Prière extraordinaire de toutes les églises pour la réconciliation, l’unité et la paix, vigile de la Pentecôte

Depuis cinq ans, des moines et des laics de toutes les Églises de Jérusalem se rassemblent pour prier pour la réconciliation, l’unité et la paix.

En cette vigile de la Pentecôte, la 6e prière extraordinaire de toutes les Églises pour la réconciliation, l’unité et la paix, sera présidée par S.B. Mgr. Fouad Twal, Patriarche catholique latin de Jérusalem, depuis l’Eglise du Patriarcat Latin de Jérusalem.

E plus, cette année tous les chrétiens célèbrent la Pentecôte à la même date le dimanche 12 juin 2011.

Les Églises de Jérusalem demandent à tous les chrétiens du monde d’être en communion et de prier pour la réconciliation, de l’unité et de la paix.

Sel + Lumière retransmettra cette prière extraordinaire.

Samedi 11 juin 15h30

Voir l’Église à travers les lentilles de la Pentecôte

Réflexion biblique pour la Solennité de la Pentecôte

La Pentecôte est le cinquantième jour; elle marque le point de départ de la mission universelle de l’Église, mission qui surmonte les obstacles humains et répond à l’énergie de l’Esprit. Le puissant souffle de Dieu et le feu de la présence de l’Esprit enveloppent le groupe des disciples réunis en prière au Cénacle autour de Marie, Mère du Seigneur.
Le récit de la Pentecôte par Luc dans la première lecture tirée des Actes (2, 1-13) comprend une introduction, un discours attribué à Pierre qui proclame la résurrection de Jésus et son sens messianique (2, 14-36) et la réaction favorable du public (2, 37-41).  Les Douze n’auraient pas pu, au début, proclamer publiquement la fonction messianique de Jésus sans encourir immédiatement les représailles des autorités religieuses de Jérusalem, qui avaient provoqué l’exécution de Jésus afin d’étouffer le mouvement d’appui qu’il suscitait.
Le Psaume 104 nous rappelle que l’Esprit Saint, ce souffle de Dieu que reçoivent les chrétiens, est le même Esprit qui soutient le constant renouvellement de toute la création.

La théologie des charismes chez Paul

Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui (I Co 12, 3b-7.12-13), saint Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe que les différents dons de l’Esprit répondent à un but précis : un service à rendre pour le bien de tous. Ces dons ne sont pas à eux-mêmes leur propre fin. Les chrétiens sont appelés à instaurer une unité qui réunisse en Jésus Christ tous les peuples, toutes les religions et tous les états de vie.
L’activité extatique et charismatique était courante aux premiers temps de l’Église, comme chez d’autres religions anciennes. Mais les Corinthiens semblent avoir développé un respect exagéré pour certains phénomènes, notamment la glossolalie (parler en langues), au détriment du bon ordre de la célébration liturgique. Paul rappelle aux Corinthiens que les phénomènes d’extase doivent être jugés à leurs effets.  Le pouvoir de confesser la seigneurie de Jésus ne peut venir que de l’Esprit et il est inconcevable que l’Esprit pousse quelqu’un à maudire le Seigneur. Nous apprenons que tous les charismes ont certains traits communs, malgré leur diversité : ils sont tous des dons (charísmata), des grâces qui nous viennent de l’extérieur; ils sont tous des fonctions, formes de service (diakoníai) qui expriment leur but et leur efficacité; et ils sont tous des activités (energémata) dans lesquelles c’est Dieu qui est à l’œuvre. Paul associe à  chacun de ces aspects l’une des entités dont la théologie fera plus tard les personnes de la Trinité : exemple précoce d’ « appropriation ».
L’image du corps (v. 12-26) est introduite pour expliquer la relation entre le Christ et les croyants (v. 12). Paul applique ce modèle à l’Église : par le baptême, tous les fidèles, en dépit de la diversité de leurs origines ethniques ou sociales, sont intégrés à un seul et même organisme. Le texte développe alors le besoin de la diversité des fonctions entre les membres du corps sans que soit menacée leur unité.
Il souffla sur eux

L’Évangile de Jean (19, 20-23) décrit d’une autre façon le don de l’Esprit aux apôtres : Jésus ressuscité souffle sur les apôtres pour leur conférer l’Esprit Saint. La puissance de l’Esprit autorise les apôtres à pardonner les péchés et à les retenir; elle leur en donne même le pouvoir. Jésus envoie officiellement ses apôtres dans le monde entier, de la même façon qu’il a lui-même été envoyé dans le monde par son Père. Le souffle de Jésus sur les apôtres rassemblés au Cénacle rappelle le texte de Genèse 2,6, quand Dieu souffla sur le premier homme pour lui donner la vie; la vie d’Adam lui vint de Dieu, la nouvelle vie spirituelle vient aux disciples de Jésus.
Les lentilles de la Pentecôte

Dans mon travail à la chaîne de télévision Sel + Lumière, au Canada, j’ai dû apprendre rapidement le métier de la télédiffusion et l’abc du cinéma. Un aspect important de la télévision tient au travail compliqué des caméras « en coulisses ». Du gros plan au grand-angle, la prise de vues fait toute la différence pour le tournage et la narration. Si on utilise trop de gros plans, on perd de vue l’ensemble de la scène; si on abuse de l’objectif grand-angle en négligeant les détails, ça ne passe pas à la télé. Une prise de vues efficace devra combiner les plans d’ensemble au grand-angulaire, les plans rapprochés superficiels et les gros plans qui focalisent sur un détail et qui souvent fournissent la profondeur nécessaire pour comprendre l’image comme tout.
J’aimerais proposer ici trois lentilles à travers lesquelles contempler la fête d’aujourd’hui : 1) le grand-angle qui embrasse notre appartenance à l’Église; 2) une lentille intermédiaire qui fixe les idéologies à l’œuvre aujourd’hui dans l’Église et 3) un zoom qui aiguise notre espérance, la grande manifestation de l’Esprit Saint dans l’Église.
« Sentire cum ecclesia »

