Voir l’Église à travers les lentilles de la Pentecôte

Solennité de la Pentecôte – dimanche 4 juin 2017

Actes 2,1-11
1 Corinthiens 12,3b-7.12-13
Jean 20,19-23

La Pentecôte est le cinquantième jour; elle marque le point de départ de la mission universelle de l’Église, mission qui surmonte les obstacles humains et répond à l’énergie de l’Esprit. Le puissant souffle de Dieu et le feu de la présence de l’Esprit enveloppent le groupe des disciples réunis en prière au Cénacle autour de Marie, Mère du Seigneur.

Le récit de la Pentecôte par Luc dans la première lecture tirée des Actes (2, 1-13) comprend une introduction, un discours attribué à Pierre qui proclame la résurrection de Jésus et son sens messianique (2, 14-36) et la réaction favorable du public (2, 37-41). Les Douze n’auraient pas pu, au début, proclamer publiquement la fonction messianique de Jésus sans encourir immédiatement les représailles des autorités religieuses de Jérusalem, qui avaient provoqué l’exécution de Jésus afin d’étouffer le mouvement d’appui qu’il suscitait.

Le Psaume 104 nous rappelle que l’Esprit Saint, ce souffle de Dieu que reçoivent les chrétiens, est le même Esprit qui soutient le constant renouvellement de toute la création.

La théologie des charismes chez Paul

Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui (I Co 12, 3b-7.12-13), saint Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe que les différents dons de l’Esprit répondent à un but précis : un service à rendre pour le bien de tous. Ces dons ne sont pas à eux-mêmes leur propre fin. Les chrétiens sont appelés à instaurer une unité qui réunisse en Jésus Christ tous les peuples, toutes les religions et tous les états de vie.

L’activité extatique et charismatique était courante aux premiers temps de l’Église, comme chez d’autres religions anciennes. Mais les Corinthiens semblent avoir développé un respect exagéré pour certains phénomènes, notamment la glossolalie (parler en langues), au détriment du bon ordre de la célébration liturgique. Paul rappelle aux Corinthiens que les phénomènes d’extase doivent être jugés à leurs effets. Le pouvoir de confesser la seigneurie de Jésus ne peut venir que de l’Esprit et il est inconcevable que l’Esprit pousse quelqu’un à maudire le Seigneur. Nous apprenons que tous les charismes ont certains traits communs, malgré leur diversité : ils sont tous des dons (charísmata), des grâces qui nous viennent de l’extérieur; ils sont tous des fonctions, formes de service (diakoníai) qui expriment leur but et leur efficacité; et ils sont tous des activités (energémata) dans lesquelles c’est Dieu qui est à l’œuvre. Paul associe à chacun de ces aspects l’une des entités dont la théologie fera plus tard les personnes de la Trinité : exemple précoce d’ « appropriation ».

L’image du corps (v. 12-26) est introduite pour expliquer la relation entre le Christ et les croyants (v. 12). Paul applique ce modèle à l’Église : par le baptême, tous les fidèles, en dépit de la diversité de leurs origines ethniques ou sociales, sont intégrés à un seul et même organisme. Le texte développe alors le besoin de la diversité des fonctions entre les membres du corps sans que soit menacée leur unité.

Il souffla sur eux

L’Évangile de Jean (19, 20-23) décrit d’une autre façon le don de l’Esprit aux apôtres : Jésus ressuscité souffle sur les apôtres pour leur conférer l’Esprit Saint. La puissance de l’Esprit autorise les apôtres à pardonner les péchés et à les retenir; elle leur en donne même le pouvoir. Jésus envoie officiellement ses apôtres dans le monde entier, de la même façon qu’il a lui-même été envoyé dans le monde par son Père. Le souffle de Jésus sur les apôtres rassemblés au Cénacle rappelle le texte de Genèse 2,6, quand Dieu souffla sur le premier homme pour lui donner la vie; la vie d’Adam lui vint de Dieu, la nouvelle vie spirituelle vient aux disciples de Jésus.

Les lentilles de la Pentecôte

Dans mon travail à la chaîne de télévision Sel et Lumière, au Canada, j’ai dû apprendre rapidement le métier de la télédiffusion et l’abc du cinéma. Un aspect important de la télévision tient au travail compliqué des caméras « en coulisses ». Du gros plan au grand-angle, la prise de vues fait toute la différence pour le tournage et la narration. Si on utilise trop de gros plans, on perd de vue l’ensemble de la scène; si on abuse de l’objectif grand-angle en négligeant les détails, ça ne passe pas à la télé. Une prise de vues efficace devra combiner les plans d’ensemble au grand-angulaire, les plans rapprochés superficiels et les gros plans qui focalisent sur un détail et qui souvent fournissent la profondeur nécessaire pour comprendre l’image comme tout.

