci de protection de l’environnement pour y inclure l’homme. Parfois, un certain discours environnementaliste tend à exclure l’homme de la nature en le considérant comme un indésirable ou, pire, comme un malfaiteur. Selon ce discours, si nous avons des crises comme le réchauffement climatique, c’est uniquement la faute des hommes qui abusent de l’environnement en le réduisant à un simple objet de consommation. Cette critique, bien que s’appuyant sur des faits réels, n’est pas en mesure de dresser un portrait réaliste et est donc incapable d’offrir de véritables solutions. Un bref coup d’œil aux paroles et aux actions du Pape actuel nous donne une meilleure compréhension des défis de notre temps et, ainsi, nous permet d’y apporter des solutions adéquates. [Read more…]

Saint Jean-Paul II: Pour une guérison de la mémoire

blog_1411729171

Le 13 septembre dernier, l’Observatoire Justice et paix, en collaboration avec télévision Sel et Lumière, organisait, à Québec, le Colloque Jean-Paul II : Pour une guérison de la mémoire afin de souligner le 30e anniversaire de sa visite en 1984. Pour l’occasion, plusieurs invités de marque se sont exprimés sur l’impact de cette visite sur les relations entre foi et culture au Québec. Le thème du Colloque  « Pour une guérison de la mémoire » faisait référence à ce que certains ont retenu comme étant un élément central du message de Jean-Paul II dans son homélie faite à l’Université Laval, il y a 30 ans. En effet, l’homélie en question exhortait les Québécois à « ne pas accepter le divorce entre foi et culture » (no6). Les différents conférenciers ont donc pu s’exprimer sur ce sujet délicat en l’éclairant de leur vision selon leur domaine d’expertise.

Ce divorce entre foi et culture au Québec est un phénomène récent qui remonte aux années 1960. C’est à ce moment que la forme que prenait alors le catholicisme au Québec a été rejetée en bloc par une grande partie de la population. Sans énumérer ici les causes de cet état de fait, nous pouvons toutefois examiner les différentes caractéristiques de l’image que les Québécois se font généralement de leur passé religieux. Dans son intervention, monsieur Gilles Routhier, doyen de la faculté de théologie de l’Université Laval, a bien montré comment l’imaginaire québécois actuel réduit souvent l’histoire catholique au Québec aux seules années 1940-1950. Durant cette période, l’institution ecclésiale a souvent dû suppléer au manque d’engagement de l’État. C’est ainsi que l’on reproche souvent à l’Église d’avoir été trop près du pouvoir politique. Cependant, l’histoire des relations entre foi et culture au Québec ne peut légitimement se réduire à cette période qui, comme le disait M. Routhier, porte avec elle son lot de misères mais également de grandeurs. Face à cela, deux questions se posent : 1) comment ouvrir de nouveau la mémoire québécoise à l’entièreté de l’histoire religieuse du Québec ? Et 2) comment transmettre ce riche patrimoine pour qu’il puisse faire sens aujourd’hui ? [Read more…]

Sécularisme et couverture médiatique: le cas irakien

blog_1408542973

Image: Courtoisie de CNS

Depuis des décennies maintenant, le Moyen-Orient est l’objet de tensions sans précédent. L’Irak ne fait pas exception à ce triste constat. Depuis maintenant près de 40 ans, ce pays a vu deux guerres importantes se transformer en guerre civile ne faisant qu’augmenter le nombre de victimes. Aujourd’hui, un groupe terroriste nommé ISIS qui est l’équivalent politico-militaire d’Al-Qaeda, est en train d’essayer de prendre le contrôle du pays prônant un Islam rétrograde, faisant une interprétation littérale du Coran et portant une idéologie politique à ce point inhumaine que l’on se croirait dans les pires films d’horreur hollywoodiens. Ainsi, ce regroupement militaire a décidé de mettre en place une véritable purge de tout ce qui ne correspond pas à ce qu’il perçoit comme un Islam pur. Les chrétiens et les minorités religieuses non islamiques ne trouvant évidemment pas leur place dans ce cadre, ces terroristes leur ont donné un ultimatum les obligeant à se convertir, fuir ou mourir. Un choix ayant déjà conduit plusieurs de nos frères chrétiens au martyre d’une façon si barbare que nous avons peine à y croire.

