CECC 2017: Homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix cathédrale Notre-Dame d’Ottawa

Vous trouverez ci-dessous le texte complet de l’homélie du Cardinal Gérald Cyprien Lacroix lors de la Messe de la Fête des saints Martyrs canadiens et de consécration des diocèses du Canada au Coeur Immaculé de Marie. Cette célébration réunissait en la Basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa, les évêques du Canada lors de l’Assemblée plénière annuelle. Elle fut notamment célébrée lors du 150e anniversaire de la Confédération du Canada et le 50e anniversaire de Développement et Paix :

« Vivre habités par l’esprit du Verbe incarné »

Chers frères et sœurs, Dear brothers and sisters,

Dans une lettre à son fils Claude à l’automne 1649, sainte Marie de l’Incarnation écrit ces lignes au sujet des jésuites, martyrs canadiens : «Ils avaient l’esprit du Verbe incarné. C’est cet esprit qui fait courir par terre et par mer les ouvriers de l’Évangile et qui les fait martyrs vivants avant que le fer et le feu ne les consument1. » (Sainte Marie de l’Incarnation, Lettre à son fils Claude, 1649, CXXIII.)  Des martyrs vivants… c’est-à-dire, des disciples de Jésus qui ont déjà donné leur vie pour le Christ et pour l’avancement du Royaume de Dieu dans ce pays en train de naître, sans attendre le moment du témoignage ultime par le martyre pour être livrés au Christ.

Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Dans notre spiritualité chrétienne, la mort et la vie se côtoient. Et la mort n’a pas eu le dernier mot car le Christ est ressuscité au troisième jour. Le mystère pascal est le cœur de notre foi, la fondation sur laquelle est bâtie toute notre vie. C’est cette espérance fiable qui permet d’aller jusqu’au bout dans l’amour. Le Père Christophe de Tibhirine, ce moine cistercien assassiné en Algérie et dont le film Des hommes et des dieux a ravi la planète disait peu de temps avant son martyre : « Je suis ressuscité, je peux mourir. » Les saints martyrs canadiens étaient certainement habités par cette conviction profonde, dans la foi, que leur vie porterait du fruit parce qu’elle était livrée et donnée, en profonde communion avec leur Sauveur, Jésus Christ.

Saint John Paul II at the Canadian Shrine of the North American Martyrs in 1984 during his first visit to Canada said:

« They, like Paul, had come to consider the love of Christ as the greatest of all treasures. And they, too, believed that the love of Christ was so strong that nothing could separate them from it, not even persecution and death. The North American Martyrs, then, gave up their lives for the sake of the Gospel – in order to bring the faith to the native people whom they served ».

Today, as we come together in our nation’s capital to celebrate the Holy Eucharist, we give thanks to the Lord for the many saints, holy men and women who, like the Canadian Martyrs, came to the New World, bringing with them the Good News of Jesus Christ. We can literally say that our country was founded by saints. The Gospel they brought from Europe was not only in Bibles and in books; it was deeply rooted in their lives. They were bearers of the Good News. And that is why they were able to witness faithfully and persevere in the midst of many trials.

It is good to recall our roots as we celebrate the 150th Anniversary of Confederation of Canada. Jean Vanier, a great Canadian, had this to say about this year’s celebration: « There is something wonderful in the celebration of Canada, to celebrate faith. Faith is that belief that every person – whatever the culture, whatever the religion – is important, and to enter into a relationship with that person. And not just to see them as citizens of the same country, but as brothers and sisters in humanity. In my Christian faith, obviously, to love God and to love neighbor is somewhere at the heart of everything. […] We can come from different faiths, but there’s that belief that you, a Canadian, you’re more beautiful than you dare imagine ».2 (Jean Vanier, message vidéo : http://www.faithincanada150.ca)

Je suis convaincu que ces paroles résonnent encore au plus profond du cœur d’un grand nombre de canadiens et de canadiennes. L’Évangile est cette source inépuisable où nos saints fondateurs se sont abreuvés et où nous-mêmes pouvons encore y puiser pour trouver la lumière, la force et le courage de poursuivre la mission d’évangélisation avec ardeur. Cette source coule toujours. Elle nous offre l’eau vive de la vie en abondance.

Jésus dit encore : « Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » « Se détacher » de sa vie signifie être prêt à prendre des risques pour l’amour de Celui qui est la Vie. Si l’Évangile est proclamé ici en Amérique du Nord depuis plus de quatre siècles, c’est précisément à cause d’hommes et de femmes, des amoureux de la Vie, qui ont osé tout donner pour la mission. À la base de l’œuvre d’évangélisation chez nous, il y a un témoignage de foi profonde vécue souvent dans l’héroïcité.

C’est parce que nous aimons la vie et que nous sommes en relation avec Celui qui est la Vie que nous pouvons en arriver à vouloir, comme Lui, livrer la nôtre, la donner par amour et nous associer à son œuvre de salut.

