Avec humilité, mais avec force : le début d’un Temps nouveau

Réflexion biblique pour la Solennité de la Pentecôte C

pentecoteOn connaît bien le récit d’Actes 2, 1-10 – au matin de la Pentecôte les disciples de Jésus sont réunis dans l’attente et la prière.  Cette nouvelle journée commence par l’explosion d’un tonnerre provenant du ciel, et par un vent violent. ‪L’histoire rappelle le grand vent qui planait sur les eaux dans le récit de la création de la Genèse. ‪Ce qui était d’abord entendu a ensuite été vu – des langues de feu [2, 3]. ‪Le premier don de l’Esprit Saint est le don de la parole dans différentes langues.

La scène passe rapidement de l’intérieur de la salle supérieure, où les disciples sont réunis, au dehors de la maison, dans les rues de Jérusalem.  ‪L’Évangile attirait déjà de grandes foules.  ‪Dans les rues, « les Juifs venus de toutes les nations qui sont sous le ciel de vie à Jérusalem [2, 5] » confrontent l’Église, et leur réaction initiale était l’égarement [2, 6].  ‪Les « langues » dont on parle sont en effet les différentes langues de « chaque nation sous le ciel », puisque chaque étranger s’écrie: « Nous avons entendu, chacun de nous, dans notre langue maternelle [2, 8]. »

L’énumération par Luc des nations-Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de la Mésopotamie, la Judée et de Cappadoce, le Pont et l’Asie, la Phrygie et de Pamphylie, l’Egypte et les parties de la Libye appartenant à Cyrène, et les visiteurs Juifs et prosélytes venus de Rome [2, 9-10], affirme très clairement qu’aucune nationalité n’est exclue de la proclamation de la Bonne Nouvelle.  ‪Dans ces quelques lignes, Luc nous donne une histoire en miniature, de l’ensemble de la narrative des Actes des Apôtres. [Read more…]

En Jésus, l’avenir a déjà commencé!

Réflexion biblique pour la solennité de l’Ascension C

Comme Jérusalem est la ville du lieu de l’accomplissement du salut dans l’évangile de Luc (le lieu où se réalise le salut), Jérusalem occupe aussi une place centrale au début des Actes des Apôtres. C’est le point de départ de la mission des disciples d’aller « aux extrêmités de la terre », le lieu où les apôtres étaient et le point focal de la doctrine des débuts de la communauté (Actes 15, 2-6).

RembrandtAscensionLes premiers versets de la première lecture (Actes 1, 1-2) associe nt le livre des Actes avec l’évangile de Luc et montrent que les apôtres ont été instruits par Jésus ressuscité (vv 3-5). Les disciples étaient inquiets, avides de réponses. Ils demandèrent : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? ». Ils pensaient que « la promesse du Père » apporterait  la souveraineté politique comme à l’époque du règne du roi David.  Mais Jésus a répondu clairement que ce n’était pas le but de la promesse.

La promesse n’apporterait pas non plus un apercu de la fin des temps, car « il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. » pour la fin des temps. La promesse n’allait pas rendre leurs vies plus faciles en restaurant la domination politique ou nationale, ou en accordant une illumination divine. En recevant l’Esprit ils auraient aussi été baptisés dans le feu. Ils auraient reçu le pouvoir de prendre le rôle du Christ : enseigner, nourrir et servir, être ignorés, souffrir et mourir pour lui. [Read more…]

Le Concile de Jérusalem, le Défenseur et la stratégie pastorale

Réflexion biblique pour le 6e dimanche de Pâques C

La première communauté de l’Église à Jérusalem n’existait pas sans problèmes ! À l’évidence, le chapitre 15 des Actes des Apôtres met en relief plusieurs de ses controverses. Lorsque quelques-uns des Pharisiens convertis de Jérusalem découvrent les résultats de la première journée de mission de Paul [Actes 15, 1-5], ils insistent pour que les Gentils apprennent à observer la loi mosaïque. Reconnaissant l’autorité de l’Église de Jérusalem, Paul et Barnabé visitent Jérusalem afin de régler la question concernant le droit des Gentils à pratiquer une forme de christianisme qui omet cette obligation. Le « Concile de Jérusalem » [Actes 15, 1-35] marque le rejet officiel de cette vue rigide qui obligeait les Gentils à observer la loi mosaïque de manière stricte. De ce passage jusqu’à la fin du Livre des Actes, le texte de Luc se concentre sur Paul et la mission de Gentils.

