Forum de la jeunesse canadienne sur « Les jeunes, la foi et le discernement »

Forum de la jeunesse canadienne sur « Les jeunes, la foi et le discernement ».
À la télévision canadienne Sel et Lumière, le 22 octobre 2017
Avec la participation du pape François et du cardinal Kevin Farrell

Le dimanche soir 22 octobre 2017, sera diffusé le forum national jeunesse sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » sur la chaîne de télévision catholique Sel et Lumière. Enregistrée dans le studio Père Micheal McGivney du centre de diffusion de Sel et Lumière à Toronto le 10 octobre 2017, cette émission de 90 minutes est co-animée par le cardinal Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la vie et la famille, le P. Thomas Rosica c.s.b., PDG et fondateur de Télévision Sel et Lumière ; ainsi qu’ Emilie Callan et Julian Paparella, jeunes leaders de Sel et Lumière.

 

 Le pape François a pu participer à cette émission par l’entremise d’une vidéo spéciale envoyée pour l’occasion. Ce message est adressé aux jeunes Canadiens « d’un océan à l’autre » et leur rappelle qu’ils sont les protagonistes de ce dialogue unique en préparation du Synode des évêques de 2018 qui se tiendra au Vatican en octobre 2018.

Ce forum de la jeunesse canadienne, le premier de notre histoire, réunit plusieurs groupes de jeunes dans différentes villes du Canada telles que Vancouver, Colombie-Britannique; Calgary, Alberta; Windsor, Ontario; Toronto, Ontario, Montréal et Québec au Québec. Chaque groupe de jeunes est composé de représentants du secondaire, du cégep, de l’université ainsi que de différentes professions ou états de vie, certains étant candidats à la vie religieuse et au ministère ordonné. Plusieurs sont impliqués dans la pastorale jeunesse ou dans les aumôneries étudiantes partout au pays. Certains n’ont que peu de lien avec l’Église. Le Forum s’est tenu dans les deux langues officielles du Canada, le français et l’anglais. Dans les semaines précédant le forum, les jeunes ont pu travailler et réfléchir en compagnie de leurs agents de pastorale jeunesse et d’aumôniers afin d’approfondir la Lettre aux jeunes du pape François (janvier 2017) dans laquelle il annonçait la tenue d’un synode des évêques sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Plusieurs de ces jeunes ont étudié le Document préparatoire au synode pour mieux participer à ce forum.

Dans sa Lettre aux jeunes publiée plus tôt cette année ainsi que dans une allocution entraînante dédiée aux jeunes à Rome le dimanche des Rameaux 2017, le Saint-Père a clairement exprimé qu’il désire ardemment entendre la voix de tous les jeunes adultes, incluant les catholiques, les athées et agnostiques et tous ceux qui sont loin de l’Église.

« Toute jeune personne a quelque chose à dire aux autres, a quelque chose à dire aux adultes, aux prêtres, aux religieux, aux évêques et au Pape ».

Dans son message très énergique adressé aux jeunes Canadiens durant le forum, le pape François a louangé « les merveilles de la technologie qui, si elles sont utilisées positivement, nous donnent l’occasion de rencontrer et d’échanger d’une façon impensable encore récemment.

Le Saint-Père encourage les jeunes du Canada à être des « artisans de relations basées sur la confiance, le partage et l’ouverture et cela, jusqu’aux confins du monde. N’érigez pas des murs de division, n’érigez pas des mûrs de division! Construisez plutôt des ponts comme vous le faites en ce moment par cet échange extraordinaire qui vous réunit d’un océan à l’autre. Vous vivez un moment d’intense préparation pour le prochain synode –le synode des évêques qui vous concerne d’une manière particulière, car il veut impliquer toute la communauté chrétienne. »

Tout au long des 90 minutes de cette émission, les jeunes de chaque partie du Canada ont offert des réflexions, posé des questions et partagé leurs espoirs pour le Synode 2018 sous la responsabilité du Cardinal Farrell et du pape François. Dans chacune des villes, un jeune producteur de la Télévision Sel et Lumière a facilité les échanges et permis un réel dialogue avec l’audience et le cardinal Farrell à Toronto. La délégation de Québec a pu profiter de la présence du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et Primat de l’Église au Canada.

« C’est votre moment, c’est votre temps » a affirmé le cardinal Kevin Farrell aux participants du forum canadien. « L’Église entière vous dit, le Pape vous dit : Ne laissez pas le monde vous contrôler, vous êtes aux commandes du monde ».

Lorsqu’il s’agit d’évangéliser, le cardinal Farrell a dit aux jeunes qu’ils devraient considérer aller eux-mêmes à la rencontre de leurs pairs, d’être présents sur les médias sociaux et de les considérer comme un lieu où ils sont beaucoup plus efficaces que leurs « aînés » dans l’Église.

« Si saint Paul était encore avec nous aujourd’hui, où serait-il ? Il serait un expert des 140 caractères de twitter! Et c’est là que vous devez être » a-t-il affirmé.

Le Saint-Père veut que vous changiez le monde » a-t-il poursuivi. « Faites une différence. Ne laissez pas le monde vous contrôler, ne le laissez pas vous tirer vers le bas. Mais dites-nous comment nous pouvons vous aider à l’améliorer et le rendre meilleur ».

Le cardinal Farrell a également rappelé à la jeunesse de partout au Canada que le Synode des évêques de 2018 est une extension des deux synodes de 2014 et 2015. Durant ces rencontres, les évêques du monde entier ont réfléchi sur les défis auxquels font face les familles modernes. Ces discussions ont mené à la publication de l’Exhortation apostolique « Amoris Laetitia », un document qui presse les prêtres et les ministres à réfléchir sur les moyens de mieux aider les familles.

Diffusée ce dimanche soir 22 octobre 2017 à 19h30 et 23h30 HE/ 16h30 et 20h30 HP sur les ondes de la Télévision canadienne Sel et Lumière, cette émission sera également en livestream sur notre site internet. L’émission sera également diffusée dans sa version française à 21h00 et 1h00.

Le message du Saint-Père au Canada sera également disponible dimanche soir dès 19h30 HE. Pour plus d’information, visitez la page web dédiée à la couverture complète de ce forum jeunesse 2017 au http://seletlumieretv.org/jfdforum2017/.

