Merci saint Jean-Paul II

Merci Jean-Paul II ! En cette journée du 11e anniversaire de sa mort, voici un vidéo rendant hommage au grand saint ayant marché parmi nous.

 

Visage de Charité et Miséricorde dans les Bidonvilles du Monde: Mère Teresa de Calcutta sera proclamée sainte

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Teresa-Calcutta-window-detailJeudi 17 décembre, le jour de son anniversaire, le Pape François a signé quatre décrets, reconnaissant les vertus héroïques d’un laïc du 19° siècle, Enrico Hahn, d’un prêtre combonien italien, Giuseppe Ambrosoli, d’un religieux espagnol, Leonardo Lanzuela Martínez, tous deux décédés à la fin du 20° siècle. Mais la nouvelle qui a fait le tour du monde est ce décret par lequel le Pape François a reconnu le miracle attribué à l’intercession de Mère Teresa, la petite sœur au sari blanc et bleu. Il a ainsi ouvert la voie à la canonisation de la bienheureuse albanaise qui a consacré sa vie aux pauvres vivant à Calcutta, mégalopole du nord de l’Inde.

Il y a déjà 18 ans que Mère Teresa est morte d’une crise cardiaque à l’âge de 87 ans, le 5 septembre 1997 à Calcutta. Le lendemain de sa mort, elle devait présider un service de prières à Calcutta pour son amie, Diana, Princesse de Galles, tragiquement tuée dans un accident de voiture une semaine auparavant.

J’ai présenté un commentaire à l’occasion de ces funérailles pour plusieurs chaînes de télévision nationales au Canada. C’était ma première expérience devant les caméras de la télévision! La pompe, la précision et la sombre majesté de l’adieu londonien à la Princesse Diana, présenté une semaine avant, était presque invisible comparativement aux scènes chaotiques du passage du cercueil de bois de Mère Teresa transporté sur un attelage à canon à travers les rues affairées et encombrées par les foules lors de ses funérailles d’État.

La vie de Mère Teresa n’était pas ordinaire, c’était plutôt une métaphore d’altruisme et de sainteté. Ses célèbres œuvres débutèrent en 1950 avec l’inauguration à Calcutta de la première maison pour les personnes mourantes et les démunis appelée Nirmal Hriday (Cœur tendre). Les paroles de Mère Teresa demeurent inscrites sur les murs de cette maison : « De nos jours l’épidémie la plus horrible n’est pas la lèpre, ni la tuberculose. C’est le sentiment d’être indésirable, rejeté, abandonné par tous. »

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Il existe des critiques au sein de l’Église, et bon nombre de religieux et de religieuses, qui disent que Mère Teresa personnifiait une vue « préconciliaire» de la foi et n’adressait pas les maux systémiques. Ils la critiquent et critiquent ses disciples pour leur condamnation acharnée de l’avortement.

Certains ont dit qu’il n’y avait pas d’élément de critique prophétique dans l’enseignement et le train de vie de Mère Teresa, comme s’ils avaient vraiment compris ce qu’est le prophétisme biblique! Plutôt que d’agir raisonnablement en soumettant des demandes pour recevoir des dons du gouvernement afin de créer des programmes pour l’éradication de la pauvreté, Mère Teresa et ses sœurs emménagèrent dans des quartiers01 Teresa of Calcutta où elles se liaient d’amitié avec les gens. Leurs maisons devenaient souvent des oasis d’espérance et de paix, comme celles du Canada et spécialement celle du Centre Ville de Toronto. Lorsque Mère Teresa parle du « partage de la pauvreté », elle défie la logique des institutions qui préfèrent les agendas pour les pauvres au lieu de la communion avec les individus démunis. Les agents et les instruments de communion sont
 souvent jugés hors propos par le monde.

Bien qu’elle ait quitté ce monde il y a 18 ans, cette petite religieuse a encore fait la une il y a plusieurs années, avec la publication de ses lettres. Beaucoup de journalistes, d’éditeurs de magazines, des présentateurs de télévision ainsi que des bloggeurs avaient mal compris l’histoire en publiant leurs manchettes sensationnelles : « La vie secrète de Mère Teresa : crise et obscurité, » ou « La Sainte de Calcutta était une athée, » ou encore « La Mère et l’Absente. » Certains commentateurs écrivaient : « Elle a perdu sa foi et l’Église la récompense. » Ces gens semblent ne pas être au courant du fait que les personnes qui avaient préparé sa béatification en 2003 avaient cité les lettres comme preuve de sa foi exceptionnelle, et non pas l’absence de cette dernière.

