En route vers le Congrès eucharistique de Dublin

Cette année le Congrès eucharistique international a lieu à Dublin en Irlande du 10 au 17 juin 2012.

Le thème est « l’Eucharistie : Communion avec le Christ et entre nous ». Comme il est organisé au moment du cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II.
Ce thème est en lien avec ce 50e ; la réflexion porte sur un texte du Concile Vatican II Lumen Gentium, Lumiere des Nations,  sur le paragraphe 7 :

« Dans la fraction du pain eucharistique nous avons réellement part au corps du Seigneur et nous sommes élevés à la communion avec lui et entre nous. « Parce qu’il y a un seul pain, nous ne sommes qu’un corps malgré notre grand nombre, attendu que tous nous recevons notre part de ce pain unique » (I Co 10, 17). Ainsi tous nous devenons membres de ce corps (cf. I Co 12, 27) « et respectivement, membres 1es uns des autres » (Rm 12, 5) ».

Durant toute une semaine, des catéchèses, des célébrations, des temps d’adoration, des événements culturels, des rencontres et des ateliers sont offertes aux participants qui viennent du monde entier.

A quelques semaines de ce congrès nous avons eu la joie d’accueillir dans nos studios le Père Kevin Doran, secrétaire général de ce 50e Congrès eucharistique  pour nous en parler.

Perspectives hebdo

Samedi 28 avril 19h30

Lundi 30 avril 19h35

Benoît XVI est arrivé à Santiago de Cuba

A Santiago de Cuba, Benoît XVI a été accueilli par le président Raul Castro. Il présidera ce soir la messe en la fête de l’Annonciation à 18h30 qui se retransmise en direct.

Voici le discours du Pape:

« Monsieur le Président,
Messieurs les Cardinaux et frères dans l’Épiscopat,
Autorités présentes,
Membres du Corps diplomatique
Mesdames et Messieurs,
Chers amis cubains,

Je vous remercie, Monsieur le Président, pour votre accueil et pour vos paroles courtoises de bienvenue par lesquelles vous avez voulu transmettre aussi les sentiments de respect du gouvernement et du peuple cubain envers le Successeur de Pierre. Je salue les Autorités qui nous accueillent, ainsi que les membres du Corps diplomatique qui sont présents ici. J’adresse un salut chaleureux à l’Archevêque de Santiago de Cuba et Président de la Conférence épiscopale, Mgr Dionisio Guillermo García Ibáñez, à l’Archevêque de La Havane, Monsieur le Cardinal Jaime Ortega y Alamino et aux autres frères Évêques de Cuba, à qui je manifeste toute ma proximité spirituelle. Je salue enfin avec une affection particulière les fidèles de l’Église catholique à Cuba, les chers habitants de cette belle île et tous les Cubains là où ils se trouvent. Je les tiens toujours tous très présents dans mon cœur et dans ma prière, et encore plus en ces jours qui ont précédé le moment tant désiré de les visiter, visite que j’ai pu  réaliser grâce à la bonté divine.
En me trouvant parmi vous, je ne peux manquer de rappeler la visite historique de mon prédécesseur le Bienheureux Jean-Paul II, qui a laissé une empreinte indélébile dans l’âme des Cubains. Pour beaucoup, croyants ou non, son exemple et ses enseignements constituent un guide lumineux qui les oriente aussi bien dans leur vie personnelle, que dans leur agir public au service du bien commun de la nation. En effet, son passage à travers l’Île a été comme une brise suave d’air frais qui a donné une nouvelle vigueur à l’Église à Cuba, réveillant en beaucoup une conscience renouvelée de l’importance de la foi, encourageant à ouvrir les cœurs au Christ au moment même où s’illumine l’espérance et naît le désir de travailler audacieusement pour un avenir meilleur. Un des fruits importants de cette visite a été l’inauguration d’une nouvelle étape dans les relations entre l’Église et l’État cubain, avec un esprit de meilleure collaboration et confiance, bien que demeurent encore de nombreux aspects dans lesquels on peut et on doit avancer, spécialement dans celui qui se réfère à l’apport imprescriptible que la religion est appelée à développer dans le domaine public de la société.
[Read more...]