Forum Canada 2017: Jeunes, foi et discernement
Avec la participation du Cardinal Kevin Farrell,
le pape François et la jeunesse canadienne.
Dimanche 22 octobre 2017
21h00 et 1h00 HE (français)
19h30 et 23h30 HE (anglais)
http://seletlumieretv.org/jfdforum2017/

anglais: https://saltandlighttv.org/ypfdforum2017/

Père Thomas Rosica, c.s.b.
PDG, Fondation catholique Sel et Lumière média
16 Octobre, 2017

Pape François en Colombie: Discours aux prêtres et personnes consacrées à Medellin

En fin de journée samedi 9 septembre 2017, le pape François a rencontré des prêtres, des religieux et religieuses, personnes consacrées et séminaristes avec leur famille au stade La Macarena à Medellin. Voici le discours préparé du Pape ci-dessous:

Bien-aimés frères évêques,
Chers prêtres, religieux et religieuses, séminaristes,
Chères familles, chers ‘‘paisas’’,

L’allégorie de la vraie vigne de l’Évangile de Jean que nous venons d’entendre se situe dans le contexte de la dernière Cène de Jésus. Dans ce cadre d’intimité, d’une certaine tension mais chargé d’amour, le Seigneur a lavé les pieds des siens, a voulu perpétuer sa mémoire dans le pain et dans le vin, et il a aussi parlé à ceux qu’il aimait du plus profond de son cœur.

En cette première nuit ‘‘eucharistique’’, à ce premier coucher du soleil après le geste de service, Jésus ouvre son cœur ; il leur livre son testament. Et comme au cénacle les Apôtres, quelques femmes et Marie, la Mère de Jésus, avaient continué par la suite à se réunir (cf. Ac 1, 13- 14), de même aujourd’hui ici, en ce lieu, nous nous sommes rassemblés pour l’écouter, pour nous écouter. Sœur Leidy de San José, María Isabel et le Père Juan Felipe nous ont livré leur témoignage… ; chacun d’entre nous ici présents, nous pourrions également raconter l’histoire de notre propre vocation. Tout le monde se reconnaîtrait dans l’expérience de Jésus qui vient à notre rencontre, qui nous devance et qui ainsi nous a ravi le cœur. Comme l’a dit le document d’Aparecida : ‘‘Connaître Jésus est le meilleur don que puisse recevoir toute personne ; que nous l’ayons rencontré, nous, est la meilleure chose qui nous soit arrivée dans la vie, et le faire connaître par notre parole et par nos œuvres est notre joie » (Document d’Aparecida, n. 29).

Beaucoup d’entre vous, [chers] jeunes, auront découvert ce Jésus vivant dans vos communautés ; communautés d’une ferveur apostolique contagieuse, qui enthousiasment et suscitent l’attraction. Là où il y a de la vie, de la ferveur, l’envie de conduire les autres au Christ, surgissent des vocations authentiques ; la vie fraternelle et fervente de la communauté est ce qui réveille le désir de se consacrer entièrement à Dieu et à l’évangélisation (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 107). Les jeunes sont naturellement inquiets et, même si nous assistons à une crise de l’engagement et des liens communautaires, nombreux sont les jeunes qui se solidarisent face aux maux du monde et s’enrôlent dans diverses formes de militantisme et de volontariat. Quand ils le font, saisis par Jésus, en se sentant membres de la communauté, ils deviennent des ‘‘troubadours de la foi’’, heureux de porter Jésus à chaque coin, à chaque place, à chaque recoin de la terre (cf. Ibid., n. 107).

C’est la vigne à laquelle se réfère Jésus dans le texte que nous avons proclamé. La vigne qu’est le ‘‘peuple de l’alliance’’. Des prophètes tels que Jérémie, Isaïe ou Ezéchiel se réfèrent à ce peuple comme à une vigne ; même un psaume, le psaume 79, chante en disant : « La vigne que tu as prise à l’Égypte…, tu déblaies le sol devant elle, tu l’enracines pour qu’elle emplisse le pays » (vv. 9-10). Parfois, ils expriment la joie de Dieu face à sa vigne, d’autres fois sa colère, son désarroi et son dépit ; jamais il ne s’en désintéresse, jamais il ne se lasse de souffrir de ses errements, d’aller à la rencontre de ce peuple qui, lorsqu’il s’éloigne de lui, brûle et se détruit.

Comment sont la terre, le terreau, le support où grandit cette vigne en Colombie ? Dans quel contexte sont produits les fruits des vocations à une consécration spéciale ? Sûrement dans des environnements chargés de contradictions, de clair-obscur, de situations relationnelles complexes. Nous aimerions avoir un monde avec des familles et des liens plus simples ; mais nous sommes impliqués dans cette crise culturelle, et au milieu d’elle, en comptant avec elle, Dieu continue d’appeler. Ce serait presque ne pas voir la réalité que de penser que vous avez [tous] entendu l’appel de Dieu dans des familles soutenues par un amour fort et débordant de valeurs telles que la générosité, l’engagement, la fidélité ou la patience (cf. Exhort. Amoris laetitia, n. 5) ; certaines familles, plût à Dieu qu’elles soient nombreuses, sont certainement ainsi. Mais avoir les pieds sur terre, c’est reconnaître que nos cheminements vocationnels, l’éveil à l’appel de Dieu, nous trouvent plus près de ce que relate déjà la Parole de Dieu et de ce que la Colombie connaît fort bien : « C’est un chemin de souffrance et de sang qui traverse de nombreuses pages de la Bible, à partir de la violence fratricide de Caïn sur Abel et de divers conflits entre les enfants et entre les épouses des patriarches Abraham, Isaac et Jacob, arrivant ensuite aux tragédies qui souillent de sang la famille de David, jusqu’aux multiples difficultés familiales qui jalonnent le récit de Tobie ou l’amère confession de Job abandonné » (Ibid., n. 20). Dès le commencement, il en a été ainsi : Dieu manifeste sa proximité et son élection ; il change le cours des événements en appelant des hommes et des femmes dans la fragilité de l’histoire personnelle et communautaire. N’ayons pas peur, dans ce pays complexe, Dieu a toujours fait le miracle de générer de bonnes grappes, comme les arepas au petit déjeuner. Que les vocations ne manquent dans aucune communauté, dans aucune famille de Medellín !

Et cette vigne – qui est celle de Jésus – a la caractéristique d’être la vraie. Il a déjà utilisé ce terme à d’autres occasions dans l’Évangile de Jean : la vraie lumière, le vrai pain du ciel ou le vrai témoignage. Or, la vérité n’est pas quelque chose que nous recevons – comme le pain ou la lumière – mais elle jaillit plutôt de l’intérieur. Nous sommes un peuple élu pour la vérité, et notre appel doit être dans la vérité. Il ne peut y avoir de place, si nous sommes des sarments de cette vigne, si notre vocation est greffée sur Jésus, pour la duperie, pour la duplicité, pour les choix mesquins. Nous devons tous veiller à ce que chaque sarment serve à ce pour quoi il a été pensé : porter des fruits. Dès les débuts, ceux à qui il revient d’accompagner les cheminements de vocation devront susciter la rectitude d’intention, un désir authentique de se configurer à Jésus, le pasteur, l’ami, l’époux. Lorsque les cheminements ne sont pas alimentés par cette vraie sève qu’est l’Esprit de Jésus, alors nous faisons l’expérience de la sécheresse et Dieu découvre avec tristesse ces tiges déjà mortes. Les vocations à une consécration spéciale meurent quand elles veulent se nourrir des honneurs, quand elles sont animées par la recherche d’une tranquillité personnelle et de promotion sociale, quand la motivation, c’est de ‘‘monter de catégorie’’, d’assouvir des intérêts matériels, ce qui conduit même à la sottise de la soif de profit. Comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, le diable entre par la poche. Cela n’est pas l’apanage des débuts, nous devons tous faire attention, car la corruption chez les hommes et les femmes qui sont dans l’Église commence ainsi, peu à peu, ensuite – Jésus lui- même nous le dit – elle s’enracine dans le cœur et finit par déloger Dieu de notre vie. Nul ne peut servir Dieu et l’argent (cf. Mt 6, 21.24), nous ne pouvons pas profiter de notre condition de religieux et de la bonté de notre peuple pour être servis et obtenir des bénéfices matériels.

