Message du Saint-Père pour la Journée Mondiale des Pauvres

Vous trouverez ci-dessou le Message du pape François pour la Journee Mondiale des Pauvres 33ème Dimanche du Temps Ordinaire 19 novembre 2017:

N’aimons pas en paroles, mais par des actes

1. « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Ces paroles de l’apôtre Jean expriment un impératif dont aucun chrétien ne peut faire abstraction. La gravité avec laquelle le ‘‘disciple bien-aimé’’ transmet, jusqu’à nos jours, le commandement de Jésus s’accentue encore davantage par l’opposition qu’elle révèle entre les paroles vides qui sont souvent sur nos lèvres et les actes concrets auxquels nous sommes au contraire appelés à nous mesurer. L’amour n’admet pas d’alibi : celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple ; surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. La façon d’aimer du Fils de Dieu, par ailleurs, est bien connue, et Jean le rappelle clairement. Elle se fonde sur deux pierres angulaires : Dieu a aimé le premier (cf. 1 Jn 4, 10.19) ; et il a aimé en se donnant tout entier, y compris sa propre vie (cf. 1 Jn 3, 16).

Un tel amour ne peut rester sans réponse. Même donné de manière unilatérale, c’est-à-dire sans rien demander en échange, il enflamme cependant tellement le cœur que n’importe qui se sent porté à y répondre malgré ses propres limites et péchés. Et cela est possible si la grâce de Dieu, sa charité miséricordieuse sont accueillies, autant que possible, dans notre cœur, de façon à stimuler notre volonté ainsi que nos affections à l’amour envers Dieu lui-même et envers le prochain. De cette façon, la miséricorde qui jaillit, pour ainsi dire, du cœur de la Trinité peut arriver à mettre en mouvement notre vie et créer de la compassion et des œuvres de miséricorde en faveur des frères et des sœurs qui sont dans le besoin.

2. « Un pauvre crie ; le Seigneur l’entend » (Ps 33, 7). Depuis toujours, l’Église a compris l’importance de ce cri. Nous avons un grand témoignage dès les premières pages des Actes des Apôtres, où Pierre demande de choisir sept hommes « remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (6, 3), afin qu’ils assument le service de l’assistance aux pauvres. C’est certainement l’un des premiers signes par lesquels la communauté chrétienne s’est présentée sur la scène du monde : le service des plus pauvres. Tout cela lui était possible parce qu’elle avait compris que la vie des disciples de Jésus devait s’exprimer dans une fraternité et une solidarité telles qu’elles doivent correspondre à l’enseignement principal du Maître qui avait proclamé heureux et héritiers du Royaume des cieux les pauvres (cf. Mt 5, 3).

« Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 45). Cette expression montre clairement la vive préoccupation des premiers chrétiens. L’évangéliste Luc, l’auteur sacré qui, plus que tout autre, a réservé une large place à la miséricorde, ne fait pas de rhétorique lorsqu’il décrit la pratique de partage de la première communauté. Au contraire, en la recommandant, il entend s’adresser aux croyants de toute génération, et donc à nous aussi, pour nous soutenir dans le témoignage et susciter notre action en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. Le même enseignement est donné avec autant de conviction par l’apôtre Jacques, qui, dans sa Lettre, utilise des expressions fortes et incisives : « Écoutez, donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Or n’est-ce pas les riches qui vous oppriment, et vous traînent devant les tribunaux ? […] Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : ‘‘Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !’’ sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (2, 5-6.14-17).

3. Il y a eu, cependant, des moments où les chrétiens n’ont pas écouté jusqu’au bout cet appel, en se laissant contaminer par la mentalité mondaine. Mais l’Esprit Saint n’a pas manqué de leur rappeler de maintenir le regard fixé sur l’essentiel. Il a fait surgir, en effet, des hommes et des femmes qui, de diverses manières, ont offert leur vie au service des pauvres. Que de pages d’histoire, en ces deux mille ans, ont été écrites par des chrétiens qui en toute simplicité et humilité, et par la généreuse imagination de la charité, ont servi leurs frères plus pauvres !

Parmi ceux-ci, se détache l’exemple de François d’Assise, qui a été suivi par de nombreux hommes et femmes saints au cours des siècles. Il ne s’est pas contenté d’embrasser et de faire l’aumône aux lépreux, mais il a décidé d’aller à Gubbio pour rester avec eux. Lui-même a vu dans cette rencontre le tournant de sa conversion : « Comme j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’esprit et du corps » (Test. 1-3 : SF 308). Ce témoignage manifeste la force transformante de la charité et le style de vie des chrétiens.

Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58).

Nous sommes appelés, par conséquent, à tendre la main aux pauvres, à les rencontrer, à les regarder dans les yeux, à les embrasser, pour leur faire sentir la chaleur de l’amour qui rompt le cercle de la solitude. Leur main tendue vers nous est aussi une invitation à sortir de nos certitudes et de notre confort, et à reconnaître la valeur que constitue en soi la pauvreté.

4. N’oublions pas que pour les disciples du Christ, la pauvreté est avant tout une vocation à suivre Jésus pauvre. C’est un chemin derrière lui et avec lui, un chemin qui conduit à la béatitude du Royaume des cieux (cf. Mt 5, 3 ; Lc 6, 20). Pauvreté signifie un cœur humble qui sait accueillir sa propre condition de créature limitée et pécheresse pour surmonter la tentation de toute-puissance, qui fait croire qu’on est immortel. La pauvreté est une attitude du cœur qui empêche de penser à l’argent, à la carrière, au luxe comme objectif de vie et condition pour le bonheur. C’est la pauvreté, plutôt, qui crée les conditions pour assumer librement les responsabilités personnelles et sociales, malgré les limites de chacun, comptant sur la proximité de Dieu et soutenu par sa grâce. La pauvreté, ainsi entendue, est la mesure qui permet de juger de l’utilisation correcte des biens matériels, et également de vivre de manière non égoïste et possessive les liens et affections (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 25-45).

