Intentions de prière du pape François pour le mois d’avril 2017: Les jeunes

Je sais que vous, les jeunes, vous ne voulez pas vivre dans l’illusion d’une liberté soumise à la mode actuelle, que vous voulez viser plus haut. Ai-je tort ou raison ?

Église en sortie 31 mars 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec Norman Lévesques, Directeur du Réseau des Églises vertes qui nous parle de la dimension écologique de l’enseignement chrétien. On vous présente un reportage sur la Journée de réflexion sur la pastorale sociale à Notre-Dame du Cap organisée par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Mgr Jean-Pierre Blais sur la réalité pastorale de son église particulière.

Un marathon de 4 ans pour le développement intégral

CNS/Paul Haring

Cette semaine, l’Église entière célébrait le quatrième anniversaire du pontificat de notre bien-aimé pape François. Son élection et son style original auront très certainement attiré l’attention du monde entier. Du côté de celui qui était à l’époque le Cardinal Bergoglio, nous pouvons imaginer l’aspect colossal de la charge de travail qui lui incombait à lui qui avait atteint l’âge où la majorité des évêques prennent leur retraite ! Parmi les caractéristiques de ce pontificat argentin, on a souvent souligné, et à juste titre, sa capacité à faire des gestes qui touchent, sa proximité avec les plus démunis, sa volonté de rejoindre les périphéries de l’existence, son horreur de la corruption et de l’hypocrisie et sa volonté de réforme sans compter son esprit de prière et sa grande dévotion à la Sainte Vierge. Par contre, on tend parfois à négliger la richesse intellectuelle de ces quatre années du pontificat de François.

Une première encyclique sur la foi

Malheureusement restée inexplorée par beaucoup de commentateurs, la première encyclique Lumen Fidei du pape François recèle une myriade d’enseignements précieux sur la foi et ses incidences sur la vie spirituelle et communautaire.

Pour le pape François, l’image la plus à même d’exprimer la foi est celle de la lumière, une lumière qui éclaire, illumine et clarifie notre compréhension de nous-même et des réalités qui nous entourent. Pour ne rappeler que quelques idées de cette encyclique qui vaut le détour, rappelons que pour le Pape, parce qu’éclairant l’intelligence humaine, la foi est ce qui nous permet d’entrer en relation avec Jésus. Comment être en relation avec une personne que je ne connais pas ? Par la foi que nous offre gratuitement Dieu, par l’entremise de l’Église, le chrétien est en mesure de cheminer avec confiance sur ce chemin du don total qu’est la vie chrétienne. Parce qu’animés par l’Amour en personne, nous sommes en mesure de connaître et d’accepter dans notre vie la Vérité qui se révèle au quotidien. Comme il le dit si bien :

« Amour et vérité ne peuvent pas se séparer. Sans amour, la vérité se refroidit, devient impersonnelle et opprime la vie concrète de la personne » [Par contre] « Celui qui aime comprend que l’amour est une expérience de vérité, qu’il ouvre lui-même nos yeux pour voir toute la réalité de manière nouvelle, en union avec la personne aimée » (no.27).

Je crois que cette complémentarité entre amour et vérité est l’une des clés pour interpréter ces quatre années de pontificat.

Héritier de Dieu, héritier d’une maison commune

Publié le 24 mai 2015, l’encyclique Laudato Sì a, si l’on peut dire, élevé le concept « d’écologie intégrale » au titre d’enseignement magistériel. Adaptant la célèbre formule « d’humanisme intégral » du philosophe Jacques Maritain, cette expression assume le sens ordinaire de l’expression tout en soulignant la centralité de l’être humain dans l’environnement. Cette volonté d’inclusion, souvent à contre-courant de l’écologisme « officiel », cherche à manifester que les désordres environnementaux ont des liens directs avec les désordres humains et sociaux. Une écologie sans œillères idéologiques, c’est ce que nous propose ce Pape révolutionnaire à plusieurs égards.