Il y a des situations, des styles et des choix qui révèlent les signes de sécheresse et de mort : vous ne pouvez pas continuer à entraver l’écoulement de la sève qui alimente et donne vie ! Le venin du mensonge, la dissimulation, la manipulation et l’abus envers le peuple de Dieu, envers les personnes fragiles, et spécialement envers les personnes âgées et les enfants, ne peuvent pas avoir droit de cité dans notre communauté ; ce sont des sarments qui ont résolu de se dessécher et que Dieu nous demande de tailler.

Mais Dieu ne fait pas que tailler ; l’allégorie continue en disant que Dieu purifie la vigne de ses imperfections. La promesse, c’est que nous porterons du fruit, et en abondance, comme le grain de blé, si nous sommes capables de nous livrer, de donner librement notre vie. Nous avons en Colombie des exemples montrant que cela est possible. Pensons à sainte Laura Montoya, une religieuse admirable dont nous avons les reliques avec nous et qui, à partir de cette ville, s’est dépensée à travers une grande œuvre missionnaire en faveur des indigènes dans tout le pays. Comme elle nous enseigne la femme consacrée, au dévouement silencieux, désintéressée, qui n’a d’autre intérêt que de manifester le visage maternel de Dieu ! De même, nous pouvons nous rappeler le bienheureux Mariano de Jésus Euse Hoyos, l’un des premiers élèves du Séminaire de Medellín, ainsi que d’autres prêtres et religieuses de la Colombie, dont les procès de canonisation ont été introduits ; comme également tant d’autres, des milliers de Colombiens anonymes qui, dans la simplicité de la vie quotidienne, ont su se donner pour l’Évangile, que vous portez certainement dans votre mémoire et qui sans doute constituent des encouragements dans votre engagement. Tous nous montrent qu’il est possible de répondre fidèlement à l’appel du Seigneur, qu’il est possible de porter beaucoup de fruit.

La bonne nouvelle, c’est que Dieu est prêt à nous purifier, que nous ne sommes pas une œuvre achevée, qu’en tant que bons disciples, nous sommes en chemin. Comment Jésus taille-t-il progressivement les facteurs de mort nichés dans notre vie et qui déforment l’appel ? En nous invitant à demeurer en lui ; demeurer ne signifie pas seulement rester, mais veut dire maintenir une relation vitale, existentielle, de nécessité absolue ; c’est vivre et grandir en union intime et féconde, avec Jésus, « source de vie éternelle ». Demeurer en Jésus ne peut être une attitude purement passive ou un simple abandon sans conséquences dans la vie quotidienne et concrète. Permettez- moi de vous proposer trois manières de rendre effectif ce fait de demeurer :

  1. Nous demeurons en touchant l’humanité du Christ :

Par le regard et les sentiments de Jésus, qui contemple la réalité, non pas comme un juge, mais comme le bon samaritain ; qui reconnaît les valeurs du peuple avec lequel il marche, ainsi que ses blessures et ses péchés ; qui découvre la souffrance silencieuse et s’émeut face aux besoins des personnes, surtout quand elles se voient asservies par l’injustice, la pauvreté indigne, l’indifférence, par l’action perverse de la corruption et de la violence.

Par les gestes et les paroles de Jésus, qui expriment l’amour envers ceux qui sont proches et la recherche de ceux qui sont loin ; la tendresse et la fermeté dans la dénonciation du péché et dans l’annonce de l’Évangile ; la joie et la générosité dans l’engagement et le service surtout en faveur des personnes les plus fragiles, en repoussant avec force la tentation de tenir tout pour perdu, de nous accommoder ou de ne nous considérer que comme des administrateurs de malheurs.

  1. Nous demeurons en contemplant sa divinité :

En éveillant et en soutenant le goût des études qui font grandir la connaissance du Christ car, comme le rappelle saint Augustin, on ne peut aimer celui qu’on ne connaît pas (cf. La Trinité, Livre X, chap. I, 3).

En privilégiant par cette connaissance la rencontre avec les Saintes Écritures, spécialement l’Évangile, où le Christ nous parle, nous révèle son amour inconditionnel pour le Père, nous communique la joie qui jaillit de l’obéissance à sa volonté et du service des frères. Qui ne connaît pas les Écritures ne connaît pas Jésus. Qui n’aime pas les Écritures n’aime pas Jésus (cf. Saint Jérôme, Prologue au commentaire du prophète Isaïe : PL 24, 17). Consacrons du temps à la lecture priante de la Parole ! En auscultant en elle ce que Dieu veut pour nous et pour notre peuple.

Que toutes nos études nous aident à être capables d’interpréter la réalité avec les yeux de Dieu ; qu’elles ne soient pas des études pour s’évader des événements de notre peuple, qu’elles ne suivent pas non plus les va-et-vient des modes ou des idéologies. Qu’elles ne s’alimentent pas de nostalgies ni ne cherchent à enserrer dans un carcan le mystère ; qu’elles ne cherchent pas à répondre à des questions que personne ne se pose, laissant dans le vide existentiel les personnes qui nous interrogent à partir des données de leurs mondes et de leurs cultures.

Demeurer [en lui] et contempler sa divinité en faisant de la prière un élément fondamental de notre vie et de notre service apostolique. La prière nous libère du fardeau de la mondanité, nous enseigne à vivre dans la joie, à faire des choix en nous éloignant de ce qui est superficiel, dans un exercice de liberté authentique. Elle nous évite de nous centrer sur nous-mêmes, cachés dans une expérience religieuse vide et elle nous conduit à nous mettre docilement dans les mains de Dieu pour réaliser sa volonté et rendre efficace son projet de salut. Et dans la prière, adorer. Apprendre à adorer en silence.

