Un « nuage de témoins »


Le pape Benoît XVI canonise trois nouveaux saints
provenant de pays où sont présents les Chevaliers de Colomb

Par le père Thomas Rosica, c.s.b..

Le dimanche de la Journée mondiale des missions, le 21 octobre à Rome durant le synode sur la nouvelle évangélisation, le pape Benoît XVI a canonisé sept nouveaux saints et saintes. Parmi les élus se trouvaient deux martyrs (un jésuite français missionnaire à Madagascar et un jeune laïc des Phillipines); un prêtre italien, fondateur d’ordre et une religieuse française, fondatrice de communauté; deux femmes laïques (une autochtone d’Amérique du Nord et une Allemande); ainsi qu’une religieuse allemande qui a oeuvré dans une colonie de lépreux.

Trois des personnes canonisées passaient leurs vies dans des pays où sont présents actuellement les Chevaliers de Colomb.

STE MARIANNE COPE : MÈRE DES PERSONNES REJETÉES

Mère Marianne Cope (1838-1918), autrefois Barbara Koob (Cope actuellement), est née le 23 janvier 1838, et a été baptisée le lendemain au pays qui aujourd’hui se trouve l’Allemagne de l’Ouest. Peu après, sa famille émigre aux États-Unis où Barbara travaille dans une usine comme journalière avant de poursuivre sa vocation dans la vie religieuse.

La jeune soeur Marianne est professeur et administratrice d’un hôpital et, en 1870, est élue supérieure de l’Hôpital Saint-Joseph de Syracuse. En 1883, elle reçoit une invitation inattendue du père Léonor Fouesnel, émissaire du gouvernement, la priant de venir aider les « membres affligés » du Royaume d’Hawaii.

Mère Marianne accepte l’invitation de partager la tâche d’avoir soin des lépreux sur l’île de Molokai. En 1883, elle part avec six religieuses dans l’intention d’établir celles-ci pour ensuite retourner à Syracuse. Toutefois, après avoir dirigé un hôpital de Honolulu pendant cinq ans, Mère Marianne se porte bénévole à son tour en vue doeuvrer auprès des lépreux qui y sont condamnés.

La vie de mère Marianne s’avère le complément de la vie de saint Damien de Molokaï (1840-1889), admiré pour s’être sacrifiée auprès des lépreux d’Hawaii. Mère Marianne passe les 30 dernières années de sa vie à oeuvrer de près avec le père Damien et avec les rejetés de la société. Quand elle meurt à 80 ans, en 1918, un journal de Honolulu note : « Il est rare qu’il soit accordé à une femme d’avoir l’occasion de se vouer à chaque heure de sa vie pendant 30 ans au maternage de gens isolés de reste du monde par ordonnance officielle. Elle y a risqué sa vie durant toute cette période, affronté toutes les difficultés d’un courage à toute épreuve et était reconnue pour son doux sourire. »

SAINTE KATERI TEKAKWITHA: MODÈLE DE LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION

Sainte Kateri Tekakwitha, connue sous le nom de « Lys des Agniers », naît en 1656, d’une mère algonquine et d’un père mohawk, dans le nord de l’état de New York. À quatre ans, une épidémie de variole s’empare du village de Kateri, causant la mort de ses parents et d’un frère bambin, laissant Kateri orpheline. La variole la défigure et détériore sérieusement sa vue. Bien que terriblement affaiblie, défigurée et presque aveugle, elle survit et est adoptée par un oncle, chef mohawk.

La famille de Kateri n’accepte pas qu’elle embrasse le christianisme. Après son baptême, elle devient le paria du village et elle est menacée de torture ou de mort, si elle ne renonce pas sa religion. Étant donné l’hostilité constante que son peuple lui manifeste et parce qu’elle désire vouer sa vie à Dieu, Kateri quitte son village en juillet 1677 et s’enfuit quelque 300 km à la mission catholique de Sault Saint-Louis, près de Montréal.

Le 25 mars 1679, Kateri fait voeu perpétuel de virginité, choisit de ne pas se marier et de se consacrer totalement au Christ pour le reste de sa vie.

L’année suivante, Kateri meurt à l’âge de 24 ans. Ces dernières paroles sont : « Jésus, je vous aime », et on rapporte que, après sa mort, ses cicatrices ont disparu sur-le-champ.

Kateri est la première sainte nord-américaine. Sa vie terrestre remonte au 17e siècle, pourtant son message se répand encore de nos jours.

SAINT PEDRO CALUNGSOD : LE BON SOLDAT DU CHRIST

Un troisième saint nouveau qui se présente à nous comme un modèle de passion et de dévotion envers Dieu se trouve le jeune migrant, sacristain et catéchète missionnaire, saint Pedro Calungsod, de la province de Cebu aux Philippines.

Peu de détails des premières années de la vie de Pedro sont connus avant ceux de son oeuvre missionnaire et sa mort. C’est un jeune missionnaire laïque qui voyage à l’étranger pour proclamer le Christ aux autres. Le 2 avril 1672, il endure une mort de martyr sur l’île actuelle de Guam, à l’âge de 17 ans, en tentant de défendre un jésuite (bienheureux Diego Luis de San Vitores) contre ceux qui entretiennent une haine contre la chrétienté. L’agresseur tue Pedro de coups de lance et de machette et, les attachant tous deux l’un à l’autre, les jette à la mer d’où ils ne seront jamais récupérés.

La foi qui fut plantée aux Philippines et à Guam en 1668 n’est pas morte avec le père Diego Luis, Pedro Calungsod et les premiers missionnaires de la région.

Saint Pedro Calungsod se trouve le deuxième saint philippin après saint Lorenzo Ruiz, martyrisé au Japon en 1637. Comme sainte Mother Marianne Cope et sainte Kateri Tekakwitha, saint Pedro est honoré parmi le « grand nuage de témoins » qui continuent de nous inspirer et de nous entourer, en nous montrant la voie vers notre céleste patrie (cf. Hb 12, 1).

Au milieu des conflits, des souffrances et des martyres, ces saints demeuraient présents aux gens de leur entourage. Par leurs vies, ils se trouvent pour nous des modèles de relations authentiquement humaines, dont les pieds sont implantés fermement sur la terre et les yeux sont fixés au ciel.

Cet article a été publié dans  Columbia Magazine en novembre 2012. Remerciement au Conseil Suprême des Chevaliers de Colomb.

Photo credit:
All above: CNS / Paul Haring, (21 octobre, 2012)

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