Sainte Mary de la Croix MacKillop: une pionnière australienne pour l’Église universelle

Nous nous réjouissons pour la canonisation de saint André de Montréal. En même temps, nous n’oublions pas les autres cinq saints reconnus ce matin par Benoît XVI, en particulier Mary MacKillop.

MARY-MACKILLOP-2-249x300Il s’agit d’un événement marquant pour l’Océanie, Marie de la Croix MacKillop est devenue la première sainte d’Australie aujourd’hui.

Tout comme le frère André elle vient d’un milieu pauvre et, très jeune doit subvenir aux besoins de sa famille en travaillant ; ce qui l’a empêchée de répondre tout de suite à l’appel de Dieu.

Par bonheur, elle rencontre le père Julian Tenisaon Woods alors qu’elle est gouvernante à Penola. Devenu son guide spirituel, il l’aide à fonder une nouvelle congrégation pour répondre aux besoins dans les campagnes en 1867. Elle inaugure ainsi une nouvelle manière d’évangéliser.

Mary MacKillop vécut des heures sombres. En 1871, elle fut excommuniée après avoir dénoncé un prêtre pour des abus sexuels sur un enfant. Cependant six mois après, l’évêque d’Adelaïde révoqua cette excommunication.

Cette fondatrice se rendit à Rome pour rencontrer le pape Pie IX afin de faire approuver son institut.

Infatigable, cette première sainte d’Australie se donna sans compter pour les pauvres. Elle a écrit :

« La volonté de Dieu est pour moi un livre très cher, et je ne me fatigue jamais de le lire »

Puisse l’exemple du Frère André inspirer la vie chrétienne canadienne ! – Benoît XVI

[NDLR: Nous publions l’homélie prononcée par le pape Benoît XVI lors de la messe de canonisation du frère André et 5 autres bienheureux à la Place Saint-Pierre le 17 octobre.]

BXVIChers frères et soeurs,

Aujourd’hui, Place Saint-Pierre, se renouvelle la fête de la sainteté. C’est avec joie que je vous souhaite cordialement la bienvenue, à vous qui êtes arrivés ici, même de très loin, pour y prendre part. J’adresse mes salutations particulières aux Cardinaux, aux Évêques et aux Supérieurs Généraux des Instituts fondés par les nouveaux Saints, tout comme aux délégations officielles et à l’ensemble des autorités civiles. Ensemble, cherchons à accueillir ce que le Seigneur vient de nous dire dans les Saintes Écritures qui viennent d’être proclamées. La liturgie de ce Dimanche nous offre un enseignement fondamental: la nécessité de toujours prier, sans jamais se lasser. Parfois, nous nous lassons de prier, nous avons l’impression que la prière n’est pas si utile à la vie, qu’elle est peu efficace. C’est pourquoi, nous sommes tentés de nous consacrer à l’activité, d’employer tous les moyens humains afin d’atteindre nos objectifs, et nous ne faisons pas recours à Dieu. Jésus en revanche affirme qu’il faut toujours prier et Il le fait au travers d’une parabole particulière (cf. Lc 18, 1-8).

Elle parle d’un juge qui ne craint pas Dieu et n’a de considération pour personne, un juge qui n’a aucune attitude positive, mais qui recherche seulement son propre intérêt. Il ne craint pas le jugement de Dieu et ne respecte pas son prochain. L’autre personnage est une veuve, une personne qui se trouve en situation de faiblesse. Dans la Bible, la veuve et l’orphelin sont les catégories les plus nécessiteuses, parce que sans défense et privées de moyens. La veuve va voir le juge et lui demande justice.

