Profession des vœux perpétuels dans la Congrégation des sœurs de Sainte-Croix

Le samedi 30 juillet 2011, à 14h, dans la Crypte de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, trois religieuses de la Congrégation des sœurs de Sainte-Croix ont fait leur profession des vœux perpétuels: Sœur Maria Nguyen Thi Thanh Thuy, c.s.c., Sœur Maria Do Thi Bich Hien – Becky, c.s.c. et Sœurs Maria Tran Thi Thuy Hang, c.s.c.

Ces trois religieuses sont toutes d’origine vietnamienne. Elles sont arrivées en Amérique du Nord après la fin de la guerre du Vietnam en 1975. Si toutes les trois cheminent avec la Congrégation des sœurs de Sainte-Croix à Montréal, Sœur Becky est originaire de Seattle, tandis que Sœur Thuy et Sœur Hang sont originaires de Toronto.

Toute la congrégation de Sainte-Croix, les sœurs, les frères et les prêtres, étaient réunis pour cette grande fête.

Voici un résumé vidéo d’une demi-heure qui comprend plusieurs parties:
- l’appel des professes par Sœurs Kesta Occident, c.s.c, l’animatrice générale de la congrégation des sœurs;
- la litanie des saints chantée par deux jeunes de la communauté Basile-Moreau;
- la profession;
- la signature de la formule des vœux;
- la remise de l’anneau;
- le renouvellement des vœux de tous les religieuses et religieux de Sainte-Croix;
- un chant de reconnaissance « Prière pour les parents », un chant vietnamien interprété pour toutes les sœurs vietnamiennes de Sainte-Croix.

Que nos prières accompagnent les sœurs Thuy, Becky et Hang pour leur « oui » à Dieu, dans leur apostolat.

Nouveau : les Pèlerinages Sel + Lumière !

Depuis 2009, fidèle à sa mission d’évangélisation, Sel+Lumière a mis en place les Blessed Journeys, un programme exclusif en anglais offrant des opportunités de voyages inspirants. Face aux nombreuses demandes de fidèles francophones et afin de ne pas vous priver de ces enrichissants pèlerinages, Sel+Lumière s’est uni avec l’agence de voyages Spiritours pour vous offrir ces voyages en français dès 2012. Cet automne, les Pèlerinages Sel + Lumière restent principalement anglophones, cependant un départ de Montréal vers la Terre Sainte est prévu du 14 au 23 septembre 2012 et de plus amples informations seront bientôt disponibles.

Sel + Lumière vous invite à vous joindre à des pèlerinages uniques en France du 27 octobre au 5 novembre 2011 et en Terre Sainte du 12 au 22 novembre 2011, spécialement créés pour vous, afin de vous aider à vivre une aventure pleine de foi, vous permettant d’étendre votre savoir et votre croissance spirituelle.

Venez visiter la magnifique Cathédrale de Notre Dame à Paris et marcher sur les pas de Sainte Bernadette à Nevers et de Sainte Thérèse à Lisieux. Assistez à la messe dans la Grotte de Notre Dame à Lourdes et appréciez les fameux aliments et vins de France.

Le voyage en Terre Sainte et en Jordanie inclut les lieux où le Christ a marché et a prêché, là où il a prié et enseigné, où il est né et où il est mort pour nous : la Mer de Galilée, Nazareth, Cana, Jérusalem, Bethléem, la Mer Morte et bien d’autres encore.

Pour plus d’information, rendez-vous sur www.seletlumieretv.org/pelerinages.

Sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité

Réflexion biblique pour la Fête  du Corps et du Sang du Christ

Les trois lectures d’aujourd’hui, en cette Solennité du Corps et du Sang du Christ, présentent trois façons admirables de parler du don de l’Eucharistie. Permettez-moi de formuler d’abord quelques réflexions sur chacune de ces lectures avant d’examiner en conclusion la façon dont nous pouvons et devons vivre le mystère eucharistique dans notre quotidien.

Le texte de l’Ancien Testament, tiré du Deutéronome (8 ,2-3.14b-16a), nous fait voir Moïse qui s’adresse au peuple d’Israël alors qu’ils approchent de la Terre promise après quarante ans d’errance. Moïse, le grand architecte d’Israël, fait appel à la mémoire du peuple, il le presse de se rappeler comment le Seigneur a pris soin de lui pendant ce long pèlerinage. « Souviens-toi. » « Souviens-toi du Seigneur ton Dieu. » Moïse n’invite pas les gens à un exercice de nostalgie ou de mémoire abstraite. Il leur demande de se rappeler les gestes concrets du Seigneur en leur faveur. Il leur rappelle exactement ce que Dieu a fait pour eux et comment il leur a permis de survivre au désert en leur donnant la manne.

La référence à la manne fait le lien avec l’Évangile d’aujourd’hui dans lequel les auditeurs de Jésus sont d’abord dégoutés à l’idée de manger sa chair. Dans le texte de l’Évangile, Jésus parle quatre fois de manger sa chair (Jean 6, 51-58). Jésus est nul autre que le Seigneur qui fait son entrée dans notre vie d’êtres humains, chair et sang comme nous. Les auditeurs de Jésus ne sont pas seulement rebutés par le fait de manger sa chair et de boire son sang : ils ont du mal à accepter qu’en Jésus, Dieu est entré pour de bon dans le monde.

Un seul pain, un seul corps

La deuxième lecture est tirée de la première lettre de saint Paul à la communauté divisée de Corinthe (10, 16-17). Même si les chrétiens de Corinthe peuvent avoir de très belles célébrations, ils ne forment pas le corps du Christ. Les riches ne partagent pas avec les pauvres et on ne se porte pas au secours des plus vulnérables. C’est désavouer le sens le plus profond de l’Eucharistie que de la célébrer sans se soucier de la charité et de la communion. Paul est très sévère à l’endroit des Corinthiens parce que « quand vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus le repas du Seigneur que vous prenez » (11,20) à cause des divisions, des injustices et des égoïsmes. Paul exhorte ses correspondants à devenir la nourriture qu’ils consomment : le corps du Christ.

Dans son commentaire sur l’Évangile de Jean, saint Augustin a une formule – « sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité » (In Johannis Evangelium 26,13) — qui résume parfaitement le discours de saint Paul aux Corinthiens : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain » (1Co 10,17).

En partageant cette nourriture et cette boisson, nous sommes unis plus étroitement les uns aux autres car nous formons le corps du Christ. L’interpellation que lançait Paul aux chrétiens de l’ancienne Corinthe reste valable pour nous aujourd’hui. Il faut constamment revenir aux paroles de Paul. Notre foi communautaire est-elle un signe manifeste de ce que nous sommes : le corps du Christ? Quels sont les signes qui arriveraient à en convaincre ceux qui nous regardent?

Les réponses johanniques

Les trois Évangiles synoptiques situent le geste eucharistique de Jésus à la dernière Cène avant sa mort et renvoient spécifiquement à l’effusion de son sang qui s’accomplira sur la Croix. Saint Paul voit dans l’Eucharistie une commémoration et un rappel de la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. Combien de fois faut-il commémorer et rendre présente la mort du Seigneur? Si la Pâque juive commémore la geste libératrice du Dieu d’Israël, les chrétiens ne devraient-ils pas en faire autant?

