Réflexion biblique pour le 24e dimanche du temps ordinaire B
Le récit de l’évangile de ce dimanche (Marc 8, 27-35) porte sur l’affirmation, l’identité et l’objectif de la mission de Jésus. Marc fait de cet épisode le cœur de son évangile. On le trouve immédiatement après le récit de la guérison de l’aveugle de Bethsaïde.
Cette restauration de la vue prépare la scène à la profession de foi de Pierre et au moment glorieux de la Transfiguration. La nature véritable de Jésus est graduellement révélée aux disciples. Leur cécité est guérie mais ils ne saisissent toujours pas pleinement le sens de ce qu’ils voient. À partir de ce moment, tous les éléments de l’évangile de Marc portent vers la crucifixion.
S’il y avait un «point tournant» dans la description du ministère public de Jésus que fait Marc, c’est bien l’évangile de ce dimanche. Au cours de mes études postuniversitaires en Israël dans les années 90, j’ai eu le privilège de travailler avec l’équipe archéologique qui effectuait les excavations à Césarée-de-Philippe, aujourd’hui appelé «Banias», qui réfère à «Paneas» ou au dieu grec Pan. Luxure et violence étaient monnaie courante dans ce lieu où était adoré ce dieu.
Au temps de Jésus, ce temple était reconnu comme le lieu d’un culte pour la fertilité très populaire. Nous sommes au nord d’Israël, à la frontière de la Syrie, au pied du majestueux mont Hébron. Jésus et ses disciples arrivent dans la région de Césarée-de-Philippe au cours d’un long périple qui les menait loin de chez eux.
Césarée-de-Philippe avait été construite par Philippe, une autre génération de la famille hérodienne. Il s’agissait d’une ville garnison pour l’armée romaine. Au cœur de ce lieu de culte païen au dieu grec, Jésus questionne ses disciples au sujet de son identité. Jésus demande ce que les autres disent de lui. Comment percevaient-ils son œuvre? Qui est-il selon eux? Probablement surpris par cette question, les disciples ratissent leurs souvenirs pour une conversation passée, une opinion ou une rumeur qui circulaient dans l’une des villes aux alentours du lac. Jésus lui-même est bien au courant de ce qu’on dit de lui et connaît trop bien les attitudes blessantes de ses propres concitoyens de Nazareth. [Read more...]
Dans ce magnifique poème biblique du livre d’Isaïe 35,4-7 (la première lecture d’aujourd’hui), le prophète annonce que la captivité babylonienne tire à sa fin. L’exode du peuple de Dieu, esclave en Égypte, est devenu un modèle qui invite à réfléchir sur le salut et un symbole de cet important pèlerinage de la famille humaine vers Dieu. Le prophète Isaïe a fait la rencontre d’une communauté d’exilés à la mine abattue. Il réagit en leur rappelant des souvenirs joyeux de l’Exode hors d’Égypte.
Permettez-moi de simplifier un sujet très compliqué afin de faciliter la compréhension de l’Évangile d’aujourd’hui. Les pharisiens tentaient de faire vivre la Loi en chaque juif par le biais d’interprétations adaptées aux divers aspects du quotidien. Les doctrines des pharisiens ne s’opposent pas à celles du Christianisme. À l’époque, les pharisiens étaient le «parti conservateur » du judaïsme. Ils se conformaient strictement à la Torah et au Talmud et ils affichaient une grande moralité. Ils étaient également chefs d’une majorité juive et ils étaient vénérés par leurs adeptes en raison de leur ferveur et de leur dévouement. Ainsi, l’opposition était formée du parti des saducéens, le « parti libéral» du judaïsme qui était bien apprécié d’une minorité de la classe supérieure.
Au chapitre 6 de l’évangile selon saint Jean (vv 41-51), Jésus parle de lui comme «le pain vivant descendu du ciel» et invite ceux qui l’écoutent à manger de ce pain – c’est-à-dire, de croire en lui. Il promet que ceux qui font ainsi auront la vie éternelle. Jésus se compare à la manne descendue du ciel pour soutenir le peuple d’Israël au désert. Cette image forte éveille certainement la mémoire du peuple d’Israël.
La lecture de l’Ancien Testament de ce dimanche, tirée de 2 Rois 4, 42-44, est un prélude approprié à la multiplication des pains et des poissons d’après Jean (6, 1-21). L’auteur du Livre des Rois nous parle de l’un des serviteurs d’Élisée qui doutait que vingt pains d’orge étaient suffisants pour nourrir cent personnes. Élisée avait confiance en la promesse du Seigneur et demanda à son serviteur d’obéir. Le miracle qui suivit donna raison à la confiance d’Élisée. Le nombre de gens nourris est toutefois modeste par rapport aux 5000 nourris dans l’évangile de Jean !