Marie : modèle et paradigme de la croyance des chrétiens

Solennité de Marie, Mère de Dieu – lundi 1 janvier 2018

Le Nouvel An chrétien est célébré le 1er janvier, une semaine après la célébration de la naissance de Jésus. Le 1er janvier est qualifié de diverses manières qui révèlent divers aspects de la nature de la fête. Tout d’abord, le Nouvel an chrétien se trouve dans l’octave de Noël [i.e. 8 jours après la naissance de Jésus.] Avant la réforme liturgique du Concile Vatican II [1962-1965], la fête de la Circoncision de Jésus ou de l’attribution du nom de Jésus [Saint Nom de Jésus] a été célébrée à cette date pour commémorer le récit évangélique de la circoncision de Jésus selon les prescriptions rituelles de la loi mosaïque, faisant ainsi officiellement de lui un membre du peuple de l’alliance: « Quand arriva le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. » [Lc 2, 21-24]

Suite au renouvellement liturgique du Concile Vatican II, le 1er janvier est aussi connu comme la Solennité de Marie, la Mère du Seigneur, et a également été désigné Journée mondiale de prière pour la paix.

Nous pouvons nous demander souvent si en accumulant tant de significations différentes, les gens ne portent plus attention au Jour de l’An comme une fête religieuse.

N’est-il pas vrai non plus que l’atmosphère de réjouissances attachée à la veille du Jour de l’An ne laisse pratiquement personne avec l’énergie, le désir ou la volonté de considérer le Nouvel An comme une fête religieuse? Examinons quelques-uns des fondements bibliques pour les différentes significations rattachées au nouvel an chrétien.

Fête de la circoncision et attribution du nom de Jésus

Dans l’Antiquité et dans les Écritures, il est commun de croire que le nom donné à une personne n’est pas seulement un label, une étiquette, mais révèle aussi une partie de la personnalité de celui qui le porte. Le nom porte la volonté et le pouvoir. Jésus de Nazareth est né à Bethléem de parents juifs [Matthieu 1-2; Luc 1-2]. Lors de sa conception, un ange a affirmé que son nom serait « Jésus ». L’hébreu et l’araméen du nom « Yeshua » [Jésus] est une forme tardive de l’hébreu « Yehoshua » ou Josué. C’était un nom très commun dans le Nouveau Testament. La signification du nom est «Le Seigneur est le salut», et on y fait allusion dans Matthieu 1, 21 et Luc 2,21.

Dans les Écritures, « Yeshua » fait référence au Sauveur et fut l’un des moyens pour les chrétiens de nommer et d’identifier Jésus. Le grec Christos traduit l’hébreu Mashiah, «oint», par ce nom, les chrétiens affirmaient que Jésus était le Messie. Dans le Nouveau Testament, le nom, la personne et l’œuvre de Dieu sont indissociablement liés à ceux de Jésus-Christ. Les vrais disciples de Jésus doivent prier en son nom [Jean 14,13-14]. Dans Jean 2, 23,  croire au nom de Jésus signifie croire en lui comme le Christ, le Fils de Dieu [3,18]. Le nom de Jésus est puissant seulement là où il y a la foi et l’obéissance [Marc 9, 38-39]. Croire au saint nom de Jésus mène à la confession de ce nom [Hébreux 13,15]. Faire appel à ce nom est le salut.

Solennité de Marie, Mère du Seigneur

La deuxième personne qui est célébrée et honorée à l’occasion du Nouvel An chrétien est la mère de Jésus. Cette jeune femme d’origine juive a pris sur elle la responsabilité entière du mot «oui» à un visiteur mystérieux lors de l’Annonciation. Par sa réponse, elle a brisé les frontières culturelles et religieuses de son temps, manifestant foi et grand courage. Elle a littéralement apporté le ciel sur terre. Marie de Nazareth a vécu ces événements et leur sens, montrant toujours la capacité d’interpréter le fil conducteur de toute sa vie en se rappelant à l’esprit des paroles et des événements.

