Il y a 4 ans arrivait le pape François

Le 13 mars 2013, la pluie tombait sur la place Saint-Pierre lorsque la sacro-sainte fumée blanche annonçait à la ville et au monde l’élection du 265ème successeur de Pierre. Jose Mario Bergoglio, alors âgé de 77 ans, devenait le premier Pape jésuite, et le premier Pape sud-américain. Venu du bout du monde, l’ancien archevêque de Buenos Aires a su imposer son style au Vatican, et ses priorités sont très claires.

Au cœur de son pontificat, la miséricorde apparait comme un fil conducteur. Elle constitue, selon François,  l’existence même de l’Église, et il en a fait sa devise. Car la miséricorde, dit-il, « change le monde » en le rendant « moins froid et plus juste ». Alors, pour que tous puisse faire l’expérience de cette miséricorde, l’évêque de Rome a lancé une année jubilaire consacrée à ce thème. Un moyen, écrivait-il en ouverture de ce jubilé, « de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. »

Dans cette logique d’option préférentielle pour les pauvres, le successeur de Benoît XVI n’a eu de cesse de dénoncer la mondialisation de l’indifférence et la culture du rejet, avec en particulier un regard de compassion à l’endroit des migrants et des refugiés qui « ne sont pas des pions sur l’échiquier de l’humanité », mais le reflet « de l’image du Christ ». Et pour illustrer cette préoccupation, en passant des paroles aux actes, en avril 2016 le Pape avait quitté l’île grecque de Lesbos où il était en voyage, en ramenant avec lui 12 réfugiés syriens, pris en charge par le Vatican.

Non content d’appeler à la solidarité, le Pape argentin veut bâtir une culture de la rencontre dans un monde qu’il considère « en guerre par morceaux. » « Il y a une guerre des intérêts, pour l’argent, pour les ressources de la nature, il y a des guerres pour la domination des peuples » lançait-il dans l’avion qui l’emmenait à Cracovie pour les JMJ en juillet 2016. A travers ses nombreux déplacements, le Saint-Père ne cesse d‘affirmer la nécessité du dialogue en exhortant à construire la paix , entre les personnes, les peuples, les cultures et les religions. Le rôle du Souverain Pontife dans le rapprochement diplomatique entre Cuba et les États-Unis est un exemple parmi d’autres qui montre sa volonté de passer des paroles aux actes.

Les questions familiales demeurent elles aussi au centre de l’attention du Pape qui a convoqué au Vatican un double synode sur la famille, en octobre 2014 et octobre 2015. Et comme il l’a lui-même affirmé en conclusion du second synode, même si les débats n’ont pas permis de trouver « des solutions exhaustives à toutes les difficultés qui menacent la famille », ils ont au moins permis de rappeler « l’importance  de l’institution de la famille et du mariage entre un homme et une femme, fondée sur l’unité et l’indissolubilité du mariage » comme « base fondamentale de la société et de la vie humaine. » Quant aux cardinaux qui dénoncent des ouvertures pastorales qui remettraient en cause le principe d’indissolubilité du mariage, le cardinal Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, affirme au micro de Radio Vatican que le Pape reconnait l’utilité des « critiques sincères, qui veulent construire et servent alors pour progresser, et trouver ensemble la manière de connaitre toujours mieux la volonté de Dieu et de l’appliquer. »

Ces résistances que rencontre parfois le Pape s’étendent jusqu’à la réforme de la Curie romaine, qu’il a engagée dès le début de son pontificat. Un chantier qui vise à dépoussiérer l’organisation de l’Église, à rendre sa gestion financière plus rigoureuse, et à renforcer la collégialité en son sein. En d’autres termes, François veut à la fois plus de modernité et plus de sobriété dans le gouvernement de l’Église. Il appelle de ses vœux une Curie plus fonctionnelle, avec des dicastères plus « conformes aux nécessités du temps. » Des changements qui ne sont pas du goût de tous et qui provoquent des « résistances malveillantes » que dénonce le Saint-Père. « Même si elles sont meilleures que l’absence de réaction qui est un signe de mort », même si elles « méritent d’être entendues », il regrette qu’elles se forment dans des « cœurs appauvris » qui « veulent que tout reste comme avant. »

Dans le cadre de cette réforme de la Curie, la prochaine réunion du Conseil des cardinaux se tiendra fin avril au Vatican. Le calendrier pontifical annonce par ailleurs une visite du Pape à Fatima, au Portugal, en mai prochain pour célébrer le centenaire des apparitions de la Vierge. Le Souverain Pontife se rendra également en Colombie en septembre prochain, pour manifester son engagement dans le processus de paix en cours dans le pays entre le gouvernement et les forces armées révolutionnaires. En 2018 le Saint-Père convoquera un synode des évêques sur les jeunes, avant de les rencontrer à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Panama en 2019. Force est de constater que quatre ans après son élection le Pape argentin, aujourd’hui âgé de 80 ans, n’a pas l’intention de ralentir la cadence.

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