Jean répond à ces questions et à plusieurs autres au chapitre 6 – le grand discours eucharistique du Quatrième Évangile. L’enseignement de l’évangéliste sur l’Eucharistie prend la forme d’un commentaire sur la multiplication des pains et se rattache étroitement à l’action de Jésus dans son ministère. Après la multiplication miraculeuse des pains et des poissons un peu plus tôt dans le chapitre, Jean indique que les gens pour qui le pain avait été multiplié n’y ont pas trouvé de sens particulièrement profond : c’était pour eux une bonne façon d’avoir du pain… Même si Jean est convaincu qu’il s’est produit une multiplication de pain matériel, il tient à montrer clairement que le Fils de l’Homme descendu du ciel ne vient pas seulement calmer une faim physique. Les gens qui ont bénéficié de la multiplication des pains auront encore faim; Jésus est venu apporter un pain céleste et qui en mangera n’aura plus jamais faim.

Ce qu’il y a de plus surprenant dans les remarques de Jésus, c’est qu’il ne prétend pas être un nouveau Moïse ou un autre messager dans la lignée des grands prophètes d’Israël. Jésus affirme être le Dieu même de Moïse, le JE-SUIS qui était et qui est toujours le compagnon de route et la nourriture de son peuple. Un Juif croyant comprend qu’il ne s’agit pas seulement ici de pain terrestre mais de la parole de Dieu qui est nourriture et vie. « On ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche du Seigneur » (Dt 8,3).

Une présence durable

Les doctrines les plus importantes de la foi catholique restent les mêmes à travers les âges et il faut sans cesse y revenir pour en découvrir la richesse et faire l’expérience de leur portée durable pour notre vie quotidienne. Ces doctrines sont le sens le plus profond du message de l’Écriture et ce sens profond se manifeste précisément lorsque l’Écriture est proclamée dans l’assemblée liturgique et que l’Écriture devient sacrement dans la célébration eucharistique. C’est à cette source que nous puisons l’énergie, la vision et l’espérance pour promouvoir une nouvelle civilisation de l’amour.

À chaque messe, la liturgie de la Parole précède la liturgie eucharistique. Il y a donc deux « communions », une avec la Parole et l’autre avec le Pain. L’une ne se comprend pas sans l’autre. L’Eucharistie n’est pas seulement source de force intérieure, elle offre aussi un certain mode de vie. Une façon de vivre qui se transmet de Jésus au chrétien. La célébration de l’Eucharistie n’a aucun sens si elle n’est pas vécue dans l’amour. Dans l’Eucharistie nous sommes appelés à réaliser le plus possible, sur le plan de notre histoire, ce que nous célébrons de manière sacramentelle : le pain pour tous, le salut et la libération pour tous.

Le Christ eucharistique est réellement présent comme pain pour les pauvres, et non pour les privilégiés. Pour que la réalité eucharistique reste crédible, nous devons nous consacrer à édifier un monde meilleur, plus juste. En recevant l’Eucharistie, nous avons part à celui qui se fait nourriture et boisson pour les autres. Nous aussi, nous devons devenir nourriture et boisson pour ceux qui ont faim. La foi en la résurrection de Jésus peut elle-même n’être qu’une idéologie stérile ou dangereuse si elle ne nous incite pas réellement à partager le pain avec nos frères et sœurs qui ont faim.

La présence réelle

En nous donnant le pain de vie, Jésus ne nous offre pas un aliment provisoire, il nous donne le pain éternel de sa parole. Elle ne passera pas. Elle nourrit et donne la vie pour toujours. Jésus est ce pain et en offrant de nous le partager il nous appelle à la foi en lui. Jésus nous invite à « venir à lui », à « croire en lui », à « le voir », à « nous laisser attirer par lui », à « l’écouter » et à « apprendre de lui ». Tous ces verbes sollicitent la réponse active de notre foi (cf. Jn 6, 36.37.40.44.45). Sa parole est nourriture pour notre foi.

La fête d’aujourd’hui, celle du Corps et du Sang du Christ, n’est pas un arrêt, l’occasion de contempler dans la sidération les espèces eucharistiques par dévotion personnelle et pour communiquer en privé avec le Seigneur. La fête que nous célébrons ensemble n’est pas une invitation à seulement fixer et regarder l’hostie mais à recevoir le corps et le sang du Christ puis, nourris de la vie divine que nous avons reçue, à devenir corps et sang du Christ pour le monde.

Quand nous allons recevoir la communion et que les ministres de l’Eucharistie nous présentent cette nourriture et cette boisson saintes, ils disent : « le corps du Christ; le sang du Christ ». Ils ne font pas que nommer ce qu’ils nous offrent à manger et à boire, ils nous nomment, chacune et chacun de nous, car nous sommes « le corps et le sang du Christ ». Autrement dit, la présence réelle ne se trouve pas qu’à l’église mais en chaque chrétien baptisé nourri de l’Eucharistie et devenu présence réelle du Christ pour le monde.

Obligations eucharistiques

Célébrer l’Eucharistie, c’est s’engager à vivre en disciple qui « se rappelle » Jésus, non seulement dans le rituel de la fraction du pain et du partage de la coupe, mais aussi dans « l’imitation » de Jésus, dans la fraction continue de son propre corps et dans l’effusion continue de son propre sang « en souvenir de Jésus ». C’est pourquoi saint Paul ajoute : « Vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1Co 11,26). Quand nous commémorons, quand nous célébrons le « mémorial », l’objet de la mémoire n’est pas une image ou une réplique de la dernière Cène mais la dernière Cène elle-même. Après avoir reçu le corps et le sang du Christ aujourd’hui, nous devons nous poser quelques questions. Adorer en esprit et en vérité exige que notre liturgie et notre prière rituelle débouchent sur notre vie de tous les jours. Comment intégrons-nous notre quotidien à la célébration de l’Eucharistie? Quel est l’impact de l’Eucharistie sur notre vie de tous les jours? En quoi notre dévotion à l’Eucharistie et notre dévouement au foyer et au travail nous permettent-ils d’être de vrais disciples, en adoration devant la présence eucharistique de Jésus?

Comment faire pour être comme le Christ et nourrir les affamés, guérir les malades? Comment faire pour être comme le Christ et donner notre vie pour les autres? Quel est le rapport entre l’Eucharistie et la Réconciliation? Qui est exclu de notre amour en ce moment? Qui réclame à grands cris notre présence? Qu’allons-nous dire à ceux et celles qui ne peuvent avoir part au repas du Seigneur?

Selon les mots et les images de saint Augustin, pouvons-nous dire que le fait pour nous de recevoir l’Eucharistie, chaque jour ou chaque semaine, nourrit notre piété, nous pousse à l’unité et resserre les liens de la charité entre nous?

Sur la Toile:
Le site Web de la chaîne de télé catholique Sel et Lumière:

http://www.saltandlighttv.org

http://www.saltandlighttv.org/blog

Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ : nous ne pouvons vivre sans dimanche

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/search/0/lX4S7UdqieM

Le Sacré Cœur de Jésus

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/search/0/rr0jBYV4-to

Le père Thomas Rosica, de l’ordre des Basiliens, directeur général de la Fondation catholique Sel et Lumière média et de la chaîne de télévision Sel et Lumière, est consulteur auprès du Conseil pontifical des communications sociales. On peut le rejoindre à rosica@saltandlighttv.org.