Les tapisseries des nouveaux saints ornent la basilique Saint-Pierre. Photo: Steven Scardinal

Les tapisseries des nouveaux saints ornent la basilique Saint-Pierre. Photo: Steven Scardina

Ses possibilités d’être écoutée sont presque nulles, parce que le juge la méprise et elle ne peut faire aucune pression sur lui. Elle ne peut pas non plus faire appel à ses principes religieux parce que le juge ne craint pas Dieu. Cette veuve semble donc privée de toute possibilité. Mais elle insiste, elle demande sans se lasser. Elle est importune et ainsi, à la fin, elle réussit à obtenir le résultat du juge. C’est à ce moment-là que Jésus fait une réflexion en utilisant l’argument a fortiori: si un juge inique se laisse, à la fin, convaincre par la prière d’une veuve, d’autant plus Dieu, qui est bon, exaucera celui qui le prie. Dieu, en effet, est la générosité en personne, Il est miséricordieux et Il est donc toujours disposé à écouter les prières. Donc, nous ne devons jamais désespérer, mais persévérer toujours dans la prière.

La conclusion de la péricope évangélique parle de la foi: “le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera‑t‑il la foi sur la terre ?” (Lc 18, 8). C’est une question qui veut susciter en nous une augmentation de foi. Il est en effet clair que la prière doit être expression de foi, autrement il ne s’agit pas d’une authentique prière. Si un homme ne croit pas en la bonté de Dieu, il ne peut pas prier de manière vraiment adaptée. La foi est essentielle comme fondement de l’attitude de prière. C’est ce qu’ont fait les six nouveaux Saints qui sont aujourd’hui proposés à la vénération de l’Église universelle: Stanislaw Soltys, André Bessette, Cándida María de Jesús Cipitria y Barriola, Mary of the Cross MacKillop, Giulia Salzano et Battista Camilla Da Varano. [Read more…]

Sainte Marguerite d’Youville : la première sainte canadienne célébrée aujourd’hui

Coïncidence? À la veille de la canonisation du frère André, le calendrier liturgique rappelle à notre mémoire Sainte Marguerite d’Youville, la première sainte née au Canada.  Née à Varennes, près de Montréal,  elle perdit son mari après huit ans de mariage. Des six enfants qu’elle mit au monde, deux fils survécurent et devinrent prêtres.

Marguerite-d-YouvilleJeune veuve, elle découvre progressivement En 1737, Marguerite fonde les Sœurs de la Charité (Sœurs grises). La communauté a contribué à la mise en place de nombreux hôpitaux  de Montréal.  Avec ses consœurs, elle  vivait de l’aumône et n’était pas très bien vue du public.  Pourtant, elle sera plus tard reconnue comme Mère à la charité universelle, femme au cœur sans frontière. Elle est décédée en 1771. Jean-Paul II déclare sa sainteté le 9 décembre 1990.

Chacun à leur époque, Marguerite d’Youville et André Bessette dépassent le cadre social où ils se trouvent et sont en quelque sorte des prophètes de leur temps : l’une par son ‘option préférentielle pour les pauvres’, l’autre par son accueil des personnes de toutes confessions, le frère André ayant eu plusieurs amis et collaborateurs protestants.  Tous deux sont des modèles de persévérance, d’audace et de foi. Des modèles de chez nous que nous sommes invités à redécouvrir ce week-end.

Canonisation du frère André: Sel + Lumière diffuse toutes les célébrations ce weekend

Horaire – Samedi 16 octobre
19h HE
Début de la couverture en direct. Sébastien Lacroix anime la soirée avec une équipe de reporters à Montréal et à Rome – EN DIRECT
19h30 HE
Messe à la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal – EN DIRECT
20h45 HE
Lucernaire : vigile de prière – EN DIRECT
21h30 HE
Première du documentaire de S+L  – Portier de Dieu: Saint André de Montréal
Horaire – Dimanche 17 octobre
3h45 HE
Messe de canonisation des nouveaux saints, dont le frère André, présidée par le pape Benoît XVI sur la Place Saint-Pierre à Rome – EN DIRECT avec reporters à Rome et à Montréal (2h45 env.)
10h HE
Diffusion de la messe de canonisation (anglais)
15h HE
Rediffusion de la messe de canonisation (français)
21h HE
Première anglaise du film God’s Doorman: Saint André of Montreal
Horaire – Lundi 18 octobre
4h HE
Messe d’action de grâce à l’église Sant Andrea delle Valle à Rome présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte – EN DIRECT
16h HE
Messe d’action de grâce à l’église Sant Andrea delle Valle à Rome présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte – reprise
19h30 HE
Édition spéciale de Perspectives  – retour sur les événements du weekend
19h35 HE
Messe d’action de grâce à l’église Sant Andrea delle Valle à Rome présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte – reprise
21h HE
Documentaire – Portier de Dieu: Saint André de Montréal