Mère Teresa nous explique dans ses messages intimement personnels qu’il lui est arrivé de sentir la puissante présence de Dieu et d’avoir entendu Jésus parler avec elle. Ce que Mère Teresa vécut par la suite c’était la foi dénuée de toute consolation émotionnelle. À la fin, elle devait dépendre de la foi brute, de l’espérance et de la charité. Telles sont les vertus de tous les chrétiens, non seulement de l’élite spirituelle. Après tout, elle était l’une de nous.

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Des années auparavant, durant la période de mes études à Rome, j’ai rencontré Mère Teresa de Calcutta plusieurs fois alors que j’enseignais à ses sœurs dans un bidonville qui se trouve dans la banlieue de la Ville Éternelle. À la fin de sa première visite, elle bénit mon front avant de placer dans ma main une de ces fameuses cartes d’affaires. Sur un côté de la carte figuraient les mots suivants :

« Le fruit du silence est la PRIÈRE. Le fruit de la prière est la FOI. Le fruit de la foi est L’AMOUR. Le fruit de l’amour est le SERVICE. Le fruit du service est la PAIX. Que Dieu te bénisse. – Mère Teresa. »

Je porte toujours cette carte sur moi. Il n’y avait ni adresse, ni numéro de téléphone, pas d’e-mail, de twitter ou de numéro de fax. On sait aujourd’hui que la bienheureuse et bientôt sainte Mère Teresa de Calcutta n’en avait tout simplement pas besoin. En effet, nous n’avons pas besoin de ces informations pour la contacter puisqu’elle est tout le temps disponible et qu’elle est présente avec nous tous par la communion des saints. Tout le monde sait où elle se trouve et comment entrer en contact avec elle. Elle a toujours les mains pleines de nos demandes!

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Mère Teresa a été proclamée bienheureuse par un de ses amis, saint Jean-Paul II le 19 octobre 2003. Un des cadeaux qui couronneront ce Jubilé de la miséricorde sera la canonisation de Mère Teresa par le pape François en 2016. Demandons à cette grande femme de foi d’intercéder pour notre monde en guerre, pour les nations remplies de peur, de terreur et de crainte. Puisse cette femme de petite taille, mais néanmoins géante de la vie spirituelle, nous aider à ouvrir les portes de nos nations, de nos communautés, de nos maisons et de nos cœurs pour accueillir les étrangers et offrir amour et hospitalité à tous. Que la bientôt sainte Teresa de Calcutta prie pour nous et nous enseigne comment aimer Dieu et notre prochain dans l’unité et l’harmonie. Qu’elle nous enseigne comment être des signes de la miséricorde et de la charité dans notre monde d’aujourd’hui.

Mère Teresa, priez pour nous!

Viva Christo Rey ! Souvenir du bienheureux Miguel Pro s.j.

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Viva Cristo Rey!

Souvenir du bienheureux Miguel Pro, s.j. pour le jour de sa fête le 23 novembre

Nous nous préparons pour la fin de l’année liturgique en célébrant la fête du Christ-Roi. Evoquons la vie d’un jeune martyr jésuite mexicain, totalement voué au Christ Roi, le Bienheureux Miguel Agustίn Pro, s.j.  (1891-1927).  Sa fête est aujourd’hui, 23 novembre. Né le 13 janvier 1891 à Guadalupe Zacatecas, au Mexique, Miguel (« Miguelito ») Pro était le fils d’un ingénieur des mines et d’une mère pieuse et charitable. Tout jeune, Miguel éprouva une prédilection pour la classe ouvrière; il la conservera toute sa vie. À l’âge de 20 ans, il entrait au noviciat des Jésuites et se retrouva Miguel Pro SJ 2bientôt en exil à cause de la révolution mexicaine. Il voyagea aux États-Unis, en Espagne, au Nicaragua et en Belgique, où il fut ordonné prêtre en 1925. Le Père Pro souffrait de problèmes gastriques chroniques et comme, après de nombreuses opérations, sa santé ne s’améliorait pas, ses supérieurs jésuites l’autorisèrent à rentrer au Mexique en 1926, en dépit de la terrible persécution religieuse
qui y faisait rage.