Soyons des hommes et des femmes réconciliés pour réconcilier. Avoir été appelés ne nous donne pas le certificat de bonne conduite et d’impeccabilité ; nous ne sommes pas revêtus d’une auréole de sainteté. Nous sommes tous des pécheurs et nous avons besoin du pardon et de la miséricorde de Dieu pour nous lever chaque jour ; il arrache ce qui n’est pas bien et que nous avons fait de mal, le jette hors de la vigne et le brûle. Il nous laisse purs pour que nous puissions porter du fruit. Voilà la fidélité miséricordieuse de Dieu envers son peuple, dont nous faisons partie ! Il ne nous abandonnera jamais au bord du chemin. Dieu fait tout pour éviter que le péché l’emporte sur nous et ferme les portes de notre vie à un avenir d’espérance et de joie.

  1. Enfin, il faut demeurer dans le Christ pour vivre dans la joie:

Si nous demeurons en lui, sa joie sera en nous. Nous ne serons pas des disciples tristes et des apôtres amers. Au contraire, nous reflèterons et porterons la vraie joie, la joie pleine que personne ne pourra nous enlever, nous répandrons l’espérance de la vie nouvelle que le Christ nous a apportée. L’appel de Dieu n’est pas un fardeau lourd qui nous vole la joie. Dieu ne nous veut pas soumis dans la tristesse et dans la fatigue qui dérivent des activités mal vécues, sans une spiritualité qui rende heureuse notre vie, voire nos fatigues. Notre joie contagieuse doit être le premier témoignage de la proximité et de l’amour de Dieu. Nous sommes de vrais dispensateurs de la grâce de Dieu lorsque nous reflétons la joie de la rencontre avec lui.

Dans la Genèse, après le déluge, Noé plante une vigne comme signe d’un nouveau commencement ; au terme de l’Exode, ceux que Moïse a envoyés inspecter la terre promise sont revenus avec une grappe de raisins, signe de cette terre où coulent le lait et le miel. Dieu a posé son regard sur nous, sur nos communautés et sur nos familles. Le Seigneur a posé son regard sur la Colombie : vous êtes le signe de cet amour de prédilection. Il nous revient d’offrir tout notre amour et notre service en union avec Jésus, notre vigne. Et d’être la promesse d’un nouveau commencement pour la Colombie, qui laisse derrière les déluges de désaccord et de violence, qui veut porter beaucoup de fruits de justice et de paix, de rencontre et de solidarité. Que Dieu vous bénisse ! Que Dieu bénisse la vie consacrée en Colombie ! Et n’oubliez pas de prier pour moi !

Discours du Pape François au clergé égyptien

Après la Messe, le pape François a rencontré le clergé, religieux et religieuses et les séminaristes d’Égypte au séminaire Saint-Léon le Grand au Caire. Voici le discours préparé du Pape dans son intégralité:

Al Salamò Alaikum! / La paix soit avec vous!

”Voici le jour qu’a fait le Seigneur, en lui, réjouissons-nous! Le Christ a vaincu la mort pour toujours, en lui, réjouissons-nous!”

Je suis heureux d’être parmi vous en ce lieu où sont formés les prêtres et qui représente le cœur de l’Eglise Catholique en Egypte. Je suis heureux de saluer en vous, prêtres, personnes consacrées du petit troupeau catholique en Egypte, le “levain” que Dieu prépare pour cette terre bénie, afin que, avec nos frères orthodoxes, son Royaume y grandisse (cf. Mt 13,11).

Je veux d’abord vous remercier pour votre témoignage et pour tout le bien que vous faites chaque jour, œuvrant au milieu de tant de défis et, souvent, peu de consolations. Je veux aussi vous encourager ! N’ayez pas peur du poids du quotidien, du poids des situations difficiles que certains d’entre vous doivent traverser. Nous vénérons la Sainte Croix, instrument et signe de notre salut. Qui échappe à la Croix échappe à la Résurrection!

«Sois sans crainte petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12,32).

Il s’agit donc de croire, de témoigner de la vérité, de semer et de cultiver sans attendre la récolte. En réalité, nous recueillons les fruits d’une foule d’autres personnes, consacrées ou non, qui ont généreusement travaillé dans la vigne du Seigneur: votre histoire en est pleine!

Et au milieu de tant de raisons de se décourager, et parmi tant de prophètes de destruction et de condamnation, au milieu de tant de voix négatives et désespérées, soyez une force positive, soyez la lumière et le sel de cette société; soyez la locomotive qui tire le train en avant, droit vers le but; soyez des semeurs d’espérance, des bâtisseurs de ponts et des artisans de dialogue et de concorde.

Cela est possible si le consacré ne cède pas aux tentations qu’il rencontre chaque jour sur sa route. Je voudrais en relever quelques-unes, parmi les plus significatives.