Silence et Parole: chemin d’évangélisation

En cette fête de St François de Sales, patron des journalistes, voici le message du Pape pour la 46e journée mondiale des communications sociales :

« Silence et Parole: chemin d’évangélisation »

Chers frères et sœurs,

A l’approche de la Journée Mondiale des Communications Sociales 2012, je désire partager avec vous quelques réflexions sur un aspect qui malgré son importance, est quelquefois négligé dans le processus humain de la communication. Il s’agit du rapport entre silence et parole dont l’importance doit être particulièrement soulignée aujourd’hui. Silence et parole sont deux moments de la communication qui doivent s’équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique et à une profonde proximité entre les personnes. Lorsque parole et silence s’excluent mutuellement, la communication se détériore, soit parce qu’elle provoque un certain étourdissement, soit au contraire parce qu’elle crée un climat de froideur; lorsque, en revanche, ils se complètent harmonieusement, la communication acquiert valeur et cohérence.
Le silence fait partie intégrante de la communication et sans lui aucune parole riche de sens ne peut exister. Dans le silence nous écoutons et nous nous connaissons mieux nous-mêmes ; dans le silence, la pensée naît et s’approfondit, nous comprenons avec une plus grande clarté ce que nous voulons dire ou ce que nous attendons de l’autre, nous choisissons comment nous exprimer. Se taire permet à l’autre personne de parler, de s’exprimer elle-même, et à nous de ne pas rester, sans une utile confrontation, seulement attachés à nos paroles ou à nos idées. Ainsi s’ouvre un espace d’écoute mutuelle et une relation humaine plus profonde devient possible. Dans silence, par exemple, se saisissent les instants les plus authentiques de la communication entre ceux qui s’aiment : le geste, l’expression du visage, le corps comme signes qui révèlent la personne. Dans silence, la joie, les préoccupations, la souffrance parlent et trouvent vraiment en lui une forme d’expression particulièrement intense. Le silence permet donc une communication bien plus exigeante, qui met en jeu la sensibilité et cette capacité d’écoute qui révèle souvent la mesure et la nature des liens. Là où les messages et l’information sont abondants, le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire. Une réflexion profonde nous aide à découvrir la relation existante entre des événements qui à première vue semblent indépendants les uns des autres, à évaluer, à analyser les messages ; et cela permet de partager des opinions pondérées et pertinentes, donnant vie à une connaissance authentique partagée. Il est donc nécessaire de créer une atmosphère propice, comme une sorte d’« écosystème » qui sache équilibrer silence, parole, images et sons. [Read more...]

Diffusion du discours du Pape au corps diplomatique à 16h15

Aujourd’hui le pape Benoit XVI prononce son discours annuel au corps diplomatique près le Saint-Siège à l’occasion de la présentation des voeux pour 2012.

Diffusion de ce discours cet après-midi 16h 15

N’oublions pas que Pierre détient les clés

Réflexion biblique pour le vingt-et-unième dimanche du Temps ordinaire A

Pendant mes études de deuxième et troisième cycles en Israël dans les années 1990, j’ai passé un certain temps avec l’équipe archéologique israélienne qui explorait le site de Césarée de Philippe dans le nord du pays. Césarée de Philippe se trouve à une vingtaine de milles au nord de la mer de Galilée dans le territoire que dirigeait le tétrarque Philippe, un fils d’Hérode le Grand, de 4 avant J.C. jusqu’à sa mort en 34 de notre ère. Le potentat reconstruisit la ville de Paneas en lui donnant le nom de Césarée, en l’honneur de l’empereur, auquel il ajouta «Philippi, de Philippe », pour la distinguer d’un port de mer en Samarie qui portait aussi le nom de Césarée.

L’endroit s’appelle aujourd’hui « Banias », déformation du mot « Paneas », qui renvoie au dieu grec Pan. À l’époque de Jésus, il y avait, dans cette localité située à la frontière entre Israël et la Syrie au pied du majestueux mont Hermon, un culte de la fertilité florissant dans un temple païen dédié à Pan. C’est là, en cet endroit de débordements sexuels et de culte païen au dieu grec Pan, que Jésus demande à ses disciples ce qu’ils pensent de son statut messianique. C’est là que Pierre acclame en Jésus le Messie du seul vrai Dieu. Décor étonnant pour ce récit dramatique de l’Évangile, en Matthieu 16, 13-20!

