« Gaudete et exultate »: une exhortation pour la jeunesse ?

CNS photo/Vatican Media

Il y a déjà quelques semaines, se concluait, à Rome, le Pré-Synode des jeunes en prévision du Synode ordinaire des évêques qui aura lieu en octobre prochain sur le thème « Des jeunes, de la foi et du discernement vocationnel ». À l’issue de cette rencontre où étaient réunis quelque 300 jeunes provenant des cinq continents, un document se voulant un « résumé de toutes les contributions des participants »a été publié.  La lecture de ce document est très intéressante puisqu’il offre un portrait authentique de la grande richesse de perspectives de la vie des jeunes dans l’Église.  Certaines tensions ou contradictions transparaissent parfois dans le document; ce qui selon moi, doit être perçu, comme un signe de la vitalité et de la diversité de notre belle jeunesse catholique. Nous aurons amplement le temps de réfléchir sur la question. Cependant, un point a particulièrement retenu mon attention. En effet, on retrouve à plusieurs endroits une insistance sur « l’appel universel à la sainteté » (no 2-8) ainsi qu’au besoin de témoins authentiques de la foi.

Cela est bien connu, les jeunes d’aujourd’hui ne se contentent pas de demi-mesures. Paradoxalement, au même moment où l’on est témoin d’une diminution de l’engagement en général, on note un très fort désir d’engagement radical chez un nombre non négligeable de jeunes. Apparaissant huit fois dans le document, le mot « authenticité » résume bien cette qualité dont doivent faire preuve les gens d’Église s’ils veulent rejoindre cette jeunesse en soif d’absolu. En d’autres termes, nous disent les jeunes : « Nous avons besoin de modèles qui soient attractifs, cohérents et authentiques […] des hommes et des femmes qui donnent une image vivante et dynamique de leur foi et de leur relation avec Jésus, des personnes qui encouragent les autres à approcher, rencontrer et tomber amoureux de Jésus (no 5) ».

Répondant, un peu plus tôt que prévu à cette demande, le Pape François publiera lundi prochain une nouvelle exhortation apostolique portant justement sur cette invitation de Concile Vatican II à « l’appel universel à la sainteté » (no 40). Dépassant les attentes du plus impatient des jeunes présents au Pré-Synode, le pape répondra donc à cette recommandation du document final : « Il est nécessaire de mieux comprendre la vocation chrétienne (prêtrise, vie religieuse, ministère laïc, mariage et famille, rôle dans la société, etc.) et l’appel universel à la sainteté » (no 8).

Bien sûr, cette chronologie des événements n’est pas totalement volontaire. Un tel document devait être en préparation depuis déjà un bon moment. Toutefois, on peut y voir un clin d’œil de la Providence, cherchant à rejoindre ces jeunes qui évoluent au rythme effréné des médias sociaux. Il est encore plus surprenant du fait que cette exhortation portera sur plusieurs problématiques explicitement discutées dans le Hall des jeunes. En effet, d’autres réflexions présentes dans le document du Pré-Synode seront abordées par « Gaudete et exultate » comme par exemple :

  • « La sainteté est un objectif atteignable et un chemin de bonheur. » (no 3);
  • « Un témoignage authentique vers la sainteté, ce qui inclut la reconnaissance de ses erreurs et la demande de pardon » (no7);
  • « Le besoin d’une Église qui soit accueillante et miséricordieuse, qui reconnaisse ses racines et de son héritage, qui aime chacun y compris ceux qui ne correspondent pas à ses standards (no 1).

Bien qu’il apparaît invraisemblable que l’un ait directement influencé l’autre, nous pouvons clairement voir un Pape soucieux d’offrir un message correspondant aux attentes légitimes du Peuple de Dieu dans son ensemble, jeunes compris. Ainsi, la lecture du document de conclusion du Pré-Synode me semble une excellente préparation à l’accueil et à la compréhension de cette « joie et exultation » à laquelle nous sommes tous appelés.

Document final de la réunion presynodale des jeunes (traduction non-officielle)