  1. La tentation de se laisser entraîner au lieu de guider. Le Bon Pasteur a le devoir de guider le troupeau (cf. Jn 10,3-4), de le conduire jusqu’à l’herbe fraîche et à la source d’eau (cf. Ps 22). Il ne peut se laisser entraîner par la déception et par le pessimisme : “Qu’est-ce que je peux faire ?” Il est toujours plein d’initiatives et de créativité, comme une source qui jaillit même quand elle est asséchée ; il a toujours la caresse de consolation même quand son cœur est accablé ; il est un père quand les enfants le traitent avec gratitude mais surtout quand ils ne lui sont pas reconnaissants (cf. Lc 15,11-32). Notre fidélité au Seigneur ne doit jamais dépendre de la gratitude humaine : « Ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6,4.6.18).
  2. La tentation de se plaindre continuellement. Il est facile d’accuser toujours les autres pour les manquements des supérieurs, pour les conditions ecclésiales ou sociales, pour les faibles possibilités… Mais le consacré est celui qui, par l’onction de l’Esprit, transforme tout obstacle en opportunité et non pas toute difficulté en excuse ! Celui qui se plaint toujours est, en fait, quelqu’un qui ne veut pas travailler. C’est pour cela que le Seigneur, s’adressant aux Pasteurs, dit : « Redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent » (He 12,12 ; cf. Is 35,3).
  3. La tentation du bavardage et de la jalousie. Le danger est sérieux quand le consacré, au lieu d’aider les petits à grandir et de se réjouir du succès de ses frères et de ses sœurs, se laisse dominer par la jalousie et devient quelqu’un qui blesse les autres par son bavardage. Quand, au lieu de de s’efforcer de grandir, il commence par détruire ceux qui sont en train de grandir; au lieu de suivre les bons exemples, il les juge et diminue leur valeur. La jalousie est un cancer qui ruine n’importe quel corps en peu de temps: «Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir» (Mc 3, 24-25). En effet, «c’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde» (Sg 2,24). Et le bavardage en est le moyen et l’arme.
  4. La tentation de se comparer aux autres. La richesse est dans la diversité et dans l’unicité de chacun de nous. Nous comparer à ceux qui sont meilleurs nous porte souvent à tomber dans la rancœur; nous comparer à ceux qui sont pires nous porte souvent à tomber dans l’orgueil et dans la paresse. Celui qui tend à se comparer toujours aux autres finit par se paralyser. Apprenons des saints Pierre et Paul à vivre la diversité des caractères, des charismes et des opinions dans l’écoute et dans la docilité à l’Esprit Saint.
  5. La tentation du “pharaonisme”, c’est-à-dire de durcir le cœur et de le fermer au Seigneur et aux frères. C’est la tentation de se sentir au-dessus des autres et donc de les soumettre à soi par vaine gloire; d’avoir la présomption de se faire servir au lieu de servir. C’est une tentation commune, depuis le début, parmi les disciples, qui – dit l’Evangile- « en chemin, avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand» (Mc 9,34). L’antidote de ce venin est : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9,35).
  6. La tentation de l’individualisme. Comme dit le dicton égyptien bien connu: “Après moi le déluge”. C’est la tentation des égoïstes qui, chemin faisant, perdent le but et, au lieu de penser aux autres, pensent à eux-mêmes, n’en éprouvent aucune honte, au contraire, s’en justifient. L’Eglise est la communauté des fidèles, le Corps du Christ, où le salut d’un membre est lié à la sainteté de tous (cf. 1Co 12,12-27 ; Lumen gentium, 7). L’individualiste, au contraire, est motif de scandale et de conflit.
  7. La tentation de marcher sans boussole et sans but. Le consacré perd son identité et commence à être“ni chair ni poisson”. Il vit le cœur partagé entre Dieu et la mondanité. Il oublie son premier amour (cf. Ap 2,4). En réalité, sans avoir une identité claire et solide, le consacré marche sans orientation et, au lieu de guider les autres, il les disperse. Votre identité d’enfants de l’Eglise est celle d’être coptes – c’est-à-dire enracinés dans vos nobles et antiques racines – et d’être catholiques – c’est-à-dire partie de l’Eglise une et universelle : comme un arbre qui est d’autant plus haut dans le ciel qu’il est enraciné dans la terre !

Chers consacrés, il n’est pas facile de résister à ces tentations mais c’est possible si nous sommes greffés sur Jésus: «Demeurez en moi comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi» (Jn 15,4). Plus nous sommes enracinés dans le Christ, plus nous sommes vivants et féconds! C’est ainsi seulement que le consacré peut conserver l’étonnement, la passion de la première rencontre, l’attraction et la gratitude dans sa vie avec Dieu et dans sa mission. La qualité de notre consécration dépend de la qualité de notre vie spirituelle.

L’Egypte a contribué à enrichir l’Eglise du trésor inestimable de la vie monastique. Je vous exhorte, par conséquent, à puiser à l’exemple de Saint Paul l’ermite, de Saint Antoine, des Saints Pères du désert, des nombreux moines qui, par leur vie et leur exemple, ont ouvert les portes du ciel à tant de frères et de sœurs ; et ainsi, vous aussi pouvez être lumière et sel, c’est-à-dire cause de salut pour vous-mêmes et pour tous les autres, croyants ou non, et spécialement pour les derniers, ceux qui sont dans le besoin, les abandonnés et les marginalisés.

Que la Sainte Famille vous protège et vous bénisse tous, votre pays et tous ses habitants. Du plus profond de mon cœur je souhaite à chacun de vous tout le bien possible, et à travers vous je salue les fidèles que Dieu a confiés à vos soins. Que le Seigneur vous accorde les fruits de son Saint Esprit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Ga 5,22).

Vous serez toujours présents dans mon cœur et dans ma prière. Courage et en avant avec l’Esprit Saint! ”Voici le jour qu’a fait le Seigneur, en lui, réjouissons-nous”. Et s’il vous plaît, ne vous découragez pas de prier pour moi !

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal sur S+L

EN EXCLUSIVITÉ sur les ondes de Sel et Lumière, voyez la télé diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal le vendredi 21 avril prochain à 19h30. Cette Messe célébrée à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal sera présidée par S.Exc. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal. L’animation de cette Messe est confiée à la chorale jeunesse de Notre-Dame-d’Afrique ainsi qu’aux séminaristes étudiants au Grand Séminaire de Montréal.

Veuillez noter que cette Messe sera également disponible en direct sur la chaîne web (En Direct) de Sel et Lumière ainsi qu’en Facebooklive dès 19h30. Un rendez-vous à ne pas manquer!

Vous trouverez ci-dessous le feuillet de prière de cette célébration:
Feuillet Messe vocationnelle 21 Avril 2017 V. 19 avril 2017

Les Sept dernières paroles du Christ: 7e réflexion de carême

Septième parole
« Père, entre tes mains je remets mon esprit. »
Luc 23, 44-46

  1. Cette dernière parole est tirée du Psaume 31. Pourquoi Luc met-il les paroles de ce psaume sur les lèvres de Jésus et non pas le psaume 22 tel que nous le retrouvons dans le récit de Mathieu et de Marc ?
  2. Qu’est-ce que ces dernières paroles nous disent sur le désir de Jésus pour nous et sur notre relation à Dieu ?
  3. De quelle manière « cultiver une attitude intérieure d’abandon total et inconditionnel envers Dieu ? »
  4. Nous sommes tous pécheurs. Qu’est-ce que Dieu veut pour nous en tant que pécheurs ?
  5. Avant son élection comme pape Jean-Paul 1er, le cardinal Albino Luciani écrit une lettre à Jésus dans laquelle il exprimait son insuf sance de mots et d’expressions que nous ressentons tous alors que nous nous adressons à Jésus. Cette Semaine Sainte, pouvez-vous prendre le temps d’écrire votre propre lettre à Jésus ?
  6. Lors des Journées mondiales de la Jeunesse 2016, le pape François s’exprimait ainsi :
    « Le Chemin de la croix est celui du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans des circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ; […] C’est un chemin d’espoir, un chemin pour le futur ». Alors que nous acceptons d’entrer dans cette démarche que nous propose le Chemin de Croix de ce Vendredi Saint, comment apporterons-nous ce chemin d’espoir dans notre famille, notre milieu de travail et dans notre cœur ?

Église en sortie 24 mars 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec le père Timothy Scott c.s.b. sur l’implication de la Conférence religieuse dans les relations de l’Église avec les peuples autochtones du Canada. On vous présente un reportage sur la Journée de rencontre avec les premières nations organisée à l’Institut pastoral des dominicains de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Josianne Gauthier, directrice des programmes à Développement et paix sur l’engagement de l’organisme dans le cercle Notre-Dame-de-Guadalupe.

