Aujourd’hui nous célébrons la fête de la bienheureuse Kateri Tekakwitha.
Voici la réflexion du Père Thomas Rosica, csb, en honneur de cette fête:
Lors des Journées Mondiales de la Jeunesse en 2002 à Toronto, il y a 10 ans, le bienheureux Jean-Paul II s’est adressé aux milliers de Jeunes rassemblés sur la base militaire, à Downsview, le dimanche 28 Juillet 2002, durant la messe qui clôturait cette rencontre bénie :
« Dans les moments difficiles de l’histoire de l’Eglise, le devoir de la sainteté devient encore plus urgent. Et la sainteté n’est pas une question d’âge. La sainteté, c’est vivre dans l’Esprit Saint, comme l’ont fait Kateri Tekakwitha, ici en Amérique, et de nombreux autres jeunes. »Pour ses dernières JMJ, le bienheureux JP II a choisi une jeune femme amérindienne, une des neuf jeunes saints et bienheureux qu’il a offerts au Canada en tant que patrons des JMJ 2002, comme modèles de sainteté, de bonté, d’humanité pour des millions de jeunes qui étaient et restent partie prenante de la grande aventure des JMJ. La vie de Kateri est une curieuse histoire. Nous avons peu de paroles d’elle dans ses biographies. Qu’est-ce qui a poussé Kateri à être baptisée? Quelle fut la source de son amour de Jésus-Christ et de l’Église? Comment la vie de cette amérindienne du 17e siècle peut-elle parler aujourd’hui à la société, à la culture contemporaine et à l’Église.
Comment sa foi et sa canonisation guériront-elles les peuples des Premières Nations, meurtris par les histoires d’abus, d’oppression et de discorde?Réfléchissons à la vie de la future sainte Kateri Tekakwitha, pour voir ce qu’elle peut effectivement nous offrir. Son histoire nous est racontée dans des biographies vieilles de plusieurs centaines d’années, écrites par deux pères jésuites qui la connaissaient et priaient avec elle alors qu’ils étaient responsables de la mission Kahnawake, les pères Pierre Cholenec et Claude Chauchetière. Leurs témoignages écrits mettent en valeur la vie vertueuse de Kateri, son vœu de chasteté, la haine du péché et de soi-même, et ses pratiques extrêmes de repentance jusqu’à sa mort à l’âge de 24 ans.
Kateri Tekakwitha, connue comme le “Lys des Mohawks” et la “ Geneviève de la Nouvelle France” est née en 1656 à Ossernenon, un village Iroquois sur la rivière Mohawk, dans ce qui est l’état de New York. Ce lieu est connu aujourd’hui sous le nom d’Auriseville, New York. Son nom iroquois Tekakwitha est souvent prononcé tek’u-kwith’u. Le père de Tekakwitha était un chef Mohawk et sa mère une algonquine catholique.
Alors que Tekakwitha a quatre ans, son village fut ravagé par la variole, emportant ses parents et son frère bébé et la laissant orpheline. La variole a laissé des traces sur son visage, et a sérieusement altéré sa vue. Bien que gravement affaiblie, traumatisée et partiellement aveugle, Tekakwitha a survécu et fut adoptée par ses deux tantes et son oncle, un chef Mohawk. La famille quitta son village et construisit un nouvel hameau, appelé Caughnawaga, à 5 miles au nord de la rivière Mohawk, qui est aujourd’hui à Fonda, dans l’état de New York.
Tekakwitha n’a pas été baptisée très jeune, pourtant elle avait de tendres souvenirs de sa chère et priante mère et des récits de la foi catholique que sa mère partageait avec elle durant son enfance. Ces souvenirs sont restés imprégnés dans son esprit et son cœur et ont influencé la suite de sa destinée. Elle allait souvent seule dans les bois pour parler à Dieu et l’écouter dans son cœur.
Lors des dix-huit ans de Tekakwitha, le père de Lamberville, missionnaire jésuite, vint à Caughnawaga, et fonda une chapelle. Son oncle n’aima pas « la robe noire », et son étrange religion, mais il toléra la présence du missionnaire. Kateri se souvenait vaguement des prières murmurées par sa mère, et était fascinée par les nouvelles histoires qu’elle entendait sur Jésus-Christ. Elle voulut en savoir plus sur Lui et devenir chrétienne. Le jésuite persuada l’oncle de la jeune fille de permettre à Tekakwitha de suivre les cours d’instruction religieuse. La fête de Pâques suivante, à 20 ans, Tekakwitha fut baptisée. Elle reçut le nom de Kateri, qui veut dire Catherine en mohawk.
Tekakwitha en Iroquois signifie “Une qui place des choses en ordre”, «Mettre tout en place. » [Read more...]