Notre cher pape émérite Benoît XVI écrivait dans son encyclique sur l’espérance : « Celui qui est touché par l’amour commence à comprendre ce qui serait précisément ‟vie”. Il commence à comprendre ce que veut dire la parole d’espérance que nous avons rencontrée dans le rite du Baptême : de la foi j’attends la ‟vie éternelle” – la vie véritable qui, totalement et sans menaces, est, dans toute sa plénitude, simplement la vie. Jésus, qui a dit de lui-même être venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en plénitude, en abondance (cf. Jn 10, 10), nous a aussi expliqué ce que signifie ‟la vie” : ‟La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ” (Jn 17, 3). La vie dans le sens véritable, on ne l’a pas en soi, de soi tout seul et pas même seulement par soi : elle est une relation. Et la vie dans sa totalité est relation avec Celui qui est la source de la vie. Si nous sommes en relation avec Celui qui ne meurt pas, qui est Lui-même la Vie et l’Amour, alors nous sommes dans la vie. Alors nous ‟vivons”3. » (Benoît XVI, Spe Salvi, no 27.)

A Christian who maintains and nourishes a meaningful relationship with the Lord of Life necessarily learns to open his heart to others, to the men and women with whom he shares his life on this earth. It is the great commandment inherited from the Old Testament that Jesus puts in center stage in his teaching: the love of God and the love of neighbor. Pope Francis writes in his Apostolic

Exhortation, The Joy of the Gospel: « The Church, guided by the Gospel of mercy and by love for mankind, hears the cry for justice and intends to respond to it with all her might. In this context we can understand Jesus’ command to his disciples: “You yourselves give them something to eat!” (Mk 6:37): it means working to eliminate the structural causes of poverty and to promote the integral development of the poor, as well as small daily acts of solidarity in meeting the real needs which we encounter. The word ‘solidarity’ is a little worn and at times poorly understood, but it refers to something more than a few sporadic acts of generosity. It presumes the creation of a new mindset which thinks in terms of community and the priority of the life of all over the appropriation of goods by a few ».4 (Francis, EG, no 188)

Au Canada, c’est l’organisme Développement et Paix qui, depuis cinquante ans, porte de façon spéciale cette mission. Fondée par la Conférence des évêques catholiques du Canada, Développement et Paix a soutenu des milliers d’initiatives locales dans des domaines comme l’agriculture, l’éducation, l’action communautaire, la consolidation de la paix et la défense des droits humains dans soixante-dix pays. Il appuie les femmes dans leur recherche de justice sociale et économique.

Aujourd’hui, en ce jubilé d’or, nous rendons grâce à Dieu pour tant de personnes qui ont œuvré et qui continuent d’être engagées pour bâtir un monde plus juste. À ce moment de l’histoire où la paix est si menacée et que grondent les bruits de guerre à plusieurs endroits sur notre terre, les paroles prophétiques du bienheureux pape Paul VI résonnent avec encore plus d’actualité : « Le développement est le nouveau nom de la paix 5. » (Paul VI, Populorum progressif, no 87)

Puisque nous voulons vivre pleinement notre vocation de baptisés et notre mission au cœur du monde de notre temps, nous, les évêques catholiques du Canada, avons décidé de consacrer nos communautés diocésaines et notre pays au Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie, comme l’ont fait les missionnaires jésuites, aux premières heures de l’évangélisation en Nouvelle- France. Prière empreinte de foi et de confiance en la Mère de notre Sauveur, Jésus Christ. Comme l’affirme le pape François : « Nous la supplions (la Vierge Marie) afin que, par sa prière maternelle, elle nous aide pour que l’Église devienne une maison pour beaucoup, une mère pour tous les peuples, et rende possible la naissance d’un monde nouveau 6. » (François, EG, no 288)

By this prayer of consecration to the Blessed Virgin Mary, we pray that our country may be protected from the horrors of war and that our people may be more open to welcome into their lives the Good News which is not a doctrine or a philosophy, but is Someone: Jesus Christ. We also pray that we may become missionary disciples, available and willing to share the treasure of our faith.

En communion avec tous les frères et sœurs qui se joignent à nous dans la prière aujourd’hui, présents ici en cette Basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa ou encore grâce à la Télévision Sel & Lumière, supplions notre Dieu par l’intercession de la Vierge Marie, des saints martyrs canadiens et de tous les saints et saintes de notre pays, d’envoyer sur nous un nouveau souffle de Pentecôte pour un renouveau en profondeur de notre foi et un accroissement de notre zèle apostolique et missionnaire.

C’est l’heure d’évangéliser pour que la joie de l’Évangile rayonne partout dans ce grand pays ! C’est ce que nous avons de meilleur à offrir au peuple canadien que nous aimons tant et dans lequel nous sommes engagés à vivre et servir.

Saint frère André – Canada 150

Frère André, né Alfred Bessette, est une figure historique au Canada et même au-delà des frontières. Fondateur du très célèbre Oratoire Saint-Joseph de Montréal, ce religieux toujours proches des malades a été canonisé en 2010 par Benoit XVI. Découvrez ici son portrait.