Église en sortie 3 mars 2017

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit en studio Mgr Lionel Gendron, évêque de Saint-Jean-Longueuil et vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada dans un entretien sur les priorités pastorales de la CECC pour l’année 2017 et sur son plus récent voyage en Terre sainte. Et on vous présente un reportage sur l’histoire de l’Accueil Bonneau et sur la spiritualité de Sainte Marguerite D’Youville, laquelle fait toujours vivre la communauté des Sœurs grises du Québec.

http://www.cccb.ca/site/frc/
https://www.accueilbonneau.com

Église en sortie 24 février 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons un reportage sur le Musée Marguerite-Bourgeoys et la Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours du Vieux-Montréal. Dans la deuxième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Mme Audrey Charland, agente de communications et de développement de la Presse Missionnaire MIC, au sujet du Centre virtuel de la mémoire historique missionnaire MIC.

http://pressemic.org/fr/accueil/

http://www.marguerite-bourgeoys.com/fr/musee/musee.asp

 

L’Église et les jeunes: un discernement à double sens

CNS photo/Max Rossi, Reuters

Il y a quelques semaines, le Secrétariat de la 15e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques publiait un document préparatoire ainsi qu’un questionnaire sur le thème « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » pour les diocèses du monde entier. Suivant la même méthodologie que les précédents synodes sur la famille, ce document a pour but d’amorcer la réflexion en vue des discussions qui auront lieu à Rome en octobre prochain. Ce texte subdivisé en trois parties manifeste non seulement la richesse doctrinale, humaine et pastorale qui fait de l’Église, selon les mots du bienheureux Paul VI, une « experte en humanité » (no 13) mais également sa volonté d’inclure les jeunes dans cette démarche de réflexion qui vise à mieux les accompagner dans leur processus de discernement vocationnel. Ainsi donc, la conversion demandée à toute l’Église est déjà mise en pratique dans le processus même du synode !

À chacun sa vocation

Tout être humain a une vocation, c’est-à-dire un appel à l’amour qui prend « une forme concrète dans la vie quotidienne à travers une série de choix, qui allie état de vie (mariage, ministère ordonné, vie consacrée, etc.), profession, modalité d’engagement social et politique, style de vie, gestion du temps et de l’argent, etc. » (Intro). L’Homme étant un être social, il ne pourra découvrir le sens de sa vie que par l’entremise d’autres personnes qui l’aideront à déployer son plein potentiel tout au long de sa vie. La qualité de ce « parcours “ réflexif ” » (no3) dépendra donc énormément du milieu dans lequel les jeunes évoluent, d’où l’importance d’une approche adaptée à notre monde et à leur destinée intemporelle.

Un double discernement

Pour être en mesure d’aider les jeunes à grandir, à gagner en maturité et à faire les choix qui s’imposent dans tout discernement vocationnel, l’Église doit se mettre à leur portée dans un processus d’accompagnement qui tient compte du monde dans lequel ces jeunes vivent. Pour ce faire, une réflexion profonde sur les grandes dynamiques actuelles qui sont également opportunités et défis doit avoir lieu.

L’une des constatations du document est que la jeunesse ne représente pas un bloc monolithique. Nous avons affaire à « une pluralité de mondes des jeunes (no 1), ce qui demande une attention particulière aux subtilités culturelles, économiques, sociales, politiques, artistiques et j’en passe. Loin de vouloir faire une analyse exhaustive de ces différences, le document cherche à souligner quelques grands courants qui influencent les jeunes de toute société.

Par exemple, on souligne cette énergie de la jeunesse à vouloir s’impliquer, « sa disponibilité à participer et à se mobiliser pour des actions concrètes, où l’apport personnel de chacun peut être une occasion de reconnaissance identitaire ». Elle pourra trouver en l’Église le catalyseur de cette volonté d’engagement total tout en la préservant des différentes dérives de notre temps, qu’elles soient consuméristes ou idéologiques.

Cependant, l’Église doit se départir des attitudes qui pourraient infantiliser les jeunes et les porter à cette « insatisfaction envers des milieux où les jeunes ressentent, à tort ou à raison, qu’ils ne trouvent pas leur place ou dont ils ne reçoivent pas de stimuli ». Ainsi, une transformation missionnaire « d’une Église qui accompagne » (Evangelii Gaudium, no 24) les jeunes dans leur discernement lui permettra également d’exercer un examen de conscience sur ses propres pratiques. En ce sens, lorsque le Pape affirme : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. », cela signifie aussi donner des responsabilités aux jeunes sachant que, comme tout le monde, ils feront des erreurs mais qu’au bout du compte, ils seront à la hauteur des responsabilités que nous leur confierons.

La semaine prochaine, nous continuerons l’analyse de ce document important sur le processus de transformation missionnaire de l’Église tel que voulu par le pape François.

 

« Prendre Jésus dans nos bras…»

Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour la Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem. (2 février 2017)

Hébreux 2, 14-18
Luc 2, 22-40

C’est en 1997 que saint Jean-Paul II a fait coïncider la journée mondiale de la vie consacrée avec la Fête de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple de Jérusalem (2 février). Le Pape a donné trois raisons justifiant le choix du 2 février comme journée dédiée aux hommes et femmes consacrés. D’abord, pour rendre grâce à Dieu pour ce don de la vie consacrée. Deuxièmement, pour en faire la promotion et manifester l’appréciation de tout le Peuple de Dieu envers ces hommes et femmes. Troisièmement, afin d’inviter tous ceux qui ont dédié leur vie à la cause de l’Évangile à célébrer les merveilles que le Seigneur accomplit à travers eux.

Les lectures spéciales de cette fête sont (Ml 3,1-4; Ps 24, 14-18; Hb 2, 14-18; Luc 2, 22-40).

Selon la loi mosaïque (Lv 12, 2-8), une femme qui donnait naissance à un garçon était, pour des raisons légales liées à l’impureté, proscrite de toucher quoi que ce soit de sacré ou d’entrer dans la zone entourant le temple et ce, pendant quarante jours. À la fin de cette période, la nouvelle mère devait offrir un agneau d’un an, une colombe ou un pigeon en holocauste pour l’expiation des péchés. La femme qui ne pouvait se permettre de donner un agneau offrait deux colombes ou deux jeunes pigeons, ce que firent Marie et Joseph dans l’Évangile de ce dimanche. Ils emmenèrent donc Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur (Luc 2, 7). Il fut consacré au Seigneur tel que la loi le prescrivait (Exode 13, 2, 12), mais il n’y avait aucune prescription affirmant que cela devait se faire au Temple. Le concept de la présentation au Temple trouve probablement ses origines au premier livre de Samuel (1 Sam 1, 24-28), où Anne offre l’enfant Samuel pour le service du Sanctuaire. La loi stipulait également (Nombre, 3, 47-48) que le fils premier-né devait être sauvé par les parents par l’entremise d’une offrande de cinq Shekels à un membre d’une famille sacerdotale. Luc ne fait cependant pas mention de cette prescription légale.