On voit dans la Pentecôte la naissance de l’Église. Notre consécration baptismale au service du Christ ne peut se séparer d’une consécration au service de l’Église. L’un des grands thèmes de la pensée de saint Ignace de Loyola, c’est son exhortation à sentire cum ecclesia, à « penser avec l’Église ». Sentire cum ecclesia signifie aussi sympathiser avec l’Église et aimer l’Église. La Pentecôte nous invite, encore une fois, à marcher avec l’Église, à respirer avec l’Église, à espérer avec l’Église, à sentir avec l’Église,  « sentire cum ecclesia ». Que veut dire l’Église pour moi, personnellement? Quel est mon rapport personnel à l’Église? Est-ce que j’aime l’Église? Est-ce que je me sens aimé/e par l’Église?

Dépasser l’idéologie

Fondu enchaîné : passons de cette vue panoramique de l’Église à un regard plus rapproché sur notre contexte ecclésial aujourd’hui.  À l’heure qu’il est, certains d’entre nous semblent empêtrés dans les conflits idéologiques qui ont suivi le Deuxième Concile du Vatican.  Peut-être sommes-nous prisonniers des catégories qui opposent la gauche à la droite; le traditionalisme à l’avant-garde; le masculin au féminin; la hiérarchie à l’autonomie des laïcs; le prophétique au statique. Nos fixations et nos polarisations inter-ecclésiales et intercommunautaires d’un bord à l’autre du spectre ecclésial peuvent nous distraire d’aborder avec la profondeur et le discernement voulus les problèmes qui se posent à nous aujourd’hui. Ce qui en nous n’est pas purifié et transformé, nous le transmettons à la prochaine génération. Quand nous cédons dans le discours ecclésial au cynisme et au désespoir, à la mesquinerie, à l’étroitesse de vues et à la dureté, nous trahissons notre identité la plus profonde de porteurs de joie, d’espérance et de vérité. La joie est-elle présente dans notre témoignage chrétien? Qu’est-ce qui m’empêche, sur le plan personnel et sur le plan communautaire, de donner un solide et joyeux témoignage sur Jésus Christ, la foi catholique et l’Église?
L’espérance, manifestation de l’Esprit

Enfin, gros plan sur l’espérance, manifestation authentique de l’Esprit à la Pentecôte. N’est-il pas vrai que, dans l’Église d’aujourd’hui, plusieurs d’entre nous se sentent emportés par une crue soudaine, inattendue, déferlement destructeur et désespérant?  La flamme semble s’être éteinte et notre rayonnement a terriblement diminué. Les médias exercent une forte influence sur la pensée, les attitudes et la foi des gens. La crue éclair tombe sur nous avec une force incroyable. Certains regardent notre situation actuelle d’un œil très pessimiste et sombrent dans le découragement, la dépression, le cynisme même. Peut-être avons-nous choisi de voir les choses à partir des données de la sociologie, de la psychologie, des sondages et des pronostics, des blogues et des messages laconiques de Twitter… et nous prévoyons un avenir inévitable, sombre et consternant, pratiquement déterminé par les forces démographiques, sociales et économiques. Dans l’univers des clips sonores, espérer, c’est généralement se faire croire à soi-même que tout finira par s’arranger. Nous utilisons à la légère les mots « espoir » et « espérer ». Ce n’est pas là l’espérance des chrétiens. Nous devons être des icônes de l’espérance, un peuple animé d’une vision nouvelle, un peuple qui apprend à voir le monde à travers les lentilles du Christ, de l’Esprit et de l’Église.
Signes des temps et signes d’espérance

Le Deuxième Concile du Vatican a incité les chrétiens à lire les signes des temps et, pour le pape Jean XXIII, les signes des temps étaient des signes d’espérance qui nous faisaient entrevoir la présence du Royaume parmi  nous. Le Royaume n’est pas de ce monde et on ne peut le situer à tel ou tel endroit mais, quoiqu’encore à venir, il est déjà là, porté par l’Eucharistie qui est le modèle à reproduire dans toute la société.  Le Royaume se manifeste à travers les dons de l’Esprit Saint : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la connaissance, la piété et la crainte du Seigneur. Et les fruits de l’Esprit rendent le Royaume attrayant et savoureux : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la patience, la douceur, la confiance, la modestie, la continence et la chasteté.
On peut aussi suivre une voie négative et dire où ne se trouve pas le Royaume. Là où il n’y a pas de justice, de paix, de partage, de confiance mutuelle, de pardon, il n’y a pas de Royaume. Là où règnent la rancœur, l’envie, la suspicion, la haine, l’ignorance, l’indifférence, l’impureté, le cynisme, il n’y a pas de Royaume et il n’y a certainement pas de vie.
« Duc in altum! »

On ne peut peser la vie de foi et jauger la vitalité de l’Église uniquement à parti d’indicateurs démographiques ou sociologiques, de chiffres, de sondages et de statistiques extérieures, si utiles qu’ils soient par ailleurs. Le feu de la Pentecôte nous invite à redécouvrir la profondeur, la beauté et l’ampleur de la mission de l’Église. Ce qu’il faut à ceux et celles qui imaginent et édifient l’Église, c’est de penser grand et de jeter leurs filets au large.  « Duc in altum! »  Il nous faut modeler notre vision sur la ferme conviction de la victoire de la Croix et du triomphe de Jésus Christ sur le péché et la mort. Les individus et les communautés qui n’ont pas de vision et une Église dépourvue de mission ressemblent à une personne qui n’aurait ni parents ni amis. À moins de nous dépasser, nous resterons des personnalités incomplètes, immatures. Quand l’Esprit habitera vraiment en nous, nous recevrons la grâce de la créativité, de l’imagination et de l’espérance. [Read more…]

Jésus ne cesse jamais d’être la porte des brebis …

Réflexion biblique pour le quatrième Dimanche de Pâques.