Célébrer le quatrième anniversaire de l’élection de Jorge Bergoglio implique que l’on redouble d’efforts pour assimiler ses enseignements aussi profonds que dérangeants. En effet, puisque se mettre à l’école du pape François demande de prendre part de manière efficace à cette révolution de la tendresse contre la mondialisation de l’indifférence, engageons-nous pleinement sur ce chemin qu’il nous propose du haut de son humilité!

 

Église en sortie avec Mario Pelchat

À NE PAS MANQUER cette semaine à Église en sortie, nous recevons le chanteur, auteur et producteur de disques Mario Pelchat qui s’entretient avec Francis Denis sur sa démarche personnelle de foi et sur son plus récent album intitulé Agnus Dei, réalisé avec la collaboration de huit prêtres du Québec. Aussi, nous vous présentons un reportage sur l’enregistrement de cet album unique ! Tout cela et beaucoup plus sur nos ondes ce vendredi 19h30 ainsi qu’en rediffusion lundi à 20h30.

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“Une citoyenneté franciscaine” Réflexion sur quatre ans de pontificat

Nous savons tous à quel point la citoyenneté, l’engagement social et le souci du Bien commun sont importants et nécessaires pour notre société. La citoyenneté est au cœur des actualités depuis quelques années déjà, et spécialement durant les derniers mois. Nous entendons souvent parler des questions liées à la citoyenneté comme les frontières, les murs, nos passeports, etc. Nous voyons des personnes fuir des régimes oppressifs et d’autres touchées par la pauvreté au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs fuir dans des embarcations de fortune pour se retrouver souvent au milieu de drames horribles causant de nombreuses victimes en Méditerrannée. Les fermetures de frontières et des histoires de déportation remplissent les chaînes de nouvelles. Les leaders du monde enclenchent la sonnette d’alarme en votant des législations favorisant l’extradition des non-citoyens ou en empêchant tout simplement leur entrée dans leur pays. Des chefs d’État construisent des murs au lieu d’ériger des ponts. La crise mondiale des réfugiés  qui nous affecte tous est une histoire troublante d’un désir de citoyenneté, de justice et de rêve de liberté. En ce moment même, la citoyenneté est au premier plan dans l’esprit de nombreuses personnes à travers le monde. Le cri du pape François selon lequel « nous sommes tombés dans une globalisation de l’indifférence » a résonné en 2013 dans la baie de Lampedusa ainsi qu’à de nombreux autres lieux de par le monde.

Quels sont les devoirs et les obligations d’une bonne citoyenneté ? Qu’est-ce que ce Pape jésuite a enseigné au monde à propos de la citoyenneté durant ces quatre années de pontificat ? D’abord, il nous rappelle qu’en ce monde, nous n’avons pas de cité qui perdure. Nous serons toujours des pèlerins, des étrangers sur le chemin de la Nouvelle Jérusalem. Nous aurons toujours ce sentiment d’inconfort en nous à mesure que nous constatons que nous ne correspondons pas à de nombreuses « voies de ce monde ». Le pape François nous enseigne également que la citoyenneté du ciel ne nous enlève pas nos responsabilités, nos devoirs et nos obligations inhérentes à notre séjour sur terre. N’est-ce pas ce que le président des États-Unis John F. Kennedy avait en tête lorsqu’il affirmait dans son discours inaugural « Avec une bonne conscience notre seule récompense sûre, avec l’histoire qui est juge final de nos actions, avançons [] en demandant Sa bénédiction, Son aide tout en sachant qu’ici sur terre, le travail de Dieu doit être vraiment le nôtre » ?

Durant les quatre dernières années, le pape François nous a donné trois bons manuels qui nous aiderons à vivre comme bons citoyens sur la terre alors même que nous nous préparons à nous rendre à notre maison du ciel. Nous en connaissons les titres : Evangelii Gaudium, Laudato Si, Amoris Laetitia. Evangelii Gaudium est le livre de lecture du « comment vivre dans notre monde ? » en nous offrant le cadre de notre relation avec Dieu et avec les autres tout en nous enseignant quelles doivent être nos priorités. Laudato Sì est la maison que Dieu nous a donné : la terre, ses ressources et ses richesses. Nous sommes responsables de cette maison. Amoris Laetitia nous offre un manuel important sur comment vivre nos vies à l’intérieur de cette maison dans nos relations avec les autres.