Les yeux de millions de fidèles seront fixés sur deux des plus imposants dômes de la chrétienté ce week-end. D’abord sur la basilique Saint-Pierre à Rome. Dimanche matin, Benoît XVI y présentera six nouveaux modèles pour l’Église  universelle, dont le frère André Bessette, fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph de Mont-Royal. D’une petite chapelle est née une grande basilique. L’énorme coupole du plus grand sanctuaire au monde dédié à Joseph est un point de référence pour le tout Montréal.

Sel + Lumière est à Rome et à Montréal pour couvrir les moments forts de cette fête dédiée à l’un des nôtres: le frère André, le premier saint homme du Canada moderne. Une couverture catholique d’un événement à ne pas manquer, à la télé et sur le web. Toutes les célébrations seront disponibles au www.seletlumieretv.org/frereandre après leur présentation en direct.

Samedi 16 octobre

19h Début de la couverture en direct. Sébastien Lacroix anime la soirée avec une équipe de reporters à Montréal et à Rome – EN DIRECT

19h30  Messe à la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal – EN DIRECT

20h45  Lucernaire : vigile de prière – EN DIRECT

21h30  Première du documentaire de S+L – Portier de Dieu: Saint André de Montréal

Dimanche 17 octobre

3h45  Messe de canonisation des nouveaux saints, dont le frère André, présidée par le pape Benoît XVI sur la Place Saint-Pierre à Rome – EN DIRECT avec reporters à Rome et à Montréal (2h45 env.)

10h  Diffusion de la messe de canonisation (anglais)

15h  Rediffusion de la messe de canonisation (français)

21h  Première anglaise du film God’s Doorman: Saint André of Montreal

Lundi 18 octobre

4h  Messe d’action de grâce à l’église Sant Andrea delle Valle à Rome présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte – EN DIRECT

16h  Messe d’action de grâce à l’église Sant Andrea delle Valle à Rome présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte – rediffusion

19h30  Édition spéciale de Perspectives  – retour sur les événements du week-end

19h35  Messe d’action de grâce à l’église Sant Andrea delle Valle à Rome présidée par le cardinal Jean-Claude Turcotte – rediffusion

21h  Documentaire – Portier de Dieu: Saint André de Montréal

L’horaire selon l’heure de l’Est. La durée des célébrations en direct peut varier.

Perspectives hebdo: une odeur de sainteté

Pourquoi faut-il un miracle pour accéder au plus haut des autels? À quoi servent les reliques? À la veille de la canonisation du premier saint natif du Canada et de 5 autres bienheureux, nous décryptons le processus complexe qui pousse l’Église à présenter des hommes et des femmes comme modèles et intercesseurs. Ce sont des religieux, des laïcs, des personnages mondialement connus ou des figures effacées.

Invité: le père Antonio Bielpede, porte-parole des capucins pour tout ce qui touche à Saint Pio (Padre Pio)

Perspectives hebdo – samedi 19h30 en rappel lundi 19h05.