Cette crise humanitaire n’a toutefois attiré l’attention des gouvernements occidentaux et des médias que récemment. La crise avait NUNpourtant déjà fait surface d’une manière impressionnante dans les médias sociaux amenant plusieurs personnes à changer leur photo de profil Facebook ou Twitter pour le signe « nûn » c’est-à-dire la lettre « N » en arabe qui signifie « Nazaréen ». Cette lettre fut, en effet, utilisée par les terroristes de ISIS pour identifier les maisons des chrétiens au moment de l’ultimatum imposé par eux à Mosul. Peut-être avez-vous remarqué ce signe à plusieurs endroits? Certaines personnalités courageuses ont, dès ce moment, changé leur image en solidarité avec les victimes désormais réfugiées ou martyrs d’Irak.

Cependant, il a fallu plus de 2 mois avant que les mass médias se mettent à parler de cette crise. Que devons-nous retenir de cette pauvre couverture médiatique? Qu’est-ce qui justifie un tel silence? Une première raison pourrait être de type économique en ce sens que des nouvelles sur un massacre en Irak ne vendent plus; que les téléspectateurs se sont lassés de voir ces images de violence. Alors pourquoi continuer de montrer des images de guerre ailleurs dans le monde? Est-ce parce qu’il y aurait une hiérarchie de victimisation ? Quels critères utilisons-nous pour décider que telle tragédie sera médiatisée et pas une autre ? Dans un article paru dans l’Observatore Romano, l’ancien ambassadeur du Royaume-Uni au Saint-Siège, Francis Campbell affirmait que: [Read more…]

« Toujours prier sans se décourager »

blog_1406122454

Image: Courtoisie de CNS

« Toujours prier sans se décourager » (Luc 18, 1)

Depuis quelque temps, le monde vit des instabilités grandissantes dans plusieurs parties du monde. Que les conflits soient en Ukraine, en Syrie, au Liban, au Nigéria, en Irak et, plus récemment, dans la bande de Gaza, les moyens de communication font en sorte que nous nous sentons de plus en plus directement concernés par ces conflits. De plus, avec la globalisation, cette instabilité tend à s’accroître à l’extérieur des frontières des pays impliqués. Comment réagir chrétiennement à cette situation difficile?

Selon moi, la solution se trouve dans l’imitation de l’attitude du pape François. En effet, lors de son voyage en Terre sainte il y a quelques mois, le Saint-Père a appelé des représentants palestiniens et israéliens à venir prier avec lui au Vatican le 8 juin dernier. Cette rencontre fut riche d’émotion et de fraternité. Devant les événements des derniers jours, plusieurs se demandent ce qui s’est passé. N’étions-nous pas sur la bonne voie? La prière est-elle vraiment utile? La paix est-elle possible? C’est la tentation du découragement qui nous guette tous.

Pour ne pas perdre espoir, il est important de s’arrêter quelques instants sur la réalité de la prière. Dans un premier temps, et pour satisfaire notre envie moderne d’efficacité, nous pourrions nous consoler en nous disant que peut-être sans cette rencontre le conflit aurait été pire encore! Cette réponse ne nous satisfait cependant qu’à moitié. La prière est subtile et profonde. C’est pourquoi elle échappe au calcul géostratégique et politique. L’Église enseigne que la prière est tout d’abord un lieu de rencontre où tous les hommes de bonne volonté peuvent se réunir. En effet, « l’homme reste à l’image de son créateur. Il garde le désir de Celui qui l’appelle à l’existence. Toutes les religions témoignent de cette quête essentielle des hommes »[1] . Ainsi, la prière peut réunir tous les hommes, même les plus grands ennemis, puisqu’elle est une réponse à l’appel universel à l’Amour de Dieu.