150e du Canada: Portrait de Sir George-Étienne Cartier

Sir George-Étienne Cartier (1814-1873), premier Baronet, était un homme d’État canadien français PC et un des pères de la Confédération canadienne. Né dans une famille de marchands, septième de huit enfants, George-Étienne Cartier a obtenu une éducation catholique chez les Sulpiciens à Montréal. Avocat de profession, son engagement politique a fait de lui un  «patriote» puis un « père de la Confédération ».

Après sa mort, John A. Macdonald a déclaré à son propos: « Si ce n’était de George-Étienne Cartier, il n’y aurait pas de Confédération ». Même aujourd’hui, les Canadiens peuvent s’inspirer de son engagement pour l’unité et de sa volonté de construire des ponts entre les différentes communautés.

Pourquoi les catholiques devraient-ils célébrer des anniversaires ?

Le 150e du Canada, le 375e de Montréal, le 409e du Québec… Voici des dates qui nous rappellent de nos racines, qui célèbrent nos réussites et qui remercient nos ancêtres. Ma mère me rappelle toujours lors de mon anniversaire qu’elle a souffert pendant plus de dix heures quand elle m’a donné naissance. Ces dix heures ont probablement été le moment le plus mémorable de sa vie. Ainsi, je suis venu dans ce monde.

Récemment, le mot pro-vie semble apparaitre de plus en plus dans l’actualité. Les gens l’associent souvent à l’avortement, à l’euthanasie ou aux moyens de contraception. En fait, pour les catholiques, tous les sujets qui peuvent être liés à la protection de la vie devraient être un enjeu pro-vie. Par exemple, la régulation de la circulation a été créée afin de protéger les vies sur la route, par conséquent, c’est aussi un sujet pro-vie.

Je pense définitivement que Dieu a créé le Canada, Montréal, le Québec, mes parents, la chaine de télévision « Sel et lumière » et toutes les choses qui m’entourent par amour. Il m’aime, non seulement moi, mais toutes les vies, parce qu’il est pro-vie !

UNE PETITE HISTOIRE DE LA NAISSANCE D’UNE COMMUNAUTÉ

L’année 2017 est non seulement le moment de célébrer le 150e anniversaire du Canada, mais également le temps de célébrer le 100e anniversaire de ma première paroisse, la Mission catholique chinoise de Montréal. Selon un manuscrit de feu du père Eugene Berichon, la communauté chinoise était présente à Montréal bien avant la création de la paroisse, soit en 1863. En 1902, un prêtre anglais très dévoué, le père Martin Gallagham, après avoir pris sa retreat, a commencé à jouer le violon sur un coin au quartier chinois de Montréal pour la communauté chinoise. Au fur et à mesure il a commencé à servir la communauté et en deux ans, il a baptisé 58 Chinois, selon le registre de baptême de la basilique Saint-Patrick. Tous les baptisés étaient entre les âges de 18 et 49 ans.

Le 1er juillet 1917, Romeo Caille a été ordonné prêtre dans la chapelle des Sœurs missionnaires de l’Immaculée-Conception et de nombreux leaders chinois ont été invités à la cérémonie. Juste après son ordination, le père Caille a été nommé desservant responsable de la communauté chinoise par l’archevêque. La mission de la communauté catholique chinoise de Montréal a décollé à ce moment-là.

Fr. Thomas Tou

Père. Thomas Tou – Le premier prêtre chinois envoyé à Rome pour servir la communauté chinoise au Canada

Par la Providence de Dieu, en 1956, l’archevêque de Montréal, Mgr P.-E. Léger, est allé à Rome pour faire une demande d’un prêtre chinois pour la communauté montréalaise. À cette époque, le père Thomas Tou venait de terminer sa thèse et attendait de retourner en Chine. Par conséquent, son nom a été donné à la Congrégation de Propagande Fide. Il avait été envoyé à Rome dans l’espérance qu’un jour la Chine deviendrait un pays libre et il pourrait servir en Chine immédiatement. (En 1949, le gouvernement chinois a préconisé l’athéisme et beaucoup de missionnaires en Chine ont été arrêtés, emprisonnés et ensuite expulsés). Rome a par la suite envoyé le père Thomas Tou au Canada. Il est devenu le premier prêtre chinois envoyé à Rome pour servir la communauté chinoise au Canada.

Quelques années plus tard je me suis engagé dans la communauté et y a servi pendant dix ans en tant que leader de la jeunesse. J’ai beaucoup appris dans cette communauté au niveau spirituel. Le 1er juillet 2017, la Mission catholique chinoise de Montréal a célébré son 100e anniversaire. Père Thomas Tou, âgé de 95 ans, est également venu à la célébration.

RENDRE GRÂCE

Quand je regarde le passé, je vois comment Dieu m’a offert un pays paisible pour vivre, comment il a préparé toute la communauté pour m’aider à grandir dans ma foi, et comment il a créé mes bons parents et m’a tant donné même avant ma naissance. Merci Dieu. Je voudrais également remercier notre pape Grégoire XIII qui a créé le calendrier grégorien. Grâce à lui, nous pouvons continuer à célébrer des dates importantes afin de nous rappeler nos racines et de remercier Dieu. Joyeux 150e anniversaire du Canada et joyeux 100e anniversaire de la MCCM !

Pour plus d’informations sur la Mission catholique chinoise de Montréal, consultez le lien suivant : montrealchinesecatholic.ca


Billy

Billy Chan, ancien animateur radio et orateur stimulant, a passé les dix dernier années en travaillant avec des jeunes à Montrèal. Il aime utiliser l’humour pour partager sa relation avec Dieu. Dans son blogue, vous trouverez des réflextions sur son expérience auprès des jeunes.


L’entrevue avec le Père Thomas Tou

Frère André : un exemple de vie chrétienne, en toute simplicité

Le 150ème anniversaire du Canada nous invite à célébrer l’histoire du pays. Et plus encore, il nous pousse à faire mémoire de ceux qui lui ont tant apporté. Frère André est de ceux-là. Plus qu’une figure historique pour le pays, c’est un saint dont la réputation dépasse largement nos frontières.

La vie de frère André, né Alfred Bessette, commence en 1845 dans une famille pauvre du Québec. Huitième d’une famille de treize enfants, il devient orphelin dès l’âge de 12 ans.

Il passe sa jeunesse en s’essayant à plusieurs métiers, comme boulanger ou cordonnier, mais aucune de ces expériences ne lui offre un avenir intéressant, à cause notamment de ses problèmes de santé.

De 18 à 22 ans, malgré son manque d’instruction, il part travailler aux États-Unis où il est embauché dans les filatures de coton, jusqu’à son retour au pays, en 1867, lorsqu’est proclamée la confédération canadienne.

En connaissant très tôt la souffrance et la pauvreté il se réfugie dans la prière, et sa vie intérieure est intense, si bien qu’il discerne sa vocation à l’âge de 25 ans , avec l’aide de son curé le père André Provençal, dont il prendra le nom en rentrant à la congrégation de Sainte-Croix de Montréal en 1870.

Le jeune religieux se voit alors confier  la fonction de portier du collège Notre-Dame, où se trouve le noviciat de la Congrégation, mais il fait également office d’infirmier auprès des malades.

Avec eux, frère André prend le temps de prier. Lui qui voue une dévotion particulière à Saint Joseph, il donne aux malades quelques gouttes d’huile d’olive, qui brûle devant la statue de saint Joseph, dans la chapelle du collège. Et c’est ainsi que de plus en plus des personnes disent avoir été guéries ou soulagées.

Venant de plus en plus nombreux, les malades  sont alors reçus dans un abri construit en face du collège, où frère André les emmène prier devant une statue de saint Joseph, installée sur le mont Royal. Là,  il fait construire une chapelle, qui se transformera en basilique, pour devenir ce que nous connaissons aujourd’hui : le célèbre Oratoire Saint-Joseph.

Les malades ne viennent plus seulement du Québec, mais aussi de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick, de l’Ouest canadien et des États-Unis.

Le religieux, pourtant, ne se réclame d’aucun miracle, ni d’aucune vision, mais seulement de sa dévotion à saint Joseph. Et à cette ferveur particulière s’ajoute l’amour de Dieu, la fidélité à l’Évangile, ainsi qu’un culte à la sainte Famille et au Sacré-Cœur.

Son charisme, son sourire et son humour simple savaient gagner les plus indifférents. L’homme faisait preuve d’une charité sans limites, en accueillant tous les malheureux, riches ou pauvres, quelle que soit leur religion. Et lorsque les malades ne pouvaient pas se déplacer, c’est lui qui allait vers eux.

Avant sa mort, frère André était déjà la figure emblématique de l’Oratoire Saint-Joseph dont il était le gardien fidèle. Il y fut témoin d’innombrables guérisons et conversions. Et quand on lui attribuait les mérites des faveurs obtenues, il répondait : « ce n’est pas moi qui guéris. C’est saint Joseph. » Et à ceux qui venaient le visiter il disait « ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves, demandez plutôt la grâce de bien les supporter.»

Frère André est mort le 6 janvier 1937, et plus d’un million de personnes sont venues pour lui rendre hommage, le pleurer et prier auprès de lui. Il a été déclaré bienheureux en 1982 par le pape Jean-Paul II et canonisé en octobre 2010 par Benoît XVI. Sa fête est célébrée le 9 août.

plus de vidéos sur le 150ème anniversaire du Canada ici

« Ô Canada », un hymne à redécouvrir !

Les étrangers s’étonnent parfois d’entendre l’hymne de notre pays chanté dans deux langues différentes, l’anglais et le français. Ils seraient sans doute encore plus surpris de savoir que les paroles de l’un et de l’autre ne correspondent pas.  En effet, l’hymne canadien, le maintenant très connu « Ô Canada », est bien connu en sa qualité de composition musicale par Calixa Lavallée. Il l’est un peu moins en ce qui a trait aux paroliers.

Fruit d’une commande du Lieutenant-gouverneur du Québec de l’époque, Son honneur Théodore Robitaille, ce chant fut entonné pour la première fois lors du Congrès catholique canadien-français, le 24 juin 1880.  Composé par le juge et poète Adophe-Basile Routhier, l’hymne fut écrit avec la ferme intention de devenir l’hymne officiel du Canada français. Avec, comme le dit Brian Christopher Thompson, l’intention « de créer un chant national qui avait la dignité du « God Save the Queen », l’hymne était alors entonné lors de tous les événements publics au Canada à l’époque ». Contrairement à la version anglophone dont les paroles reçurent plusieurs moutures au cours de l’histoire, la version française est toujours restée la même. Suivant un parcours sinueux, l’hymne « Ô Canada » reçut finalement la sanction royale le 27 juin 1980, presque cent ans après son écriture !

Si ce n’est de certaines formulations dont le langage nous apparaît quelque peu étranger, l’intégralité de l’hymne Canadien mérite d’être médité et chanté encore aujourd’hui.

Le « Ô Canada, Terre de nos aïeuls » est d’une beauté sublime et peut être une grande source de fierté, spécialement pour nous catholiques puisqu’il fait directement écho à notre foi. En effet, l’hymne national nous invite à faire mémoire de ceux qui nous précédés, de « nos aïeux » qui ont su bâtir ce pays. Loin de se laisser décourager par les nombreux obstacles qu’ils ont rencontrés sur leur route, nos ancêtres ont su manifester un courage et une ferveur semblables à toute grande nation. Du récit de ce passé aux principes ayant dirigé son histoire, l’hymne ne saurait être complet sans cet appel à l’engagement, à la mission que représente la construction d’un si jeune pays.

Dans son discours lors de la cérémonie de bienvenue à Toronto pour la 17e journée mondiale de la Jeunesse le 23
juillet 2002, saint Jean-Paul II s’exprimait en ces termes:

«3. Dans la version francophone de votre hymne national «Ô Canada», vous chantez: «Car ton bras sait porter l’épée, il sait porter la croix». Les Canadiens sont les héritiers d’un humanisme extraordinairement riche, grâce à l’association de nombreux éléments culturels divers. Mais le noyau de votre héritage, c’est la conception spirituelle et transcendante de la vie, fondée sur la Révélation chrétienne, qui a donné une impulsion vitale à votre développement comme société libre, démocratique et solidaire, reconnue dans le monde entier comme un chantre des droits de la personne humaine et de sa dignité.»

Commémorer le 150e du Canada n’est pas seulement un devoir de citoyen. C’est aussi la possibilité d’avoir accès à des témoins et des modèles pour nous qui sommes héritiers de ce patrimoine. À ces personnes qui, de par leur vie même, furent les instruments de Dieu, et envers lesquelles nous sommes infiniment redevables encore aujourd’hui.

-1-

Ô Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l’épée,
Il sait porter la croix!
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protègera nos foyers et nos droits.
Protègera nos foyers et nos droits.

-2-

Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant.
Il est d’une race fière,
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l’honneur de son drapeau,
Il gardera l’honneur de son drapeau.

-3-

De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l’auréole de feu.
Ennemi de la tyrannie Mais plein de loyauté.
Il veut garder dans l’harmonie,
Sa fière liberté;
Et par l’effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité.
Sur notre sol asseoir la vérité.

-4-

Amour sacré du trône et de l’autel,
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel!
Parmi les races étrangères,
Notre guide est la loi;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la foi.
Et répétons, comme nos pères
Le cri vainqueur : Pour le Christ et le roi,
Le cri vainqueur : Pour le Christ et le roi.

 

Marie de l’Incarnation : « Mère de l’Église au Canada »

Le 150ème anniversaire du Canada invite chacun à s’interroger sur l’identité du pays, et à se replonger dans son histoire. Si la Constitution canadienne est entrée en vigueur il y a 150 ans, le 1er juillet 1867, l’histoire du Canada est bien plus ancienne, comme en témoignent les peuples autochtones qui habitent ce territoire depuis des milliers d’années.

Progressivement, des hommes et des femmes sont venus habiter ces terres en construisant ce pays qui n’a cessé d’évoluer au gré des vagues d’immigration. Au XVIème siècle, ce sont les français qui ont commencé à coloniser les rives du Saint-Laurent, sur un territoire qu’ils ont nommé la Nouvelle-France.

Parmi les missionnaires arrivés sur ces terres depuis la France, on peut mentionner deux figures importantes canonisées en 2014 par le pape François : François de Laval, dont nous avons déjà parlé dans un précédent article, et Marie de l’Incarnation, dont la vie est intimement liée à l’histoire de la Nouvelle-France.

Née à Tours (France) en 1599, mariée et mère d’un enfant,  Marie devient veuve après la mort prématurée de son époux alors qu’elle n’avait que 19 ans. Tout en veillant à donner à son fils une éducation solide elle ressent un appel à devenir religieuse. Elle rentre alors au couvent des Ursulines, à Tours, et prononce ses vœux à 34 ans, sous le nom de Marie de l’incarnation. Un nom qui déjà en dit long sur sa mission et sa spiritualité.

