Église en sortie 23 mars 2018

Cette semaine à Église en sortie, on s’intéresse aux « Lettres biologiques » du Frère Marie-Victorin avec l’auteur et historien Yves Gingras. On vous présente un reportage sur le Forum jeunesse 2018 de l‘Assemblée des évêques catholiques du Québec. Dans la troisième partie de l’émission, Francis Denis s’entretient avec Ellen Roderick, co-directrice de l’Office pour le mariage, la vie et la famille de l’archidiocèse de Montréal, sur les « lettres biologiques » dans le contexte de l’enseignement de l’Église sur la sexualité.

À l’intérieur du Pré-Synode en compagnie de vos deux délégués canadiens

Émilie Callan est l’une des deux délégués de la Conférence des évêques catholiques du Canada à la rencontre Pré-Synodale. Elle nous parle de ses premiers jours à Rome en compagnie de 300 autres jeunes provenant de partout dans le monde.

« Les jeunes n’ont jamais gagné le prix Nobel pour avoir été prudents ! » Il n’est pas rare d’entendre de telles expressions de la part du pape François. Ce matin, alors que nous commencions notre première journée de rencontres, il nous a dit de prendre des risques même si cela implique de faire des erreurs. « L’Église est la première à souffrir lorsqu’un jeune refuse de prendre des risques » a-t-il ajouté. L’Église a besoin d’audace pour se renouveler .

Poursuivant son propos, il nous a également dit, à nous les participants, d’être courageux dans nos discussions durant la semaine. Le résultat de nos discussions en petits groupes aidera les évêques du monde entier à mieux se préparer pour le prochain Synode de 2018. En tant que représentante des francophones du Canada, je fais partie du « Groupe français no 2 ». Il y a quatre groupes de langue anglaise. Il y a aussi des groupes de langues  italienne et espagnole. Au début de la semaine, nos travaux ont surtout porté sur la première partie du Document préparatoire c’est-à-dire sur les défis et les opportunités qui se présentent aux jeunes dans notre monde contemporain. Quoiqu’il s’agisse de la première partie, c’était la partie du travail que j’attendais avec le plus d’impatience. Toutefois, c’est un grand défi que de colliger les idées de tout le monde en respectant le temps alloué pour chacune des sections. Heureusement, afin d’assurer que chaque groupe ne déborde pas du cadre de la réflexion, chaque groupe est accompagné de deux modérateurs.

Comme le Saint-Père l’a affirmé, l’Église désire que les jeunes soient inclus dans le processus synodal. Cela a été clairement affirmé dès le moment de l’annonce de la tenue d’un Synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». C’est une occasion unique pour tous les jeunes. C’est la première fois qu’un tel Pré-Synode a lieu. Le Pape veut vraiment que nous en soyons les protagonistes et c’est pourquoi nous sommes au rendez-vous !

Les catholiques ne sont pas les seuls à être présents. Plusieurs participants provenant de d’autres traditions ou religions ont également été invités. Par exemple, un jeune français se présentant comme athée, nous a offert un témoignage. Pour moi, le fait d’entendre cette prise de parole lors de la rencontre manifeste que l’Église est vraiment sérieuse lorsqu’elle dit être « à l’écoute » des jeunes et vouloir se confronter aux vérités parfois difficiles de la vie des jeunes d’aujourd’hui.

Les réalités auxquelles nous faisons face au Canada, ou dans les autres pays occidentaux, sont forcément très différentes des difficultés que vivent les jeunes qui proviennent des pays en voie de développement. Malgré que la religion ne soit pas illégale ou complètement rejetée dans notre pays, certaines politiques gouvernementales manifestent une tendance en ce sens. Cela entraîne ainsi le risque de se voir ostracisés pour avoir osé tenir des positions contraires à l’idéologie ambiante ou, du moins, sur les questions importantes de notre société. Comment devons-nous aborder certaines questions comme le suicide assisté, l’avortement, la théorie du genre, l’homosexualité, etc. non seulement sur la place publique mais aussi dans nos conversations privées, dans nos rencontres avec nos amis et notre famille ? Nous ne devrions pas avoir peur d’entrer en dialogue sur la place publique. Plus important encore, plusieurs jeunes sont en quête de sens. C’est ce qui me permet de réaliser que l’Évangile est toujours pertinent dans notre monde. Mais pour cela ces jeunes ont besoin de clarté en ce qui a trait à ce que l’Église a à offrir. De quelle manière allons-nous nous y prendre maintenant et pouvons-nous améliorer notre façon de faire?