 
De toutes les images de Jésus à travers les âges, y en a-t-il une qui exprime davantage sa tendresse et sa compassion que celle du Bon Pasteur?  Bien avant l’époque de Jésus, l’image du berger servait à décrire la tendresse et la providence de Dieu à notre endroit. Le berger et l’hôte sont deux images qui renvoient au désert, là où le protecteur des moutons est aussi celui qui protège le voyageur en lui offrant l’hospitalité et la sûreté contre ses ennemis. Dans la Bible et dans le Moyen Orient ancien, le nom de « berger » était fréquemment employé comme titre politique afin de souligner l’obligation pour le roi de veiller sur ses sujets. Ce titre parlait de sollicitude et de dévouement au service d’autrui.

L’image du berger exprime aussi une grande autorité. Tout le discours sur le Bon Pasteur (Jean 10, 1-21), d’où est tiré le texte de l’Évangile d’aujourd’hui, continue le thème de la critique des Pharisiens, commencé à la fin du chapitre 9. Nourrir le troupeau, cela signifie que le berger doit protéger ses brebis de l’hérésie, être aux aguets pour les défendre contre les maraudeurs. Le bâton du berger est une arme défensive contre les bêtes sauvages alors que sa houlette est un instrument d’appoint qui symbolise les soins donnés et la loyauté.

Les portes dans l’Israël ancien

Avant de sonder le sens et l’importance de la porte des brebis, rappelons que dans l’Israël ancien les portes de Sion symbolisaient l’idée de l’entrée en présence de Dieu. Quand Isaïe parle du jour de la paix universelle, il décrit un temps où « tes portes seront toujours ouvertes, le jour ni la nuit elles ne seront fermées » (Isaïe 60, 11). De même, l’autel des holocaustes était placé, non pas à l’intérieur du tabernacle, mais « devant l’entrée de la Demeure, de la Tente de Réunion » (Exode 40, 6). Le Christ vient accomplir toutes ces attentes : il est la porte à travers laquelle nous avons « accès au Père » (Éphésiens 2, 18). Il est la « voie nouvelle et vivante » (Hébreux 10, 20). Combien de fois nous avons répété les paroles du Psalmiste, en particulier pendant le temps de l’Avent (24, 7-10) :

Portes, levez vos frontons

élevez-vous, portes éternelles :

qu’il entre, le roi de gloire!

Qui  est ce roi de gloire?

C’est le Seigneur, le fort, le vaillant,

le Seigneur, le vaillant des combats.

Portes, levez vos frontons,

levez-les, portes éternelles :

qu’il entre, le roi de gloire!

Qui donc est ce roi de gloire?

C’est le Seigneur, Dieu de l’univers;

c’est lui, le roi de gloire.

Les portes des brebis dans le Nouveau Testament

Dans l’Évangile d’aujourd’hui (Jean 1, 1-10), Jésus fait référence à deux types de bergerie avant de se présenter lui-même comme la porte des brebis. Dans les deux premiers versets, il décrit la sorte de « bergerie communautaire » qu’entretenait un village et à laquelle les bergers pouvaient ramener leur troupeau à la nuit tombante. L’enceinte était protégée par une porte robuste qu’on ne pouvait ouvrir qu’avec la clé du berger en chef.

Un second type de bergerie apparaît dans les versets qui suivent. Il s’agit d’un enclos pour les nuits où le troupeau demeurait dans les champs (comme la nuit où Jésus est né). Ces bergeries temporaires étaient généralement constituées par un muret de roches, avec une ouverture à une extrémité. Le berger lui-même servait de porte à une bergerie de ce type : pour dormir, il se couchait en travers de l’entrée. Qu’une brebis tente de s’échapper ou qu’un loup essaie d’entrer, ils devaient lui passer sur le corps! Le berger lui-même était la porte.

La Porte des brebis à Jérusalem

Il est important de se rappeler que Jésus se présente d’abord, non pas comme le Bon Pasteur, mais comme la porte des brebis. Les anciens murs de Jérusalem comportaient une porte, au nord de la ville, par où on faisait entrer les animaux des régions environnantes pour les sacrifices. C’était la Porte des brebis. Une fois à l’intérieur de la ville et dans les parvis du temple, il n’y avait qu’une porte par où passaient les brebis et aucun agneau ne ressortait vivant de l’enceinte du temple. Les bêtes avançaient dans une seule direction et c’est là qu’elles étaient sacrifiées pour les péchés des êtres humains. Pour le public qui, le premier, a entendu l’enseignement de Jésus sur les brebis, cette image accentuait encore le choc que provoquait ses paroles : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis… Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. » (Jean 10, 7.9)  À l’intérieur même du quartier du temple envahi par les brebis en route vers la mort, Jésus affirme qu’il y a une issue : « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance; je suis le bon pasteur » (Jean 10, 10-11).

Jésus parle des brebis à l’endroit même où elles sont sur le point d’être mises à mort. Contrairement au berger entouré d’agneaux innocents que nous font voir nos images de brebis et de pasteur sur des collines verdoyantes, la protection de ces brebis demande plus qu’une main douce et un œil vigilant. Ces brebis doivent être protégées des puissances de mort. Jésus enseigne que celui qui n’entre pas dans la bergerie pour s’occuper du troupeau en passant par la porte – Jésus lui-même – est un voleur et un bandit. Personne ne vient au Père que par Lui. Jésus lui-même est la porte par laquelle le berger rejoint les brebis; par conséquent, les seuls bergers authentiques sont ceux qu’il aura autorisés. Aux versets 7-8, l’image est celle d’une porte par laquelle le berger a accès aux brebis; aux versets 9-10, l’image devient celle d’une porte par laquelle les brebis peuvent entrer et sortir.  Les Pharisiens, parce qu’ils ne passent pas par Jésus, sont des voleurs. Ceux qui passeront par la porte qu’est Jésus auront la vie.