A la veille de ses 40 ans, après avoir lu les Relations des Jésuites sur le Canada, la religieuse ressent un vif désir de venir en Nouvelle-France. En  débarquant à Québec, accompagnée de deux autres sœurs ursulines, elle devient ici la première religieuse missionnaire, et fonde en 1639 un couvent, fruit de nombreux sacrifices. La demeure brûle 12 ans plus tard et c’est un véritable coup dur pour les sœurs, qui dans un acte de foi à la divine Providence, parviennent à le reconstruire.

Malgré le poids des responsabilités de cette fondation mère Marie s’engage corps et âme dans l’éducation auprès des filles françaises et des autochtones dont elle apprend les langues. Elle compose des dictionnaires en différentes langues et rédige notamment un catéchisme en iroquois.

Son dévouement dans l’éducation des jeunes filles la rend très populaire et de nombreux visiteurs lui rendent visite pour lui demander des conseils. Si bien qu’à l’époque on disait que sans Marie de l’Incarnation, et ses sœurs ursulines, la ville de Québec et la Nouvelle-France auraient difficilement tenu le coup.

Avant de mourir, Marie de l’Incarnation a pu  donner l’habit religieux à plusieurs canadiennes de naissance venues prendre la relève. Elle meurt à Québec, à 72 ans, en laissant à ce pays et cette Église l’héritage que nous connaissons aujourd’hui. Elle est proclamée par Jean-Paul II,  lors de sa béatification en 1980, Mère de l’Église au Canada.

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François de Laval : un « géant » de la foi

Dans le contexte 150ème anniversaire du Canada, nous avons l’occasion de nous arrêter sur celles et ceux qui ont façonné ce grand pays tout au long de l’histoire.

Parmi ces grandes figures on retiendra ici saint François de Laval, car il est le premier évêque de Québec, et plus largement le fondateur de l’Église en Amérique du Nord.

Envoyé en Nouvelle-France au XVIIème siècle comme vicaire apostolique, ce missionnaire français arrive à Québec en 1659. Il participe activement au développement de la Nouvelle-France, notamment dans les domaines religieux et politiques.

Héritier du Concile de Trente dont il s’inspire ardemment, Mgr de Laval entreprend de grands travaux, en faveur notamment de l’instruction des jeunes et de la formation des prêtres. Il créé le séminaire de Québec, une communauté de prêtres chargés de la formation des futurs clercs afin d’assurer l’évangélisation de ce nouveau pays. Il fonde la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, église mère de toutes les autres dans cette région du monde, première paroisse américaine au nord des colonies espagnoles.

Attaché aux peuples amérindiens, il défend courageusement leur dignité en s’opposant au commerce de l’eau-de-vie, vendue aux autochtones pour mieux les exploiter. Détaché des biens matériels, il donne aux pauvres tout ce qu’il possède. Voyageur infatigable, il revient quatre fois en France pour y trouver des ressources humaines et financières. Il parcourt son diocèse à pied, en raquette, et en canot pour visiter ses fidèles aux périphéries.

Moderne, Mgr de Laval a fondé une Église nouvelle dans un pays neuf, en adaptant l’organisation ecclésiale à un contexte de mission et d’évangélisation. Ses œuvres sont nombreuses et son héritage est précieux.

Sa vie est un don total à Dieu et un abandon à la divine providence. Pour lui, la désappropriation n’est autre chose que l’Évangile vécue dans toute sa radicalité.

Saint François de Laval, ce « géant de la foi », selon son successeur le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, actuel archevêque de Québec, meurt à l’âge de 85 ans dans son propre diocèse à Québec.

Il a été canonisé par le pape François en avril 2014, et l’Église universelle célèbre sa fête le 6 mai.

 

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Canada 150 : Sous le regard de Marie

« À l’homme d’aujourd’hui souvent tiraillé entre l’angoisse et l’espérance, prostré par le sentiment de ses limites et assailli par des aspirations sans bornes, troublé dans son âme et déchiré dans son cœur, l’esprit obsédé par l’énigme de la mort, oppressé par la solitude alors qu’il tend vers la communion, en proie à la nausée et à l’ennui, la Vierge Marie, contemplée dans sa vie terrestre et dans la réalité qu’elle possède déjà dans la Cité de Dieu, offre une vision sereine et une parole rassurante : la victoire de l’espérance sur l’angoisse, de la communion sur la solitude, de la paix sur le trouble, de la joie et de la beauté sur le dégoût et la nausée, des perspectives éternelles sur les perspectives temporelles, de la vie sur la mort » (Bienheureux Paul VI, Exhortation apostolique Marialis Cultus, 57).

À l’occasion du 150e anniversaire du Canada, des évêques canadiens ont consacré chacun de leur diocèse au Cœur immaculé de la Vierge Marie, le 1er juillet. Ils consacreront, tous ensemble, le pays en entier lors de leur Assemblée Plénière en septembre prochain.