«Marie» vient de l’hébreu « Miriam » dont l’étymologie est probablement du mot égyptien qui signifie «bien-aimée». Elle est le disciple par excellence qui nous introduit à la bonté et à l’humanité de Dieu. Le fait qu’elle soit femme n’est pas en soi un signe de salut, mais il est significatif de la façon et de la manière dont le salut arrive. Il n’y a de salut en aucun autre nom que celui de l’homme Jésus, mais à travers cette femme, Marie, nous avons l’assentiment de l’humanité au salut. C’est ainsi que nous pouvons parler d’une réalisation féminine de salut de Dieu.

Aujourd’hui, nous célébrons la Sainte Mère de Dieu, qui est un modèle pour tous les croyants. Je ne peux pas m’empêcher de rappeler les fortes paroles de l’évêque anglican N.T. Wright, de Durham, en Angleterre, lors du Synode sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église en 2008. Mgr Wright, l’un des délégués fraternels nommés par le Pape au Synode, a évoqué les quatre grands moments de la vie de Marie, avec quatre mots: Fiat, Magnificat, Conservabat et Stabat. Grâce à son «fiat», Marie a donné son assentiment à la Parole de Dieu avec son esprit. Grâce à son «Magnificat», la vierge de Nazareth révèle sa force et son courage. Marie a médité et gardé la Parole de Dieu dans son cœur: « conservabat. » Sa fidélité à la fin est décrite par le mot «stabat » alors qu’elle se trouvait au pied de la Croix et attendait patiemment dans son âme l’accomplissement de la prophétie de Siméon et l’expérience de la nouvelle, de l’inattendue révélation qui sauve, encore et toujours.

Dieu appelle chacun de nous à travers l’Écriture d’un amour parfait et de grâce, et la réponse de l’esprit docile est « fiat »:«Qu’il me soit fait selon ta parole». Nous célébrons nous aussi, avec nos forces, la pertinence de la parole à de nouvelles situations personnelles et surtout politiques: « magnificat ». Puis nous laissons monter dans notre cœur ce que nous avons vu et entendu: «conservabat. » Mais l’Écriture nous dit que Marie, elle aussi, a dû apprendre des choses difficiles: elle voulait contrôler son fils, mais ne le pouvait pas. Son âme est percée par l’épée, comme elle est « stabat » au pied de la croix. Nous aussi nous devons attendre patiemment, en laissant la Parole écrite nous dire des choses inattendues, voire désagréables, mais porteuses de salut. Nous avons lu avec humilité, confiant en Dieu et attendant de voir ce que signifie sa volonté. Marie est vraiment un modèle et le paradigme de la croyance des chrétiens.

Journée mondiale de prière pour la paix

Le plus récent «thème» rattaché au Nouvel An chrétien a été la « Journée mondiale de prière pour la paix». La Journée mondiale de la Paix fut lancée par l’Église sous le pape Paul VI en 1967. Les chrétiens sont invités à entamer une nouvelle année en priant pour la paix.

Aujourd’hui, alors que nous célébrons la Mère du Seigneur qui réconcilie les nombreux sens donnés à la fête d’aujourd’hui, faisons-nous l’écho des paroles du saint Basile le Grand, dont la fête suit immédiatement la célébration d’aujourd’hui [2 janvier] :

Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, chantons avec les anges : « Il nous est né aujourd’hui un sauveur qui est le Christ Seigneur ; le Seigneur Dieu qui nous est apparu…

Non pas sous la forme divine, afin de nous effrayer dans notre faiblesse, mais sous la forme d’un Serviteur, afin qu’Il puisse libérer ce qui avait été réduit à la servitude …

Adorons avec les mages, rendons gloire avec les bergers, chantons avec les anges : « Il nous est né aujourd’hui un sauveur qui est le Christ Seigneur ; le Seigneur Dieu qui nous est apparu…

Non pas sous la forme divine, afin de nous effrayer dans notre faiblesse, mais sous la forme d’un Serviteur, afin qu’Il puisse libérer ce qui avait été réduit à la servitude ..