Le récit de l’Évangile d’aujourd’hui a des parallèles en Marc 8, 27-29 et en Luc 9, 18-20. La relation de Matthieu attribue la confession à une révélation octroyée au seul Pierre (v. 17) ; elle fait de Pierre le rocher sur lequel Jésus construira son église (v. 18) et le disciple dont l’autorité dans l’église sur terre sera confirmée dans les cieux, c’est-à-dire par Dieu (v. 19). En tenant compte de la richesse du contexte mythologique grec associé à ce site du Nord du pays, arrêtons-nous à différents mots et à quelques expressions de l’Évangile d’aujourd’hui.

« Tu es le Messie »

En réponse à la question de Jésus (v. 13), « Le Fils de l’Homme, qui est-il d’après ce que disent les hommes ? », les disciples présentent une série de titres ou d’étiquettes que la rumeur appliquait à Jésus. Ces noms révèlent les diverses attentes qu’on entretenait à son sujet. Certains voyaient en lui un Élie, engagé avec fougue dans un affrontement avec les puissants. D’autres reconnaissaient plutôt en lui un Jérémie, non moins véhément mais plus attentif au cheminement intérieur, à la dimension personnelle, privée, de l’existence.
Quand Jésus pose à Pierre la question cruciale, « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », Pierre lui répond : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. » Vu le cadre majestueux où se déroule l’Évangile d’aujourd’hui, est-ce que Pierre promulguait la mort de tous les autres dieux, celle de Pan notamment, qu’il pouvait apercevoir autour de lui, en proclamant que Jésus est le Fils du Dieu vivant ? La mort de Pan allait-elle provoquer une crise de pouvoir pour Tibère, et l’empêcher d’hériter du pouvoir d’Auguste?

Le Fils du Dieu vivant

L’expression « fils de Dieu » doit être entendue dans le contexte de la mythologie grecque, omniprésente à l’endroit où se produit la confession de Pierre. Le dieu grec Pan était associé à une montagne d’Arcadie et à une grotte en Attique. Comme l’Arcadie ne comptait guère de troupeaux de gros bétail, ce dieu pastoral était associé à la chèvre et il était représenté pour moitié sous la forme de cet animal. Pan devint un dieu universel dans la mythologie grecque, particulièrement populaire auprès des bergers, des agriculteurs et des paysans. De façon générale, Pan était amoureux, comme il convient à un dieu qui a d’abord pour mission d’assurer la fécondité des troupeaux ! Il était censé aimer les cavernes, les montagnes et les endroits isolés, et il avait un penchant marqué pour la musique : son instrument était la flûte de Pan ! Pan était un fils de Zeus, il était donc fils de Dieu! 
Pierre déclare que « Jésus est le Fils du Dieu vivant ». L’addition de ce titre exalté à la confession marcienne originale (Marc 8, 27-29) élimine toute ambiguïté qui pourrait s’attacher au titre de « Messie ». La déclaration de Pierre ne peut pas ne pas tenir compte du contexte mythologique grec associé à la ville de Césarée de Philippe!

La chair et le sang

Au verset 17, Jésus prend acte de la déclaration de Pierre : « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». « La chair et le sang » est une expression sémitique qui désigne les êtres humains et met l’accent sur leur faiblesse. Le fait que Pierre révèle la véritable identité de Jésus montre que ce savoir ne lui vient pas de moyens humains mais d’une révélation de Dieu. Voilà qui ressemble à la description que donne Paul de la façon dont il a lui-même découvert qui était Jésus en Galates 1, 15-16: « lorsqu’il plut à Dieu… de révéler en moi son Fils… »

