Cette nourriture qui fortifie Élie est aussi la nôtre

Réflexion biblique pour le 19e dimanche du temps ordinaire B

J’ai toujours aimé lire le cycle du livre des Rois avec Élie. Le chapitre 18 du premier livre dresse un portrait d’Élie en tant que prophète invincible qui s’élève contre les rois et prophètes, mais reste pleinement humain à travers son périple! La première lecture de ce dimanche tirée de 1 Rois 19 nous présente un grand prophète qui est également vulnérable, pris par la peur et le découragement. 

Situons d’abord ce récit du premier livre des Rois. Au chapitre 19, nous voyons les retombées de la brillante victoire d’Élie contre Jézabel et les prêtres de Baal au sommet du mont Carmel. Alors qu’il aurait dû être triomphant, Élie reçoit un message lui révélant les intentions meurtrières de Jézabel, et il prend peur (v. 3). Élie est persécuté à cause de sa fidélité et pour demander l’obéissance au Dieu unique: une telle loyauté menaçait des pouvoirs qui avaient leurs propres idées sur les individus ou objets que l’on devait adorer.

L’ardent prophète d’Israël fuit immédiatement vers le Sud dans le désert du Néguev. Son humeur est à la défaite et à la désolation. Après tout ce qu’il avait fait pour le Dieu d’Israël, sa victoire lui semblait bien éphémère. On ne lui avait pas donné la protection divine promise. Il voulait tout simplement mourir: « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie: je ne vaux pas mieux que mes pères.» Là, dans le désert aride, Élie s’assied à l’ombre d’un buisson et demande la mort à Dieu. Il manifeste ainsi son découragement face à son peu de succès à encourager les Israélites à être fidèles à Dieu. [Read more…]

« Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »

Réflexion biblique pour le 18e dimanche du temps ordinaire B

La manne - Nicolas Poussin, 1639 Musée du Louvre

La manne - Nicolas Poussin, 1639 Musée du Louvre

Nous pouvons certainement comprendre la frustration de Dieu envers son peuple dans la première lecture tirée de l’Exode (16, 2-4; 12-15). Le Dieu d’Israël vient de délivrer son peuple de l’esclavage et les conduisait vers la terre promise. Pourtant, après avoir traversé la mer Rouge et célébré sa victoire, la première action que l’on rapporte du peuple au Sinaï en est une de mécontentement, d’abord au sujet de l’eau amère de Mara (Ex 15, 22-27) et encore d’autres plaintes et une envie nostalgique pour les marmites de viande et le pain à satiété au pays d’Égypte, où ils pouvaient manger à leur faim ! Dans ce cadre d’ingratitudes et de lamentations, Dieu fit pleuvoir du pain du haut du ciel (manne) et des cailles pour nourriture. Le passage que nous lisons ce dimanche présente le contraste entre le non-croyant (se plaignant que la manne et les cailles ne sont pas une nourriture suffisante) et le croyant (qui voit le pain et les cailles comme un généreux don pour les affamés).

Une autre sorte de nourriture

Dans l’évangile de ce dimanche (Jean 6, 24-35), qui suit la multiplication des pains, Jésus dit à la foule venue le trouver: « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte.» (Jn 6, 26-27)

Ceux qui l’écoutaient poursuivirent la conversation en lui demandant: « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu? » Jésus leur répondit: « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé.» (Jn 6, 28-29) Il s’agit d’une invitation à avoir foi en Jésus, le Fils de l’Homme, celui qui donne la nourriture qui est impérissable. Sans la foi en Celui que le Père a envoyé, il n’est pas possible de reconnaître et d’accueillir ce don qui ne passera jamais.

La multiplication miraculeuse des pains n’avait pas évoqué la réponse de foi attendue de la part de ceux qui avaient été les témoins visuels de cet événement. Ils voulaient un nouveau signe: « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle œuvre vas-tu faire? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » (Jn 6, 30-31) Les disciples réunis autour de Jésus s’attendaient à un signe, comme la manne qu’avaient mangées leurs pères au désert. Mais Jésus les exhorte à espérer quelque chose de mieux qu’une simple répétition du miracle de la manne, d’espérer un autre type de nourriture. Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » (Jn 6, 32-33) [Read more…]