J’aimerais proposer ici trois lentilles à travers lesquelles contempler la fête d’aujourd’hui : 1) le grand-angle qui embrasse notre appartenance à l’Église; 2) une lentille intermédiaire qui fixe les idéologies à l’œuvre aujourd’hui dans l’Église et 3) un zoom qui aiguise notre espérance, la grande manifestation de l’Esprit Saint dans l’Église.

« Sentire cum ecclesia »

On voit dans la Pentecôte la naissance de l’Église. Notre consécration baptismale au service du Christ ne peut se séparer d’une consécration au service de l’Église. L’un des grands thèmes de la pensée de saint Ignace de Loyola, c’est son exhortation à sentire cum ecclesia, à « penser avec l’Église ». Sentire cum ecclesia signifie aussi sympathiser avec l’Église et aimer l’Église. La Pentecôte nous invite, encore une fois, à marcher avec l’Église, à respirer avec l’Église, à espérer avec l’Église, à sentir avec l’Église, « sentire cum ecclesia ». Que veut dire l’Église pour moi, personnellement ? Quel est mon rapport personnel à l’Église ? Est-ce que j’aime l’Église ? Est-ce que je me sens aimé/e par l’Église ?

Dépasser l’idéologie

Fondu enchaîné : passons de cette vue panoramique de l’Église à un regard plus rapproché sur notre contexte ecclésial aujourd’hui. À l’heure qu’il est, certains d’entre nous semblent empêtrés dans les conflits idéologiques qui ont suivi le Deuxième Concile du Vatican. Peut-être sommes-nous prisonniers des catégories qui opposent la gauche à la droite; le traditionalisme à l’avant-garde; le masculin au féminin; la hiérarchie à l’autonomie des laïcs; le prophétique au statique. Nos fixations et nos polarisations inter-ecclésiales et intercommunautaires d’un bord à l’autre du spectre ecclésial peuvent nous distraire d’aborder avec la profondeur et le discernement voulus les problèmes qui se posent à nous aujourd’hui. Ce qui en nous n’est pas purifié et transformé, nous le transmettons à la prochaine génération. Quand nous cédons dans le discours ecclésial au cynisme et au désespoir, à la mesquinerie, à l’étroitesse de vues et à la dureté, nous trahissons notre identité la plus profonde de porteurs de joie, d’espérance et de vérité. La joie est-elle présente dans notre témoignage chrétien ? Qu’est-ce qui m’empêche, sur le plan personnel et sur le plan communautaire, de donner un solide et joyeux témoignage sur Jésus Christ, la foi catholique et l’Église ?

L’espérance, manifestation de l’Esprit

Enfin, gros plan sur l’espérance, manifestation authentique de l’Esprit à la Pentecôte. N’est-il pas vrai que, dans l’Église d’aujourd’hui, plusieurs d’entre nous se sentent emportés par une crue soudaine, inattendue, déferlement destructeur et désespérant ? La flamme semble s’être éteinte et notre rayonnement a terriblement diminué. Les médias exercent une forte influence sur la pensée, les attitudes et la foi des gens. La crue éclair tombe sur nous avec une force incroyable. Certains regardent notre situation actuelle d’un œil très pessimiste et sombrent dans le découragement, la dépression, le cynisme même. Peut-être avons-nous choisi de voir les choses à partir des données de la sociologie, de la psychologie, des sondages et des pronostics, des blogues et des messages laconiques de Twitter… et nous prévoyons un avenir inévitable, sombre et consternant, pratiquement déterminé par les forces démographiques, sociales et économiques. Dans l’univers des clips sonores, espérer, c’est généralement se faire croire à soi-même que tout finira par s’arranger. Nous utilisons à la légère les mots « espoir » et « espérer ». Ce n’est pas là l’espérance des chrétiens. Nous devons être des icônes de l’espérance, un peuple animé d’une vision nouvelle, un peuple qui apprend à voir le monde à travers les lentilles du Christ, de l’Esprit et de l’Église.

Signes des temps et signes d’espérance

Le Deuxième Concile du Vatican a incité les chrétiens à lire les signes des temps et, pour le pape Jean XXIII, les signes des temps étaient des signes d’espérance qui nous faisaient entrevoir la présence du Royaume parmi nous. Le Royaume n’est pas de ce monde et on ne peut le situer à tel ou tel endroit mais, quoiqu’encore à venir, il est déjà là, porté par l’Eucharistie qui est le modèle à reproduire dans toute la société. Le Royaume se manifeste à travers les dons de l’Esprit Saint : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la connaissance, la piété et la crainte du Seigneur. Et les fruits de l’Esprit rendent le Royaume attrayant et savoureux : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la patience, la douceur, la confiance, la modestie, la continence et la chasteté.