Tu es le rocher

Au verset 18, Jésus révèle la nouvelle identité de Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (v. 18). Le mot araméen « kepa », qui veut dire rocher et qui est transcrit « Képhas » en grec, est le nom sous lequel Pierre est désigné dans les épîtres de Paul (1 Co 1, 12; 3, 22; 9, 5; 15, 4; Ga 1, 18; 2, 9.11.14) sauf en Ga 2, 7-8 (« Pierre »). Le même nom est traduit Petros (Pierre) en Jean 1, 42. L’énoncé araméen original de Jésus aurait donné littéralement en français : « Tu es le Rocher (Kepa) et sur ce rocher (kepa) je construirai mon église. »
Quand Jésus déclare que Pierre est le rocher sur lequel l’Église sera bâtie, faisait-il allusion aux rochers massifs qu’il apercevait autour de lui dans cette région, et qui hébergeaient des temples à des dieux païens et à un dirigeant profane ? Est-ce que la mort du Grand Pan et celle du Christ n’allaient pas se produire l’une et l’autre alors que Ponce Pilate serait procureur de Judée, en lien l’une avec l’autre ? Les premiers chrétiens voulaient-ils voir un lien entre ces deux événements, comme Eusèbe le signale dans ses écrits?

L’emploi du mot « église » chez Matthieu
Matthieu est le seul évangéliste à employer le mot « Église » (en grec ekklesia) ici au verset 17. Le mot apparaît deux fois dans le texte de l’Évangile d’aujourd’hui. Quelles sont les probabilités au sujet du terme araméen que Jésus lui-même aurait employé ? L’église de Jésus désigne la communauté qu’il va rassembler et qui, tel un édifice, aura Pierre pour assises et fondations. Cette fonction de Pierre consiste à témoigner que Jésus est le Messie, le Fils du Dieu vivant. [Read more...]

Prière extraordinaire de toutes les églises pour la réconciliation, l’unité et la paix, vigile de la Pentecôte

Depuis cinq ans, des moines et des laics de toutes les Églises de Jérusalem se rassemblent pour prier pour la réconciliation, l’unité et la paix.

En cette vigile de la Pentecôte, la 6e prière extraordinaire de toutes les Églises pour la réconciliation, l’unité et la paix, sera présidée par S.B. Mgr. Fouad Twal, Patriarche catholique latin de Jérusalem, depuis l’Eglise du Patriarcat Latin de Jérusalem.

E plus, cette année tous les chrétiens célèbrent la Pentecôte à la même date le dimanche 12 juin 2011.

Les Églises de Jérusalem demandent à tous les chrétiens du monde d’être en communion et de prier pour la réconciliation, de l’unité et de la paix.

Sel + Lumière retransmettra cette prière extraordinaire.

Samedi 11 juin 15h30

Voir l’Église à travers les lentilles de la Pentecôte

Réflexion biblique pour la Solennité de la Pentecôte

La Pentecôte est le cinquantième jour; elle marque le point de départ de la mission universelle de l’Église, mission qui surmonte les obstacles humains et répond à l’énergie de l’Esprit. Le puissant souffle de Dieu et le feu de la présence de l’Esprit enveloppent le groupe des disciples réunis en prière au Cénacle autour de Marie, Mère du Seigneur.
Le récit de la Pentecôte par Luc dans la première lecture tirée des Actes (2, 1-13) comprend une introduction, un discours attribué à Pierre qui proclame la résurrection de Jésus et son sens messianique (2, 14-36) et la réaction favorable du public (2, 37-41).  Les Douze n’auraient pas pu, au début, proclamer publiquement la fonction messianique de Jésus sans encourir immédiatement les représailles des autorités religieuses de Jérusalem, qui avaient provoqué l’exécution de Jésus afin d’étouffer le mouvement d’appui qu’il suscitait.
Le Psaume 104 nous rappelle que l’Esprit Saint, ce souffle de Dieu que reçoivent les chrétiens, est le même Esprit qui soutient le constant renouvellement de toute la création.