Mais le Canada a déjà été consacré à la Vierge à deux reprises. C’est arrivé pour la première fois en 1947 pendant le Congrès Marial à Ottawa. C’était d’ailleurs l’un des plus grands rassemblements religieux en Amérique du nord à l’époque. C’est arrivé une deuxième fois en 1954 lors de l’Année Mariale, ouverte le 8 décembre, soulignant le centenaire du dogme de l’Immaculée Conception.

C’est mystérieux, quand même, toute cette affaire de consécration ! Elle ne concerne pas que les évêques. En réalité, la consécration du pays à Marie est un cadeau pour toute l’Église canadienne, pour tous les fidèles, et une invitation qui nous est lancée d’y prendre part ! La Conférence des évêques catholiques du Canada a préparé une ressource précieuse pour comprendre en quoi consiste cette consécration au Cœur immaculé de Marie.

CONSACRÉS

Avant de parler de Marie ou d’une consécration à Marie, il faut comprendre ce que signifie « être consacrer ». Et cela veut dire, retourner à la base. En tant que baptisé, chacun de nous est consacré du point de vue de Dieu. C’est Lui qui nous consacre, qui nous adopte comme ses enfants et nous « confère sa sainteté de vie et d’amour » (CEC 1266). Nous sommes aussi consacrés en choisissant de participer à cette vie d’amour. « Un acte personnel de consécration est un moyen de mieux nous approprier notre appel chrétien et de continuer de demeurer dans la grâce de Dieu » (CECC, Consécration du Canada à la Bienheureuse Vierge Marie, Suggestions de catéchèse des adultes, p.2).

POURQUOI MARIE?

Elle est modèle de sainteté. Marie a une place essentielle dans la tradition chrétienne, et a joué un rôle décisif dans l’histoire du salut. Par son « oui » inconditionnel, elle a répondu librement à la volonté de Dieu, de porter en elle et de donner au monde Jésus, Seigneur et Sauveur de l’humanité. Par son « oui », elle a continué tout au long de sa vie de « marcher sur les traces du Christ ». Marie est devenue non seulement la Mère de Dieu, elle est aussi devenue la première disciple et la Mère de toute l’Église.

En 1954, lors de la dernière consécration du pays à la Vierge Marie, les évêques du Canada ont expliqué que « la vraie dévotion à Marie exalte ‘la bassesse d’une servante’ (Luc 1, 48), et propose l’idéal d’une humanité librement et filialement soumise à l’action divine. C’est pourquoi notre génération qui assiste à la révolte de l’homme contre Dieu, se tourne vers la sainte Vierge avec une si ardente inclination » (CECC, Consécration du Canada à la Bienheureuse Vierge Marie, Suggestions de catéchèse des adultes, p.3).

Alors, en tant que Mère de l’Église, elle intercède pour nous. Elle ne cesse de participer à l’action salvifique de Jésus dans le monde. C’est pourquoi nous pouvons lui présenter nos demandes personnelles ainsi que celles de notre pays.

DES GRÂCES POUR LE PAYS

Consacrer le Canada à la Vierge Marie est donc un engagement de la part de l’Église au Canada et de ses membres, remis à Dieu, afin de plus lui appartenir et d’être davantage ouvert à sa grâce.

Les évêques veulent particulièrement confier au Cœur immaculé de la Vierge, la protection du pays, des familles canadiennes et de la vie humaine. Ils souhaitent aussi la grâce de pouvoir répondre de manière juste aux changements sociaux et, pour que ce pays soit disposé à entendre, accueillir et répondre au message de l’Évangile.

PRIÈRE DE CONSÉCRATION DU CANADA AU CŒUR IMMACULÉ

Marie notre Mère, puisse la Croix de ton Fils, plantée en sol canadien et dans les cœurs des Canadiens et Canadiennes, être reconnue comme l’Arbre de vie, dont les fruits sont visibles et accessibles à chacune et à chacun dans le jardin de ce monde.

Nous plaçons notre pays, le Canada, dans le sanctuaire de ton Saint Cœur parce que nous savons que nous y trouverons Jésus, qui vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

La carte de prière personnelle pour la consécration au Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie peut être commandée auprès des Éditions de la CECC.

POUR APPROFONDIR

Consultez ce document en format PDF de la CECC pour plus d’informations  et approfondir votre réflexion.

Le saint patron du Canada: un héritage caché

Saint Joseph avec l’Enfant Jésus de Guido Reni (1640). Source : le Musée des beaux-arts de Houston, la Collection Renzi, cadeau de M. et Mme Harris Masterson III.

Le Canada célèbre ses 150 ans ! Mais qu’est-ce que nous célébrons au juste pour ce 150e anniversaire ? Quelles histoires devrions-nous raviver ? Le pape François nous dirait : « L’absence de mémoire historique est un sérieux défaut de notre société. Il s’agit de la mentalité immature du « c’est du passé ». Connaître et pouvoir prendre position face aux événements passés est l’unique possibilité de construire un avenir qui a un sens. On ne peut éduquer sans mémoire » (Amoris Laetitia, 193).