À la fin d’une de ses présentations cette semaine, le Saint-Père a conclu en disant que l’Église a besoin de jeunes prophètes pour notre monde. Cette semaine, nous prierons pour obtenir la grâce d’une grande docilité à l’Esprit Saint afin que nous puissions parler franchement, en toute clarté, charité et liberté.

J’aurai la chance de vous écrire  au cours de cette semaine extraordinaire à Rome. Restez à l’écoute de Sel et Lumière et consultez notre blogue pour suivre les derniers développements du Pré-Synode 2018 sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » et n’oubliez pas de prier pour nous !

Église en sortie 16 mars 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit Delphine Collin-Vézina Ph.D, Directrice du Centre de recherche sur la famille et l’enfance de l’Université McGill sur le Centre pour la Protection des mineurs de l’Université Grégorienne de Rome. On vous présente un reportage sur l’apostolat des jésuites américains « America Media ». Dans la troisième partie d’émission, on parle du Groupe Sainte-Marthe avec Mgr Raymond Poisson, président du Comission épiscopale pour la Justice et la Paix de la Conférence des évêques catholiques du Canada.

Église en sortie 2 mars 2018

Cette à Église en sortie, Francis Denis s’entretient avec l’historien et auteur Guy Laperrière sur son tout dernier livre Benoît Lacroix: un dominicain dans le siècle. On vous présente un reportage sur le 350e anniversaire de l’enseignement de la théologie à Québec. Dans la troisième partie de l’émission, on parle de musique liturgique avec le musicologue et professeur retraité de l’Université Laval Paul Cadrin.

Église en sortie 16 février 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit Jessica Poulin qui nous parle de son premier album « Le passage » dédié aux personnes en fin de vie. On vous présente un reportage sur la conférence Francis@FIVE à l’Université Fordham de New-York. Dans la troisième partie de l’émission, Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal nous relate son expérience comme représentant de la Conférence des évêques catholique du Canada lors du voyage apostolique du pape François au Pérou.

« La charte n’est pas un CREDO »: la liberté de conscience selon Mgr Christian Lépine

CNS photo/Dario Ayala, Reuters

Depuis quelques semaines déjà, un bras de fer s’est enclenché opposant le gouvernement du Canada et plusieurs groupes défendant la liberté de conscience. Au cœur de la tourmente, la modification des règles d’admissibilité aux subventions pour les emplois d’été au gouvernement fédéral. Ces changements excluent a priori toute organisation ne partageant pas une option en faveur de l’avortement. Bien que cette nouvelle règle ait été contestée par des groupes de toutes les confessions religieuses, l’épiscopat canadien fut sans contredit à l’avant-scène des discussions.

Encore tout récemment, l’évêque du Diocèse de London en Ontario, publiait un communiqué de presse cinglant dans lequel il affirmait que « nous devons nous lever contre cette position du gouvernement du Canada en affirmant que nous ne nous laisserons pas intimider (bullied) en ayant même l’apparence de collusion sur cet enjeu ». Pour l’évêque de London, il ne fait aucun doute qu’il s’agit « d’une regrettable violation de la liberté de conscience et de religion, de penser et de croire, d’opinion et d’expression, garantie par la Charte ».

Au Québec, dans une entrevue accordée à Sel et Lumière, Mgr Christian Lépine souligne que l’on peut voir la question de deux manières. En effet, il affirme que « l’angle des jeunes qui se verront refuser un travail l’été prochain ne doit certainement pas rester sous silence » sans oublier les différents destinataires des services rendus par ces jeunes durant l’été qui souffriront d’une manière non négligeable de leur absence.

De plus, l’archevêque souligne la tendance profonde de l’utilisation idéologique de la Charte canadienne des Droits et Libertés : « le but d’une charte n’est pas d’être un système de croyances parallèlement à d’autres systèmes de croyances. Son rôle est plutôt de délimiter un espace de liberté où les différentes croyances et de convictions peuvent s’exercer dans le dialogue et la sécurité ». Dans ce cas précis, on utilise la Charte comme un système venant s’opposer aux croyances des gens, qu’elles soient chrétiennes ou autres en leur imposant des valeurs qui leur sont contradictoires. « La Charte n’est pas un Credo » affirme Mgr Christian Lépine.

Afin de retrouver le véritable sens de ce qu’est une Charte, Mgr Lépine invite les dirigeants à un retour aux sources, « à la mère de toutes les chartes qu’est la Déclaration universelle des droits de l’homme ». À court terme, selon l’archevêque de Montréal, les institutions catholiques sont appelées à exercer leur droit fondamental à la liberté de conscience « en remplissant leur demande de subvention sans cocher l’alinéa en question et le gouvernement fera son cheminement ».

Notez que cette polémique s’inscrit dans un rétrécissement des libertés civiles imposé aux groupes pro-vie du Canada. En février 2014, Justin Trudeau avait affirmé son intention d’exclure tous les candidats pro-vie du Parti Libéral du Canada.

Les attentes du pape François pour le Québec

CNS photo/Gregory A. Shemitz

Le 19 janvier dernier, l’Assemblée des évêques catholiques du Québec publiait un message aux communautés chrétiennes. Faisant suite à leur visite ad limina du printemps dernier, ce document intitulé « Lève-toi, va, approche-toi, écoute » résume les faits saillants de l’expérience romaine, présente les différentes invitations du Saint-Père, exprime l’accueil fait à celles-ci et propose quelques grandes orientations.

Un pèlerinage auprès du successeur de Pierre

Durant ces trois semaines de retraite, de pèlerinage et de rencontres dans les différents dicastères de la Curie romaine, c’est les trois rencontres avec le Pape qui semblent avoir particulièrement marqué les évêques. Non seulement « l’esprit du pape François, son écoute, sa volonté de dialoguer » sont soulignés mais aussi l’attitude de l’Institution vaticane entière qui présente, selon les évêques, une nouvelle ouverture à la « situation sociale et ecclésiale au Québec » : « le pape François nous a partagé sa préoccupation particulière pour le Québec » peut-on retrouver dans le document.

Cette attention spéciale du pape n’était pas la seule raison permettant aux évêques de se sentir à la maison. La Curie romaine semblait avoir évolué jusqu’à y une certaine ressemblance avec l’Église au Québec. On la présente comme étant « en changement » « dans ses boîtes », désinstallée par les nombreuses réorganisations voulues par le Pape » (p.2). Ce type d’instabilité, les évêques du Québec en subissent constamment les contrecoups, étant eux-mêmes « une Église sans doute plus pauvre, parfois fatiguée mais jamais découragée » (p.4), d’où le sentiment d’une commune espérance.

Le programme du Pape pour le Québec

Plus de 10 ans s’étant écoulés depuis la dernière visite de l’AECQ à Rome, il est clair que plusieurs dossiers devaient être abordés. Sans entrer dans tous les détails, les évêques soulignent l’importance d’entrer toujours plus profondément dans une perspective missionnaire. Pour ce faire, deux conseils semblent émerger des conversations avec le Saint-Père. D’abord, comprendre que la mission de l’Église passe par une meilleure compréhension du monde et de ses enjeux actuels. Les évêques interprètent cette interpellation comme soulignant l’importance d’une « investissement spécial dans les communications » (p.2) ainsi que de « s’engager socialement » (p.2).

Ensuite, loin de sous-estimer le rôle des évêques, le Pape leur a dressé le portrait d’un leadership épiscopal au service du salut des âmes. « Nous sommes appelés », peut-on lire sous la plume des évêques,  « à être des hommes de prière, d’écoute, familiers de la Parole de Dieu et attentifs aux signes de l’Esprit… » (p.4).

Des changements à venir

Sans entrer dans les particularités de chaque diocèse, ce document nous prépare à un accueil concret des volontés de transformation missionnaire telle que voulue par le pape François. À travers un « nouveau partage des responsabilités en Église », un « meilleur réseautage » et un « partage des ressources », un développement de « réflexes synodaux », nous percevons la profonde unité des évêques du Québec qui voient de plus en plus leur mission commune d’évangélisation de la Belle Province.

À la lecture de ce document, on perçoit d’abord l’atmosphère intensément priante et chaleureuse vécue durant cette visite ad limina 2017. Que ce soit par l’accueil réciproque, les réformes de part et d’autre ou la profonde unité de vision entre l’épiscopat québécois et l’épiscopat, si j’ose dire, « romain », tout porte à croire à une intensification des collaborations.  Une chose est certaine, l’Église du Québec est appelée à devenir chef de file de cette nouvelle évangélisation en faisant preuve decette créativité qui a fait la réputation du Québec de par le monde.

Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal sur S+L

EN EXCLUSIVITÉ sur les ondes de Sel et Lumière, voyez la télé diffusion de la Messe pour les vocations sacerdotales de l’Archidiocèse de Montréal le vendredi 26 janvier prochain à 19h30. Cette Messe célébrée à la magnifique chapelle du Grand Séminaire de Montréal sera présidée par S.Exc. Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal.

Vous trouverez au lien ci-dessous le feuillet de cette célébration:

26-janvier-2018-Feuillet-Messe-vocationnelle-projet-3-avec-chants.

Un évêque canadien avec le Pape au Pérou

Du 18 au 21 janvier 2018, le pape François sera en voyage apostolique au Pérou. Lors de son passage dans ce pays, le successeur de Pierre visitera l’Église et la société péruvienne toute entière. Pour l’occasion, le pape François a expressément demandé à la Conférence des évêques du Canada d’envoyer un représentant. C’est Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, qui a été désigné puisque Mgr Lionel Gendron, actuel président de la CECC, ne pouvait s’y rendre étant en Israël au même moment. J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Mgr Lépine avant son départ pour le Pérou prévu pour le mercredi le 17 janvier prochain.

Selon l’archevêque de Montréal, le Pape désire s’inscrire dans la continuité avec saint Jean-Paul II pour qui « il était important de garder une vision unitaire de l’Amérique ». En effet, bien qu’étant divisée en trois hémisphères distincts, l’Amérique doit prendre conscience des éléments communs du continent américain. Constructeur de pont de paix, s’il en est un, le pape François sait que l’avenir et la paix internationale passe par le fait de souligner ce qu’il y a de commun entre les peuples. L’Église canadienne doit donc se sentir spécialement concernée par ce voyage du pape au Chili et au Pérou, d’où la demande papale d’envoyer sur place un représentant des évêques canadiens. Cela permettra, à la fois, de témoigner de la solidarité canadienne envers les enjeux que vivent nos frères et sœurs du sud, et à la fois de s’inspirer de la vitalité et des innovations sociales et ecclésiales de ce pays latino-américain.

Mgr Christian Lépine fera donc partie de ce marathon de prière, de dialogue et de rencontres que sont les voyages apostoliques du pape François. Tout comme ses frères évêques péruviens, il affirme être spécialement touché par les grandes priorités que s’est données le Pape lors de ce voyage. Promouvoir la paix, la justice et laisser le Christ faire surgir en nous l’espérance sont des défis pour le monde entier. Ainsi, cette visite au Pérou peut nous inspirer nous aussi.

La sollicitude du Pape envers les autochtones et les questions environnementales de la région de l’Amazonie sont pour le pape les éléments clefs de ce voyage apostolique. Selon radio-Vatican,  « Plusieurs attendent une homélie importante du pape François sur la question amazonienne. Elle offrira des orientations fortes aux travaux préparatoires au Synode sur l’Amazonie ».

Enfin, lorsqu’on lui demande ce qu’il pourra éventuellement retirer d’une telle expérience, Mgr Lépine souligne que cela lui permettra certainement de se rapprocher de toutes les communautés latino de son archidiocèse : « Mon expérience en Italie m’a beaucoup aidé à me rapprocher des communautés italiennes de mon diocèse. Je suis certain que la même chose va se produire avec les diocésains latino-américains. Je dois donc dès maintenant intensifier mon apprentissage de l’espagnol! »

Dès son retour, Mgr Lépine sera en studio pour nous faire le récit de son voyage. D’ici là, restez à l’antenne de Sel et Lumière pour suivre le voyage du Pape au Chili et au Pérou dans le cadre de notre programmation spéciale et exclusive.

Église en sortie 12 janvier 2018

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit le journaliste et écrivain Jean-Claude Guillebaud qui nous parle de la révolution médiatique ainsi que de son itinéraire spirituel. On vous présente un reportage sur l’événement de l’archidiocèse de Montréal: « À la suite de Maisonneuve, 375 ans plus tard! ». Et on s’entretient avec Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau sur l’histoire et la réalité présente de son église particulière.