En effet, les prêtres vivaient dans la clandestinité. Le Père Pro passera le reste de sa vie à exercer secrètement le ministère auprès des catholiques mexicains. Il soutenait les gens dans leur foi et il était profondément engagé au service des pauvres de la ville de Mexico. On savait qu’il avait appris à utiliser toutes sortes de déguisements qui lui permettaient de travailler tranquillement parmi les pauvres.  Miguel s’habillait en mendiant et faisait sa tournée de nuit pour baptiser les nouveaux-nés, bénir des mariages et célébrer la messe. Il se présentait à la prison vêtu en policier pour porter le saint-viatique aux catholiques condamnés. Quand il allait dans les beaux quartiers recueillir de l’argent pour les pauvres, il portait un complet élégant, une fleur à la boutonnière. Il menait pratiquementMiguel Pro SJ l’existence d’un espion dans une série télévisée à succès! Mais dans tout ce qu’il faisait, le Père Pro continuait d’obéir à ses supérieurs et il était habité par la joie de servir le Christ son Roi.

On porta de fausses accusations contre lui dans le cadre de l’attentat perpétré contre un ancien président du Mexique et sa tête fut mise à prix. Livré à la police, il fut condamné à mort sans qu’il y ait eu de procès légal. Le jour où on le conduisit devant le peloton d’exécution, le Père Pro pardonna à ceux qui allaient le tuer, refusa bravement le bandeau qu’on lui offrait et mourut en s’écriant : « Viva Cristo Rey », Vive le Christ-Roi! L’image du Bienheureux Miguel Pro, qui eut l’audace de s’agenouiller devant ses bourreaux et de leur pardonner avant de proclamer la vraie royauté du Seigneur non violent est, elle aussi, profondément vivante en moi.

Notre foi est fermement enracinée en Jésus de Nazareth dont on a dit qu’il était roi au moment de l’exécuter. Ce n’était pas un roi qui recherchait le pouvoir, ni un dictateur qui dominait et écrasait ceux et celles qui croisaient sa route. Dans son royaume, ses pauvres sujets étaient chéris et aimés; c’étaient ses amis, les petits, ses frères et sœurs qui avaient part à sa propre vie. Les royaumes de ce monde passeront. Le royaume de Jésus-Christ ne passera pas.
Avec le Bienheureux Miguel Pro de Mexico, acclamons notre Roi :

Viva Cristo Rey!
Vive le Christ-Roi maintenant et à jamais.

Jeanne Le Ber ou la pure soif de Dieu

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Mercredi le 28 octobre dernier, à la chapelle Bonsecours de la Basilique Notre-Dame de Montréal s’est ouvert le procès diocésain de canonisation de Jeanne Le Ber. Une liturgie de la Parole fut alors l’occasion pour tous les participants d’en apprendre davantage sur cette femme qui, malgré sa vie d’humilité et de réclusion a su rayonner et inspirer de nombreuses personnes tout au long de l’histoire du Québec et du Canada.

Née en 1662, soit quelques années seulement après la fondation de Ville-Marie, Jeanne Le Ber a grandi dans une famille et une société catholiques très ferventes. Avec la vénérable Jeanne Mance et Maisonneuve comme marraine et parrain, Jeanne Le Ber a pu recevoir nous n’en doutons pas une excellente éducation religieuse dès sa plus tendre enfance. Tout cela, sans compter son séjour à Québec où elle a pu recevoir son éducation chez les Ursulines.

Dès l’âge de 15 ans, Jeanne allait ressentir en elle l’attrait de la prière, à un point tel, qu’elle n’envisageait rien d’autre pour elle qu’une vie d’oraison perpétuelle où sa relation à Jésus-Christ allait prendre le dessus sur tout. Comme le disait Mgr Lépine dans l’homélie prononcée dans la chapelle située à l’endroit même où se trouvait la maison où Jeanne a vu le jour : « Jeanne Le Ber avait reçu un appel à la pure prière. Même à l’époque des fondateurs de Montréal, il était difficile d’accueillir un tel appel à la réclusion pour se dédier totalement à la prière ».

Ce discernement, Jeanne le réalisa en plusieurs étapes. D’abord, elle prononça des vœux temporaires de cinq ans qu’elle vécut dans une section de la maison paternelle que l’on avait aménagée pour elle. Bien accompagnée par un directeur spirituel, elle resta en tout 15 ans à cet endroit. Jusqu’au jour où les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame lui aménagèrent dans leur couvent un petit appartement adjacent à une chapelle où elle put suivre un régime de vie d’une grande rigueur toute entière imprégnée de la prière et de la contemplation. Plusieurs heures d’adoration, chapelet, lecture spirituelle, oraison mentale, voilà ce qu’était le cœur de sa vie. Elle mourut en 1714 à l’âge de 52 ans, après 34 ans de vie de prière intense.