[Read more…]

Réflexion à la veille de la Marche nationale pour la vie à Washington, Ottawa et en plusieurs villes de nos pays


Cette semaine, des milliers d’américains se rencontreront de nouveau à Washington pour défendre les êtres humains qui ne sont pas encore nés. Être « pro-vie » de manière active c’est contribuer au renouvellement de la société à travers la promotion du bien. Il est impossible de répandre le bien commun sans toutefois affirmer et défendre le droit à la vie, droit sur lequel reposent et se fondent tous les droits inaliénables des individus et à partir duquel ils se développent. La vraie paix ne peut exister que lorsque la vie est défendue et promue. Rappelons-nous les paroles prophétiques de Paul VI:

« Chaque crime contre la vie est une attaque contre la paix, spécialement si elle s’attaque à la conduite morale des personnes…Cependant, là où les droits des êtres humains sont vraiment professés et publiquement reconnus et défendus, la paix devient le climat jovial et opératif de la vie au sein de la société .»

L’avortement est, sans aucun doute, la blessure la plus grave infligée, non seulement sur les individus et leurs familles – qui sont censées fournir le sanctuaire de la vie, mais aussi sur les sociétés et leur culture, par les mêmes personnes qui devraient être les agents promoteurs et les défenseurs de la société. Nous ne devrons jamais perdre de vue les atrocités commises contre les êtres pas encore nés de même que ce qui n’est pas dit et qui est très rarement avoué de la souffrance et de l’agonie persistantes vécues par les personnes qui ont enduré des avortements. [Read more…]

Dorothy Day: Modèle de conversion, courage et engagement.


Sur la route de la sainteté

Lors de leur assemblée générale annuelle à Baltimore, les évêques des USA ont engagé une consultation canonique concernant la cause de canonisation de Dorothy Day, pacifiste de New York, convertie au Catholicisme. Cette consultation canonique sans précédent est une étape dans le processus vers la canonisation. Le cardinal Timothy Dolan, président de la conférence des Évêques Catholiques (USCCB) et archevêque de New York a cherché à consulter le corps entier des évêques. Dorothy Day porte déjà le titre de « Servante de Dieu », dénomination attribuée par le Vatican quand la cause a obtenu un Nihil Obstat, déclaration formelle que le Vatican n’a aucune objection à ce que sa cause progresse. Les évêques américains ont voté à l’unanimité pour que la cause de Dorothy Day avance vers la canonisation. Alléluia. Deo Gratias.

L’histoire de  Dorothy Day m’a captivé quand j’étais étudiant et je ne l’ai jamais oubliée. Je l’ai rencontrée une fois à un rassemblement à Rochester, dans l’État de New York, avec Cesar Chavez de United Farm Workers. Elle est une femme remarquable et prophétique pour notre temps. Elle a transmis les bonnes nouvelles par sa vie et ses actions, et parfois par ses mots. Née le 8 novembre 1897 à Brooklyn, New York, Dorothy n’a été ni baptisée ni élevée dans la foi de l’Église. Après avoir abandonné ses études en 1916, elle a épousé les causes radicales de son époque : le droit de vote pour les femmes, l’amour libre, les syndicats ouvriers, et la révolution sociale. Mais après une décennie d’échec de protestation et d’action sociale pour changer les valeurs et les institutions de la société, Dorothy Day s’est convertie à l’Église catholique et au radicalisme de l’amour chrétien. Elle avait beaucoup d’amis parmi eux, des artistes et écrivains connus. A cette époque, elle a vécu des déboires amoureux, s’est mariée et a fait une tentative de suicide. L’événement déclencheur qui a suscité la conversion de Dorothy Day a été la naissance de sa fille Tamar en 1926. Après un avortement, Dorothy voulait absolument être enceinte. Elle a vu dans la naissance de sa fille un signe du pardon de Dieu.