Réfléchissons maintenant sur cette scène émouvante de l’Évangile de la Présentation de l’Enfant Jésus au Temple que nous trouvons au chapitre 2 des récits de l’enfance de l’évangéliste Luc (Lc 2, 22-38). Dans cette scène touchante, nous rencontrons quatre personnes qui embrassent la nouvelle vie de Jésus en le tenant dans leurs bras : Siméon fidèle et avancé en âge, la vieille et sage prophétesse Anne et le jeune couple Marie et Joseph qui, par fidèle obéissance, offre leur enfant au Seigneur. Luc écrit : « Au moment où les parents présentaient l’Enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait Siméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu » (Lc 2, 27-28). À ce moment, l’évangéliste place sur les lèvres de Siméon le cantique Nunc Dimittis – cette belle prière est vraiment une anthologie des prières de l’ancien Israël. La liturgie nous la fait répéter tous les jours durant les complies : « mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc 2, 30-32).

Le Saint Esprit était à l’œuvre en Siméon mais également dans la vie de la prophétesse Anne qui, étant restée veuve depuis sa jeunesse, « ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière » (Lc 2, 37). Elle était une femme consacrée à Dieu et elle était capable, à la lumière de l’Esprit de Dieu, d’entrevoir les plans de Dieu et d’interpréter ses commandements. « Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. » (Lc 2, 38). Comme Siméon, elle fut sans aucun doute touchée par le Saint Esprit lors de sa rencontre avec Jésus.

Les paroles prophétiques d’Anne et de Siméon n’annoncent pas seulement la venue du Sauveur dans le monde et sa présence au cœur du peuple d’Israël mais également son sacrifice rédempteur. Cette seconde partie de la prophétie était spécialement adressée à Marie, mère du Sauveur : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » (Lc 2, 14-35).

De ce touchant épisode de l’Évangile, nous pouvons dégager deux orientations liées à la vie consacrée. D’abord, la Présentation du fils de Dieu dans le majestueux temple de Jérusalem prend place au milieu des allées et venues de différentes personnes, occupées par leur travail parmi lesquels des prêtres, des lévites faisant chacun leurs devoirs aussi bien que des foules de pèlerins anxieux de rencontrer le Dieu d’Israël dans sa maison terrestre de Jérusalem. Cependant, aucun d’entre eux ne surent reconnaître la scène unique qui se déroulait devant leurs yeux. Ce qui nous fait dire que Jésus était un enfant comme les autres, un fils premier-né très simple, humble avec ses saints parents.

Même les prêtres du temple furent incapables de reconnaître les signes de cette nouvelle présence du Messie et Sauveur.  Au lieu de cela, ce fut deux personnes âgées, Anne et Siméon, qui furent capables de découvrir cette grande nouveauté présente dans la personne de l’Enfant Jésus. Parce qu’ils étaient conduits par l’Esprit Saint, Anne et Siméon ont pu trouver dans cet enfant la réalisation de leurs plus grandes attentes ainsi que de leur fidèle vigilance. Au delà de la vision de cet enfant, Anne et Siméon ont compris qu’Il était Celui longuement attendu. Qu’Il était la réalisation de tous leurs espoirs et de leurs plus grands rêves.

Dans les personnes de Siméon, d’Anne et de la sainte famille, se révèle la profonde humanité de cette rencontre. Le vieil homme tient l’enfant dans ses bras comme pour représenter la flamme de la vie couvrant deux générations de Juifs fidèles. En tenant cet enfant dans ses bras, il sait qu’il tient tout près de son cœur son propre futur. Quelle joie de savoir qu’il peut embrasser la continuité de sa propre vie ! Siméon a espéré, il a cru et maintenant son espérance se réalise dans un enfant, plein de vitalité et rempli de promesses. Le vieil homme se réjouit de voir que d’autres vont continuer son travail. Il est heureux de ce que dans son propre déclin, se perçoit un réveil, une renaissance, un futur qui est en train de s’ouvrir.

Anne aussi n’a pas peur de bénir la nouveauté et le défi que cet enfant apporte avec Lui. Ce n’est pas facile pour la personne âgée qui habite en chacun de nous d’accueillir la nouveauté, d’accepter de prendre le bébé dans ses bras. Il y a toujours la peur que l’enfant ne survive pas, que le nouveau-né ne partage pas nos idéaux, qu’il les trahisse et, ainsi, nous mette de côté en prenant notre place. Bien qu’avancés en âge, Anne et Siméon ont su incarner une vision jeune et pleine d’espérance.

Cette histoire s’est jouée toutes les fois que j’ai visité des confrères plus âgés dans nos différentes maisons de retraite et infirmeries. D’un côté, il y a ceux qui, comme Anne et Siméon, se réjouissent de voir des jeunes frères, parce qu’ils voient que nous continuons de porter la flamme. De l’autre, il y a ceux qui craignent que nous ne survivions pas, que nous trahissions leurs idéaux sans faire attention à eux, simplement parce qu’ils sont plus âgés. Si nous espérons être des hommes et des femmes consacrés portant une vision à l’Église d’aujourd’hui, c’est parce que nous nous appuyons sur les épaules de géants c’est-à-dire de ceux qui sont venus avant nous. Nous ne devons jamais oublier ce fait. Toute les fois que nous avons voulu aller de l’avant en oubliant ceux qui sont venus avant nous, nous l’avons payé très cher.

La deuxième orientation qui émerge du récit de la Présentation de l’Évangile de Luc est la question du comment présenter le Christ au monde. Si nos congrégations religieuses, nos communautés locales, nos institutions scolaires, nos structures paroissiales, nos apostolats divers n’apportent pas Jésus au monde et ne parlent pas de Lui ouvertement, eh bien nous ne réalisons pas bien la mission qui nous a été confiée par Dieu et l’Église.

La nouveauté, l’efficacité, la puissance de la proclamation et de nos efforts pastoraux et éducationnels ne consistent pas d’abord dans l’utilisation de méthodes ou de techniques originales ou éblouissantes, quoiqu’elles ont sans aucun doute une certaine efficacité, mais dans le fait d’être remplis de l’Esprit Saint et de se laisser guider par Lui.  La nouveauté d’une authentique proclamation de la Bonne Nouvelle réside dans le fait de s’immerger dans le Mystère du Christ, dans l’assimilation de sa Parole et dans sa présence eucharistique ; de telle sorte qu’Il puisse Lui-même agir à travers les pauvres instruments que nous sommes.

Le Pape François est un merveilleux exemple de cette nouvelle évangélisation. Il parle si souvent de cette « culture de la rencontre » qui nous porte à côtoyer davantage les autres. Si vous voulez savoir à quoi ressemble l’évangélisation, ce que ça sent, ce que cela fait ressentir, regardez François, un homme âgé qui vit la joie de l’Évangile. Le Pape François n’a pas perdu sa vision de jeunesse pleine d’espérance.