La théologie des charismes chez Paul

Dans la deuxième lecture d’aujourd’hui (I Co 12, 3b-7.12-13), saint Paul rappelle aux chrétiens de Corinthe que les différents dons de l’Esprit répondent à un but précis : un service à rendre pour le bien de tous. Ces dons ne sont pas à eux-mêmes leur propre fin. Les chrétiens sont appelés à instaurer une unité qui réunisse en Jésus Christ tous les peuples, toutes les religions et tous les états de vie.
L’activité extatique et charismatique était courante aux premiers temps de l’Église, comme chez d’autres religions anciennes. Mais les Corinthiens semblent avoir développé un respect exagéré pour certains phénomènes, notamment la glossolalie (parler en langues), au détriment du bon ordre de la célébration liturgique. Paul rappelle aux Corinthiens que les phénomènes d’extase doivent être jugés à leurs effets.  Le pouvoir de confesser la seigneurie de Jésus ne peut venir que de l’Esprit et il est inconcevable que l’Esprit pousse quelqu’un à maudire le Seigneur. Nous apprenons que tous les charismes ont certains traits communs, malgré leur diversité : ils sont tous des dons (charísmata), des grâces qui nous viennent de l’extérieur; ils sont tous des fonctions, formes de service (diakoníai) qui expriment leur but et leur efficacité; et ils sont tous des activités (energémata) dans lesquelles c’est Dieu qui est à l’œuvre. Paul associe à  chacun de ces aspects l’une des entités dont la théologie fera plus tard les personnes de la Trinité : exemple précoce d’ « appropriation ».
L’image du corps (v. 12-26) est introduite pour expliquer la relation entre le Christ et les croyants (v. 12). Paul applique ce modèle à l’Église : par le baptême, tous les fidèles, en dépit de la diversité de leurs origines ethniques ou sociales, sont intégrés à un seul et même organisme. Le texte développe alors le besoin de la diversité des fonctions entre les membres du corps sans que soit menacée leur unité.
Il souffla sur eux

L’Évangile de Jean (19, 20-23) décrit d’une autre façon le don de l’Esprit aux apôtres : Jésus ressuscité souffle sur les apôtres pour leur conférer l’Esprit Saint. La puissance de l’Esprit autorise les apôtres à pardonner les péchés et à les retenir; elle leur en donne même le pouvoir. Jésus envoie officiellement ses apôtres dans le monde entier, de la même façon qu’il a lui-même été envoyé dans le monde par son Père. Le souffle de Jésus sur les apôtres rassemblés au Cénacle rappelle le texte de Genèse 2,6, quand Dieu souffla sur le premier homme pour lui donner la vie; la vie d’Adam lui vint de Dieu, la nouvelle vie spirituelle vient aux disciples de Jésus.
Les lentilles de la Pentecôte

Dans mon travail à la chaîne de télévision Sel + Lumière, au Canada, j’ai dû apprendre rapidement le métier de la télédiffusion et l’abc du cinéma. Un aspect important de la télévision tient au travail compliqué des caméras « en coulisses ». Du gros plan au grand-angle, la prise de vues fait toute la différence pour le tournage et la narration. Si on utilise trop de gros plans, on perd de vue l’ensemble de la scène; si on abuse de l’objectif grand-angle en négligeant les détails, ça ne passe pas à la télé. Une prise de vues efficace devra combiner les plans d’ensemble au grand-angulaire, les plans rapprochés superficiels et les gros plans qui focalisent sur un détail et qui souvent fournissent la profondeur nécessaire pour comprendre l’image comme tout.
J’aimerais proposer ici trois lentilles à travers lesquelles contempler la fête d’aujourd’hui : 1) le grand-angle qui embrasse notre appartenance à l’Église; 2) une lentille intermédiaire qui fixe les idéologies à l’œuvre aujourd’hui dans l’Église et 3) un zoom qui aiguise notre espérance, la grande manifestation de l’Esprit Saint dans l’Église.
« Sentire cum ecclesia »

On voit dans la Pentecôte la naissance de l’Église. Notre consécration baptismale au service du Christ ne peut se séparer d’une consécration au service de l’Église. L’un des grands thèmes de la pensée de saint Ignace de Loyola, c’est son exhortation à sentire cum ecclesia, à « penser avec l’Église ». Sentire cum ecclesia signifie aussi sympathiser avec l’Église et aimer l’Église. La Pentecôte nous invite, encore une fois, à marcher avec l’Église, à respirer avec l’Église, à espérer avec l’Église, à sentir avec l’Église,  « sentire cum ecclesia ». Que veut dire l’Église pour moi, personnellement? Quel est mon rapport personnel à l’Église? Est-ce que j’aime l’Église? Est-ce que je me sens aimé/e par l’Église?