Faisons nôtre, par conséquent, l’exemple de saint François, témoin de l’authentique pauvreté. Précisément parce qu’il avait les yeux fixés sur le Christ, il a su le reconnaître et le servir dans les pauvres. Si, par conséquent, nous voulons offrir une contribution efficace pour le changement de l’histoire, en promouvant un vrai développement, il est nécessaire d’écouter le cri des pauvres et de nous engager à les faire sortir de leur condition de marginalisation. En même temps, je rappelle aux pauvres qui vivent dans nos villes et dans nos communautés de ne pas perdre le sens de la pauvreté évangélique qu’ils portent imprimé dans leur vie.

5. Nous savons la grande difficulté qui émerge dans le monde contemporain de pouvoir identifier clairement la pauvreté. Cependant, elle nous interpelle chaque jour par ses mille visages marqués par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme, par l’urgence sanitaire et par le manque de travail, par les traites et par les esclavages, par l’exil et par la misère, par la migration forcée. La pauvreté a le visage de femmes, d’hommes et d’enfants exploités pour de vils intérêts, piétinés par des logiques perverses du pouvoir et de l’argent. Quelle liste impitoyable et jamais complète se trouve-t-on obligé d’établir face à la pauvreté fruit de l’injustice sociale, de la misère morale, de l’avidité d’une minorité et de l’indifférence généralisée !

De nos jours, malheureusement, tandis qu’émerge toujours davantage la richesse insolente qui s’accumule dans les mains de quelques privilégiés et souvent est accompagnée de l’inégalité et de l’exploitation offensant la dignité humaine, l’expansion de la pauvreté à de grands secteurs de la société dans le monde entier fait scandale. Face à cette situation, on ne peut demeurer inerte et encore moins résigné. À la pauvreté qui inhibe l’esprit d’initiative de nombreux jeunes, en les empêchant de trouver un travail ; à la pauvreté qui anesthésie le sens de responsabilité conduisant à préférer la procuration et la recherche de favoritismes ; à la pauvreté qui empoisonne les puits de la participation et restreint les espaces du professionnalisme en humiliant ainsi le mérite de celui qui travaille et produit ; à tout cela, il faut répondre par une nouvelle vision de la vie et de la société.

Tous ces pauvres – comme aimait le dire le Pape Paul VI – appartiennent à l’Église par « droit évangélique » (Discours d’ouverture de la 2ème session du Concile Œcuménique Vatican II, 29 septembre 1963) et exigent l’option fondamentale pour eux. Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’ : ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu.

6. Au terme du Jubilé de la Miséricorde, j’ai voulu offrir à l’Église la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. Aux autres Journées mondiales instituées par mes Prédécesseurs, qui sont désormais une tradition dans la vie de nos communautés, je voudrais que s’ajoute celle-ci, qui apporte à leur ensemble un complément typiquement évangélique, c’est-à-dire la prédilection de Jésus pour les pauvres.

J’invite l’Église tout entière ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté à avoir le regard fixé, en cette journée, sur tous ceux qui tendent les mains en criant au secours et en sollicitant notre solidarité. Ce sont nos frères et sœurs, créés et aimés par l’unique Père céleste. Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. Dieu a créé le ciel et la terre pour tous ; ce sont les hommes, malheureusement, qui ont créé les frontières, les murs et les clôtures, en trahissant le don originel destiné à l’humanité sans aucune exclusion.

7. Je souhaite que les communautés chrétiennes, au cours de la semaine qui précède la Journée Mondiale des Pauvres, qui cette année sera le 19 novembre, 33ème dimanche du Temps Ordinaire, œuvrent pour créer de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète. Ils pourront, ensuite, inviter les pauvres et les volontaires à participer ensemble à l’Eucharistie de ce dimanche, en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique, le dimanche suivant. La royauté du Christ, en effet, émerge dans toute sa signification précisément sur le Golgotha, lorsque l’Innocent cloué sur la croix, pauvre, nu et privé de tout, incarne et révèle la plénitude de l’amour de Dieu. Son abandon complet au Père, tandis qu’il exprime sa pauvreté totale, rend évident la puissance de cet Amour, qui le ressuscite à une vie nouvelle le jour de Pâques.

En ce dimanche, si dans notre quartier vivent des pauvres qui cherchent protection et aide, approchons-nous d’eux : ce sera un moment propice pour rencontrer le Dieu que nous cherchons. Selon l’enseignement des Écritures (cf. Gn 18, 3-5 ; He 13, 2), accueillons-les comme des hôtes privilégiés à notre table ; ils pourront être des maîtres qui nous aident à vivre la foi de manière plus cohérente. Par leur confiance et leur disponibilité à accepter de l’aide, ils nous montrent de manière sobre, et souvent joyeuse, combien il est important de vivre de l’essentiel et de nous abandonner à la providence du Père.

8. À la base des nombreuses initiatives qui peuvent se réaliser lors de cette Journée, qu’il y ait toujours la prière. N’oublions pas que le Notre Père est la prière des pauvres. La demande du pain, en effet, exprime la confiance en Dieu pour les besoins primaires de notre vie. Ce que Jésus nous a enseigné par cette prière exprime et recueille le cri de celui qui souffre de la précarité de l’existence et du manque du nécessaire. Aux disciples qui demandaient à Jésus de leur apprendre à prier, il a répondu par les paroles des pauvres qui s’adressent au Père unique dans lequel tous se reconnaissentcomme frères. Le Notre Père est une prière qui s’exprime au pluriel : le pain demandé est ‘‘notre’’, et cela comporte partage, participation et responsabilité commune. Dans cette prière, nous reconnaissons tous l’exigence de surmonter toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque.

9. Je demande aux confrères évêques, aux prêtres, aux diacres – qui par vocation ont la mission du soutien aux pauvres -, aux personnes consacrées, aux associations, aux mouvements et au vaste monde du volontariat d’œuvrer afin que par cette Journée Mondiale des Pauvres s’instaure une tradition qui soit une contribution concrète à l’évangélisation dans le monde contemporain.
Que cette nouvelle Journée Mondiale, par conséquent, devienne un appel fort à notre conscience de croyants pour que nous soyons plus convaincus que partager avec les pauvres nous permet de comprendre l’Évangile dans sa vérité la plus profonde. Les pauvres ne sont un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile.
Du Vatican, le 13 juin 2017 Mémoire de saint Antoine de Padoue

FRANÇOIS

[00907-FR.01] [Texte original: Italien]

Appel interreligieux des communautés confessionnelles du Canada contre la famine au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen

Communiqué de Presse de la Conférence des évêques catholiques du Canada:

Des dirigeants religieux au Canada lancent une campagne nationale en réponse à la famine au Soudan du Sud et à la pénurie alimentaire extrême au Yémen, dans le nord-est du Nigéria et en Somalie:

(CECC – Ottawa)… Mgr Douglas Crosby, O.M.I., évêque de Hamilton et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), s’est joint à d’autres dirigeants religieux au Canada des communautés chrétiennes, juives, musulmanes, sikhes, hindoues et bahá’íe pour lancer une campagne nationale afin d’aider à répondre à la famine au Soudan du Sud et à la pénurie alimentaire extrême au Yémen, dans le nord-est du Nigéria et en Somalie. Chacune des communautés confessionnelles participantes se mobilise pour intervenir devant « l’une des plus grandes crises humanitaires du monde depuis la Deuxième Guerre mondiale : la triste réalité des nombreuses famines qui se produisent en même temps dans quatre pays distincts. »

En février 2017, l’Organisation des Nations Unies a déclaré que 20 millions de personnes, incluant 1,4 million d’enfants vulnérables, sont à risque de mourir dans les prochains mois dans ces quatre pays. La crise résulte des conflits armés et des sécheresses sévères qui persistent, avec des centaines de milliers de personnes qui ont quitté leur maison et leur terre. Selon l’ONU, la crise dépasse de loin les ressources actuellement disponibles et le montant des fonds engagés jusqu’à présent par la communauté internationale.

L’appel commun des  dirigeants religieux « est un cri du cœur » qui invite leurs fidèles à répondre de trois façons :

Priez : en se souvenant des gens du Soudan du Sud, de la Somalie, du nord du Nigéria et du Yémen dans leur prière personnelle et communautaire et en priant également pour la paix, les chefs de gouvernement et les travailleurs et travailleuses humanitaires de la région.

Donnez : en faisant une contribution financière à un ou plusieurs des divers organismes canadiens d’aide réputés qui travaillent à réduire la crise. Pour chaque contribution faite entre le 17 mars et le 30 juin 2017, le Gouvernement du Canada versera un montant en contrepartie dans le cadre du « Fonds de secours contre la famine » récemment annoncé.

Parlez-en : en prenant le temps de mieux s’informer au sujet de la crise dans les quatre pays; en parlant avec la famille, les amis et les voisins; en discutant avec les organismes communautaires locaux; et les élus parlementaires locaux.

Les dirigeants religieux signalent sans équivoque que la violence prolongée au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen est la cause première de la crise humanitaire en insistant pour que le « gouvernement fédéral a fait connaître son intention de participer plus activement au Conseil de sécurité des Nations Unies au cours des prochaines années. Le moment est venu pour notre Premier ministre et pour tous les dirigeants canadiens d’être à la hauteur de cette aspiration en parlant clairement et constamment en faveur de la cessation de la violence et de la guerre au Soudan du Sud, au Yémen, en Somalie et au Nigéria (…) La voix du Canada doit être entendue en ce moment tragique, particulièrement pendant qu’il célèbre les 150 ans de la Confédération. »

En plus de l’appel commun par les dirigeants religieux, la CECC a également acheminé aux évêques catholiques du Canada et publié sur son site web des suggestions de prières pour les fidèles liées à la crise, de même qu’une fiche d’information qui décrit la dimension humanitaire de la situation. Les paroisses peuvent les utiliser telles quelles ou les adapter au besoin. Les paroisses catholiques à travers le pays organisent des collectes spéciales et plusieurs envisagent d’autres efforts pour répondre à cet appel pendant le mois de juin, l’été et jusqu’à l’automne. Les dons peuvent être envoyés électroniquement à trois organismes catholiques d’aide disposés à acheminer les contributions pour soutenir les secours d’urgence dans les quatre pays :

-Organisation catholique canadienne pour le développement et la paix :
https://www.devp.org/fr/fonds-secours-contre-famine
Tél. : 1 888 664-3387

-Aide à l’Église en détresse – Canada :
http://www.acn-aed-ca.org/fr/jaifaim/
Tél. : 1 800 585-6333

Canadian Jesuits International
http://www.canadianjesuitsinternational.ca/2017/06/05/famine-relief-appeal/
Tél. : 1 800 448-2148

 

PRIEZ, DONNEZ, PARLEZ-EN

Fonds de secours contre la famine – Feuillet d’information Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et au Nigéria

En février 2017, le nouveau Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que 20 millions de personnes sont menacées de mort dans les six prochains mois au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et au Nigéria.

Cette crise humanitaire a pris forme en raison d’une conjoncture particulière engendrée à la fois par des changements climatiques ayant entraîné de grandes sécheresses et des con its armés qui sévissent dans ces régions. En conséquence, des millions de personnes ont dû fuir leurs terres et leurs maisons a n d’échapper aux violences et sont menacées de famine en raison de conditions de transport et d’accès à la nourriture extrêmement di ciles.

Soudan du Sud

Points clés

    • La famine a été déclarée le 20 février 2017 dans l’État d’Unité. La dernière déclaration de famine émise par les agences de l’ONU remonte à juillet 2011, alors qu’environ 260 000 personnes sont mortes en Somalie – la moitié ayant été des enfants de moins de 5 ans.
    • On estime que près de 7,5 millions de personnes sont en état d’insécurité alimentaire pendant la période mai à juillet (saison de soudure)
    • On compte près de 1,9 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays et un total de 1.74 million de réfugiés dans les pays voisins (86 % sont des femmes et enfants – dont 21 000 mineurs non accompagnés).
    • Le pays, qui a obtenu son indépendance en 2011, est en guerre depuis 2013. Les deux grandes ethnies du pays se déchirent, notamment sur le contrôle des états pétroliers du nord du pays qui constituent près de de 90% de l’économie nationale.Nord-est du NigériaPoints clés
    • 8,5 millions de personnes sont dans le besoin dans cette région. Les principaux besoins sont en sécurité alimentaire, en nutrition, en protection pour les populations et en eau et assainissement. On estime à près de 44 000 le nombre de personnes à risque de famine à l’heure actuelle.
    • Depuis le début du con it armé en 2009, 1,9 million de personnes ont abandonné leurs habitations et leurs champs par crainte des exactions du groupe terroriste Boko Haram ou des représailles de l’armée nigériane.

Somalie

Points clés

    • Plus de 6,2 millions de personnes sont dans le besoin dont 1,7 million de personnes déplacées par la guerre et/ou la sécheresse. (=54% de la population)
    • On estime que le nombre de personnes en situation de crise aigüe atteindra les 3 millions d’ici juin compte tenu de la sécheresse et de l’insécurité en cours.
    • Les enfants en bas âge sont parmi les personnes durement touchées : 363 000 accusent un taux de malnutrition aigu et parmi ces derniers plus de 71 000 requièrent des soins vitaux (nutrition life-saving treatment).
    • Les grandes sécheresses des dernières décennies font de ce pays une des régions les plus vulnérables sur le plan alimentaire.
    • Le pays est en proie à une guerre civile depuis des décennies, le gouvernement actuel ne contrôlant essentiellement que la capitale Mogadishu et ses environs. YémenPoints clés
    • Des années de guerre civile ont poussé le Yémen au bord de la catastrophe.
    • Près de 18.8 millions de personnes (70% de la population) ont besoin d’assistance humanitaire et protection a n de subvenir à leurs besoins essentiels ; 6.8 millions sont en état d’insécurité alimentaire aigue.
    • Les enfants en bas âge sont parmi les plus durement touchés : ils présentent des taux de malnutrition aigus et sont a ectés par des maladies évitables telles le choléra qui, depuis le 27 Avril s’est propagé dans diverses contrés et menace d’a ecter 250,000 personnes dans les prochains six mois.

Intentions de prières pour mettre fin à la famine et les pénuries alimentaires au Soudan du Sud, en Somalie, au Nigéria et au Yémen:

  • Pour les personnes sou rant de la faim, surtout celles qui endurent la famine au Soudan du Sud et les graves pénuries alimentaires en Somalie, au Nigéria et au Yémen, a n qu’elles connaissent l’aide inépuisable de Dieu et soient soutenues par la Christ, le Pain de vie.
  • Pour tous ceux et celles qui travaillent à atténuer la crise humanitaire qui se déroule dans certaines parties de l’Afrique et du Moyen- Orient, que leurs e orts soient renforcés par la générosité et le soutien nancier des Canadiens et Canadiennes et de la communauté internationale.
  • Pour les dirigeants politiques dans les pays touchés par la famine, les pénuries alimentaires et les con its, qu’ils aient la sagesse et le courage d’apporter la paix à la région et d’aider ceux et celles qui manquent de nourriture.
  • Pour la cessation de la violence qui frappe les pays du Soudan du Sud, la Somalie, le Nigéria et le Yémen, et pour le repentir de ceux et celles qui ont commis des injustices.
  • Pour la paix et la réconciliation entre tous les peuples et toutes les nations.
  • Pour l’Église, y compris notre communauté paroissiale, qu’elle soit toujours une voix et un témoin de justice, de compassion et de solidarité.

Échos du Vatican

Retour dans cette émission sur les réactions du Vatican après le retrait américain des accords de Paris sur le climat.

Allocution du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix lors de la Dédicace et ouverture des nouveaux studios de Télévision Sel + Lumière à Toronto

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’allocution de Monsieur le Cardinal Gérald Cyprien Lacroix, Archevêque de Québec et Primat du Canada, tel que prononcée lors de la  Dédicace et ouverture des nouveaux studios de Télévision Sel & Lumière à Toronto, le 25 mai 2017 .

« Pour que Jésus soit mieux connu, aimé et servi »

Chers frères cardinaux,
Père Frederico Lombardi, s.j., directeur émérite de la Salle de Presse du Saint-Siège,
Père Thomas Rosica, fondateur et directeur général de Télévision Sel & Lumière,
Chers membres de la grande équipe de Télévision Sel & Lumière,
Distingués invités,

C’est avec beaucoup de joie que j’ai accepté de participer à cet évènement qui ouvre un nouveau chapitre dans la vie de notre Télévision Sel & Lumière au Canada. Depuis déjà plus de quinze ans, vous proclamez Jésus Christ et la joie de l’Évangile au Canada et dans le monde en présentant des témoignages, des enseignements, des entrevues, des célébrations et des nouvelles qui nourrissent la foi et stimulent l’engagement chrétien. Vous nous faites prier, réfléchir et agir.

À Québec, où je suis et sur le territoire du Québec, nous sommes privilégiés de pouvoir regarder sur la télévision ou sur nos ordinateurs la riche programmation de Sel & Lumière. Lancé à Toronto lors des JMJ 2002 avec la participation de saint Jean-Paul II, nous comptons maintenant sur une succursale à Montréal, avec un petit studio et un personnel dévoué et engagé qui permet aux québécois et québécoises de savourer une programmation en français et avec des reportages à saveur locale. C’est très enrichissant.

Merci père Rosica et merci à votre équipe pour tous les efforts que vous déployez pour que la Bonne Nouvelle qu’est l’Évangile soit présente sur les médias numériques et rejoignent un grand nombre de personnes.

En circulant dans mon Diocèse et ailleurs au Québec, il m’arrive souvent d’entendre des personnes me partager qu’ils écoutent fidèlement la programmation de Télévision Sel & Lumière pour se tenir informer de la vie de l’Église au Québec, au Canada et dans le monde. D’autres personnes apprécient les grandes célébrations en direct ou en différé de Rome ainsi que dans les diverses régions de notre grand pays. Sel & Lumière nous permet de goûter au souffle de l’Esprit qui agit dans notre Église.

Les gens notent que les médias séculiers présentent souvent des activités de l’Église avec un clip de quelques secondes ou quelques minutes tout au plus, et cela lorsqu’ils décident de le faire. Sel & Lumière permet de visionner toute la célébration ou tout l’évènement. C’est un véritable cadeau. Vous ne nous servez pas des miettes mais de la nourriture en abondance.

Je sais qu’une aventure comme celle de la Télévision Sel & Lumière exige une passion pour l’annonce de l’Évangile et l’éducation de la foi,  un grand dévouement, une équipe multidisciplinaire et talentueuse, des connaissances importantes en technologie et en sciences de la communication. Vous avez tout cela et vous le mettez au service de la mission de l’Église aujourd’hui. Cela mérite tout notre respect et notre admiration.

Pour ma part, j’aimerais ajouter que j’apprécie grandement votre communion avec l’Église universelle et votre amour du Pape François. Son leadership est en train de faire vivre une conversion pastorale et missionnaire importante à notre Église. Avec les évêques du Québec, nous l’avons constaté lors de notre récente visite ad limina apostolorum. L’espérance est au rendez-vous malgré les nombreux défis qui sont à l’horizon.

Merci d’être de fidèles communicateurs de la vie de notre Église. Merci pour les Échos du Vatican, merci de mettre pour nous les nouvelles du jour en Perspectives. Merci de nous inviter à être une Église en sortie et merci de nous nourrir de la Messe du Jour.

Tout cela vous nous l’offrez à longueur d’année et nous en sommes reconnaissants. Vous êtes très créatifs pour nous partager les trésors de la foi. Puissent les gens qui vous écoutent et profitent de votre programmation être tout aussi généreux à vous soutenir de leur prière et de leur support économique.

Sincères félicitations pour ces nouveaux studios. Longue vie à Télévision Sel & Lumière afin que Jésus soit mieux connu, aimé et servi.

Lancement de Sel + Lumière en Haute Définition

La Télévision Catholique Du Canada Lance Sa Chaine en Haute Définition

TORONTO, jeudi 1er juin 2017 – Sel + Lumière, la télévision Catholique du Canada, est heureuse d’annoncer qu’elle sera disponible en haute définition pour les téléspectateurs dans tout le Canada à partir de dimanche 4 juin, 2017. Cette annonce fait suite au récent déménagement, en 2016, de Sel + Lumière dans son nouveau studio et centre de diffusion à Toronto, où elle améliorera ses capacités de production et de programmation, et sa croissance dans les foyers de télévision et en ligne, à travers le monde.

« Nous sommes ravis d’avoir enfin un soutien suffisant pour apporter ce changement important et répondre aux attentes de nos téléspectateurs en matière de programmation de qualité », a déclaré le père Thomas Rosica, CSB, PDG de la Fondation catholique Sel et Lumière Média, organisation à but non lucratif qui exploite le réseau. «Les gens au Canada ont demandé des améliorations que nous sommes en train d’apporter. En plus du lancement en HD, nous aurons également une nouvelle gamme de programmation originale, qui sera annoncée au cours des prochains mois. Tous nos programmes existants, ainsi que les nouveaux, seront bien meilleurs en HD.  »

Ligne inspirante

Sel + Lumière offre aux téléspectateurs de tous les âges une gamme de programmes inspirants, perspicaces et pédagogiques qui comporte du contenu dans les deux langues officielles ainsi que des émissions en langue chinoise et italienne. Les programmes phares comprennent Perspectives, une capsule d’informations quotidiennes avec des mises à jour du Vatican et des communautés à travers le pays, Témoin, un programme d’entrevues avec le père Thomas Rosica et des personnes inspirantes et influentes qui façonnent la société, Échos du Vatican, éclairant ce qui se passe derrière les murs du Vatican et ce que cela signifie pour les personnes de l’extérieur, ainsi que des programmes axés sur la jeunesse et des célébrations liturgiques du monde entier et une couverture événementielle spéciale, avec de nombreux documentaires réalisés en interne tels que Sisterhood ou Creation, ou encore Francis Effect, un film récompensé.

Pour en savoir plus sur Sel + Lumière en HD, visitez seletlumnieretv.org/HD.

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Justin Trudeau invite le Pape à s’excuser

 

Le Premier Ministre Canadien, Justin Trudeau, et sa femme Sophie ont été reçus par le pape François ce lundi au Vatican. Pour cette première rencontre les deux hommes se sont entretenus pendant une trentaine de minutes. Les échanges ont été « cordiaux », mais les questions délicates n’ont pas été éludées.

Justin Trudeau avait à cœur d’aborder avec le Pape l’épineuse question de la responsabilité de l’Église catholique dans les pensionnats autochtones du Canada dans les années 1800-1900. Pendant près d’un siècle, plus de 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits ont subi des politiques d’assimilation dans ces maisons résidentielles tenus par des communautés religieuses, au nom du gouvernement canadien. Nombre d’entre eux ont par ailleurs été victimes de mauvais traitements ou d’abus sexuels.

Face à ce qui représente « un des plus sombres chapitres de l’histoire canadienne », le premier ministre, en 2015, avait lui-même présenté ses excuses aux autochtones au nom du gouvernement canadien. Il s’était en outre engagé à donner suite aux « appels à l’action » de la Commission de vérité et réconciliation du Canada qui, entre autre, demande au Pape des excuses publiques. Pour répondre à cette recommandation, Justin Trudeau a donc invité le Saint-Père à venir au pays, et l’a exhorté à présenter ses excuses, au nom de l’Église catholique, aux survivants, à leurs familles et aux communautés touchées par les mauvais traitements dans les pensionnats dirigés par l’Église catholique.

