Le Seigneur n’abandonnera jamais sa vigne

Réflexion biblique pour le vingt-septième dimanche du Temps ordinaire A

Nous revoici, cette semaine encore, dans la vigne : plongés dans une autre des paraboles complexes de Matthieu. Ces paraboles, Jésus les raconte pour répondre à la question : à quoi ressemble le royaume de Dieu? Elles sont de courts récits qui allient des détails réalistes de la vie des petits villages palestiniens du premier siècle à des éléments complètement étrangers à ce qui se passe dans la vie quotidienne. 

On donne souvent à la parabole de l’évangile d’aujourd’hui le titre de « parabole des vignerons homicides ». Comme celle des deux fils, la semaine dernière, et celle du festin nuptial (v. 33-46), la semaine prochaine, l’histoire d’aujourd’hui porte clairement sur le jugement et forme le cœur de la réaction de Jésus aux chefs religieux qui contestent son autorité (v. 23-27).

Dans l’Ancien Testament, le vignoble ou « la vigne » sert souvent de métaphore pour le peuple de Dieu. La vigne apparaît fréquemment dans les paraboles de Jésus : elle prépare l’implantation du Royaume de Dieu et le déploiement du drame du salut. Le travail dans le vignoble est éreintant; la patience est essentielle et le salaire imprévisible, comme nous l’avons vu dans une parabole antérieure (Matthieu 20). La vigne peut aussi être un endroit dangereux. Des conflits peuvent surgir entre les ouvriers (Marc 9,33), et la violence peut y éclater : nous le voyons dans le récit d’aujourd’hui (Matthieu 21, 33-43).

Une histoire de violence et de misère

La combinaison d’un symbole de paix et d’abondance à un récit de violence et de misère confère une grande force à la parabole d’aujourd’hui. Un regard plus attentif nous aide à comprendre la dure réalité que vivaient les gens au temps de Jésus. [Read more…]

L’étrangère qui arrêta Jésus sur sa lancée

Réflexion biblique pour le vingtième dimanche du Temps ordinaire A

Le point tournant que constitue dans l’Évangile le récit de la rencontre de Jésus avec la Syro-phénicienne (Matthieu 15, 21-28) marque une rupture avec la pratique habituelle de Jésus, qui ne s’adressait qu’aux Israélites, et annonce la grande mission aux Gentils. La rencontre provocante entre Jésus et cette femme se situe à l’extérieur de la terre d’Israël, dans la région de Tyr et de Sidon (près de Beyrouth dans le Liban moderne).

Une femme qui s’impose

Examinons bien le récit. Cette étrangère s’approche d’un Juif, lui rend hommage et lui demande une faveur à laquelle elle n’a pas droit. Elle fait irruption dans l’espace de Jésus et le supplie : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David! Ma fille est tourmentée par un démon. » Elle s’impose à l’attention de Jésus et l’oblige à se soucier de sa demande d’aide pour sa fille.

Jésus refuse de céder aux pressions de ses disciples qui lui demandent de les débarrasser de cette intruse. Il refuse de suivre leur logique. Il réoriente plutôt la discussion pour faire reconnaître à la femme les raisons qui le font hésiter à intervenir. Ses propos sont assez durs : « Je suis un étranger ici; je ne dois pas m’ingérer. » Ça ne lui ressemble pas, ou la met-il à l’épreuve? Dans le pire des cas, se montre-t-il abusivement rude, insensible et intransigeant?

« Venez à mon secours », supplie la femme. La réponse de Jésus semble excessivement dure : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Les « chiens », terme qu’on employait pour les étrangers qui envahissent l’espace sacré des autres. C’est une insulte, une métaphore qui voit dans l’autre non plus un être humain mais un animal qui mange des déchets de table. Nous avons tout lieu d’être troublés et même scandalisés par la rudesse invraisemblable de Jésus à l’égard de cette femme dans le besoin.