Dépasser l’idéologie

Fondu enchaîné : passons de cette vue panoramique de l’Église à un regard plus rapproché sur notre contexte ecclésial aujourd’hui.  À l’heure qu’il est, certains d’entre nous semblent empêtrés dans les conflits idéologiques qui ont suivi le Deuxième Concile du Vatican.  Peut-être sommes-nous prisonniers des catégories qui opposent la gauche à la droite; le traditionalisme à l’avant-garde; le masculin au féminin; la hiérarchie à l’autonomie des laïcs; le prophétique au statique. Nos fixations et nos polarisations inter-ecclésiales et intercommunautaires d’un bord à l’autre du spectre ecclésial peuvent nous distraire d’aborder avec la profondeur et le discernement voulus les problèmes qui se posent à nous aujourd’hui. Ce qui en nous n’est pas purifié et transformé, nous le transmettons à la prochaine génération. Quand nous cédons dans le discours ecclésial au cynisme et au désespoir, à la mesquinerie, à l’étroitesse de vues et à la dureté, nous trahissons notre identité la plus profonde de porteurs de joie, d’espérance et de vérité. La joie est-elle présente dans notre témoignage chrétien? Qu’est-ce qui m’empêche, sur le plan personnel et sur le plan communautaire, de donner un solide et joyeux témoignage sur Jésus Christ, la foi catholique et l’Église?
L’espérance, manifestation de l’Esprit

Enfin, gros plan sur l’espérance, manifestation authentique de l’Esprit à la Pentecôte. N’est-il pas vrai que, dans l’Église d’aujourd’hui, plusieurs d’entre nous se sentent emportés par une crue soudaine, inattendue, déferlement destructeur et désespérant?  La flamme semble s’être éteinte et notre rayonnement a terriblement diminué. Les médias exercent une forte influence sur la pensée, les attitudes et la foi des gens. La crue éclair tombe sur nous avec une force incroyable. Certains regardent notre situation actuelle d’un œil très pessimiste et sombrent dans le découragement, la dépression, le cynisme même. Peut-être avons-nous choisi de voir les choses à partir des données de la sociologie, de la psychologie, des sondages et des pronostics, des blogues et des messages laconiques de Twitter… et nous prévoyons un avenir inévitable, sombre et consternant, pratiquement déterminé par les forces démographiques, sociales et économiques. Dans l’univers des clips sonores, espérer, c’est généralement se faire croire à soi-même que tout finira par s’arranger. Nous utilisons à la légère les mots « espoir » et « espérer ». Ce n’est pas là l’espérance des chrétiens. Nous devons être des icônes de l’espérance, un peuple animé d’une vision nouvelle, un peuple qui apprend à voir le monde à travers les lentilles du Christ, de l’Esprit et de l’Église.
Signes des temps et signes d’espérance

Le Deuxième Concile du Vatican a incité les chrétiens à lire les signes des temps et, pour le pape Jean XXIII, les signes des temps étaient des signes d’espérance qui nous faisaient entrevoir la présence du Royaume parmi  nous. Le Royaume n’est pas de ce monde et on ne peut le situer à tel ou tel endroit mais, quoiqu’encore à venir, il est déjà là, porté par l’Eucharistie qui est le modèle à reproduire dans toute la société.  Le Royaume se manifeste à travers les dons de l’Esprit Saint : la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la connaissance, la piété et la crainte du Seigneur. Et les fruits de l’Esprit rendent le Royaume attrayant et savoureux : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la patience, la douceur, la confiance, la modestie, la continence et la chasteté.
On peut aussi suivre une voie négative et dire où ne se trouve pas le Royaume. Là où il n’y a pas de justice, de paix, de partage, de confiance mutuelle, de pardon, il n’y a pas de Royaume. Là où règnent la rancœur, l’envie, la suspicion, la haine, l’ignorance, l’indifférence, l’impureté, le cynisme, il n’y a pas de Royaume et il n’y a certainement pas de vie.
« Duc in altum! »

On ne peut peser la vie de foi et jauger la vitalité de l’Église uniquement à parti d’indicateurs démographiques ou sociologiques, de chiffres, de sondages et de statistiques extérieures, si utiles qu’ils soient par ailleurs. Le feu de la Pentecôte nous invite à redécouvrir la profondeur, la beauté et l’ampleur de la mission de l’Église. Ce qu’il faut à ceux et celles qui imaginent et édifient l’Église, c’est de penser grand et de jeter leurs filets au large.  « Duc in altum! »  Il nous faut modeler notre vision sur la ferme conviction de la victoire de la Croix et du triomphe de Jésus Christ sur le péché et la mort. Les individus et les communautés qui n’ont pas de vision et une Église dépourvue de mission ressemblent à une personne qui n’aurait ni parents ni amis. À moins de nous dépasser, nous resterons des personnalités incomplètes, immatures. Quand l’Esprit habitera vraiment en nous, nous recevrons la grâce de la créativité, de l’imagination et de l’espérance. [Read more...]