Jusqu’à quel point avons-nous pris au sérieux la question cruciale du pape François dans son encyclique sur le soin à donner à notre maison commune : « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèderons, aux enfants qui grandissent ? » (No 160). Cette question de l’environnement ne peut être considérée seule et isolément. Elle ne peut être abordée de façon fragmentaire. Cette question nous mène à nous poser la question du sens de notre existence et des valeurs fondamentales de notre vie sociale : « Quelle est la raison d’être de notre vie en ce monde ? Quel est le but de notre travail et de nos efforts ? Qu’est-ce que le monde attend de nous? »  Si nous n’examinons pas continuellement nos consciences avec ces questions, nous ne serons pas de bons citoyens.

François nous rappelle constamment que nous ne pouvons pas vivre dans nos propres cocons, nous retirant dans l’isolement de nos projets personnels en ignorant ce qui se passe autour de nous. Ce pape argentin a souvent insisté sur le fait que, plus que jamais, nous avons besoin « d’une Église qui est de nouveau capable de restaurer la citoyenneté de tant de ses enfants qui marchent comme en exode. La citoyenneté chrétienne est avant tout une conséquence de la miséricorde de Dieu. Le Pape veut que l’Église soit un instrument de réconciliation et d’accueil, une Église capable de réchauffer les cœurs, une Église qui n’est pas centrée sur elle-même mais toujours à la recherche de ceux qui sont dans les périphéries et ceux qui sont perdus, une Église capable d’amener les personnes à la maison ».

Comment oublier le discours émouvant du pape François, premier Pontife en provenance de l’Amérique latine, au Congrès américain le 24 septembre 2015. Ce fut un moment électrisant et une leçon fascinante sur ce qu’est une citoyenneté authentique.  En exaltant les différentes vertus et qualités du peuple américain, François a voulu incarné son discours en présentant quatre exemples tirés de l’histoire américaine : Abraham Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day et Thomas Merton. Selon François, Lincoln était « le gardien de la liberté, qui a travaillé sans relâche de sorte que ‘‘cette nation, sous Dieu, [puisse] avoir une nouvelle naissance de liberté’’. Bâtir un avenir de liberté demande l’amour du bien commun et la coopération dans un esprit de subsidiarité et de solidarité.

De son côté, Dr. Martin Luther King représente ce « besoin de vivre unis, en vue de bâtir comme un tout le plus grand bien commun : celui de la communauté qui sacrifie ses intérêts particuliers pour partager, dans la justice et dans la paix, ses biens, ses intérêts, sa vie sociale.

À la surprise de plusieurs, le Pape a ensuite fait référence à Dorothy Day, fondatrice du Mouvement des travailleurs catholiques. De cette grande dame il a dit : « Son activisme social, sa passion pour la justice et pour la cause des opprimés étaient inspirés par l’Évangile, par sa foi et par l’exemple des saints ».

Pour compléter ce quattuor de héros, le pape François a offert aux puissants politiciens réunis ce matin-là au Capitole un portrait de Thomas Merton comme étant celui qui « demeure la source d’une inspiration spirituelle et un guide pour beaucoup […] Merton était avant tout un homme de prière, un penseur qui a défié les certitudes de son temps et ouvert de nouveaux horizons pour les âmes et pour l’Église. Il était aussi un homme de dialogue, un promoteur de paix entre les peuples et les religions ».