On peut aussi suivre une voie négative et dire où ne se trouve pas le Royaume. Là où il n’y a pas de justice, de paix, de partage, de confiance mutuelle, de pardon, il n’y a pas de Royaume. Là où règnent la rancœur, l’envie, la suspicion, la haine, l’ignorance, l’indifférence, l’impureté, le cynisme, il n’y a pas de Royaume et il n’y a certainement pas de vie.

« Duc in altum ! »

On ne peut peser la vie de foi et jauger la vitalité de l’Église uniquement à parti d’indicateurs démographiques ou sociologiques, de chiffres, de sondages et de statistiques extérieures, si utiles qu’ils soient par ailleurs. Le feu de la Pentecôte nous invite à redécouvrir la profondeur, la beauté et l’ampleur de la mission de l’Église. Ce qu’il faut à ceux et celles qui imaginent et édifient l’Église, c’est de penser grand et de jeter leurs filets au large. « Duc in altum ! » Il nous faut modeler notre vision sur la ferme conviction de la victoire de la Croix et du triomphe de Jésus Christ sur le péché et la mort. Les individus et les communautés qui n’ont pas de vision et une Église dépourvue de mission ressemblent à une personne qui n’aurait ni parents ni amis. À moins de nous dépasser, nous resterons des personnalités incomplètes, immatures. Quand l’Esprit habitera vraiment en nous, nous recevrons la grâce de la créativité, de l’imagination et de l’espérance.

La promesse de la présence de l’Esprit

Quel est le signe le plus profond et le plus sûr de la présence de l’Esprit Saint dans notre monde et dans l’Église aujourd’hui ? Réponse: la joie. Là où se trouve la joie, vous pouvez être sûrs que l’Esprit est pour quelque chose dans ce cadeau précieux. Saint Augustin, le plus grand mélomane chez les Pères de l’Église, évoque en ces termes mémorables l’expérience de cette joie-là :

Quand les gens doivent travailler dur, ils entonnent des chansons dont les paroles expriment leur joie. Mais quand la joie déborde et que les mots ne suffisent plus, ils renoncent à la logique et s’abandonnent à la joie du son. Qu’est-ce que cette jubilation ? Qu’est-ce que ce chant d’exultation ? C’est la mélodie qui signifie que nos cœurs débordent de sentiments qui n’arrivent plus à s’exprimer. Et à qui appartient sûrement toute cette jubilation ? À Dieu, sans doute, lui qui est l’inexprimable : quand les mots ne viennent pas et qu’on ne peut plus se taire, que faire d’autre que de laisser monter vers lui la mélodie ? C’est le chant de l’Esprit Saint.

En cette grande fête de la naissance de l’Église, revoyons toute la réalité de l’Église : du grand-angle de son immensité et de sa beauté passons à un plan rapproché sur son aspect complexe et parfois turbulent et concentrons enfin notre regard sur l’espérance, une des manifestations les plus profondes de l’Esprit vivant dans l’Église. Ce faisant, nous pourrons nous émerveiller encore une fois de la miséricorde et de la générosité de Dieu et rendre grâces au Seigneur qui continue de nous appeler à la fidélité et à la joie.

Viens, Esprit Saint, remplis les cœurs de tes fidèles,
et rallume en eux le feu de ton amour !
Fais de nous les témoins joyeux de ton espérance dans l’Église !
Donne-nous de dépasser les idéologies qui nous divisent et nous aveuglent.
Seigneur, envoie-nous ton Esprit, et renouvelle la face de la terre…
la face de notre Église, la face de nos communautés locales,
renouvelle nos visages et nos cœurs. Amen.

Le Défenseur nous donne une raison d’espérer

Sixième dimanche de Pâques, Année A – 21 mai 2017

Actes 8,5-8.14-17
1 Pierre 3,15-18
Jean 14,15-21

Les six premiers chapitres des Actes racontent l’histoire de la fondation et de la construction de l’Église à Jérusalem. Dans la première lecture d’aujourd’hui (Actes 8, 5-8.14-17) et de nouveau en Actes 10, 44-48 comme en Actes 19, 1-6, Luc distingue entre le baptême au nom du Seigneur Jésus et la réception de l’Esprit. Chaque fois, l’Esprit est conféré grâce à l’intervention de l’un des Douze (Pierre et Jean) ou de leur représentant (Paul). C’est très probablement une façon pour Luc de décrire le rôle de l’Église dans l’effusion de l’Esprit. Ailleurs dans les Actes, le baptême et l’Esprit sont associés de manière plus étroite (Actes 1,5; 11,16).