La rencontre de deux nécessiteux

Jésus et la femme sont tous deux à l’extérieur de leur pays natal. Tous deux recherchent quelque chose, tous deux sont dans le besoin, tous deux sont étrangers à la région et l’un à l’autre. Ils sont différents par la race, la nationalité, le genre, la religion et probablement aussi au plan politique, économique et spirituel. N’est-il pas vrai que nos réactions à ce récit portent le plus souvent sur Jésus : ce qu’il fait et ce qu’il dit (ou ce qu’il ne fait pas, ne dit pas) et pourquoi. Il est déconcertant que Jésus ne lui réponde pas comme il se doit. Les disciples voient un problème dans l’irruption intempestive de la femme; ils ne veulent pas se laisser entraîner dans quelque chose qui ne les concerne pas, ni eux ni Jésus.

Rêver d’une vie ordinaire

Arrêtons-nous un instant aux réactions et aux objectifs de la femme et de Jésus. La Syro-phénicienne est désespérée : sa fille est tourmentée par un démon, une maladie qui isole, qui effraie les gens et qui leur fait croire qu’elles ont péché. Craint-elle que la maladie de sa fille se rattache à quelque chose qu’elle aurait fait ou omis de faire? Craint-elle une divinité païenne qui agit sur le mode de la vengeance? Cette femme et sa fille malade ont besoin de mener une vie ordinaire – sans être tourmentées. Combien sa fille et elle ont-elles souffert des paroles agressives et des regards méprisants de leurs voisins et amis? Jusqu’à quel point la maladie de la jeune fille les a-t-elle exclues de leur société?

Une compréhension plus profonde de la mission de Jésus

Jésus semble impatient et ennuyé d’avoir été interrompu. Se peut-il que le Messie ait des préjugés, un penchant nationaliste, des problèmes à l’endroit de ceux et celles qui ne sont pas Juifs? Jésus était-il affecté par le fait d’être né dans une localité donnée, à une époque précise, avec une histoire et des antécédents culturels définis? Il a était pleinement divin et pleinement divin. En tant qu’être humain comme nous, il se débat avec le sentiment de ce qu’il est : un prophète envoyé aux brebis perdues de la maison d’Israël, qui prend douloureusement conscience que son peuple ne veut pas de lui, qu’on ne l’écoute pas, qu’on commence même à le rejeter et à s’opposer à son message. Son identité de prophète, de prédicateur, de maître et de Messie est clairement en jeu. [Read more…]

L’écoute obéissante de Dieu et de Jésus

Réflexion biblique pour le deuxième dimanche du Carême A

Abraham, notre père dans la foi

Abraham était un homme investi d’une mission et nous pourrions fort bien voir en lui le missionnaire par excellence. Il est vénéré par les fidèles de trois grandes religions : le christianisme, le judaïsme et l’islam. Le nom du fondateur de la nation d’Israël est mentionné 308 fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. La vie de cet homme a changé le cours de l’histoire. Dans la première lecture d’aujourd’hui, Genèse 12, 1-4a, la parole de Dieu à Abram commence par un ordre : « Quitte ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père. » Dieu ordonne à Abram de couper les liens avec son pays, avec le clan auquel il appartient et même avec sa famille immédiate, la maison de son père [v.1].  Dieu appelle Abram à une loyauté et à un engagement qui dépassent même ses liens familiaux, les relations les plus importantes qui soient dans le monde ancien. Mais son commandement s’accompagne d’une grande promesse.

Dieu promet à Abram « le pays que je te montrerai ». Puis Dieu promet de faire de la descendance d’Abram une grande nation, ce qui suppose une longue lignée de descendants. Et troisièmement, Dieu promet de « bénir » Abram. La bénédiction comprend la fécondité, la vie, la réussite, le bien-être et une bonne réputation.

Nous apprenons de cette première lecture, comme d’ailleurs de toute l’histoire d’Abraham, que les élus de Dieu ne vivent pas dans la solitude. Ils sont appelés à une mission bien plus vaste que le seul souci de leur propre préservation. Jamais ils ne sont autorisés à s’approprier de manière exclusive la sollicitude de Dieu. Dieu reste engagé envers toute la création et envers toute l’humanité.  De son vivant, Abraham incarne la bénédiction et le secours aux autres nations : par l’aide qu’il apporte à son neveu Lot, par son intercession audacieuse en faveur des villes de Sodome et de Gomorrhe [Genèse 18,22-33] et par l’alliance qu’il conclut avec le roi Abimélek [Genèse 21,22-34].

N’oublions pas non plus le contexte de l’épisode d’aujourd’hui. Dans cette bénédiction, Dieu promet à Abram de « rendre grand son nom ». Remarquons que les constructeurs de la tour de Babel en Genèse 11, 1-9 avaient lancé leur projet pour travailler à leur renommée [v. 4].  Leur stratégie égoïste et ambitieuse a sombré dans la confusion et provoqué leur dispersion. Mais Dieu promet à Abram de lui donner un grand nom si bien, dit-il, que « tu deviendras une bénédiction » [v. 3].  Les amis d’Abraham seront bénis, et ses ennemis frappés de malédiction. [Read more…]

Pratiques exemplaires pour projets de construction bibliques

Réflexion pour le neuvième dimanche du Temps ordinaire  A

Père Thomas Rosica, CSB

La première lecture d’aujourd’hui, tirée du livre du Deutéronome [11,18.26-28], plante le décor pour les deux autres textes de l’Écriture et nous offre à la fois une vue panoramique de notre cheminement biblique des dernières semaines et une perspective nouvelle sur l’Évangile de Matthieu. Ces textes arrivent à point nommé au moment où nous quittons le Temps ordinaire pour nous préparer à entrer dans la période du Carême, mercredi prochain.

Nous entendons Moïse haranguer le peuple: « Aujourd’hui, je vous donne le choix entre la bénédiction et la malédiction :        bénédiction si vous écoutez les commandements du Seigneur votre Dieu, que je vous donne aujourd’hui; malédiction si vous n’écoutez pas les commandements du Seigneur votre Dieu, si vous abandonnez le chemin que je vous prescris aujourd’hui pour suivre d’autres dieux que vous ne connaissez pas. »

Dieu se sert de sa parole et de ses commandements pour nous transmettre sa propre vie et nous faire entrer dans la vérité. Mais nous, nous employons souvent les paroles mêmes du Seigneur et ses commandements pour transmettre la mort et masquer la vérité!

Moïse et Jésus

Au cours des dernières semaines, nous avons vu que le Sermon sur la montagne est clairement la grande composition de Matthieu. Plus que tout autre maître de vie morale, le Jésus de l’Évangile de Matthieu enseigne avec une puissance et une autorité divines, et rend possible une existence complètement nouvelle. Matthieu nous offre de nombreux parallèles entre Moïse et Jésus. Moïse, l’architecte de l’Israël ancien, a rencontré Dieu sur le mont Sinaï; celui qui apporte la Révélation du Nouveau Testament s’adresse à ses disciples sur une montagne en Galilée [Mt 5,1-2].  Pour les chrétiennes et les chrétiens, après les Dix Commandements, ce sont les huit Béatitudes [5,3-12] qui constituent la Grande Charte de la vie chrétienne, l’expression de ce qui est le cœur de notre vie.

Nous l’avons vu à propos les Béatitudes promulguées et vécues dans la communauté de Matthieu, il y a des gens qui ne souffrent pas de la pauvreté et de la faim. Matthieu nous assure que Jésus s’inquiète aussi de leur sort, pourvu que leur attitude soit cohérente avec le Royaume. Nous avons aussi remarqué que le Jésus matthéen ne vient pas abolir la Loi mais en demande une observance plus profonde, qui rejoint le motif radical à l’origine des exigences de la Loi : « être parfait comme votre Père céleste est parfait » [5,48].  La justice de Jésus et de ses disciples doit aller au-delà de celle des scribes et des Pharisiens. Jésus parle avec une telle assurance et une telle crédibilité qu’il laisse entendre qu’il a plus d’autorité que Moïse et qu’il semble légiférer avec l’assurance de Dieu sur le mont Sinaï.

Alors que Marc souligne la nécessité d’accepter Jésus comme le Christ crucifié et de le suivre sur le chemin escarpé du renoncement à soi-même, Matthieu met l’accent sur l’engagement total, de tout cœur, envers le Seigneur, engagement qui s’exprime par l’obéissance à ses instructions éthiques.  La justice qui surpasse celle des scribes et des Pharisiens [5,20] ne consiste pas à posséder l’enseignement de Jésus mais à le mettre en pratique.

Une maison construite sur le roc

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, on nous dit [7:21-27] que « tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s’est abattue sur cette maison; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

À l’époque de Jésus, il était absurde de bâtir une maison sur le sable ou dans une dépression  plutôt que sur une hauteur, et solidement ancrée sur le roc. La moindre pluie un peu forte formerait un torrent qui balaierait tout sur son passage. Si Jésus se sert de cette image, c’est qu’il a probablement vu de ses yeux, en Palestine, des structures emportées par des orages et des pluies torrentielles.

Jésus nous dit deux choses sur les maisons et la construction. Construire sa maison sur le sable, c’est mettre son espoir et rechercher la sécurité dans des choses instables et fugitives, qui ne résisteront pas à l’épreuve du temps et des imprévus. De quoi s’agit-il? De l’argent, du succès, de la réputation, et même de la santé et de la prospérité.  Construire sa maison sur le roc, c’est asseoir sa vie et son espérance sur des réalités solides, durables, des choses qui ne seront pas emportées par les vents saisonniers.  Jésus nous rappelle que le ciel et la terre passeront mais que ses paroles ne passeront pas [Mt 24,35].

Construire sa maison sur le roc signifie tout simplement construire sa vie sur Dieu. Dieu est le rocher de notre salut. Le « roc », le « rocher » est un des symboles les plus souvent utilisés par la Bible pour parler de Dieu.  « Confiez-vous au Seigneur à jamais, car le Seigneur est le Rocher éternel » [Isaïe 26,4].  « Il est le Rocher, son œuvre est parfaite, car toutes ses voies sont le Droit. C’est un Dieu fidèle et sans iniquité, il est Rectitude et Justice » [Deutéronome 32,4]!  Construire sa maison sur le roc, c’est vivre dans l’Église et ne pas se cantonner en périphérie, à une certaine distance, sous prétexte que l’Église est entachée de corruption, de malhonnêteté, et pleine de pécheurs.

L’Évangile d’aujourd’hui semble porteur d’un message particulièrement dur. Pour la première fois, l’évangéliste mentionne des personnes qui parlent de Jésus comme de leur Seigneur. Mais à quoi bon crier « Seigneur, Seigneur » si le travail qu’on accomplit n’est pas fait pour le Seigneur mais pour sa propre gloriole. Crier « Seigneur, Seigneur », c’est dire que nous lui appartenons à temps complet, que nous ne sommes pas seulement pour lui de vagues connaissances. Quand le Seigneur répond qu’il ne connaît pas ceux qui invoquent son nom et qu’il les chasse de sa présence, ce que Jésus exprime vraiment, c’est son profond désir de ne voir personne s’éloigner du Père.  Ceux qui n’agissent en son nom que pour être vus et admirés mais refusent d’être en communion avec lui sont des menteurs.  Ceux qui restent sourds à la Parole de Dieu, qui ne la mettent pas en pratique et dont la vie n’est pas construite sur Dieu, sont voués à disparaître.

La justification par la foi au Christ

L’Église catholique proclame, comme la Bible l’enseigne, que la justification et la rédemption nous viennent par la grâce que Dieu nous donne à cause de la mort et de la résurrection de Jésus. Les êtres humains ne peuvent mériter la rédemption ou le salut. Même pas à coups de bonnes œuvres. Les bonnes œuvres sont faites sous l’impulsion de la grâce de Dieu, qui procède de l’œuvre rédemptrice de Dieu dans le Christ. C’est pourquoi il n’y a pas d’autre médiateur que le Christ entre Dieu et les êtres humains.

La deuxième lecture d’aujourd’hui, vient de la lettre de saint Paul aux Romains [3, 21-25.28] et nous offre une formulation limpide de « l’évangile » de Paul, c’est-à-dire du principe de la justification par la foi au Christ. Dieu a trouvé le moyen de rescaper l’humanité de sa condition désespérée : le terme que Paul utilise pour décrire cette initiative divine, c’est la justice de Dieu [Rm 3,21]. La miséricorde divine déclare les coupables innocents et les rend tels. Si Dieu agit de la sorte, ce n’est pas en vertu de la loi mais en marge de la loi, et pas non plus à cause des mérites qu’auraient accumulés les humains, mais en leur pardonnant leurs péchés [3,24], en vertu de la rédemption accomplie en Jésus Christ pour tous ceux et celles qui croient [3,22.24-25]. Dieu a manifesté sa justice dans l’avènement de Jésus Christ dont l’activité salvifique inaugure une ère nouvelle dans l’histoire du genre humain.

L’Église accueille la parole

À la lumière des lectures d’aujourd’hui, poursuivons notre réflexion sur Verbum Domini, l’Exhortation post-synodale du pape Benoît sur « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église » et voyons comment l’Église accueille la Parole de Dieu [n °50].

Le Seigneur énonce sa Parole afin qu’elle soit accueillie par ceux qui ont été créés «par» le Verbe lui-même. «Il est venu chez les siens» (Jn 1, 11): la Parole ne nous est pas originellement étrangère et la création a été voulue dans un rapport d’intimité avec la vie divine. Le Prologue du quatrième Évangile nous met aussi devant le refus opposé à la Parole divine par les «siens», qui «ne l’ont pas accueilli» (Jn 1, 11). Ne pas l’accueillir veut dire, ne pas écouter sa voix, ne pas se conformer au Logos. En revanche, là où l’homme, même fragile et pécheur, s’ouvre sincèrement à la rencontre avec le Christ, là commence une transformation radicale: «mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu» (Jn 1, 12). Accueillir le Verbe signifie se laisser modeler par lui afin d’être conforme au Christ, au «Fils unique qui vient du Père» (Jn 1, 13) par la puissance de l’Esprit Saint. Cela marque le début d’une nouvelle création. Naît alors la créature nouvelle, ainsi qu’un peuple nouveau. Ceux qui croient, ou mieux ceux qui vivent dans l’obéissance de la foi, «sont nés de Dieu» (Jn 1, 13), et sont rendus participants de la vie divine: ils sont fils dans le Fils (cf. Ga 4, 5-6; Rm 8, 14-17). En commentant ce passage de l’Évangile de Jean, saint Augustin dit d’une manière suggestive: «par le Verbe tu as été créé, mais il est nécessaire que tu sois recréé par le Verbe». Nous y voyons prendre forme le visage de l’Église comme une réalité déterminée par l’accueil du Verbe de Dieu qui, en se faisant chair, est venu établir sa tente au milieu de nous (Jn 1, 14). Cette demeure de Dieu parmi les hommes, cette shekinah (cf. Ex 26, 1), préfigurée dans l’Ancien Testament, se réalise maintenant dans la présence définitive de Dieu avec les hommes dans le Christ.

Chrétiens, Juifs, Musulmans du Moyen-Orient: Un meilleur avenir ensemble

Les Messages des représentants Musulmans

Le cri de S.O.S. de certaines communautés comme celle des Chrétiens d’Iraq chrétiens, de Palestine victimes d’atrocités fondamentalistes, et celles des chrétiens asiatiques émigrés au Golfe souvent victimes d’abus des droits humains, pose problème aussi bien chez les chrétiens que chez les Musulmans, ces derniers étant majoritairement modérés. Pourtant la violence et le terrorisme son un réalité vécue au quotidien surtout dans certaine régions conflictuelles comme l’Iraq actuel.

« Je ne peux pas vivre mon arabité sans le chrétien arabe du Moyen-Orient. » attesta Muhammad Al-Sammak, Conseiller du Mufti sunnite du Liban, qui fit part lors de son intervention de sa préoccupation quant a la disparition des chrétiens, partie intégrante originelle du tissu culturel oriental. « Conserver la présence chrétienne est un devoir islamique commun autant qu’un devoir chrétien commun », de conclure Mr. Al-Sammak aux applaudissements de l’assemblée. Ayatollah Mohaghegh Ahmadabadi qui lui succéda a la tribune décrivit le statut des chrétiens en Iran comme étant très privilégiés : « Les chrétiens vivent côte à côte et en paix avec leurs frères musulmans, ils jouissent de tous les droits juridiques des autres citoyens et exercent librement leurs pratiques religieuses.» conclut-il a une assemblée refroidie.

Nul ne peut nier les persécutions et massacres des Chrétiens – comme l’atroce massacre des fideles de l’Eglise syriaque catholique en Iraq hier dimanche, les inégalités de droits qui sont privilégient les musulmans dans certains pays. Les lois doivent être reformées pour assurer aux chrétiens une citoyenneté égale, comme par exemple le droit d’accès a la propriété qui est réservé aux musulmans dans plusieurs pays comme ceux du Golfe par exemple. D’autre part, le changement de mesures prises officieusement qui empêchent les chrétiens d’avancer dans la société, comme par exemple en Egypte ou un grand nombre de chrétiens compétents sont discrètement écartés des postes élevés de la fonction publique. [Read more…]

Les Chrétiens d’Iraq: Confrontation ou Fuite versus Charité et Convivialité

Confrontation ou Fuite?

Au Moyen Orient l’émigration forcée est devenue la norme. Il est désormais impossible pour un nombre croissant de Chrétiens – devenus désormais minoritaires dans un Moyen Orient plus déstabilisé et tourmenté que jamais – de vivre sainement, ou de vivre tout court dans leur pays d’origine. Dans plusieurs pays du Levant la définition du terme « Chrétien » se rapproche plus que jamais du martyrisme, de la survie et de l’émigration.

Dans cette région du monde les Chrétiens sont continuellement soumis de maintes manières a de diverses pressions et violences de toutes sortes qui les obligent a quitter leurs patrie pour pouvoir survivre et sauvegarder le restant de d’une dignité qu’ils sont souvent forcés à subjuguer à des idéologies politico-religieuses futiles imposées pour éviter d’être expatriés. Ceux qui choisissent de rester le font à leurs risques et périls. C’est ce qui arrive en Iraq. Que faire? Confronter contre les principes de la foi chrétienne ou fuir? Y-a-t-il d’autres alternatives?

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Un Synode convoqué pour restaurer l’ordre dans la Tour de Babel

La Tour de Babel d’aujourd’hui Brueghel-tower-of-babel

L’histoire de la Tour de Babel, la ruine actuelle initialement construite de brique cuite et d’asphalte (utilisé comme mortier), sert don bon exemple pour ce qui a lieu encore aujourd’hui, même si elle n’est mentionnée qu’une seule fois dans les Écritures [Genèse 11, 1-9].

Lorsque les gens avaient commis l’erreur regrettable d’utiliser le « même langage et les mêmes mots » [Gn 11: 1] pour tenter de devenir Dieu, ils érigèrent un temple monumental croyant qu’il effleurerait les cieux et leur donnerait donc accès à la divinité absolue. À leur irrespect délibéré de l’invitation de Dieu à accepter ses grâces et de l’utilisation de leur communion à vivre pleinement leur partenariat avec Lui dans la Création, Dieu a semé la confusion entre eux et les a fait parler dans des langues différentes, sans se comprendre mutuellement. Cela a conduit à une dispersion de l’humanité à travers la Terre.

Si l’histoire se répète, il est certainement dans la reconstruction de nouvelles formes de la même Tour de Babel de confusion. Dès lors, l’humanité a maintes fois fait la même erreur. Ce n’est donc pas surprenant de voir le chaos que causent aujourd’hui le fondamentalisme, l’extrémisme et l’utilisation erronée de la religion aussi bien au Moyen-Orient qu’à travers le monde. C’est pourquoi l’ancien concept de dispersion babylonienne dans sa connotation négative est encore en vie. [Read more…]

Le Premier Synode des Évêques pour le Moyen-Orient a Rome (II)

Deuxième semaine : Processus d‘élaboration du texte final

C’est à partir de cette semaine que débute le travail de synthèse pour aboutir au Message final du Synode des évêques pour le Moyen Orient. Suite au bilan provisoire de la première « semaine d’échauffement », et durant la deuxième semaine, les pères synodaux répartis selon des groupes linguistiques, ou Circuli Minores, poursuivirent une série de débats et de discussions pour l’élaboration du texte final. D’après Monseigneur Guy-Paul Noujeim, ces « Circuli Minores ont permis de faire connaître aux différents groupes linguistiques ce que les autres groupes ont fait.» Un Rapporteur par groupe de travail été assigné pour transmettre le message des Circuli Minores aux Rapporteur général et au Secrétaire général. Lors de leur réunion du Mardi 19 octobre passé ces derniers établirent et approuvèrent les propositions alignées avec le thème du Synode : « Communion et témoignage ». Mercredi 20 octobre le Rapporteur général et le Secrétaire spécial du Synode procédèrent avec les Rapporteurs des Circuli Minores à l’unification des propositions qu’ils présentèrent au Saint-Père en préparation de l’Exhortation apostolique post synodale. “Ces propositions sont propriété du Pape” d‘ajouter Monseigneur Noujeim, car par principe, le Synode est une institution de consultation pour le Pape. Il revient à ce dernier de décider de la faire publier ou pas. Ce même jour fut marqué par l’annonce, lors du 3ème consistoire pour la création de 24 Cardinaux, de la nomination par le Saint-Père de Sa Béatitude Antonios Naguib, Patriarche copte d’Alexandrie comme Cardinal. Il est le seul prélat moyen-oriental à recevoir l’annonce cardinalice en ce 3ème consistoire. Cette nomination pourrait aider les coptes catholiques d’Egypte, qui sont minoritaires et qui éprouvent des défis quant à leur participation concrète à part égale dans la société égyptienne, afin qu’ils puissent mieux vocaliser leurs préoccupations et leurs attentes dans un contexte majoritairement musulman. [Read more…]

Le Premier Synode des Évêques pour le Moyen-Orient a Rome (I)

Synode des évêques pour le Moyen-Orient: Signification et importance

« Franchir le meme seuil ensemble », tel est la désignation du mot «Synode » (Σύνοδος), qui n’est autre que le doublet d’origine grecque classique-attique du mot français « concile ». Dans l’Église catholique, ce concept institué en 1965 par le pape Paul VI à l’issu du concile Vatican II consiste en fait en une assemblée locale, régionale, provinciale d’évêques qui se réunissent pour s’assurer que l’Église vit pleinement sa mission. Au Moyen-Orient, il s’agit d’une communion de 7 églises entre elles et avec l’Eglise catholique universelle. Chacune de ces dernières est assignée à un pasteur appelé Patriarche, et est gouvernée par le Synode qui décide de sont sort et élit son Patriarche ainsi que ses évêques.

L’Assemblée spéciale des évêques pour le Moyen-Orient qui s’est tenue au Vatican du 10 au 24 octobre 2010 est un évènement historique d’une grande envergure, aussi bien pour les 7 églises catholiques moyen-orientales, pour tous les Chrétiens du Moyen-Orient que pour l’Eglise Universelle. D’autre part, ce premier Synode est également important pour les autres confessions du Moyen-Orient, car il concerne le présent et le futur de tous les membres d’une même famille qui habite cette région depuis l’aube des temps. Juifs, Chrétiens et Musulmans y trouvent tous leurs origines confessionnelles. Toutefois, il est erroné de limiter la définition des peuples du Moyen-Orient uniquement à leur croyance religieuse, car il existe d’autres facteurs qui leur confère leur identité moyen-orientale,  a commencer par la géographie qui joue un grand rôle dans le développement d’une culture moyen-orientale unique mais qui se caracterise par une riche diversité. [Read more…]

La nouvelle évangélisation: prochain thème du Synode des évêques

Benoît XVI a annoncé ce matin le thème de la prochaine assemblée ordinaire du Synode des évêques qui se tiendra en octobre 2012.

Dans son homélie ce matin en la basilique Saint-Pierre, le Pape a annoncé que la prochaine assemblée générale du Synode des évêques se penchera sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. » Benoît XVI avait créé fin juin un nouveau dicastère consacré à la nouvelle évangélisation. Après l’étude de la Parole de Dieu, les évêques se pencheront maintenant sur la manière de l’annoncer.

La dernière assemblée ordinaire avait eu lieu en 2008 sous le thème ‘La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église.’ La récente assemblée sur les chrétiens au Moyen Orient était extraordinaire, tout comme celle sur l’Afrique en 2009.