Au paragraphe no 88 de sa récente Exhortation Apostolique « Evangelii Gaudium », l’Évêque de Rome écrit : « Beaucoup essaient de fuir les autres pour une vie privée confortable, ou pour le cercle restreint des plus intimes, et renoncent au réalisme de la dimension sociale de l’Évangile. Car, de même que certains voudraient un Christ purement spirituel, sans chair ni croix, de même ils visent des relations interpersonnelles seulement à travers des appareils sophistiqués, des écrans et des systèmes qu’on peut mettre en marche et arrêter sur commande. Pendant ce temps-là, l’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps. La foi authentique dans le Fils de Dieu fait chair est inséparable du don de soi, de l’appartenance à la communauté, du service, de la réconciliation avec la chair des autres. Dans son incarnation, le Fils de Dieu nous a invité à la révolution de la tendresse 

Un moment de Kairos

Lorsque Marie et Joseph arrivèrent au Temple de Jérusalem avec l’Enfant Jésus dans leurs bras, ce n’était pas simplement une journée ordinaire dans la vie d’un vieux prêtre et d’une fidèle prophétesse en devoir à ce moment-là. Il s’agissait du moment choisi par Dieu. Le temps ordinaire, en grec « chronos » fut transformé en un moment de Dieu, en grec « kairos ».

Parce que nous vivons dans ce même kairos ou, en d’autres termes, le temps et l’heure choisis par Dieu dans l’histoire, nous ne pouvons pas parler simplement du futur de l’Église, du futur de notre paroisse, du futur de nos diocèses et de nos congrégations religieuses, du futur de nos activités d’éducation et d’évangélisation, du futur de n’importe quoi finalement! La seule question pertinente pour nous est Jésus et le futur de l’Église, Jésus et le futur de nos paroisses, Jésus et le futur de notre système d’éducation et nos programmes pastoraux, Jésus et le futur de tout ! Trop souvent notre regard vers le futur est simplement scientifique ou sociologique, sans référence à Jésus, l’Évangile ou l’action de l’Esprit dans l’histoire et dans l’Église.

En cette journée toute spéciale, nous remercions Dieu pour la vie consacrée. Nous devons nous demander une question très importante. Pourquoi certains de nos contemporains – des frères ou sœurs dans la vie religieuse voient et trouvent le Christ, tandis que d’autres ne le trouvent pas ? Qu’est-ce qui ouvre les yeux du cœur ? Qu’est-ce qui manque chez ceux qui demeurent indifférents ? Est-ce que notre confiance en nous, notre prétention à connaître la réalité, notre présomption à avoir formulé un jugement définitif sur tout, ne nous enferment pas et ne rendent pas nos cœurs insensibles à la nouveauté de Dieu ? Combien de fois sommes-nous absolument certains de l’idée que nous nous sommes fait du monde, de l’Église, de la vie consacrée, au lieu de nous laisser interpeller par la curiosité et l’intimité d’une aventure avec Dieu qui veut nous rencontrer et nous rapprocher de Lui ?

Combien de fois ne mettons-nous pas notre confiance en nous-mêmes plutôt que dans l’enfant de Bethlehem ? Combien de fois ne croyons-nous pas possible que Dieu puisse être si grand qu’il se réduise pour se faire proche de nous ? Comment se peut-il que la gloire et la puissance de Dieu se révèlent dans la vulnérabilité d’un bébé ?

La Présentation de Jésus au Temple et les paroles choisies avec soin dans la prière de Siméon nous invitent à l’adoration et la contemplation de la Parole faite chair, qui habite puissamment parmi nous. Nous vivons tous des vies occupées. Nous effectuons tous un important travail. Beaucoup de nos vies sont profondément empêtrées dans les institutions et les entreprises que nous servons.

Ne sommes-nous pas parfois tellement occupés par les aléas de la vie que nous ne sommes plus en mesure de remarquer la présence de Jésus dans notre existence ? De ce Jésus, qui vient à nous dans le pénible déguisement du pauvre, du déséquilibré, de la personne en colère, triste ou confuse qui composent notre monde ? De ce Jésus, qui vient à nous à travers nos simples, humbles et saints parents qui ne peuvent souvent faire plus que d’être là lorsque nous en avons besoin? Se pourrait-il que nous, hommes et femmes consacrés, soyons souvent incapables de reconnaître les signes de cette présence nouvelle et spéciale du Messie et Sauveur ? Et lorsque nous rencontrons cette radicale nouveauté qu’est Jésus, allons-nous tenir ce bébé dans nos bras, l’accueillir et lui faire de la place dans nos vies ? Est-ce que la nouveauté qu’il apporte entrera réellement dans nos vies ou bien tenterons-nous de mettre la nouveauté de côté, espérant que cette nouveauté de Dieu ne cause qu’un minimum de dérangement ?

Comment voyons-nous la gloire de Dieu dans nos vies? Sommes-nous assoiffés de justice et de paix? Quelles sont les nouvelles situations et qui sont les nouvelles personnes qui sont entrées dans nos vies récemment ? Y a-t-il de nouvelles réalités devant lesquelles nous avons peur? Tentons-nous de les éviter, parfois même jusqu’à la rébellion? Comment sommes-nous véritablement lumière et salut pour d’autres personnes? Quelle est notre capacité de réchauffer les cœurs par notre vie? Est-ce que nous rayonnons la joie ou est-ce que nous annonçons plutôt le désespoir? Bref, vivons-nous vraiment l’Évangile de la joie?

Je conclus avec ces paroles dérangeantes d’un grand théologien et professeur du deuxième siècle, Origène (185-223) provenant d’une de ses homélies sur le récit de la Présentation de Jésus au Temple de l’Évangile de Luc :
« Siméon savait que personne ne pouvait libérer un homme de la prison du corps avec l’espoir de la vie à venir, excepté Celui enveloppé dans ses bras. Ainsi, il lui dit : «  Maintenant tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix » (Lc 8, 44). Puisque, tant que mes bras n’eurent pas tenu le Christ, tant que mes bras ne l’eurent pas enveloppé, j’étais emprisonné et incapable d’échapper à mes liens ». Cela n’est pas seulement vrai pour Siméon mais pour toute la race humaine. Quiconque quitte ce monde, quiconque est délivré de la prison et de la maison des enchaînés pour aller devant et régner devrait prendre Jésus dans ses bras. Il devrait l’envelopper avec ses bras et le serrer fort contre lui. Ainsi, il pourra aller dans la joie là où il doit s’en aller… »

Le Père Thomas Rosica, C.S.B., est PDG de la Fondation Catholique Sel et Lumière Média.