« Trois fils et une fille de ce pays, quatre personnes et quatre rêves : Lincoln, la liberté ; Martin Luther King, la liberté dans la pluralité et la non-exclusion ; Dorothée Day, la justice sociale et les droits des personnes ; et Thomas Merton, la capacité de dialoguer et l’ouverture à Dieu. Quatre représentants du peuple américain. »

Le pape François a conclu ce discours enlevant par ces mots : « Une nation peut être considérée comme grande quand elle défend la liberté comme Lincoln l’a fait, quand elle promeut une culture qui permet aux personnes de ‘‘rêver’’ de droits pléniers pour tous ses frères et sœurs, comme Martin Luther King a cherché à le faire ; quand elle consent des efforts pour la justice et la cause des opprimés, comme Dorothée Day l’a fait par son travail inlassable, fruit d’une foi devenue dialogue et semence de paix dans le style contemplatif de Thomas Merton. »

Pour François, ce discours fut l’équivalent du « I have a dream » du Dr. Martin Luther King. Un message aux chefs d’une nation puissante du monde divisée par des tensions politiques et idéologiques. Il est bon de se rappeler ces paroles prophétiques qui doivent encore résonner à travers l’Amérique et le monde en ce moment où nous faisons mémoire des quatre premières années de pontificat de François : « Nous sommes tous conscients de l’inquiétante situation sociale et politique du monde aujourd’hui, et nous en sommes préoccupés. Notre monde devient de plus en plus un lieu de violents conflits, de haine et d’atrocités brutales, perpétrées même au nom de Dieu et de la religion. […] Le monde contemporain, avec ses blessures ouvertes qui affectent tant de nos frères et sœurs, exige que nous affrontions toute forme de polarisation qui le diviserait en deux camps. Nous savons qu’en nous efforçant de nous libérer de l’ennemi extérieur, nous pouvons être tentés de nourrir l’ennemi intérieur. Imiter la haine et la violence des tyrans et des meurtriers est la meilleure façon de prendre leur place. C’est quelque chose qu’en tant que peuple vous rejetez. »

Prions afin que nous puissions prendre au sérieux l’enseignement du pape François sur la citoyenneté en imitant la vie des hommes et de la femme qu’il nous a laissés ce matin de septembre 2015. Ce fut un moment important des quatre années de son ministère pétrinien. Nous avons beaucoup à apprendre de la vie d’Abraham Lincoln, Martin Luther King, Dorothy Day, Thomas Merton mais également de Jorge Mario Bergoglio a.k.a Francis. Ils sont tous d’important modèles de citoyenneté authentique qui nous guident dans notre pèlerinage vers la Jérusalem céleste.

Le père Thomas Rosica c.s.b. est PDG de la Fondation catholique Sel et Lumière média au Canada. Il a notamment servi comme attaché de presse de langue anglaise de la Salle de Presse du Saint-Siège de 2013 à 2017.

 

Vidéo des intentions du Pape (Mars 2017): Aider les chrétiens persécutés

Mars 2017. La vidéo du Pape. Dans de nombreuses régions du monde, des chrétiens sont persécutés simplement parce qu’ils sont chrétiens. Ils ont besoin non seulement d’une aide matérielle, mais aussi de nos prières. Unissons-nous au Pape dans sa prière pour les chrétiens persécutés.

«  »Tant de personnes sont persécutées à cause de leur foi, forcées de fuir leurs maisons, leurs lieux de culte, leur terre, leurs proches !

Ils sont persécutés et assassinés parce que chrétiens, sans que leurs persécuteurs fassent la moindre distinction entre les confessions auxquelles ils appartiennent.

Je vous demande ceci : combien d’entre vous prient pour les chrétiens persécutés ?

Je vous encourage à tenter avec moi l’expérience du soutien fraternel à toutes les églises et toutes les communautés, à travers la prière et l’aide matérielle. »

Par le Réseau Mondial de Prière du Pape (Apostolat de la prière) –
http://www.prieredupape.org/

Si tu veux voir davantage de vidéos sur les intentions du Pape, suis le lien : http://www.ilvideodelpapa.org

La relation entre l’Église et les jeunes passe par l’éducation

CNS photo/Mike Crupi, Catholic Courier

La semaine dernière, nous avons commencé notre examen du document préparatoire au prochain synode sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». J’aimerais aujourd’hui poursuivre mes réflexions sur un point central de ce texte important pour l’année qui s’en vient. On constate, en effet, qu’une grande attention est portée aux différents défis que pose l’éducation des jeunes générations.