Que pouvons-nous apprendre de cette expérience ? Les écrits de Luc dans les Actes des Apôtres indiquent clairement que le don de l’Esprit n’est pas un privilège individuel. Et que la proclamation des Écritures n’est pas un processus purement cérébral qui serait affaire de théorie et d’intelligence. Il s’agit bien plutôt d’un processus qui exige une connaissance expérientielle de Jésus de Nazareth, le crucifié et le ressuscité. Aucun obstacle apparent – défaut physique, origine ethnique ou distance géographique – ne peut empêcher quelqu’un d’avoir accès à l’appel salvifique de la bonne nouvelle. Dieu travaille à accomplir ses objectifs quant au rayonnement de la mission de l’église (Luc 24,47; Actes 1,8). Le Seigneur Jésus jette les yeux sur des témoins potentiels et fait tout ce qu’il peut pour les former, les habiliter et les lancer sur les routes de la Parole.

Reconnaissez dans vos cœurs la sainteté du Christ, le Seigneur

La deuxième lecture d’aujourd’hui, tirée de la Première Lettre de Pierre (3, 15-18), nous rappelle que la souffrance et la mort du Christ, lui qui est le juste, a sauvé les coupables (1 Pierre 3, 18) ; par sa résurrection il a reçu la vie nouvelle dans l’Esprit et il la communique aux croyants par le bain baptismal qui purifie leur conscience du péché. De même que la famille de Noé fut sauvée par l’eau, ainsi les chrétiens sont-ils sauvés par les eaux du baptême (1 Pierre 3, 19-22). Aussi n’ont-ils pas à partager la crainte des pécheurs ; ils devraient plutôt se réjouir dans la souffrance à cause de leur espérance dans le Christ. Leur innocence confond leurs accusateurs (1 Pierre 3, 13-16 ; cf. Matthieu 10, 28 ; Romains 8, 35-39).

Deux mille ans plus tard, les paroles que Pierre adresse à l’Église primitive continuent de retentir en nous avec force (1 Pierre 15s) :

C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint. Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ.

Quelle est la raison de notre espérance ? Permettez-moi de rappeler ici ce que disait le pape Benoît XVI dans son homélie pour la Solennité des saints Pierre et Paul, à Rome, le 29 juin 2009 :

Très brièvement, je voudrais encore rappeler l’attention sur deux autres affirmations de la Première Lettre de saint Pierre, qui nous concerne tout particulièrement, à notre époque. Il y a tout d’abord la phrase aujourd’hui nouvellement découverte, sur la base de laquelle les théologiens médiévaux comprirent leur tâche, leur tâche de théologiens: « Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Jésus Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (Ac 3, 15). La foi chrétienne est espérance. Elle ouvre la voie vers l’avenir. Et elle est une espérance qui est raisonnable ; une espérance dont nous pouvons et nous devons exposer la raison. La foi provient de la Raison éternelle qui est entrée dans notre monde et nous a montré le vrai Dieu. Elle va au-delà de la capacité propre de notre raison, tout comme l’amour voit davantage que la simple intelligence. Mais la foi parle à la raison et dans la confrontation dialectique, elle peut tenir tête à la raison. Elle ne la contredit pas mais elle va de pair avec elle et, dans le même temps, conduit au-delà d’elle – elle introduit dans la Raison plus grande de Dieu.

En tant que pasteurs de notre temps, nous avons le devoir de comprendre nous les premiers la raison de la foi. Le devoir de ne pas la laisser demeurer simplement une tradition, mais de la reconnaître comme une réponse à nos questions. La foi exige notre participation rationnelle, qui s’approfondit et se purifie dans un partage d’amour. Cela fait partie de nos devoirs en tant que pasteurs que de pénétrer la foi avec la pensée pour être en mesure de montrer la raison de notre espérance dans le débat de notre temps.

Le nouveau défenseur parmi nous

Dans l’Évangile de Jean, le deuil est palpable chez les apôtres au moment où Jésus se prépare à les quitter. Pierre lui demande : « Seigneur, où vas-tu ? » (Jean 13, 36) puis « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? » (Jean 13, 37). C’est à ces questions poignantes que Jésus répond : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jean 14, 15). Et Jésus présente alors le nouveau Défenseur (Paraclet) comme l’Esprit de vérité, méconnu du monde mais présence permanente chez les disciples (Jean 14, 17). Voilà bien le fondement de notre confiance en la direction de l’Esprit.