Ce n’est jamais assez tant qu’on ne l’a pas donné

Réflexion pour le 17e dimanche du temps ordinaire B

corpus-christi-tabgha1La lecture de l’Ancien Testament de ce dimanche, tirée de 2 Rois 4, 42-44, est un prélude approprié à la multiplication des pains et des poissons d’après Jean (6, 1-21). L’auteur du Livre des Rois nous parle de l’un des serviteurs d’Élisée qui doutait que vingt pains d’orge étaient suffisants pour nourrir cent personnes. Élisée avait confiance en la promesse du Seigneur et demanda à son serviteur d’obéir. Le miracle qui suivit donna raison à la confiance d’Élisée. Le nombre de gens nourris est toutefois modeste par rapport aux 5000 nourris dans l’évangile de Jean !

Le pain est un symbole de la personne et de l’œuvre de Jésus dans le grand enseignement eucharistique de Jean au chapitre 6. Ce thème reviendra dans les lectures des quatre prochaines semaines. L’évangile de ce dimanche est le merveilleux récit de la multiplication des pains et des poissons d’après Jean. Les diverses versions de la multiplication des pains et des poissons, deux dans Marc et Matthieu et un dans Luc et Jean, nous indiquent l’intérêt de l’église primitive pour les rassemblements eucharistiques (voir par ex. Marc 6, 41 ; 8, 6 ; 14, 22). Elles ramènent également au signe du pain dans Exode 16, Deutéronome 8, 3-16 ; les psaumes 78, 24-25 et 105, 40 et le Livre de la Sagesse (16, 20-21). L’événement miraculeux que rapportent les quatre évangélistes laisse entrevoir la vie du Royaume de Dieu comme un banquet présidé par le Messie.

Les points de vue des évangélistes sur ce miracle

Les lecteurs de Marc voient cet incident comme une anticipation de la Dernière Cène (14, 22) et le banquet messianique, deux événement célébrés lors des eucharisties de cette communauté.

L’ajout du nombre de personnes présentes et nourries dans l’évangile de Matthieu est très significatif. Le nombre total a pu osciller entre vingt et trente milles personnes. Le miracle se répète également en 15, 38. Le nombre de gens nourris donne à ce récit un caractère social unique.

Luc établit un lien entre le récit de Jésus qui nourrit la foule et la prédication de ce dernier sur sa passion et ses instructions sur la manière de porter son fardeau quotidien (9, 18-27). Célébrer l’eucharistie en mémoire de Jésus (22, 19), c’est partager non seulement sa mission (9, 1-6), mais aussi son dévouement et sa destinée, symbolisés par la croix. Dans l’évangile de Luc, l’eucharistie nous nourrit et nous renforce pour poursuivre notre route.

Des touches johanniques uniques

Le récit de la multiplication dans Jean est un élément central de l’enseignement de Jésus sur le Pain de Vie (6, 1-15). Le récit de Jésus marchant sur les eaux suit immédiatement cette histoire. Le lac de Tibériade, lieu précisé au début du récit, est aussi le lieu d’apparition du Seigneur ressuscité (21, 1-3). [Read more…]

Jésus, le berger compatissant de Dieu

Réflexion biblique pour le 16e dimanche du temps ordinaire B

Le thème du berger est au cœur des lectures de ce 16e dimanche du temps ordinaire (B). Le récit évangélique présente Jésus qui a de la compassion pour la foule, car ils étaient ‘comme des brebis sans berger.’ Il nous aide à comprendre son ministère d’enseignement, de réconciliation et de berger.

La littérature de l’Antiquité qualifiait souvent de berger la personne en charge de diriger la communauté.  L’Ancien Testament décrit souvent le Seigneur lui-même comme berger de son peuple. On l’invoque comme ‘mon berger’ (Ps 22, 1), et la communauté le prie en tant  que ‘Berger d’Israël’ (Ps 79, 1).

Dans le Nouveau Testament, l’image du berger manifeste à la fois une grande autorité et une grande responsabilité. Nourrir le troupeau signifie que le berger doit les protéger de l’hérésie, toujours prêt à protéger ses brebis des maraudeurs. Jean nous dit que Jésus lui-même proclamait accomplir l’espoir d’Israël en la venue du Bon Berger: «Je suis le Bon Berger. Le Bon Berger donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11).