Pour l’Église, l’éducation est d’abord et avant tout un devoir de charité, une préoccupation à combattre cette pauvreté de l’intelligence qu’est l’ignorance. Or, avec le développement actuel des communications sociales et « la mondialisation, les jeunes tendent à être toujours davantage homogènes dans tous les endroits du monde » (no2). De plus, on assiste à un désintérêt grandissant des jeunes pour l’apprentissage des connaissances nécessaires pour être socialement fonctionnels mais également pour percevoir la valeur de ce qui ne se perçoit pas directement comme le sont les réalités spirituelles. Cet appauvrissement culturel, encouragé par une société de consommation de plus en plus vorace, pose le problème de l’intérêt même des jeunes à combler cette ignorance qui, s’ils ne la combattent pas par l’étude et l’effort, atrophie les talents qui dorment en eux.

Devant ce problème du manque d’intérêt pour l’apprentissage et l’épidémie d’incapacité de concentration des jeunes générations, on pourrait se décourager et croire que rien n’est possible, d’où l’attitude de certains adultes qui négligent leurs responsabilités d’éducateurs. En effet, parfois le manque de maturité des jeunes peut mener à sous-estimer les attentes réelles des jeunes qui désirent, souvent sans l’avouer, des modèles forts de don de soi : « Les générations plus mûres tendent souvent à sous-évaluer les potentialités, emphatisent les fragilités et ont du mal à comprendre les exigences des plus jeunes. » (No 2). C’est pourquoi, le document développe sur les différents défis de l’éducation d’aujourd’hui qui portent souvent plus sur les difficultés d’adaptation des adultes que des jeunes eux-mêmes. Spécialement sur cette carence de nos sociétés à offrir collectivement des modèles : « des personnes capables d’exprimer une certaine harmonie et de leur offrir un soutien, un encouragement et une aide pour reconnaître leurs limites, sans faire peser de jugement » (no2).

Être conscient des défis éducatifs, tant dans l’Église que dans la société, signifie voir le futur des institutions davantage sous la loupe de l’innovation plutôt que de la conservation. De ce point de vue, la réalité est que trop souvent nos institutions, bien que théoriquement ouvertes au changement et à la diversité, semblent concrètement figées et réfractaires aux changements. Or, un des mots qui revient le plus souvent dans le texte est celui de « risque » (13 fois). S’inspirant du message du pape François à Villa Nazareth dans lequel il affirmait : “ Comment pouvons-nous redonner la grandeur et le courage de choix de grande ampleur, d’élans du cœur, pour affronter les défis éducatifs et affectifs ? ”. J’ai dit et redit ce mot : risque ! Risque. Celui qui ne risque pas n’avance pas. “ Et si je me trompe ? ”. Que le Seigneur soit béni ! Tu te tromperas bien plus si tu restes immobile (Discours à la Villa Nazareth, 18 juin 2016). » Respecter le développement des jeunes implique sortir de notre peur du risque puisque cela les empêche de « passer du statut de perdants, qui demandent la protection vis-à-vis des risques du changement, à celui de sujets du changement, capables de créer des opportunités nouvelles. »

Comme vous l’aurez constater, le document préparatoire au synode des évêques 2017 sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » nous plongera « au dehors » de nos façon de faire habituel. Après ce survol des différents constats sur la jeunesse d’aujourd’hui, nous poursuivront notre réflexion la semaine prochaine en abordant plus directement la réalité du discernement vocationnel et qui doit s’opérer dans ces conditions.

Église en sortie 24 février 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons un reportage sur le Musée Marguerite-Bourgeoys et la Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours du Vieux-Montréal. Dans la deuxième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Mme Audrey Charland, agente de communications et de développement de la Presse Missionnaire MIC, au sujet du Centre virtuel de la mémoire historique missionnaire MIC.

http://pressemic.org/fr/accueil/

http://www.marguerite-bourgeoys.com/fr/musee/musee.asp

 

L’Église et les jeunes: un discernement à double sens

CNS photo/Max Rossi, Reuters

Il y a quelques semaines, le Secrétariat de la 15e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques publiait un document préparatoire ainsi qu’un questionnaire sur le thème « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » pour les diocèses du monde entier. Suivant la même méthodologie que les précédents synodes sur la famille, ce document a pour but d’amorcer la réflexion en vue des discussions qui auront lieu à Rome en octobre prochain. Ce texte subdivisé en trois parties manifeste non seulement la richesse doctrinale, humaine et pastorale qui fait de l’Église, selon les mots du bienheureux Paul VI, une « experte en humanité » (no 13) mais également sa volonté d’inclure les jeunes dans cette démarche de réflexion qui vise à mieux les accompagner dans leur processus de discernement vocationnel. Ainsi donc, la conversion demandée à toute l’Église est déjà mise en pratique dans le processus même du synode !

À chacun sa vocation

Tout être humain a une vocation, c’est-à-dire un appel à l’amour qui prend « une forme concrète dans la vie quotidienne à travers une série de choix, qui allie état de vie (mariage, ministère ordonné, vie consacrée, etc.), profession, modalité d’engagement social et politique, style de vie, gestion du temps et de l’argent, etc. » (Intro). L’Homme étant un être social, il ne pourra découvrir le sens de sa vie que par l’entremise d’autres personnes qui l’aideront à déployer son plein potentiel tout au long de sa vie. La qualité de ce « parcours “ réflexif ” » (no3) dépendra donc énormément du milieu dans lequel les jeunes évoluent, d’où l’importance d’une approche adaptée à notre monde et à leur destinée intemporelle.

Un double discernement

Pour être en mesure d’aider les jeunes à grandir, à gagner en maturité et à faire les choix qui s’imposent dans tout discernement vocationnel, l’Église doit se mettre à leur portée dans un processus d’accompagnement qui tient compte du monde dans lequel ces jeunes vivent. Pour ce faire, une réflexion profonde sur les grandes dynamiques actuelles qui sont également opportunités et défis doit avoir lieu.

L’une des constatations du document est que la jeunesse ne représente pas un bloc monolithique. Nous avons affaire à « une pluralité de mondes des jeunes (no 1), ce qui demande une attention particulière aux subtilités culturelles, économiques, sociales, politiques, artistiques et j’en passe. Loin de vouloir faire une analyse exhaustive de ces différences, le document cherche à souligner quelques grands courants qui influencent les jeunes de toute société.

Par exemple, on souligne cette énergie de la jeunesse à vouloir s’impliquer, « sa disponibilité à participer et à se mobiliser pour des actions concrètes, où l’apport personnel de chacun peut être une occasion de reconnaissance identitaire ». Elle pourra trouver en l’Église le catalyseur de cette volonté d’engagement total tout en la préservant des différentes dérives de notre temps, qu’elles soient consuméristes ou idéologiques.

Cependant, l’Église doit se départir des attitudes qui pourraient infantiliser les jeunes et les porter à cette « insatisfaction envers des milieux où les jeunes ressentent, à tort ou à raison, qu’ils ne trouvent pas leur place ou dont ils ne reçoivent pas de stimuli ». Ainsi, une transformation missionnaire « d’une Église qui accompagne » (Evangelii Gaudium, no 24) les jeunes dans leur discernement lui permettra également d’exercer un examen de conscience sur ses propres pratiques. En ce sens, lorsque le Pape affirme : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. », cela signifie aussi donner des responsabilités aux jeunes sachant que, comme tout le monde, ils feront des erreurs mais qu’au bout du compte, ils seront à la hauteur des responsabilités que nous leur confierons.

La semaine prochaine, nous continuerons l’analyse de ce document important sur le processus de transformation missionnaire de l’Église tel que voulu par le pape François.

 

Église en sortie 27 janvier 2017

Cette semaine à Église en sortie, nous recevons Daniel Paradis, responsable de l’organisme Présence-Compassion qui nous parle de cette initiative au service des itinérants du centre-ville de Montréal. L’abbé Claude Paradis nous offre sa première chronique des actualités de la rue de l’année 2017. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Mme Estelle Drouvin sur le Centre de Services de justice réparatrice dont elle est la coordonnatrice.