Sa constance et la priorité qu’elle a donnée à Dieu peuvent nous inspirer encore aujourd’hui puisque ces vertus nous rappellent l’essentiel de nos vies. C’est dans le contraste entre sa vie et les valeurs véhiculées par notre société actuelle qui peut rendre cette femme encore plus fascinante. En effet, sa prière incessante, qui peut nous paraître inutile ou une perte de temps, était pour elle la seule chose vraiment nécessaire. Le bonheur et le rayonnement de Jeanne Le Ber nous montrent que le cœur humain n’est pas appelé, en définitive, à se contenter des choses qui passent. Au contraire, malgré notre acharnement à essayer de nous satisfaire de ce qui est provisoire et passager, nous n’y arrivons pas. À l’heure où nous constatons le prix climatique de cette « culture du déchet » tant décriée par le pape François, nous devrions saisir l’occasion que suscite l’ouverture de ce procès diocésain pour nous rapprocher de ce qui est vraiment essentiel c’est-à-dire la vie éternelle que l’on trouve lorsque l’on s’approche de Jésus-Christ.

Dans les prochaines semaines et les prochains mois, beaucoup de fidèles, de religieux et de religieuses prieront pour le bon déroulement des étapes entourant le procès diocésain de canonisation de Jeanne Le Ber. Il nous est maintenant permis d’espérer que les mois et années à venir, et qui seront composés de longues heures d’études et de recherches théologiques et historiques, aboutiront le plus tôt possible à un rapport concluant qui pourra être présenté à Rome en vue des futures étapes que sont, comme l’affirmait le chanoine François Sarazin, chancelier de l’archidiocèse de Montréal, « la vénérabilité, la béatification et enfin, la canonisation ».

Les béatitudes, modèle de sainteté

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Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. pour la Solennité de la Toussaint (dimanche 26 octobre 2015)

Les paroles de Mgr Angelo Amato, s.d.b., préfet de la Congrégation pour la cause des saints, prononcées l’année dernière lors du Synode sur La Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Église, résonnent encore dans mon esprit et mon cœur en ce jour de la Solennité de la Toussaint :

Jésus dit: “Je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes” (Mt 11, 29). Pendant deux millénaires, des hommes et des femmes, grands et petits, savants et ignorants, en Orient comme en Occident, se sont mis à l’école du Seigneur Jésus, qui a fait résonner dans leur esprit et dans leur cœur un commandement sublime : “soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait” (Mt 5, 48).

Leur savoir était composé essentiellement par la vie et par la Parole de Jésus : heureux les pauvres, heureux les affligés, heureux les doux, heureux les affamés et assoiffés de la justice, heureux les miséricordieux, heureux les cœurs purs, heureux les artisans de paix, heureux les persécutés. Les saints, comprenant que les béatitudes sont l’essence de l’Évangile et le portrait même de Jésus, l’ont ainsi imité.

Les béatitudes, modèle de sainteté

Les béatitudes énumérées par le Christ dans son Sermon sur la Montagne (Matthieu 5,1-12) sont la recette de sainteté extrême. Comme plusieurs l’ont souligné auparavant, le Mont des Béatitudes est réellement le sommet le plus élevé au monde même s’il se retrouve quelque dizaine de pieds en dessous du niveau de la mer. Sur cette montagne sacrée de la Galilée, Jésus a proclamé la nouvelle loi; une expression de la sainteté du Christ. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’un code de conduite abstrait. Jésus est pauvre d’esprit, doux, persécuté et artisan de la paix. Il représente plutôt le nouveau « code de sainteté » qui doit être étampé dans nos cœurs et contemplé par les actes de l’Esprit Saint. Sa mort et sa passion sont le couronnement de sa sainteté.

La sainteté est un mode de vie qui implique l’engagement et le passage à l’acte. À l’opposé, elle n’est pas une tentative passive, mais plutôt une série de choix continus qui visent à approfondir son lien à Dieu pour ensuite permettre à cette relation de diriger nos gestes en société. La sainteté nécessite un changement radical dans sa façon de voir les choses et dans son attitude. Lorsqu’on accepte l’appel à la sainteté, Dieu devient l’objectif final de chaque aspect de notre vie.

