Soyons remplis par une joie brûlante pour la maison du Seigneur

Troisième dimanche du Carême, Année B – 4 mars 2018

Dans les textes de ce troisième dimanche de carême, je voudrais mettre l’accent sur deux images puissantes présentes dans ces textes: celle de Jésus purifiant le Temple de Jérusalem et du message de saint Paul au sujet de la croix de Jésus-Christ.

Les deux actions purificatrices de compréhension de la croix de Jésus et Paul peuvent nous être d’une grande aide alors que nous grandissons dans notre connaissance et amour de Jésus-Christ en cette saison de carême.

Le récit de Jean de la purification du temple de Jésus est très différent des autres récits évangéliques (de cette histoire dramatique). Dans les évangiles synoptiques, cette scène prend place à la fin de la procession du dimanche des Rameaux dans la ville sainte. Avec des gens l’acclamant triomphalement, Jésus entra dans la zone du temple, non pas pour rendre hommage, mais pour mettre au défi le temple et ses chefs. Il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs et les tables de ceux qui vendaient des oiseaux et animaux pour le sacrifice. Quel enseignement! Jésus cita les Écritures: « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison s’appellera maison de prière pour toutes les nations ? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » [Marc 11, 17, Isaïe 56, 6-7, Jérémie 7, 11].

Dans le quatrième évangile, la purification du temple prend place au début du ministère de Jésus et non au commencement des événements entourant les derniers jours de sa vie. Les mots et actions surprenantes de Jésus au temple, qu’elles soient du récit synoptique ou du récit de Jean, ont pris un nouveau sens pour les générations futures de chrétiens. « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Le temple n’est pas un centre commercial ou un centre d’achat mais bien une place sainte du Père. Comme les prophètes avant lui, Jésus essaya de réveiller les cœurs de son peuple. Les disciples de Jésus se rappellèrent qu’il leur a dit au Temple les mots du psaume 68, 10: « L’amour de ta maison m’a perdu. » J’ai souvent compris la signification de ce verset comme: « Je suis rempli d’un amour brûlant pour cette maison. » Quand le magnifique Temple de Jérusalem avait été détruit par les Romains, juifs et chrétiens pleurèrent ensemble cette perte, et les disciples de Jésus se rappelèrent de cet incident dans le temple. Maintenant, ils peuvent y voir un nouveau sens; c’était un signe que le vieux temple était terminé, mais qu’un nouveau temple allait être construit. Ce nouveau temple ne serait pas de pierre, de bois et d’or. Il serait un temple vivant de personnes saintes [1 épître de Pierre 2, 4-6; Éphésiens 2, 19-22].

Jésus extrême

Un aspect intriguant de l’Évangile du jour est le portrait d’un Jésus fâché au temple avec la scène de purification qui exprime deux extrêmes dans notre propre image du Seigneur. Certaines personnes espèrent un autrement passif Jésus en révolutionnaire whip-cracking le fouet à la main.

D’autres voudraient exciser toute qualité humaine de Jésus et peindre un très docile, au caractère fade, qui souriait, gardait silence et choisissait de ne jamais brasser la cage. Les erreurs de ces vieux extrêmes, cependant, ne justifient pas un nouvel extrémisme.

Jésus n’était pas exclusivement, même pas principalement concerné avec des réformes sociales. Plutôt, il était rempli d’une dévotion profonde et d’un amour brûlant pour son Père et les choses de son Père. Il voulait former de nouvelles personnes, créées à l’image de Dieu, (qui sont) soutenues par son amour et partager cet amour aux autres. Les disciples et apôtres de Jésus le reconnaissent comme une figure passionnée – une figure qui était engagée vers la vie, prête à la perdre pour la vérité et la fidélité.

Nous laissons-nous tenter par ces deux extrêmes dans notre compréhension et notre relation avec Jésus? Sommes-nous passionnés à propos de quelque chose dans nos vies aujourd’hui? Sommes-nous remplis d’un amour profond et brûlant pour les choses de Dieu et de son Fils, Jésus?

Le message de la croix

En écrivant aux gens de Corinthe, Paul notait plusieurs désordres et scandales qui étaient présents. Une communion et unité véritable étaient menacées par des groupes et des divisions internes qui compromettaient sérieusement l’unité du Corps du Christ. Plutôt que d’en appeler avec des mots de sagesse théologiques ou philosophiques complexes pour résoudre des difficultés, Paul annonce le Christ à cette communauté: le Christ crucifié. La force de Paul n’est pas trouvée ne réside pas dans une langue persuasive, mais plutôt, paradoxalement, dans la faiblesse de quelqu’un qui a confiance seulement dans la « puissance du Seigneur » (1 Corinthiens 2, 1-4).

Dans la première lettre de saint Paul aux Corinthiens [1 Cor 18, 22-25], nous entendons parler « le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu. » Pour saint Paul, la croix représente le centre de cette théologie: dire croix signifie salvation comme une grâce donnée à toute créature.

Le message simple de la croix de Paul est scandale et folie. Il déclare le tout fermement avec ces mots: « Le message de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais pour nous qui sommes sauvés, c’est la parole de Dieu. C’était la volonté de Dieu à travers la folie de la proclamation pour sauver ceux qui ont la foi. Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens. »

Le « scandale » et la « folie » de la croix sont précisément dans le fait qu’il semblait n’y avoir qu’échec, tristesse et défaite, et c’est précisément là qu’est toute la puissance de l’amour sans limite de Dieu. La croix est l’expression de l’amour et l’amour est la puissance véritable qui nous est révélée dans cette apparente faiblesse.Saint Paul l’a expérimentée même dans sa propre chair, et il nous en donne témoignage dans plusieurs passages de son aventure spirituelle, qui est devenue un point de départ important pour chaque disciple de Jésus: « Il m’a dit, « Ma grâce te suffit, ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Corinthiens 12, 9); et même « Dieu a choisi ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose » (I Corinthiens 1, 28).

L’apôtre des gentils s’identifie à un tel degré avec le Christ qu’il a aussi, même au milieu de tant d’épreuves, vécu dans la foi du Fils de Dieu qui l’aima et qui se donna à lui pour ses péchés et ceux de tous les hommes (Galates 1, 4; 2, 20).

Aujourd’hui, alors que nous contemplons l’amour brûlant de Jésus pour les choses de son Père, et le mystère salvifique de sa croix, prions ces mots:

Ô Dieu, que ta folie est sage et ta faiblesse est forte,
par le travail de ta grâce dans la discipline du Carême
purifie le temple de ton Église et le sanctuaire de nos cœurs.
Que nous soyons remplis d’un amour brûlant pour ta maison,
et que l’obéissance à tes commandements
nous absorbe et nous entoure sur ce chemin du Carême.
Nous demandons cela à travers Jésus-Christ, l’homme de la Croix, puissance et sagesse,
le Seigneur qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, toujours et à jamais. Amen.

Voici une réflexion pour ce troisième dimanche de Carême par notre journaliste français Charles Le Bourgeois…

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