Le Pasteur modèle

Jésus est l’eau vive, le pain de vie et la porte de la vie. Jésus est le bon pasteur, le pasteur modèle, et de trois façons. Premièrement, il est prêt à donner sa vie pour ses brebis. Les Pharisiens sont des hommes à gages; ils tondent le troupeau mais n’ont aucune loyauté envers lui.  Le berger fidèle, comme David autrefois, protège son troupeau.

Deuxièmement, il connaît ses brebis. Cette connaissance intime du troupeau, qui suppose l’amour et de longues nuits de veille, est la raison qui le pousse à donner sa vie. Et son amour s’étend au-delà de « ses brebis à lui », les membres de la communauté johannique, pour inclure tous ceux et celles qui croient en lui. Troisièmement, Jésus est la porte des brebis : non pas un piège menant à l’abattoir mais l’entrée dans la sécurité aimante de Dieu – dans la protection du bon pasteur.

Le Christ n’est pas seulement la porte; il est le roi qui entre et le temple auquel conduit la porte! Autrefois, la « porte du ciel » était le firmament que Dieu entrouvrait pour faire pleuvoir la manne (Psaume 78, 24) mais désormais le Christ est le pain véritable venu du ciel (Nicodème). Jacob a vu « la porte du ciel » (Genèse 28, 17) dans le sanctuaire terrestre de Béthel mais quand le martyr Étienne regarde vers le ciel, il aperçoit « la gloire de Dieu et Jésus » (Actes 7, 55). Le Christ ne fait pas que nous inviter à entrer par Lui dans le Royaume des cieux : il en laisse la clé à ses apôtres en leur promettant que « tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Matthieu 16, 19).

Souvenir de la visite d’un saint pasteur à Denver

Je ne peux m’empêcher de rappeler un des enseignements du Bienheureux Jean-Paul II à propos de l’Évangile d’aujourd’hui; c’était lors de la Journée mondiale de la Jeunesse 1993 à Denver, dans le Colorado. Pendant la veillée de prière au Cherry Creek State Park, le 14 août 1993, le Saint Père déclara:

« En Jésus Christ, le Père exprime toute la vérité au sujet de la création. Nous croyons que dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus le Père révèle tout son amour pour l’humanité. C’est pourquoi le Christ s’appelle lui-même « la porte des brebis » (Jean 10,7)  Il est la porte et protège les créatures qui lui ont été confiées. Il les conduit vers de bons pâturages : « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage » (Jean 10, 9).

…À l’approche du troisième millénaire, l’Église sait que le Bon Pasteur continue, comme toujours, d’être l’espérance sans faille de l’humanité. Jésus Christ ne cesse jamais d’être « la porte des brebis ». Et en dépit de la longue histoire de péchés commis par l’humanité contre la vie, il ne cesse jamais de répéter avec la même vigueur et le même amour : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance » (Jean 10, 10).

…Le Christ – le bon Pasteur – est présent parmi nous, au milieu de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les générations et de toutes les races, comme Celui qui « donne sa vie pour ses brebis »… Oui, le Bon Pasteur donne sa vie. Mais seulement pour la reprendre ensuite (Jean 10, 17). Et dans la vie nouvelle de la résurrection, il est devenu – selon les mots de saint Paul – « l’être spirituel porteur de vie » (1 Co 15, 45), capable de donner la vie à tous ceux et celles qui croient en lui.

Vie sacrifiée, vie reprise, vie donnée. En lui, nous avons cette vie qui est la sienne dans l’unité du Père et de l’Esprit Saint. À condition de croire en lui. À condition de faire un avec lui dans l’amour – en nous rappelant que « celui qui aime Dieu doit aussi aimer son frère » (1 Jean 4,21). »

Questions pour la réflexion cette semaine

Jésus dit que les brebis reconnaissent la voix de leur berger et qu’elles vont le suivre plutôt qu’un étranger. Est-ce que je suis vraiment à l’écoute de la voix du Bon Pasteur? Où est-ce que je cherche à l’entendre? Est-ce que je suis la voie sur laquelle il me guide?

Jésus dit qu’il est venu pour que nous puissions avoir la vie, et la vie en abondance. Que veut-il dire? Est-ce que je vis la vie surabondante que Dieu a préparée pour moi?

Jésus dit qu’il a encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie mais qu’il doit aussi conduire. Plusieurs exégètes pensent que cette expression désigne les Gentils qui n’attendaient pas le Messie mais qui accueilleraient la Bonne Nouvelle dans la joie. Quelles sont aujourd’hui les brebis qui doivent encore entrer dans la bergerie de Dieu? Que faisons-nous pour les conduire au Christ?

Sur la Toile:
Le site Web de la chaîne de télé catholique Sel et Lumière: http://www.seletlumieretv.org
http://www.seletlumieretv.org/blog
Dimanche de Pâques

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/62/IQyLyOQA8D8

Deuxième dimanche de Pâques

Reste avec nous

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/95/ZpBnPekgH04

Quatrième dimanche de Pâques: Le Bon Berger http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/94/rGsGRpF3FRY

Ascension (français)

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/search/0/TmPOauZxN8A

La Pentecôte: La plus profonde assurance que l’Esprit…

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/89/oFHURxot-_4

La Fête-Dieu – « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/86/eRJFaSAnL9M

Fête de la Sainte Trinité

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/88/gG8VmJEC0Wk

Images: CNS photo/Crosiers — vitrail St. Mary’s Church, Killarney, Ireland, Jesus Christ, le Bon Berger;

CNS photo/Joe Rimkus Jr. — Pape Jean-Paul II , 1993 JMJ Denver.