Le mot grec « paraclet » provient du langage juridique et désigne un avocat, le procureur de la défense. On pourrait aussi traduire le porte-parole, le médiateur, l’intercesseur, celui qui console et réconforte, encore qu’aucune de ces expressions n’exprime tout ce que Jean veut dire. Le Paraclet chez Jean est un maître, un témoin de Jésus, et en même temps le procureur de la poursuite contre le monde; le mot lui sert à désigner celui qui assure la présence continue sur terre du Jésus qui est retourné au Père.

Jésus est le premier défenseur (paraclet) ; voyez 1 Jean 2,1, où Jésus plaide notre cause en intercédant pour nous au ciel. La venue du Paraclet dans la communauté chrétienne signale le début d’une mission mondiale qui poussera les premiers chrétiens à franchir les frontières de leur monde. Si Jésus était le Défenseur pendant qu’il était sur terre, l’Esprit est maintenant un nouveau Défenseur, la présence de Jésus jusqu’à son retour. Ce Défenseur n’est pas un étranger mais plutôt la garantie de la fidélité à Jésus : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26). Et Jésus répète que le Défenseur va témoigner en son nom et mettre les disciples en mesure de témoigner, eux aussi. Pour situer ces passages, il faut se rappeler l’incertitude et la peur des disciples au début du livre des Actes. Avec la venue de l’Esprit, les disciples reçoivent la lumière et l’audace de témoigner avec clarté et avec courage.

Échapper au piège du passé

Le Défenseur ne sera pas seulement l’assurance de la fidélité et la source d’une proclamation audacieuse mais aussi le guide vers un avenir encore obscur : « J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître » (Jean 16, 12-13). Cette assurance de la présence et de la direction de l’Esprit permet aux disciples d’avancer vers l’avenir, d’affronter de nouveaux défis et de le faire avec créativité. Les disciples authentiques, fidèles à la personne et au message de Jésus, ne se laissent pas prendre au piège du passé. C’est l’Esprit qui rend possible la flexibilité, l’apprivoisement, l’adaptation, c’est lui qui permet à la nouveauté d’émerger, toujours dans un contexte de fidélité.

L’Esprit est notre guide, notre conseiller, la source de notre confiance et de notre sens de l’orientation. C’est l’Esprit qui garde l’espérance vivante dans nos cœurs alors que nous aspirons à la plénitude de la présence et de l’amour de Dieu. L’assurance de la présence et de la direction de l’Esprit nous donne les moyens, à nous, Ses disciples, d’avancer vers l’avenir et de relever de nouveaux défis avec créativité. Le disciple est fidèle à la personne et au message de Jésus sans tomber pas dans le piège du passé. C’est l’Esprit qui rend possible la flexibilité, l’apprivoisement, l’adaptation, c’est lui qui permet à la nouveauté d’émerger dans un contexte de fidélité. Les écrits de Luc dans les Actes des Apôtres montrent clairement que l’Esprit n’est pas un privilège individuel.

La mémoire vivante de l’Église

Ce nouveau Défenseur n’est pas simplement un porteur de procuration, envoyé remplacer le Seigneur en son absence : au contraire, il assure sa présence et celle du Père. Ils vont « venir chez » celui ou celle qui reste fidèle à la parole de Jésus, et ils vont faire chez lui/elle leur demeure. Mais pas chez les autres – ceux qui n’aiment pas le Seigneur et ne gardent pas sa parole. Le Paraclet demeure en quiconque aime Jésus et garde ses commandements ; sa présence échappe donc à la limite du temps (Jean 14, 15-17). Le Paraclet est tout aussi présent chez les disciples modernes de Jésus qu’il l’était dans la première génération chrétienne. Personne ne doit penser que Jésus a abandonné son Église aujourd’hui. Jésus continue de nous envoyer l’Esprit de Dieu, l’Esprit de vérité. L’Évangile nous dit que « celui que le Père enverra nous enseignera tout et nous fera souvenir de tout ce que Jésus nous a dit » (v. 26). Ce souvenir, ce rappel à la mémoire se trouve admirablement exprimé dans la nouvelle formulation qu’emploie le Catéchisme de l’Église catholique pour décrire le travail du Défenseur, « L’Esprit Saint est la mémoire vivante de l’Église » (n° 1099) :