Erratum dans Perspectives

Aujourd’hui dans Perspectives, le 100ème anniversaire de Mère Julienne du Rosaire est présenté comme ayant été célébré aujourd’hui, le 15 juin. L’évenement s’est en fait produit il y a un mois : LE 15 MAI.
Vous pouvez consulter le site des Dominicaines Missionnaires Adoratrices sur www.op-dma.com

Discours d’adieu au peuple croate

Le mauvais temps a écourté la cérémonie de départ. Nous publions le discours du Pape:
« Monsieur le Président de la République,
illustres Autorités,
chers Frères dans l’Épiscopat,
frères et sœurs dans le Seigneur !
Ma visite sur votre terre arrive à son terme. Bien que brève, elle a été riche de rencontres qui ont fait que je me suis senti comme l’un des vôtres, faisant partie de votre histoire, et elles m’ont donné l’occasion de confirmer l’Église qui chemine en Croatie dans la foi en Jésus-Christ, l’unique Sauveur. Cette foi qui vous est parvenue par le témoignage courageux et fidèle de beaucoup de vos frères et sœurs, dont certains n’ont pas hésité à mourir pour le Christ et son Évangile, je l’ai retrouvée ici, vivante et authentique. Rendons louange à Dieu pour l’abondance des dons de sa grâce qu’il dispose largement sur le chemin quotidien de ses enfants ! Je désire remercier tous ceux qui ont collaboré à l’organisation de ma visite et à son déroulement ordonné.
Je garde vivantes dans mon esprit et dans mon cœur les impressions de ces journées. Unanime et sincère a été, ce matin, la participation à la sainte Messe à l’occasion de la Journée Nationale des Familles. La rencontre d’hier au Théâtre National m’a permis de partager une réflexion avec les représentants de la société civile et des communautés religieuses. Ensuite, les jeunes, durant la veillée de prière intense, m’ont montré le visage lumineux de la Croatie, tourné vers l’avenir, illuminé par une foi vive, comme la flamme d’une lampe précieuse, reçue des pères et qui demande à être gardée et alimentée au long du chemin. La prière auprès de la tombe du Bienheureux Cardinal Stepinac nous a permis de nous souvenir, d’une manière spéciale, de tous ceux qui ont souffert – et souffrent encore aujourd’hui – à cause de la foi en l’Évangile. Continuons à invoquer l’intercession de cet intrépide témoin du Seigneur ressuscité, afin que, tout sacrifice et toute épreuve, offerts à Dieu par amour pour lui et pour nos frères, puissent être comme le grain de blé qui, tombé dans la terre, meurt pour porter du fruit.
Ce fut pour moi un motif de joie de constater combien est encore vivante aujourd’hui l’antique tradition chrétienne de votre peuple. Je l’ai touchée du doigt surtout dans l’accueil chaleureux que les gens m’ont réservé, comme ils l’avaient fait lors des trois visites du Bienheureux Jean-Paul II, reconnaissant la visite du Successeur de Pierre qui vient confirmer ses frères dans la foi. Cette vitalité ecclésiale, qui est à maintenir et à renforcer, ne manquera pas de produire ses effets positifs sur la société entière, grâce à la collaboration, que je souhaite toujours sereine et fructueuse, entre l’Église et les institutions publiques. À cette époque, où semblent manquer des points de référence stables et fiables, puissent les chrétiens, unis « ensemble dans le Christ », pierre angulaire, continuer à constituer comme l’âme de la Nation, en l’aidant à se développer et à progresser.
Sur le point de repartir à Rome, je vous confie tous aux mains de Dieu. Donateur de tout bien et Providence infinie, qu’il bénisse toujours cette terre et le peuple croate et accorde paix et prospérité à chaque famille. Puisse la Vierge Marie veiller sur la marche de votre patrie dans l’histoire et sur celle de l’Europe tout entière, et que vous accompagne aussi ma Bénédiction Apostolique, que je vous accorde avec grande affection. »

Problème technique de retransmission

Un problème technique nous empêche de retransmettre la veillée avec les jeunes en français comme prevu. Nous nous excusons de ce contretemps.

La messe sera bien retransmise demain à 15h30.

Merci pour votre compréhension.

Le maître d’œuvre et sa communauté de pierres vivantes

Réflexion biblique pour le cinquième dimanche de Pâques  A.

Le mystère de notre union spirituelle au Christ est au cœur de la liturgie du cinquième dimanche de Pâques, cette année. Dans la première lecture, tirée des Actes des Apôtres (6, 1-7), nous voyons que la première communauté apostolique a eu tôt fait de distinguer entre diverses charges et responsabilités.
Les Hellénistes, aux versets 1-7, ne sont pas nécessairement des Juifs de la diaspora mais plus probablement des Juifs palestiniens qui ne parlaient que le grec. Les Hébraïsants sont des Juifs qui parlaient hébreu ou araméen et peut-être aussi le grec. Les deux groupes font partie de la communauté chrétienne juive de Jérusalem. Le conflit entre eux entraîne une restructuration qui a pour but de mieux répondre aux besoins de la communauté.
Le service de la Parole

La fonction essentielle des Douze (v. 2-4) est le « service de la Parole », ce qui comprend l’élaboration du kérygme par la formulation des enseignements de Jésus. Au verset 2, nous lisons : « il n’est pas normal que nous délaissions la parole de Dieu pour le service des repas ». Certains commentateurs de l’Écriture pensent qu’il ne s’agit pas ici de servir à table mais plutôt de tenir les livres où l’on inscrivait les distributions de nourriture aux membres nécessiteux de la communauté. À l’invitation des Apôtres, les disciples choisissent sept hommes : « Étienne,  homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas. On les présenta aux Apôtres et ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains. » (v. 5-6).
Tout cet épisode a pour but de présenter Étienne comme une figure éminente de la communauté avant que son long discours et son martyre ne soient racontés en Actes 7. Une fois qu’Étienne et les autres ont été choisis, on ne les présente jamais dans l’exercice de la tâche qui leur a été confiée (v. 2-3). Deux d’entre eux, Étienne et Philippe, apparaissent plutôt comme des prédicateurs du message chrétien. Étienne est le plus représentatif du groupe des sept. Notre tradition voit dans cette équipe l’origine du futur ministère des « diacres », mais il faut se rappeler que cette distinction ministérielle ne se trouve pas dans les Actes des Apôtres.
N’oublions pas qu’en plus du service caritatif, Étienne exerçait une fonction d’évangélisation chez les siens – dits « Hellénistes ». Luc insiste sur le fait qu’Étienne, « plein de la grâce et de la puissance de Dieu » (v. 8), présente au nom de Jésus une nouvelle interprétation de Moïse et de la Loi même de Dieu. Étienne relit l’Ancien testament à la lumière de la proclamation de la mort et de la résurrection du Christ.
Une des grandes leçons que nous pouvons tirer du témoignage d’Étienne, c’est que les œuvres caritatives ne doivent jamais être coupées de la proclamation audacieuse, explicite et courageuse de la foi. Il ne fait aucun doute qu’Étienne fut bien l’un des sept à qui on avait confié les œuvres de charité. Mais il n’était pas possible de séparer la foi de la charité. C’est ainsi que, dans la charité, il proclama le Christ crucifié et qu’il le fit jusqu’au martyre. La charité et la proclamation de la foi vont de pair.

Le Christ pierre angulaire
La deuxième lecture d’aujourd’hui est tirée de la Première Épître de Pierre (2, 4-9) et nous présente l’image frappante du Christ pierre angulaire, fondation de l’édifice spirituel qu’est la communauté chrétienne (v. 5). Pour les non-croyants, le Christ est un obstacle, une pierre d’achoppement qui va les faire tomber (v. 8). Le Christ qui est « la pierre vivante » du « Temple spirituel » va nous transformer en « pierres vivantes » (v. 5). Chaque fois que nous nous rassemblons en Église, en tant que communauté croyante, en tant que « pierres vivantes » de l’édifice de Dieu,  nous sommes appelés à être le vrai « temple spirituel » dont le Seigneur est la « pierre angulaire » et où sont offertes « les offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter » (v. 6).
Une communauté de pierres vivantes

Je me rappelle ma première visite sur le site de Capharnaüm, sur la rive nord-occidentale de la Mer de Galilée, en 1988. J’avais la chance d’être guidé ce jour-là par un de mes maîtres et de mes grands amis, feu le Père Carroll Stuhlmueller, prêtre passionniste qui enseignait à la Catholic Theological Union de Chicago.  Le Père Stuhlmueller nous donna d’abord un cours formidable sur les discours du « pain de vie » dans les ruines de la synagogue du troisième siècle, au centre de la ville.  Puis il nous conduisit à travers les rues étroites de ce qui était la base principale de Jésus en Galilée en nous faisant remarquer comment les maisons de la ville étaient construites en petites pierres noirâtres. Il semble qu’on n’utilisait pas de mortier pour faire tenir ces pierres. Il expliqua à notre petit groupe que ces pierres étaient appelées « pierres vivantes ». On les frottait les unes sur les autres jusqu’à ce qu’elles s’emboîtent parfaitement. C’est une image que je n’ai jamais oubliée. J’ai toujours trouvé qu’il y a là une illustration tout à fait parlante de ce qu’est l’Église aujourd’hui : une communauté de pierres vivantes où les frictions trop fréquentes servent à tenir ensemble tout l’édifice. Ce n’est que lorsque nous nous frottons les uns aux autres ou que nous sommes contraints de le faire, que nous apprenons ce qu’est la vraie charité, la vraie communauté. Alors seulement nous sommes en mesure de grandir, de changer et de nous emboîter les uns dans les autres pour former une structure solide, résistante et durable à long terme.
Le grand projet de construction de Jésus

Dans la deuxième lecture, Pierre exhorte : « Soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint ». Très bien, nous nous offrons nous-mêmes à Dieu comme pierres vivantes, mais qu’est-ce au juste que cet édifice spirituel qu’on est en train de construire? Voici qui nous amène à l’Évangile d’aujourd’hui (Jean 14,1-12).  L’Évangile de Jean nous présente l’autre demeure : en fait, il s’agit d’un grand édifice où on ne manque pas de places. N’est-il pas naturel de supposer que « la maison de mon Père » désigne le ciel, et que les nombreuses places qui s’y trouvent sont celles qui nous attendent quand nous passerons de cette vie dans l’autre?  C’est là une belle interprétation de ce passage, tout à fait valable, et nous devrions la laisser pénétrer notre cœur, en particulier aux heures solitaires et douloureuses qui suivent la perte d’un être cher. Mais il ne faut pas restreindre l’application de ce texte aux seuls moments de deuil.
Jésus ne s’inquiète pas seulement de l’autre vie mais aussi de l’ici et maintenant. Quand Jésus, à la dernière Cène, parle à ses disciples de « nombreuses demeures », il leur parle aussi du moment présent.  Les disciples et l’Église primitive avaient besoin de s’entendre dire qu’ils seraient en mesure de remplir leur mission et de s’acquitter de leur ministère même après que Jésus fut remonté auprès du Père. Jésus leur dit : « que votre cœur ne se trouble pas… dans la maison de mon Père il y a plusieurs demeures. » Pas une seule, plusieurs! Le Seigneur nous précède, il est allé nous préparer plusieurs places, même pour ceux et celles qui sont « en dehors » de la communauté de l’Église.  À son heure, Jésus est allé préparer de la place pour tout le monde, en particulier pour ceux et celles à qui personne d’autre ne fait de place. Le grand projet de Jésus, c’est d’édifier une demeure avec quantité de pièces en fonction de la diversité du peuple de Dieu. Et ce vaste bâtiment compte plusieurs demeures faites de pierres vivantes.
L’annonce de son départ

À diverses reprises pendant le temps pascal, Jésus nous annonce son départ : son ascension et son retour au Père. Rappelons ces différentes occasions. D’abord à la dernière Cène :  « Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père… sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu… » (Jean  13,1-3). Jésus pensait à sa mort prochaine mais il voyait aussi plus loin et ces paroles font allusion à son départ imminent, à son retour au Père par l’ascension au ciel : « Mais maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé » (Jean 16,5); « je vais vers le Père et vous ne me verrez plus » (Jean 16,10). Sur le coup, les disciples ne pouvaient comprendre pleinement ce que Jésus avait en tête, d’autant plus d’ailleurs qu’il leur parlait de façon mystérieuse : « je m’en vais et je reviendrai vers vous »; puis il ajouta: « si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père, parce que le Père est plus grand que moi » (Jean 14,28). Après sa résurrection, les disciples verraient dans ces paroles la prophétie de son ascension.
La question que Thomas pose à Jésus, « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin? » exprime l’inquiétude de tout être humain qui prend conscience de la responsabilité que constitue la vie que Dieu nous donne si généreusement, qui regarde en face la nécessité de donner une orientation et un sens à ce qu’il fait. Quand Jésus se présente comme « la voie », le terme désigne aussi le christianisme (Actes 9,2; 19,9.23; 22,4; 24,14.22). Dans l’Église primitive, on connaissait les chrétiens sous le nom de disciples de la Voie.
Le défi de la transmission de la foi aujourd’hui

À la lumière de la richesse des textes d’aujourd’hui, j’aimerais attirer l’attention sur un autre passage du Document préparatoire au prochain Synode des évêques sur « la nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », qu’on appelle les Lineamenta. Le Synode se tiendra au Vatican, en octobre 2012. Ce passage porte sur « les fruits de la transmission de la foi » (#17).
http://www.vatican.va/roman_curia/synod/documents/rc_synod_doc_20110202_lineamenta-xiii-assembly_fr.html
Le but de tout le processus de transmission de la foi est l’édification de l’Église en tant que communauté des témoins de l’Évangile. Le Pape Paul VI affirme: « Communauté de croyants, communauté de l’espérance vécue et communiquée, communauté d’amour fraternel, elle a besoin d’écouter sans cesse ce qu’elle doit croire, ses raisons d’espérer, le commandement nouveau de l’amour. Peuple de Dieu immergé dans le monde, et souvent tenté par les idoles, elle a toujours besoin d’entendre proclamer les grandes œuvres de Dieu qui l’ont convertie au Seigneur, d’être à nouveau convoquée par lui et réunie. Cela veut dire, en un mot, qu’elle a toujours besoin d’être évangélisée, si elle veut garder fraîcheur, élan et force pour annoncer l’Évangile. »
Les fruits que ce processus ininterrompu d’évangélisation engendre dans l’Église comme signe de la force vivifiante de l’Évangile prennent forme dans la confrontation avec les défis de notre temps. Il est nécessaire d’engendrer des familles qui soient un signe véritable et réel d’amour et de partage, capables d’espérance parce qu’ouvertes à la vie ; il faut la force de construire des communautés douées d’un véritable esprit œcuménique et capables d’un dialogue avec les autres religions; on ressent l’urgence du courage de soutenir des initiatives de justice sociale et de solidarité, mettant le pauvre au centre de l’intérêt de l’Église; il faut souhaiter que donner sa propre vie dans un projet de vocation ou de consécration soit source de joie. Une Église qui transmet sa foi, une Église de la « nouvelle évangélisation » est capable dans tous ces domaines de montrer l’Esprit qui la guide, et qui transfigure l’histoire : l’histoire de l’Église, celle des chrétiens, des hommes et de leurs cultures.
Questions pour la réflexion cette semaine