De la blessure de son cœur jaillit la grande vague de la miséricorde

Réflexion biblique pour le deuxième dimanche de Pâques.

Béatification du pape Jean-Paul II

Le nom de « Thomas » désigne encore aujourd’hui celui qui n’accepte de croire que ce qu’il a vu de ses yeux, l’incrédule, le « sceptique ». « Thomas l’incrédule » renvoie évidemment à l’un des Douze, dont le nom figure dans toutes les listes d’apôtres que donnent les évangiles. Thomas est appelé « Didyme », forme grecque d’un terme araméen qui désigne « le jumeau ». Quand Jésus annonça qu’il avait l’intention de retourner en Judée visiter Lazare, Thomas dit aux autres disciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui » (Jean 11,16). C’est encore Thomas qui, pendant le grand discours qui suivit la dernière Cène, souleva une objection : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas; comment pourrions-nous savoir le chemin? » (Jean 14,5)

Le Nouveau Testament ne nous en apprend pas beaucoup plus sur l’apôtre Thomas; néanmoins, à cause du passage tiré aujourd’hui de l’évangile de Jean (Jean 20,19-31), sa personnalité nous est plus familière que celle de plusieurs des Douze. Thomas aura reçu l’enseignement de Jésus et il aura sûrement été bouleversé par sa mort. Le soir de Pâques, quand le Seigneur apparut aux disciples, Thomas n’y était pas. Quand on lui dit que Jésus était vivant et qu’il s’était manifesté, Thomas déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croirai pas » (Jean 20,25). Huit jours plus tard, Thomas fit son acte de foi et gagna une observation de la part de Jésus : « Parce que tu m’as vu, tu crois ; heureux ceux qui croiront sans avoir vu ».

Le vrai Thomas

L’apôtre Thomas est l’un des plus grands amis et l’un des plus honnêtes disciples de Jésus, non pas l’éternel sceptique, l’entêté crâneur qu’en a fait souvent la tradition chrétienne. Ce jeune apôtre s’est retrouvé devant la croix, incapable de trouver un sens à l’horreur de l’événement. Tous ses rêves, tous ses espoirs pendaient à cette croix. C’est au sein de la communauté croyante des apôtres et des disciples que Thomas a redécouvert sa foi. Voilà une chose qu’il ne faut jamais oublier, surtout à une époque où tant de gens prétendent qu’on peut arriver à la foi et à la vie spirituelle sans vivre l’expérience de la communauté ecclésiale. Nous ne croyons pas chacune, chacun pour soi, en individus isolés; non, par le baptême, nous devenons membres de la grande famille de l’Église. C’est précisément la foi professée par la communauté que nous appelons l’Église qui vient renforcer notre foi personnelle. Chaque dimanche à la messe, nous professons ensemble notre foi soit selon la formule du Credo de Nicée, soit avec les mots du symbole des Apôtres. Ce faisant, nous sommes préservés du danger de croire en un dieu qui ne serait pas celui que le Christ nous a révélé.

La foi n’est pas un acte isolé

N’oublions pas le numéro 166 du Catéchisme de l’Église catholique.

« La foi est un acte personnel : la réponse libre de l’homme à l’initiative de Dieu qui se révèle. Mais la foi n’est pas un acte isolé. Nul ne peut croire seul, comme nul ne peut vivre seul. Nul ne s’est donné la foi à lui-même comme nul ne s’est donné la vie à lui-même. Le croyant a reçu la foi d’autrui, il doit la transmettre à autrui. Notre amour pour Jésus et pour les hommes nous pousse à parler à autrui de notre foi. Chaque croyant est ainsi comme un maillon dans la grande chaîne des croyants. Je ne peux croire sans être porté par la foi des autres, et par ma foi, je contribue à porter la foi des autres. »

Le dimanche de la divine miséricorde

Le dimanche de la divine miséricorde célèbre l’amour miséricordieux de Dieu, qui resplendit dans le Triduum pascal et dans tout le mystère de Pâques. Cette fête reprend une ancienne tradition liturgique, dont on trouve un écho dans un enseignement attribué à saint Augustin au sujet de l’Octave de Pâques; Augustin parlait de la semaine de Pâques comme des « jours de la miséricorde et du pardon » et du jour même de l’Octave comme du « condensé des jours de la miséricorde ».

L’intérêt du pape Jean-Paul II pour la miséricorde divine remonte à sa jeunesse à Cracovie, dans la Pologne occupée de la Deuxième guerre mondiale, quand Karol Wojtyla fut témoin de tant de souffrance et de cruauté. Il y a vu les rafles : des centaines, des milliers de personnes ramassées pour être enfermées dans les camps de concentration et asservies aux travaux forcés. Dans sa ville natale de Wadowice, il comptait plusieurs amis juifs qui disparurent dans la Shoah. C’est pendant ces années de terreur que Karol Wojtyla décida d’entrer au séminaire clandestin du cardinal Sapieha, à Cracovie. Oui, il a vécu le besoin de la miséricorde de Dieu et le besoin qu’a l’humanité de pratiquer la miséricorde mutuelle. Au séminaire, il fit la connaissance d’un autre séminariste, Andrzej Deskur (il deviendra un jour cardinal) qui lui exposa le message de la divine miséricorde tel qu’il avait été révélé à une religieuse mystique polonaise, S. Maria Faustyna Kowalska, morte en 1938 à l’âge de 33 ans.

Le pape de la divine miséricorde

Dès le début de son pontificat, en 1980, le pape Jean-Paul II consacra toute une encyclique au thème de la miséricorde divine (Dives in Misericordia – Dieu riche en miséricorde) pour bien montrer que le cœur de la mission de Jésus Christ a été de révéler l’amour miséricordieux du Père. En 1993, quand le pape Jean-Paul II béatifia Sœur Faustyna Kowalska, il déclara dans son homélie : « Sa mission se poursuit et donne un fruit étonnant. Il est vraiment merveilleux de voir comment sa dévotion à Jésus miséricordieux se répand dans le monde contemporain et gagne de plus en plus de cœurs!»

Quatre ans plus tard, en 1997, le Saint Père se rendit sur la tombe de la Bienheureuse Faustyna à Lagiewniki, en Pologne; son message ne manquait pas de force : « Il n’y a rien dont l’homme ait un plus grand besoin que de la divine miséricorde… De là jaillit le message de miséricorde que le Christ lui-même a choisi de transmettre à notre génération par l’entremise de la Bienheureuse Faustyna. »

En 2000, l’année du Jubilé, le pape Jean-Paul II canonisa S. Faustyna; elle devenait ainsi la première sainte du nouveau millénaire; du même coup, le pape instituait dans l’Église universelle le Dimanche de la divine miséricorde, célébré désormais le deuxième dimanche de Pâques. À l’homélie, il affirma : « Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. »

Un an plus tard, dans son homélie pour le Dimanche de la divine miséricorde 2001, le pape présentait le message de la miséricorde confié à sainte Faustyna  comme « la réponse adéquate et incisive que Dieu a voulu offrir aux hommes de notre temps, marqué par d’immenses tragédies… La Miséricorde divine! Voilà le don pascal que l’Église reçoit du Christ ressuscité et qu’il offre à l’humanité, à l’aube du troisième millénaire. »

De retour à Lagiewniki, en Pologne, en 2002, lors de la dédicace du nouveau Sanctuaire de la Divine Miséricorde, le Saint Père consacra le monde entier à la miséricorde divine : « Je le fais avec le désir que le message de l’amour miséricordieux de Dieu, proclamé ici à travers sainte Faustyna, atteigne tous les habitants de la terre et remplisse leur cœur d’espérance. »

Dans l’allocution qu’il prononça au Regina Cœli du dimanche 23 avril, le pape Benoît XVI déclara : « Le mystère de l’amour miséricordieux de Dieu est placé au centre du Pontificat de mon vénéré prédécesseur. » Et la Providence a voulu que cette année, le jour même du Dimanche de la divine miséricorde, le pape Benoît XVI proclame bienheureux son prédécesseur le pape Jean-Paul II, grand apôtre et ambassadeur de la miséricorde divine.

La miséricorde est notre sceau

Il faut nous poser la question : qu’y a-t-il de nouveau dans ce message sur la miséricorde divine? Pourquoi le pape Jean-Paul II a-t-il tant insisté sur cet aspect de l’amour de Dieu à notre époque? Cette dévotion ne reprend-elle pas le culte du Sacré Cœur de Jésus? La miséricorde est une vertu chrétienne importante, très différente de la justice et de la rétribution. Tout en reconnaissant la douleur de la blessure et les raisons qui justifient le châtiment, la miséricorde adopte une approche différente pour remédier à la situation. La miséricorde s’efforce de changer radicalement la condition et l’âme de l’agresseur pour qu’il résiste au mal : c’est souvent en lui révélant l’amour et sa propre beauté qu’elle y arrive. Si une punition est appliquée, elle doit l’être pour le salut, et non par souci de vengeance ou de rétribution. C’est là une question très embrouillée aujourd’hui et un message des plus complexes… mais il n’y a pas d’autre façon d’aller de l’avant et de devenir levain dans la pâte du monde d’aujourd’hui, d’être vraiment sel et lumière au sein d’une culture qui a perdu la saveur de l’Évangile et la lumière du Christ.

Là où dominent la haine et la soif de vengeance, là où la guerre n’apporte que mort et souffrance aux innocents, là où la violence détruit un nombre incalculable de vies innocentes, il faut la grâce de la miséricorde pour replacer le cœur et l’esprit humain et pour susciter la guérison et la paix. Partout où font défaut le respect de la vie et de la dignité humaine, l’amour miséricordieux de Dieu est indispensable  car c’est à sa lumière que nous percevons la valeur inexprimable de chaque être humain. La miséricorde est nécessaire pour mettre un terme à toutes les injustices dans le monde. Le message de la miséricorde, c’est que Dieu nous aime, qu’il nous aime toutes et tous, si grands que soient nos péchés. La miséricorde de Dieu est plus grande que nos péchés si bien que nous pouvons faire appel à Lui avec confiance, recevoir sa miséricorde et la laisser couler en nous et à travers nous jusqu’aux autres. Au fond, la miséricorde comprend la faiblesse, elle est la capacité de pardonner.

L’apôtre de la divine miséricorde

Dans son ministère sacerdotal et épiscopal, et en particulier pendant tout son pontificat, le pape Jean-Paul II a prêché la miséricorde de Dieu, il a écrit sur elle et, surtout, il l’a vécue. Il a pardonné à l’homme qui avait été choisi pour l’assassiner, place Saint-Pierre.  Le pape qui avait été témoin du scandale des divisions entre chrétiens et des atrocités commises contre le peuple juif fit tout ce qu’il put pour guérir les blessures causées par les conflits du passé entre les catholiques et les autres églises chrétiennes et, en particulier, avec le peuple juif.