En tant qu’organisation catholique canadienne, nous nous rappelons le jour heureux où nous sommes devenus la première télévision catholique au Canada en 2002, née du souffle des  Journées mondiales de la jeunesse, à Toronto avec la bénédiction du pape Jean Paul II. Nous nous tenions sur les épaules d’un géant, Gaetano Gagliano, canadien d’origine italienne et,  père fondateur de l’une des plus grandes entreprises au Canada, St. Joseph Communications, qui porte le nom du saint patron de notre pays.

Mais qu’est-ce que tout cela a à voir avec le 150e du Canada ? Pour TV Sel + Lumière, voilà où se trouve la clé pour comprendre une partie de notre histoire. Au cœur de nos bureaux se dresse une chapelle consacrée à la mémoire de Gaetano et de son épouse Giuseppina. Et à l’intérieur de cette même chapelle, une statue de saint Joseph, cadeau de Gaetano… qui était un homme d’affaires dévoué, un mari et un père fidèle. Homme d’une grande vision, il s’est consacré à trouver un moyen de communiquer sa foi de manière efficace.

En se rappelant Gaetano, on se souvient de ce qui lui tenait le plus à cœur : la transmission de la foi catholique, la famille, l’aide aux personnes dans le besoin et, un regard tourné vers l’avenir avec espoir. Certes, plusieurs choses peuvent être attribuées aux principes de base de la vie de Gaetano, mais il semble qu’ils pourraient trouver leur racine dans sa profonde dévotion pour saint Joseph.

Saint Joseph, en tant que saint patron du Canada, est connu comme le gardien de Jésus, de Marie et de la Sainte Famille. Il est aussi connu comme un homme qui craignait Dieu, un homme passionné par son travail, un époux et père de toute tendresse. En 1984, quand le pape Jean Paul II a visité l’Oratoire St-Joseph, il s’est adressé aux membres du clergé. À la fin de son discours, il leur a dit: « Tous ici, dans cet Oratoire où tant de grâces ont été obtenues, nous demandons l’intercession de saint Joseph. Il a eu aux côtés de Jésus et de Marie un rôle humble de serviteur, vivant continuellement dans l’intimité avec le Fils de Dieu. Nous sommes avant tout des serviteurs du Fils de Dieu ».  

Cet Oratoire, aujourd’hui le plus grand sanctuaire dédié au père terrestre de Jésus dans le monde, a été construit grâce à l’inspiration et aux prières de saint frère André Bessette. Sa dévotion de toute une vie au charpentier pourrait se résumer à ce qu’il a dit, un jour, concernant les miracles et les guérisons qui se manifestaient à cause de son intercession : « Je ne suis rien… qu’un simple instrument entre les mains de la Providence, un humble instrument au service de saint Joseph ».

La piété populaire entourant saint Joseph s’est accrue au fil des années et ce n’est pas surprenant de voir des hommes et des femmes, à l’image de Gaetano, lui confier leur travail et leur famille. Mais si nous retrouvons saint Joseph au sein de la piété catholique au Canada, cela remonte aux premiers missionnaires qui se sont établis en Nouvelle-France.

En 1624, le père Joseph Le Caron, un Récollet, est l’un des premiers à y mettre les pieds. Son premier réflexe est de confier la Nouvelle-France à la protection de saint Joseph. Dans une lettre adressée à son supérieur en France, il explique : « Nous avons fait une grande solennité où tous les habitants se sont trouvés… par un voeu que nous avons fait à saint Joseph, que nous avons choisi pour notre patron du pays et protecteur de cette église naissante ».

Cette fête a été soulignée le 19 mars 1624. À cette époque la dévotion à saint Joseph était encore à ses débuts. En confiant ce nouveau pays à saint Joseph, les missionnaires n’avaient qu’un seul espoir : faire connaître Jésus et rendre la foi catholique accessible à tous.  

Nous nous appuyons sur les épaules de ses grands de notre histoire ! Ainsi, Sel + Lumière veut répondre à l’appel du Pape Jean Paul II de devenir des « servants du Fils de Dieu », d’être gardiens de notre foi catholique et, faire en sorte qu’elle soit partagée de manière efficace partout au Canada.

Prière à Saint Joseph, protecteur de l’Église 

Brave Joseph, associé au projet de Dieu sur notre humanité, votre tendresse entoure la nouvelle Église naissante. Tout comme Marie et Jésus reconnaissent en vous la protection du Père, ainsi la communauté de foi se place sous votre garde.

Soutenez-nous par l’Esprit qui anime le foyer de Nazareth et conduisez nos pas sur la route vers le Royaume. Accompagnez-nous dans notre mission. Faites que nous soyons lumière du monde afin que, de l’humanité transfigurée dans le Christ, jaillisse la famille de Dieu.

Communiquez-nous la force de poursuivre l’option de Dieu en faveur des pauvres et des faibles. Guidez-nous dans nos actions pastorales afin que nos gestes s’ajustent à la Bonne Nouvelle.

Amen.

Source: L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal