Le débat est ouvert – card. Ouellet

Le cardinal Marc Ouellet et Mgr Terrence Prendergast ont pris la parole ce mercredi à Québec. Nous publions ici l’intégrale de la déclaration des deux archevêques. Retour sur la chose à Perspectives ce soir.

Lettre ouverte du cardinal Marc Ouellet

LE DÉBAT EST OUVERT

Le débat sur l’avortement est ouvert et il ne faut pas en avoir peur. 100 000 avortements par année au Canada, plus de 25 000 au Québec, c’est beaucoup trop. On pourrait les réduire de moitié si seulement les femmes en détresse à cause d’une grossesse inattendue étaient accueillies, informées et accompagnées avec compassion et solidarité dans leur choix.

Mes interventions pour une culture de la vie ont fait l’objet de toutes sortes d’interprétations depuis une dizaine de jours dans la presse francophone et anglophone du Canada. C’est pourquoi je tiens à clarifier le sens de mon engagement dans le débat actuel sur l’avortement. Je vous remercie d’avoir répondu à mon invitation et de me permettre de recentrer le débat sur l’essentiel. Les cas très exceptionnels ne doivent pas nous empêcher de voir la triste réalité de l’avortement devenu trop répandu.

Je remercie Mgr Terrence Prendergast, archevêque d’Ottawa, de se joindre à moi pour lancer un appel à la solidarité avec les plus démunis de notre société : l’enfant à naître et la femme qui se trouve contrainte de recourir à l’avortement. [Read more…]

Lettre de Mgr Pierre Morissette: une parole d’espérance dans un tourbillon médiatique

Évêque de Saint-Jérôme et président de la CECC, Mgr Pierre Morissette a rendu public à la fin de la semaine dernière une « Courte réflexion sur un sujet difficile ». Ce sujet est bien entendu l’avortement. S’adressant d’abord à ses prêtres et ses diocésains, la réflexion de Mgr Morissette nous dit qu’au-delà des principes qui nous guide, nos gestes doivent parler d’eux-mêmes. Sa réflexion qui mérite d’être lue, se veut certe une parole d’espérance, selon le veut même de l’évêque, mais aussi un appel aux membres de la communauté chrétienne de se regarder eux-mêmes et de voir comment il est possible, au nom de cette communauté, de poser des gestes concrets sans nécessairement attendre que le gouvernement le fasse à notre place. Voici la réflexion dans son intégralité.

COURTE RÉFLEXION SUR UN SUJET DIFFICILE

L’intervention de M. Le Cardinal Ouellet à une Campagne Québec-Vie à Québec a remis l’avortement à l’avant-plan de l’actualité. Déjà, la décision du gouvernement Harper de ne pas inclure l’avortement dans son plan pour la santé maternelle femmes au Tiers-Monde avait fait jaser dans les chaumières au Canada.

Une fois de plus, on peut constater jusqu’à quel point ce sujet est difficile à aborder publiquement et comment les émotions montent rapidement à la surface.

La position de l’Église catholique est bien connue : l’Église est « pour la vie ». C’est probablement d’ailleurs l’un des aspects les plus connus sur l’enseignement moral. C’est une position que l’Église partage avec bien d’autres intervenants d’horizons divers dans notre société; elle n’est donc pas isolée dans sa position « pour la vie ».

Mais que veut dire « être pour la vie »? Cela signifie, dans un premier temps, avoir des principes qui nous guident dans une position en faveur de la vie. Mais cela veut dire aussi poser des gestes qui aident à protéger la vie là où elle est particulièrement menacée :

  • Que faire pour cette jeune fille de 15 ans qui se découvre enceinte, qui craint la réaction de ses parents et qui subit toutes sortes de pressions qui la poussent vers l’avortement
  • Quel soutien apporter à cette jeune femme que son conjoint quitte dès qu’il apprend qu’elle est enceinte?
  • Quelle porte ouvrir à cette jeune mère de famille qui se retrouve enceinte alors qu’elle a déjà trois autres bouches à nourrir et qu’elle ne sait plus comment joindre les deux bouts?

Ces exemples nous rappellent qu’il ne suffit pas, dans notre position « pour la vie », de rappeler les principes. Il faut offrir des alternatives à celles qui ne voient plus comme option que l’avortement. Nous connaissons bien les paroles de Jésus rapportées en Mt.26 :
« J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire… »
Peut-être ajouterait-il aujourd’hui :
« J’étais enceinte et paniquée et vous m’avez accompagnée ».

Un tel agir se situe dans la longue tradition de l’Église, tradition qui consiste à répondre aux besoins concrets des personnes. Dans les époques et les sociétés où l’on ne s’occupe pas des malades, l’Église ouvre des hôpitaux. Dans les époques et les sociétés où l’éducation des enfants importe peu, l’Église ouvre des écoles. Dans notre monde où, pour certaines femmes, l’avortement apparaît comme la seule option possible pour sortir d’une situation difficile, que peut faire l’Église? La charité des chrétiens et des chrétiennes est sans doute assez inventive pour trouver des réponses de compassion, que ce soit par l’écoute, l’accompagnement personnel et même de ressources institutionnelles comme cela existe dans certains milieux.

+Pierre Morissette
Évêque de Saint-Jérôme

Avortement: le cardinal Ouellet en conférence de presse mercredi après-midi

L’archevêque de Québec sera accompagné de l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast

D’aucuns seront perplexes d’apprendre que le cardinal Marc Ouellet veut « recentrer la question de l’avortement » et effectuer une « mise au point », selon les termes utilisés par l’avis envoyé par le diocèse de Québec.

Il sera possible de regarder la chose en direct à 13h30 sur le portail de l’Église catholique de Québec (www.ecdq.tv). Les grandes chaînes nationales ne manqueront pas d’être sur place.

Sel + Lumière reviendra sur cette conférence à Perspectives ce soir.

L’Assemblée des évêques du Québec lance un appel au calme et au dialogue respectueux

Toute femme enceinte doit être accompagnée, aidée et aimée, affirme Mgr Veillette.

Nous publions le communiqué du président des évêques catholiques du Québec:

Lundi 17 mai 2010

La question de l’avortement est une des plus difficiles et des plus douloureuses que notre société ait à affronter. Elle évoque tellement de drames humains et de déchirements des consciences que les passions se déchaînent très rapidement dès que le sujet est évoqué. L’actualité récente l’a de nouveau illustré.  L’âpreté des échanges sur cette question, comme sur celle de l’euthanasie, montre à l’évidence qu’il y a chez nous des divergences profondes sur la façon de concevoir l’être humain.

Il faut de toute urgence recréer un climat de sérénité et de respect pour un dialogue public rationnel. Il serait extrêmement dommageable pour notre collectivité de laisser perdurer une ambiance où dominent la malveillance et le jugement à l’emporte-pièce.

Là où tous devraient s’entendre, « pro-vie » comme « pro-choix », c’est sur la nécessité absolue de mettre en place des mesures pour que toute femme enceinte en détresse puisse être accompagnée, aidée, entourée et aimée. Il ne faut jamais que ce soient la détresse, la misère ou le désespoir qui acculent des femmes à considérer  une option aussi grave que l’avortement. De fait, à nos yeux, aucun vrai choix n’est possible, en conscience, s’il n’y a pas vraiment deux options possibles et si l’avortement est la seule voie envisagée ou envisageable.

La conviction fondamentale de l’Église catholique dans ce domaine est bien connue. Jean-Paul II l’avait clairement rappelée  en 1995 dans son encyclique L’Évangile de la vie: dès notre conception dans le sein de notre mère, nous sommes déjà tous et toutes un être personnel, infiniment précieux, qui est l’objet de l’amour inconditionnel de Dieu.  Mais nous savons bien que cette conviction n’est pas partagée par tous nos concitoyens et concitoyennes. Il nous faut donc, comme société, trouver le moyen de vivre et de cheminer dans l’écoute et le respect mutuels.

+ Martin Veillette
Évêque de Trois-Rivières
Président, Assemblée des évêques catholiques du Québec

Les évêques canadiens passent au web 2.0

ceccweb2La conférence des évêques catholiques du Canada a lancé vendredi son nouveau site internet. Plus attrayant sur le plan visuel, le site se veut aussi beaucoup plus fonctionnel. La CECC lance du même coup le blogue des évêques. Ceux-ci pourront en tout temps alimenter ce blogue de leurs réflexions et leurs points de vue. Seront-ils pour autant plus accessibles? Espérons qu’un grand nombre d’entre eux y contribuent.

L’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, est l’un des plus redoutables blogueurs de l’Église catholique au Canada. The Journey of a bishop (Parcours d’un évêque) est constamment mis à jour par son auteur, surtout dans la langue de Shakespeare.

À la veille de la 44e Journée mondiale des communications sociales, le président de la CECC, Mgr Pierre Morissette, y va d’un message vidéo pour présenter le nouveau site. Fait à noter, les évêques du Canada furent les premiers à avoir un site web. C’était en 1996.  www.cecc.ca

Persévérer dans l’annonce de la Vérité

Des milliers de Canadiens ont défilés le 13 mai sur la colline parlementaire à Ottawa pour la Marche nationale pour la Vie. Alors que 12 ooo personnes avaient convergé vers la capitale en 2009, les organisateurs en espérant 20 000 cette année. Ce rendez-vous annuel des partisans du mouvement pro-vie veut sensibiliser la population et les politiciens à la dignité de la personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle. Le sujet demeure d’actualité avec la récente mort aux feuilletons du projet de loi C-384 sur le suicide assisté. Un autre projet est présentement à l’étude et propose de criminaliser le fait de forcer une femme à subir un avortement. Le gouvernement canadien veut aussi cesser de financer tout projet humanitaire qui comprendrait l’accès à l’avortement. Cette liste non exhaustive et hautement simplifiée des enjeux actuels révèlent que les militants pro-vie ont beaucoup à faire pour percer le mur de l’indifférence des médias de masse, de la plupart des politiciens et de la population en général.

L’Église catholique est l’une des dernières boussoles morales qui existent. Il ne faut donc pas s’étonner si les militants pro-vie sont pour beaucoup des catholiques pratiquants. Il ne faut toutefois pas généraliser trop vite. Cet enjeu, comme bien d’autres, en est un éthique et les arguments pour la protection de la vie et la définition de la dignité humaine ne sont pas que religieux. L’enjeu concerne tous les Canadiens.

Tout de même, ce 13 mai, des centaines de militants ont lancé la journée en participant à la messe célébré par l’archevêque d’Ottawa, Mgr Terrence Prendergast. Ce dernier est devenu en quelque sorte l’un des hôtes de cette marche et une voix forte et crédible du mouvement pro-vie. Nous publions ici l’intégrale de l’homélie de Mgr Prendergast, prononcée ce matin en la cathédrale Notre-Dame à Ottawa. [Read more…]

Le devoir et l’obligation d’être pro-vie

Réflexion du père  Thomas Rosica à la veille de la Marche nationale pour la vie

Cette semaine, en plus de notre travail régulier, l’équipe de Télévision Sel et Lumière est assez préoccupée par deux productions importantes : l’achèvement d’un documentaire de grande envergure qui a été filmé dans la chapelle historique du Séminaire de St. Peters, à London, en Ontario, et la couverture en direct du pèlerinage du Pape à Fatima, au Portugal. En même temps, un autre événement important aura lieu à Ottawa et dans plusieurs villes à travers le Canada : la 13ème marche annuelle, Marche Nationale pour la Vie, qui aura lieu le jeudi 13 mai à Ottawa, date qui marque la fête de Notre-Dame de Fatima.

Des milliers de Canadiens se rencontreront de nouveau sur la colline du Parlement et dans nombres de villes canadiennes, pour défendre les êtres humains qui ne sont pas encore nés. L’année dernière nous avons assuré la couverture de l’intégralité de la Marche d’Ottawa, et ce en dépit des pluies torrentielles et des intempéries. Cette année, je suis heureux d’envoyer une petite équipe de S+L pour capturer l’essence de cette journée importante. Rita Sawaya, nouvelle venue au sein de notre équipe de langue française, sera à la tête de cette équipe qui se joindra au groupe du père Mike Pace, sdb, de la paroisse salésienne St. Benedict.  Nous avons également alloué une partie de notre budget pour travailler en partenariat avec EWTN, pour la réalisation d’une messe spéciale en mémoire du décès du Cardinal John O’Connor, l’un des témoins exceptionnels de la vie. Nous avons aussi réalisé épisodes de notre série télévisée Perspectives, sur le thème de la vie, et avons diffusé des entrevues dans la série Témoin, en accueillant d’exceptionnels agents et témoins de la vie, du mariage et de la famille. L’effet de tels programmes dure bien plus qu’un jour, et constituent des instruments d’enseignement pour de nombreuses personnes au Canada, et au-delà de ses frontières.

Que signifie être «pro-vie » ?

Etre « pro-vie » de manière active c’est contribuer au renouvellement de la société à travers la promotion du bien. Il est impossible de répandre le bien commun sans toutefois affirmer et défendre le droit à la vie, droit sur lequel reposent et se fondent tous les droits inaliénables des individus et à partir duquel ils se développent. La vraie paix ne peut exister que lorsque la vie est défendue et promue. Rappelons nous les paroles prophétiques de Paul VI: « Chaque crime contre la vie est une attaque contre la paix, spécialement si elle s’attaque à la conduite morale des personnes…Cependant, là où les droits des êtres humains sont vraiment professés et publiquement reconnus et défendus, la paix devient le climat jovial et opératif de la vie au sein de la société .» [Read more…]

Un nouveau Conseil pour une jeune communauté

Nouveau Conseil GénéralAu cours du week-end, le père Nicolas FAVART a été élu Serviteur général de la Famille Marie Jeunesse pour un mandat de quatre ans. Il succède au Père Martin Proulx qui a occupé ce poste durant deux mandats consécutifs. Ce dernier pilotait l’offre d’achat de l’Abbaye d’Oka, un dossier toujours ouvert.

Le P. Nicolas, originaire de Belgique, est âgé de 38 ans et il est membre de la Famille Marie-Jeunesse depuis 1998.  Il a étudié en droit à l’Université catholique de Louvain et il a pratiqué la profession d’avocat pendant deux ans. Il a fait ses études théologiques avec l’Université Laval et le Grand Séminaire de Montréal avant d’être ordonné prêtre lors du Congrès Eucharistique de Québec en 2008.

Le jeune supérieur sera aidé de Francis Gadoury, autre prêtre de la communauté, de Marise Landry et Annie Laberge, tous des ‘anciens’ au sein de la communauté.

La Famille Marie-Jeunesse compte 130 membres dans le monde répartis dans ses cinq maisons. Plus de la moitié d’entre eux sont à Sherbrooke. La jeune communauté vouée à l’évangélisation connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années.

Guy Paiement, sj (1935-2010): l’Église dans sa diversité…

Guy Paiement, jésuite depuis 55 ans, est décédé à l’âge de 75 ans, le soir de Pâques et enterré le 10 avril à Montréal.

Prêtre au service du monde populaire, il fut profondément engagé dans la pastorale sociale, promoteur au Québec des communautés de base, initiateur et animateur des Journées sociales du Québec.

Il fut témoin de la résurrection du Christ pour de nombreux chrétiens.

Un de ses écrits peut être en quelque sorte son testament en ce temps de Pâques :

Père Guy Paiement, sjL’essentiel n’est plus, pour l’Église, de sauver un imaginaire religieux. Il est d’apprendre à lire les signes que nous fait le Souffle de Jésus-Christ dans notre histoire et de chercher comment y répondre. Ces signes sont assez nombreux, de nos jours, pour comprendre que nos fragiles réponses demeurent toujours une participation à la croix de notre frère et Seigneur car la libération de tous et de toutes est à ce prix. Mais il y a aussi cet étonnement de retrouver sans cesse le goût de se remettre debout, ce que veut dire ressusciter, et d’aider nos compagnons et nos compagnes de route à en faire autant. Il fut un temps où nous pensions glorifier Dieu en humiliant tout ce qui était humain. Le concile vient nous rappeler qu’il s’agit désormais  de sauver l’humanité qui nous est commune car elle est lourde d’une promesse qui nous dépasse.

Soupçons, accusations et réflexion

Journaux, radio, télévision et internet. Tous les jours. Ce qui ressemble à une croisade journalistique fait ressortir des faits troublants, des agissements qui aujourd’hui soulèvent de très nombreuses questions.

Mais voilà : est-ce que le catholique moyen se préoccupe vraiment de toutes ces histoires, la plupart remontant à une vingtaine d’années et plus? Pas sûr. Plusieurs gens nous ont fait part de leur ras-le-bol au cours de la semaine. Pourtant, on en remet. Les dix minutes d’entrevue avec Mgr Gaillot sur RDI vendredi soir étaient en elles mêmes un sommet : pénible!

De deux choses l’une : une seule victime d’abus sexuels, c’est une victime de trop. Benoît XVI le mentionne dans sa lettre aux catholiques irlandais. Tous s’entendent pour condamner les pédophiles, des prêtres dans le cas qui nous concerne, et soutenir les victimes.

Le problème beaucoup plus vaste que fait ressortir cette crise est l’apparence de camouflage, le fait que des évêques auraient mis le couvercle sur une marmite bouillante. Certaines de ces histoires sont bien réelles. Elles sont préoccupantes. Il faut s’attendre à d’autres récits, d’autres révélations dans les semaines et les mois à venir. Le couvercle a sauté. [Read more…]