“Je ne suis pas Lui, je prépare Son chemin”

Solennité de la Nativité de Saint Jean Baptiste – dimanche 24 juin 2018

Isaïe 49,1-6 ;
Actes 13,22-26 ;
Luc 1,57-66.80

Aujourd’hui l’Église célèbre la grande fête de la nativité de celui qui était le « Précurseur », l’« Ami du Marié », « la voix de celui qui crie dans le désert » : Jean le Baptiste. La première lecture est la deuxième des quatre chansons du « Serviteur du Seigneur » du prophète Isaïe (49.1-6). Il portrait exquisément le rôle du Baptiste. Il était véritablement le Serviteur prêt à prêcher la Parole de Dieu. Jean était identifié avec le peuple d’Israël et sa vocation n’était pas seulement la restauration d’Israël mais d’ailleurs la conversion du monde. Jean était l’épée tranchante qui a indiqué la vraie lumière des nations, l’un dont le salut atteindrait la fin du monde.

Saint Paul, dans la lecture d’aujourd’hui des Actes des Apôtres (13.22-26) a parle de Jean qui a annoncé sa venue en proclamant un baptême de repentance à tout le peuple d’Israël. Paul relate que lorsque Jean achevait son discours, il disait : « Je ne suis pas celui que vous pensez ; mais voici, après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers » (13.25).

Il n’y a aucun Évangile qui commence l’histoire du ministère publique de Jésus sans d’abord raconter la vie et la mission de Jean Baptiste. Le fait que Jean précédait Jésus est clairement fixé dans la narration chrétienne. Marc et Luc introduit le Baptiste avant introduire Jésus. Jésus est introduit à travers Jean. Le rôle de Jean dans l’histoire de salut et dans la proclamation de la venue du Messie est merveilleusement décrit dans la préface d’Avent dans la liturgie Romaine, lorsqu’elle réfère a Jésus en tant que : « Celui dont Jean Baptiste a proclamé la venue et révélé la présence au milieu des hommes ».

Jean Baptiste était un homme du désert et a commencé sa prédication là-bas, en proclamant : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers » (Mc 1.3 ; Mt 3.3). Ses années longues dans le désert avant son apparition en tant que prêcheur et enseigneur de repentance (Lc 1.80) étaient une occasion de croissance, pleine des expériences. Il faut être le même pour tout ceux et celles qui suivent Jésus. Chaque ministère et service dans le Royaume de Dieu qui implique la communication avec les autres exige un période de préparation dans la solitude et nos propres déserts humains. Seulement dans ces moments de solitude que nous pouvons être attentifs à la Parole de Dieu dans nos vies. Prenons-nous du temps pour écouter la Parole de Dieu ? Où trouvons-nous la terre sainte dans nos vies où la Parole de Dieu est dénoué et complètement libre d’être entendue et vécue ? Permettons-nous les déserts de nous parler et nous former ?

Lorsque l’heure est arrivée, Jean a conduit ses propres disciples à Jésus et les a indiqué le Messie, la Vraie Lumière, et l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Le témoignage que Jésus rend à Jean fait le Baptiste le plus grand de tous les héros d’Israël (Mt 11.7-19 ; Lc 7.24-35). Jésus affirme la grandeur de Jean en lui appelant un « témoin à la vérité, une lampe qui brûle et qui luit » (Jn 5.33-56). Jean ne pourrait pas sauver, mais il a donné aux autres une expérience profonde du pardon, ainsi les permettant de rencontrer Dieu sur le chemin de leurs vies. Il a considéré lui-même moins qu’un esclave face à Jésus, « Au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers » (Jn 1.26-27). Lorsque les disciples de Jean lui approchaient, troublés par le baptême par Jésus dans le Jourdain, il leur a répondu avec assurance : « Un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel ». Jean a dit qu’il est justement l’Ami du Marié, celui qui doit diminuer lorsque son Maitre croisse (Jn 3.25-30). Le Baptiste a défini son humanité en termes de ses limitations.

Jean Baptiste est finalement emprisonné par Hérode Antipas puisque son reproche publique du tétrarque pour son mariage adultère et incestueux avec Hérodiade (Mt 4.12 ; Mc 1.14 ; Lc 9.7-9). Jean était exécuté puisqu’une promesse ridicule faite par Hérode lors d’une débauche d’ivrogne (Mt 14.1-2 ; Mc 6.14-28 ; Lc 9.7-9). Ainsi que le Baptiste et le Messie sont liés dans leurs naissances, leurs sorts sont également étroitement entrecroisés.

L’Esprit de Dieu a permis les prophètes de se sentir avec le Seigneur. Ils étaient capables de partager ses attitudes, ses valeurs, ses sentiments, et ses émotions. Cela les permettait de voir les évènements de leurs époques comme Dieu les a vus, et de sentir dans la même façon qu’il sent. Ils ont partagé la colère de Dieu, la tristesse de Dieu, la déception de Dieu, la révulsion de Dieu, la sensibilité de Dieu pour son peuple, et le sérieux de Dieu. Ils non pas partager ces choses en abstrait ; ils partageaient les sentiments de Dieu dans les évènements concrets de leurs époques.

L’image de Jean Baptiste est souvent représenter avec sont doigt montrant celui qui vient : Jésus Christ. Si nous prenons le rôle de Jean en préparant la voie dans le monde aujourd’hui, nos vies seront aussi des doigts des témoins vivants qui montrent que Jésus peut être trouvé est qu’Il est proche. Jean a donné au gens de son époque l’expérience du pardon et du salut, en pleine connaissance qu’il n’était lui-même le Messie, Celui avec la pouvoir à sauver. Est-ce que nous permettons les autres d’avoir des expériences de Dieu, de pardon, de salut ?

Jean Baptiste est venu afin de nous enseigne qu’il existe un chemin hors de l’obscurité et la tristesse du monde et la condition humaine, et que ce chemin est Jésus lui-même. Le Messie vient pour nous sauver des puissances des ténèbres et de la mort, et de nous mettre encore sur le chemin de la paix et la réconciliation afin que nous puissions trouver la voie qui nous ramène à Dieu. Celui n’est pas le Baptiste, mais il prépare Son chemin.

Le défunt théologien jésuite, P. Karl Rahner, a écrit :

Nous devons écouter la voix de celui qui crie dans le désert, même lorsqu’elle confesse : « Je ne suis pas Lui. » On ne peut pas choisir de ne pas écouter cette voix « car elle est juste la voix d’un homme ». Ainsi, on ne peut pas mettre de côté le message de l’Église, car l’Église, « n’est pas digne de délier la courroie des souliers » de son Seigneur qui la procède.