Un jour pour se souvenir, rendre grâce, guérir et être relevé

Réflexion biblique pour le 28e dimanche du temps ordinaire C

Les lectures de ce dimanche portent sur le souvenir et l’action de grâce, la guérison et le salut. Dans la lecture de l’Ancien Testament (II Rois 5, 14-17), Naaman le Syrien se souvient de remercier Élisée pour sa guérison et l’un des dix lépreux guéris par Jésus se souvient de revenir remercier son guérisseur. Dans la lecture de la seconde lettre de Paul à Timothée (2 Tm 1, 8 -13), Paul demande à Timothée (et à nous) de faire mémoire de Jésus-Christ ressuscité des morts. Nous rappeler la mort et la résurrection de Jésus nous emplit de reconnaissance, nous guérit et nous donne de la force pour affronter l’adversité, les difficultés et la souffrance, faisant ainsi de nous un peuple de gratitude.

La double purification de Naaman

Examinons d’abord la lecture de l’Ancien Testament. L’imposant personnage qu’est Naaman se fait dire par le prophète Élisée qu’il devrait se baigner sept fois dans le fleuve Jourdain afin d’être guéri de sa lèpre. Indigné, Naaman lui répond : « Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié? » (II Rois 5, 12) Naaman avait raison : les fleuves de Syrie étaient incontestablement meilleurs, ils transportaient plus d’eau. Cependant, ils n’équivalaient aucunement les eaux de source de montagne de Damas; ainsi rituellement, c’était l’inverse.

Naaman était déçu : il s’attendait à ce qu’Élisée, cet « homme de Dieu », réalise un signe beaucoup plus théâtral. Naaman a même douté du signe qu’il avait reçu du prophète. C’est avec grande réticence qu’il cède finalement aux supplications de ses serviteurs de faire ce que le prophète lui a dit. En se lavant dans le Jourdain, il fut guéri et sa chair devint semblable à celle d’un petit enfant. Les eaux boueuses ont purifié Naaman de sa lèpre – mais plus encore de son arrogance. [Read more…]

“Si vous aviez la foi (et en effet, vous l’avez)…”

Réflexion biblique pour le 27e dimanche du temps ordinaire C

HabQuestionner foi et même l’objet de cela est un exercice quotidien sain! La foi ne peut pas être mise en suspens jusqu’à ce que nous en ayons besoin, car à ce moment-là nous découvrirons qu’elle est devenue faible et démunie de désuétude et ne nous soutiendra pas. La vertu de l’intégrité requiert une foi bien exercée qui nous permettra de surmonter même des défis les plus terribles. Même le plus fort parmi nous peut être réduit à l’impuissance et le silence. Laissez-nous inspirer par l’Ancien Testament d’aujourd’hui et les lectures d’Évangile d’aujourd’hui afin que nous puissions avoir un aperçu du précieux cadeau de la foi. Je vous offrirai aussi deux exemples remarquables et contemporains de deux serviteurs et héros de notre foi : la bienheureuse Mary MacKillop, et le bienheureux André Bessette qui sera canonisé le 17 octobre 2010 à Rome.

Le cri d’Habacuc

Les mots du prophète Habacuc dans la première lecture d’aujourd’hui (1, 2-3; 2, 2-4) ont été interprétés comme étant la plainte du prophète contre les maux internes de Juda; la langue utilisée est celle employée par Amos, Isaïe et Jérémie pour condamner les abus sociaux de leur époque. Dans Habacuc 1, 5-7 le Seigneur répond à cette plainte en indiquant l’empire Chaldéen comme son instrument pour punir son peuple pour ces péchés. Cependant, le cri d’Habaquq n’est pas lancé en vain. Le Seigneur lui parle : « Ecris la vision, grave-la sur les tablettes pour qu’on la lise facilement.  Car c’est une vision qui n’est que pour son temps : elle aspire à son terme, sans décevoir ; si elle tarde, attends-la : elle viendra sûrement, sans faillir ! (2, 2-3). C’est tout ce que Habaquq obtient – et la plupart du temps il est tout ce que nous obtenons – ‘attend patiemment la vision.’ Cela semble lamentablement insuffisant. C’est pourquoi notre foi doit constituer une partie vivante, révélatrice et toujours grandissante de qui nous sommes. [Read more…]

Une lumière pour les jeunes: une première bienheureuse pour les Focolare

BADANO-BEATIFYSamedi 25 septembre, une première membre du mouvement des Focolari sera béatifiée à Rome. Il s’agit de Chiara Badano, une jeune femme décédée en 1990 à l’âge de 19 ans.

