« Même la plus petite personne peut changer le cours de l’histoire »

CNS photo/L’Osservatore Romano, handout

Alors que des dizaines de milliers de personnes –pour la plupart des jeunes femmes et des jeunes hommes- se rendent à Washington, vendredi le 27 janvier 2017 pour l’annuelle « Marche pour la vie », voilà une bonne occasion de réfléchir sur ce que nous faisons comme individus et comme communauté pour défendre la vie.

Le thème de la marche de cette année dans la capitale américaine est « Le Pouvoir de l’unité » inspiré des paroles prophétiques de J.R.R. Tolkien : « Même la plus petite personne peut changer le cours de l’histoire ». En effet, une seule personne peut faire la différence dans le monde, que ce soit dans la vie d’une seule ou de plusieurs. Malheureusement, aux États-Unis seulement, chaque année un million de bébés n’ont pas cette possibilité de vivre et de faire une différence dans notre monde. Construire une culture de la vie et mettre fin à l’avortement exigent l’implication de tous et chacun. En commençant dans notre propre famille et dans notre voisinage, nos efforts collectifs changeront les cœurs et les esprits, sauveront des vies et construiront une culture de la vie.

Plus tard cette année à Ottawa au mois de mai, des messes seront célébrées, de graves discours seront prononcés devant les édifices du gouvernement, deux grandes marches auront lieu sur les boulevards les plus importants des deux capitales de deux grandes nations. Pour les Américains, le rassemblement marque le 44e anniversaire de la décision Roe vs Wade de la Cour suprême des États-Unis laquelle a légalisé l’avortement, le 22 janvier 1973, dans tout le pays. Depuis cette décision, quelque 60 millions d’avortements ont été pratiqués aux États-Unis en toute légalité.

Une cohérente éthique de la vie

L’Église catholique romaine tient une éthique cohérente de la vie. L’Église offre un enseignement sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de toute personne humaine. Toutefois, cette opposition à l’avortement et à l’euthanasie ne justifie pas l’indifférence envers ceux qui souffrent à cause la pauvreté, de la violence et de l’injustice. Peu importe ce qui s’oppose à la vie elle-même comme le meurtre, le génocide, l’avortement, l’euthanasie et le suicide, peu importe ce qui viole la dignité de toute personne humaine tels que la mutilation, la torture ou le harcèlement psychologique, les tentatives de coercition de la conscience, peu importe ce qui insulte la dignité humaine tels que la vie dans des conditions inhumaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, la vente de femmes ou d’enfants, les conditions de travail indignes où des personnes sont traitées comme des instruments de profit plutôt que d’être traitées comme des personnes responsables, toutes ces réalités empoisonnent la société.

La vie et la dignité humaines rencontrent plusieurs obstacles dans notre monde contemporain, spécialement en Amérique du Nord. Lorsque la vie n’est pas respectée, pouvons-nous vraiment nous surprendre que d’autres droits soient éventuellement eux aussi menacés ? Si nous regardons avec attention les grandes tragédies des siècles passés, nous constatons qu’au moment où le libre marché renversait le communisme, il encourageait exagérément et en même temps le consumérisme et le matérialisme en infiltrant cultures et sociétés. Une population vieillissante, spécialement en Occident, conjuguée à une population active de plus en plus restreinte créent aujourd’hui un mouvement économique menant à l’euthanasie. Comme le disait saint Jean-Paul II : « un droit à la mort deviendra rapidement un devoir de mourir ».

Nous vivons aujourd’hui au milieu d’une culture qui nie la solidarité et prend une véritable forme de « culture de la mort ». Cette culture est fortement encouragée par des puissants courants culturels, économiques et politiques qui font la promotion de l’idée d’une société exclusivement centrée sur l’efficacité. C’est une guerre des forts contre les faibles. Il n’y a pas de place dans le monde pour quiconque, comme l’enfant à naître ou le mourant, est un élément faible de la structure sociale ou quiconque apparaît comme étant à la merci des autres et, de par sa condition, radicalement dépendant. Il n’y a pas de place pour celui ou celle qui ne peut communiquer que par le langage profond de l’affection et du partage. La vie humaine est une valeur sacrée et religieuse et elle concerne tout le monde, pas seulement les croyants.

L’avortement est la plus sérieuse des blessures que l’on peut infliger, non seulement à la personne et à sa famille qui devrait être un sanctuaire de la vie, mais également à la société et la culture, par ces mêmes personnes qui devraient plutôt être les promoteurs et les défenseurs de la société.

Le pape Benoît XVI et son ouverture à la vie

Dans son importante encyclique Caritas in Veritate (La Charité dans la vérité) publiée en 2009, le pape Benoît XVI s’est exprimé clairement sur la dignité et le respect de la vie humaine « qui ne peut en aucun cas être disjoint des questions relatives au développement des peuples » (no 28). Poursuivant son propos, Benoît XVI affirmait également que « dans les pays économiquement plus développés, les législations contraires à la vie sont très répandues et ont désormais conditionné les coutumes et les usages, contribuant à diffuser une mentalité antinataliste que l’on cherche souvent à transmettre à d’autres États comme si c’était là un progrès culturel. ». « L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement. » écrivait le Pape. « Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent ».

Le pape Benoît XVI résumait très bien la présente crise économique en affirmant par ces paroles justes : « Les coûts humains sont toujours aussi des coûts économiques et les dysfonctionnements économiques entraînent toujours des coûts humains ». L’Église catholique romaine offre un enseignement sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de la personne humaine : une vision intégrale à laquelle nous devons nous efforcer de correspondre si nous proclamons être « pro-vie ». Nous luttons pour garder une vision globale sans limiter notre regard en nous mettant des œillères.

L’opposition du pape François à l’avortement

Dans un discours brillant devant la Convention Suprême des Chevaliers de Colomb à San Antonio au Texas, il y a quelques années, le Cardinal Seán O’Malley, o.f.m. s’exprimait en ces termes :

« Certaines personnes pensent que le Saint-Père devrait parler davantage d’avortement. Je crois qu’il parle de l’amour et de la miséricorde offerts à toute personne et qui est le contexte dans lequel se situe l’enseignement de l’Église sur l’avortement. Nous nous opposons à l’avortement, non pas parce que nous sommes déplaisants ou démodés mais parce que nous aimons les personnes. C’est ce que nous devons montrer au monde […] Nous devons être de meilleures personnes, nous devons aimer tout le monde, même ceux qui défendent l’avortement. Ce n’est que si nous les aimons que nous serons en mesure de les aider à découvrir la sacralité de la vie d’un enfant à naître. Seul l’amour et la miséricorde peuvent ouvrir leurs cœurs endurcis par l’individualisme de notre époque ».

Sous le regard attentif du Christ

Le pape François a condamné catégoriquement l’avortement et l’euthanasie. Cependant, il ne met pas l’accent sur les arguments philosophiques, scientifiques et légaux que l’on entend habituellement. Sa critique fait plutôt appel directement au visage du Christ. « Chacun de nous est invité à reconnaître dans les personnes fragiles le visage du Seigneur, qui, dans sa chair humaine, fait l’expérience de l’indifférence, de la solitude auxquelles nous condamnons souvent les plus pauvres. »

La condamnation de l’avortement fait un parallèle avec l’enfant Jésus dont la mort était souhaitée par Hérode avant même sa naissance. « Chaque enfant non encore né et injustement condamné à être avorté porte sur lui le visage de Jésus-Christ, porte le visage du Seigneur, qui, avant et après sa naissance, a fait l’expérience d’être rejeté par le monde ». De façon similaire, la condamnation de l’euthanasie pointe en direction du visage du Christ présent dans les personnes âgées ciblées pour être éliminées. « Chaque personne, même les infirmes ou ceux qui sont à la fin de leurs jours, portent le visage du Christ. Ils ne peuvent être mis au rebut ».