La venue du Paraclet signale le début d’une vision mondiale qui pousse les premiers chrétiens à dépasser leurs frontières géographiques. Comme chrétiennes et chrétiens, la personne de Jésus Christ est notre « point de départ », notre espérance et notre but. Le Christ demande à l’Église de « faire des disciples de toutes les nations » (Matthieu 28, 19). Pour guider le travail de l’Église dans cette mission, le Christ envoie l’Esprit Saint au milieu de nous. Jésus présente le nouveau Défenseur comme « l’Esprit de vérité », méconnu du monde mais présence constante parmi les disciples (Jean 14, 17). Tel est bien le fondement de notre confiance en la direction de l’Esprit. Jésus a été le Défenseur pendant qu’il était sur terre avec les disciples. L’Esprit Saint est un nouveau Défenseur, la présence de Jésus qui guide l’Église jusqu’à son retour. Ce Défenseur n’est pas un étranger, mais bien la garantie de la fidélité à Jésus : « le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom vous enseignera tout et vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » (Jean 14, 26).

Le maître d’œuvre et sa communauté de pierres vivantes

Cinquième dimanche de Pâques, Année A – 14 mai 2017

Actes 6,1-7
1 Pierre 2,4-9
Jean 14,1-12

Le mystère de notre union spirituelle au Christ est au cœur de la liturgie du Cinquième Dimanche de Pâques, cette année. Dans la première lecture, tirée des Actes des Apôtres (6, 1-7), nous voyons que la première communauté apostolique a eu tôt fait de distinguer entre diverses charges et responsabilités.

Les Hellénistes, aux versets 1-7, ne sont pas nécessairement des Juifs de la diaspora mais plus probablement des Juifs palestiniens qui ne parlaient que le grec. Les Hébraïsants sont des Juifs qui parlaient hébreu ou araméen et peut-être aussi le grec. Les deux groupes font partie de la communauté chrétienne juive de Jérusalem. Le conflit entre eux entraîne une restructuration qui a pour but de mieux répondre aux besoins de la communauté.

Le service de la Parole

La fonction essentielle des Douze (v. 2-4) est le « service de la Parole », ce qui comprend l’élaboration du kérygme par la formulation des enseignements de Jésus. Au verset 2, nous lisons : « il n’est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas ». Certains commentateurs de l’Écriture pensent qu’il ne s’agit pas ici de servir à table mais plutôt de tenir les livres où l’on inscrivait les distributions de nourriture aux membres nécessiteux de la communauté. À l’invitation des Apôtres, les disciples choisissent sept hommes : « Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas. On les présenta aux Apôtres et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains. » (v. 5-6).

Tout cet épisode a pour but de présenter Étienne comme une figure éminente de la communauté avant que son long discours et son martyre ne soient racontés en Actes 7. Une fois qu’Étienne et les autres ont été choisis, on ne les présente jamais dans l’exercice de la tâche qui leur a été confiée (v. 2-3). Deux d’entre eux, Étienne et Philippe, apparaissent plutôt comme des prédicateurs du message chrétien. Étienne est le plus représentatif du groupe des sept. Notre tradition voit dans cette équipe l’origine du futur ministère des « diacres », mais il faut se rappeler que cette distinction ministérielle ne se trouve pas dans les Actes des Apôtres.

N’oublions pas qu’en plus du service caritatif, Étienne exerçait une fonction d’évangélisation chez les siens – dits « Hellénistes ». Luc insiste sur le fait qu’Étienne, « plein de la grâce et de la puissance de Dieu » (v. 8), présente au nom de Jésus une nouvelle interprétation de Moïse et de la Loi même de Dieu. Étienne relit l’Ancien testament à la lumière de la proclamation de la mort et de la résurrection du Christ.

Une des grandes leçons que nous pouvons tirer du témoignage d’Étienne, c’est que les œuvres caritatives ne doivent jamais être coupées de la proclamation audacieuse, explicite et courageuse de la foi. Il ne fait aucun doute qu’Étienne fut bien l’un des sept à qui on avait confié les œuvres de charité. Mais il n’était pas possible de séparer la foi de la charité. C’est ainsi que, dans la charité, il proclama le Christ crucifié et qu’il le fit jusqu’au martyre. La charité et la proclamation de la foi vont de pair.