En songeant que la charité et la proclamation de la foi vont de pair, en quoi nos tâches et nos activités caritatives et nos programmes de justice sociale nous donnent-ils l’occasion de proclamer Jésus Christ et son message à ceux et celles que nous secourons?
En quoi nos communautés chrétiennes sont-elles des « pierres vivantes », des lieux dans l’Église qui offrent aux gens une expérience spirituelle?  Dans quelle mesure nos programmes d’éducation de la foi favorisent-ils non seulement une adhésion à la vérité chrétienne mais aussi la création d’une expérience de rencontre personnelle, de communion, de « vie » du mystère du Christ?
Les groupes d’écoute et de discussion autour de la Parole de Dieu sont-ils devenus des outils normaux pour la vie chrétienne de notre communauté? Comment nos communautés expriment-elles la place centrale de l’Eucharistie (célébrée et adorée) et comment, sur cette base, structurent-elles leur vie et leur activité?
Quels sont les principaux fruits que la transmission de la foi a produits dans nos Églises? Jusqu’à quel point les communautés chrétiennes sont-elles disposées à reconnaître ces fruits, à les soutenir et à les alimenter? Quels sont les fruits qui manquent généralement?
Quels sont les obstacles, les épreuves et les scandales qui entravent cette proclamation? Comment les communautés ont-elles appris à vivre ces moments difficiles en y puisant des occasions de ressourcement spirituel et missionnaire?

Sur la Toile:
Le site Web de la chaîne de télé catholique Sel et Lumière: http://www.seletlumieretv.org
http://www.seletlumieretv.org/blog
Dimanche de Pâques

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/62/IQyLyOQA8D8

Deuxième dimanche de Pâques

Reste avec nous

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/95/ZpBnPekgH04

Quatrième dimanche de Pâques: Le Bon Berger http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/94/rGsGRpF3FRY

Ascension (français)

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/search/0/TmPOauZxN8A

La Pentecôte: La plus profonde assurance que l’Esprit…

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La Fête-Dieu – « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/86/eRJFaSAnL9M

Fête de la Sainte Trinité

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Proposer les vocations dans l’Eglise locale

En ce dimanche des vocations, c’est l’occasion de nous souvenir de notre vocation baptismale et de rendre grâces pour toutes celles et tous ceux qui témoignent de l’amour de Dieu dans les différents états de vie.

Dans notre communauté, deux jeunes femmes vont prononcer leur voeux perpétuels l’une à Toronto le 21 mai prochain et la seconde le 2 juin à Paris. A la paroisse, entourées de leurs familles, amis, membres des communautés et paroissiens, elles nous renouvelleront dans notre engagement et notre joie de servir en Eglise.

Le message du Pape nous redit combien l’Eglise locale a un rôle indispensable pour susciter des vocations.

« Proposer les vocations dans l’Eglise locale », en est le thème de cette 48e Journée mondiale de prière pour les Vocations célébrée ce dimanche 15 mai. Le voici dans son integralité:

  »Chers frères et sœurs,

La 48ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations qui sera célébrée le 15 mai 2011, quatrième dimanche de Pâques, nous invite à réfléchir sur le thème: «proposer les vocations dans l’Église locale». Il y a soixante dix ans, le Vénérable Pie XII a institué l’Œuvre Pontificale pour les Vocations Sacerdotales. Par la suite, dans de nombreux diocèses, des évêques ont fondé des œuvres semblables animées par des prêtres et des laïcs, en réponse à l’appel du Bon Pasteur, qui «voyant les foules, eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger». Et il dit: «La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson» (Mt 9,36-38).

L’art de promouvoir et d’accompagner les vocations trouve un lumineux point de référence dans les pages de l’Évangile où Jésus appelle ses disciples à le suivre et les instruit avec amour et sollicitude. Notre attention se porte particulièrement sur la manière avec laquelle Jésus a appelé ses plus proches collaborateurs en vue de l’annonce du Règne de Dieu (cf. Lc 10,9). Avant tout, il apparaît clairement que son premier geste a été de prier pour eux: avant de les appeler, Jésus a passé la nuit seul, en prière et à l’écoute de la volonté du Père (cf. Lc 6,12), en une ascèse intérieure qui prenait de la hauteur par rapport aux réalités du quotidien. La vocation des disciples naît précisément dans le dialogue intime de Jésus avec son Père. Les vocations au ministère sacerdotal et à la vie consacrée sont avant tout le fruit d’un contact permanent avec le Dieu vivant et d’une prière insistante qui s’élève vers le «Maître de la moisson» tant dans les communautés paroissiales, que dans les familles chrétiennes ou dans les groupes vocationnels.

Au début de sa vie publique, le Seigneur a appelé quelques pêcheurs, occupés à travailler sur les rives du lac de Galilée: «Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes» (Mt 4,19). Il leur a montré sa mission messianique par de nombreux «signes» qui indiquaient son amour pour les hommes et le don de la miséricorde du Père; il les a formés par la parole et par le témoignage de sa vie afin qu’ils soient prêts à continuer son œuvre de salut; enfin, «sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père» (Jn 13,1), il leur a confié le mémorial de sa mort et de sa résurrection, et avant d’être élevé au Ciel, il les a envoyés dans le monde entier avec le commandement: «Allez donc! De toutes les nations, faites des disciples» (Mt 28,19).

A ceux à qui il dit: «Suis-moi!», Jésus fait une proposition exigeante et exaltante: il les invite à entrer dans son amitié, à écouter attentivement sa Parole et à vivre avec lui; il leur enseigne le don total à Dieu et à la diffusion de son Règne selon la loi de l’Évangile: «Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12,24); il les invite à sortir de leur volonté fermée sur elle-même, de l’idée d’une réalisation de soi, pour se plonger dans une autre volonté, celle de Dieu, et se laisser conduire par elle; il leur fait vivre une fraternité qui naît de cette disponibilité totale à Dieu (cf. Mt 12,49-50), et qui devient le caractère distinctif de la communauté de Jésus: «Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres» (Jn 13,35).

Aujourd’hui encore, la suite du Christ est exigeante; elle signifie apprendre à fixer son regard sur Jésus, à le connaître intimement, à l’écouter dans la Parole et à le rencontrer dans les Sacrements; elle signifie encore apprendre à conformer sa propre volonté à la Sienne. Il s’agit d’une véritable et réelle école de formation pour ceux qui se préparent au ministère sacerdotal et à la vie consacrée, sous la conduite des autorités ecclésiales compétentes. Le Seigneur ne manque pas d’appeler, à tous les âges de la vie, à prendre part à sa mission et à servir l’Église par le ministère ordonné ou la vie consacrée. Et l’Église «est appelée à garder ce don, à l’estimer, à l’aimer: elle est responsable de la naissance et de la maturation des vocations sacerdotales» (Jean-Paul II, Ex. ap. post-synodale Pastores dabo vobis, 41). Spécialement en notre temps où la voix du Seigneur semble étouffée par d’«autres voix» et où l’invitation à le suivre par le don de sa vie peut apparaître trop difficile, chaque communauté chrétienne, chaque fidèle, devrait accomplir consciencieusement son engagement pour la promotion des vocations. Il est important d’encourager et de soutenir ceux qui montrent des signes clairs de l’appel à la vie sacerdotale et à la consécration religieuse, afin qu’ils sentent la proximité de toute la communauté au moment où ils disent ‘oui’ à Dieu et à l’Église. Moi-même je les encourage comme je l’ai fait pour ceux qui se sont décidés à entrer au séminaire. Je leur ai écrit:«Vous avez bien fait d’agir ainsi. Car les hommes auront toujours besoin de Dieu, même à l’époque de la domination technique du monde et de la mondialisation: de Dieu qui s’est rendu visible en Jésus Christ et qui nous rassemble dans l’Église universelle pour apprendre avec lui et par lui la vraie vie et pour tenir présents et rendre efficaces les critères de l’humanité véritable (Lettre aux séminaristes, 18 octobre 2010).