Être pro-vie est l’une des plus profondes expressions de notre baptême : nous nous tenons debout comme fils et filles de la lumière, vêtus de l’humilité et de la charité, pleins de conviction et de détermination, nous disons la vérité avec fermeté, sans jamais perdre la joie ou l’espoir. Être pro-vie ne peut être l’exclusivité d’un parti politique ou d’un quelconque côté de l’éventail politique. C’est une obligation pour tous et toutes : gauche, droite et centre ! Si nous sommes pro-vie, nous ne devons pas maudire la culture qui nous entoure mais plutôt nous y engager. Nous devons voir les autres comme Jésus les voit et nous devons les aimer inconditionnellement, même ceux qui nous font obstacle.

Le test ultime pour voir si nous sommes pro-vie ne consiste pas seulement dans le fait de participer à des manifestations ou à des marches dans les grandes villes du monde. Le test réel est ce que nous faisons pour la vie durant les 364 autres jours de l’année et des petits et grands efforts que nous déployons pour nous opposer de manière consistante et systématique à tout type de meurtre, génocide, avortement, euthanasie, auto destruction volontaire et toute violation de la conscience ou de la dignité humaine. Comment défendons-nous ceux qui endurent des conditions de vie inhumaines, ceux qui sont arbitrairement emprisonnés, déportés, victimes de l’esclavage, de la prostitution, du trafic humain ou qui souffrent d’indignes conditions de travail ? Toutes ces choses empoisonnent la société. Prions pour que nous ayons une forte et authentique éthique de la vie.

Restons debout pour défendre la vie et voyons dans le visage du Christ dans celui des plus faibles et des plus vulnérables de nos sociétés. Ces paroles et ces réflexions devraient être notre unique inspiration et notre raison de marcher pour la vie de toutes les façons possibles peu importe où nous sommes.

 

La pastorale face à l’euthanasie

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Cette semaine se tenait à Cornwall, l’Assemblée plénière des évêques catholiques du Canada. Lors de cette rencontre annuelle, les évêques de partout au pays se sont réunis pour prier, réfléchir, discuter et prendre des décisions concernant les grandes orientations de la Conférence pour l’année à venir. Suivant un agenda bien rempli, les évêques ont donc pu aborder plusieurs thèmes relatifs à la réalité pastorale propre au Canada. Parmi les sujets abordés cette année, l’euthanasie a certainement retenu l’attention des participants.

La pastorale devant l’euthanasie

La question de l’euthanasie au Québec et au Canada est une problématique relativement nouvelle puisque les législations permettant une telle pratique sont apparues dans le courant de cette année. La CECC a donc fait appel au Cardinal Willem Eijk, archevêque d’Utrecht au Pays-Bas, afin qu’il puisse partager son expérience d’évêque dans un pays ayant une législation très permissive en matière d’euthanasie et de suicide assisté. Dans un deuxième temps, les évêques de partout au pays ont pu se concerter avant d’amorcer ce qui pourrait être le début d’un processus visant à définir certaines balises communes en cette matière. Les évêques catholiques d’Alberta ayant publié un document sur cette question peu de temps avant la plénière, celle-ci n’a attiré l’attention des médias québécois et canadiens qu’à la veille de la clôture de cette rencontre. Manifestant l’urgence d’aborder cette nouvelle réalité, cette polémique va certainement pousser les évêques à réfléchir avec plus d’intensité aux conséquences d’une telle législation sur la pastorale.

De la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté surgissent deux problématiques distinctes, celle de la célébration du sacrement de l’onction des malades d’une part, et, d’autre part, celle de la célébration des funérailles. C’est deux questions appellent à certaines clarifications.

Le sacrement de l’onction des malades, une porte de la miséricorde

Dans un premier temps, la célébration du sacrement des malades dans le contexte précédant une euthanasie demande un discernement approfondi. D’un côté, il y a la réalité objective. Dans le cas d’une personne faisant la demande de l’injection létale causant directement sa mort, il apparaît contradictoire qu’elle demande du même coup le sacrement des malades. En effet, comment célébrer authentiquement le signe efficace d’une foi qui est volontairement niée dans son élément le plus fondamental, c’est-à-dire le sens chrétien de la souffrance ? Le sacrement des malades (anciennement « extrême onction ») ayant pour but d’ouvrir à l’espérance de la vie éternelle et d’accepter le don gratuit de la miséricorde de Dieu dans la vie d’une personne, il apparaît contradictoire que cette personne en face la demande avant de commettre ce que l’Église enseigne comme étant un rejet du don le plus précieux de Dieu : la vie humaine elle-même. Que conclure de cette contradiction?

Du côté pastoral, il apparaît clair qu’un refus pur et simple de célébrer ce sacrement pourrait faire offense au cri de détresse qu’une telle demande représente. En effet, les pasteurs ne peuvent jamais « jeter l’éponge » puisque Dieu accueille toujours celui ou celle qui vient à Lui. C’est ainsi que nous devons comprendre l’appel du pape François ainsi que des évêques du Québec entendues ces derniers jours dans les médias. Bien que le contexte médical et humain de la société risque fort de se détériorer avec les lois 52 et C-14, puisque ces dernières désacralisent la vie et la dignité humaine de tous les citoyens, de son côté, l’Église ne changera pas la posture qui était et qui sera la sienne, celle d’accompagner toutes les personnes qui viennent à elle et qui lui demandent de l’aide. L’absence d’interdiction de célébrer les sacrements des malades aux personnes sur le point de se suicider ne devrait donc ni être comprise comme un encouragement, ni comme un consentement. Au contraire, elle devrait être interprétée comme une porte ouverte aux personnes en détresse sur le point de commettre l’irréparable. Une « porte de la miséricorde » par laquelle la grâce de Dieu pourrait être sentie par l’entremise de la présence aimante et pleine de tendresse d’un frère dans la foi.

Pour ce qui est des funérailles

La célébration des funérailles est une autre question. Il ne s’agit hélas plus d’accompagner la personne vers « sa mort naturelle » mais bien d’accompagner les personnes qui sont encore parmi nous afin qu’elles puissent prier pour le défunt et se sentir elles-mêmes réconfortées par la présence mystérieuse de Dieu.

Prier pour le défunt, contrairement à ce qu’on pourrait penser, n’est pas une évidence. Durant les funérailles, prier pour une personne signifie la remettre dans les mains de Dieu en Lui demandant de bien vouloir l’accueillir dans son Royaume. Cependant, un suicide peut causer du ressentiment et de la rancœur pour ceux qui restent et qui se sentent souvent trahis lorsqu’une personne aimée les quitte de cette manière. Avec la légalisation de l’euthanasie, sa banalisation et l’élargissement de cette pratique dont les premiers signes sont déjà perceptibles à l’horizon, ces blessures seront de plus en plus répandues. L’Église devra donc mettre sur pied une pastorale adéquate d’accueil et d’accompagnement des personnes, nous pourrions dire, « doublement » endeuillées. Les funérailles étant un lieu privilégié pour accompagner et manifester la sollicitude de l’Église, il m’apparaît important qu’elle respecte la volonté du défunt d’avoir des funérailles puisque, malgré l’aspect objectivement contradictoire de sa « dernière volonté » avec la foi catholique, elle peut être une belle occasion d’aider et d’évangéliser.

Ainsi, loin de causer scandale ou de présenter une image de l’Église comme cautionnant cette pratique inhumaine qu’est l’euthanasie, fermer unilatéralement la porte aux familles des défunts serait une erreur tant au niveau de la pastorale d’accompagnement si chère au pape François, qu’au niveau d’une perspective missionnaire.

Bien que les assemblées d’évêques, telles que l’AECQ ou la CECC n’ont pas pour mission de se substituer au jugement pastoral de chaque évêque dans son diocèse, la plénière de la CECC de cette année aura certainement permis aux évêques de partout au pays de réfléchir aux différents scénarios d’adaptation devant les défis de l’effritement de la protection juridique de la dignité humaine au Canada. Les évêques devront faire preuve d’une immense tendresse envers les personnes qui seront, à cause de la pratique de l’euthanasie, de plus en plus blessées et en détresse. En ce sens, garder un esprit et une réglementation fondamentalement ouverts aux personnes m’apparaît le plus à même de servir le salut des âmes.

Déclaration du Président de la CECC sur l’adoption récente du projet de loi C-14 qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté

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L’adoption récente du projet de loi C-14, qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté dans notre pays, est une décision historique déplorable qui atteste l’échec de notre gouvernement et, en effet, de notre société d’assurer une protection humaine authentique pour les personnes souffrantes et vulnérables parmi nous.

Nous vivons dans un pays où la grande majorité des mourants n’ont pas accès à des soins palliatifs ou des soins à domicile de qualité, où le taux de suicide dans plusieurs communautés autochtones atteint des niveaux alarmants, et où on suggère que la vie de personnes chroniquement malades, vulnérables ou handicapées ne mérite pas d’être vécue. Il est paradoxal et très malheureux que la loi de notre société consacre désormais l’homicide comme une manière acceptable de mettre fin à la souffrance. On ne peut qu’être stupéfait et profondément troublé de constater que notre pays est de moins en moins capable de reconnaître le caractère sacré de la vie humaine.

Nulle institution, nul individu, nulle idéologie, nulle législation n’ont le droit de menacer ou de miner le caractère sacré de la dignité de chaque personne et du don de la vie elle-même. Nous sommes appelés, en tant que société formée d’individus capables de compassion, à respecter et à protéger la vie humaine de la conception à la mort naturelle en honorant une vision de la personne humaine qui embrasse aussi bien son existence terrestre actuelle que la vie outre-tombe. Les catholiques, comme toutes les personnes de bonne volonté, ont le devoir moral et social de protéger les personnes vulnérables, de consoler celles qui souffrent et d’accompagner celles qui sont à l’article de la mort. Les évêques du Canada prient et espèrent qu’avec tous nos sœurs et frères catholiques et nos concitoyennes et concitoyens canadiens, chacune et chacun de nous et l’ensemble de notre société puissent vivre une profonde conversion du cœur et en viennent à reconnaître l’image de Dieu imprimée profondément en chaque vie humaine, quel que soit l’état de la personne, son niveau de confort, son degré de productivité ou sa contribution à la société.

La mise à mort intentionnelle d’une vie humaine – qu’il s’agisse d’une personne âgée, d’un enfant, d’un adulte vulnérable, d’un embryon ou d’une personne mourante – est un acte grave et moralement injustifiable. Notre société doit rejeter tout ce qui porte atteinte à la vie elle-même : le meurtre, le génocide, le suicide, l’avortement, l’euthanasie et l’aide médicale à mourir. La suppression délibérée de la vie humaine par une intervention directe n’a rien d’un geste humanitaire. Il faut plutôt chercher à réduire au minimum la douleur et la souffrance des personnes mourantes et de celles qui sont tentées de s’enlever la vie, et non à supprimer leur existence. Efforçons-nous d’aider les personnes malades et handicapées à trouver un sens à leur vie, même et surtout dans leur souffrance. Consolons ceux et celles qui vivent une maladie terminale ou une condition chronique par notre présence authentique, un amour humain et l’aide médicale. Comme société et en tant qu’individus, choisissons de cheminer avec eux dans leur souffrance et ne contribuons pas à mettre fin au don de la vie.

Faire de l’aide médicale au suicide un « droit » n’est ni un vrai soin ni un gage d’humanité. C’est fondamentalement une forme faussée de pitié, une déformation de la bonté envers nos frères et sœurs. La nouvelle loi laisse entendre qu’un être humain, une personne, cesse d’être une personne et perd sa dignité simplement en raison de la perte ou de la diminution de certaines capacités physiques et mentales. C’est faux. La vérité, c’est que notre propre humanité se détériore quand nous omettons de prendre soin des faibles et des mourants, et quand nous évitons délibérément de voir en eux, avec leurs maladies et leurs limites, des personnes dignes de vivre. La vraie compassion humaine consiste à partager la douleur de l’autre, à l’accompagner dans son cheminement – et non à s’en débarrasser. Le suicide assisté est une insulte à ce qu’il y a de plus noble et de plus précieux dans l’existence humaine, et constitue une injustice grave et une violation de la dignité de chaque personne humaine dont la tendance naturelle et intrinsèque est de préserver la vie. Il faut entourer nos personnes malades, mourantes, vulnérables et handicapées, d’amour et d’attention, de sollicitude et d’une compassion vraiment porteuse de vie. C’est pourquoi les soins palliatifs restent incontestablement le seul choix moral, efficace et indispensable, la seule option de vraie compassion, maintenant que notre pays s’est engagé sur ce chemin périlleux.

Saint Joseph, patron du Canada et patron de la bonne mort, priez pour nous.

Mgr Douglas Crosby, OMI
Évêque de Hamilton
Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada

Le 27 juin 2016

Église en sortie 10 juin 2016

Cette semaine à Église en sortie, Francis Denis reçoit Jacques Gauthier, auteur et théologien, pour parler de son livre « Récit d’un passage ». On vous présente un reportage sur la 31e assemblée générale de la Conférence Religieuse Canadienne à Montréal. Et dans la troisième partie d’émission, nous vous présentons une entrevue réalisée avec Mgr Paul Lortie, évêque de Mont-Laurier et président de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

Lettre ouverte du Cardinal Lacroix: « Aide à mourir » : pas de date butoir pour la dignité

Le 6 juin prochain, la décision de la Cour suprême du Canada concernant l’« aide médicale à mourir » prendra effet avec ou sans loi fédérale pour l’encadrer.

L’adoption de la loi C-14 ou l’entrée en vigueur de la décision Carter, donnera certainement lieu à des recours judiciaires afin d’élargir la portée de l’euthanasie au Québec, accessible chez nous depuis déjà 5 mois. Des pressions viendront également pour recourir au suicide assisté, tel que défini par C-14 : « de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu’elle se l’administre et cause ainsi sa mort. »

Je désire m’adresser aujourd’hui particulièrement aux personnes affectées « de problèmes de santé graves et irrémédiables (y compris une affection, une maladie ou un handicap)1 » causant des souffrances persistantes qui lui sont intolérables.

La vie que vous avez reçue, le souffle qui vous habite, la personnalité qui vous caractérise sont empreints de beauté, de noblesse et de grandeur. L’amour reçu, l’amour donné sont toujours présents et font de vous, comme de chacun de nous, des êtres revêtus d’une grande dignité en toutes circonstances. Ce que vous avez été, ce que vous êtes maintenant requièrent, entre autres, le respect, l’accompagnement et des soins appropriés pour vous aider à grandir jusqu’à la fin.

Afin de respecter la primauté de la vie, l’Église catholique s’oppose fermement à l’euthanasie et au suicide assisté. Elle déplore que tous les scénarios envisagés par le gouvernement fédéral permettent éventuellement à un nombre croissant de personnes de demander à mettre fin à leurs jours.

Je le répète souvent, la position de l’Église n’est pas de valoriser la souffrance. Oui, la foi peut lui donner un sens, mais les chrétiens et chrétiennes, tout comme Jésus, souhaitent l’éviter lorsque cela est possible : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne » (Luc 22, 42). J’ai la ferme conviction que Dieu nous aime d’un amour éternel, tels que nous sommes ici et maintenant, et ce, jusqu’à notre mort où il nous accueillera les bras grands ouverts. Il suffit d’écouter sur notre webtélé diocésaine ECDQ.tv la récente conférence de notre archevêque émérite Mgr Maurice Couture pour s’en convaincre.

D’ici le 6 juin prochain, je nous lance collectivement un grand défi. Vous connaissez sûrement une personne qui pourrait se reconnaître dans les critères québécois et (bientôt) canadiens d’accessibilité à l’aide médicale à mourir. Écoutez et accueillez jusqu’au bout l’expression de sa souffrance, de sa peur. Dites-lui qu’elle a du prix à vos yeux, qu’elle pourra toujours compter sur votre présence. Rappelez-lui votre amour inconditionnel.

Les demandes d’aide à mourir s’effacent habituellement lorsque les personnes souffrantes sont bien accompagnées. Ce sont les médecins et le personnel soignant en soins palliatifs qui me l’ont partagé à maintes reprises. Je les remercie de poursuivre leur rôle dans le nouveau contexte législatif au Québec. Leurs efforts pour soulager la souffrance physique et morale portent de réels fruits et les investissements en soins palliatifs doivent se poursuivre. Pour celles et ceux d’entre eux (toujours une majorité) qui s’opposent à l’euthanasie, leur objection de conscience doit être protégée. Si un médecin ne souhaite pas référer un patient vers sa mort médicalement provoquée, son choix doit être respecté sans remise en question.

Merci également à tous les proches aidants. Les débats actuels risquent de faire oublier leur dévouement, leur courage, leur force, mais surtout leur sens de l’autre et du respect de la vie. Ces personnes ont énormément besoin d’être reconnues et soutenues.

Mon accompagnement de personnes en fin de vie me confirme qu’il est périlleux d’accorder la permission de provoquer la mort d’une autre personne, même avec son consentement. Non seulement une loi dicte, mais elle éduque et elle imprime la revendication du droit et la suggestion du devoir. Avec le temps, les moeurs sont affectées et la rareté du geste cède le pas à l’habitude C’est, à mon humble avis, un bien triste « progrès ». Nous avons la responsabilité, la mission d’accompagner avec douceur et tendresse la vie de nos proches qui souffrent, et ce, sans recours à une loi qui incite à la mort. Dans ce contexte, nous sommes invités à prévenir ce mode suicidaire en choisissant de reconnaître la dignité de la vie.

Cardinal Gérald C. Lacroix
Archevêque de Québec
30 mai 2016

Église en sortie 27 mai 2016

Cette semaine à Église en sortie, nous vous présentons une entrevue avec Mgr Raymond Poisson, évêque de Joliette et membre de la Commission Justice & Paix de la Conférence des évêques catholiques du Canada. Il nous parle des relations de l’Église catholique avec les autochtones. Nous nous rendons à la Marche Nationale pour la vie 2016 à Ottawa, le 12 mai dernier. Enfin, dans la troisième partie de l’émission nous nous entretenons avec Charles Le Bourgeois qui nous parle de son expérience à l’intérieur des deux synodes sur la famille au Vatican ainsi que de sa série documentaire « Charité Sans Frontières ».

Il ne peut y avoir de véritable paix sans promotion et défense de la vie : Une réflexion sur l’introduction de l’euthanasie

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Une réflexion sur l’introduction de l’euthanasie

P. Thomas Rosica

Le 6 février 2015, la Cour Suprême du Canada s’est prononcée en faveur d’un droit légal pour les Canadiens à demander et recevoir l’aide d’un médecin pour se tuer. Initialement, la Cour avait donné un an au parlement pour adopter une nouvelle loi, pour remplacer les sections du Code criminel qui interdisaient jusqu’à maintenant le suicide assisté. L’élection fédérale de l’automne dernier ainsi que le lent processus de révision ont rendu impossible le respect du délai initial. Les législateurs ont donc eu un sursis de six mois. Le projet de loi C-14 « Loi modifiant le Code criminel et apportant des modifications connexes à d’autres lois (aide médicale à mourir) » a passé la deuxième lecture le 22 avril dernier. Peu importe les modifications ou les amendements que l’on pourrait y apporter, le projet de loi C-14 est un affront à la solidarité, à la dignité humaine et met en danger toutes les personnes vulnérables. C’est une loi fondamentalement injuste. Pourquoi doit-on être en désaccord d’une manière absolue et catégorique avec toute tentative visant à justifier ou supporter ce soit disant « droit » au suicide assisté ou euthanasie ? Devant cette décision triste et profondément troublante de la Cour Suprême du Canada de renverser la loi canadienne sur l’euthanasie, je vous offre ces réflexions.

Il n’y a rien de nouveau à propos de la réalité des personnes en phase terminale. En effet, leurs souffrances, la volonté de mourir ainsi que notre capacité de les tuer ne sont pas une nouveauté. Cependant les mouvements qui proposent un « droit à mourir » ont gagné du terrain dans l’opinion publique alors même qu’il y a un vieillissement de la population ainsi qu’une anxiété grandissante concernant leur sort. De fait, les personnes qui ont plus de 65 ans ont connu la plus forte croissance démographique aux États-Unis, au Canada, et dans une grande partie de l’Europe.

Regardons au-delà de nos frontières où on assiste déjà à de grandes ambiguïtés ainsi qu’au grand pouvoir destructeur d’une promotion du « droit de mourir ». En Belgique, un pays que certains appellent, à juste titre, le « camp de la mort », l’euthanasie est actuellement érigée comme étendard d’une pensée éclairée, de la libération et du progrès. Cette pratique serait un signe que le pays s’est libéré de ses racines et de son patrimoine profondément catholiques. La Belgique était le deuxième pays du monde, après les Pays-Bas, à décriminaliser l’euthanasie ; suivie par le Luxembourg, en 2009, et par le Canada et la Colombie cette année. De son côté, la Suisse permet le suicide assisté depuis 1942. La Cour Suprême des États-Unis a reconnu que les inquiétudes des citoyens américains concernant la prolongation de l’agonie dans des contextes institutionnels sont légitimes. Pourtant, en 1997, la Cour a statué que la mort n’est pas un droit protégé par la constitution, laissant ainsi la responsabilité du suicide assisté à chaque État. Quelques mois après cette décision, l’Oregon a passé une loi qui permet à des médecins de prescrire des médicaments létaux aux patients qui ont moins de six mois à vivre. En 2008, l’état de Washington a adopté une loi semblable ; le Montana a décriminalisé le suicide assisté l’année suivante ; et le Vermont l’a légalisé en 2013.

Dans l’Oregon et en Suisse, des études ont démontré que les personnes qui demandent la mort sont moins motivées par la souffrance physique que par le désir de demeurer autonomes. En Belgique et aux Pays-Bas, où des patients peuvent être euthanasiés sans même souffrir d’une maladie terminale, les lois semblent avoir pénétré les établissements de santé plus profondément qu’ailleurs. Peut-être est-ce dû au rôle central donné aux médecins puisque, dans la majorité des cas, c’est le médecin et pas le patient qui effectue l’acte final. Depuis les cinq dernières années, l’euthanasie et les décès par suicide assisté ont doublé aux Pays-Bas. En Belgique, ils ont augmenté de plus de 150 %. Bien que la plupart des patients belges souffraient de cancer, d’autres furent euthanasiés pour des raisons telles que l’autisme, l’anorexie, les troubles de la personnalité, le syndrome de fatigue chronique, la paralysie partielle, la cécité associée à la surdité ainsi que la maniaco-dépression.

Les lois permettant l’euthanasie ou le suicide assisté par un médecin paraissent moins motivées par les désirs des personnes âgées que par les inquiétudes de la génération plus jeune, poussée par une volonté de contrôler la fin de leur vie. Les lois belges ont créé une nouvelle compréhension du suicide en tant que traitement médical comme s’il n’y avait aucunes dimensions tragiques et morales à de tels actes.

Pourquoi est-ce si difficile de soutenir que l’euthanasie n’est pas une bonne chose ? Lorsque les valeurs personnelles et sociétales étaient cohérentes, largement partagées et basées sur une religion commune, comprendre le mal que représentait l’euthanasie était simple. Dieu a commandé : « Tu ne tueras point. » Dans les sociétés sécularisées, basées sur un individualisme exacerbé, on fait le raisonnement suivant : les individus ont le droit de choisir, donc on doit pouvoir choisir le lieu et l’heure de notre mort. Au contraire, il est beaucoup plus complexe de s’opposer à l’euthanasie. En effet, dans la culture qui est la nôtre, obsédée par les préférences personnelles et individuelles, il est difficile de demander à une personne de s’abstenir de quelque chose sous prétexte qu’elle blessera la communauté toute entière.

La mort est maintenant submergée par la technologie, dépersonnalisée, et déshumanisée. Face à ces réalités, l’euthanasie paraît être un choix attirant et plus facile à introduire et à accepter. Auparavant, les conversations sur la mort avaient lieu dans un contexte et un langage religieux, dans les églises, les synagogues, les mosquées, et les temples pendant les services du culte. De telles conversations étaient sérieuses et incluaient toujours une dimension morale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On discute de la mort dans des émissions de télévision et de radio de façon irréfléchie. Ce sujet sérieux est souvent traité dans des contextes et des échanges de mauvaise qualité et, la plupart du temps, la dimension morale en est absente.

Nos parlements et nos cours de justice ont remplacé nos centres religieux. Le résultat en est la réduction des débats sociétaux, éthiques, et moraux à leur unique dimension légale, y compris lorsqu’il s’agit de la mort. Ce n’est pas surprenant alors que le débat sur l’euthanasie ait été concentré sur sa légalisation. Le fait d’être aujourd’hui très exposés à la mort dans les médias que ce soit dans des programmes d’actualité ou de divertissement peut nous accabler et nous rendre insensibles à la gravité de la mort et finalement nous porter à considérer la possibilité de nous l’infliger.

Par leur traitement du sujet de l’euthanasie, les médias de masse ont causé une grande confusion dans la population et ont parfois été trompeurs dans leur portrait de la souffrance et de la compassion humaines. La plupart des gens, qui pensent que l’euthanasie et le suicide assisté devraient être légalisés, n’ont pas considéré le problème dans sa complexité. Ils considèrent d’abord l’autonomie et le choix personnel. Ils pensent à la possibilité de devenir impotents et considèrent qu’une telle vie est indigne et sans valeur. Peut-être considèrent-ils les personnes sévèrement handicapées comme n’ayant aucune qualité de vie ? Notre dignité et notre qualité de vie ne viennent pas de nos capacités ou de nos incapacités. La dignité et la qualité de vie ne sont ni une question d’efficacité, ni une question de productivité. Elles viennent d’un lieu plus profond, celui de notre identité de personne et de notre capacité relationnelle.

Il y a des arguments non religieux solides contre l’euthanasie. En effet, légaliser l’euthanasie nuirait à la reconnaissance de la valeur intégrale et du respect pour la vie. Cela changerait la norme fondamentale que nous ne devrions pas nous tuer les uns les autres. La légalisation de l’euthanasie nuirait également aux deux institutions principales de notre société que sont le droit et la médecine. Notons que ces piliers de la société sont encore plus importants pour maintenir la valeur de respect pour la vie dans une société sécularisée que dans une société religieuse. Enfin, l’euthanasie nuirait à la confiance que la population voue à la pratique de la médecine rendant ainsi les soins de santé moins accessibles puisque plusieurs pourraient craindre d’aller chercher un traitement et se faire soigner dans un hôpital.

Notre société a perdu de vue le caractère sacré de la vie humaine. En tant que chrétiens catholiques, nous sommes profondément engagés dans la protection de la vie de ses premiers moments jusqu’à sa fin naturelle. Aujourd’hui, quand les gens parlent d’une « bonne mort », ils ont en tête la tentative de contrôler la fin de la vie, même si cela demande le suicide assisté par un médecin ou l’euthanasie. Pourtant, la notion chrétienne d’une bonne mort n’est pas la mort en tant qu’une bonne fin, mais une bonne transition, qui demande la foi, l’acceptation adéquate. Les dimensions du mystère pascal de la souffrance, de la mort, et de la résurrection sont souvent absentes de nos conversations et discussions sur la fin de vie.

Lorsque la vie n’est pas respectée, devrions-nous être surpris que les autres droits soient tôt ou tard menacés ? Les populations vieillissantes, surtout en occident, ayant comme conséquence une réduction importante de la population active, créent actuellement un motif économique à l’euthanasie. Comme le disait saint Jean-Paul II : « le droit de mourir conduira inévitablement à l’obligation de mourir. »

Ce qui est mal avec l’avortement, l’euthanasie, la sélection et la recherche embryonnaires ne sont pas les motivations de ceux et celles qui les défendent ; bien que souvent ces motivations sont, en surface, compatissantes comme c’est le cas, par exemple, lorsqu’on prétend protéger un enfant non désiré, mettre fin à la peine et à la souffrance ou encore aider un enfant atteint d’une maladie mortelle. La terrible vérité, dans tous ces cas, c’est que les forts décident du destin des faibles. Des êtres humains deviennent des instruments dans les mains d’autres êtres humains.

Le Pape François a critiqué ceux et celles qui défendent le droit à l’euthanasie pour les personnes qui souffrent de maladies douloureuses ou terminales. Il déclare que ces personnes répandent un « mensonge » en soutenant que les vies affectées par de telles maladies ne sont pas dignes d’être vécues. Dans son message annuel de la Journée Mondiale du Malade 2015, célébrée par l’Église Catholique le 11 février, le Pape François a critiqué l’expression « qualité de vie », souvent utilisée par ceux et celles qui défendent le droit à l’euthanasie définissant ainsi la peine dont souffrent plusieurs malades qui pourraient choisir de terminer leur vie médicalement si la loi le permettait. Le Pape François fait cette critique dans une partie de son message dans lequel il souligne l’importance de passer du temps avec les malades. Le Pape demande d’abord à l’Esprit Saint de « nous donner la grâce de comprendre la valeur de l’accompagnement, si souvent silencieux, qui nous conduit à consacrer du temps à ces sœurs et à ces frères qui, grâce à notre proximité et à notre affection, se sentent davantage aimés et réconfortés ». Dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia, le Pape François écrit (no. 48) :

« L’euthanasie et le suicide assisté constituent de graves menaces pour les familles dans le monde entier. Leur pratique est devenue légale dans de nombreux États. L’Église, tout en s’opposant fermement à ces pratiques, ressent le devoir d’aider les familles qui prennent soin de leurs membres âgés et malades. »

Nous ne devrions jamais perdre de vue les atrocités faites contre les enfants à naître, les indicibles et rarement soulevées, peine et angoisse vécues par ceux et celles qui ont participé à un avortement. Pareillement, nous ne pouvons pas ignorer l’autre grand défi rencontré par l’humanité d’aujourd’hui – la question sérieuse du meurtre par compassion ou euthanasie, comme on le nomme parfois, et qui n’est plus seulement une question théorique ou abstraite. Elle est arrivée et a envahi nos vies. Ce problème frappe le centre même de notre identité et de notre croyance. Même quand ce n’est pas motivé par le refus d’être chargé de la vie de quelqu’un qui souffre, l’euthanasie doit être reconnue comme une fausse compassion ainsi qu’une miséricorde mal avisée. La vraie compassion nous amène à partager la peine de l’un et de l’autre, pas à tuer la personne dont nous ne pouvons pas supporter la souffrance. La meilleure façon de savoir si nous sommes encore une société chrétienne c’est d’examiner la façon dont nous traitons nos personnes les plus vulnérables, celles qui ont très peu ou aucune attention publique, celles qui n’ont ni beauté, ni force, ni intelligence.

L’Église Catholique Romaine détient une éthique cohérente de la vie. Elle offre un enseignement sur l’inviolabilité, la sacralité, et la dignité de la personne humaine. Cependant, l’opposition à l’avortement et à l’euthanasie n’excuse pas l’indifférence envers ceux et celles qui souffrent de la pauvreté, de la violence, et de l’injustice. Toute pratique opposée à la vie elle-même, y compris toutes les sortes de meurtres, les génocides, l’avortement, l’euthanasie ou le suicide assisté, mais également toute violation de la dignité de la personne humaine, y compris la mutilation, les blessures infligées au corps ou à l’esprit, les tentatives de contraindre la volonté elle-même, quiconque insulte la dignité humaine y compris les conditions de vie moins qu’humaines, l’emprisonnement arbitraire, la déportation, l’esclavage, la prostitution, le trafic des femmes et des enfants, des conditions de travail honteuses où les gens sont traités comme des instruments de revenus plutôt que comme des personnes libres et responsables – toutes ces pratiques et beaucoup d’autres encore empoisonnent la société humaine. Dans les pays développés économiquement, les lois qui menacent la vie sont très répandues, et elles ont déjà façonnées les attitudes morales et les pratiques, contribuant ainsi à la propagation d’une mentalité antinataliste. De plus, de nombreuses tentatives sont faites afin d’exporter cette mentalité dans d’autres états en la présentant comme une sorte de progrès culturel.

Le suicide par euthanasie contredit la responsabilité fondamentale qui incombe à tous les êtres humains de se protéger les uns les autre, et d’améliorer la qualité de santé et de soin social que chaque vie humaine mérite, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. D’abord, la législation proposée par le gouvernement du Canada sur la mort assistée par un médecin menace les médecins, les infirmières et les infirmiers qui refuseraient de se conformer à perdre leurs emplois et pourrait provoquer la fermeture d’hôpitaux catholiques. Ensuite, les critères d’admissibilité du projet de loi fédéral n’apportent aucunes limites sur les façons dont le suicide assisté pourrait être proposé ou offert aux personnes vulnérables.

De plus, l’absence de protection du droit à la liberté de conscience au niveau fédéral pour les institutions et les professionnels de la santé qui refuseraient de participer au suicide assisté ou de référer vers un autre médecin signifierait que les régulateurs provinciaux pourraient établir des règlementations contradictoires qui résulteraient en une diminution du nombre de médecins et d’hôpitaux disponibles pour les Canadiens. Alors que notre système de santé requiert de plus en plus de ressources, le gouvernement fédéral ne devrait pas permettre des règlements qui pourraient faire diminuer le nombre de professionnels de santé conscients de leurs responsabilités professionnelles. Les lois qui feraient de la médecine un agent de mort sur demande constituent une violation claire de la sacrosainte obligation des fournisseurs de soins de santé de guérir ainsi que de la responsabilité des législateurs et des citoyens d’assurer et de fournir une protection pour tous, surtout pour ceux qui sont plus à risque.

Nous avons la responsabilité de combattre l’intrusion de l’euthanasie dans notre société – spécialement si nous comprenons notre obligation morale en tant que soignants des personnes ayant des incapacités, et notre obligation civique de protéger ceux et celles qui sont incapables d’exprimer leur volonté mais qui sont comme nous tous humains, vivants, et dignes de la protection de la loi. Il ne peut y avoir de vraie paix si la vie n’est pas défendue et promue de la conception à la mort naturelle, du berceau à la tombe.

(CNS photo/Paul Haring)

L’Euthanasie: une décision qui nous affectera tous!

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Du 8 au 15 mai prochains ce sera la semaine nationale pour la vie et la famille. Ce rendez-vous annuel est l’occasion de réfléchir et de discuter de la beauté de la vie humaine mais également de manifester son appui au respect de la dignité intrinsèque de celle-ci depuis la conception jusqu’à la mort naturelle. Pour l’occasion, le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Douglas Crosby, a publié une lettre dans laquelle il montre sa sollicitude devant les « innombrables défis auxquels sont confrontées nos familles ». Parmi ces défis, il y a évidemment le problème récurrent de l’avortement qui, selon la Constitution Gaudium et Spes du Concile Vatican II, « est un crime abominable » (no 3). Toutefois, à l’heure actuelle, la « culture de la mort » tant décriée par saint Jean-Paul II manifeste une nouvelle fois sa capacité à transformer négativement la société par l’introduction de la pratique de l’euthanasie. Il est important d’y réfléchir puisque, comme l’avortement, l’exécution par administration d’une substance létale a de grande chance, dans un proche avenir, de devenir pratique courante.

Comme le disait Mgr Crosby, « pour aggraver les choses, bien des gens dans notre société ont perdu leur chemin et ne savent plus vers qui se tourner. Nous n’avons qu’à penser au débat sur l’euthanasie et le suicide assisté qui secoue notre pays ». Nous nous sommes déjà interrogé sur les causes derrière l’engouement que suscitent les législations pro-euthanasie. Toutefois, comme le dit le pape François dans Amoris Laetitia, il est de mise de poursuivre notre réflexion sur les manières dont « l’euthanasie et/ou le suicide assisté constituent de graves menaces pour les familles dans le monde entier » (no48).

Dans un premier temps, l’euthanasie laisse croire qu’il existe une telle chose comme une vie qui ne vaut pas la peine d’être vécue. En effet, la dignité humaine et sa conséquence éthique qu’est l’interdiction de provoquer directement la mort d’une personne innocente ne dépend pas d’une qualité secondaire ou accessoire comme la couleur de la peau, l’âge, le sexe ou, dans le cas présent, le degré de souffrance. Au contraire, la dignité humaine est inhérente à la vie humaine elle-même. Ainsi, voter une loi comme le projet C-14 au fédéral ou 52 au Québec (maintenant loi 2)  ne revient pas uniquement à permettre l’injection d’une substance létale à une personne souffrante qui en fait la demande. NON ! Cette loi dévalorise la vie humaine de tous, vous et moi. En ce sens, lors du vote en faveur de cette loi, tous les députés ont votéCapture d’écran 2016-05-08 à 09.02.20 en faveur d’une relativisation de la dignité et de la valeur de la vie humaine. Nous sommes passés d’une société où la vie a une valeur absolue à une société où la valeur de la vie est relative. Or, comme disent les philosophes, entre le relatif et l’absolu, il y a l’infini. C’est pourquoi cette loi dévalorisante pour tous aura une infinité de conséquences désastreuses pour vous, moi, nos amis, nos enfants !

De cette première dévalorisation découlera une dégradation sociale considérable et à tous les niveaux. En effet, toutes les injustices, les crimes, la corruption, la pollution sont des conséquences d’un manque d’acceptation de la dignité humaine par ceux qui les commettent. Par exemple, une compagnie de produits chimiques sera d’autant plus soucieuse de la santé des habitants qui l’entourent qu’elle aura une haute estime de la valeur de leurs vies. Au contraire, une industrie dont les dirigeants ne reconnaîtraient pas la dignité humaine auront moins de scrupules à déverser des produits chimiques dangereux pouvant causer la mort. De même, quelqu’un ayant une haute perception de la dignité humaine n’ira jamais voler ou agresser une autre personne. Ainsi, puisque l’ordre social, la justice et la paix présupposent une protection et une éducation à la valeur absolue de la dignité humaine, une loi dévalorisante légitimant, même dans certains cas, la soit disant « aide médicale à mourir » aura de graves conséquences à ce niveau au point ou, si cela en vient à ce généraliser, notre société deviendra invivable.

Devant ce constat dramatique, nous ne devons pas désespérer puisque nous ne sommes pas seuls et nous ne devons pas avoir peur : «  ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps » (Mt 10, 28). Ainsi comme le dit Mgr Crosby : [Read more…]

La Vie Humaine est sacrée et inviolable

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Réflexions pour nous guider lorsque nous marchons et travaillons pour la vie

Le 11 avril 2014, le Pape François s’est adressé au mouvement italien pour la vie avec des paroles provocantes :

« Nous le savons, la vie humaine est sacrée et inviolable. Tout droit civil repose sur la reconnaissance du premier droit fondamental, le droit à la vie, qui n’est subordonné à aucune condition, ni qualitative ni économique, et encore moins idéologique. « De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue… On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route la culture du “déchet” qui est même promue» (Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 53). Et ainsi, la vie elle aussi est mise au rebut. Un des risques les plus graves auxquels notre époque est exposée, est le divorce entre l’économie et la morale, entre les possibilités offertes par un marché pourvu de toutes les nouveautés technologiques et les normes éthiques élémentaires de la nature humaine, toujours plus négligées. Il faut donc réaffirmer la plus ferme opposition à tout attentat dirigé contre la vie, en particulier innocente et sans défense, et l’enfant à naître dans le sein de sa mère est l’innocent par antonomase. Rappelons les paroles du Concile Vatican ii : « La vie doit donc être sauvegardée avec un soin extrême dès la conception : l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables » (Const. Gaudium et spes, n. 51). »

Aujourd’hui, nous vivons au milieu d’une culture qui renie la solidarité et qui prend la forme d’une « culture de la mort. » Cette culture est activement favorisée par de puissants courants culturels, économiques, et politiques qui encouragent l’idée d’une société concentrée exclusivement sur l’efficacité.

C’est une guerre des puissants contre les faibles. En effet, il n’y a pas de place dans notre monde pour certains, comme les bébés à naître ou les mourants. Beaucoup de ceux et celles qui constituent les éléments faibles de notre structure sociale, qui sont radicalement dépendants, qui se trouvent complètement à la merci des autres et qui, souvent, ne peuvent communiquer que par le langage silencieux d’une affection profonde son exclu a priori.

L’avortement est la blessure la plus sérieuse infligée, non seulement aux personnes et à leurs familles sensées fournir un sanctuaire pour la vie, mais aussi à la société et à sa culture, par les mêmes personnes qui sont sensées être ses promoteurs et ses défendeurs. Comment pourrions-nous oublier les paroles du Pape Benoit XVI à la cérémonie d’ouverture des Journées Mondiales de la Jeunesse 2008 à Sydney, Australie le 17 juillet 2008 ?

« C’est ainsi que nous sommes amenés à réfléchir sur la place qu’occupent dans nos sociétés les indigents, les personnes âgées, les immigrés, les sans voix. Comment se fait-il que la violence domestique afflige tant de mères et d’enfants ? Comment se fait-il que l’espace humain, le plus beau et le plus sacré qu’est le sein maternel, soit devenu un lieu de violence indicible ? »

De même, pouvons-nous oublier ce que le Pape François a écrit dans son exhortation apostolique Evangelii gaudium (no. 214) :

« Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine. Mais il est vrai aussi que nous avons peu fait pour accompagner comme il convient les femmes qui se trouvent dans des situations très difficiles, où l’avortement se présente à elles comme une solution rapide à leur profonde angoisse, en particulier quand la vie qui croît en elles est la conséquence de violence, ou vécue dans un milieu d’extrême pauvreté. Qui peut ne pas comprendre ces situations si douloureuses ? »

L’éthique cohérente de la vie de l’Église Catholique

L’éthique de la vie de l’Église catholique romaine est cohérente et intégrale. L’Église offre un enseignement sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de la personne humaine. Cependant, l’opposition à l’avortement et à l’euthanasie n’excuse pas l’indifférence envers ceux et celles qui souffrent de la pauvreté, des la violence, et de l’injustice. Toute pratique opposée à la vie elle-même, y compris toutes les sortes de meurtres, les génocides, l’avortement, l’euthanasie ou le suicide assisté, mais également toute violation de la dignité de la personne humaine, y compris la mutilation, les blessures infligées au corps ou à l’esprit, les tentatives de contraindre la volonté elle-même, quiconque insulte la dignité humaine y compris les conditions de vie moins qu’humaines, l’emprisonnement arbitraire, la déportation, l’esclavage, la prostitution, le trafic des femmes et des enfants, des conditions de travail honteuses où les gens sont traités comme des instruments de revenus plutôt que comme des personnes libres et responsables – toutes ces pratiques et beaucoup d’autres encore empoisonnent la société humaine. Dans les pays développés économiquement, les lois qui menacent la vie sont très répandues, et elles ont déjà façonnées les attitudes morales et les pratiques, contribuant à la propagation d’une mentalité antinataliste. De plus, de nombreuses tentatives sont faites afin d’exporter cette mentalité dans d’autres états en la présentant comme une sorte de progrès culturel.

« L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement » a écrit le Pape Benoit dans son encyclique Caritas in veritate. « Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent » (no. 28). Le Saint Père a résumé globalement la crise économique actuelle d’une manière remarquable avec ces paroles : « Les coûts humains sont toujours aussi des coûts économiques et les dysfonctionnements économiques entraînent toujours des coûts humains » (no. 32).

Les problèmes brûlants d’actualité que sont la promotion de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, doivent être placés au haut des priorités de l’agenda de toutes les responsables politiques, peu importe leur parti ou leur situation sur l’échiquier politique. Il ne faut pas croire qu’il ne s’agisse ici que des préoccupations de l’extrême droite ! Plusieurs personnes, aveuglées par leur sens de la justice et leur propre zèle, ont entaché la cause que nous devons tous défendre avec chaque once de notre énergie.

L’élan économique vers l’euthanasie

Si nous regardons attentivement les grands drames du siècle dernier nous voyons que, tandis que le libre marché a renversé le communisme, le consumérisme à outrance et le matérialisme ont infiltré nos sociétés et nos cultures. Aujourd’hui, les populations vieillissantes, surtout en occident, avec la conséquence d’une réduction importante de la population active, créent un élan économique vers l’euthanasie. Comme le disait saint Jean-Paul II: « le droit de mourir conduira inévitablement à l’obligation de mourir. »

La plupart des gens qui pensent que l’euthanasie et le suicide assisté devraient être légalisés n’ont pas considéré le problème dans sa complexité. Ils considèrent d’abord l’autonomie et le choix personnel. Ils pensent à la possibilité de devenir impotent et considèrent qu’une telle vie est indigne et sans valeur. Peut-être considèrent-ils les personnes sévèrement handicapées comme n’ayant aucune qualité de vie ? Notre dignité et notre qualité de vie ne viennent pas de nos capacités ou de nos incapacités. La dignité et la qualité de vie n’est ni une question d’efficacité, ni une question de productivité. Elles viennent d’un lieu plus profond, celui de notre identité de personne et de notre capacité relationnelle. La vraie compassion nous amène à partager la peine de l’un et de l’autre, pas à tuer la personne dont nous ne pouvons pas supporter la souffrance.

Dans son exhortation apostolique le plus récente, Amoris Laetitia, le Pape François a écrit (no. 48) :

« La fragilité et la dépendance de la personne âgée sont parfois exploitées de façon inique pour de purs avantages économiques. De nombreuses familles nous enseignent qu’il est possible d’affronter les dernières étapes de la vie en mettant en valeur le sens de l’accomplissement et de l’intégration de l’existence tout entière dans le mystère pascal. Un grand nombre de personnes âgées sont accueillies dans des structures ecclésiales où elles peuvent vivre dans un milieu serein et familial sur le plan matériel et spirituel. L’euthanasie et le suicide assisté constituent de graves menaces pour les familles dans le monde entier. Leur pratique est devenue légale dans de nombreux États. L’Église, tout en s’opposant fermement à ces pratiques, ressent le devoir d’aider les familles qui prennent soin de leurs membres âgés et malades. »

Pro Vie 2

Ce qui est mal avec l’avortement, l’euthanasie, la sélection embryonnaire, et la recherche embryonnaire n’est pas les motivations de ceux et celles qui les défendent. Bien que souvent ces motivations sont, en surface, compatissantes comme c’est le cas, par exemple, lorsqu’on tente de protéger un enfant non désiré, de mettre fin à la peine et à la souffrance ou d’aider un enfant atteint d’une maladie mortelle. La terrible vérité est que, dans tous ces cas, c’est que les forts décident du destin des faibles. Des êtres humains deviennent des instruments dans les mains d’autres êtres humains.

Être pro-vie est l’une des expressions les plus profondes de notre baptême. En effet, nous devons nous élever comme les filles et les fils de la lumière qui, avec humilité et charité, pleins de conviction, expriment la vérité avec la fermeté. Avec conviction et détermination, nous ne perdrons jamais la joie et l’espérance. Être pro-vie n’est ni une activité pour un parti politique, ni pour une partie spécifique de la société. Être pro-vie est une obligation pour tout le monde : la gauche, la droite, et le centre ! Si nous sommes pro-vie, nous devons nous engager dans la culture qui nous entoure, et ne pas le maudire. Nous devons voir les autres comme Jésus les voit, et nous devons les aider à vivre, même ceux et celles qui s’opposent à nous. Marcher pour la vie à Ottawa, à Washington, et dans tant d’autres villes du monde signifie que nous défendons toute vie humaine, et que nous n’avons pas une vue partielle de cette cause. Luttons pour une éthique cohérente et intégrale de la vie humaine, du berceau à la tombe. Être pro-vie aujourd’hui est vraiment prophétique, et cela provoquera un progrès authentique et une paix durable dans notre monde.

P. Thomas Rosica, c.s.b.
Président-directeur général
Fondation catholique Sel et Lumière média

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Marchons pour la Vie : la Marche nationale s’en vient !

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Jeudi, le 12 mai 2016, des milliers de gens se rassembleront à Ottawa pour témoigner de la sacralité de la vie humaine. Chaque année, le Campaign Life Coalition organise la Marche nationale pour la Vie. Cet événement réunit les partisans pro-vie de tout le pays afin de manifester leur position en faveur de la vie ainsi que leur opposition aux différentes menaces que sont l’avortement et l’euthanasie.

Sel et Lumière sera sur la Colline du Parlement à Ottawa tout au long de la journée de la Marche afin de couvrir cet évènement en français et en anglais sur nos ondes et sur nos réseaux sociaux. Vous pouvez trouver plus des détails ci-dessous ou visitez le site web de Campaign Life Coalition pour plus des renseignements.

Dans sa lettre encyclique Evangelium vitae, Saint Jean-Paul II avait lancé l’appel suivant : « à tous et à chacun, au nom de Dieu : respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine ! C’est seulement sur cette voie que tu trouveras la justice, le développement, la liberté véritable, la paix et le bonheur ! » (no. 5) La Marche nationale pour la vie est une réponse à cet appel et en même temps son héraut puisqu’elle est une occasion en or pour célébrer la vie haut et fort contre ce qui la tente de la dénigrer ou de la détruire.

La Marche nationale pour la Vie 2016 commencera mercredi le 11 mai en soirée avec une messe pro-vie, des temps de prière, et l’adoration eucharistique jusqu’à 7 heures le matin. Des messes seront également célébrées jeudi matin avant la manifestation sur la colline parlementaire prévue à midi. Des évêques canadiens, des membres du caucus parlementaire pro-vie, et des dirigeants d’organismes pro-vie seront présents à la manifestation, et s’adresseront à la foule. Il y aura aussi des musiciens pro-vie pendant la Marche elle-même à travers les rues du centre-ville d’Ottawa. La journée se conclura par le Banquet Rose et le Banquet des Jeunes, et sera suivie d’une conférence des jeunes le lendemain, vendredi 13 mai.

Horaire des événements

Mercredi 11 mai 2016

19h30 : Messe Pro-Vie et Vigile de Prière

Paroisse Saint-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus – Messe catholique

95 Rue Somerset Ouest

Église Orthodoxe Christ the Saviour – Vigile de prière
721 Rue Somerset Ouest

21 h Veillée aux chandelles
Hommage canadien au mouvement de droits humains, Rues Elgin et Lisgar

22 h à 7 heures : ADORATION EUCHARISTIQUE

  Adoration du Saint Sacrement pendant toute la nuit, jusqu’à la messe de 7 heures.

Basilique Saint-Patrick, 220 Rue Kent, au sous-sol Scavi, entrée rue Gloucester ou rue Nepean.

Jeudi 12 mai 2016 

10 h : Messes et Prières Pro-Vie

Cathédrale Notre-Dame – Messe catholique (bilingue)
95 Sussex Drive, Ottawa

Basilique Saint-Patrick – Messe catholique (anglais)
220 Kent Street, Ottawa

Paroisse Saint-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus – Messe catholique (bilingue)
95 Rue Somerset Ouest, Ottawa

Cathédrale Saint-Joseph –  Messe catholique (français)
245 Boul. St-Joseph, Gatineau (Secteur Hull)

Église anglicane Saints-Pierre-et-Paul – Prière œcuménique (anglais)
152 Rue Metcalfe, Ottawa

Prière luthérienne (anglais) Location à venir

Prière reformée (anglais)
 Église First Baptist, 140 Rue Laurier, Ottawa (a la rue Elgin)
Présentée par ARPA Canada et par Jubilee Church

12 h MANIFESTATION SUR LA COLLINE PARLEMENTAIRE

Discours par
-des membres des caucus parlementaires pro-vie
-des religieux et des évêques catholiques
-Jim Hughes, Président national, Campaign Life Coalition
-Musique par les musiciens pro-vie

13h30 MARCHE NATIONALE DANS LES RUES DU CENTRE-VILLE

14h45
      Silent No More Awareness Campaign,  Témoignages d’ hommes et de femmes à propos d’un avortement (escalier de la colline parlementaire).

16h
      Prière de clôture par l’Aumônerie catholique d’Orient d’Ottawa, colline parlementaire

18h Banquet Rose
Célébrez la VIE avec plusieurs autres partisans pro-vie à ce banquet prestigieux. Rencontrez des héros méconnus et écoutez leurs témoignages inspirants.
Conférencier d’honneur : Obianuju Ekeocha
Location : Ottawa Conference & Event Centre (auparavant connu comme The Hampton Inn Ottawa)
Prix : 90 $
Appelez 1-800-730-5358 ou 1-613-729-0379 ou 1-416-204-9749.

18h Banquet des Jeunes (exclusivement pour les jeunes et leurs accompagnateurs)    
Conférencier d’honneur : à déterminer
Location: Ottawa Conference & Event Centre (auparavant connu comme The Hampton Inn) 200 Coventry  Road, Ottawa, ON
Prix : 45 $ pour les étudiants et 75 $ pour les professeurs et les accompagnateurs
Commandez les billets par téléphone au Niagara Region Right to Life1-800-730-5358 ou 1-613-729-0379 ou 1-416-204-9749. Pour les réservations des groupes, contactez YOLI a 1-800-730-5358 ou par courriel à l’adresse yoli@campaignlifecoalition.com.

Vendredi 13 mai 2016

Conférence des Jeunes

7h30 Messe catholique

8h00 à 15h00 Conférences des Jeunes et Ateliersun atelier interactif pour les jeunes, conçu pour leur fournir la connaissance et les stratégies nécessaires pour retourner dans leur communauté et combattre la culture de la mort, en la transformant en une culture de la vie, une personne à la fois.

Apprendre de nos conférenciers experts comment amener le message pro-vie dans votre école, maison, et communauté.

Location : Ottawa Conference & Event Centre (auparavant connu comme The Hampton Inn), 200 Rue Coventry, Ottawa, ON

 Pré-inscription nécessaire : 45 $ pour les jeunes et 45 $ pour les professeurs et les accompagnateurs. Le prix inclut le petit déjeuner, une pause-café, et le dîner.
Pour les réservations de groupes, contactez YOLI au 1-800-730-5358 ou par courriel à l’adresse yoli@campaignlifecoalition.com. Pour plus d’information, contactez Niagara Region Right to Life a 1-905-481-0510.

(Horaire des évènements fourni par campaignlifecoalition.com)