Lorsque Jésus se retire dans un endroit désert avec ses disciples pour se reposer, il attire un grand nombre de gens à sa suite. Jésus est rempli de pitié envers ce nouveau peuple de l’exode; il satisfait leur faim spirituelle en leur enseignant plusieurs choses, se montrant ainsi le berger fidèle de la nouvelle Israël.  [Read more…]

Jésus nous envoie pour enseigner et guérir

Réflexion biblique pour le 15e dimanche du temps ordinaire B

Lorsque les évangiles nous rapportent l’appel lancé par Jésus à ces jeunes disciples et apôtres, cet appel est toujours fait avec compassion. Jésus veille sur ceux qu’il appelle, il les aime, les met au défi et les incite à être quelque chose qu’ils n’auraient jamais pu imaginer!

L’évangile de ce dimanche (Marc 6, 7-13) porte sur la formation de ceux qui éventuellement propageront l’Évangile aux quatre coins du monde. Marc perçoit l’enseignement et le travail des apôtres comme un prolongement de l’enseignement et de l’œuvre de Jésus. Dans le récit de Marc, cet appel des Douze est vu dans l’invitation de Jésus à devenir pêcheur d’hommes (Mc 1, 16-20), puis des Douze choisis pour être avec Jésus et recevoir l’autorité pour prêcher et expier les démons (3, 13-19). On leur donne maintenant la mission spécifique d’exercer cette autorité en paroles et en actes comme représentants de Jésus.

Dans ce récit de l’appel, Jésus n’interdit pas la visite de territoire païen ou l’entrée de ville de Samarie. Ces différences indiquent une certaine adaptation aux conditions à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine et suggère, d’après le récit de Marc, une activité tardive dans l’Église. Du reste, Jésus exigeait de ses apôtres une dépendance totale à Dieu pour la nourriture et l’abri (Cf. Mc 6, 35-44; 8, 1-9). Logeant dans une même demeure en tant qu’invité (6,10), au lieu d’aller dans un lieu plus confortable évitait toute impression de chercher des avantages pour soi et déshonorer son hôte. Pourquoi Jésus dit-il à ses apôtres de ‘voyager léger’ avec peu ou pas de provision? Il veut que ses disciples dépendent de lui et non d’eux-mêmes. Il promet d’œuvrer à travers et en chaque personne appelée à sa gloire. Secouer la poussière de ses pieds servait de témoignage contre ceux qui rejetait l’appel au repentir.

Aide ou obstacle?

L’ignorance des disciples est l’un des thèmes récurant de l’évangile de Marc. En lisant l’évangile au complet, nous constatons que les disciples sont à la fois un obstacle et une aide pour Jésus. Ils ne comprennent pas ces paroles ni ne l’appuie dans sa mission. À maintes reprises, Jésus les blâme pour leur incapacité à comprendre et pour leur dureté de cœur. Mais lorsque les disciples comprennent mal Jésus et le laisse tomber, ils font plus qu’exercer sa patience. Ils servent de cobayes. Ceux qui ‘songent aux choses du monde’ plutôt qu’aux choses de Dieu ne peuvent comprendre que le chemin étroit qui se trouve devant Jésus doit nécessairement se terminer à la croix. Ainsi ils agissent d’une manière qui risque de détourner Jésus de sa voie. [Read more…]

N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie?

Réflexion biblique pour le 14e dimanche du temps ordinaire B

gottlieb-jesus-prechant-a-capharnaumNous connaissons bien l’Évangile d’aujourd’hui, même trop bien! Il en relevait de traditions que Jésus aille à la synagogue chaque semaine durant le Sabbat et une fois son tour, il devait lire les écritures sacrées au cours de la célébration du Sabbat. Les habitants de sa ville natale écoutaient encore plus attentivement ses enseignements, car ils étaient tous au courant des miracles accomplis dans les autres villes. De quels signes le gars du village pourrait-il s’occuper sur son propre territoire?