« Je lui ai parlé du désir profond des canadiens d’avancer vers une véritable réconciliation avec les peuples autochtones, et j’ai souligné comment il pouvait y contribuer en présentant des excuses », a précisé le premier ministre à l’issue de sa rencontre avec le souverain pontife.  « Il m’a rappelé que toute sa vie a été consacrée à aider les personnes marginalisées à travers la planète, à se battre pour elles. Et il m’a dit qu’il compte travailler très bientôt avec moi et avec les évêques canadiens pour tracer le chemin que nous allons prendre afin d’y arriver », a poursuivi le chef d’État.

Lors de cette entrevue, les deux hommes ont par ailleurs évoqué les questions éthiques, et notamment l’euthanasie, désormais légale au Canada depuis l’adoption, en juin 2016, de la loi sur «l’aide médicale à mourir», qui du reste avait rencontré la ferme opposition des évêques du pays.

« Ça a été un moment très touchant pour moi de pouvoir avoir une conversation réfléchie sur bien des enjeux avec la personne qui est à la tête de ma propre Église » a commenté Justin Trudeau en sortant de cette audience.

La dernière visite d’un Pape au Canada remonte à 2002. C’était à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse de Toronto, avec Jean-Paul II.

Homélie de Mgr Christian Lépine lors de la Messe anniversaire pour la fondation de Montréal

©SeletLumière Photo: Francis Denis

Vous trouverez ci-dessous l’homélie de Mgr Christian Lépine « Ensemble Construire la Paix » telle que prononcée lors de la messe anniversaire pour la fondation de Montréal le 17 mai 2017, à la Basilique Notre-Dame: 

Chères sœurs et chers frères d’hier et d’aujourd’hui,
Chères sœurs et chers frères dans le Christ,
Chères sœurs et chers frères en humanité,

Nous voulons aujourd’hui, honorer Maisonneuve et Jeanne-Mance qui ont fondé Montréal, faire mémoire de nos racines françaises et catholiques, reconnaître le patrimoine de valeurs qui nous habitent, fêter notre existence et rendre grâce à Dieu.

Cette fête concerne la ville de Montréal, l’île de Montréal, le grand Montréal, le Québec et le Canada. Ville-Marie a été fondée sur l’île de Montréal, pour en venir à porter le nom de l’île. Montréal a été un centre à partir duquel de nombreuses autres villes ont été fondées. Montréal s’est développé à l’intérieur du Québec et du Canada, dans l’ouverture sur le monde, dans l’accueil de personnes et de communautés de tous les continents.

L’aventure de l’espérance

De sa fondation à aujourd’hui, Montréal est une communauté de communautés, fondée par des aventuriers et aventurières de l’espérance. Alors qu’en ce 17 mai, nous fêtons le 375e anniversaire de fondation de Montréal, nos regards se tournent vers ces hommes et ces femmes qui ont traversé l’Atlantique sans jamais être sûrs d’avance qu’ils arriveraient à destination le long des rives du Saint-Laurent. Ces pionniers et ces pionnières ont fondé Ville-Marie sans être sûrs d’avance qu’ils survivraient aux intempéries, au froid de l’hiver, aux guerres. Ce qui a été vécu à la fondation, l’a été tout au long de l’histoire avec courage. Cette histoire continue avec les immigrants et les réfugiés d’aujourd’hui.

Toutes ces personnes fondatrices se sont mises en marche sans être sûres du lendemain. Pourquoi? Grâce à leur foi. Leur foi que Dieu les appelait, leur foi en la beauté du projet d’une ville fondée sur le spirituel, le vivre-ensemble et la solidarité. La foi en Jésus-Christ, crucifié et ressuscité, ouvrait leur cœur à la révélation de l’Amour de Dieu et les conduisait à s’appuyer sur Lui en remettant toute leur vie entre ses mains. La foi que Jésus-Christ, le Vivant, a le pouvoir de nous rejoindre à travers toutes les tempêtes, les rendaient capables de marcher dans l’espérance et de miser leur vie sur l’amour et sur le projet d’une cité qui rayonne la Bonté, la Vérité et la Beauté.

Valeurs fondatrices : toujours actuelles

Depuis la fondation de Montréal, de nombreuses générations aux motifs variés, aux cultures diverses et aux croyances différentes se sont mises en marche pour venir bâtir sur cette terre. Les valeurs fondatrices ont traversé le temps et demeurent toujours actuelles. Elles ont le pouvoir de rassembler en construisant pour la paix.

Le spirituel est un appel à croire que tous les êtres humains sont créés par Dieu et à l’image de Dieu, que chaque personne a un poids d’éternité, que l’humanité tout entière, de tout temps et de tout lieu, est appelée à entrer en Alliance avec Dieu, que nous avons tous la même humanité, qu’il y a une égale dignité pour tout être humain. Le spirituel est un regard sur Dieu en même temps que sur l’être humain, un regard qui relie à Dieu, mais qui en même temps relie les êtres humains entre eux devant Dieu et en présence de Dieu. Maisonneuve, Jeanne-Mance et tous ceux et celles qui ont porté le projet et la réalisation de fonder Montréal, étaient des catholiques dont le regard sur Dieu élargissait leur regard sur les autres, quelles que soient leurs croyances.

C’est pourquoi, dès l’origine, le projet de Montréal est un projet de vivre-ensemble. On voulait fonder une ville où les Français et les membres des Premières Nations vivraient ensemble. Il y a eu les guerres intermittentes, mais en même temps les Français ont appris des autochtones à vivre en ce pays. Il y a eu les blessures et les pertes, mais en même temps les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph recevaient tout le monde à l’hôpital Hôtel-Dieu, les écoles fondées par Marguerite Bourgeoys et la Congrégation Notre-Dame étaient ouvertes à tous les enfants et jeunes, les prêtres de Saint-Sulpice étaient au service de tous. Il y a eu les malentendus et les affrontements, mais il y a eu aussi la Grande Paix de Montréal en 1701.

La valeur du vivre-ensemble fait partie des gènes de Montréal et de son histoire. La ville est le plus fidèle à elle-même lorsqu’elle poursuit sans relâche la cohabitation pacifique, l’interaction capable de voir la valeur humaine de l’autre, et l’engagement à construire ensemble. Les croyances diverses sont des appels à la liberté de religion et de conscience autant sur la place publique que dans la vie privée. Le vivre-ensemble n’est pas fait pour être caché, mais pour être visible, nourrissant ainsi la démocratie, le respect de la vie et une juste sécurité.

On peut penser aux communautés autochtones, à l’origine française, mais aussi aux composantes d’origine anglaise, écossaise et irlandaise, en ajoutant les dizaines de composantes culturelles et allophones diverses. On peut penser aux diverses fois chrétiennes, à la foi juive, à la foi musulmane, aux diverses religions et divers humanismes, qui sont tous appelés à servir le bien commun et la paix.

La quête de spirituel et de vivre-ensemble, se fait quête de solidarité. Tout être humain cherche un sens à sa vie, est fait pour être en relation, aspire à la paix. On entend dire parfois et avec raison « la grandeur d’une civilisation se mesure à la place qu’elle donne au plus petit ». Montréal est une histoire de solidarité avec les plus démunis, avec les personnes frappées par les tragédies. À partir des communautés religieuses d’hier et d’aujourd’hui jusqu’aux organismes communautaires de notre temps, la compassion et le soutien, sans égard aux différences de cultures, font partie également de ce que nous sommes, civilement et politiquement.

Une culture de la paix

Au nom de Jésus, Maisonneuve et Jeanne-Mance, les fondateurs et fondatrices de Montréal, ont vécu des valeurs profondément chrétiennes, qui étaient en même temps profondément humaines. Ces mêmes valeurs ont le pouvoir de traverser le temps, car en tant qu’êtres humains nous sommes faits pour en vivre. Continuons à tenir ensemble le spirituel, le vivre-ensemble et la solidarité, afin d’être un milieu où on croit à la dignité de tout être humain. Construisons ensemble une société où les personnes peuvent s’accomplir, les familles s’épanouir et les différentes composantes de la société vivre le respect, le dialogue et la paix.

Laissons-nous inspirer par ces hommes et ces femmes, nos ancêtres, qui se mettant à genoux devant Dieu, se sont laissés guider par l’Esprit-Saint, dans la joie de croire en Jésus Christ Crucifié et Ressuscité. Regardons la croix qui est source de réconciliation. Dans nos vies personnelles, familiales, sociales et ecclésiales, il y a des moments ensoleillés et des moments de tempête. Rendons grâce à Dieu pour sa présence et croyons qu’il ne nous abandonne jamais.

Chères sœurs et chers frères dans le Christ,
Chères sœurs et chers frères en humanité,
Chères sœurs et chers frères d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs,

Joyeux anniversaire de fondation de Montréal

+Christian Lépine
Archevêque de Montréal

Échos du Vatican

Retour dans cette émission sur le pèlerinage du Pape à Fatima, et sur la visite ad limina des évêques du Québec.

Allocution du Pape aux malades et handicapés à Fatima

CNS/Paul Haring

Chers frères et sœurs malades,
Comme je l’ai dit dans l’homélie, le Seigneur nous précède toujours : quand nous passons par quelque croix, il y est déjà passé. Dans sa Passion, il a pris sur lui toutes nos souffrances. Jésus sait ce que signifie la souffrance, il nous comprend, il nous console, et il nous donne la force, comme il a fait pour saint François Marto et sainte Jacinthe, pour les saints de tous les temps et de partout. Je pense à l’Apôtre Pierre, enchaîné dans la prison de Jérusalem, alors que toute l’Eglise priait pour lui. Et le Seigneur a consolé Pierre. Voilà le mystère de l’Eglise : l’Eglise demande au Seigneur de consoler les affligés et il vous console, même de manière cachée ; il vous console dans l’intimité du cœur et il vous console par sa force.

Chers pèlerins, nous avons devant les yeux Jésus caché mais présent dans l’Eucharistie, comme nous avons Jésus caché mais présent dans les blessures de nos frères et sœurs malades et souffrants. Sur l’autel, nous adorons la chair de Jésus ; en ces frères, nous trouvons les plaies de Jésus. Le chrétien adore Jésus, le chrétien cherche Jésus, le chrétien sait reconnaître les plaies de Jésus. Aujourd’hui la Vierge Marie nous répète à tous la question qu’elle a posée, il y a cent ans, aux pastoureaux : « Voulez-vous vous offrir à Dieu ? ». La réponse – « Oui, nous le voulons ! » – nous permet de comprendre et d’imiter leur vie. Ils l’ont vécue, avec tout ce qu’elle comportait de joie et de souffrance, dans une attitude d’offrande au Seigneur.

Chers malades, vivez votre existence comme un don et dites à la Vierge, comme les pastoureaux, que vous voulez vous offrir à Dieu de tout votre cœur. Ne vous considérez pas seulement comme des bénéficiaires de la solidarité caritative, mais sentez-vous pleinement participants de la vie et de la mission de l’Eglise. Votre présence silencieuse mais plus éloquente que beaucoup de paroles, votre prière, l’offrande quotidienne de vos souffrances unies à celles de Jésus crucifié pour le salut du monde, l’acceptation patiente et même joyeuse de votre condition sont une ressource spirituelle, un patrimoine pour chaque communauté chrétienne. N’ayez pas honte d’être un trésor précieux de l’Eglise.

Jésus passera près de vous dans le Saint Sacrement pour vous manifester sa proximité et son amour. Confiez-lui vos douleurs, vos souffrances, votre fatigue. Comptez sur la prière de l’Eglise, qui de partout monte vers le ciel pour vous et avec vous. Dieu est Père et il ne vous oublie jamais.

Homélie du pape François lors de la Messe de canonisation des Bx Francesco Marto et Giacinta Marto

CNS/Paul Haring

Vous trouverez ci-dessous le texte de l’homélie du pape François lors de la Messe de canonisation des bienheureux bergers de Fatima Francesco Marto et Giacinta Marto sur la place du Sanctuaire des apparitions à Fatima:

« Apparut dans le ciel une femme ayant le soleil pour manteau » atteste le voyant de Patmos dans l’Apocalypse (12,1), faisant aussi observer qu’elle est sur le point de donner naissance à un fils. Puis, dans l’Evangile, nous avons entendu Jésus dire au disciple : « Voici ta mère » (Jn 19, 26-27). Nous avons une Mère ! Une “Dame très belle“, comme disaient entre eux les voyants de Fatima sur la route de la maison, en ce jour béni du 13 mai, il y a cent ans. Et, le soir, Jacinthe ne réussit pas à se retenir, et elle révèle le secret à sa maman : « Aujourd’hui j’ai vu la Vierge ». Ils avaient vu la Mère du ciel. Le regard d’un grand nombre s’est dirigé dans la direction que suivaient leurs yeux, mais… ils ne l’ont pas vue. La Vierge Mère n’est pas venue ici pour que nous la voyions : pour cela nous aurons toute l’éternité, si nous allons au ciel, bien entendu.

Mais elle, présageant et nous mettant en garde contre le risque de l’enfer où mène la vie – souvent proposée et imposée – sans Dieu et qui profane Dieu dans ses créatures, elle est venue nous rappeler la lumière de Dieu qui demeure en nous et qui nous couvre, car, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, « l’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu » (Ap 12, 5). Et, selon les paroles de Lucie, les trois privilégiés se trouvaient dans la lumière de Dieu qui rayonnait de la Vierge. Elle les enveloppait dans le manteau de lumière que Dieu lui avait donné. Comme le croient et le sentent de nombreux pèlerins, si non tous, Fatima est surtout ce manteau de lumière qui nous couvre, ici comme partout ailleurs sur la terre quand nous nous réfugions sous la protection de la Vierge Marie pour lui demander, comme l’enseigne le Salve Regina, “montre-nous Jésus”.

Chers pèlerins, nous avons une Mère. Cramponnés à elle comme des enfants, vivons de l’espérance fondée sur Jésus, car, comme nous l’avons entendu dans la seconde lecture, à cause de Jésus- Christ, et de lui seul, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes régneront dans la vie (cf. Rm 5,17). Quand Jésus est monté au ciel, il a apporté auprès du Père céleste l’humanité – notre humanité – qu’il avait assumée dans le sein de la Vierge Mère ; et il ne s’en séparera jamais plus. Fixons notre espérance, comme une ancre, dans cette humanité placée dans le ciel à la droite du Père (cf. Ep 2,6). Que cette espérance soit le levier de la vie de chacun de nous ! Une espérance qui nous soutient toujours, jusqu’au dernier souffle.

Forts de cette espérance, nous sommes réunis ici pour remercier des innombrables bienfaits que le Ciel a accordés au cours de ces cent années, passées sous ce manteau de lumière que la Vierge, à partir de ce Portugal porteur d’espérance, a étendue aux quatre coins de la terre. Nous avons comme exemples devant nos yeux saint François Marto et sainte Jacinthe, que la Vierge Marie a introduits dans la mer immense de la lumière de Dieu et y a conduits pour l’adorer. De là leur venait la force de surmonter les contrariétés et les souffrances. La présence divine devint constante dans leur vie, comme cela se manifeste clairement par la prière insistante pour les pécheurs et par le désir permanent de rester près de “Jésus caché” dans le Tabernacle.

Dans ses Mémoires (III, n. 6), Sœur Lucie donne la parole à Jacinthe qui venait d’avoir une vision : « Ne vois-tu pas beaucoup de routes, beaucoup sentiers et de champs pleins de gens qui souffrent de faim et qui n’ont rien à manger ? Et le Saint-Père dans une église, devant le Cœur Immaculé de Marie en prière ? Et beaucoup de monde en prière avec lui ? ». Merci frères et sœurs, de m’accompagner ! Je ne pouvais pas ne pas venir ici pour vénérer la Vierge Mère et lui confier ses fils et ses filles. Sous son manteau ils ne se perdent pas ; de ses bras viendront l’espérance et la paix dont ils ont besoin, et que je demande pour tous mes frères dans le baptême et en humanité, en particulier pour les malades et les personnes avec handicap, pour les détenus et les chômeurs, pour les pauvres et les personnes abandonnées. Chers frères, prions Dieu dans l’espérance que les hommes nous écoutent ; et adressons- nous aux hommes avec la certitude que Dieu nous porte secours.

En effet, il nous a créés comme une espérance pour les autres, une espérance réelle et réalisable selon l’état de vie de chacun. En “demandant” et “exigeant” de chacun de nous l’accomplissement de son devoir d’état (Lettre de Sœur Lucie, 28 février 1943), le ciel déclenchait une vraie mobilisation générale contre cette indifférence qui nous gèle le cœur et aggrave notre myopie. Nous ne voulons pas être une espérance avortée ! La vie ne peut survivre que grâce à la générosité d’une autre vie. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12,24), a dit et fait le Seigneur qui nous précède toujours. Quand nous passons par quelque croix, il y est déjà passé en premier. Ainsi nous ne montons pas sur la croix pour trouver Jésus ; mais c’est lui qui s’est humilié et qui est descendu jusqu’à la croix pour nous trouver et, en nous, vaincre les ténèbres du mal et nous reconduire à la lumière.

Sous la protection de Marie, nous sommes, dans le monde, des sentinelles du matin qui savent contempler le vrai visage de Jésus Sauveur, celui qui brille à Pâques, et redécouvrir le visage jeune et beau de l’Eglise, qui resplendit quand elle est missionnaire, accueillante, libre, fidèle, pauvre en moyens et riche d’amour.