Benoît XVI en Croatie

Si la visite d’un pape donne l’occasion de célébrer l’Église universelle, elle est davantage l’occasion pour souligner la façon particulière dont une église locale incarne l’Évangile. Dans le cas de la Croatie, qui accueillera le pape Benoît XVI cette fin de semaine, la culture de ce petit pays de l’Europe de l’Est sera mise en avant-plan.
Deux évènements vont donner le ton à cette brève visite en Croatie du Pape :
- la Journée nationale des Familles catholiques croates, rassemblement qui donnera l’opportunité au président du Conseil pontifical de la famille, le cardinal Ennio Antonelli, d’accompagner le Pape. Toujours soucieux des besoins des familles, Benoît XVI va offrir des paroles de soutien aux familles participant à cette célébration.
- l’entrée imminente de la Croatie dans l’Union Européenne, permettra à Benoît XVI de parler d’un des thèmes les plus préoccupants: la relation entre la foi chrétienne et la culture européenne. Depuis de nombreuses années, Joseph Ratzinger n’a pas hésité à souligner la contribution importante de la foi chrétienne à la culture des pays d’Europe. On pourrait même dire que pour Ratzinger, les valeurs de l’universalité, la tolérance, et les droits de l’homme, toutes des valeurs fortement privilégiés par les européens, sont indissociables du christianisme qui leur a donné naissance. En visitant ce pays chrétien pour la troisième fois, la première comme Pape, Benoît XVI va rappeler aux croates la contribution positive de la foi chrétienne à leur propre culture. Lors de la visite au Vatican du nouvel ambassadeur de la Croatie le 11 avril dernier, le pape a encouragé les croates à « ne pas avoir peur de revendiquer avec détermination le respect de sa propre histoire et de sa propre identité religieuse et culturelle. »

Pour mieux souligner son message, Benoît XVI va évoquer quelques grandes figures croates qui ont contribué de façon exceptionnelle à l’avancement de la culture. Roger Joseph Boskovic (1711-1787), jésuite, scientifique qui a eu beaucoup d’influence dans les domaines des mathématiques, la physique, l’astronomie, l’architecture et la philosophie. Il a parcouru les grandes villes européennes en partageant ses idées avec les scientifiques de son époque. Le pape parlera aussi de Ivan Merz (1896-1928), jeune laïc cultivé, qui fut un universitaire. Né en 1896 dans une famille libérale mais peu catholique, Merz commence des études de droit et de philosophie à l’université de Vienne avant d’être envoyé au front comme soldat lors de la Première Guerre mondiale. Après la guerre, il continua ses études, cette fois-ci en Lettres, à Vienne et ensuite à Paris, à la Sorbonne et à l’Institut catholique. Il obtient son doctorat à Zagreb avec une thèse intitulée : L’influence de la liturgie sur les écrivains français, de Chateaubriand à nos jours. Passionné pour la culture française, Merz contribua beaucoup à répandre les valeurs de cette culture en Croatie. À l’âge de vingt-sept ans, Merz fait vœu de chasteté et se consacre à l’enseignement de la jeunesse croate pendant son temps libre. Le pape Jean-Paul II parlait de Merz comme « l’apôtre des jeunes d’aujourd’hui ». Avec des figures comme Boskovic et Merz évoquant le souvenir de la contribution de la Croatie à la culture d’Europe, Benoît XVI encouragera les jeunes croates à apprécier et à partager les richesses de leur culture, toujours en s’efforçant de répondre aux questions inspirées par leur foi chrétienne.