Aujourd’hui, en ce jour où l’Église proclame bienheureux ce grand apôtre de la miséricorde et de la paix, c’est avec beaucoup d’affection et une profonde gratitude que je me rappelle les paroles émouvantes qu’il prononça à la fin de la messe de la Journée mondiale de la Jeunesse 2002, au parc Downsview de Toronto. Ces paroles nous rappellent l’importance et la nécessité de la miséricorde dans l’Église d’aujourd’hui :

« Aux heures difficiles de la vie de l’Église, la poursuite de la sainteté devient d’autant plus urgente. Et la sainteté n’est pas affaire d’âge; la sainteté est affaire de vie dans l’Esprit Saint… Ne laissez pas mourir l’espérance! Misez votre vie sur elle… Car nous ne sommes pas la somme de nos faiblesses et de nos échecs; nous sommes la somme de l’amour du Père pour nous et de la capacité que nous avons de devenir l’image de son Fils. »

Prions aujourd’hui dans la joie et la gratitude :

Seigneur, toi qui es riche en miséricorde

et qui as voulu que le Bienheureux Jean-Paul II préside comme pape à ton Église universelle,

accorde-nous, nous t’en prions, qu’instruits par son enseignement,

nous puissions ouvrir nos cœurs à la grâce salvifique du Christ, seul rédempteur de l’humanité,

qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit,

Dieu pour les siècles des siècles.

Sur la Toile:
Le site Web de la chaîne de télé catholique Sel et Lumière: http://www.seletlumieretv.org
http://www.seletlumieretv.org/blog
Dimanche de Pâques

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/62/IQyLyOQA8D8

Deuxième dimanche de Pâques

Reste avec nous

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/95/ZpBnPekgH04

Quatrième dimanche de Pâques: Le Bon Berger http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/94/rGsGRpF3FRY

Ascension (français)

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/search/0/TmPOauZxN8A

La Pentecôte: La plus profonde assurance que l’Esprit…

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/89/oFHURxot-_4

La Fête-Dieu – « Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/86/eRJFaSAnL9M

Fête de la Sainte Trinité

http://www.youtube.com/profile?user=saltandlighttv#p/u/88/gG8VmJEC0Wk

Images: Luca Signorelli’s fresco Christ and the Doubting Thomas, 1477-82;

CNS file photo by Arturo Mari: In Krakow Pope John Paul II prays at the 1991 beatification Mass of Angela Salawa, a 20th-century Polish laywoman known for her humility.

Il est né…

Réflexion du père Thomas Rosica à l’occasion de la fête de Noël.

Marie, demeure de l’Humanité et de la Divinité – homélie pour la fête de l’Immaculée Conception

Voyez la messe de l’Immaculée Conception au www.seletlumieretv.org/messe

Homélie pour la Solennité de l’Immaculée Conception
Crypte de l’Oratoire de Saint- Joseph
Montréal, 8 décembre 2010
Père Thomas Rosica, csb