En observant Jésus, on peut voir la définition même de ce qui est pauvreté de cœur, douceur et compassion, attristement et préoccupation pour la justice, cœur pur, artisan de paix et persécuté. C’est pourquoi il a le droit de dire à chacun, « Viens, suis-moi! » Jésus ne dit pas simplement, « Fais ce que je dis. » Il dit plutôt, « Viens, suis-moi. » 

Faire le point sur la multitude des saints

Les saints et les bienheureux sont nos compagnons de voyage sur le chemin de la vie lors des moments de joie comme ceux de misère. Ils sont des hommes et des femmes qui ont écrit une page nouvelle dans la vie de tellement de gens. Cette pensée fut au cœur du message de Jean-Paul II à l’humanité : la sainteté n’est pas un don réservé à certains. Nous pouvons tous aspirer à la sainteté, car c’est un objectif à notre portée, une grande leçon réaffirmée par le Concile Vatican II et son appel à la sainteté universelle (Lumen Gentium).

Aujourd’hui, la solennité de la Toussaint est une occasion formidable pour l’Église entière de faire le point sur la façon dont le serviteur de Dieu, le pape Jean-Paul II, a changé notre façon de voir les saints et les bienheureux. En presque 27 ans de pontificat, le pape Jean-Paul II a confié 1 338 bienheureux et 482 saints à l’Église.

Jean-Paul II nous a rappelé que les héros et les héroïnes de ce monde offerts aux jeunes d’aujourd’hui sont viciés à la base. Ils nous laissent avec un vide intérieur. Les « vedettes » réelles de son pontificat sont les saints et les bienheureux qui n’ont pas cherché à être considérés comme des héros, à choquer ou à provoquer. Si l’on veut véritablement croire que la grandeur est accessible, nous avons besoin de bons modèles à émuler. Nous avons désespérément besoin de vrais héros et héroïnes qui sont à la fois des exemples à suivre et les témoins de la foi et de la vertu. Ce sont les « vedettes » que les mondes du sport, du cinéma, des sciences et de la musique n’arrivent pas à offrir à la société.

Se placer à l’extrême centre

Plusieurs pensent que la sainteté est réservée aux privilégiés. En fait, devenir saint est la tâche de tout chrétien et on irait même jusqu’à dire la fonction de tous. Nous pensons souvent que les saints sont tout simplement des « excentriques » que le Christ élève comme modèle à émuler, c’est-à-dire plus au moins des personnes qui forment l’exception et qui ne sont pas en phase avec la réalité humaine. Ce qui est certainement le cas des hommes et des femmes qui étaient littéralement « excentriques », c’est-à-dire qu’ils déviaient du juste milieu, de la pratique habituelle, des façons de faire dites ordinaires, de la méthode usuelle. Sous un autre angle, les saints se sont placés à « l’extrême centre ».

Devenez les saints du nouveau millénaire

Jean Paul II, le serviteur de Dieu, a beaucoup parlé aux jeunes de l’appel à la sainteté et de la vocation de sainteté. Dans son message de la Journée mondiale de la jeunesse 2000 à Rome, il s’adressa aux jeunes du monde entier par ses paroles inoubliables qui sont devenues le cri de ralliement pour la plus grande célébration du jubilé:

Jeunes de tous les continents, n’ayez pas peur d’être les saints du nouveau millénaire! Soyez contemplatifs et aimant la prière, cohérents avec votre foi et généreux au service de vos frères, membres actifs de l’Église et artisans de paix. Pour réaliser cet projet de vie engageant , restez à l’écoute de sa Parole, prenez des forces dans les Sacrements, spécialement l’Eucharistie et la Pénitence. Le Seigneur vous veut apôtres intrépides de son Évangile et constructeurs d’une nouvelle humanité.

Deux ans plus tard, en 2002, lors de notre Journée mondiale de la jeunesse au Canada, Jean-Paul II a soulevé encore une fois le thème de la sainteté et des saints dans son message :

De même que le sel donne de la saveur aux aliments et que la lumière éclaire les ténèbres, de même la sainteté donne le sens plénier à la vie, en en faisant un reflet de la gloire de Dieu. Combien de saints, même parmi les jeunes, compte l’histoire de l’Église ! Dans leur amour pour Dieu, ils ont fait resplendir leurs vertus héroïques à la face du monde, devenant des modèles de vie que l’Église a présentés en vue de leur imitation par tous. Chers jeunes, par l’intercession de cette foule immense de témoins, je prie le Dieu trois fois saint de vous rendre saints, les saints du troisième millénaire. [Read more…]

L’héroïsme de la vie quotidienne

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Les parents de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, Louis et Zélie Martin, sont les premiers parents d’une sainte à être béatifiés. Ils furent aussi les premiers époux de l’histoire de l’Église dont la canonisation fut proposée en tant que couple et dont la béatification conjointe eut lieu le 19 octobre 2008 à Lisieux en France. Ils seront proclamés saints par le pape François, ce dimanche 18 octobre 2015 au Vatican.