En plus de nombreuses rencontres, le Pape participera à deux grands rassemblements:
samedi en après-midi, Benoît XVI rencontrera des représentants de la société, de la culture, ainsi que des membres d’autres confessions chrétiennes.
Le soir, Benoît XVI sur la grande place de Zagreb participera a une grande veillée avec des jeunes. Après les lectures bibliques et témoignages, le Pape s’adressera aux jeunes. La soirée se terminera par un temps d’adoration.
Dimanche matin sera un des grands moments de la visite : la grande messe pour la Journée nationale des Familles présidée par Benoît XVI à l’hippodrome, un stade qui peut accueillir des milliers de personnes. Le soir, le Pape présidera les vêpres avec les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, et les séminaristes de la Croatie.
Cette visite apostolique de Benoît XVI dans un pays très majoritairement catholique (90%) mettra donc l’accent sur le rôle des familles dans la transmission de la foi et interpellera tous les chrétiens désireux de vivre pleinement l’évangile dans le monde contemporain.

Télévision Sel + Lumière retransmettra la veillée de prière samedi 4 juin à 16h30 et la messe dimanche 5 juin à 15h30.

Discours de Mgr. Yousif Habash, Evêque syro-catholique des Etats-Unis et du Canada

Vigile pour commémorer  les victimes Chrétiennes d’Irak

Cathédrale St. Michael, Archidiocèse de Toronto

11 novembre, 2010


Discours de Mgr. Yousif Habash, Evêque syro-catholique des Etats-Unis et du Canada – [traduction de l’arabe par - Rita Sawaya] Prayer Vigil for Victims of the Middle East

Et maintenant, j’adresse ce discours à mon peuple bien-aimé, à mon peuple dans le cher et bien aimé Irak.

Je salue la précieuse Bagdad.  Je baise le sol de l’Irak.  Je me purifie avec l’eau pure de Dijlah (le Tigre) et la rivière abondante paradisiaque de Fourat (l’Euphrate). Je salue les irakiens de Zakho (dans le Nord) à FAO (dans le Sud).
Je salue chaque homme irakien et femme irakienne, les souffrants et les désespérés. Je vous demande mon peuple bien-aimé, je vous demande au nom de l’Irak, ensemble de rejeter la haine et la violence, car la haine et la violence n’aboutissent à rien d’autre qu’à la souffrance.
Arrêtons les souffrances!
Mon cher peuple irakien, apprenons ensemble l’abécédaire de la miséricorde et du pardon.
Nous qui avons été appelés les enfants de la foi, les enfants d’Abraham, nous, les enfants de la terre des messages divins, de la terre des civilisations. [Read more...]

BXVI en Espagne: une visite courte mais symbolique

Benoit XVI se rend en Espagne pour une courte visite de deux jours les 6 et 7 novembre. Il marque l’Année jacquaire en se rendant à Compostelle ce samedi. Le diocèse de Compostelle est en année jubilaire puisque la fête de la saint Jacques, le 25 juillet, était un dimanche.

Les pèlerins se font de plus en plus nombreux sur le Camino. S’il est facile de croire que le pèlerinage vers Saint-Jacques a perdu son sens chrétien, il est clair que Benoît XVI croit tout le contraire. Dans une Europe qui perd peu à peu ses racines chrétiennes, le Pape ira de nouveau rappeler ce qui a été, et devrait demeurer, le ciment de l’Europe. Le Camino transforme sur le plan spirituel ceux et celles qui l’entreprennent. L’histoire et la tradition nous montrent que le Dieu de Jésus-Christ a guidé les pas de milliers de pèlerins sur ce chemin.

la_sagrada_familia1Le Pape se rendra aussi à Barcelone pour consacrer l’église de la Sainte Famille (Sagrada Familia) monument religieux, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Sel + Lumière diffusera en français les principaux événements de ce voyage.

Samedi 6 novembre
15h30 HE – Visite à la Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle
16h30 HE - Messe sur la Place de l’Obradoiro à Saint-Jacques-de-Compostelle

Dimanche 7 novembre
15h30 HE - Messe avec dédicace de l’église de la Sagrada Familia et de son autel à Barcelone.

La couverture en direct en anglais débute à 6h30 samedi matin. Pour cette raison, il n’y aura pas de diffusion de la messe de samedi depuis la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal.