Message du pape François pour la 55e journée de prière pour les vocations

CNS photo/Tyler Orsburn

Vous trouverez ci-dessous le message du pape François pour la 55e journée de prière pour les vocations:

Écouter, discerner, vivre l’appel du Seigneur

Chers frères et sœurs,
En octobre prochain, se déroulera la XVème Assemblée Générale ordinaire du Synode des évêques, qui sera consacrée aux jeunes, en particulier au rapport entre jeunes, foi et vocation. A cette occasion, nous aurons la possibilité d’approfondir comment, au centre de notre vie, il y a l’appel à la joie que Dieu nous adresse et comment cela est «le projet de Dieu pour les hommes et les femmes de tout temps» (SYNODE DES ÉVÊQUES, XVEME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE, Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, Introduction).

Il s’agit d’une bonne nouvelle qui nous est annoncée avec force par la 55ème Journée mondiale de Prière pour les Vocations : nous ne sommes pas plongés dans le hasard, ni entraînés par une série d’évènements désordonnés, mais, au contraire, notre vie et notre présence dans le monde sont fruits d’une vocation divine !

Même dans nos temps inquiets, le Mystère de l’Incarnation nous rappelle que Dieu vient toujours à notre rencontre et il est Dieu-avec-nous, qui passe le long des routes parfois poussiéreuses de notre vie et, accueillant notre poignante nostalgie d’amour et de bonheur, nous appelle à la joie. Dans la diversité et dans la spécificité de chaque vocation, personnelle et ecclésiale, il s’agit d’écouter, de discerner et de vivre cette Parole qui nous appelle d’en-haut et qui, tandis qu’elle nous permet de faire fructifier nos talents, nous rend aussi instruments de salut dans le monde et nous oriente vers la plénitude du bonheur.

Ces trois aspects – écoute, discernement et vie – servent aussi de cadre au début de la mission de Jésus, qui, après les jours de prière et de lutte dans le désert, visite sa synagogue de Nazareth, et là, se met à l’écoute de la Parole, discerne le contenu de la mission que le Père lui a confiée et annonce qu’il est venu pour la réaliser “aujourd’hui” (cf. Lc 4, 16-21).

Écouter

L’appel du Seigneur – il faut le dire tout de suite – n’a pas l’évidence de l’une des nombreuses choses que nous pouvons sentir, voir ou toucher dans notre expérience quotidienne. Dieu vient de manière silencieuse et discrète, sans s’imposer à notre liberté. Aussi, on peut comprendre que sa voix reste étouffée par les nombreuses préoccupations et sollicitations qui occupent notre esprit et notre cœur.

Il convient alors de se préparer à une écoute profonde de sa Parole et de la vie, à prêter aussi attention aux détails de notre quotidien, à apprendre à lire les évènements avec les yeux de la foi, et à se maintenir ouverts aux surprises de l’Esprit.

Nous ne pourrons pas découvrir l’appel spécial et personnel que Dieu a pensé pour nous, si nous restons fermés sur nous-mêmes, dans nos habitudes et dans l’apathie de celui qui passe sa propre vie dans le cercle restreint de son moi, perdant l’opportunité de rêver en grand et de devenir protagoniste de cette histoire unique et originale que Dieu veut écrire avec nous.

Jésus aussi a été appelé et envoyé ; pour cela, il a eu besoin de se recueillir dans le silence, il a écouté et lu la Parole dans la Synagogue et, avec la lumière et la force de l’Esprit Saint, il en a dévoilé la pleine signification, référée à sa personne-même et à l’histoire du peuple d’Israël.

Cette attitude devient aujourd’hui toujours plus difficile, plongés comme nous le sommes dans une société bruyante, dans la frénésie de l’abondance de stimulations et d’informations qui remplissent nos journées. Au vacarme extérieur, qui parfois domine nos villes et nos quartiers, correspond souvent une dispersion et une confusion intérieure, qui ne nous permettent pas de nous arrêter, de savourer le goût de la contemplation, de réfléchir avec sérénité sur les évènements de notre vie et d’opérer, confiants dans le dessein bienveillant de Dieu pour nous, un discernement fécond.

Mais, comme nous le savons, le Royaume de Dieu vient sans faire de bruit et sans attirer l’attention (cf. Lc 17, 21), et il est possible d’en accueillir les germes seulement lorsque, comme le prophète Elie, nous savons entrer dans les profondeurs de notre esprit, le laissant s’ouvrir à l’imperceptible souffle de la brise divine (cf. 1 R 19, 11-13).

Discerner

En lisant, dans la synagogue de Nazareth, le passage du prophète Isaïe, Jésus discerne le contenu de la mission pour laquelle il a été envoyé et il le présente à ceux qui attendaient le Messie : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19).

De la même manière, chacun de nous peut découvrir sa propre vocation seulement à travers le discernement spirituel, un «processus grâce auquel la personne arrive à effectuer, en dialoguant avec le Seigneur et en écoutant la voix de l’Esprit, les choix fondamentaux, à partir du choix de son état de vie (Synode des Évêques, XVème Assemblée Générale Ordinaire, Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel, II, 2).

Nous découvrons en particulier, que la vocation chrétienne a toujours une dimension prophétique. Comme nous témoigne l’Ecriture, les prophètes sont envoyés au peuple dans des situations de grande précarité matérielle et de crise spirituelle et morale, pour adresser au nom de Dieu des paroles de conversion, d’espérance et de consolation. Comme un vent qui soulève la poussière, le prophète dérange la fausse tranquillité de la conscience qui a oublié la Parole du Seigneur, discerne les évènements à la lumière de la promesse de Dieu et aide le peuple à apercevoir des signes d’aurore dans les ténèbres de l’histoire.

Aujourd’hui aussi, nous avons grand besoin du discernement et de la prophétie ; de dépasser les tentations de l’idéologie et du fatalisme et de découvrir, dans la relation avec le Seigneur, les lieux, les instruments et les situations à travers lesquels il nous appelle. Chaque chrétien devrait pouvoir développer la capacité à “lire à l’intérieur” de sa vie et à saisir où et à quoi le Seigneur l’appelle pour continuer sa mission.

Vivre

Enfin, Jésus annonce la nouveauté de l’heure présente, qui enthousiasmera beaucoup et durcira d’autres : les temps sont accomplis et c’est Lui le Messie annoncé par Isaïe, oint pour libérer les prisonniers, rendre la vue aux aveugles et proclamer l’amour miséricordieux de Dieu à toute créature. Vraiment « aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre » (Lc 4, 20), affirme Jésus.

La joie de l’Evangile, qui nous ouvre à la rencontre avec Dieu et avec les frères, ne peut attendre nos lenteurs et nos paresses ; elle ne nous touche pas si nous restons accoudés à la fenêtre, avec l’excuse de toujours attendre un temps propice ; elle ne s’accomplit pas non plus pour nous si nous n’assumons pas aujourd’hui-même le risque d’un choix. La vocation est aujourd’hui ! La mission chrétienne est pour le présent ! Et chacun de nous est appelé – à la vie laïque dans le mariage, à la vie sacerdotale dans le ministère ordonné, ou à la vie de consécration spéciale – pour devenir témoin du Seigneur, ici et maintenant.

Cet “aujourd’hui” proclamé par Jésus, en effet, nous assure que Dieu continue à “descendre” pour sauver notre humanité et nous rendre participants de sa mission. Le Seigneur appelle encore à vivre avec lui et à marcher derrière lui dans une relation de proximité particulière, à son service direct. Et s’il nous fait comprendre qu’il nous appelle à nous consacrer totalement à son Royaume, nous ne devons pas avoir peur ! C’est beau – et c’est une grande grâce – d’être entièrement et pour toujours consacrés à Dieu et au service des frères.

Le Seigneur continue aujourd’hui à appeler à le suivre. Nous ne devons pas attendre d’être parfaits pour répondre notre généreux “me voici”, ni nous effrayer de nos limites et de nos péchés, mais accueillir avec un cœur ouvert la voix du Seigneur. L’écouter, discerner notre mission personnelle dans l’Église et dans le monde, et enfin la vivre dans l’aujourd’hui que Dieu nous donne.

Que Marie la très Sainte, la jeune fille de périphérie, qui a écouté, accueilli et vécu la Parole de Dieu faite chair, nous garde et nous accompagne toujours sur notre chemin.

Du Vatican, 3 décembre 2017 Premier Dimanche de l’Avent

[01850-FR.01] [Texte original: Italien]

FRANÇOIS

Église en sortie 10 novembre 2017


Cette semaine à Église en sortie, on vous présente un reportage sur le Monastère et la Communauté des religieuses hospitalières des augustines de Québec. Dans la deuxième partie d’émission, Francis Denis reçoit en entrevue l’historien et auteur Éric Bédard et qui nous parle de son tout dernier livre « Survivance: Histoire et mémoire du XIXe siècle canadien-français ».

Église en sortie 3 novembre 2017

Cette semaine à Église en sortie, on reçoit le père Jean-Guy Vincent c.s.c. qui nous parle de la Communauté des religieux de Sainte-Croix. On vous présente un reportage sur le Musée de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec le père Claude Grou c.s.c. sur le thème de l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal.

Mgr Christian Rodembourg, m.s.a.: Les premiers pas d’un nouvel évêque

Mgr Christian Rodembourg, évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, s’est entretenu brièvement avec Emilie Callan lors de l’Assemblée plénière des évêques du Canada, qui s’est déroulée du 25 au 29 septembre 2017. Le pape François l’a nommé l’été dernier. Mgr Rodembourg est aussi prêtre missionnaire chez les Saints-Apôtres, une société de vie apostolique fondée à Montréal au milieu du 20e siècle. Dans cette entrevue, il s’arrête sur les joies et les peines d’un nouvel évêque. Découvrez ce jeune évêque, ordonné le 17 septembre dernier à la cathédrale de Saint-Hyacinthe, seulement quelques jours avant la rencontre annuelle de la conférence épiscopale.  

Emilie Callan : Mgr Rodembourg, vous venez d’être ordonné évêque pour le diocèse de Saint-Hyacinthe… C’est la première fois que vous vous retrouvez à l’Assemblée Plénière des évêques. Comment la vivez-vous?

Mgr Christian Rodembourd, m.s.a. : Je dirais avec beaucoup de joie, d’abord, mais aussi beaucoup d’émotions, parce que c’est une découverte totale pour moi… à la fois comment ça fonctionne, la rencontre, bien sûr, de tous mes frères évêques, autant du Canada de l’ouest ou de l’est et du Québec…. Alors c’est un moment extraordinaire dans ma vie comme jeune évêque de quasiment 11 jours d’ordination… Donc, comme je l’ai dit à plusieurs, je plonge dedans, et je suis très heureux de ça. Ça me donne l’heure juste de où nous nous trouvons comme église ici et maintenant. C’est sur cette réalité-là que je m’en vais comme évêque de Saint-Hyacinthe, en communion avec tous mes frères évêques évidemment.

EC : Donc, ça fais 11 jours justement que vous êtes évêque, quel est votre plus grand défi?

Rodembourg : Je dirais, le premier défi, c’est certainement la rencontre du diocèse, la découverte, la rencontre des frères prêtres, diacres, leur épouse aussi qui les accompagnent, la rencontre des agents et agentes de pastorale, et tous les bénévoles impliqués… j’entendais qu’il y avait plusieurs mouvements intéressants, des associations, qui méritent certainement le plus rapidement possible la rencontre du nouvel évêque… Donc, moi, ça m’enthousiasme tout ça. Je veux remplir mon agenda de rencontres fraternelles et chaleureuses et essayer en même temps, déjà, de prendre le pouls des enjeux qu’il y aura à relever tous ensemble. Et je dirais que l’autre joie que j’ai ces jours-ci, c’est que dès la semaine prochaine, au Cap-de-la-Madeleine, nous avons en gros deux jours et demi de rencontres d’une trentaine de prêtres du diocèse pour, justement, faire connaissance de part et d’autre. Alors, je trouve ça un très bon début de service épiscopal.

EC : Quel est votre espoir? Ou votre espérance?

Rodembourg : Je dirais que depuis – ça fait 22 ans que je suis prêtre – c’est d’être d’abord disciple de la joie de l’Évangile, un disciple de Jésus qui est accueillant, qui accompagne, qui fait route avec les frères et les sœurs, et ensemble rechercher, ce que le Seigneur attend de nous aujourd’hui, cette fois-ci pour le diocèse de Saint-Hyacinthe. Je faisais exactement la même chose au niveau de mes paroisses avant, où j’étais curé, ou dans ma communauté, où j’étais en responsabilité les dix dernières années. Je disais souvent à mes jeunes frères, cherchons ensemble : que nous demande Jésus aujourd’hui? dans notre monde tel qu’il est, dans chaque pays, dans chaque continent – parce que j’ai eu la chance d’aller à travers plusieurs continent dans le monde…

EC : Vous avez mentionné que vous étiez curé de paroisse… Mais vous êtes aussi un prêtre avec la Congrégation des Missionnaires des Saints-Apôtres, une société de vie apostolique fondée à Montréal. Comment cette expérience peut vous servir maintenant comme évêque?

Rodembourg : Elle va sûrement me servir parce qu’à l’origine notre fondateur avait pour objectif de servir l’Église. Donc ça fait partie de notre charisme, d’être en disponibilité aux besoins de notre Église, là où il manque des prêtres, là où il manque des chrétiens… et notre vocation aussi, c’était justement de travailler à l’accompagnement des vocations, le discernement des vocations, et spécialement s’il y a des laïcs engagés en Église – c’est une originalité qui m’a beaucoup plu et qui est à la base de ma vocation il y a 28 ans quand je suis entré… alors je crois que c’est une expérience qui va effectivement m’aider dans ma nouvelle mission que le pape François me confie.

EC : Merci beaucoup. On a eu un goût seulement de qui vous êtes en tant qu’évêque maintenant. Ce sera un plaisir de vous « découvrir » davantage au fil des années…

Rodembourg : Avec joie! Vous êtes toujours les bienvenues et moi je vous félicite parce que vous rendez un service à l’Église, magnifique.

*Cette entrevue a été enregistrée le 28 septembre 2017 au Centre Nav Canada à Cornwall, en Ontario, pendant l’Assemblée plénière annuelle des évêques catholiques du Canada.

 

Vidéo du pape François aux jeunes du Canada

Vous trouverez ci-dessous l’article de Radio Vatican sur le vidéo-message du pape François aux jeunes canadiens:

(RV) L’Église catholique prépare le prochain synode des évêques sur les jeunes qui aura lieu dans un an, en octobre 2018, au Vatican. C’est le cas notamment au Canada où, dimanche 22 octobre 2017, la chaine de télévision Sel et Lumière a programmé une émission spéciale pour aider les évêques canadiens à se préparer à cet événement. Le Pape François est intervenu dans un vidéo-message.

« Je vous demande de ne pas laisser [le monde] être abîmé par ceux qui pensent seulement à en profiter et à le détruire sans scrupules. Je vous invite à inonder les lieux dans lesquels vous vivez avec la joie et l’enthousiasme typiques de votre âge, à irriguer le monde et l’histoire avec la joie qui vient de l’Évangile, d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui vous a fasciné et vous a attiré à ses côtés ». C’est ainsi que le Pape François s’est adressé aux jeunes Canadiens.

Il a répété un de ses thèmes favoris quand il s’adresse aux plus jeunes : « ne vous laissez pas voler votre jeunesse ». Il les a mis en garde contre ceux qui veulent les transformer en bâtisseurs de murs et source de division. Au contraire, les jeunes sont des « tisseurs de relations marquées par la confiance, le partage, l’ouverture jusqu’aux confins du monde ». Ils doivent construire des ponts.

Le Pape espère que les jeunes ont entendu l’appel de Dieu et que, grâce « à l’accompagnement de guides experts », ils sauront entreprendre un chemin de discernement pour découvrir le projet que Dieu a pour chacun d’eux.

François a souligné le besoin que l’Église a d’avoir des « jeunes courageux, qui n’ont pas peur devant les difficultés, qui affrontent les épreuves, qui tiennent les yeux et le cœur bien ouverts sur la réalité, pour que personne ne vienne refoulé, ne soit victime d’injustice, de violence, ou soit privé de la dignité de la personne humaine ». Le Pape se veut ainsi confiant dans la jeunesse d’aujourd’hui, dans le fait qu’elle ne restera pas sourde aux cris d’aide des nombreux autres jeunes qui cherchent la liberté, du travail, des études et la possibilité de donner un sens à leur vie.

« Laissez-vous atteindre par le Christ. Laissez-le vous parler, vous embrasser, vous consoler, guérir vos blessures, dissoudre vos doutes et vos peurs et vous serez prêts pour l’aventure fascinante de la vie, don précieux et impayable que Dieu dépose chaque jour dans vos mains », a encore exhorté le Pape.

 

Forum de la jeunesse canadienne sur « Les jeunes, la foi et le discernement »

Forum de la jeunesse canadienne sur « Les jeunes, la foi et le discernement ».
À la télévision canadienne Sel et Lumière, le 22 octobre 2017
Avec la participation du pape François et du cardinal Kevin Farrell

Le dimanche soir 22 octobre 2017, sera diffusé le forum national jeunesse sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » sur la chaîne de télévision catholique Sel et Lumière. Enregistrée dans le studio Père Micheal McGivney du centre de diffusion de Sel et Lumière à Toronto le 10 octobre 2017, cette émission de 90 minutes est co-animée par le cardinal Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la vie et la famille, le P. Thomas Rosica c.s.b., PDG et fondateur de Télévision Sel et Lumière ; ainsi qu’ Emilie Callan et Julian Paparella, jeunes leaders de Sel et Lumière.

 

 Le pape François a pu participer à cette émission par l’entremise d’une vidéo spéciale envoyée pour l’occasion. Ce message est adressé aux jeunes Canadiens « d’un océan à l’autre » et leur rappelle qu’ils sont les protagonistes de ce dialogue unique en préparation du Synode des évêques de 2018 qui se tiendra au Vatican en octobre 2018.

Ce forum de la jeunesse canadienne, le premier de notre histoire, réunit plusieurs groupes de jeunes dans différentes villes du Canada telles que Vancouver, Colombie-Britannique; Calgary, Alberta; Windsor, Ontario; Toronto, Ontario, Montréal et Québec au Québec. Chaque groupe de jeunes est composé de représentants du secondaire, du cégep, de l’université ainsi que de différentes professions ou états de vie, certains étant candidats à la vie religieuse et au ministère ordonné. Plusieurs sont impliqués dans la pastorale jeunesse ou dans les aumôneries étudiantes partout au pays. Certains n’ont que peu de lien avec l’Église. Le Forum s’est tenu dans les deux langues officielles du Canada, le français et l’anglais. Dans les semaines précédant le forum, les jeunes ont pu travailler et réfléchir en compagnie de leurs agents de pastorale jeunesse et d’aumôniers afin d’approfondir la Lettre aux jeunes du pape François (janvier 2017) dans laquelle il annonçait la tenue d’un synode des évêques sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Plusieurs de ces jeunes ont étudié le Document préparatoire au synode pour mieux participer à ce forum.

Dans sa Lettre aux jeunes publiée plus tôt cette année ainsi que dans une allocution entraînante dédiée aux jeunes à Rome le dimanche des Rameaux 2017, le Saint-Père a clairement exprimé qu’il désire ardemment entendre la voix de tous les jeunes adultes, incluant les catholiques, les athées et agnostiques et tous ceux qui sont loin de l’Église.

« Toute jeune personne a quelque chose à dire aux autres, a quelque chose à dire aux adultes, aux prêtres, aux religieux, aux évêques et au Pape ».

Dans son message très énergique adressé aux jeunes Canadiens durant le forum, le pape François a louangé « les merveilles de la technologie qui, si elles sont utilisées positivement, nous donnent l’occasion de rencontrer et d’échanger d’une façon impensable encore récemment.

Le Saint-Père encourage les jeunes du Canada à être des « artisans de relations basées sur la confiance, le partage et l’ouverture et cela, jusqu’aux confins du monde. N’érigez pas des murs de division, n’érigez pas des mûrs de division! Construisez plutôt des ponts comme vous le faites en ce moment par cet échange extraordinaire qui vous réunit d’un océan à l’autre. Vous vivez un moment d’intense préparation pour le prochain synode –le synode des évêques qui vous concerne d’une manière particulière, car il veut impliquer toute la communauté chrétienne. »

Tout au long des 90 minutes de cette émission, les jeunes de chaque partie du Canada ont offert des réflexions, posé des questions et partagé leurs espoirs pour le Synode 2018 sous la responsabilité du Cardinal Farrell et du pape François. Dans chacune des villes, un jeune producteur de la Télévision Sel et Lumière a facilité les échanges et permis un réel dialogue avec l’audience et le cardinal Farrell à Toronto. La délégation de Québec a pu profiter de la présence du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et Primat de l’Église au Canada.

« C’est votre moment, c’est votre temps » a affirmé le cardinal Kevin Farrell aux participants du forum canadien. « L’Église entière vous dit, le Pape vous dit : Ne laissez pas le monde vous contrôler, vous êtes aux commandes du monde ».

Lorsqu’il s’agit d’évangéliser, le cardinal Farrell a dit aux jeunes qu’ils devraient considérer aller eux-mêmes à la rencontre de leurs pairs, d’être présents sur les médias sociaux et de les considérer comme un lieu où ils sont beaucoup plus efficaces que leurs « aînés » dans l’Église.

« Si saint Paul était encore avec nous aujourd’hui, où serait-il ? Il serait un expert des 140 caractères de twitter! Et c’est là que vous devez être » a-t-il affirmé.

Le Saint-Père veut que vous changiez le monde » a-t-il poursuivi. « Faites une différence. Ne laissez pas le monde vous contrôler, ne le laissez pas vous tirer vers le bas. Mais dites-nous comment nous pouvons vous aider à l’améliorer et le rendre meilleur ».

Le cardinal Farrell a également rappelé à la jeunesse de partout au Canada que le Synode des évêques de 2018 est une extension des deux synodes de 2014 et 2015. Durant ces rencontres, les évêques du monde entier ont réfléchi sur les défis auxquels font face les familles modernes. Ces discussions ont mené à la publication de l’Exhortation apostolique « Amoris Laetitia », un document qui presse les prêtres et les ministres à réfléchir sur les moyens de mieux aider les familles.

Diffusée ce dimanche soir 22 octobre 2017 à 19h30 et 23h30 HE/ 16h30 et 20h30 HP sur les ondes de la Télévision canadienne Sel et Lumière, cette émission sera également en livestream sur notre site internet. L’émission sera également diffusée dans sa version française à 21h00 et 1h00.

Le message du Saint-Père au Canada sera également disponible dimanche soir dès 19h30 HE. Pour plus d’information, visitez la page web dédiée à la couverture complète de ce forum jeunesse 2017 au http://seletlumieretv.org/jfdforum2017/.

Forum Canada 2017: Jeunes, foi et discernement
Avec la participation du Cardinal Kevin Farrell,
le pape François et la jeunesse canadienne.
Dimanche 22 octobre 2017
21h00 et 1h00 HE (français)
19h30 et 23h30 HE (anglais)
http://seletlumieretv.org/jfdforum2017/

anglais: https://saltandlighttv.org/ypfdforum2017/

Père Thomas Rosica, c.s.b.
PDG, Fondation catholique Sel et Lumière média
16 Octobre, 2017

Pape François en Colombie: Discours aux prêtres et personnes consacrées à Medellin

En fin de journée samedi 9 septembre 2017, le pape François a rencontré des prêtres, des religieux et religieuses, personnes consacrées et séminaristes avec leur famille au stade La Macarena à Medellin. Voici le discours préparé du Pape ci-dessous:

Bien-aimés frères évêques,
Chers prêtres, religieux et religieuses, séminaristes,
Chères familles, chers ‘‘paisas’’,

L’allégorie de la vraie vigne de l’Évangile de Jean que nous venons d’entendre se situe dans le contexte de la dernière Cène de Jésus. Dans ce cadre d’intimité, d’une certaine tension mais chargé d’amour, le Seigneur a lavé les pieds des siens, a voulu perpétuer sa mémoire dans le pain et dans le vin, et il a aussi parlé à ceux qu’il aimait du plus profond de son cœur.

En cette première nuit ‘‘eucharistique’’, à ce premier coucher du soleil après le geste de service, Jésus ouvre son cœur ; il leur livre son testament. Et comme au cénacle les Apôtres, quelques femmes et Marie, la Mère de Jésus, avaient continué par la suite à se réunir (cf. Ac 1, 13- 14), de même aujourd’hui ici, en ce lieu, nous nous sommes rassemblés pour l’écouter, pour nous écouter. Sœur Leidy de San José, María Isabel et le Père Juan Felipe nous ont livré leur témoignage… ; chacun d’entre nous ici présents, nous pourrions également raconter l’histoire de notre propre vocation. Tout le monde se reconnaîtrait dans l’expérience de Jésus qui vient à notre rencontre, qui nous devance et qui ainsi nous a ravi le cœur. Comme l’a dit le document d’Aparecida : ‘‘Connaître Jésus est le meilleur don que puisse recevoir toute personne ; que nous l’ayons rencontré, nous, est la meilleure chose qui nous soit arrivée dans la vie, et le faire connaître par notre parole et par nos œuvres est notre joie » (Document d’Aparecida, n. 29).

Beaucoup d’entre vous, [chers] jeunes, auront découvert ce Jésus vivant dans vos communautés ; communautés d’une ferveur apostolique contagieuse, qui enthousiasment et suscitent l’attraction. Là où il y a de la vie, de la ferveur, l’envie de conduire les autres au Christ, surgissent des vocations authentiques ; la vie fraternelle et fervente de la communauté est ce qui réveille le désir de se consacrer entièrement à Dieu et à l’évangélisation (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 107). Les jeunes sont naturellement inquiets et, même si nous assistons à une crise de l’engagement et des liens communautaires, nombreux sont les jeunes qui se solidarisent face aux maux du monde et s’enrôlent dans diverses formes de militantisme et de volontariat. Quand ils le font, saisis par Jésus, en se sentant membres de la communauté, ils deviennent des ‘‘troubadours de la foi’’, heureux de porter Jésus à chaque coin, à chaque place, à chaque recoin de la terre (cf. Ibid., n. 107).

C’est la vigne à laquelle se réfère Jésus dans le texte que nous avons proclamé. La vigne qu’est le ‘‘peuple de l’alliance’’. Des prophètes tels que Jérémie, Isaïe ou Ezéchiel se réfèrent à ce peuple comme à une vigne ; même un psaume, le psaume 79, chante en disant : « La vigne que tu as prise à l’Égypte…, tu déblaies le sol devant elle, tu l’enracines pour qu’elle emplisse le pays » (vv. 9-10). Parfois, ils expriment la joie de Dieu face à sa vigne, d’autres fois sa colère, son désarroi et son dépit ; jamais il ne s’en désintéresse, jamais il ne se lasse de souffrir de ses errements, d’aller à la rencontre de ce peuple qui, lorsqu’il s’éloigne de lui, brûle et se détruit.

Comment sont la terre, le terreau, le support où grandit cette vigne en Colombie ? Dans quel contexte sont produits les fruits des vocations à une consécration spéciale ? Sûrement dans des environnements chargés de contradictions, de clair-obscur, de situations relationnelles complexes. Nous aimerions avoir un monde avec des familles et des liens plus simples ; mais nous sommes impliqués dans cette crise culturelle, et au milieu d’elle, en comptant avec elle, Dieu continue d’appeler. Ce serait presque ne pas voir la réalité que de penser que vous avez [tous] entendu l’appel de Dieu dans des familles soutenues par un amour fort et débordant de valeurs telles que la générosité, l’engagement, la fidélité ou la patience (cf. Exhort. Amoris laetitia, n. 5) ; certaines familles, plût à Dieu qu’elles soient nombreuses, sont certainement ainsi. Mais avoir les pieds sur terre, c’est reconnaître que nos cheminements vocationnels, l’éveil à l’appel de Dieu, nous trouvent plus près de ce que relate déjà la Parole de Dieu et de ce que la Colombie connaît fort bien : « C’est un chemin de souffrance et de sang qui traverse de nombreuses pages de la Bible, à partir de la violence fratricide de Caïn sur Abel et de divers conflits entre les enfants et entre les épouses des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, arrivant ensuite aux tragédies qui souillent de sang la famille de David, jusqu’aux multiples difficultés familiales qui jalonnent le récit de Tobie ou l’amère confession de Job abandonné » (Ibid., n. 20). Dès le commencement, il en a été ainsi : Dieu manifeste sa proximité et son élection ; il change le cours des événements en appelant des hommes et des femmes dans la fragilité de l’histoire personnelle et communautaire. N’ayons pas peur, dans ce pays complexe, Dieu a toujours fait le miracle de générer de bonnes grappes, comme les arepas au petit déjeuner. Que les vocations ne manquent dans aucune communauté, dans aucune famille de Medellín !

Et cette vigne – qui est celle de Jésus – a la caractéristique d’être la vraie. Il a déjà utilisé ce terme à d’autres occasions dans l’Évangile de Jean : la vraie lumière, le vrai pain du ciel ou le vrai témoignage. Or, la vérité n’est pas quelque chose que nous recevons – comme le pain ou la lumière – mais elle jaillit plutôt de l’intérieur. Nous sommes un peuple élu pour la vérité, et notre appel doit être dans la vérité. Il ne peut y avoir de place, si nous sommes des sarments de cette vigne, si notre vocation est greffée sur Jésus, pour la duperie, pour la duplicité, pour les choix mesquins. Nous devons tous veiller à ce que chaque sarment serve à ce pour quoi il a été pensé : porter des fruits. Dès les débuts, ceux à qui il revient d’accompagner les cheminements de vocation devront susciter la rectitude d’intention, un désir authentique de se configurer à Jésus, le pasteur, l’ami, l’époux. Lorsque les cheminements ne sont pas alimentés par cette vraie sève qu’est l’Esprit de Jésus, alors nous faisons l’expérience de la sécheresse et Dieu découvre avec tristesse ces tiges déjà mortes. Les vocations à une consécration spéciale meurent quand elles veulent se nourrir des honneurs, quand elles sont animées par la recherche d’une tranquillité personnelle et de promotion sociale, quand la motivation, c’est de ‘‘monter de catégorie’’, d’assouvir des intérêts matériels, ce qui conduit même à la sottise de la soif de profit. Comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, le diable entre par la poche. Cela n’est pas l’apanage des débuts, nous devons tous faire attention, car la corruption chez les hommes et les femmes qui sont dans l’Église commence ainsi, peu à peu, ensuite – Jésus lui- même nous le dit – elle s’enracine dans le cœur et finit par déloger Dieu de notre vie. Nul ne peut servir Dieu et l’argent (cf. Mt 6, 21.24), nous ne pouvons pas profiter de notre condition de religieux et de la bonté de notre peuple pour être servis et obtenir des bénéfices matériels.

Il y a des situations, des styles et des choix qui révèlent les signes de sécheresse et de mort : vous ne pouvez pas continuer à entraver l’écoulement de la sève qui alimente et donne vie ! Le venin du mensonge, la dissimulation, la manipulation et l’abus envers le peuple de Dieu, envers les personnes fragiles, et spécialement envers les personnes âgées et les enfants, ne peuvent pas avoir droit de cité dans notre communauté ; ce sont des sarments qui ont résolu de se dessécher et que Dieu nous demande de tailler.

Mais Dieu ne fait pas que tailler ; l’allégorie continue en disant que Dieu purifie la vigne de ses imperfections. La promesse, c’est que nous porterons du fruit, et en abondance, comme le grain de blé, si nous sommes capables de nous livrer, de donner librement notre vie. Nous avons en Colombie des exemples montrant que cela est possible. Pensons à sainte Laura Montoya, une religieuse admirable dont nous avons les reliques avec nous et qui, à partir de cette ville, s’est dépensée à travers une grande œuvre missionnaire en faveur des indigènes dans tout le pays. Comme elle nous enseigne la femme consacrée, au dévouement silencieux, désintéressée, qui n’a d’autre intérêt que de manifester le visage maternel de Dieu ! De même, nous pouvons nous rappeler le bienheureux Mariano de Jésus Euse Hoyos, l’un des premiers élèves du Séminaire de Medellín, ainsi que d’autres prêtres et religieuses de la Colombie, dont les procès de canonisation ont été introduits ; comme également tant d’autres, des milliers de Colombiens anonymes qui, dans la simplicité de la vie quotidienne, ont su se donner pour l’Évangile, que vous portez certainement dans votre mémoire et qui sans doute constituent des encouragements dans votre engagement. Tous nous montrent qu’il est possible de répondre fidèlement à l’appel du Seigneur, qu’il est possible de porter beaucoup de fruit.

La bonne nouvelle, c’est que Dieu est prêt à nous purifier, que nous ne sommes pas une œuvre achevée, qu’en tant que bons disciples, nous sommes en chemin. Comment Jésus taille-t-il progressivement les facteurs de mort nichés dans notre vie et qui déforment l’appel ? En nous invitant à demeurer en lui ; demeurer ne signifie pas seulement rester, mais veut dire maintenir une relation vitale, existentielle, de nécessité absolue ; c’est vivre et grandir en union intime et féconde, avec Jésus, « source de vie éternelle ». Demeurer en Jésus ne peut être une attitude purement passive ou un simple abandon sans conséquences dans la vie quotidienne et concrète. Permettez- moi de vous proposer trois manières de rendre effectif ce fait de demeurer :

  1. Nous demeurons en touchant l’humanité du Christ :

Par le regard et les sentiments de Jésus, qui contemple la réalité, non pas comme un juge, mais comme le bon samaritain ; qui reconnaît les valeurs du peuple avec lequel il marche, ainsi que ses blessures et ses péchés ; qui découvre la souffrance silencieuse et s’émeut face aux besoins des personnes, surtout quand elles se voient asservies par l’injustice, la pauvreté indigne, l’indifférence, par l’action perverse de la corruption et de la violence.

Par les gestes et les paroles de Jésus, qui expriment l’amour envers ceux qui sont proches et la recherche de ceux qui sont loin ; la tendresse et la fermeté dans la dénonciation du péché et dans l’annonce de l’Évangile ; la joie et la générosité dans l’engagement et le service surtout en faveur des personnes les plus fragiles, en repoussant avec force la tentation de tenir tout pour perdu, de nous accommoder ou de ne nous considérer que comme des administrateurs de malheurs.

  1. Nous demeurons en contemplant sa divinité :

En éveillant et en soutenant le goût des études qui font grandir la connaissance du Christ car, comme le rappelle saint Augustin, on ne peut aimer celui qu’on ne connaît pas (cf. La Trinité, Livre X, chap. I, 3).

En privilégiant par cette connaissance la rencontre avec les Saintes Écritures, spécialement l’Évangile, où le Christ nous parle, nous révèle son amour inconditionnel pour le Père, nous communique la joie qui jaillit de l’obéissance à sa volonté et du service des frères. Qui ne connaît pas les Écritures ne connaît pas Jésus. Qui n’aime pas les Écritures n’aime pas Jésus (cf. Saint Jérôme, Prologue au commentaire du prophète Isaïe : PL 24, 17). Consacrons du temps à la lecture priante de la Parole ! En auscultant en elle ce que Dieu veut pour nous et pour notre peuple.

Que toutes nos études nous aident à être capables d’interpréter la réalité avec les yeux de Dieu ; qu’elles ne soient pas des études pour s’évader des événements de notre peuple, qu’elles ne suivent pas non plus les va-et-vient des modes ou des idéologies. Qu’elles ne s’alimentent pas de nostalgies ni ne cherchent à enserrer dans un carcan le mystère ; qu’elles ne cherchent pas à répondre à des questions que personne ne se pose, laissant dans le vide existentiel les personnes qui nous interrogent à partir des données de leurs mondes et de leurs cultures.

Demeurer [en lui] et contempler sa divinité en faisant de la prière un élément fondamental de notre vie et de notre service apostolique. La prière nous libère du fardeau de la mondanité, nous enseigne à vivre dans la joie, à faire des choix en nous éloignant de ce qui est superficiel, dans un exercice de liberté authentique. Elle nous évite de nous centrer sur nous-mêmes, cachés dans une expérience religieuse vide et elle nous conduit à nous mettre docilement dans les mains de Dieu pour réaliser sa volonté et rendre efficace son projet de salut. Et dans la prière, adorer. Apprendre à adorer en silence.

Soyons des hommes et des femmes réconciliés pour réconcilier. Avoir été appelés ne nous donne pas le certificat de bonne conduite et d’impeccabilité ; nous ne sommes pas revêtus d’une auréole de sainteté. Nous sommes tous des pécheurs et nous avons besoin du pardon et de la miséricorde de Dieu pour nous lever chaque jour ; il arrache ce qui n’est pas bien et que nous avons fait de mal, le jette hors de la vigne et le brûle. Il nous laisse purs pour que nous puissions porter du fruit. Voilà la fidélité miséricordieuse de Dieu envers son peuple, dont nous faisons partie ! Il ne nous abandonnera jamais au bord du chemin. Dieu fait tout pour éviter que le péché l’emporte sur nous et ferme les portes de notre vie à un avenir d’espérance et de joie.

  1. Enfin, il faut demeurer dans le Christ pour vivre dans la joie:

Si nous demeurons en lui, sa joie sera en nous. Nous ne serons pas des disciples tristes et des apôtres amers. Au contraire, nous reflèterons et porterons la vraie joie, la joie pleine que personne ne pourra nous enlever, nous répandrons l’espérance de la vie nouvelle que le Christ nous a apportée. L’appel de Dieu n’est pas un fardeau lourd qui nous vole la joie. Dieu ne nous veut pas soumis dans la tristesse et dans la fatigue qui dérivent des activités mal vécues, sans une spiritualité qui rende heureuse notre vie, voire nos fatigues. Notre joie contagieuse doit être le premier témoignage de la proximité et de l’amour de Dieu. Nous sommes de vrais dispensateurs de la grâce de Dieu lorsque nous reflétons la joie de la rencontre avec lui.

Dans la Genèse, après le déluge, Noé plante une vigne comme signe d’un nouveau commencement ; au terme de l’Exode, ceux que Moïse a envoyés inspecter la terre promise sont revenus avec une grappe de raisins, signe de cette terre où coulent le lait et le miel. Dieu a posé son regard sur nous, sur nos communautés et sur nos familles. Le Seigneur a posé son regard sur la Colombie : vous êtes le signe de cet amour de prédilection. Il nous revient d’offrir tout notre amour et notre service en union avec Jésus, notre vigne. Et d’être la promesse d’un nouveau commencement pour la Colombie, qui laisse derrière les déluges de désaccord et de violence, qui veut porter beaucoup de fruits de justice et de paix, de rencontre et de solidarité. Que Dieu vous bénisse ! Que Dieu bénisse la vie consacrée en Colombie ! Et n’oubliez pas de prier pour moi !

Discours du Pape François au clergé égyptien

Après la Messe, le pape François a rencontré le clergé, religieux et religieuses et les séminaristes d’Égypte au séminaire Saint-Léon le Grand au Caire. Voici le discours préparé du Pape dans son intégralité:

Al Salamò Alaikum! / La paix soit avec vous!

”Voici le jour qu’a fait le Seigneur, en lui, réjouissons-nous! Le Christ a vaincu la mort pour toujours, en lui, réjouissons-nous!”

Je suis heureux d’être parmi vous en ce lieu où sont formés les prêtres et qui représente le cœur de l’Eglise Catholique en Egypte. Je suis heureux de saluer en vous, prêtres, personnes consacrées du petit troupeau catholique en Egypte, le “levain” que Dieu prépare pour cette terre bénie, afin que, avec nos frères orthodoxes, son Royaume y grandisse (cf. Mt 13,11).

Je veux d’abord vous remercier pour votre témoignage et pour tout le bien que vous faites chaque jour, œuvrant au milieu de tant de défis et, souvent, peu de consolations. Je veux aussi vous encourager ! N’ayez pas peur du poids du quotidien, du poids des situations difficiles que certains d’entre vous doivent traverser. Nous vénérons la Sainte Croix, instrument et signe de notre salut. Qui échappe à la Croix échappe à la Résurrection!

«Sois sans crainte petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12,32).

Il s’agit donc de croire, de témoigner de la vérité, de semer et de cultiver sans attendre la récolte. En réalité, nous recueillons les fruits d’une foule d’autres personnes, consacrées ou non, qui ont généreusement travaillé dans la vigne du Seigneur: votre histoire en est pleine!

Et au milieu de tant de raisons de se décourager, et parmi tant de prophètes de destruction et de condamnation, au milieu de tant de voix négatives et désespérées, soyez une force positive, soyez la lumière et le sel de cette société; soyez la locomotive qui tire le train en avant, droit vers le but; soyez des semeurs d’espérance, des bâtisseurs de ponts et des artisans de dialogue et de concorde.

Cela est possible si le consacré ne cède pas aux tentations qu’il rencontre chaque jour sur sa route. Je voudrais en relever quelques-unes, parmi les plus significatives.