Durant 50 ans, Dorothy a vécu avec les pauvres, donné des conférences et publié un journal, qui dépendait seulement des dons. Elle a consacré sa vie à se battre pour la justice envers les sans-abris à New York et a été co-fondatrice du Mouvement Catholique Ouvrier Catholic Worker Movement. De son vivant, 75 maisons ont ouvert où les pauvres étaient nourris, les nus habillés, les sans-abris logés, les malades soignés et les morts enterrés. Elle a été mise en prison, pour la première fois, à l’âge de 20 ans car elle manifestait pour le droit de vote des femmes. Elle retourna en prison une dernière fois à l’âge de 75 ans quand elle a marché pour soutenir les United Farm Workers. Elle fut une ardente artisane de paix et une auteure prolifique. Dorothy est morte le 29 novembre 1980, il y a 32 ans, à Maryhouse à New York où elle a passé les derniers mois de sa vie avec les pauvres. Elle était une personne moyenne qui lisait sa bible et essayait de vivre et d’aimer comme Jésus. Elle invite chacun et chacune de nous à prendre au sérieux le message de l’Evangile.

En mars 2000, le regretté cardinal John o’Connor de New York, a formellement annoncé l’ouverture du procès de béatification pour cette grande femme de foi, appellant Dorothy Servante de Dieu. Dans sa lettre il écrit:

“ J’estime que Dorothy Day est une sainte – pas une sainte en “sucre” ou “une image sainte” mais une fille moderne de l’Eglise, une fille qui a mis de côté ses ambitions personnelles et a souhaité que son travail et celui des personnes qui oeuvraient avec elle, au nom des pauvres, puissent être la caractéristique de sa vie plutôt qu’elle-même.”

La conversion d’esprit et de coeur qu’elle a incarnée en dit long à toutes les femmes d’aujourd’hui pour deux raisons. La première, cela montre la miséricorde de Dieu, miséricorde envers laquelle une femme qui a gravement péché a pu trouver une unité si profonde avec Dieu dans sa conversion. La deuxième, cela montre qu’un acte de violence contre une vie innocente dans l’utérus peut être changé en une position de sainteté totale et de pacifisme. Son avortement ne doit pas empêcher sa cause, mais il la renforce. Le cardinal O’Connor a dit d’elle:

 “… comme tant de saints d’une époque révolue, elle fut une idéaliste dans un monde sans idéal. Elle estimait que les hommes et les femmes devaient commencer à vivre sur terre la vie qu’ils méneraient au ciel, une vie de paix et d’harmonie. Beaucoup de ses propos sur la justice sociale ont anticipé les enseignements du pape Jean-Paul II et apporté son soutien à sa cause.”

Dans l’encyclique du pape Benoit XVI, Caritas in Veritate (l’Amour dans la vérité), le Saint-Père aborde clairement la dignité et le respect pour la vie humaine:

«L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement. Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent»

Le pape Benoit résume la crise économique actuelle d’une manière remarquable par ces mots:

“Les coûts humains sont toujours aussi des coûts économiques et les dysfonctionnements économiques entraînent toujours des coûts humains. » (32)

De tels mots ont pris chair et sang dans la vie de la Servante de Dieu, Dorothy Day.

La vie de Dorothy Day est un modèle pour chacun et chacune de nous qui cherche à comprendre, aimer, enseigner et défendre la foi catholique de notre temps. Dorothy a subi un avortement avant sa conversion. Elle le regretta chaque jour de sa vie. Sa vie avant sa conversion est comparable à celle St Augustin.  Après sa conversion, elle est devenue une solide défensatrice de la vie. Puisse cette femme prophétique de notre temps, nous donner courage pour défendre la foi catholique, spécialement pour montrer la dignité et le caractère sacré de toute vie humaine, de l’utérus à la tombe.

Dorothy Day, nous t’en prions, continue de nous inspirer. Apprends-nous à aimer la Parole de Dieu et à en vivre. Déplace-nous. Secoue-nous.  Montre-nous comment chérir le don de la vie. Puissions-nous jamais oublier que nous ne sommes pas le résultat de nos faiblesses et de nos échecs; nous sommes le résultat de l’amour du Père pour nous. Conduis-nous vers les pauvres qui sont parmi nous. Prie pour nous!