Le Christ pierre angulaire

La deuxième lecture d’aujourd’hui est tirée de la Première Épître de Pierre (2, 4-9) et nous présente l’image frappante du Christ pierre angulaire, fondation de l’édifice spirituel qu’est la communauté chrétienne (v. 5). Pour les non-croyants, le Christ est un obstacle, une pierre d’achoppement qui va les faire tomber (v. 8). Le Christ qui est « la pierre vivante » du « Temple spirituel » va nous transformer en « pierres vivantes » (v. 5). Chaque fois que nous nous rassemblons en Église, en tant que communauté croyante, en tant que « pierres vivantes » de l’édifice de Dieu, nous sommes appelés à être le vrai « temple spirituel » dont le Seigneur est la « pierre angulaire » et où sont offertes « les offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter » (v. 6).

Une communauté de pierres vivantes

Je me rappelle ma première visite sur le site de Capharnaüm, sur la rive nord-occidentale de la Mer de Galilée, en 1988. J’avais la chance d’être guidé ce jour-là par un de mes maîtres et de mes grands amis, feu le Père Carroll Stuhlmueller, prêtre passionniste qui enseignait à la Catholic Theological Union de Chicago. Le Père Stuhlmueller nous donna d’abord un cours formidable sur les discours du « pain de vie » dans les ruines de la synagogue du troisième siècle, au centre de la ville. Puis il nous conduisit à travers les rues étroites de ce qui était la base principale de Jésus en Galilée en nous faisant remarquer comment les maisons de la ville étaient construites en petites pierres noirâtres. Il semble qu’on n’utilisait pas de mortier pour faire tenir ces pierres. Il expliqua à notre petit groupe que ces pierres étaient appelées « pierres vivantes ». On les frottait les unes sur les autres jusqu’à ce qu’elles s’emboîtent parfaitement. C’est une image que je n’ai jamais oubliée. J’ai toujours trouvé qu’il y a là une illustration tout à fait parlante de ce qu’est l’Église aujourd’hui : une communauté de pierres vivantes où les frictions trop fréquentes servent à tenir ensemble tout l’édifice. Ce n’est que lorsque nous nous frottons les uns aux autres ou que nous sommes contraints de le faire, que nous apprenons ce qu’est la vraie charité, la vraie communauté. Alors seulement nous sommes en mesure de grandir, de changer et de nous emboîter les uns dans les autres pour former une structure solide, résistante et durable à long terme.

Le grand projet de construction de Jésus

Dans la deuxième lecture, Pierre exhorte : « Soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint ». Très bien, nous nous offrons nous-mêmes à Dieu comme pierres vivantes, mais qu’est-ce au juste que cet édifice spirituel qu’on est en train de construire ? Voici qui nous amène à l’Évangile d’aujourd’hui (Jean 14,1-12). L’Évangile de Jean nous présente l’autre demeure : en fait, il s’agit d’un grand édifice où on ne manque pas de places. N’est-il pas naturel de supposer que « la maison de mon Père » désigne le ciel, et que les nombreuses places qui s’y trouvent sont celles qui nous attendent quand nous passerons de cette vie dans l’autre ? C’est là une belle interprétation de ce passage, tout à fait valable, et nous devrions la laisser pénétrer notre cœur, en particulier aux heures solitaires et douloureuses qui suivent la perte d’un être cher. Mais il ne faut pas restreindre l’application de ce texte aux seuls moments de deuil.

Jésus ne s’inquiète pas seulement de l’autre vie mais aussi de l’ici et maintenant. Quand Jésus, à la dernière Cène, parle à ses disciples de « nombreuses demeures », il leur parle aussi du moment présent. Les disciples et l’Église primitive avaient besoin de s’entendre dire qu’ils seraient en mesure de remplir leur mission et de s’acquitter de leur ministère même après que Jésus fut remonté auprès du Père. Jésus leur dit : « que votre cœur ne se trouble pas… dans la maison de mon Père il y a plusieurs demeures. » Pas une seule, plusieurs ! Le Seigneur nous précède, il est allé nous préparer plusieurs places, même pour ceux et celles qui sont « en dehors » de la communauté de l’Église. À son heure, Jésus est allé préparer de la place pour tout le monde, en particulier pour ceux et celles à qui personne d’autre ne fait de place. Le grand projet de Jésus, c’est d’édifier une demeure avec quantité de pièces en fonction de la diversité du peuple de Dieu. Et ce vaste bâtiment compte plusieurs demeures faites de pierres vivantes.

L’annonce de son départ

À diverses reprises pendant le temps pascal, Jésus nous annonce son départ : son ascension et son retour au Père. Rappelons ces différentes occasions. D’abord à la dernière Cène : « Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père… sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu… » (Jean 13,1-3). Jésus pensait à sa mort prochaine mais il voyait aussi plus loin et ces paroles font allusion à son départ imminent, à son retour au Père par l’ascension au ciel : « Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé » (Jean 16,5); « je vais vers le Père et vous ne me verrez plus » (Jean 16,10). Sur le coup, les disciples ne pouvaient comprendre pleinement ce que Jésus avait en tête, d’autant plus d’ailleurs qu’il leur parlait de façon mystérieuse : « je m’en vais et je reviendrai vers vous »; puis il ajouta: « si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi » (Jean 14,28). Après sa résurrection, les disciples verraient dans ces paroles la prophétie de son ascension.

