Nous avons besoin de l’exemple de saint Jean-Marie Vianney aujourd’hui!

Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b pour la fête de saint Jean-Marie Vianney  – 4 août 2018:

J’ai été toujours très touché par les récits de l’entrée de Jean-Marie Vianney dans le territoire de sa nouvelle paroisse.  Le jour de son arrivée à Ars en 1818, le petit village était tellement noyé dans le brouillard que le nouveau curé a dû demander sa route à un petit paysan.  “Montre-moi le chemin d’Ars et je te montrerai le chemin du Ciel” avait-il répondu au petit berger qui lui montrait la route d’Ars, c’est-à-dire, je vais t’aider à devenir un saint.  “Là où les saints passent, Dieu passe avec eux” précisera le curé plus tard. St-Jean-Marie Vianney a été dans son temps une sentinelle pour la communauté d’Ars.

Arrivé dans ce village français en 1818, Jean-Marie réveille la foi de ses paroissiens par ses prédications mais surtout par sa prière et sa manière de vivre. Il se sent pauvre devant la mission à accomplir, mais il se laisse saisir par la miséricorde de Dieu. Très rapidement, sa réputation de confesseur lui attire de nombreux pèlerins venant chercher auprès de lui le pardon de Dieu et la paix du cœur.  Jusqu’à 17 heures par jour, rivé dans son confessionnal pour réconcilier les hommes avec Dieu et entre eux, le Curé d’Ars est un véritable martyr du confessionnal, comme a souligné le Pape Jean-Paul II lors de sa visite à Ars en 1986. Pris par l’amour de Dieu, émerveillé devant la vocation de l’homme, Jean-Marie Vianney mesurait la folie qu’il y avait à vouloir être séparé de Dieu. Il voulait que chacun fût libre de pouvoir goûter à l’amour de Dieu.

Voyant en chacun de ses frères le Seigneur présent, l’humble curé n’aura de cesse que de les secourir, les aider, apaiser les souffrances ou les blessures, permettre à chacun d’être libre et heureux. Orphelinat, écoles, attentions aux plus pauvres et aux malades, infatigable bâtisseur,… rien ne lui échappe. Il accompagne les familles et cherche à les protéger de tout ce qui peut les détruire (alcool, violence, égoïsme …). Au cœur de son village, il cherche à prendre en compte l’homme dans toutes ses dimensions: humaine, spirituelle, sociale.  C’est une vraie vocation de sentinelle qui a habité le coeur de ce grand prêtre humble et saint!

Dans la lettre de St-Paul aux Corithiens, [1,26-29], nous lisons la biographie du Saint Curé d’Ars: “Dieu a choisi ce que le monde considère comme une folie pour confondre les «sages», et il a choisi ce qui est faible pour couvrir de honte les puissants.  Dieu a porté son choix sur ce qui n’a aucune noblesse et que le monde méprise, sur ce qui est considéré comme insignifiant, pour réduire à néant ce que le monde estime important.”

Jésus nous donne l’exemple d’un amour plein de compassion, c’est-à-dire de participation sincère et effective aux souffrances et aux difficultés des frères. Il ressent de la compassion pour les foules sans berger (cf. Mt 9, 36) : aussi se préoccupe-t-il de les conduire par ses paroles de vie et il se met à leur  » enseigner beaucoup de choses  » (Mc 6, 34). En vertu de cette même compassion, il guérit de nombreux malades (Mt 14, 14), donnant le signe d’une intention de guérison spirituelle ; il multiplie les pains pour les affamés (Mt 15, 32) ; Mc 8, 2), éloquent symbole de l’Eucharistie ; il est ému devant les misères humaines (Mt 20, 34 ; Mc 1, 41) et il veut y remédier ; il participe à la douleur de ceux qui pleurent la perte d’un de leurs proches (Lc 7, 13 ; Jn 11, 33-35) ; il éprouve de la miséricorde même pour les pécheurs (cf. Lc 15, 1-2), en union avec le Père qui est plein de compassion pour son enfant prodigue (cf. Lc 15, 20) et il préfère la miséricorde au sacrifice rituel (cf. Mt 9, 10-13) ; et les cas ne manquent pas où il reproche à ses adversaires de ne pas comprendre sa miséricorde (Mt 12, 7).  Ces mots décrivent d’une façon remarquable la vie et la vocation du Saint Curé d’Ars.

Montrer le chemin du Ciel, travailler à la vigne du Seigneur pour la conversion des cœurs de ses paroissiens et de tous ceux qui lui étaient confiés: ce fut bien là le constant souci de prêtre qui était Jean-Marie Vianney.  Il n’étais pas encore ordonné qu’il confiait déjà à sa mère : « Si j’étais prêtre, je voudrais gagner beaucoup d’âmes à Dieu. »

Je me permets de citer le Pape Benoît XVI lors de sa belle homélie pour la Conclusion de l’Année Sacerdotale à Rome le 11 juin 2009:

“L’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde, arrive à son terme. Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider, pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal. Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions puissent être remplies. Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir de Dieu, la situation de notre existence. Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation – des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité, son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde : des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui.”

“Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se cache dans le mot “sacerdoce”.

St-Jean-Marie Vianney, prie pour nous, pour l’Eglise, pour les prêtres, les évêques et les cardinaux en nos jours.  Protège le Pape François et guide le dans son ministère important pour l’Eglise et pour le monde.