Une des premières controverses majeures de l’Église

CouncilofJerusalemSi les Gentils sont invités à être chrétiens, ceci impliquerait-t-il qu’ils devront suivre les coutumes des Juifs convertis au christianisme ? Cela pourrait être interprété par l’imposition de règles correspondantes, comme la circoncision, les restrictions diététiques, et celles concernant le mariage. La scène de notre première lecture d’aujourd’hui présente d’une part, l’une des premières grandes controverses de l’Église paléochrétienne, et d’autre part, nous donne d’excellentes introspectives sur notre propre compréhension de la tradition, de la continuité, et de la résolution des conflits au sein de l’Église.

Dans la lecture du livre des Actes, il y a mention de quelques membres de l’Église de Jérusalem qui tentaient d’insister sur la circoncision comme procédé nécessaire pour le salut dans l’Église d’Antioche. Le problème classique de la première Église tournait autour de la nécessité de la loi mosaïque en tant qu’instrument de salut. Ayant été circoncis au huitième jour de sa naissance, Jésus y avait en effet parfaitement adhéré [Luc 2, 21], et n’annula jamais la force de la loi mosaïque. En effet, il affirme clairement : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » [Mathieu 5, 17]. Toutefois, Pierre, porté par l’inspiration du centurion romain de Cornelius, avait baptisé la maison de Dieu sans avoir recours à la circoncision. [Read more…]

La Nouvelle Jérusalem

Réflexion biblique pour le 5e dimanche de Pâques C

À la lumière de la deuxième lecture d’aujourd’hui du livre de l’Apocalypse, j’aimerais vous offrir quelques réflexions sur la Ville Céleste de Jérusalem et de la place importante qu’elle occupe dans la spiritualité chrétienne.

HOLYLAND-SCHEDULELe Talmud babylonien révèle trois composantes essentielles de l’âme hébraïque : le Ciel, la Terre et la Jérusalem céleste. Selon les rabbins : « Pendant que le monde était en cours de création, Dieu distribua dix portions de joie au monde, et neuf de celles-ci furent données à Jérusalem; Dieu donna dix portions de beauté au monde, et neuf de celles-ci furent dédiées à Jérusalem; Dieu donna dix portions de souffrance au monde, et neuf furent dédiées à Jérusalem. »

Jérusalem est le lieu de convergence des joies, des aspirations et des peines de l’humanité. C’est la ville des rêves qui se réalisent ou qui s’effondrent. Une mappemonde médiévale très connue montre Jérusalem et le temple de Salomon au centre du monde, des continents : l’Europe, l’Afrique, et l’Asie, qui y émanent en forme de pétales gigantesques. C’est une vision de la rédemption du monde qui provient de Jérusalem. Jérusalem est le cœur du monde et le centre de l’histoire.

L’histoire du salut qui se révèle dans la Bible, se déroule entre deux visions qui forment le début et la fin du drame humain : la vision du paradis perdu – dans le livre de la Genèse, et la vision de la nouvelle Jérusalem qui descend de Dieu – dans le livre de l’Apocalypse. Nous venons de Dieu, et nous retournons à Lui. Ces deux visions sont les deux balises qui mettent en lumière tout ce qui figure entre elles concernant l’histoire et le destin du genre humain, qui est fait de souffrance humaine et de joie. [Read more…]

Écouter la voix du Bon Pasteur

Réflexion biblique pour le quatrième dimanche de Pâques C

Alors que nous nous éloignons du jour de la résurrection du Christ, les lectures de la liturgie des dimanches du temps pascal nous aident à comprendre ce qui est arrivé à Jésus et à l’Église à travers son triomphe sur la mort. Au deuxième dimanche de Pâques, nous avons contemplé soigneusement les blessures du Christ et renouvelé nos liens d’amitié avec lui, à table dans la chambre haute, verrouillée.

Le Bon PasteurLe troisième dimanche de Pâques cette année nous a permis d’entrer dans l’intimité de la scène au bord du rivage, nous menant au travers des ruines du déni et du désespoir, et nous offrant une occasion de nous réengager à aimer le Christ en tant qu’amis.

Au quatrième dimanche de Pâques, nous rencontrons le Bon Pasteur qui est réellement le beau et noble berger qui connaît intimement son troupeau. Le « Dimanche du Bon Pasteur » est aussi la Journée mondiale de prière pour les vocations dans l’Église.  Dans les trois cycles liturgiques, le quatrième dimanche de Pâques nous présente un passage de l’évangile de Jean au sujet du Bon Pasteur.

Dans l’Ancien Testament, Dieu lui-même est representé comme le berger de son peuple « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien´ (Psaume 22,1). » « Il est notre Dieu ;  nous sommes le peuple qu’il conduit, le troupeau guidé par sa main (Psaume 94,7). »  Le futur Messie est décrit aussi par l’image du berger : « Comme un berger il nourrit son troupeau, de son bras il rassemble les agneaux dans ses bras, les portant sur son sein, et guidant les brebis avec soin (Isaie 40,11). » [Read more…]

La réhabilitation de Pierre, et la nôtre

Réflexion biblique pour le 3e dimanche de Pâques C

Le récit dramatique de l’évangile de ce dimanche (Jean 21, 1-19) a pour toile de fond la mer de Galilée. La majeure partie  du ministère de Jésus s’est déroulée le long de la rive nord-ouest de cette mer, connue aussi sous le nom de Mer de Tibériade (Jean 6, 1) et le lac de Gennésareth (Luc 5, 1). Cette « mer » est en réalité un lac d’eau douce,  de la forme d’une petite harpe de 20 km de long et 11 de large. La pêche joue un rôle important dans le Nouveau Testament et l’église primitive. Pêcher est finalement devenu un symbole important de la tâche missionnaire de l’Église, depuis que Jésus a invité ses premiers disciples à « être des pécheurs d’hommes. »

La symphonie du petit déjeuner en deux mouvements

Jésus_et_PierreLe chapitre 21 est un épilogue du quatrième évangile, un « petit déjeuner symphonique » Le premier mouvement (vv 1-14) décrit l’apparition du Seigneur ressuscité aux disciples  « sur le bord du lac de Tibériade ». Cela a un rapport avec la pêche. Lorsque Pierre décide d’aller pêcher, il est rempli d’un certain sentiment de résignation et de mélancolie, allusion à la déprime et au découragement qu’il a dû expérimenter avec les disciples après la mort de Jésus. Pierre est tout simplement en train de revenir à son ancien métier.

L’apparition de Jésus est enveloppée de mystère, dans l’atmosphère familière du “ne sachant pas que c’était lui ” que nous trouvons si souvent chez les évangélistes. Les disciples ont été en mer et « ils passèrent la nuit sans rien prendre» (v3), représentation graphique de stérilité. Ils ont fait ce qu’ils croyaient être la bonne chose mais ils ont fait l’expérience de l’échec. Cela les prépare à apprendre l’une des leçons essentielles de la manière d’être disciple – sans Jésus ils ne peuvent rien faire (15, 5). Le point tournant survient au matin, peut-être pour symboliser l’aube de la lumière spirituelle. Jésus est à nouveau décrit comme se tenant là, sans description de son arrivée (v4; 20,14 ; 19, 26). [Read more…]

L’ombre de Pierre, le toucher de Thomas

Réflexion pour le deuxième Dimanche de Pâques année C ou Dimanche de la divine providence

La première lecture de ce dimanche, tirée des Actes des Apôtres (5,12-16), nous offre un aperçu de la communauté chrétienne primitive à Jérusalem. Luc a déjà mentionné la croissance rapide de l’église primitive (2,41. 47 ; 4,4; 6,1 ; 9,31). Dans la lecture d’aujourd’hui, il veut ajouter le fait qu’un grand nombre de femmes ainsi que des hommes ont été baptisés et sont devenus disciples (5,14). Signes et prodiges sont les résultats visibles de quelques cadeaux de l’Esprit comme « le travail des miracles » et les « actions du pouvoir » (I Corinthiens 12, 9-28). Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d’assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.Pierre Guérison

Une image puissante de Pierre nous est présentée (vv 15-16): «On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des lits et des brancards : ainsi, quand Pierre passerait, il toucherait l’un ou l’autre de son ombre. Et même, une foule venue des villages voisins de Jérusalem amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits mauvais. Et tous, ils étaient guéris. »