La question que Thomas pose à Jésus, « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ? » exprime l’inquiétude de tout être humain qui prend conscience de la responsabilité que constitue la vie que Dieu nous donne si généreusement, qui regarde en face la nécessité de donner une orientation et un sens à ce qu’il fait. Quand Jésus se présente comme « la voie », le terme désigne aussi le christianisme (Actes 9,2; 19,9.23; 22,4; 24,14.22). Dans l’Église primitive, on connaissait les chrétiens sous le nom de disciples de la Voie.

Le défi de la transmission de la foi aujourd’hui

À la lumière de la richesse des textes d’aujourd’hui, j’aimerais attirer l’attention sur un autre passage du Document préparatoire au prochain Synode des évêques sur « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », qu’on appelle les Lineamenta. Le Synode se tiendra au Vatican, en octobre 2012. Ce passage porte sur « les fruits de la transmission de la foi » (#17) :

Le but de tout le processus de transmission de la foi est l’édification de l’Église en tant que communauté des témoins de l’Évangile. Le Pape Paul VI affirme: « Communauté de croyants, communauté de l’espérance vécue et communiquée, communauté d’amour fraternel, elle a besoin d’écouter sans cesse ce qu’elle doit croire, ses raisons d’espérer, le commandement nouveau de l’amour. Peuple de Dieu immergé dans le monde, et souvent tenté par les idoles, elle a toujours besoin d’entendre proclamer les grandes œuvres de Dieu qui l’ont convertie au Seigneur, d’être à nouveau convoquée par lui et réunie. Cela veut dire, en un mot, qu’elle a toujours besoin d’être évangélisée, si elle veut garder fraîcheur, élan et force pour annoncer l’Évangile. »

Les fruits que ce processus ininterrompu d’évangélisation engendre dans l’Église comme signe de la force vivifiante de l’Évangile prennent forme dans la confrontation avec les défis de notre temps. Il est nécessaire d’engendrer des familles qui soient un signe véritable et réel d’amour et de partage, capables d’espérance parce qu’ouvertes à la vie ; il faut la force de construire des communautés douées d’un véritable esprit œcuménique et capables d’un dialogue avec les autres religions; on ressent l’urgence du courage de soutenir des initiatives de justice sociale et de solidarité, mettant le pauvre au centre de l’intérêt de l’Église; il faut souhaiter que donner sa propre vie dans un projet de vocation ou de consécration soit source de joie. Une Église qui transmet sa foi, une Église de la « nouvelle évangélisation » est capable dans tous ces domaines de montrer l’Esprit qui la guide, et qui transfigure l’histoire : l’histoire de l’Église, celle des chrétiens, des hommes et de leurs cultures.

Questions pour la réflexion cette semaine

En songeant que la charité et la proclamation de la foi vont de pair, en quoi nos tâches et nos activités caritatives et nos programmes de justice sociale nous donnent-ils l’occasion de proclamer Jésus Christ et son message à ceux et celles que nous secourons ?

En quoi nos communautés chrétiennes sont-elles des « pierres vivantes », des lieux dans l’Église qui offrent aux gens une expérience spirituelle ? Dans quelle mesure nos programmes d’éducation de la foi favorisent-ils non seulement une adhésion à la vérité chrétienne mais aussi la création d’une expérience de rencontre personnelle, de communion, de « vie » du mystère du Christ ?

Les groupes d’écoute et de discussion autour de la Parole de Dieu sont-ils devenus des outils normaux pour la vie chrétienne de notre communauté ? Comment nos communautés expriment-elles la place centrale de l’Eucharistie (célébrée et adorée) et comment, sur cette base, structurent-elles leur vie et leur activité ?

Quels sont les principaux fruits que la transmission de la foi a produits dans nos Églises ? Jusqu’à quel point les communautés chrétiennes sont-elles disposées à reconnaître ces fruits, à les soutenir et à les alimenter ? Quels sont les fruits qui manquent généralement ?

Quels sont les obstacles, les épreuves et les scandales qui entravent cette proclamation ? Comment les communautés ont-elles appris à vivre ces moments difficiles en y puisant des occasions de ressourcement spirituel et missionnaire ?