 
«LES JEUNES, LA FOI ET LE DISCERNEMENT VOCATIONNEL»
ROME, 19-24 MARS 2018
INTRODUCTION
Les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à de nombreux défis et opportunités. La plupart sont liés à des contextes spécifiques et d’autres sont partagés par tous les continents. Dans ce contexte, il est nécessaire que l’Eglise travaille sa manière d’appréhender les jeunes, afin qu’elle soit pour eux un guide constructif et pertinent.
Ce document est une synthèse qui exprime certaines de nos pensées et expériences. Il est important de noter que ce sont là des réflexions de jeunes du 21ème siècle, de différentes religions et différentes cultures. Avec cela à l’esprit, l’Eglise doit considérer ces réflexions non pas comme une analyse empirique d’un temps du passé, mais plutôt comme un état des lieux de ce que nous sommes aujourd’hui, de là où nous nous dirigeons. Nous proposons ces réflexions comme un indicateur de ce que l’Eglise a besoin de faire pour avancer.
Il est important, en premier lieu, de clarifier les paramètres de ce document. Il ne s’agit pas de composer un traité théologique, ni d’établir un nouvel enseignement de l’Eglise. Il s’agit plutôt d’une déclaration reflétant les réalités spécifiques, personnalités, croyances et expériences des jeunes du monde entier. Ce document est destiné aux Pères Synodaux. Il s’agit de donner aux évêques une boussole, les guidant vers une compréhension claire des jeunes : une aide pour le Synode des évêques sur la jeunesse, la foi et le discernement, au mois d’octobre 2018. Il est important que ces expériences soient vues et comprises en fonction des différents contextes dans lesquels les jeunes sont situés.
Ces réflexions sont nées de la rencontre de 300 jeunes représentants du monde entier, convoqués à Rome du 19 au 25 mars 2018 à l’occasion du Pré-Synode pour les jeunes et la participation en ligne de 15 000 jeunes, à travers les groupes Facebook.
Ce document est un résumé de toutes les contributions des participants basé sur le travail de 20 groupes de langues et 6 autres provenant des réseaux sociaux. Cela sera une composante, parmi d’autres, de l’Instrumentum Laboris, pour le Synode des Evêques de 2018. Nous espérons que l’Eglise et d’autres institutions peuvent s’inspirer de cette méthode de travail du Pré-Synode et écouter davantage la voix des jeunes.
Ayant compris cela, nous pouvons aller plus loin pour réfléchir avec ouverture et foi sur la situation des jeunes aujourd’hui : les lieux ou les jeunes se retrouvent, les expériences relationnelles qui fondent leur personnalité, comment l’Eglise les aide à comprendre plus profondément qui ils sont et leur place dans le monde.
PREMIERE PARTIE
DEFIS ET OPPORTUNITES DES JEUNES DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI
1. La formation de la personnalité
Les jeunes sont à la recherche de communautés qui les accompagnent, qui les fassent grandir, qui soient authentiques et accessibles, qui les valorisent. Ils sont conscients des lieux qui les aident à développer leur personnalité, particulièrement la famille qui occupe une place privilégiée. Dans de nombreuses régions du monde, le rôle des ainés et la référence aux ancêtres contribuent à la formation de la personnalité. Cependant, cette référence n’est pas partagée de manière universelle, le modèle familial traditionnel étant en déclin dans d’autres régions du monde. L’affaiblissement de ce modèle est source de souffrance pour les jeunes. Certains jeunes s’éloignent de leurs traditions familiales, espérant s’affranchir de ce qu’ils considèrent comme « vieillot » ou « enlisé dans le passé ». D’un autre côté, dans certaines parties du monde, les jeunes cherchent leurs identités en restant attaché à leurs traditions familiales et font tout leur possible pour rester fidèle aux traditions dans lesquelles ils ont été élevés.
Ainsi l’Eglise doit mieux soutenir et former les familles. Cela est particulièrement vrai dans les pays où la liberté d’expression est plus difficile et où les jeunes, en particulier les mineurs, sont tenus éloignés de l’église et sont donc éveillés la foi à la maison, chez leurs parents.
Un sentiment d’appartenance à une communauté, à un groupe est important pour forger l’identité. Beaucoup de jeunes expérimentent que l’exclusion sociale est un facteur de perte de ses propres valeurs et de son identité. Au Moyen-Orient, beaucoup de jeunes se sentent obligés de se convertir à d’autres religions pour être acceptés par les autres et par la culture dominante. En Europe, ce phénomène est également ressenti par les communautés de migrants. Pour éviter de se sentir socialement exclu, ils perdent leur identité culturelle pour intégrer la culture dominante. C’est un domaine dans lequel l’Eglise doit être un modèle, proposer un espace de guérison pour les familles et montrer qu’il existe un espace pour chacun.
Il est important de noter que l’identité des jeunes est façonnée par des interactions avec d’autres et un sentiment d’appartenance à des groupes, des associations et des mouvements dans et en dehors de l’Eglise. Parfois, les paroisses ne sont plus considérées comme des lieux de rencontre. Nous reconnaissons également le rôle des éducateurs et des amis, en tant que figures inspirantes. Nous avons besoin de modèles qui soient attractifs, cohérents et authentiques. Nous avons besoin d’explications rationnelles et critiques face aux situations complexes. Les réponses simplistes ne nous suffisent pas.
Pour certains, la religion relève du domaine privé. Nous avons parfois l’impression que le sacré est séparé de nos vies quotidiennes. L’Eglise peut paraître excessivement sévère et moraliste. Il est parfois difficile dans l’Eglise de dépasser la logique du « on a toujours fait comme ça ». Nous avons besoin d’une Eglise qui soit accueillante et miséricordieuse, qui reconnaisse ses racines et de son héritage, qui aime chacun y compris ceux qui ne correspondent pas à ses standards. Beaucoup de ceux qui cherchent un sens à leur vie, finissent par se tourner vers d’autres alternatives, comme des philosophies et spiritualités de toutes sortes.
D’autres endroits importants permettent de se sentir appartenir à un groupe : les réseaux sociaux, les amis, l’école, notre environnement social quotidien. Ce sont des lieux où beaucoup d’entre nous passent la plus grande partie de leur temps. Mais parfois, nos écoles ne nous apprennent pas à développer notre pensée critique. Les moments cruciaux du développement de notre identité sont aussi ceux où nous devons opter pour une orientation scolaire, pour un emploi, la découverte de notre sexualité et poser nos choix de vie.
Notre expérience de l’Eglise forme et affecte notre personnalité et notre identité. Les jeunes sont particulièrement concernés par les sujets tels que la sexualité, les addictions, les mariages qui ont échoué, les familles divisées mais également par les sujets plus larges comme le crime organisé, la traite d’êtres humains, la violence, la corruption, l’exploitation, les violences faites aux femmes, toutes les formes de persécution et de dégradation de notre environnement. Ce sont des problèmes graves pour les communautés plus fragiles de notre monde. Dans beaucoup de pays, nous avons peur de l’instabilité sociale, politique et économique.
Alors que nous sommes confrontés à ces difficultés, nous avons besoin d’accueil, de miséricorde et de tendresse de la part de l’Eglise, à la fois comme institution et comme communauté de foi.
2. Les relations aux autres
Les jeunes essaient de donner du sens à un monde très compliqué aux réalités diverses. Nous avons de nouvelles possibilités de surmonter les différences et les divisions qui existent dans le monde. Cela est déjà visible à des degrés variés. Beaucoup de jeunes ont l’habitude de voir la diversité comme une richesse et une opportunité. Le multiculturalisme peut favoriser le dialogue et la tolérance. Nous valorisons la diversité d’idées dans notre monde globalisé, le respect de la pensée des autres et leur liberté d’expression. Toutefois, nous souhaitons préserver notre identité culturelle et éviter l’uniformité ou le rejet d’une culture. Nous ne devrions pas craindre notre diversité mais célébrer nos différences et ce qui nous rend singulier pour construire des relations profondes. Parfois, nous nous sentons exclus parce que nous sommes chrétiens dans un environnement méfiant vis-à-vis des religions.
Dans certains pays, la foi chrétienne est minoritaire alors qu’une autre religion prédomine. Les pays ayant des racines chrétiennes ont tendance aujourd’hui à rejeter progressivement l’Eglise et la religion. Certains jeunes essaient de donner sens à leur foi dans une société de plus en plus sécularisée où les libertés de religion et de conscience sont menacées. Le racisme est une réalité qui affecte les jeunes aujourd’hui. Ces situations sont autant de possibilités pour l’Eglise de proposer un autre chemin.
Dans ce contexte, il est souvent difficile pour les jeunes d’entendre le message de l’Evangile. Cela est accentué dans les endroits où il y a des tensions entre les peuples, en dépit d’un assentiment général pour la diversité. Une attention particulière doit être portée à nos frères et sœurs chrétiens qui sont persécutés dans le monde. Nous savons que nos racines chrétiennes sont ancrées dans le sang des martyrs. Nous prions pour la fin de toutes les persécutions et rendons grâce pour leur témoignage de foi au monde. Par ailleurs, on note des prises de position différentes sur la question de l’accueil des migrants et des réfugiés. Cela, en dépit de la reconnaissance de l’appel universel à se soucier de la dignité de chaque personne.
Dans un monde globalisé et pluri-religieux, l’Eglise a besoin de témoigner et d’élaborer un dialogue paisible et constructif avec les personnes d’autres confessions ou traditions, à partir des grandes directions théologiques existantes.
3. Les jeunes et le futur
Les jeunes rêvent de sécurité, de stabilité et d’épanouissement, ils espèrent une vie meilleure pour leurs familles. Dans beaucoup d’endroits du monde, cela correspond à une recherche de sécurité physique ; pour d’autres à la quête d’un travail ou d’un style de vie particulier. Le désir de se sentir appartenir une communauté est une aspiration commune aux jeunes de tous les continents. Nous attendons beaucoup d’une société cohérente qui nous ferait confiance. Nous cherchons à être écoutés, à ne pas être de simples spectateurs de la société mais des membres actifs. Nous voulons une Eglise qui nous aide à trouver notre vocation, dans tous les sens du terme. Malheureusement, tous parmi nous ne croient pas que la sainteté est un objectif atteignable et un chemin de bonheur.
Beaucoup de jeunes ont vécu des traumatismes ou souffrent de handicaps physiques ou mentaux. L’Eglise doit mieux nous accompagner et nous offrir des perspectives pour nous assister dans nos chemins de guérison. Des préoccupations pratiques rendent nos vies difficiles. Dans certaines parties du monde, la seule façon de garantir un futur stable, de recevoir une éducation supérieure est de travailler dur. Cela n’est pas encore possible partout. En dépit de cette réalité, les jeunes souhaitent affirmer l’inhérente dignité du travail. Parfois, nous finissons par abandonner nos rêves à cause de la peur qui est la nôtre, des pressions socio-économiques qui détruisent nos espoirs.