Il faut que chaque Église locale se fasse toujours plus sensible et attentive à la pastorale des vocations, en amenant au niveau familial, paroissial et associatif – comme Jésus l’a fait pour ses disciples – surtout les adolescents, les adolescentes et les jeunes, à développer une amitié authentique et affectueuse avec le Seigneur, dans la prière personnelle et liturgique; à apprendre l’écoute attentive et féconde de la Parole de Dieu, par une familiarité croissante avec la Sainte Écriture; à comprendre qu’entrer dans la volonté de Dieu n’annihile ni ne détruit la personne, mais permet de découvrir et de suivre la vérité la plus profonde sur soi; à vivre la gratuité et la fraternité dans les relations avec les autres, car c’est seulement en s’ouvrant à l’amour de Dieu qu’on trouve la vraie joie et la pleine réalisation de ses aspirations. «Proposer les vocations dans l’Église locale», signifie avoir le courage d’indiquer, par une pastorale des vocations attentive et adaptée, ce chemin exigeant à la suite du Christ qui engage toute une vie, tellement il est riche de sens.

Je m’adresse particulièrement à vous, chers Frères dans l’Épiscopat. Pour assurer la continuité et la diffusion de votre mission de salut en Christ, il est important de favoriser «le plus possible les vocations sacerdotales et religieuses, et spécialement les vocations missionnaires» (Décr. Christus Dominus, 15). Le Seigneur a besoin de votre collaboration pour que ses appels puissent rejoindre le cœur de ceux qu’il a choisis. Soyez attentifs au choix de ceux qui œuvrent dans le Centre diocésain des vocations, instrument précieux pour la promotion et l’organisation de la pastorale des vocations et pour la prière qui la soutient et en garantit la fécondité. Je voudrais vous rappeler, chers Frères Évêques, la sollicitude de l’Église universelle pour une répartition équitable des prêtres dans le monde. Votre disponibilité à l’égard de diocèses plus pauvres en vocations, est une bénédiction de Dieu pour vos communautés et constitue pour les fidèles le témoignage d’un service sacerdotal qui s’ouvre généreusement aux nécessités de toute l’Église.

Le Concile Vatican II a rappelé explicitement que «le devoir de cultiver les vocations revient à la communauté chrétienne tout entière, qui s’en acquitte avant tout par une vie pleinement chrétienne» (Décr. Optatam totius, 2). Je désire donc adresser un salut fraternel et particulier, ainsi qu’un encouragement à tous ceux qui collaborent de diverse manière avec les prêtres dans les paroisses. Je m’adresse particulièrement à ceux qui peuvent offrir leur contribution à la pastorale des vocations: les prêtres, les familles, les catéchistes, les animateurs. Je recommande aux prêtres d’être disposés à donner un témoignage de communion avec leur évêque et les autres confrères, pour garantir l’humus vital aux nouveaux germes de vocations sacerdotales. Que les familles soient «animées par un esprit de foi, de charité et de piété» (Décr. Optatam totius, 2), pour aider leurs fils et leurs filles à accueillir avec générosité l’appel au sacerdoce et à la vie consacrée. Que les catéchistes et les animateurs des associations catholiques et des mouvements ecclésiaux, convaincus de leur mission éducative, aient le souci «d’éduquer les adolescents qui leur sont confiés, de manière qu’ils puissent percevoir la vocation divine et y répondre de grand cœur» (ibid.).

Chers frères et sœurs, votre engagement dans la promotion et l’accompagnement des vocations trouve tout son sens et son efficacité pastorale quand il s’effectue dans l’unité de l’Église et qu’il est orienté vers le service de la communion. C’est pour cela que chaque aspect de la vie de la communauté ecclésiale – la catéchèse, les rencontres de formation, la prière liturgique, les pèlerinages – est une occasion précieuse pour susciter dans le Peuple de Dieu, en particulier chez les plus petits et les jeunes, le sens de l’appartenance à l’Église et leur responsabilité quant à la réponse à l’appel au sacerdoce et à la vie consacrée, par un choix libre et conscient.

La capacité à cultiver les vocations est un signe caractéristique de la vitalité d’une Église locale.

Invoquons avec confiance et insistance le soutien de la Vierge Marie, afin que l’exemple de son accueil du plan divin du salut et que par sa puissante intercession, puisse se diffuser à l’intérieur de chaque communauté, une disponibilité à dire ‘oui’ au Seigneur qui ne cesse d’appeler de nouveaux ouvriers à sa moisson. Avec ce souhait, j’accorde volontiers à tous, ma Bénédiction Apostolique. »

Sainte Gianna Beretta Molla, Patronne de la Télévision Sel et Lumière

Sainte Gianna Beretta Molla, Patronne de la Télévision  Sel et Lumière.

Récemment, nous recevons pas mal de courrier à Sel + Lumière nous demandant d’expliquer la belle amitié qui existe entre nous et la famille d’une nouvelle sainte dans l’Eglise, Gianna Beretta Molla.  Je suis heureux de pouvoir partager avec la grande famille de téléspectatuers et lecteurs, cette amitié et cette grâce qui est la nôtre.

Gianna Beretta est née à Magenta (Milan) le 4 octobre 1922. Dès son enfance, elle accueille avec une adhésion totale le don de la foi et une éducation fortement chrétienne qu’elle reçoit de ses parents extraordinaires. Ceci la porte à considérer la vie comme un don merveilleux de Dieu, à avoir confiance en la Providence, à être certaine de la nécessité et de l’efficacité de la prière.

Durant les années de lycée et d’université, alors qu’elle s’adonne avec sérieux aux études, elle traduit sa foi en s’engageant dans un apostolat généreux pour les jeunes de l’Action Catholique Italienne et charitable pour les personnes âgées et les pauvres avec la Conférence St-Vincent-de-Paul.

Docteur en médecine et en chirurgie en 1949 à l’Université de Pavie, elle ouvre en 1950 un dispensaire à Mesero, près de Magenta. Elle se spécialise en pédiatrie à l’Université de Milan en 1952 et préfère parmi ses assistés les mamans, les enfants, les personnes âgées et les pauvres.

Alors qu’elle remplit sa charge de médecin, qu’elle ressent et pratique comme une «mission», elle accroît encore son engagement dans l’Action Catholique, en se donnant sans compter pour les «plus jeunes». En même temps, elle exprime en faisant du ski et de l’alpinisme sa grande joie de vivre et son bonheur de jouir de l’œuvre de Dieu dans la nature. Elle s’interroge, prie et fait prier pour sa vocation qu’elle considère aussi comme un don de Dieu. En choisissant l’appel au mariage, elle y répond avec tout son enthousiasme et elle s’y donne totalement «pour former une famille vraiment chrétienne».

Elle se fiance avec l’ingénieur Pierre Molla et, durant les fiançailles, elle est radieuse par son comportement et par son sourire. Dans une lettre à son fiancé, Pietro Molla, Gianna écrivait: « Je veux former avec toi une famille vraiment chrétienne, un petit Cénacle où le Seigneur se sente chez lui, nous guide et nous aide à réaliser nos projets ».   Elle écrivait encore: « En vivant ainsi, Pietro, jour après jour, nous atteignons cette sainteté conjugale que Dieu attend de nous… Je veux former avec toi une famille riche d’enfants comme l’ont été les belles familles dans lesquelles nous sommes nés et où nous avons grandi ».  Ils se sont mariés en 1955 à Magenta en Italie.

En novembre 1956, elle devient maman pour la première fois: Pierre-Louis naît; puis en décembre 1957, c’est Mariolina; en juillet 1959, c’est Laura la troisième. Elle sait harmoniser avec simplicité et équilibre ses devoirs de mère, d’épouse, de médecin et sa grande joie de vivre.

En septembre 1961, vers le 2ème mois d’une nouvelle grossesse, elle connaît la souffrance et le mystère de la douleur: un fibrome à l’utérus apparaît. Il faut l’opérer. Tout en sachant les risques que cela comporte de continuer la grossesse, elle supplie le chirurgien de ne pas recourir à l’avortement, mais de sauver la vie qu’elle porte en elle et elle se confie à la prière et à la Providence.

La vie est sauve. Elle remercie le Seigneur et passe les 7 mois qui la séparent de la naissance avec une force d’âme incomparable et avec une ardeur de chaque instant comme mère et médecin. Anxieuse, elle craint que son bébé puisse naître souffrant et demande à Dieu que cela lui soit épargné.

Quelques jours avant l’accouchement, tout en se confiant pleinement à la Providence, elle est prête à donner sa vie pour sauver celle de son enfant: «Si vous devez décider entre moi et l’enfant, n’hésitez pas: choisissez, et je l’exige, l’enfant. Sauvez-le». Le matin du 21 avril 1962, Jeanne-Emmanuelle est née, saine et sauve. Le matin du 28 avril, malgré tous les efforts et les soins pour sauver aussi la mère, au milieu de douleurs indicibles, après avoir répété: «Jésus, je t’aime. Jésus, je t’aime», elle meurt saintement.

Elle avait 39 ans. Son enterrement est une grande manifestation unanime de profonde émotion, de foi et de prière. Elle repose aujourd’hui au cimetière de Mesero, à 4 km de Magenta.

«Immolation préméditée», c’est ainsi que Paul VI a défini le geste de Gianna à l’Angélus du 23 décembre 1973 en évoquant «Une jeune mère du diocèse de Milan qui, pour donner la vie à sa fille, a sacrifié la sienne dans une immolation préméditée».

Gianna a été béatifiée par Jean-Paul II le 24 avril 1994, lors de l’Année Internationale de la Famille.  Lors de sa béatification, le Pape a dit que « l’acte de Gianna en faveur de la vie n’était possible qu’après une vie de préparation. »  Dix ans plus tard, en mai 2004, Jean Paul II a proclamé Gianna Sainte de l’Eglise Catholique.

La première fois que j’ai entendu parler de Gianna Beretta Molla, j’étudiais les Ecritures à Jérusalem, vers la fin des années 80 et au début des années 90. A cette époque, j’avais été frappé par cette image d’une jeune mère de famille qui a pris une décision héroïque pour permettre à son enfant de vivre à tout prix. J’ai aussi entendu dire que le mari de cette femme était encore en vie ainsi que leurs enfants. Je me souviens que j’avais pensé que cela aurait été magnifique de rencontrer de telles personnes, et d’apprendre quelque chose sur leur itinéraire vers la sainteté en tant que famille.  Je n’imaginais pas ce que l’avenir me réservait!

Nommé aumônier de l’Université de Toronto en 1994,  j’étais très frappé par l’absence de réels héros ou héroïnes dans la vie des jeunes. J’ai également réalisé que l’Eglise tardait à faire connaître les modèles magnifiques des nouveaux saints et bienheureux aux jeunes d’aujourd’hui.  Je me suis mis au travail pour parler des saints et saintes, des bienheureux et bienheureuses aux jeunes qui fréquentaient notre aumônerie.

Nos efforts ont été couronnés et bénis lors de la fête de la Toussaint à l’université de Toronto en 1999. Les étudiants ont lancé une collecte de fonds pour les nouveaux vitraux de la belle chapelle de l’université. Au lieu des trois vitraux prévus, la collecte correspondait à 12 vitraux. Les professeurs et les paroissiens et la communauté catholique de l’université sélectionnèrent ensemble les saints et bienheureux destinés à nous entourer dans cette chapelle. Et parmi eux, à l’unanimité, il y avait les bienheureux Pier Giorgio Frassati, Teresa de Calcutta, Jean XXIII, Gianna Beretta Molla, Thérèse Bénédicte de la Croix, chacun ayant quelque chose à dire à une telle communauté universitaire.

Nous vivons à une époque où la vie est si bon marché et disponible.   L’avortement est le plus grand symptôme de la culture de la mort.   C’est une époque où l’engagement permanent est discrédité dans de nombreux milieux, où la vie humaine et la vie de famille sont assiégées, où le sacrifice et la vertu sont absents de tant de vies, où certains, dans des professions médicales, ont de moins en moins le souci de la dignité et du caractère sacré de chaque vie humaine, où la souffrance est considérée comme une nuisance sans signification rédemptrice, où la bonté, la joie, la simplicité, et la beauté sont suspectes, Gianna Beretta Molla nous montre une voie alternative d’une extraordinaire beauté.

Je réflechis souvent à ce qu’a dit le cardinal Carlo Maria Martini, sj, ancien archevêque de Milan.  Il a appelé Gianna « Femme, mère, et amante de la vie », à sa béatification en 1994.  L’acte de Gianna était héroïque, dans la mesure où chaque jour de sa vie elle s’est préparée à cet acte final. Sa décision pour la vie a été l’épanouissement naturel et le sommet d’une vie extraordinairement vertueuse faite de sainteté, de détachement, et de joie paisible. Sainte Gianna Molla continue de rappeler à l’Eglise et au monde la nécessité d’une éthique de vie constante, des premiers instants de la vie jusqu’aux derniers. Nous sommes appelés à l’héroïsme par notre choix de vie au quotidien. Pour la plupart, nous ne sommes pas prêts à une action héroïque. Nos vies ne nous y ont pas préparés. Mais nous pouvons et nous devons nous préparer pas à pas au détachement de nous-mêmes. Si nous le demandons à Sainte Gianna Molla, elle nous donnera le courage de faire le prochain pas.

Sainte Gianna Molla, prie pour nous tous.  Donne-nous l’amour et le goût pour la vie.

Comme le Christ pour les disciples d’Emmaüs, Jean-Paul II a porté durant vingt-sept ans un regard éclairé par la révélation et la vie sacramentelle sur chaque homme et sur l’histoire des peuples de la terre.

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris a prononcé cette homélie lors de la messe d’action de grâces pour la béatification du pape Jean-Paul II à  Notre-Dame de Paris
Samedi 7 mai 2011
Evocation du pape Jean-Paul II en lien avec la rencontre des pèlerins d’Emmaus.
La voici dans sa version intégrale.
« Comme le Christ pour les disciples d’Emmaüs, Jean-Paul II a porté durant vingt-sept ans un regard éclairé par la révélation et la vie sacramentelle sur chaque homme et sur l’histoire des peuples de la terre. ( Ac 2, 14.22b-33 ; Ps 15, 1-2a.5.7-10.2b.11 ; 1 P 1, 17-21 ; Lc 24, 13-35)
« Frères et Soeurs,
Rassemblés pour rendre grâce à Dieu pour la béatification du Pape Jean Paul II, nous venons d’entendre l’Évangile des disciples d’Emmaüs qui peut nous aider à méditer sur le sens des événements que nous venons de vivre.
Ces deux disciples qui font route tristement vers Emmaüs ont été témoins de ce qui vient de se dérouler à Jérusalem. Ils ont vu le Christ condamné, exécuté, mis en croix, enfermé dans son tombeau. Ils ont recueilli le témoignage des femmes qui ont trouvé le sépulcre vide, et celui des disciples qui sont allés vérifier. Cependant, tous ces événements sont restés à leurs yeux sans effet. Ils attendaient que Jésus rétablisse le Royaume d’Israël et ils doivent constater qu’il n’a rien rétabli du tout, et que l’aventure est terminée. Il s’agit maintenant de regagner ses pénates et de reprendre la vie ordinaire.
Soudain, chemine entre eux un compagnon de route dont ils ne connaissent pas le nom. Celui-ci les fait parler, les écoute, mais surtout il les introduit dans l’intelligence des événements qu’ils viennent de traverser (et qui restaient pour eux énigmatiques), à partir des Écritures, de Moïse, de la Loi et des prophètes. Plus encore, une fois à l’auberge, au moment de la fraction du pain, lorsqu’il fait les gestes et dit les paroles qui avaient marqué le dernier repas, ils comprennent brusquement que ce compagnon de marche mystérieux n’était autre que le Seigneur lui-même : « Alors leurs yeux s’ouvrir et ils comprirent tout ce qui était arrivé » (Lc 24, 31).
A travers ce récit condensé, l’évangile de saint Luc ouvre pour nous une réflexion très profonde : cette route de Jérusalem à Emmaüs est à la fois la route de l’humanité et la route de l’Église. L’une avec l’autre, comme les deux compagnons, elles cheminent au long de l’histoire, sans toujours comprendre le sens des événements auxquels elles sont mêlées.
Certes, elles voient, elles savent beaucoup de choses, elles reçoivent l’information sur tout ce qui se passe. Mais bien souvent, la portée des événements, leur enjeu réel et le mystère qui les habite, restent cachés à leurs yeux.
Dans la succession des siècles, nous sommes comme les disciples d’Emmaüs, les témoins attristés de ce qui nous apparait bien souvent comme une victoire de la mort sur la vie. Les disciples d’Emmaüs sont, comme nous, les témoins désabusés qui croyaient que le Christ allait changer le monde et qui voient que le monde continu à vivre comme avant.
Comme les disciples d’Emmaüs, nous sommes des esprits lents à croire, non que nous soyons particulièrement rétifs ou bornés, mais parce que nous avons besoin d’être éclairés sur le sens de ce qui advient. Cette lumière sur les événements ne nous vient pas d’un surcroit d’informations, mais de la parole de Dieu mise en rapport avec l’histoire des hommes, et du signe sacramentel de la présence du Christ à l’humanité.
D’une certaine façon, pendant les vingt-sept années de son pontificat, Jean Paul II a sans cesse cherché à donner l’interprétation profonde des événements du monde. Inlassablement, année après année, continent après continent, pays après pays, il a repris la lecture de l’histoire des hommes à la lumière de la révélation divine, et dans la célébration du sacrement du Christ. Là où d’autres ne voyaient que tel ou tel aspect plus frappant, plus perceptible et bien souvent plus désespérant, il portait sur l’aventure humaine un regard de foi et d’espérance ce qui lui donnait non pas de galvaniser les foules, mais d’éveiller les coeurs. A propos de la situation — qui semblait réellement sans issue
– de la Pologne dans les années 80, de l’avenir potentiel de l’empire soviétique en Europe centrale, des dynamismes de liberté qui pouvaient s’épanouir au coeur de l’Amérique latine, de l’avenir du continent Africain ou de la vitalité de la foi dans les vieilles chrétientés, jamais il ne s’est laissé enfermer dans la fatalité des diagnostics. Là où beaucoup d’analystes, de politiques, ou même de pasteurs ne voyaient qu’une impasse,_là où déjà on repliait les étals _en pensant que tout était fini, il se dressait pour annoncer que les épreuves à travers lesquelles nous passions et les défilés étroits où il nous fallait progresser, ne conduisaient pas vers le vide et la mort mais vers la résurrection et la vie.
Ainsi, le tournant de l’an 2000, qui aurait pu n’être qu’une date symbolique et sans grande signification particulière, est devenu dans sa visée pastorale un moment décisif qui, d’une certaine façon, a permis de secouer l’Église et de l’inviter à relire les deux millénaires précédents, non pas comme une suite d’événements incohérents mais comme le déroulement d’un processus de grâce par lequel l’Esprit Saint préparait au coeur de l’humanité un appel à la conversion, à la repentance et à l’espérance.
C’est ainsi que, pèlerin parmi les pèlerins à travers le monde, il a visité tous les peuples de la Terre, non pas pour constater la vitalité forte ou faible de telle ou telle église, mais pour déchiffrer à travers la situation diverses des chrétiens et des sociétés, l’invitation et la promesse que Dieu lançait à l’humanité. A partir de Moïse, de la Loi, des prophètes, et dans le signe sacramentel de l’Eucharistie, il révélait comment Dieu construit une histoire sainte à travers le déroulement banal et ordinaire de la vie des hommes. Jean Paul II n’a pas cherché à prouver une capacité visionnaire particulière, mais il a manifesté la puissance à l’oeuvre de la foi. Dans la contemplation du mystère du Christ mort et ressuscité et dans la communion quotidienne à ce mystère, il puisait la lumière pour manifester l’oeuvre de l’Esprit de Dieu à travers l’histoire des hommes. Il portait en lui la conviction qu’en dépit de ce que les événements pouvaient avoir de graves et parfois d’atroces ou d’inimaginables, il y toujours un chemin pour accueillir la miséricorde et la puissance de Dieu. C’est ainsi que lors de la célébration du grand Jubilé, il nous a invité à relire les grandes étapes de l’histoire de l’Église, non pas pour susciter des regrets a posteriori, mais pour nous faire comprendre que, dans la foi, Dieu conduisait son peuple infailliblement selon le plan de son amour, y compris à travers nos erreurs et nos péchés. Dans cette confiance absolue dans la puissance de la miséricorde de Dieu (dont il a établi la fête le premier dimanche après Pâques), il puisait le regard d’amour et de confiance qu’il portait sur l’humanité. Si tant d’hommes et de femmes ont reconnu en lui un personnage exceptionnel, c’est d’abord parce qu’ils ont perçu de manière certaine qu’il les aimait complètement, totalement, tels qu’ils étaient, avec leurs péchés, leurs erreurs, leurs limites, et en discernant en chacun d’eux la vocation extraordinaire de pouvoir devenir vraiment des enfants de Dieu dans le Christ.
Que le Bienheureux Jean Paul II intercède pour que nous portions un regard de foi et d’espérance sur l’histoire du monde. Qu’il nous aide à échapper à la pression du jugement immédiat. Qu’il prie pour que nous puissions découvrir à la fraction du pain que Celui que nous ne voyons pas est présent à l’histoire des hommes. Amen. »