Les Martin ont travaillé fort pour élever une grande famille. Quoiqu’il vivait dans la France du 19e siècle, ce couple a surmonté plusieurs défis auxquels nous faisons face encore aujourd’hui au 21e siècle : bien s’occuper des enfants, chercher l’excellence professionnelle, être en charge d’une entreprise qui a du succès, prendre soin de parents âgés, éduquer un enfant aux besoins particuliers, trouver du temps pour prier et pour être actifs dans la communauté paroissiale.

En 1877, Zélie décédait suite à un cancer du sein, laissant Louis seul avec cinq filles à élever. Plus tard, Louis, diagnostiqué comme souffrant d’artériosclérose cérébrale,  passa trois ans dans un hôpital psychiatrique. La vie continuait d’une manière imprévue comme c’est le cas pour nous tous. Impossible de prévenir les tragédies : la guerre Franco-prussienne durant laquelle le couple dut héberger neuf soldats allemands, la mort prématurée de quatre de leurs neuf enfants dont un décès causé par une mauvaise nourrice, des maladies douloureuses et la mort prématurée de Zélie. Tous deux ne pouvaient pas laisser tomber leurs nombreuses responsabilités comme propriétaires d’entreprise, aidants naturels, époux et parents.

Maria & Luigi Beltrame-Quattrocchi

Zélie et Louis n’ont pas été déclarés « bienheureux », et ne seront pas proclamés saints grâce à leur fille Thérèse. C’est plutôt Thérèse qui est devenue sainte grâce à eux puisqu’ils lui ont donné un environnement où elle a pu grandir en sainteté. Elle a répondu librement à l’invitation qu’ils lui ont faite. Lorsque l’Église a reconnu Louis et Zélie comme un couple bienheureux, elle a mentionné le mystère de leur vocation au mariage. Ce mode de vie auquel la plupart des personnes sont appelés pour atteindre le but ultime de tous les chrétiens : la sainteté.

En pensant aux Martin, on ne peut pas oublier les mots de Saint Jean-Paul II : « l’héroïsme doit devenir quotidien, et le quotidien doit devenir héroïque ». Leurs reliques étaient présentes et disponibles à la vénération lors du Synode extraordinaire sur la famille en 2014 et sont également présentes cette année pour le Synode des évêques 2015.

Les reliques d’un autre couple saint, Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, sont aussi présentes pour la vénération durant le Synode. Ces deux époux ont vécu à Rome durant la première moitié du 20e siècle et furent proclamés bienheureux par saint Jean-Paul II le 21 octobre 2001. Dans l’homélie prononcée lors de leur cérémonie de béatification à Rome, le pape Jean-Paul II a déclaré :

« Ces époux ont vécu, dans la lumière de l’Évangile et avec une grande intensité humaine, l’amour conjugal et le service à la vie. Ils ont assumé de façon pleinement responsable la tâche de collaborer avec Dieu dans la procréation, en se consacrant généreusement à leurs enfants pour les éduquer, les guider, les orienter à la découverte de son dessein d’amour. De ce terrain spirituel si fertile sont nées des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, qui démontrent combien le mariage et la virginité, à partir de leur enracinement commun dans l’amour sponsal du Seigneur, sont intimement liés et s’illuminent réciproquement ».

Suivant la parole de Dieu et le témoignage des saints, le bienheureux couple a vécu une vie ordinaire d’une manière extraordinaire. Parmi les joies et les anxiétés de la vie familiale, ils ont su vivre des vies spirituelles extrêmement riches. Au centre de leur vie se trouvait l’Eucharistie quotidienne et une grande dévotion mariale par la récitation du rosaire et la consultation de brillants directeurs spirituels. De cette façon, ils purent accompagner leurs enfants dans leur discernement spirituel, leur apprenant à reconnaître tout ce qui était « au-delà du toit de leur maison » comme ils aimaient le dire.

Les Martin et les Quattrocchis sont des héros de la vie quotidienne. Leurs témoignages, mémoires ainsi que leurs reliques sont pour nous une bénédiction et une invitation à imiter leur héroïsme de tous les jours.

 

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Reliques des bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de Sainte Thérèse de Lisieux présentes durant les synodes 2014-2015.

Père Thomas Rosica, c.s.b

Les leçons de leadership de deux pasteurs latino-américains : Oscar de San Salvador & Jorge de Buenos Aires

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Dans son message pour la Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 1972, le bienheureux Paul VI écrivait : « Pourquoi alors, convaincus comme nous le sommes tous de cette affirmation irréfutable, nous attardons-nous à donner à la Paix une autre base que celle de la Justice?… Est-il juste, par exemple, qu’à des populations entières ne soit pas accordée l’expression libre et normale du droit le plus jalousement revendiqué par l’esprit humain, le droit religieux? Quelle autorité, quelle idéologie, quel intérêt historique ou civil peut s’arroger le pouvoir de réprimer, d’étouffer le sentiment religieux dans son expression légitime et humaine?

Le problème devient extrêmement grave et complexe. Et il ne nous appartient pas de le rendre plus aigu, pas plus que de le résoudre pratiquement… Mais de là vient justement que notre invitation à célébrer la Paix retentit comme une invitation à pratiquer la Justice. Opus iustitiæ pax. L’œuvre de la justice, c’est la paix. Nous le répétons aujourd’hui sous une formule plus incisive et dynamique: ‘Si tu veux la paix, agis pour la Justice’. »

J’aimerais vous faire part de quelques réflexions sur deux pasteurs, deux évêques qui ont très bien compris ce que signifient les mots qui précèdent. Le premier pasteur latino-américain était archevêque, pasteur de l’Église de San Salvador, Oscar Arnulfo Romero y Goldamez, était né en 1917 à Ciudad Barrios, petite ville des montagnes du Salvador près de la frontière hondurienne. Après avoir été curé de paroisse rurale et recteur de deux séminaires, il devint archevêque alors que le pays était en proie à de graves troubles sociaux. Sa chaire devint une source de vérité au moment où l’État censurait l’information. Romero était proche des gens et il les écoutait. « Je suis un pasteur, disait-il, qui a commencé à apprendre avec ses gens une vérité belle, mais difficile : c’est que notre foi chrétienne exige de nous que nous nous engagions dans ce monde. » [Read more…]

Vers une encyclique sur l’écologie

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Image: Courtoisie de CNS

Le 5 mars 2015, le cardinal Peter Turkson, président du Conseil Pontifical Justice et Paix, prononçait un discours au Trócaire 2015 (l’Agence irlandaise catholique d’aide pour le développement international) à l’Université pontificale Saint-Patrick à Maynooth en Irlande. Ce discours était d’une importance capitale puisqu’il est considéré par plusieurs comme étant un prélude à la prochaine encyclique du pape François qui portera sur l’écologie. Dans ce discours prononcé en langue anglaise, le cardinal Turkson explique ce que l’Église entend lorsqu’elle parle d’écologie. La formule à retenir est celle « d’écologie globale ». En fait, cette expression vise à mettre sous un même toit certaines problématiques qui sont parfois considérées séparément, ce qui nuit à leur résolution. En effet, l’originalité de l’Église est qu’elle voit la racine commune des problèmes liés au soin de l’environnement, au développement des pays et à « l’écologie humaine ». Pour le cardinal Turkson, le pape François cherche avant tout à apporter la « chaleur de l’espoir ». Sa prochaine encyclique montrera donc le rôle bénéfique de la foi catholique dans la résolution de problèmes dont « les régulations, les politiques et les orientations sont nécessaires pour faire face à la pauvreté et aux changements climatiques mais peuvent rester sans effet si elles ne sont pas accompagnées d’une conversion morale et d’un changement du cœur »[2]. Tout cela en plus d’apporter des principes clairs qui peuvent orienter les décideurs politiques et ceux du monde des affaires. Pour ce faire, le Cardinal guinéen a voulu expliciter 4 principes fondamentaux à prendre en compte et à respecter pour un juste
souci de la création.

Un appel universel

Reprenant les grandes orientations formulé par Benoît XVI, c’est-à-dire de celui que l’on a appelé le « pape vert », le cardinal Turkson a mentionné que le souci pour l’environnement n’est pas réservé à une catégorie de personnes ou de pays mais nous concerne tous. Ce qui implique qu’aucun organisme et aucune personnalité ne peut monopoliser le discours et le souci de l’environnement. Prendre soin de la création est une responsabilité qui incombe à tous. De plus, s’il veut prendre soin de la nature qui est hors de lui, il doit prendre soin de sa propre nature. En d’autres termes, protéger la nature implique de protéger la nature humaine contre ce qui la rend malade. Comme le disait Benoît XVI :

« L’Église ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre à ses fidèles uniquement le message du salut. Elle a une responsabilité à l’égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l’eau et l’air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l’homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu’il existe quelque chose comme une écologie de l’homme, entendue d’une juste manière. »[4].

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Messes de la Neuvaine à saint Joseph en direct de la Crypte de l’Oratoire à Montréal

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L’un des plus importants pèlerinages de l’année à l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal a lieu au mois de mars alors que se tient la grande neuvaine annuelle dédiée à saint Joseph. Pendant neuf jours, du 10 au 18 mars 2015, Télévision Sel + Lumière télédiffusera la messe quotidienne célébrée à 19h30 dans la Crypte de l’Oratoire. Ces célébrations seront une merveilleuse préparation à la fête de saint Joseph, époux de Marie, et qui sera présidée le 19 mars par le Père Thomas Rosica c.s.b à 8 :00 am. La neuvaine à saint Joseph est présentée sous un thème différent chaque année, mettant en valeur un aspect ou l’autre de la foi chrétienne. Cette année le thème de la neuvaine est : « Avec Joseph, sur le chemin du bonheur ». Soyez nombreux à vous joindre à nous par l’entremise de la télévision et la prière en cette période importante de l’année liturgique !

Pour plus d’information, vous pouvez accéder à l’horaire en cliquant le lien ci-dessous :

http://www.saint-joseph.org/sites/default/files/documents/feuillet_neuvaine2015-web.pdf

Oscar Romero, bienheureux défenseur des pauvres et de la justice

People carry a picture of the late Archbishop Romero during a march ahead of the 34th anniversary of his assassination in San SalvadorCité du Vatican, le 4 février 2015 (VIS). Ce midi près la Salle de Presse, Mgr.Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical pour la famille et postulateur de cette cause de béatification, a évoqué la vie, l’oeuvre et le martyre de Oscar Arnulfo Romero y Galdámez, l ‘Archevêque de San Salvador assassiné en 1980, dont le Pape à reconnu hier qu’il est mort en haine de la foi. A pris part à la conférence de presse M. Roberto Morozzo della Rocca, auteur d’une biographie du futur saint. Voici la synthèse de l’intervention de Mgr. Paglia:

Romero photoC’est un don extraordinaire pour toute l’Eglise en ce début de millénaire que de voir sanctifié un pasteur ayant offert sa vie pour son peuple. Il est un exemple pour tous les chrétiens, comme en témoigne l’Eglise anglicane qui a placé sa statue sur la façade de la cathédrale de Westminster aux côtés de celles du Pasteur Martin Luther King et du Pasteur Dietrich Bonhoeffer. Il est aussi un symbole pour la société tout entière qui voit en lui un champion des pauvres et de la paix. Notre gratitude doit également aler à Benoît XVI, qui a suivi l’affaire depuis le début et qui, le 20 décembre 2012 a décidé de débloquer la procédure canonique. Le travail de la Congrégation pour les causes des saints…a été attentif et précis. A l’unanimité de la commission des cardinaux et de la commission des théologiens, le martyre a été confirmée comme subi en haine de la foi. Le martyre de Mgr. Romero a donné espoir et force aux nombreuses familles salvadoriennes qui avaient perdu des parents et des amis durant la guerre civile. Son souvenir est devenu immédiatement celui des autres victimes, moins connues. Après un long processus qui a connu beaucoup de difficultés et même des oppositions à propos de la pensée et de l’action pastorale du prélat. Enfin a été résolu le climat conflictuel qui s’était créé autour de sa figure. Désormais, Mgr.Romero devient comme le premier d’une longue liste de nouveaux martyrs contemporains. Le 24 mars, jour de sa mort, sera pour la Conférence épiscopale italienne une Journée de prière pour les missionnaires martyrs. Les Nations-Unies ont pour leur part proclamé la Journée internationale pour le droit à la vérité en rapport aux graves violations des droits humains fondamentaux et de la dignité des victimes. Le monde a beaucoup changé depuis ce lointain 1980, mais le pasteur d’un petit pays d’Amérique centrale, continue de parler avec force. Et il est significatif que sa béatification ait lieu alors que la chaire de Pierre est, pour la première fois dans l’histoire, occupée par un latino-américain qui veut une Eglise pauvre pour les pauvres. C’est là une coïncidence providentielle. [Read more…]