Pour cette raison, les jeunes veulent prendre part aux débats sur la Justice Sociale. Nous voulons travailler à la construction d’un monde meilleur. A cet égard, la doctrine sociale de l’Eglise est un outil pertinent. Nous voulons un monde de paix, qui allie écologie intégrale et développement global et durable de l’économie. Les jeunes qui vivent dans des régions instables et vulnérables attendent et espèrent des actions concrètes de la part des gouvernements et de la société : la fin de la guerre et de la corruption, faire face au changement climatique, aux inégalités sociales et à l’insécurité. Il est important de noter que, quel que soit le contexte, tous les jeunes partagent les mêmes idéaux : la paix, l’amour, la confiance, l’équité, la liberté et la justice.
Les jeunes rêvent d’une vie meilleure et beaucoup sont forcés à émigrer dans le but de trouver une situation économique et environnementale meilleure. Ils espèrent la paix et sont particulièrement attirés par le « mythe occidental », représenté dans les médias. Les jeunes africains rêvent d’une église locale autonome, qui ne soit pas dépendantes d’aides mais une église qui donne vie à ses communautés. Malgré les nombreuses guerres et les explosions irrégulières de violence, les jeunes restent pleins d’espoir. Dans les pays occidentaux, leurs rêvent sont centrés sur le développement personnel et l’auto-réalisation. Partout, il y a un fossé entre les désirs des jeunes et leur capacité à prendre des décisions sur le long terme.
4. Le rapport à la technologie
Il faut comprendre la dualité qui existe dans l’utilisation de la technologie. Alors que des avancées modernes ont réellement amélioré nos vies, nous devons être mesurés quant aux conséquences négatives possibles de leur emploi. La technologie a pour certains permis d’élargir le cercle de leurs relations mais pour beaucoup d’autres cela a pris la forme d’une addiction, qui vient remplacer les relations humaines, et même la relation à Dieu. En tous cas, la technologie a maintenant une place incontournable dans la vie des jeunes et doit être appréhendée en conséquence. Paradoxalement, dans certains pays, la technologie et particulièrement internet est accessible alors qu’il manque les besoins et services, parmi les plus élémentaires.
L’impact des réseaux sociaux dans la vie des jeunes ne peut être sous-estimé. Ils participent de manière significative à la construction de l’identité d’un jeune et à sa manière de vivre. Le monde digital a un grand potentiel pour réunir les peuples malgré les distances géographiques, comme jamais auparavant. L’échange d’informations, d’idéaux, de valeurs et d’intérêts communs est croissant. L’accès à des outils d’apprentissage en ligne a ouvert des opportunités d’éducation dans des régions éloignées.
Cependant, l’ambiguïté de la technologie devient évidente quand cela mène au développement de certains vices. Ce danger se manifeste à travers certains comportements comme l’isolement, la paresse, la désolation et l’ennui. Il est évident que les jeunes du monde entier deviennent de plus en plus dépendants et consomment de manière obsessive les produits médiatiques. On note aussi que malgré le fait de vivre dans un monde hyper-connecté, la communication entre les jeunes est restreinte à un échange entre personnes similaires. Il existe un manque d’espaces et d’opportunités pour aller à la rencontre de la différence. La culture des masses médias exerce encore de nombreuses influences sur la vie des jeunes et leurs idéaux. L’arrivée des réseaux sociaux a amené de nouveaux défis dans la mesure où les entreprises qui les possèdent, ont pris le pouvoir sur la vie des jeunes. Parfois, les jeunes séparent leurs comportements en ligne de leur comportement réel. Il est nécessaire d’offrir une formation aux jeunes pour les guider dans leur vie digitale. Les relations en ligne peuvent devenir inhumaines. Les espaces digitaux nous rendent aveugles à la vulnérabilité de l’être-humain et nous empêchent de réfléchir par nous-mêmes.
Les problèmes comme la pornographie faussent la perception qu’on les jeunes de la sexualité. La technologie créait une réalité parallèle qui ignore la dignité humaine. D’autres risques incluent : la perte d’identité associée à la mauvaise représentation de la personne humaine, la construction virtuelle d’une nouvelle personnalité, et la perte d’un contact direct avec l’entourage. Il y a également d’autres risques à plus long terme, parmi lesquels : la perte de la mémoire, de sa culture, de sa créativité, dus à un accès immédiat à l’information, et une perte de la capacité de concentration liée à la fragmentation. Plus encore, il existe une culture et une dictature des apparences. Le débat sur la technologie n’est pas limité à internet. En ce qui concerne les questions bioéthiques, la technologie pose de nouveaux défis et risques au regard de la protection de la vie humaine, à chaque étape. L’émergence de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies comme les robotiques et automatisation soulèvent des risques liés à la perte d’emplois. La technologie peut aller à l’encontre de la dignité humaine si elle n’est pas utilisée avec conscience et modération. Elle doit replacer l’humain au cœur de son utilisation.
Nous proposons deux idées concrètes concernant la technologie. Premièrement, en engageant un dialogue avec les jeunes, l’Eglise devrait approfondir sa compréhension de la technologie, afin d’aider ces jeunes à en discerner l’usage. De plus, l’Eglise devrait voir la technologie, particulièrement internet, comme un espace fertile pour la Nouvelle évangélisation. Les résultats de ces réflexions devraient être formalisés à travers un document officiel de l’Eglise. Deuxièmement, l’Eglise devrait aborder la crise généralisée de la pornographie, des viols d’enfants en ligne, et s’exprimer sur les atteintes que cela porte à notre humanité.
5. Recherche du sens de la vie
Beaucoup de jeunes, quand on leur pose la questions « Quel est le sens de ta vie ? » ne savent pas comment répondre. Ils ne font pas toujours le lien entre leur vie et la transcendance. Beaucoup de jeunes, ayant perdu confiance dans les institutions, se sont détachés de la religion et ne se voient pas comme « religieux ». Cependant, les jeunes sont ouverts à la spiritualité. Beaucoup regrettent aussi la rareté avec laquelle les jeunes cherchent une réponse au sens de leur vie dans un contexte de foi et d’Eglise. Dans beaucoup de régions du monde, les jeunes attribuent le sens de leur vie à leur travail et à leur succès personnel. La difficulté à trouver une stabilité personnelle et professionnelle dans ces régions produit insécurité et anxiété. Beaucoup doivent émigrer pour trouver un travail. D’autres abandonnent leur famille et leur culture à cause de l’instabilité économique. Il faut souligner que quand les jeunes se posent des questions sur le sens de leur vie, cela ne veut pas forcément dire qu’ils sont prêts à s’engager fermement avec Jésus ou avec l’Eglise. Aujourd’hui, la religion n’est plus vue comme le biais par lequel le jeune cherche du sens, ils se tournent souvent vers d’autres courants et idéologies plus modernes. Les scandales attribués à l’Eglise, réels ou véhiculés, affectent la confiance des jeunes dans l’Eglise et dans les institutions qu’elle représente.
L’Eglise peut jouer un rôle vital pour s’assurer que les jeunes ne soient pas marginalisés mais se sentent acceptés. Cela peut arriver quand nous cherchons à promouvoir la dignité des femmes, à la fois dans l’Eglise et dans la société en général. Le fait que les femmes n’aient pas une place équivalente à celle des hommes reste un problème dans la société. Cela est également vrai dans l’Eglise. Il y a de beaux exemples de femmes consacrées dans des communautés religieuses et ayant des responsabilités. Cependant, pour certaines femmes, ces exemples ne sont pas toujours visibles. Une question clé des réflexions de groupes a concerné les lieux où les femmes peuvent s’épanouir dans l’Eglise et la société. L’Eglise peut aborder ces problèmes dans une vraie discussion et avec une ouverture d’esprit à différentes idées et expériences.
Il existe souvent de profonds désaccords parmi les jeunes, à la fois dans l’Eglise et dans le monde, sur certains de ses enseignements qui sont particulièrement sensibles. Quelques exemples : contraception, avortement, homosexualité, cohabitation, mariage et comment la prêtrise est perçue dans les différentes réalités de l’Eglise. Il est important de noter que, quelque soit le niveau de compréhension des enseignements de l’Eglise, des désaccords et des discussions sont toujours en cours parmi les jeunes sur ces sujets polémiques. Par conséquent, ils peuvent vouloir voir l’Eglise changer ses enseignements ou au moins avoir accès à de meilleures explications et formations sur ces questions. Même si un débat interne existe, les jeunes catholiques, dont les convictions sont en conflit avec les enseignements officiels, veulent rester dans l’Eglise. Beaucoup de jeunes catholiques acceptent ces enseignements et trouvent en eux une source de joie. Ils ne désirent pas seulement que l’Eglise tienne fermement ses positions malgré leurs impopularités mais qu’elle les proclame avec une plus grande profondeur dans ses enseignements.
A travers le monde, la relation au sacré est compliquée. La chrétienté est souvent vue comme quelque chose qui appartient au passé et ses valeurs ou sa pertinence dans notre vie ne sont plus comprises. En même temps, dans certaines communautés la priorité est donnée au sacré car la vie quotidienne est structurée autour de la religion. Dans certains contextes asiatiques, le sens de la vie peut être associé avec des philosophies orientales.
Finalement, beaucoup d’entre nous veulent vraiment connaître Jésus mais nous avons souvent du mal à réaliser qu’il est la seule source de la vraie découverte de soi, car c’est dans la relation avec lui que la personne humaine se découvre pleinement. Ainsi, les jeunes veulent des témoins authentiques, des hommes et des femmes qui donnent une image vivante et dynamique de leur foi et de leur relation avec Jésus, des personnes qui encouragent les autres à approcher, rencontrer et tomber amoureux de Jésus.
DEUXIEME PARTIE
FOI ET VOCATION, DISCERNEMENT ET ACCOMPAGNEMENT
C’est à la fois une joie et une responsabilité sacrées d’accompagner les jeunes dans leur cheminement de foi et dans leur discernement. Les jeunes sont plus réceptifs à « un chemin de vie » qu’à un discours théologique abstrait, ils sont plus conscients et réceptifs et plus engagés quand ils sont acteurs dans l’Eglise et dans le monde. Pour cela, il est important de comprendre comment les jeunes perçoivent la foi et la vocation et les défis qu’ils rencontrent pour discerner.
6. Les jeunes et Jésus
La relation entre les jeunes et Jésus est aussi variée que le nombre de jeunes sur terre. Beaucoup de jeunes connaissent Jésus et le reconnaissent comme leur Sauveur et le Fils de Dieu. De plus, les jeunes trouvent souvent une relation de proximité avec Jésus à travers sa Mère, Marie. D’autres jeunes peuvent ne pas avoir une telle relation de proximité avec Jésus mais le voient comme un guide et un homme bien. Beaucoup de jeunes voient Jésus comme un personnage historique, quelqu’un d’une autre époque et d’une autre culture, qui n’est pas pertinent pour leur vie. Enfin, certains jeunes perçoivent Jésus comme un personnage éloigné de la vie humaine, pour eux, cette distance est entretenue par l’Eglise. Les jeunes ont de fausses images de Jésus qui les amènent souvent à ne pas être attirés par lui. Ils ont une vision erronée du modèle chrétien, et donc de ses règles, qui semblent éloignées des gens ordinaires . Ainsi, pour certains, le Christianisme est perçu comme inatteignable.
Pour éclaircir les confusions des jeunes concernant Jésus, il est possible de retourner aux Ecritures pour mieux comprendre, en profondeur, la personne du Christ, sa Vie et son Humanité. Les jeunes ont besoin de rencontrer le Christ, pas de le percevoir comme un objectif moral impossible à atteindre. Cependant, ils ne sont pas sûrs de savoir comment faire. L’Eglise doit encourager cette rencontre.
7. La Foi et l’Eglise
Pour beaucoup de jeunes, la foi est devenue personnelle et non communautaire. L’expérience négative de l’Église reçue par certains jeunes y a contribuée. Beaucoup de jeunes ont une relation personnelle avec Dieu qui est « spirituelle et non religieuse » ou uniquement focalisée sur la relation avec Jésus Christ. Pour certains jeunes, l’Eglise a développé une culture qui se focalise sur les membres de l’institution et non sur la personne du Christ. D’autres jeunes voient les responsables religieux comme déconnectés des réalités et plus intéressés par les tâches administratives que par la recherche de la construction d’une communauté. D’autres enfin voient l’Eglise comme non pertinente. L’Eglise semble oublier qu’elle est le peuple de Dieu et non une institution. Pour d’autres jeunes, l’Eglise est proche d’eux, en particulier en Afrique, en Asie et en Amérique latine et dans certains mouvements mondiaux ; même certains jeunes qui ne vivent pas l’Evangile se sentent aussi proches de l’Eglise. Ce sens de l’appartenance et de la famille soutient les jeunes sur leur chemin de vie. Sans cet ancrage avec le soutien de la communauté et de l’appartenance, les jeunes se sentent isolés pour faire face aux difficultés. De nombreux jeunes ne ressentent pas le besoin de faire partie de l’Eglise et trouve du sens à leur vie en dehors de cette Église.
Malheureusement, dans certaines parties du monde, de nombreux jeunes quittent l’Eglise. Il est crucial de comprendre ce phénomène pour aller de l’avant. Les jeunes qui sont déconnectés de l’Eglise ou qui la quitte le font après avoir expérimenté l’indifférence, le jugement ou le rejet. Parfois, certains assistent, participent ou quittent une messe sans expérimenter le sens de la Communauté ou de la famille dans le Corps du Christ. Les chrétiens professent un Dieu vivant mais certains assistent à des messes ou appartiennent à des communautés qui semblent mortes. Les jeunes sont attirés par la joie qui devrait être caractéristique de notre foi. Les jeunes veulent voir dans l’Eglise un témoignage vivant de ce qu’elle enseigne, un témoignage authentique vers la sainteté, ce qui inclut la reconnaissance de ses erreurs et la demande de pardon. Les jeunes attendent des responsables de l’Eglise (ordonnés, religieux ou laïcs) qu’ils soient des exemples forts. Reconnaître que les modèles de foi sont authentiques et vulnérables permet aux jeunes d’être eux-mêmes librement authentiques et vulnérables. Ce n’est pas détruire le caractère sacré de leur ministère mais c’est pour permettre aux jeunes d’être inspirés par leur chemin vers la sainteté. Dans beaucoup d’occasions, les jeunes ont du mal à trouver un espace dans l’Eglise où ils peuvent participer activement et prendre des responsabilités. Les jeunes ont l’impression que dans l’Eglise on les considèrent comme trop jeunes et inexpérimentés pour prendre des responsabilités, comme s’ils n’allaient faire que des erreurs. Les jeunes ont besoin qu’on leur fasse confiance pour diriger, prendre des décisions et être acteur de leur propre chemin spirituel. Ce n’est pas seulement imiter leurs ainés mais réellement prendre la mesure de leurs responsabilités et de leur mission, vivre pleinement. Les mouvements et communautés nouvelles de l’Eglise ont développé des chemins fructueux non seulement pour évangéliser les jeunes mais aussi pour les responsabiliser pour qu’ils soient les premiers ambassadeurs de leur foi auprès de leurs pairs.
Les jeunes ont également l’impression que les femmes ont un rôle peu clair dans l’Eglise. S’il est difficile pour les jeunes d’avoir un sentiment d’appartenance et de leader dans l’Eglise, cela est encore plus compliqué pour les jeunes femmes. Il serait utile pour les jeunes que l’Eglise clarifie le rôle des femmes et aide les jeunes à mieux le comprendre.
8. Le sens vocationnel de la vie
Il faut une compréhension simple et claire de la vocation, qui souligne le sens de l’appel et la mission, des désirs et des aspirations, pour en faire un concept plus identifiable pour les jeunes à ce stade de leurs vies. La vocation a souvent été présentée comme un concept abstrait, perçu comme trop éloigné des préoccupations de beaucoup. En général, ils comprennent l’importance de donner du sens et un but à sa vie, mais beaucoup ne savent pas comment connecter cela à la vocation comme un cadeau et un appel de Dieu.
Le terme « vocation » est devenu synonyme de la prêtrise et de la vie religieuse dans la culture ecclésiale. Si ces vocations spécifiques sont des appels sacrés qui devraient être célébrés, il est important pour les jeunes qu’ils sachent que leur vocation est par essence celle de leur vie, et que chaque personne a la responsabilité de discerner ce que Dieu l’appelle à être et à faire. Il y a une plénitude à chaque vocation qui doit être soulignée afin d’ouvrir les cœurs des jeunes à cette possibilité.
Les jeunes de croyances diverses voient la vocation comme ouverte à la vie, à l’amour, aux aspirations, comme une contribution pour le monde et une manière d’avoir un impact. Le terme vocation n’est pas clair pour beaucoup de jeunes ; c’est pourquoi il est nécessaire de mieux comprendre la vocation chrétienne (prêtrise, vie religieuse, ministère laïc, mariage et famille, rôle dans la société, etc.) et l’appel universel à la sainteté.
9. Le discernement vocationnel
Discerner sa vocation peut être un défi, notamment aux vues des idées reçues sur le terme. Néanmoins, les jeunes vont relever le défi. Discerner sa vocation peut être une aventure sur leur chemin de la vie. Cela étant dit, beaucoup de jeunes ne savent pas comment mettre en place un processus de discernement, c’est donc une occasion pour l’Eglise de les accompagner.
Beaucoup de facteurs influencent la capacité des jeunes à discerner leurs vocations, comme l’Eglise, les différences culturelles, la recherche de travail, les réseaux sociaux, les attentes familiales, la santé mentale et l’état d’esprit, le bruit, la pression des pairs, les scenarios politiques, la société, la technologie, etc. Passer du temps en silence, dans l’introspection et la prière, ainsi que la lecture des Ecritures et l’approfondissement de la connaissance de soi sont des opportunités que très peu de jeunes saisissent. Il faudrait faire plus de place à ces propositions. L’engagement dans des groupes basés sur la foi, les mouvements, les communautés dont on partage les valeurs peut aussi aider les jeunes dans leur discernement.
On reconnaît en particulier les défis propres auxquels font face les jeunes femmes quand elles discernent leur vocation et leur place dans l’Eglise. Tout comme le oui de Marie à l’appel de Dieu est préalable à l’expérience chrétienne, les jeunes femmes ont besoin de place pour dire leur propre « oui » à leur vocation. Nous encourageons l’Eglise à approfondir sa compréhension du rôle de la femme et à valoriser les jeunes femmes, à la fois laïques et consacrées, dans l’esprit de l’amour de l’Eglise pour Marie, la mère de Jésus.
10. Les jeunes et l’accompagnement
Les jeunes cherchent des compagnons sur leur chemin de vie, pour marcher avec eux, des hommes de foi et des femmes qui expriment la vérité et permettent aux jeunes d’exprimer leur compréhension de la foi et de leur vocation. Ces personnes n’ont pas besoin d’être des modèles de foi à imiter, mais plutôt des témoins. De telles personnes devraient évangéliser par leur vie. Beaucoup pourraient être témoins, que ce soit des personnes d’un entourage familial, des collègues dans une communauté locale, ou des martyrs qui témoignent de leur foi par leurs vies.
Les qualités attendues de ces accompagnateurs : être un chrétien fidèle et engagé dans l’Eglise et le monde, qui cherche constamment la sainteté, quelqu’un en qui l’on peut avoir confiance, qui ne juge pas, qui écoute activement les besoins des jeunes et y répond avec bienveillance, quelqu’un qui aime profondément, avec conscience, qui reconnaît ses limites et connaît les joies et les peines d’un chemin de vie spirituelle.
Une qualité particulièrement importante chez les accompagnateurs est la reconnaissance de leur propre humanité et d’être faillibles : pas des personnes parfaites mais des pêcheurs pardonnés. Parfois, les accompagnateurs spirituels sont mis sur un piédestal, et quand ils tombent, cela a un réel impact dévastateur sur la capacité des jeunes à continuer leurs engagements dans l’Eglise.
Les accompagnateurs ne doivent pas conduire les jeunes comme s’ils étaient des sujets passifs mais ils doivent marcher avec eux en leur donnant d’être acteur de leur cheminement. Ils doivent respecter la liberté des jeunes qu’ils rencontrent, dans leurs chemins de discernement et aussi les équiper avec des outils précieux pour ce discernement. Un accompagnateur doit profondément croire dans la capacité du jeune à participer à la vie de l’Eglise. L’accompagnateur doit semer les grains de la foi dans la terre des jeunes sans attendre de voir instantanément les fruits de son travail.
Ce rôle ne doit pas être limité aux prêtres et aux consacrés mais les laïcs doivent être encouragés et appelés à cette mission. Tous doivent bénéficier d’une bonne formation initiale et continue.
TROISIEME PARTIE
ACTION EDUCATIVE ET PASTORALE DE L’EGLISE
11. Le style d’Eglise
Aujourd’hui, les jeunes attendent une Eglise authentique. Plus précisément, nous voulons dire aux responsables hiérarchiques de l’Eglise, que nous devons être une communauté transparente, accueillante, honnête, attirante, accessible, joyeuse, une communauté qui communique.
Une Eglise crédible est une Eglise qui ne craint pas de se montrer vulnérable. L’Eglise devrait pouvoir reconnaître rapidement et honnêtement ses erreurs passées et présentes, accepter qu’elle est composée de personnes pouvant être dans l’erreur ou l’incompréhension. Parmi les fautes à reconnaître, on peut nommer notamment les multiples abus sexuels et les mauvaises gestions financières.
L’Eglise devrait continuer à renforcer sa position de non-tolérance en ce qui concerne les abus sexuels au sein des institutions. En admettant avec humilité son humanité, l’Eglise verra sans aucun doute son message plus crédible et plus accessible pour les jeunes du monde entier. Si l’Eglise agit de la sorte, cela la différenciera des autres institutions dans lesquelles la plupart des jeunes n’ont pas confiance.
De plus, l’Eglise remarque l’attention des jeunes à être enracinés en Christ. Jésus-Christ est la Vérité qui construit l’Eglise d’une manière différente que tout autre organisation internationale que nous pouvons identifier. Par conséquent, nous demandons que l’Eglise continue à proclamer la joie de l’Evangile en se laissant guider par l’Esprit-Saint.
Nous désirons que l’Eglise répande son message à travers les moyens modernes de communication. La jeune Eglise voudrait aussi que les responsables ecclésiaux abordent les sujets sensibles tels que l’homosexualité et les questions de genre, sujets dont nous parlons déjà entre nous, librement et sans tabou. Certains perçoivent l’Eglise comme opposée à la science, mais son dialogue avec le monde scientifique est aussi important, comme une science qui peut illuminer la beauté de la création. Dans ce contexte, l’Eglise devrait également prêter attention aux problèmes environnementaux, particulièrement ce qui concerne la pollution. Nous désirons aussi voir une Eglise compatissante, qui aille rejoindre ceux en difficulté, à la marge, les persécutés et les plus pauvres. Une Eglise attractive et une Eglise en relation.
12. Jeunes Leaders
L’Eglise doit impliquer les jeunes dans ses processus de prise de décisions et leur offrir davantage de rôles de leadership. Ces positions valent à la fois pour l’échelon paroissial, diocésain, national et international, et même dans le cadre d’une commission au Vatican. Nous ressentons fortement que nous sommes prêts à devenir des responsables qui peuvent grandir et être aidés par les personnes plus âgées de l’Eglise, que ce soit des religieux ou des laïcs, hommes et femmes. Nous avons besoin de programmes pour jeunes leaders qui les formeraient et veilleraient à leur développement continu. Certaines jeunes femmes ont le sentiment qu’il y a un manque de modèles féminins de leaders au sein de l’Eglise quand elles souhaiteraient faire don de leurs capacités intellectuelles et professionnelles à l’Eglise. Nous pensons également que les séminaristes et les religieux devraient être à même d’accompagner les jeunes leaders.
Au-delà du processus institutionnel de prise de décisions, nous voulons être une présence joyeuse, enthousiaste et missionnaire au sein de l’Eglise. Nous exprimons également le souhait d’être une voix créatrice dans l’Eglise. Cette créativité se retrouve dans la musique, la liturgie et les arts. Actuellement, il s’agit d’un potentiel inexploité, la créativité étant souvent dominée par des membres plus âgés.
Il y a aussi un désir d’avoir des communautés fortes, dans lesquelles les jeunes partagent leurs combats et témoignages avec d’autres. Dans beaucoup d’endroits, ces propositions existent grâce aux initiatives des laïcs, des mouvements, des associations, mais elles attendent un meilleur soutien, à la fois officiel et financier.
La jeune Eglise regarde également en dehors d’elle-même. Les jeunes ont une passion pour la politique, les activités civiles et humanitaires. Ils veulent agir en tant que catholiques dans l’espace public pour le bien de toute la société. Dans tous ces aspects de la vie de l’Eglise, les jeunes souhaitent être accompagnés et pris au sérieux, c’est-à-dire considérés comme des membres pleinement responsables de l’Eglise.
13. Les lieux préférés
Nous souhaitons que l’Eglise nous rencontre dans les lieux divers où elle est actuellement peu ou pas présente. Avant tout, la place où nous souhaitons que l’Eglise nous rencontre est la rue, où toutes les personnes se trouvent. L’Eglise doit essayer d’être créative dans les nouvelles manières de rencontrer les gens là où ils sont à l’aise et où ils sortent : bars, café, parcs, salles de sport, stades et n’importe quel lieu de culture populaire. Une attention particulière doit être donnée aux lieux où l’accès est plus difficile, comme les bases militaires, les lieux de travail ou les zones rurales. Comme ces environnements, nous avons besoin de la lumière de la foi dans des lieux plus difficiles : orphelinats, hôpitaux, quartiers défavorisés et difficiles, régions ravagées par la guerre, prisons, centres de réinsertions.
Alors que l’Eglise rencontre beaucoup d’entre nous à l’Ecole ou à l’Université à travers le monde, nous voulons voir sa présence plus forte et plus efficace. On ne gâche pas les ressources quand on les investit dans ces lieux où beaucoup de jeunes passent la plus part de leur temps et s’intéressent à des personnes de milieux socio-professionnels variés. Beaucoup d’entre nous sommes déjà des membres croyants-convaincus de nos communautés paroissiales ou membres d’institutions, associations et organisations variées dans l’Eglise. Il est impératif que ceux qui sont déjà engagés soient soutenus par leur communauté ecclésiale pour qu’ils soient plus forts et inspirés pour évangéliser le monde extérieur.
Parmi les nombreux lieux concrets où l’Eglise peut nous rencontrer, le monde digital doit être pris en compte par l’Eglise. Nous voulons voir une Eglise qui est accessible à travers les réseaux sociaux et les autres espaces digitaux, pour présenter plus facilement et plus efficacement l’information sur l’Eglise et ses enseignements et pour promouvoir la formation aux jeunes. Pour faire court, nous voulons que l’Eglise nous rencontre là où nous sommes intellectuellement, émotionnellement, spirituellement, socialement et physiquement.
14. Les initiatives à renforcer
Nous avons soif d’expériences qui ancrent notre relation à Jésus dans le monde réel. Les initiatives qui rencontrent du succès nous offrent une expérience de Dieu. C’est pourquoi nous répondons à des propositions qui nous offrent une compréhension des sacrements, de la prière et la liturgie, afin de partager et de rendre compte convenablement de notre foi dans un monde sécularisé. Les sacrements sont d’une grande valeur pour nous qui désirons développer le sens plus profond de ce qu’ils signifient dans nos vies. Cela vaut pour la préparation au mariage, le sacrement de la réconciliation, la préparation au baptême des enfants… Du fait du manque de clarté et de présentation attrayante de ce que les sacrements offrent vraiment, certains d’entre nous y avons recours en les sous-évaluant.
Les initiatives qui portent du fruit sont : les évènements comme les JMJ, les programmes et formations qui donnent des réponses, notamment pour les nouveaux convertis, les actions caritatives, la catéchèse, les week-ends de retraite et les exercices spirituels, les événements charismatiques, les chorales, les groupes d’adoration et louange, les pèlerinages, les équipes sportives catholiques, les groupes de jeunes de paroisse ou de diocèse, les groupes d’études bibliques, les aumôneries universitaires, différentes applis sur la foi, et l’immense variété de mouvements et d’associations au sein de l’Eglise.
Nous répondons positivement à des événements de grande ampleur bien organisés, en ayant à l’esprit que tous les événements ne doivent pas être organisés à cette échelle. Les petits groupes locaux, où on peut exprimer ses questions et partager entre disciples du Christ, sont également essentiels pour maintenir la foi. Ces plus petits événements, à l’échelle locale, peuvent faire le lien entre les grands événements d’Eglise et la paroisse. Se rassembler de la sorte est particulièrement important pour les jeunes vivant dans des pays acceptant peu les chrétiens.
Les aspects sociaux et spirituels des initiatives de l’Eglise peuvent être complémentaires. Il y a un fort désir pour des actions caritatives et d’évangélisation auprès de personnes luttant contre la maladie ou les addictions, tout en engageant le dialogue avec des personnes de divers religions, cultures et/ou contextes socio-économiques. L’Eglise devrait renforcer les initiatives qui luttent contre la traite humaine, la migration forcée et les narcotrafiquants, particulièrement en Amérique Latine.
15. Les instruments à utiliser
L’Eglise doit adopter un langage qui intègre les fonctionnements et les cultures des jeunes pour que toutes les personnes aient l’opportunité d’entendre le message de l’Evangile. Cependant, nous sommes passionnés par différentes expressions de l’Eglise.
Certains mettent l’accent sur la prière à l’Esprit Saint, notamment au travers des mouvements charismatiques. D’autres préfèrent le silence, la méditation et les liturgies traditionnelles.
Toutes cela est bon et nous aident à prier de différentes manières. A l’extérieur de l’Eglise, de nombreux jeunes cherchent une spiritualité qui les satisfait, l’Eglise devrait être là pour les appeler et leur donner les bons instruments. Multimédia – Internet offre une opportunité sans précédent à l’Eglise d’évangéliser, particulièrement avec les médias sociaux et les vidéos en ligne. En tant que jeune de cette « génération médias », nous pourrions guider cette évolution. Il s’agit également d’une place pour aller à la rencontre d’autres et d’appeler des jeunes d’autres religions et des non-croyants. La « Vidéo du Pape » ou les séries de vidéos sur le Pape sont un bon exemple de l’utilisation des médias pour l’évangélisation.
Les années de césure – Les années de service au sein de mouvements ou de volontariats donnent aux jeunes une expérience de mission et un espace de discernement. Cela créé également une opportunité pour l’Eglise de rencontrer des non-croyants ou des personnes d’autres religions dans le monde. Les arts et la beauté – La beauté est universellement reconnue et l’Eglise a une histoire d’engagement pour l’évangélisation à travers les arts, comme la musique, l’art visuel, l’architecture, le design… Les jeunes sont très demandeurs sur ce point et aiment beaucoup tout ce qui est créatif et expressif.
· Adoration, méditation et contemplation – Nous apprécions également le contraste entre le silence offert par la tradition de l’Eglise à travers l’adoration eucharistique et la prière contemplative. Cela donne un espace au milieu du bruit constant des communications modernes et c’est en ce lieu silencieux que nous rencontrons Jésus. Le silence permet d’écouter la voix de Dieu et de discerner sa volonté pour nous. Les gens en-dehors de l’Eglise apprécient aussi la méditation, et la riche culture de l’Eglise sur ce point peut être un pont pour ces personnes spirituelles qui ne pratiquent pas. Cela peut-être à contre-courant, mais efficace.
· Témoins – Les histoires personnelles de l’Eglise sont des moyens efficaces d’évangéliser comme des expériences personnelles qui ne peuvent être débattues. Les témoignages des chrétiens d’aujourd’hui ou des chrétiens persécutés au Moyen-Orient, sont des témoignages forts d’une vie pleinement trouvée dans l’Eglise. Les histoires des Saints sont aussi à relever comme des passages vers la sainteté, de plein accomplissement.
· Le processus synodal– Nous sommes ravis d’avoir été pris au sérieux par les responsables hiérarchiques de l’Eglise et nous pressentons que ce dialogue entre les jeunes et les plus âgés dans l’Eglise est vital, et que cela va porter du fruit. Ce serait dommage que ce dialogue ne puisse pas continuer et grandir ! Cette culture d’ouverture est extrêmement saine pour nous.
Au début de cette rencontre du Pré-Synode et dans l’esprit de ce dialogue, le pape François nous a partagé ce verset biblique : « Après cela, je déverserai mon Esprit sur tout être humain ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des rêves, et vos jeunes gens des visions. » Joël 3, 1.

Homélie du pape François pour le Dimanche des rameaux 2018

Homélie du pape François 2018

Jésus entre à Jérusalem. La liturgie nous a invités à intervenir et à participer à la joie ainsi qu’à la fête du peuple qui est capable de crier et de louer son Seigneur ; une joie qui se ternit et laisse un goût amer et douloureux lorsqu’on a fini d’écouter le récit de la Passion. Dans cette célébration semblent s’entrecroiser des histoires de joie et de souffrance, d’erreurs et de succès qui font partie de notre vie quotidienne de disciples, car elles parviennent à mettre à nu des sentiments et des contradictions que nous aussi nous éprouvons souvent aujourd’hui, hommes et femmes de ce temps : capables de beaucoup aimer… mais aussi de haïr – et beaucoup – ; capables de courageux sacrifices, mais aussi capables de savoir ‘‘se laver les mains’’ au moment opportun ; capables de fidélité mais aussi de grands abandons et de grandes trahisons.Et on voit clairement dans tout le récit évangélique que la joie suscitée par Jésus est, pour certains, un motif de gêne et d’agacement.

Entouré de ses gens, Jésus entre dans la ville, parmi les chants et les cris bruyants. Nous pouvons imaginer que c’est la voix du fils pardonné, celle du lépreux guéri ou le bêlement de la brebis égarée qui, tous ensemble, résonnent fortement lors de cette entrée. C’est le chant du publicain et de l’homme impur ; c’est le cri de celui qui vivait en marge de la ville. C’est le cri des hommes et des femmes qui l’ont suivi parce qu’ils ont fait l’expérience de sa compassion face à leur douleur et à leur misère… C’est le chant et la joie spontanés de tant de personnes marginalisées qui, touchées par Jésus, peuvent crier : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !”. Comment ne pas acclamer celui qui leur avait redonné la dignité et l’espérance ? C’est la joie de tant de pécheurs pardonnés qui ont retrouvé confiance et espérance. Et ils crient. Ils se réjouissent. C’est la joie ! Cette joie de l’hosanna se révèle gênante et devient absurde et scandaleuse pour ceux qui se considèrent justes et ‘‘fidèles’’ à la loi et aux préceptes rituels.[1] Joie insupportable pour ceux qui sont restés insensibles à la douleur, à la souffrance et à la misère. Et beaucoup d’entre ceux-ci pensent : ‘‘Regarde, quel peuple mal éduqué !’’. Joie intolérable pour ceux qui ont perdu la mémoire et oublié les nombreuses faveurs reçues. Pour celui qui cherche à se justifier lui-même et à s’installer, comme il est difficile de comprendre la joie et la fête de la miséricorde de Dieu ! Pour ceux qui ne mettent leur confiance qu’en leurs propres forces et qui se sentent supérieurs aux autres[2], comme il est difficile de pouvoir partager cette joie !

Et c’est ainsi que naît le cri de celui dont la voix ne tremble pas pour hurler : ‘‘Crucifie-le !’’ Il ne s’agit pas d’un cri spontané, mais c’est le cri artificiel, construit, fait du mépris, de la calomnie, de faux témoignages suscités. C’est le cri qui naît dans le passage du fait au compte-rendu, qui naît dans le compte-rendu. C’est la voix de celui qui manipule la réalité, crée une version à son avantage et ne se pose aucun problème pour ‘‘coincer” les autres afin de s’en sortir. C’est un [faux] compte- rendu ! C’est le cri de celui qui n’a pas de scrupules à chercher les moyens de se renforcer et à faire taire les voix dissonantes. C’est le cri qui naît de la réalité ‘‘truquée’’ et présentée de telle sorte qu’elle finit par défigurer le visage de Jésus et le transformer en ‘‘malfaiteur’’. C’est la voix de celui qui veut défendre sa propre position en discréditant spécialement celui qui ne peut pas se défendre. C’est le cri, fabriqué par les ‘‘intrigues’’ de l’autosuffisance, de l’orgueil et de l’arrogance, qui proclame sans problèmes : ‘‘Crucifie-le, crucifie-le !’’.

Et on finit ainsi par faire taire la fête du peuple, on détruit l’espérance, on tue les rêves, on supprime la joie ; on finit ainsi par blinder le cœur, on refroidit la charité. C’est le cri du ‘‘sauve-toi toi-même’’ qui veut endormir la solidarité, éteindre les idéaux, rendre le regard insensible… le cri qui veut effacer la compassion, ce ‘‘pâtir avec’’, la compassion, qui est la faiblesse de Dieu.

Face à toutes ces voix qui hurlent, le meilleur antidote, c’est de regarder la croix du Christ et de nous laisser interpeller par son dernier cri. Le Christ est mort en criant son amour pour chacun d’entre nous : pour les jeunes et pour les personnes âgées, pour les saints et les pécheurs, son amour pour ceux de son temps et pour ceux de notre temps. Nous avons été sauvés sur sa croix pour que personne n’éteigne la joie de l’Évangile ; pour que personne, dans la situation où il se trouve, ne reste éloigné du regard miséricordieux du Père. Regarder la croix signifie se laisser interpeller dans nos priorités, nos choix et nos actions. Cela signifie laisser notre sensibilité être interpelée par celui qui passe ou vit un moment difficile. Chers frères et sœurs, que voit notre cœur ? Jésus continue-t-il d’être un motif de joie et de louange dans notre cœur ou bien avons-nous honte de ses priorités pour les pécheurs, les derniers, ceux qui sont oubliés ?

Et vous, chers jeunes, la joie que Jésus suscite en vous est un motif de gêne et également d’agacement pour certains, parce qu’il est difficile de manipuler un jeune joyeux. Qu’il est difficile de manipuler un jeune joyeux !
Mais il y a aujourd’hui la possibilité d’un troisième cri : « Quelques pharisiens qui se trouvaient dans la foule dirent à Jésus : “Maître, réprimande tes disciples”. Mais il prit la parole en disant : “Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront” » (Lc 19, 39-40). Faire taire les jeunes est une tentation qui a toujours existé. Les mêmes pharisiens s’en prennent à Jésus et lui demandent de les calmer et de les faire taire.

Il y a de nombreuses manières de rendre les jeunes silencieux et invisibles. De nombreuses manières de les anesthésier et de les endormir pour qu’ils ne fassent pas de bruit, pour qu’ils ne s’interrogent pas et ne se remettent pas en question. ‘‘Vous, taisez-vous !’’ Il y a de nombreuses manières de les faire tenir tranquilles pour qu’ils ne s’impliquent pas et que leurs rêves perdent de la hauteur et deviennent des rêvasseries au ras du sol, mesquines, tristes.

En ce Dimanche des Rameaux, célébrant la Journée Mondiale de la Jeunesse, il nous est bon d’entendre la réponse de Jésus aux pharisiens d’hier et de tous les temps, également à ceux d’aujourd’hui : « Si eux se taisent, les pierres crieront » (Lc 19, 40).

Chers jeunes, c’est à vous de prendre la décision de crier, c’est à vous de vous décider pour l’Hosanna du dimanche, pour ne pas tomber dans le “crucifie-le !” du vendredi… et cela dépend de vous de ne pas rester silencieux. Si les autres se taisent, si nous, les aînés et les responsables – bien des fois corrompus – restons silencieux, si le monde se tait et perd la joie, je vous le demande : vous, est-ce que vous crierez ?
S’il vous plaît, décidez-vous avant que les pierres ne crient !

image: CNS

Église en sortie 23 mars 2018

Cette semaine à Église en sortie, on s’intéresse aux « Lettres biologiques » du Frère Marie-Victorin avec l’auteur et historien Yves Gingras. On vous présente un reportage sur le Forum jeunesse 2018 de l‘Assemblée des évêques catholiques du Québec. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Ellen Roderick, co-directrice de l’Office pour le mariage, la vie et la famille de l’archidiocèse de Montréal, sur les « lettres biologiques » dans le contexte de l’enseignement de l’Église sur la sexualité.

À l’intérieur du Pré-Synode en compagnie de vos deux délégués canadiens

Émilie Callan est l’une des deux délégués de la Conférence des évêques catholiques du Canada à la rencontre Pré-Synodale. Elle nous parle de ses premiers jours à Rome en compagnie de 300 autres jeunes provenant de partout dans le monde.

« Les jeunes n’ont jamais gagné le prix Nobel pour avoir été prudents ! » Il n’est pas rare d’entendre de telles expressions de la part du pape François. Ce matin, alors que nous commencions notre première journée de rencontres, il nous a dit de prendre des risques même si cela implique de faire des erreurs. « L’Église est la première à souffrir lorsqu’un jeune refuse de prendre des risques » a-t-il ajouté. L’Église a besoin d’audace pour se renouveler .

Poursuivant son propos, il nous a également dit, à nous les participants, d’être courageux dans nos discussions durant la semaine. Le résultat de nos discussions en petits groupes aidera les évêques du monde entier à mieux se préparer pour le prochain Synode de 2018. En tant que représentante des francophones du Canada, je fais partie du « Groupe français no 2 ». Il y a quatre groupes de langue anglaise. Il y a aussi des groupes de langues  italienne et espagnole. Au début de la semaine, nos travaux ont surtout porté sur la première partie du Document préparatoire c’est-à-dire sur les défis et les opportunités qui se présentent aux jeunes dans notre monde contemporain. Quoiqu’il s’agisse de la première partie, c’était la partie du travail que j’attendais avec le plus d’impatience. Toutefois, c’est un grand défi que de colliger les idées de tout le monde en respectant le temps alloué pour chacune des sections. Heureusement, afin d’assurer que chaque groupe ne déborde pas du cadre de la réflexion, chaque groupe est accompagné de deux modérateurs.

Comme le Saint-Père l’a affirmé, l’Église désire que les jeunes soient inclus dans le processus synodal. Cela a été clairement affirmé dès le moment de l’annonce de la tenue d’un Synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». C’est une occasion unique pour tous les jeunes. C’est la première fois qu’un tel Pré-Synode a lieu. Le Pape veut vraiment que nous en soyons les protagonistes et c’est pourquoi nous sommes au rendez-vous !

Les catholiques ne sont pas les seuls à être présents. Plusieurs participants provenant de d’autres traditions ou religions ont également été invités. Par exemple, un jeune français se présentant comme athée, nous a offert un témoignage. Pour moi, le fait d’entendre cette prise de parole lors de la rencontre manifeste que l’Église est vraiment sérieuse lorsqu’elle dit être « à l’écoute » des jeunes et vouloir se confronter aux vérités parfois difficiles de la vie des jeunes d’aujourd’hui.

Les réalités auxquelles nous faisons face au Canada, ou dans les autres pays occidentaux, sont forcément très différentes des difficultés que vivent les jeunes qui proviennent des pays en voie de développement. Malgré que la religion ne soit pas illégale ou complètement rejetée dans notre pays, certaines politiques gouvernementales manifestent une tendance en ce sens. Cela entraîne ainsi le risque de se voir ostracisés pour avoir osé tenir des positions contraires à l’idéologie ambiante ou, du moins, sur les questions importantes de notre société. Comment devons-nous aborder certaines questions comme le suicide assisté, l’avortement, la théorie du genre, l’homosexualité, etc. non seulement sur la place publique mais aussi dans nos conversations privées, dans nos rencontres avec nos amis et notre famille ? Nous ne devrions pas avoir peur d’entrer en dialogue sur la place publique. Plus important encore, plusieurs jeunes sont en quête de sens. C’est ce qui me permet de réaliser que l’Évangile est toujours pertinent dans notre monde. Mais pour cela ces jeunes ont besoin de clarté en ce qui a trait à ce que l’Église a à offrir. De quelle manière allons-nous nous y prendre maintenant et pouvons-nous améliorer notre façon de faire?

À la fin d’une de ses présentations cette semaine, le Saint-Père a conclu en disant que l’Église a besoin de jeunes prophètes pour notre monde. Cette semaine, nous prierons pour obtenir la grâce d’une grande docilité à l’Esprit Saint afin que nous puissions parler franchement, en toute clarté, charité et liberté.

J’aurai la chance de vous écrire  au cours de cette semaine extraordinaire à Rome. Restez à l’écoute de Sel et Lumière et consultez notre blogue pour suivre les derniers développements du Pré-Synode 2018 sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » et n’oubliez pas de prier pour nous !

Église en sortie 2 février 2018

Cette semaine à Église en sortie, nous Francis Denis s’entretient avec Sophie Brouillet sur la maison d’éditions Médiaspaul. On vous présente un reportage sur la conference « Décoder l’amour » de l’archidiocèse de Montréal. Dans la troisième partie de l’émission, nous discutons avec Émile Robichaud sur son tout dernier livre: « Succursale ou institution: redonner sens à nos écoles?« 

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal sur S+L

EN EXCLUSIVITÉ sur les ondes de Sel et Lumière, voyez la télé diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal le vendredi 26 janvier prochain à 19h30. Cette Messe célébrée à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal sera présidée par S.Exc. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal.

Vous trouverez au lien ci-dessous le feuillet de cette célébration:

26-janvier-2018-Feuillet-Messe-vocationnelle-projet-3-avec-chants.

Allocution du pape François lors de sa visite au centre de détention pour femmes de Santiago, Chili

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’allocution du pape François lors de la visite au Centre de détention pour femmes de Santiago, Chili:

Chers sœurs et frères,
Merci pour l’occasion que vous m’offrez de pouvoir vous rendre visite; il est important pour moi de partager ce temps avec vous et de pouvoir être plus proche de beaucoup de nos frères qui aujourd’hui sont privés de liberté. Merci, Sœur Nelly, de vos paroles et surtout de témoigner que la vie triomphe toujours de la mort. Merci Janeth de vouloir partager, avec nous tous, tes douleurs et cette courageuse demande de pardon. Que de choses devons-nous apprendre de ton attitude de courage et d’humilité ! Je te cite : « Nous demandons pardon à tous ceux que nous avons blessés par nos délits ». Merci de nous rappeler cette attitude sans laquelle nous nous déshumanisons, nous perdons conscience du fait que nous nous trompons et que chaque jour nous sommes invités à prendre un nouveau départ.

À l’instant même me vient aussi à l’esprit la phrase de Jésus: «Celui […] qui est sans péché, qu’il soit le premier à jeter une pierre » (Jn 8, 7). Il nous invite à abandonner la logique simpliste de diviser la réalité entre bons et mauvais, pour entrer dans cette autre dynamique à même d’assumer la fragilité, les limites et y compris le péché, pour nous aider à aller de l’avant.

Quand j’entrais, deux mères m’attendaient avec leurs enfants et des fleurs. Ce sont elles qui m’ont souhaité la bienvenue, qu’on peut bien exprimer en trois mots : mères, enfants et fleurs.

Mère: beaucoup d’entre vous sont des mères et savent ce que signifie donner la vie. Vous avez su ‘‘porter’’ dans votre sein une vie et engendrer. La maternité n’est jamais ni ne sera jamais un problème, c’est un don, l’un des présents les plus merveilleux que vous puissiez faire. Aujourd’hui, vous vous trouvez devant un défi très semblable: il s’agit aussi de donner la vie. Aujourd’hui, on vous demande d’engendrer l’avenir. De le faire grandir, de l’aider à se développer. Non seulement pour vous, mais aussi pour vos enfants et pour la société tout entière. Vous, les femmes, vous avez une capacité incroyable de pouvoir vous adapter aux situations et d’aller de l’avant. Je voudrais en ce jour faire appel à cette capacité de faire naître l’avenir qui vit en chacune d’entre vous. Cette capacité qui vous permet de lutter contre les nombreux déterminismes ‘‘chosifiants’’ qui finissent par tuer l’espérance.

Être privé de liberté, comme tu le disais si bien Janet, n’est pas synonyme de perdre les rêves et l’espérance. Être privé de liberté, ce n’est pas la même chose que d’être privé de dignité. D’où la nécessité de lutter contre tout type de carcan, d’étiquette selon lesquels on ne peut pas changer, ou que cela ne vaut pas la peine, ou que tout revient au même. Chères sœurs, non! Tout ne revient pas au même. Chaque effort qui se fait pour lutter en vue d’un lendemain meilleur – même si bien des fois il semble tomber dans un sac troué – portera toujours des fruits et sera récompensé.

Le deuxième mot, c’est enfants: ils sont force, ils sont espérance, ils sont encouragement. Ils sont le souvenir vivant du fait que la vie se construit vers l’avenir et non vers le passé. Aujourd’hui tu es privée de liberté, mais cela ne signifie pas que cette situation marque la fin. D’aucune manière! Il faut toujours regarder l’horizon, vers l’avenir, vers la réinsertion dans la vie courante de la société. C’est pourquoi, je loue et invite à intensifier tous les efforts possibles pour que les projets comme l’Espace Mandela et la Fondation Femme, lève-toi puissent gagner en importance et se renforcer.

Le nom de la Fondation semble me rappeler cette scène de l’Évangile où beaucoup se moquaient de Jésus parce qu’il a dit que la fille du chef de la synagogue n’était pas morte, mais qu’elle dormait. Face aux moqueries, l’attitude de Jésus est pragmatique: en entrant là où elle était, il la prit par la main et lui dit: «Jeune fille, je te le dis, lève-toi» (Mc 5, 21). Ce genre d’initiatives constitue un signe vivant de ce Jésus qui entre dans la vie de chacun d’entre nous, qui va au-delà de toute moquerie, qui ne considère aucune bataille comme perdue, au point de nous prendre par la main et de nous inviter à nous lever. Qu’il est bon qu’il y ait des chrétiens et des personnes de bonne volonté qui suivent les traces de Jésus et qui sont déterminés à entrer et à être signe cette main tendue qui relève!

Nous savons tous que souvent, malheureusement, la peine de prison se réduit surtout à une punition, sans offrir des moyens adéquats afin de créer des processus. Et c’est mauvais. En revanche, ces espaces qui promeuvent des programmes de formation au travail et un accompagnement pour recoudre les liens sont un signe d’espérance et d’avenir. Aidons à ce qu’ils grandissent. Il ne faut pas réduire la sécurité publique à des mesures de contrôle accentué, mais et surtout, il faut l’édifier sur des mesures de prévention, sur le travail, sur l’éducation et en faisant grandir la communauté.

Et enfin, fleurs: je crois que c’est ainsi que la vie fleurit, que la vie parvient à nous offrir sa plus grande beauté ; quand nous arrivons à travailler de concert les uns avec les autres de sorte que la vie gagne, qu’elle dispose toujours davantage de possibilités. Avec ce sentiment, je voudrais bénir et saluer tous les agents pastoraux, volontaires, professionnels et, de manière spéciale, les fonctionnaires de la Gendarmerie ainsi que leurs familles. Je prie pour vous. Vous avez une tâche délicate et complexe, et pour cela j’invite les Autorités à ce qu’ils puissent vous offrir également les conditions nécessaires pour accomplir votre travail dans la dignité. Dignité qui engendre dignité.

À Marie, qui est Mère et dont nous sommes les enfants, dont vous êtes les filles, nous demandons d’intercéder pour vous, pour chacun de ses enfants, pour les personnes que vous portez dans vos cœurs, et de vous couvrir de son manteau. Et s’il vous plaît, je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi.

Et ces fleurs que vous m’avez offertes, je les porterai à la Vierge au nom de vous toutes. De nouveau, merci!

[00054-FR.01] [Texte original: Espagnol]

Vidéo du pape François aux jeunes du Canada

Vous trouverez ci-dessous l’article de Radio Vatican sur le vidéo-message du pape François aux jeunes canadiens:

(RV) L’Église catholique prépare le prochain synode des évêques sur les jeunes qui aura lieu dans un an, en octobre 2018, au Vatican. C’est le cas notamment au Canada où, dimanche 22 octobre 2017, la chaine de télévision Sel et Lumière a programmé une émission spéciale pour aider les évêques canadiens à se préparer à cet événement. Le Pape François est intervenu dans un vidéo-message.

« Je vous demande de ne pas laisser [le monde] être abîmé par ceux qui pensent seulement à en profiter et à le détruire sans scrupules. Je vous invite à inonder les lieux dans lesquels vous vivez avec la joie et l’enthousiasme typiques de votre âge, à irriguer le monde et l’histoire avec la joie qui vient de l’Évangile, d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui vous a fasciné et vous a attiré à ses côtés ». C’est ainsi que le Pape François s’est adressé aux jeunes Canadiens.

Il a répété un de ses thèmes favoris quand il s’adresse aux plus jeunes : « ne vous laissez pas voler votre jeunesse ». Il les a mis en garde contre ceux qui veulent les transformer en bâtisseurs de murs et source de division. Au contraire, les jeunes sont des « tisseurs de relations marquées par la confiance, le partage, l’ouverture jusqu’aux confins du monde ». Ils doivent construire des ponts.

Le Pape espère que les jeunes ont entendu l’appel de Dieu et que, grâce « à l’accompagnement de guides experts », ils sauront entreprendre un chemin de discernement pour découvrir le projet que Dieu a pour chacun d’eux.

François a souligné le besoin que l’Église a d’avoir des « jeunes courageux, qui n’ont pas peur devant les difficultés, qui affrontent les épreuves, qui tiennent les yeux et le cœur bien ouverts sur la réalité, pour que personne ne vienne refoulé, ne soit victime d’injustice, de violence, ou soit privé de la dignité de la personne humaine ». Le Pape se veut ainsi confiant dans la jeunesse d’aujourd’hui, dans le fait qu’elle ne restera pas sourde aux cris d’aide des nombreux autres jeunes qui cherchent la liberté, du travail, des études et la possibilité de donner un sens à leur vie.

« Laissez-vous atteindre par le Christ. Laissez-le vous parler, vous embrasser, vous consoler, guérir vos blessures, dissoudre vos doutes et vos peurs et vous serez prêts pour l’aventure fascinante de la vie, don précieux et impayable que Dieu dépose chaque jour dans vos mains », a encore exhorté le Pape.

 

Forum de la jeunesse canadienne sur « Les jeunes, la foi et le discernement »

Forum de la jeunesse canadienne sur « Les jeunes, la foi et le discernement ».
À la télévision canadienne Sel et Lumière, le 22 octobre 2017
Avec la participation du pape François et du cardinal Kevin Farrell

Le dimanche soir 22 octobre 2017, sera diffusé le forum national jeunesse sur le thème « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » sur la chaîne de télévision catholique Sel et Lumière. Enregistrée dans le studio Père Micheal McGivney du centre de diffusion de Sel et Lumière à Toronto le 10 octobre 2017, cette émission de 90 minutes est co-animée par le cardinal Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la vie et la famille, le P. Thomas Rosica c.s.b., PDG et fondateur de Télévision Sel et Lumière ; ainsi qu’ Emilie Callan et Julian Paparella, jeunes leaders de Sel et Lumière.

 

 Le pape François a pu participer à cette émission par l’entremise d’une vidéo spéciale envoyée pour l’occasion. Ce message est adressé aux jeunes Canadiens « d’un océan à l’autre » et leur rappelle qu’ils sont les protagonistes de ce dialogue unique en préparation du Synode des évêques de 2018 qui se tiendra au Vatican en octobre 2018.

Ce forum de la jeunesse canadienne, le premier de notre histoire, réunit plusieurs groupes de jeunes dans différentes villes du Canada telles que Vancouver, Colombie-Britannique; Calgary, Alberta; Windsor, Ontario; Toronto, Ontario, Montréal et Québec au Québec. Chaque groupe de jeunes est composé de représentants du secondaire, du cégep, de l’université ainsi que de différentes professions ou états de vie, certains étant candidats à la vie religieuse et au ministère ordonné. Plusieurs sont impliqués dans la pastorale jeunesse ou dans les aumôneries étudiantes partout au pays. Certains n’ont que peu de lien avec l’Église. Le Forum s’est tenu dans les deux langues officielles du Canada, le français et l’anglais. Dans les semaines précédant le forum, les jeunes ont pu travailler et réfléchir en compagnie de leurs agents de pastorale jeunesse et d’aumôniers afin d’approfondir la Lettre aux jeunes du pape François (janvier 2017) dans laquelle il annonçait la tenue d’un synode des évêques sur « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Plusieurs de ces jeunes ont étudié le Document préparatoire au synode pour mieux participer à ce forum.

Dans sa Lettre aux jeunes publiée plus tôt cette année ainsi que dans une allocution entraînante dédiée aux jeunes à Rome le dimanche des Rameaux 2017, le Saint-Père a clairement exprimé qu’il désire ardemment entendre la voix de tous les jeunes adultes, incluant les catholiques, les athées et agnostiques et tous ceux qui sont loin de l’Église.

« Toute jeune personne a quelque chose à dire aux autres, a quelque chose à dire aux adultes, aux prêtres, aux religieux, aux évêques et au Pape ».

Dans son message très énergique adressé aux jeunes Canadiens durant le forum, le pape François a louangé « les merveilles de la technologie qui, si elles sont utilisées positivement, nous donnent l’occasion de rencontrer et d’échanger d’une façon impensable encore récemment.

Le Saint-Père encourage les jeunes du Canada à être des « artisans de relations basées sur la confiance, le partage et l’ouverture et cela, jusqu’aux confins du monde. N’érigez pas des murs de division, n’érigez pas des mûrs de division! Construisez plutôt des ponts comme vous le faites en ce moment par cet échange extraordinaire qui vous réunit d’un océan à l’autre. Vous vivez un moment d’intense préparation pour le prochain synode –le synode des évêques qui vous concerne d’une manière particulière, car il veut impliquer toute la communauté chrétienne. »

Tout au long des 90 minutes de cette émission, les jeunes de chaque partie du Canada ont offert des réflexions, posé des questions et partagé leurs espoirs pour le Synode 2018 sous la responsabilité du Cardinal Farrell et du pape François. Dans chacune des villes, un jeune producteur de la Télévision Sel et Lumière a facilité les échanges et permis un réel dialogue avec l’audience et le cardinal Farrell à Toronto. La délégation de Québec a pu profiter de la présence du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et Primat de l’Église au Canada.

« C’est votre moment, c’est votre temps » a affirmé le cardinal Kevin Farrell aux participants du forum canadien. « L’Église entière vous dit, le Pape vous dit : Ne laissez pas le monde vous contrôler, vous êtes aux commandes du monde ».

Lorsqu’il s’agit d’évangéliser, le cardinal Farrell a dit aux jeunes qu’ils devraient considérer aller eux-mêmes à la rencontre de leurs pairs, d’être présents sur les médias sociaux et de les considérer comme un lieu où ils sont beaucoup plus efficaces que leurs « aînés » dans l’Église.

« Si saint Paul était encore avec nous aujourd’hui, où serait-il ? Il serait un expert des 140 caractères de twitter! Et c’est là que vous devez être » a-t-il affirmé.

Le Saint-Père veut que vous changiez le monde » a-t-il poursuivi. « Faites une différence. Ne laissez pas le monde vous contrôler, ne le laissez pas vous tirer vers le bas. Mais dites-nous comment nous pouvons vous aider à l’améliorer et le rendre meilleur ».

Le cardinal Farrell a également rappelé à la jeunesse de partout au Canada que le Synode des évêques de 2018 est une extension des deux synodes de 2014 et 2015. Durant ces rencontres, les évêques du monde entier ont réfléchi sur les défis auxquels font face les familles modernes. Ces discussions ont mené à la publication de l’Exhortation apostolique « Amoris Laetitia », un document qui presse les prêtres et les ministres à réfléchir sur les moyens de mieux aider les familles.

Diffusée ce dimanche soir 22 octobre 2017 à 19h30 et 23h30 HE/ 16h30 et 20h30 HP sur les ondes de la Télévision canadienne Sel et Lumière, cette émission sera également en livestream sur notre site internet. L’émission sera également diffusée dans sa version française à 21h00 et 1h00.

Le message du Saint-Père au Canada sera également disponible dimanche soir dès 19h30 HE. Pour plus d’information, visitez la page web dédiée à la couverture complète de ce forum jeunesse 2017 au http://seletlumieretv.org/jfdforum2017/.

Forum Canada 2017: Jeunes, foi et discernement
Avec la participation du Cardinal Kevin Farrell,
le pape François et la jeunesse canadienne.
Dimanche 22 octobre 2017
21h00 et 1h00 HE (français)
19h30 et 23h30 HE (anglais)
http://seletlumieretv.org/jfdforum2017/

anglais: https://saltandlighttv.org/ypfdforum2017/

Père Thomas Rosica, c.s.b.
PDG, Fondation catholique Sel et Lumière média
16 Octobre, 2017