  1. La tentation de se laisser entraîner au lieu de guider. Le Bon Pasteur a le devoir de guider le troupeau (cf. Jn 10,3-4), de le conduire jusqu’à l’herbe fraîche et à la source d’eau (cf. Ps 22). Il ne peut se laisser entraîner par la déception et par le pessimisme : “Qu’est-ce que je peux faire ?” Il est toujours plein d’initiatives et de créativité, comme une source qui jaillit même quand elle est asséchée ; il a toujours la caresse de consolation même quand son cœur est accablé ; il est un père quand les enfants le traitent avec gratitude mais surtout quand ils ne lui sont pas reconnaissants (cf. Lc 15,11-32). Notre fidélité au Seigneur ne doit jamais dépendre de la gratitude humaine : « Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6,4.6.18).
  2. La tentation de se plaindre continuellement. Il est facile d’accuser toujours les autres pour les manquements des supérieurs, pour les conditions ecclésiales ou sociales, pour les faibles possibilités… Mais le consacré est celui qui, par l’onction de l’Esprit, transforme tout obstacle en opportunité et non pas toute difficulté en excuse ! Celui qui se plaint toujours est, en fait, quelqu’un qui ne veut pas travailler. C’est pour cela que le Seigneur, s’adressant aux Pasteurs, dit : « Redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent » (He 12,12 ; cf. Is 35,3).
  3. La tentation du bavardage et de la jalousie. Le danger est sérieux quand le consacré, au lieu d’aider les petits à grandir et de se réjouir du succès de ses frères et de ses sœurs, se laisse dominer par la jalousie et devient quelqu’un qui blesse les autres par son bavardage. Quand, au lieu de de s’efforcer de grandir, il commence par détruire ceux qui sont en train de grandir; au lieu de suivre les bons exemples, il les juge et diminue leur valeur. La jalousie est un cancer qui ruine n’importe quel corps en peu de temps: «Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir» (Mc 3, 24-25). En effet, «c’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde» (Sg 2,24). Et le bavardage en est le moyen et l’arme.
  4. La tentation de se comparer aux autres. La richesse est dans la diversité et dans l’unicité de chacun de nous. Nous comparer à ceux qui sont meilleurs nous porte souvent à tomber dans la rancœur; nous comparer à ceux qui sont pires nous porte souvent à tomber dans l’orgueil et dans la paresse. Celui qui tend à se comparer toujours aux autres finit par se paralyser. Apprenons des saints Pierre et Paul à vivre la diversité des caractères, des charismes et des opinions dans l’écoute et dans la docilité à l’Esprit Saint.
  5. La tentation du “pharaonisme”, c’est-à-dire de durcir le cœur et de le fermer au Seigneur et aux frères. C’est la tentation de se sentir au-dessus des autres et donc de les soumettre à soi par vaine gloire; d’avoir la présomption de se faire servir au lieu de servir. C’est une tentation commune, depuis le début, parmi les disciples, qui – dit l’Evangile- « en chemin, avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand» (Mc 9,34). L’antidote de ce venin est : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35).
  6. La tentation de l’individualisme. Comme dit le dicton égyptien bien connu: “Après moi le déluge”. C’est la tentation des égoïstes qui, chemin faisant, perdent le but et, au lieu de penser aux autres, pensent à eux-mêmes, n’en éprouvent aucune honte, au contraire, s’en justifient. L’Eglise est la communauté des fidèles, le Corps du Christ, où le salut d’un membre est lié à la sainteté de tous (cf. 1Co 12,12-27 ; Lumen gentium, 7). L’individualiste, au contraire, est motif de scandale et de conflit.
  7. La tentation de marcher sans boussole et sans but. Le consacré perd son identité et commence à être“ni chair ni poisson”. Il vit le cœur partagé entre Dieu et la mondanité. Il oublie son premier amour (cf. Ap 2,4). En réalité, sans avoir une identité claire et solide, le consacré marche sans orientation et, au lieu de guider les autres, il les disperse. Votre identité d’enfants de l’Eglise est celle d’être coptes – c’est-à-dire enracinés dans vos nobles et antiques racines – et d’être catholiques – c’est-à-dire partie de l’Eglise une et universelle : comme un arbre qui est d’autant plus haut dans le ciel qu’il est enraciné dans la terre !

Chers consacrés, il n’est pas facile de résister à ces tentations mais c’est possible si nous sommes greffés sur Jésus: «Demeurez en moi comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi» (Jn 15,4). Plus nous sommes enracinés dans le Christ, plus nous sommes vivants et féconds! C’est ainsi seulement que le consacré peut conserver l’étonnement, la passion de la première rencontre, l’attraction et la gratitude dans sa vie avec Dieu et dans sa mission. La qualité de notre consécration dépend de la qualité de notre vie spirituelle.

L’Egypte a contribué à enrichir l’Eglise du trésor inestimable de la vie monastique. Je vous exhorte, par conséquent, à puiser à l’exemple de Saint Paul l’ermite, de Saint Antoine, des Saints Pères du désert, des nombreux moines qui, par leur vie et leur exemple, ont ouvert les portes du ciel à tant de frères et de sœurs ; et ainsi, vous aussi pouvez être lumière et sel, c’est-à-dire cause de salut pour vous-mêmes et pour tous les autres, croyants ou non, et spécialement pour les derniers, ceux qui sont dans le besoin, les abandonnés et les marginalisés.

Que la Sainte Famille vous protège et vous bénisse tous, votre pays et tous ses habitants. Du plus profond de mon cœur je souhaite à chacun de vous tout le bien possible, et à travers vous je salue les fidèles que Dieu a confiés à vos soins. Que le Seigneur vous accorde les fruits de son Saint Esprit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Ga 5,22).

Vous serez toujours présents dans mon cœur et dans ma prière. Courage et en avant avec l’Esprit Saint! ”Voici le jour qu’a fait le Seigneur, en lui, réjouissons-nous”. Et s’il vous plaît, ne vous découragez pas de prier pour moi !

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal sur S+L

EN EXCLUSIVITÉ sur les ondes de Sel et Lumière, voyez la télé diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal le vendredi 21 avril prochain à 19h30. Cette Messe célébrée à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal sera présidée par S.Exc. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal. L’animation de cette Messe est confiée à la chorale jeunesse de Notre-Dame-d’Afrique ainsi qu’aux séminaristes étudiants au Grand Séminaire de Montréal.

Veuillez noter que cette Messe sera également disponible en direct sur la chaîne web (En Direct) de Sel et Lumière ainsi qu’en Facebooklive dès 19h30. Un rendez-vous à ne pas manquer!

Vous trouverez ci-dessous le feuillet de prière de cette célébration:
Feuillet Messe vocationnelle 21 Avril 2017 V. 19 avril 2017

Les Sept dernières paroles du Christ: 7e réflexion de carême

Septième parole
« Père, entre tes mains je remets mon esprit. »
Luc 23, 44-46

  1. Cette dernière parole est tirée du Psaume 31. Pourquoi Luc met-il les paroles de ce psaume sur les lèvres de Jésus et non pas le psaume 22 tel que nous le retrouvons dans le récit de Mathieu et de Marc ?
  2. Qu’est-ce que ces dernières paroles nous disent sur le désir de Jésus pour nous et sur notre relation à Dieu ?
  3. De quelle manière « cultiver une attitude intérieure d’abandon total et inconditionnel envers Dieu ? »
  4. Nous sommes tous pécheurs. Qu’est-ce que Dieu veut pour nous en tant que pécheurs ?
  5. Avant son élection comme pape Jean-Paul 1er, le cardinal Albino Luciani écrit une lettre à Jésus dans laquelle il exprimait son insuf sance de mots et d’expressions que nous ressentons tous alors que nous nous adressons à Jésus. Cette Semaine Sainte, pouvez-vous prendre le temps d’écrire votre propre lettre à Jésus ?
  6. Lors des Journées mondiales de la Jeunesse 2016, le pape François s’exprimait ainsi :
    « Le Chemin de la croix est celui du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans des circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ; […] C’est un chemin d’espoir, un chemin pour le futur ». Alors que nous acceptons d’entrer dans cette démarche que nous propose le Chemin de Croix de ce Vendredi Saint, comment apporterons-nous ce chemin d’espoir dans notre famille, notre milieu de travail et dans notre cœur ?