Chaque année, l’Église fête l’Immaculée Conception le 8 décembre.  Cette fête de l’Immaculée, que l’on célébrait déjà autour du Xe siècle, fut introduite dans le calendrier universel par Sixte IV.
L’Immaculée Conception apparaît comme un phare lumineux pour l’humanité de tous les temps.  En ce grand jour de l’Avent, nous honorons la “Tota pulchra”, “Tu es toute belle, ô Marie !”, “Tota pulchra es, Maria!” Heureuse Toi que Dieu a choisie comme Mère de son Fils unique!
C’est à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole d’Elizabeth ‘Bienheureuse celle qui a cru’ en quelque sorte une clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l’ange a saluée comme ‘pleine de grâce’.  C’est ici les racines de cette fête de l’Immaculée Conception.
Beaucoup de gens supposent toujours incorrectement que l’Immaculée Conception se rapporte à la conception du Christ. En fait, elle se rapporte à la foi que Marie, par faveur divine spéciale, était sans péché dès le moment où elle fut conçue. Sans la conscience du péché originel, l’Immaculée Conception n’aura pas de sens. Par le dogme de l’Immaculée Conception, Dieu était présent et vivant chez Marie dès les premiers moments de sa vie. La grâce de Dieu est plus grande que le péché; elle vaincre le péché et la mort.
Une liberté qui ne tremble pas
Le péché blesse notre humanité.  Même pardonné, il laisse des traces.  La Vierge Marie, elle, n’a pas connu le péché.  Elle n’en porte pas les traces. Ses forces spirituelles, sa liberté sont totales.  C’est ainsi qu’elle a pu faire face à la mission exceptionnelle que Dieu voulait lui confier : être la Mère de son Fils, le mettre au monde par l’action de l’Esprit Saint.  Pour accepter cette mission, il fallait à Marie une foi sans faille, une liberté qui ne tremble pas.
Quand nous honorons la Mère de Dieu sous le vocable “Immaculée Conception”, nous reconnaissons en elle un modèle de pureté, innocence, confiance, curiosité enfantine, révérence, respect, vivant paisiblement à côté d’une conscience mature que cette vie n’est pas simple. Il est rare de trouver la révérence et la sophistication, l’idéalisme et le réalisme, la pureté, l’innocence et la passion, à l’intérieur de la même personne comme nous le trouvons en Marie.
Les trois grands moments de Marie
Nous célébrons trois grands moments dans la vie de Marie sachant qu’ils représentent l’ensemble de nos vies. Lorsque qu’en 1854 le pape Pie IX proclamait le dogme de l’Immaculée Conception, il se référait explicitement à l’histoire biblique de l’Annonciation dans l’Évangile de Luc. La salutation de l’Ange Gabriel, “Je vous salue Marie, pleine de grace,” dénote la reconnaissance que Marie devrait être toujours épargnée du péché. Dieu était présent et en mouvement dans la vie de Marie dès les premiers moments. La grâce de Dieu est plus puissante que le péché, elle vainc le péché et la mort. À travers son Immaculée Conception, Marie a été appelée pour accomplir une mission spéciale.
Le deuxième moment de la vie de Marie est l’Incarnation. À travers la naissance virginale de Jésus il nous est rappelé que Dieu agit puissamment dans nos vies aussi. Notre réponse à ce mouvement doit être reconnaissance, gratitude, humilité, ouverture et accueil. A travers l’Incarnation, Marie a été douée de la Parole devenue Chair.
L’Église célèbre le voyage final de Marie dans la plénitude du Royaume de Dieu par le dogme de l’Assomption promulgué par Pie XII en 1950. Tout comme au commencement de sa vie, à la fin de sa vie Dieu a accompli toutes les promesses qu’il nous a données. Nous aussi allons être enlevés jusque dans le paradis comme elle le fut. En Marie nous avons une image du domaine de l’humanité et de la divinité. Dieu est, en effet, confortable en notre présence et nous en la Sienne. À travers son Assomption, Marie a été choisie pour occuper la place d’honneur dans la divinité.
Plus grande que le péché
Alors que la dévotion mariale est toujours très forte dans l’Église, l’Immaculée Conception est un dogme complexe qui a intéressé bien plus les théologiens que les simples fidèles. L’Immaculée Conception réfère à la conception du Christ.  En fait, elle se réfère à la croyance selon laquelle Marie, par une grâce divine spéciale, est restée vierge de péché depuis le moment où elle a été conçue. La principale pierre d’achoppement pour de nombreux catholiques est le péché originel.  Aujourd’hui, nous sommes de moins en moins conscients du péché originel. Et sans cette conscience, l’Immaculée Conception n’a pas de sens.  La grâce de Dieu est plus grande que le péché, elle triomphe sur le péché et la mort.
Quelque chose à l’intérieur de nous aspire toujours à l’innocence, la pureté, la fraîcheur et la confiance. Si nous perdons ces derniers, nous nous trouvons cyniques et désillusionnés avec un mécontentement qui nous vient précisément d’avoir vécu, d’avoir ouvert nos yeux, d’avoir la connaissance sans innocence. Il est rare de trouver à la fois vénération et sophistication, idéalisme et réalisme, pureté, innocence et passion, dans une même personne comme c’est le cas chez Marie.  Nous devons tenir cette innocence et expérience avec une tension appropriée. Par l’Immaculée conception, nous avons une image de l’humanité et de la divinité chez nous. Dieu est en effet à l’aise en notre présence et nous dans la sienne.
Verbum caro hic factum est
Je vous laisse cette petite pensée aujourd’hui.  La semaine dernière, lors d’une série de réunions en Terre Sainte, j’ai eu la grande joie de présider l’Eucharistie dans la grotte de l’Annonciation à Nazareth.  Sur l’autel dans cette simple grotte on trouve une petite plaque pour commémorer le lieu où Marie reçut un message de l’ange Gabriel lui disant qu’elle allait concevoir et enfanter un fils et qu’elle lui donneras le nom de Jésus (Lc 1,31). L’inscription latine se lit : «Verbum caro hic factum est » (Ici, le Verbe s’est fait chair).
Cette inscription est profonde, grandiose et peut renouveler la face de la terre. Ces mots : « Verbum caro hic factum est » ne se trouvent pas sur une plaque votive dans les grottes de l’église de la Nativité à Bethléem, ni n’est-elle sur les ruines du Temple à Jérusalem. Elle sont posées sur un autel au plus profond de l’imposante structure de l’église de l’Annonciation. C’est là que « le Verbe s’est fait chair… » C’est là que l’histoire a change, parce que Marie a dit son oui.
Ces mots peuvent-ils être appliqués à nos propres vies, à nos familles, communautés et églises : « Ici le Verbe s’est fait chair »? Savons-nous comment écouter la Parole de Dieu, la méditer et en vivre chaque jour ? Mettons-nous ces paroles en pratique dans nos vies quotidiennes ? Sommes-nous remplis de foi, d’espérance et d’amour, témoignant par notre vie et nos paroles ? Que de mots forts pour parler des chrétiens : leurs paroles deviennent chair !
Sainte Marie, Immaculée et concue sans peché, Fille de Sion, Vierge de Nazareth et Mère de l’Eglise, aide nous pour que nos paroles deviennent chair !  Prie pour nous maintenant et à l’heure de notre mort!  Amen.

Chaque année, l’Église fête l’Immaculée Conception le 8 décembre.  Cette fête de l’Immaculée, que l’on célébrait déjà autour du Xe siècle, fut introduite dans le calendrier universel par Sixte IV.

lourdes_vierge_grotteL’Immaculée Conception apparaît comme un phare lumineux pour l’humanité de tous les temps.  En ce grand jour de l’Avent, nous honorons la “Tota pulchra”, “Tu es toute belle, ô Marie !”, “Tota pulchra es, Maria!” Heureuse Toi que Dieu a choisie comme Mère de son Fils unique!

C’est à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole d’Elisabeth ‘Bienheureuse celle qui a cru’ en quelque sorte une clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l’ange a saluée comme ‘pleine de grâce’.  Ce sont ici les racines de cette fête de l’Immaculée Conception.

Beaucoup de gens supposent toujours incorrectement que l’Immaculée Conception se rapporte à la conception du Christ. En fait, elle se rapporte à la foi que Marie, par faveur divine spéciale, était sans péché dès le moment où elle fut conçue. Sans la conscience du péché originel, l’Immaculée Conception n’aura pas de sens. Par le dogme de l’Immaculée Conception, Dieu était présent et vivant chez Marie dès les premiers moments de sa vie. La grâce de Dieu est plus grande que le péché; elle peut vaincre le péché et la mort.

Une liberté qui ne tremble pas

Le péché blesse notre humanité.  Même pardonné, il laisse des traces.  La Vierge Marie, elle, n’a pas connu le péché.  Elle n’en porte pas les traces. Ses forces spirituelles, sa liberté sont totales.  C’est ainsi qu’elle a pu faire face à la mission exceptionnelle que Dieu voulait lui confier : être la Mère de son Fils, le mettre au monde par l’action de l’Esprit Saint.  Pour accepter cette mission, il fallait à Marie une foi sans faille, une liberté qui ne tremble pas. [Read more…]