L’ombre de Pierre

J’ai toujours été ému par l’image de « l’ombre de Pierre » planant au-dessus des malades et des affligés. Les personnes qui passaient sous l’ombre de Pierre étaient guéries, non par l’ombre de Pierre, mais par la puissance de Dieu qui était à l’œuvre à travers Pierre. Ces miracles de guérison attiraient les personnes de l’église primitive et les confirmaient dans la véracité des enseignements des apôtres et le fait que la puissance de Dieu était avec eux. Nous apprenons aussi que les chefs religieux qui étaient jaloux du pouvoir et de l’autorité de Jésus voyaient les apôtres comme une menace et exigeaient d’être respectés pour eux-mêmes. Les apôtres n’exigeaient pas de respect pour eux-mêmes. Leur but était d’apporter le respect et la révérence à Dieu. Les apôtres ont acquis le respect du peuple, non parce qu’ils l’exigeaient mais parce qu’ils le méritaient. [Read more…]

Une réflexion vidéo pour le temps pascal

Le père Thomas Rosica parle du temps de la résurrection, temps de grâce et temps de joie.

Reste avec nous Seigneur

Réflexion biblique pour le premier dimanche de Pâques

Emmaus iconL’histoire biblique des deux disciples d’Emmaüs raconte comment un chemin de tristesse peut devenir une promesse d’espérance. Deux compagnons découragés ont quitté Jérusalem. Tandis qu’ils s’éloignent de la Ville Sainte, un inconnu les rejoint, s’approche, les interroge et commence à leur parler.

Pour les disciples en route vers Emmaüs, la nouvelle les a fait sortir de leur propre apitoiement et de leur mauvaise interprétation des Écritures.  Par ailleurs, cette nouvelle les a amenés à se plonger plus profondément dans le mystère de la passion et de la mort de Jésus.

L’histoire d’Emmaüs parle du pain rompu et partagé au petit groupe.  Mais c’est encore peu de chose pour lui. Si ce geste n’est pas habité par une lumière plus profonde, il ne vaut rien du tout.

Quelque chose s’éveille en eux et les bouleverse intérieurement : «Notre coeur n’était-il pas tout brûlant tandis qu’il nous parlait sur la route?», diront-ils, lorsque leurs yeux s’ouvriront et reconnaîtront Jésus ressuscité.

Ce récit biblique des disciples d’Emmaüs est avant tout une école de prière pour notre vie.  L’itinéraire des deux disciples nous offre un modèle et une consolation nous aidant à découvrir la présence de Dieu qui marche avec nous, surtout dans des moments difficiles, de désespoir, et de tristesse. [Read more…]

« Comme des fioles d’albâtre de nard… »

Réflexion biblique pour le Veillée pascale, année C

Je considère le chapitre sur la résurrection (24) de l’évangile de Luc comme une belle symphonie en trois mouvements. Dans le premier mouvement du tombeau vide (vv.1-12), Dieu seul dénoue une situation sans espoir et sans issue. Dans le deuxième mouvement du récit d’Emmaüs (vv.13-35), Dieu, en la personne de Jésus, accompagne des personnes dans leur chemin à travers les ruines du désespoir et de la mort. Les récits du troisième mouvement présentent Jésus parmi ses disciples (vv.36-53) et conduisent les personnes à une expérience de  communauté.

Femmes au tombeauL’évangile pour la vigile de Pâques cette année (24, 1-12) est le premier mouvement d’une symphonie de résurrection. Ce sont d’abord les femmes qui découvrent le tombeau vide et reçoivent le message des anges que Jésus est ressuscité. Tandis que les femmes ne sont pas nommées au chapitre 23, nous apprenons en 24,10 qu’il s’agissait de Marie Madeleine, Jeanne et Marie, la mère de Jacques. Même si les apôtres allaient être des témoins de la résurrection (Actes 1, 22), ils semblent être dans le désarroi tandis que les femmes disciples sont là pour recevoir la joyeuse nouvelle.

L’histoire du tombeau vide commence par une référence aux épices que les femmes avaient préparées. Le passage précédent racontant l’enterrement de Jésus (23, 50-56) se termine avec une note selon laquelle les femmes qui étaient venues avec Jésus de Galilée ont suivi Joseph d’Arimathie et ont vu le tombeau ainsi que la manière dont le corps de Jésus y avait été étendu. Les femmes connaissaient le tombeau exact où Jésus avait été placé. Il n’y avait aucune possibilité de confondre le tombeau. Après avoir préparé des épices et des onguents, elles se sont reposées le jour du sabbat d’après la loi juive. Le sabbat terminé elles sont venues embaumer le corps de Jésus pour qu’il ait un enterrement approprié. [Read more…]