Deux veuves courageuses


TRENTE-DEUXIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
1 Rois 17,10-16; Hébreux 9,24-28; Marc 12,38-44

La lecture de l’Ancien Testament de ce dimanche, tirée du premier livre des Rois 17,10-16, et de l’Évangile de Marc 12,38-44 nous présentent deux veuves remarquables qui nous impressionnent par leur conviction, leur générosité et leur foi. Elles nous obligent à réexaminer notre compréhension du pauvre et de la pauvreté et à regarder nos propres manières d’être généreux avec les autres. J’aimerais vous offrir quelques réflexions à partir des portraits de ces deux figures bibliques et ensuite appliquer leur exemple à nos propres vies, à la lumière de l’encyclique du pape Benoît XVI, Caritas in Veritate.

Élie et la veuve de Sarepta
Quand je lis les histoires du cycle d’Élie et Élisée dans les premier et second livres des Rois, je rends grâce pour un de mes professeurs de l’Institut biblique pontifical à Rome, le Père Stephen Pisano, S.J., qui donnait le meilleur cours que j’aie eu sur l’Ancien Testament : « L’Homme de Dieu dans les livres des Rois ». Dieu sait combien de fois j’ai relu ces notes et apprécié à nouveau les histoires d’Élie et de son disciple Élisée, et leurs efforts pour faire connaître et aimer la Parole de Dieu sur la terre d’Israël!

Dans le premier livre des Rois 17,8-16, Dieu continue de mettre à l’épreuve le prophète Élie. Bien que notre passage commence au verset 10, il faut revenir au verset 8 pour bien comprendre le sens du texte. Au verset 8, nous lisons : « La Parole du Seigneur lui fut adressée : “Lève-toi, va à Sarepta qui appartient à Sidon, tu y habiteras : j’ai ordonné là-bas à une femme, à une veuve, de te ravitailler”. » Élie ne se met en marche qu’après avoir reçu l’ordre de Dieu. Il est essentiel pour nous d’être en communication avec Dieu, à l’écoute de Sa Parole, avant de partir en mission.
Ensuite il est dit à Élie d’aller à Sarepta. (v.9), qui fait partie de Sidon. Ce verset 9 contient trois commandements : « Lève-toi », « Va » et « Reste ». Le prophète subira sur chacun de ces commandements une épreuve portant sur la foi, la vérité, l’obéissance, la disponibilité et l’engagement. Lorsqu’il est dit à Élie « Lève-toi », la démarche exigée n’est pas seulement physique mais aussi spirituelle. Si Élie suit le Seigneur dans l’obéissance, c’est à cause de son propre réveil spirituel.
Le deuxième commandement, « va à Sarepta », évoque un voyage avec des risques, des épreuves et des dangers. Élie est envoyé à un endroit précis, Sarepta, dont le nom signifie « lieu de fusion et d’épreuve ». Or, Sarepta se trouvait sur la terre de Sidon, qui appartenait à la redoutable Jézabel. Élie n’est pas envoyé au Club Med! [Read more…]

Prochaine rencontre mondiale des familles à Philadelphie

A la fin de la messe de la solennité de la Trinité, ce matin en présence de plus d’un million de fidèles, le Pape a annoncé que la prochaine rencontre mondiale des familles aura lieu à Philadelphie aux Etats-Unis.
Dans son homélie Benoit XVI a rappelé le sens du dimanche: voici la version intégrale:

« Vénérés frères,
Eminentes autorités,
Chers frères et sœurs,

C’est un moment fort de joie et de communion que nous vivons ce matin, en célébrant le sacrifice eucharistique ; une grande assemblée, réunie avec le successeur de pierre, constituée de fidèles provenant de nombreuses nations. elle offre une image expressive de l’église, une et universelle, fondée par le christ et fruit de cette mission, que jésus, comme nous l’avons entendu dans l’évangile, a confiée à ses apôtres : aller et faire de tous les peuples des disciples, « les baptisant au nom du père et du fils et du saint esprit » (MT 28, 18-19). je salue avec affection et reconnaissance le cardinal Angelo scola, Archevêque de Milan, et le cardinal Ennio Antonelli, Président du Conseil Pontifical pour la famille, principaux artisans de cette viième rencontre mondiale des familles, ainsi que leurs collaborateurs, les évêques auxiliaires de milan et les autres prélats. Je suis heureux de saluer toutes les autorités présentes. et aujourd’hui, toute mon affection va surtout à vous, chères familles ! merci de votre participation !