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus a surpris son propre peuple, car il semble rebuter la croyance qu’aucun prophète de Dieu ne puisse être honoré parmi son peuple. Les habitants de Nazareth se sont offusqués et ont refusé d’écouter ce qu’il avait à dire. Ils méprisaient son message, car il était de la classe ouvrière, un charpentier, un simple laïc de même qu’ils le méprisaient en raison de sa famille. Jésus  ne pouvait pas accomplir des actes dignes de sa puissance en leur présence, car ils étaient fermés et ne croyaient pas en lui. Si des personnes se regroupent dans les buts de haine et du refus de comprendre, ils seront incapables de percevoir d’autres points de vue et ils refuseront d’aimer  et d’accepter les autres. Est-ce un scénario connu? Combien de fois nous sommes-nous retrouvés dans une situation similaire? [Read more…]

« Jeune homme, jeune femme, lève-toi! Revis! Aime à nouveau! »

Réflexion biblique du 13e dimanche du temps ordinaire B
 
La semaine dernière, nous avons été témoins de la puissance divine agissant sur les forces de la nature (Marc 4, 37-41). Aujourd’hui, les récits de l’Évangile en ce 13e dimanche du temps ordinaire, nous révèlent son autorité envers  le mal et la mort. Dans ces récits forts, Jésus nous rappelle de l’importance de la foi. Rien n’est possible sans la foi. En se rendant à la maison  de Jaïre (Marc 5), Jésus est confronté à des pannes, des délais et même des obstacles sur la route. Les personnages de Marc (5) transmettent leur impureté à Jésus et à chacun, Jésus leur accorde la plénitude de Dieu qui purifie. Prenons un moment pour revoir chaque situation.

La femme souffrante d’hémorragies

La guérison miraculeuse, par Jésus, de cette femme  qui souffrait d’hémorragies depuis douze ans est décrite dans trois  des quatre Évangiles (Mt 9, 20-22; Mc 5, 25-34; Lc 8, 43-48). Selon la loi juive, trois formes d’impuretés étaient assez graves pour valoir l’exclusion sociale : la lèpre, les souillures causées par des écoulements corporels et les impuretés au contact d’un mort (Nb 5, 2-4). Dans l’Évangile selon Marc (verset 5), la femme était affligée d’une maladie qui la rendait rituellement impure (Lévitique 15, 25-27), ce qui l’aurait exclue de contacts sociaux et de la pratique religieuse au temple. Elle souhaitait désespérément la guérison par  Jésus, mais elle savait que d’après la loi juive, il serait ainsi rituellement impur au contact de son sang.

Tous ceux qui souffraient d’une des maladies devenaient impurs. Toute chose ou personne touchée par le malade devenait impure. Tous ceux qui étaient impurs souffraient également d’une séparation avec les autres et avec Dieu. Toute chose impure était inapte ou indigne de la présence d’un Dieu qui était saint. Ceux que l’on jugeait impurs devaient se soumettre à un rite de purification ou d’épuration afin d’être accueillis à nouveau en société et dans la présence de Dieu.

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“Puiser avec joie aux sources du salut…”

 

Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le “mois du Sacré Coeur”.  Faisons un “pèlerinage aux sources” de cette tradition, à Paray le Monial, en France, lieu des révélations du Coeur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Coeur pour les hommes.

Le siècle de Marguerite-Marie est celui de l’éclatement de l’hérésie janséniste condamnée au siècle suivant.  Cette hérésie présente volontiers un Dieu terrible et sévère en opposition au Dieu d’Amour et de Miséricorde. Le message d’amour du Coeur de Jésus arrive donc à point nommé, il aura d’ailleurs un autre apôtre, dans le même siècle, en la personne de Saint Jean-Eudes.  Marguerite-Marie rentre donc chez les visitandines de Paray-le-Monial, c’est là que le Seigneur lui fait savoir son désir de faire connaître au plus grand nombre l’amour de son Coeur. 

Jésus lui apparaît de nombreuses fois, alors qu’elle était en prière devant le Saint-Sacrement. L’essentiel de son message est regroupé dans trois de ces révélations.  Peu à peu, le «message du Coeur de Jésus » a touché l’ensemble du monde chrétien, et a donné naissance, à partir de 1873, à de grands pèlerinages qui se poursuivent aujourd’hui. 

Ce Message “« Je vous donnerai un coeur nouveau » avait été annoncé par le prophète Ezéchiel. Ces paroles résonnent à Paray le Monial avec force. Celui qui est venu pour révéler son Coeur transpercé est Celui-là même en qui tous peuvent venir puiser à la source de la miséricorde :  «Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rendra témoignage- son témoignage est véritable et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi, vous croyiez. » (Jean 19,33-35)  [Read more…]

Nourriture fabuleuse et boisson pour la route

Réflexion biblique pour la Solennité du Corps et du Sang du Christ
 
L’évangile de ce jour (Marc 14, 12-16; 22-26) associe la mort de Jésus avec la grande fête de libération d’Israël. A la première Pâque, le sang sur les portes avait pour but de préserver les premiers-nés de la mort. Le pain rompu au Dernier Repas symbolise le partage des disciples dans l’offrande de Jésus. Boire la coupe de sang crée un lien commun nouveau et dynamique. Le sang de Jésus sanctifie et revitalise chacun de nous. L’eucharistie a quelque chose qui la distingue de tout autre mémorial. C’est à la fois un mémorial et une présence, même si elle est cachée sous les signes du pain et du vin. 
 
Notre liturgie eucharistique proclame le seul lien de vie entre Dieu et son peuple. A la manière du sang qui coule du cœur et unit tous les membres dans un seul flot de vie, ainsi sommes-nous unis intimement avec Dieu à travers le corps et le sang de Jésus. La vraie nature de l’Eucharistie implique un lien avec Dieu et avec la communauté. Nos destinées sont entremêlées avec la propre vie de Dieu. Nous ne pouvons pas être seuls, car le sang est notre lien commun.
 
En célébrant la fête du Corps et du Sang du Seigneur cette année, nous réalisons deux choses.  Cette fête est quotidienne et pourtant, nous avons fixé un jour dans l’année pour célébrer la fête des fêtes que nous célébrons chaque jour. Non seulement célébrons-nous le pain et le vin qui deviennent le corps et le sang du Seigneur, nous célébrons aussi la nouvelle identité donnée à ceux qui partagent entre eux le corps et le sang de Jésus et deviennent alors ce qu’ils mangent et boivent. [Read more…]

Rapports aux autres et communauté : deux éléments importants aux yeux de Dieu

Réflexion biblique pour la Fête de la Sainte Trinité

Une des plus importantes dimensions de notre Dieu Trinitaire est la communauté d’amour et de personnes modelées pour nous dans le mystère de la Sainte Trinité. Pour les chrétiens, la Trinité est le premier symbole d’une communauté qui se tient grâce à sa diversité interne. Si notre foi est fondée sur le mystère de la Trinité qui est fondamentalement un mystère de communauté, alors tous nos efforts humains, toutes nos activités, doivent contribuer à la construction de la communauté humaine, reflet de la vie trinitaire de Dieu.

Le passage d’aujourd’hui du Deutéronome (4, 32-34, 39-40) est un excellent point de départ pour sonder les profondeurs du mystère de la Trinité. Considérez un moment les paroles de Moïse encourageant et exhortant le peuple d’Israël :

Alors, de là-bas, vous rechercherez le SEIGNEUR ton Dieu ; tu le trouveras si tu le cherches de tout ton cœur, de tout ton être. Quand tu seras dans la détresse, quand tout cela t’arrivera, dans les jours à venir, tu reviendras jusqu’au Seigneur ton Dieu, et tu écouteras sa voix. Car le Seigneur ton Dieu est un Dieu miséricordieux ; il ne te délaissera pas, il ne te détruira pas, il n’oubliera pas l’alliance jurée à tes pères.

Le passage tout entier parle de la relation privilégiée  entre Dieu et Israël, liant l’unicité de la vocation d’Israël avec l’unicité du Dieu d’Israël.

Puis, dans une série de questions plus rhétoriques, Moïse, sachant très bien que le Seigneur seul est Dieu, met les habitants du peuple d’Israël «sur la sellette» et  demande au sujet de leur Dieu:

Interroge les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu de la flamme, et qui soit resté en vie ?  Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, par la force de sa main et la vigueur de son bras, et par des exploits terrifiants – comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ?  Il t’a été donné de voir tout cela pour que tu saches que le Seigneur est Dieu, et qu’il n’y en a pas d’autre (4, 32-35).  

Le grand ouvrage Trinitaire de Matthieu

A la fin de l’Évangile de Matthieu la scène majestueuse du départ (28,16-20) nous rapporte les derniers moments de Jésus sur terre et nous rappelle la grande tâche de l’Église : “Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit et apprenez-leur tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. (v. 19-20). [Read more…]