Chiara nous rappelle que la sainteté est accessible et possible de nos jours. Cela faisait onze ans que le couple Badano tentait de concevoir un enfant lorsque Chiara vint au monde. Tous ceux et celles qui l’ont connue la décrive comme une jeune femme généreuse ayant une grand amour pour Jésus. Elle s’est rapidement jointe au mouvement Focolare. Chiara Lubich, fondatrice de ce mouvement, l’a même qualifiée de Chiara « Luce », tellement elle rayonnait. La jeune Chiara est atteinte de Cancer à 17 ans. Elle accepta sa maladie avec grâce, affirmant que la volonté de Jésus était sa volonté. Elle mourut deux ans plus tard. À peine 20 ans plus tard, Chiara Luce Badano sera proclamée bienheureuse.

Télévision Sel + Lumière présente ce samedi la messe de béatification de la jeune ‘Lumière’ à 10h HE le matin. À 15h HE suivra une grande fête d’Action de grâce avec les membres des Focolare à Rome. Les célébrations seront diffusées avec commentaires en anglais.

Le mouvement focolare compte environ 2000 membres au Canada dont un grand nombre au Québec.

Hors des ombres et des images dans la plénitude de la vérité

Réflexion à propos de la béatification du cardinal Newman

La cérémonie de béatification tant attendue du grand théologien catholique John Henry Newman s’est tenue le 19 septembre 2010 à Birmingham en Grande-Bretagne. Newman est l’un des catholiques anglais dont l’influence a le plus marqué le XIXe siècle. Ce dernier est passé de l’anglicanisme au catholicisme et s’est servi de sa grande intelligence et de sa magistrale faculté d’écrire pour gagner des milliers de personnes au Christ et à l’Église catholique romaine.

NEWMAN-DATELe cardinal Newman a été proclamé bienheureux par le pape Benoit XVI lui-même, faisant une entorse avec la tradition de son pontificat dont la coutume est de présider aux cérémonies de canonisation des nouveaux saints tandis que les cardinaux ou les archevêques président aux cérémonies de béatification. Benoit XVI et John Henry Newman ont des atomes crochus !

John Henry Newman est né le 21 février 1801 dans une famille anglicane de banquiers. Il était l’ainé de John Newman et de Jemima Fourdrinier. Dès son jeune âge, il est passionné par Dieu et les affaires spirituelles, ayant fait l’expérience de sa « première conversion » à 15 ans. À la fin de ses études à l’Université d’Oxford, il est ordonné ministre anglican en 1825. Trois ans plus tard, on le nomme vicaire de l’église St. Mary the Virgin, à Oxford.

En 1833, il organise ce qui devait devenir le Mouvement d’Oxford, pour tenter de combattre les trois maux qui menaçaient l’Église d’Angleterre : la sclérose spirituelle, l’interférence avec l’État et l’hérésie.  En étudiant l’histoire des Pères de l’Église en 1839, Newman découvre que la position de son Église était celle des premiers hérétiques. Il décide de quitter Oxford et avec quelques autres il s’installe près de Littlemore. Pendant trois ans il mène une vie religieuse austère, priant pour être éclairé et guidé. Le 9 octobre 1845, Newman est reçu dans l’Église catholique romaine par le frère Dominique Barberi, théologien italien et membre de la congrégation des Passionistes. Le frère Barberi a été béatifié par le pape Paul VI en 1963.

Newman dut faire de gros sacrifices en devenant catholique. Plusieurs de ses amis s’éloignent de lui après sa conversion et sa famille le met à distance. Il doit démissionner de son poste d’enseignant et perd sa seule source de revenu. Newman dit que la seule chose qui l’a soutenu durant cette période fut la présence du Saint Sacrement. [Read more…]

De l’esprit et du cœur – bienheureux John Henry Newman

La veillée de prière à Hyde Park, Londres, hier, était en quelque sorte une préparation à la grand’messe de ce matin à Birmingham au cours de laquelle Benoît XVI a béatifié le cardinal John Henry Newman.

Ce dernier est une figure important tant pour les catholiques que les anglicans d’Angleterre. Dans ce pays qui compte de nombreux martyrs, le Pape a dit qu’il était tant de reconnaître le témoignage d’un homme comme Newman qui a donné sa vie non par le sang mais à travers tout son ministère sacerdotal. Sa contribution au dialogue entre foi et raison, son travail continu avec les étudiants et même sa critique constructive du catholicisme sont ainsi reconnus et montrés en exemple.

POPE-BRITAIN/NEWMANEn plus de l’héritage intellectuel énorme de Newman, Benoît XVI n’a pas manqué de souligné la qualité du bienheureux en tant que pasteur et homme de coeur. Le Pape a ainsi repris une phrase du cardinal Newman: « Si des anges avaient été vos prêtres, mes frères, ils n’auraient pas pu souffrir avec vous, avoir de la sympathie pour vous, éprouver de la compassion pour vous, sentir de la tendresse envers vous et se montrer indulgents avec vous, comme nous ; ils n’auraient pas pu être vos modèles et vos guides, et n’auraient pas pu vous amener à sortir de vous-mêmes pour entrer dans une vie nouvelle, comme le peuvent ceux qui viennent du milieu de vous. » C’est ainsi que Newman vécut son ministère.

Et c’est pourquoi de la foule qui se trouvait à Birmingham ce matin est montée une acclamation lorsque l’énorme portrait du bienheureux cardinal John Henry Newman a été dévoilé.

Ci-dessous, l’homélie complète du Pape:

Béatification de John Henry Newman, Cofton Park, Birmingham

Homélie du Saint-Père

19 septembre 2010

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Ce jour qui nous rassemble ici à Birmingham est un jour particulièrement béni. D’abord, parce que c’est le Jour du Seigneur, dimanche, jour où notre Seigneur Jésus Christ est sorti vivant d’entre les morts et a changé pour toujours le cours de l’histoire humaine, offrant une vie et une espérance nouvelles à tous ceux qui vivent dans les ténèbres et l’ombre de la mort. C’est pourquoi les chrétiens dans le monde entier se réunissent ce jour-là pour rendre gloire à Dieu et le remercier de toutes les merveilles qu’il a accomplies pour nous. Ce dimanche-ci évoque en outre un moment significatif de la vie de la nation britannique, car c’est le jour choisi pour commémorer le soixante-dixième anniversaire de la « Bataille d’Angleterre ». Pour moi, qui ai vécu et subi les souffrances liées aux jours sombres du régime nazi en Allemagne, il est très émouvant de me trouver ici parmi vous en cette occasion et de faire mémoire de vos si nombreux concitoyens qui ont sacrifié leur vie, résistant courageusement contre les forces de cette terrible idéologie. Ma pensée rejoint d’une manière spéciale la ville voisine de Coventry qui fut frappée au cours du mois de novembre 1940 par des bombardements massifs et de lourdes pertes en vies humaines. Soixante-dix ans plus tard, nous nous souvenons avec des sentiments de honte et d’horreur de l’effrayant coût en vies humaines et en destructions que la guerre entraîne, et nous renouvelons notre résolution de travailler pour la paix et la réconciliation là où pèse la menace de conflits. Toutefois, un autre motif, plus joyeux, fait de ce jour un moment particulièrement porteur de promesses pour la Grande-Bretagne, pour les Midlands, pour Birmingham. Car c’est le jour qui voit le Cardinal John Henry Newman officiellement élevé aux honneurs des autels et proclamé Bienheureux. [Read more…]