Dans la deuxième lecture, l’Apôtre Paul nous a rappelé qu’au baptême nous avons reçu l’esprit saint, qui nous unit au christ en tant que frères et nous met en relation avec le Père en tant qu’enfants, de sorte que nous pouvons crier : « ABBÀ PÈRE ! » (CF. RM 8, 15.17). en cet instant, il nous a été donné un germe de vie nouvelle, divine, pour le faire grandir jusqu’à son accomplissement définitif dans la gloire céleste ; nous sommes devenus membres de l’église, la famille de Dieu, « sacrarium trinitatis » – ainsi la définit saint ambroise -, « peuple qui – comme l’enseigne le concile vatican ii – tire son unité de l’unité du père et du fils et de l’esprit saint » (const. lumen gentium, 4). la solennité liturgique de la sainte trinité, que nous célébrons aujourd’hui, nous invite à contempler ce mystère, mais elle nous pousse aussi à nous engager à vivre la communion avec dieu et entre nous sur le modèle de la communion trinitaire. nous sommes appelés à accueillir et à transmettre d’un commun accord les vérités de la foi ; à vivre l’amour réciproque et envers tous, en partageant joies et souffrances, en apprenant à demander et à accorder le pardon, en valorisant les différents charismes sous la conduite des pasteurs. en un mot, nous est confiée la tâche d’édifier des communautés ecclésiales qui soient toujours plus famille, capables de refléter la beauté de la trinité et d’évangéliser non seulement par la parole mais, je dirais même, par « irradiation », par la force de l’amour vécu. [Read more…]

Allocution à l’assemblée provinciale de l’Ontario de Développement et Paix

Université de St. Michael’s College, Toronto – 12 mai 2012

Je suis très reconnaissant à Luke Stocking et à l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix pour leur invitation et pour le privilège de m’adresser à vous, ce matin, dans le cadre de votre importante assemblée provinciale. Avant tout, ce sera pour moi l’occasion de vous exprimer à chacune et à chacun ma gratitude pour votre engagement, votre témoignage et votre persévérance. Je ne peux me tenir aujourd’hui devant vous sans évoquer l’extraordinaire collaboration que nous avons vécue il y a dix ans en préparant la Journée mondiale de la Jeunesse 2002 à Toronto et en célébrant ainsi à grande échelle notre identité et notre mission chrétienne et catholique. Grâce à la grande générosité de Développement et Paix, nous avons pu faire fabriquer dans les barrios de Colombie, en Amérique du Sud, plus de 500 000 petites croix de bois que le pape Jean-Paul II a remis à chacun des jeunes pèlerins qui ont participé à la Journée mondiale de la Jeunesse au Canada. Grâce à votre généreuse contribution, ce sont des coopératives de femmes du Chiapas, au Mexique, qui ont confectionné les étoles portées par les quelque 500 prêtres qui ont célébré le sacrement de la Réconciliation avec des dizaines de milliers de jeunes du monde entier dans le parc Duc in Altum et au parc Downsview. En étroite collaboration avec vos responsables régionaux, nous avons permis à 100 000 jeunes de mettre la main à des projets de service le mercredi après-midi de la Semaine de la Journée mondiale de la Jeunesse. Et en tirant parti de l’immense bonne volonté de vos bénévoles, nous avons préparé les fameux sacs du pèlerin de couleur rouge, tissés dans les prisons du Québec. La Journée mondiale de la Jeunesse 2002 a permis à Développement et Paix de renouveler son rayonnement parmi les jeunes, filles et garçons, de notre pays. Plusieurs d’entre vous ont alors qualifié la JMJ de moment de « refondation » pour l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix.

Dix ans plus tard, je me présente devant vous pour vous encourager une fois encore à assumer l’importante mission ecclésiale confiée à Développement et Paix et pour réfléchir avec vous sur ce que cela veut dire que d’être un témoin convaincu et convaincant de Jésus Christ et sur la riche tradition de l’enseignement social de l’Église. Vous m’avez demandé de parler des « communications, de l’identité et de la mission catholiques », thème qui est depuis dix ans au cœur de mon ministère, soit depuis la création de la Fondation Sel et Lumière. Je voudrais situer mes remarques dans le contexte de l’Année de la Foi promulguée par le pape Benoît XVI — année qui débutera le 11 octobre 2012, soit la journée qui marquera le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Deuxième Concile du Vatican. L’Année de la Foi se conclura le jour de la Solennité du Christ Roi, le 24 novembre 2013.

Redécouvrir Gaudium et Spes

Pour amorcer notre réflexion, examinons l’un des textes les plus importants du Deuxième Concile du Vatican — Gaudium et Spes, la Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps qui est la raison d’être de l’Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix. Gaudium et Spes est le plus long document du Concile et, en fait, le document le plus long jamais produit par l’un ou l’autre des 21 conciles œcuméniques tenus en 2000 ans d’histoire du christianisme !  Gaudium et Spes exigeait de nous un engagement intense dans le monde. Les Pères du Concile qui ont préparé ce document avaient connu les deux Guerres mondiales, l’horreur de la Shoa, l’aube de l’ère nucléaire, l’hostilité du communisme et l’impact stupéfiant et encore difficile à évaluer de la science et de la technologie. Tous ces facteurs les ont conduits à comprendre l’Église en fonction non seulement de sa vie interne, mais aussi de sa mission dans le monde. Le message de la Constitution pastorale sur l’Église dans le monde de ce temps est, à bien des égards, le condensé des espoirs et des objectifs de tout le Concile Vatican II. [Read more…]

Réflexion à la veille de la Marche nationale pour la vie


Le 10 mai de cette année, des milliers de Canadiens se rencontreront de nouveau sur la colline du Parlement et dans nombres de villes canadiennes, pour défendre les êtres humains qui ne sont pas encore nés. Être « pro-vie » de manière active c’est contribuer au renouvellement de la société à travers la promotion du bien. Il est impossible de répandre le bien commun sans toutefois affirmer et défendre le droit à la vie, droit sur lequel reposent et se fondent tous les droits inaliénables des individus et à partir duquel ils se développent. La vraie paix ne peut exister que lorsque la vie est défendue et promue. Rappelons-nous les paroles prophétiques de Paul VI:

« Chaque crime contre la vie est une attaque contre la paix, spécialement si elle s’attaque à la conduite morale des personnes…Cependant, là où les droits des êtres humains sont vraiment professés et publiquement reconnus et défendus, la paix devient le climat jovial et opératif de la vie au sein de la société .»

L’avortement est, sans aucun doute, la blessure la plus grave infligée, non seulement sur les individus et leurs familles – qui sont censées fournir le sanctuaire de la vie, mais aussi sur les sociétés et leur culture, par les mêmes personnes qui devraient être les agents promoteurs et les défenseurs de la société. Nous ne devrons jamais perdre de vue les atrocités commises contre les êtres pas encore nés de même que ce qui n’est pas dit et qui est très rarement avoué de la souffrance et de l’agonie persistantes vécues par les personnes qui ont enduré des avortements.

L’Église catholique offre un enseignement consistant sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de la personne humaine : une vision parfaite de 20/20 pour laquelle nous devons lutter chaque jour si nous nous déclarons pro-vie. L’opposition à l’avortement et à l’euthanasie ne justifie pas l’indifférence à ceux qui souffrent de pauvreté, de violence et d’injustice. Nous devons lutter pour avoir une vue intégrale, et non pas bornée.

Ce qui est encore plus troublant, c’est ceux qui se disent de la gauche, toujours champions des droits humains et civils, qui respectent et soutiennent la dignité et la liberté d’autrui. Ceci inclue sans doute la protection des droits des individus, ainsi que les efforts du gouvernement pour prendre soin des personnes faibles, malades et démunies. Pourquoi donc l’extension aux êtres humains à naître du droit humain à la vie, ainsi que l’opposition à la culture de la mort, ne sont-elles pas des thèmes principaux de la gauche ? Il est impératif qu’elles le soient, car elles constituent indubitablement une affaire de justice et de droit des êtres humains. [Read more…]