D’un défi à l’autre: quand le Service nous appelle

Par Sébastien Lacroix 

Vous l’avez peut-être appris mardi sur Zoom: notre collègue Jasmin fait l’objet d’un prêt de service au Congrès eucharistique internationale de Québec. Avec sa petite famille, il s’installera temporairement à Québec pour prêter main forte à l’équipe organisatrice du CEI 2008. Il va sans dire que Jasmin assurera le lien privilégié entre le CEI et Sel  Lumière en vue de notre grande couverture des événements de juin prochain.

Jasmin est l’une des figures les plus connues de S+L et certainement un pilier de la programmation française. Il assurait également le leadership en marketing pour la station. Il connait à fond le domaine des communications et a une expérience d’Église sans pareil, ayant travaillé dans son domaine tant pour l’Église catholique à Québec qu’au JMJ de Toronto en 2002.

Toute l’équipe de Télévision Sel + Lumière se réjouit pour Jasmin. Nos prières t’accompagnent, ainsi que ta famille, alors que tu t’apprêtes à relever un beau défi! N’oublie pas de nous revenir en juillet.

Tous, nous pouvons prier pour le succès de cet événement important dans la vie de notre Église.

Et si, chers lecteurs, vous voulez suivre pas à pas les préparatifs à cet célébration, rendez-vous au cei2008.ca  Pas encore inscrit? Vous pouvez encore profiter du tarif réduit jusqu’au 15 février…

Il a fallu quarante jours…

Par le père Thomas Rosica, C.S.B.

Le mercredi des Cendres, le 6 février, l’Église commence son grand itinéraire de carême avec Jésus sur le chemin de Jérusalem. Depuis des siècles, le carême est un itinéraire et une expérience spirituelle très intense pour les disciples de Jésus-Christ. Pourquoi y a-t-il quarante jours dans le carême ? Il a fallu quarante jours pour noyer l’immoralité dans les flots avant une nouvelle création dont pouvait hériter la terre. Il a fallu quarante ans pour que la génération d’esclaves meure avant que la nouvelle génération puisse entrer dans la Terre Promise. Pendant quarante jours Moïse, Élie et Jésus ont jeûné et prié pour se préparer à l’œuvre de leur vie.

Le carême nous invite à nous détourner de nous-mêmes, de notre péché, et à nous réunir en communauté. L’abnégation est le moyen d’exprimer notre repentance. Selon l’Évangile de saint Matthieu l’abnégation est triple. Nous prions : « Va dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père dans le secret ». Nous jeûnons : « Nul ne doit voir que vous jeûner mais votre Père ». Nous donnons l’aumône : « Gardez vos actes de miséricorde secrets, et votre Père qui voit ce que vous faites dans le secret vous le rendra ». Durant les exercices de carême, par la prière, le jeûne et l’aumône, nous remettons notre vie en ordre et nous aiguisons nos sens, pour désirer et pour faire advenir le règne de Dieu parmi nous.

De ces trois pratiques de carême, le jeûne est aujourd’hui ouvert aux plus mauvaises interprétations. Le jeûne est devenu une pratique ambiguë. Dans l’antiquité, seul le jeûne religieux était connu ; aujourd’hui, un jeûne politique et social existe (grève de la faim), un jeûne pour la santé ou idéologique (végétarien), un jeûne pathologique (anorexie), un jeûne esthétique (le culte du corps mince). Malheureusement, il y a avant tout un jeûne forcé : celui de millions d’êtres humains qui manquent du minimum indispensable et qui meurent de faim.

Ces jeûnes n’ont pas de raisons religieuses ou esthétiques en eux-mêmes. Un jeûne esthétique peut parfois « mortifier » le péché de gourmandise dans l’unique but d’obéir à un autre péché capital, celui de la fierté ou de la vanité. Le jeûne en lui-même est quelque chose de bon et souhaitable. Il traduit des attitudes religieuses fondamentales : la révérence à Dieu, la reconnaissance de ses péchés, la résistance aux désirs de la chair, et le souci de la solidarité avec les pauvres… Toutefois, comme pour toutes choses humaines, il peut être détourné par « les présomptions de la chair ». Les mots du pharisien dans le Temple nous le rappellent : « Je jeûne deux fois par semaine » (Lc 18 : 12).

Le carême est le temps qui nous fait découvrir la signification de la discipline et des dévotions de notre tradition catholique. Qu’avons-nous fait de l’importante pratique du jeûne pendant le carême ? Si Jésus était ici pour parler à ses disciples d’aujourd’hui, sur quoi mettrait-il le plus l’accent ? Nous considérons comme plus important la nécessité de « partager le pain avec celui qui a faim et vêtir celui qui est nu ».  Nous avons en fait honte d’appeler « jeûne » le fait d’être au pain et à l’eau – ce qui serait pour nous le comble de l’austérité quand pour des millions de gens, ce serait déjà un luxe extraordinaire, surtout s’il s’agit de pain frais et d’eau pure.

Le jeûne nous aide à ne pas être réduit à de simple « consommateurs », il nous aide à acquérir le précieux « fruit de l’Esprit », qui est la « maîtrise de soi », il nous prédispose à la rencontre de Dieu. Nous devons nous  vider nous-mêmes afin d’être remplis par Dieu. Le jeûne crée une solidarité authentique avec des millions d’affamés à travers le monde. Nous ne devons toutefois pas oublier qu’il y a des formes alternatives au jeûne et à l’abstinence de nourriture. Nous pouvons jeûner du tabac et de l’alcool qui ne sont bons ni pour l’âme ni pour le corps. Il y a le jeûne des images de violence et de sexe dont la télévision, les films, les magazines et l’Internet nous bombardent chaque jour en maltraitant la dignité humaine. Il y a aussi le jeûne de la médisance et du rejet des autres : une pratique trop répandue dans l’Église d’aujourd’hui.

« C’est maintenant le moment favorable ! C’est maintenant le jour du salut ! » Nous avons besoin du carême pour nous aider à reconnaître que notre identité et notre mission ont pour racine la mort et la résurrection de Jésus. La prière, le jeûne et l’aumône sont les piliers du temps de carême pour les chrétiens. Le carême est un temps de jeûne de certaines choses mais aussi un temps de fête pour d’autres. Jeûne du mécontentement, de la colère, de l’amertume, de la préoccupation de soi, du découragement, de la paresse, de la suspicion et de la culpabilité. Fête de la gratitude, de la patience, du pardon, de la compassion pour les autres, de l’espérance, de l’engagement, de la vérité et de la miséricorde de Dieu. Le carême est un temps de jeûne et de fête !
 

Laissons la véritable œuvre de Noël commencer…

Par le père Thomas Rosica, c.s.b.

La fête de la présentation de Jésus dans le temple de Jérusalem est célébrée le 2 février, le quarantième jour après la naissance de Jésus. Cette fête a marqué la fin du temps de Noël depuis le 5ème siècle. Le récit d’un antique pèlerin chrétien à Jérusalem dit que cette fête était célébrée avec la même joie et la même ferveur que Pâques.

Dans le récit évangélique qui marque cette fête, les figures extraordinaires des vieux Siméon et Anne dans le Temple, à côté de celles de Marie et Joseph, sont des icônes ou des fenêtres pour nous sur les Écritures hébraïques. Siméon et Anne portent à l’intérieur d’eux-mêmes l’espérance de leur peuple. Le vieil homme Siméon, tenant l’enfant, et la vieille femme, Anne, représentent chacun de nous confronté à la « nouveauté » de Dieu. Cette nouveauté de Dieu est comme un petit enfant devant nous. Nos  vieilles manières de faire les choses, nos peurs, nos jalousies, nos soucis, nos luttes pour le pouvoir et le prestige, sont confrontés avec la bonté de Dieu. Siméon pris l’enfant Jésus dans ses bras, en disant :

 Maintenant, ô Maître,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix,
selon ta parole.
Car mes yeux ont vu ton salut,
que tu as préparé à la face de tous les peuples :
lumière pour éclairer les nations païennes,
et gloire d’Israël ton peuple.

Dans le Temple, Siméon et Anne nous engagent à considérer les moyens que nous mettons en œuvre pour le changement et la vie nouvelle au milieu de nous. Sommes nous prêt à prendre l’enfant dans nos bras, à l’accueillir, à préparer une chambre pour lui dans nos vies ? Laisserons-nous entrer cette nouveauté dans nos vies, ou allons nous essayer de mettre l’ancien et le nouveau ensemble en espérant que la nouveauté de Dieu ne nous causera qu’un dérangement minimal ? Ces nouvelles réalités nous font-elles peur ? Comment sommes-nous lumière et salut pour les autres? Comment voyons-nous la gloire de Dieu dans nos vies? Sommes-nous assoiffé de justice et paix ? Quelles sont les situations et les nouvelles personnes qui sont entrées dans nos vies ces derniers temps ?

Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Edith Stein), la carmélite allemande juive qui est morte dans le camp de concentration d’Auschwitz, a écrit ces mots à propos de la présentation de notre Seigneur dans le Temple de Jérusalem :

Les mystères chrétiens sont un tout indivisible. Si nous sommes immergés dans l’un d’eux, nous sommes conduits à tous les autres. Ainsi le chemin conduit inévitablement de Bethléem au Golgotha, de la crèche jusqu’à la croix. Lorsque la bienheureuse Vierge porta l’enfant au Temple, Siméon a prophétisé que son âme serait transpercée par une épée, que l’enfant provoquera la chute et le relèvement d’un grand nombre et qu’il sera un signe de contradiction. Sa prophétie annonçait la Passion, la lutte entre la lumière et les ténèbres qui avait déjà commencée devant la crèche.

Célébrer véritablement le mystère de Noël signifie nous immerger nous-mêmes dans tous les mystères du Christ. La vraie compréhension de Noël commence quand nous accompagnons l’enfant Jésus à Bethléem, à Nazareth, à Capharnaüm et jusqu’à Jérusalem. La prophétie de Siméon a en effet annoncé la passion, la lutte entre la lumière et les ténèbres qui commence devant la crèche à Bethléem. Mais en tant que Chrétiens, nous avons la consolation et la certitude que cette « lumière brille dans les ténèbres, et que les ténèbres ne l’ont pas arrêtée » (Jn 1, 5). Permettez-moi de vous laisser avec cette prière de la communauté de Shaker :

Quand le chant des anges s’éloigne,
quand l’étoile dans le ciel est passée,
quand les rois sont rentrés chez eux,
quand les bergers sont retournés avec leurs troupeaux
quand Siméon et Anne sont allés vers leur Maître dans la paix,
alors, l’œuvre de Noël commence :
pour trouver les perdus, pour guérir les brisés,
pour libérer les prisonniers, pour reconstruire les nations,
pour apporter la paix à tous les peuples,
pour mettre de la musique dans les cœurs.

Il n’est pas trop tard pour laisser la véritable oeuvre de Noël commencer dans nos vies et dans notre monde.

Saint Thomas d’Aquin : modèle de la Foi et de la Raison au travail

Par le père Thomas Rosica, C.S.B.

Saint Thomas d’Aquin est l’un des plus grands et des plus influents théologiens dans l’histoire de l’Église Catholique. Il est un exemple suprême de celui dont la vie et l’enseignement n’étaient qu’un. Il fut canonisé en 1323, puis déclaré Docteur de l’Église par le pape Pie V. Il est fêté le 28 janvier.

Selon la pensée de Saint Thomas, la raison humaine « respire » : elle se déplace à l’intérieur d’un vaste horizon ouvert où elle peut exprimer le meilleur d’elle-même. Si au contraire nous réduisons le champ de notre pensée aux objets matériels et à ce qui peut être prouvé, nous nous fermons aux grandes questions de la vie, à nous-même et à Dieu ; nous sommes appauvris.

La relation entre foi et raison  est un sérieux défi pour la culture actuelle qui domine dans le monde occidental. C’est pour cette raison que le pape Jean-Paul II a consacré une encyclique à ce sujet intitulée Fides et Ratio – Foi et Raison (1998). La foi présuppose la raison et la rend  plus parfaite, et la raison, éclairée par la foi, trouve la force de s’élever à la connaissance de Dieu et des réalités spirituelles. La raison humaine ne perd rien en s’ouvrant elle-même au contenu de la Foi, qui, en réalité, nécessite une adhésion libre et consciente.

Saint Thomas a su présenter une merveilleuse synthèse chrétienne de la raison et de la foi. C’est aujourd’hui pour la civilisation occidentale un grand patrimoine qui permet un dialogue efficace avec les grandes traditions culturelles et religieuses de l’Est et du Sud du monde.

En la fête de saint Nicolas de 1272, Thomas célébrait la messe quand un formidable changement survint en lui et après cela il n’écrit plus. Son secrétaire, frère Reginald s’en plaignait et Thomas lui dit : « Ces choses qui m’ont été révélées dans la prière et que j’ai écrite me semble être des ordures. Et maintenant dans le silence, je vais attendre la fin de ma vie. » Il avait 49 ans. Sur le chemin du Concile œcuménique de Vienne en France, le 1er mars, Thomas a été frappé par une branche d’arbre et il est mort sur la route. Quatre mois jour pour jour après avoir reçut la révélation sur son travail. Au cours de ces quatre mois il n’a rien écrit. C’était le silence et l’obscurité.

Bien que Thomas soit parfois perçu comme un auteur méthodique et analytique, il était, surtout dans ses dernières années, entré dans des périodes d’extases mystiques. Seul un mystique serait capable d’écrire des textes tels que l’adoro te devote, la prière d’action de grâce après la messe, et le Tantum Ergo. Ces hymnes et ces prières expriment avec éloquence l’unité transcendante accomplie dans ce mystère, dans lequel, comme GK Chesterton a dit, « chaque homme, prince ou pauvre, peut reconnaître le grandeur de sa vocation ».

Priez sans cesse…

Par Sébastien Lacroix

À partir d’aujourd’hui et ce pour les huit prochains jours, les chrétiens du monde entier sont invités à prier ensemble pour l’unité de toutes les églises.  Ce sont des chrétiens qui ont déchiré l’Église du Christ d’abord en 1054 – le grand schisme entre l’Église d’Orient et celle d’Occident. En octobre 1517, Martin Luther affichait ses 95 thèses à Wittenberg en réponse à une Église qui affirmait réduire le temps de purgatoire des fidèles moyennant une somme d’argent. Combien de gens ont payé, souvent au prix de leur vie, pour ces divisions entre fils et filles d’un même Seigneur?

Heureusement, nombreux sont les efforts de dialogue qui engagent des chrétiens de toutes les églises. Des accords importants ont depuis été signés sur certains aspects de la foi, comme le salut, alors que le rôle et la signification du successeur de Pierre demeure un point de division.

Des gestes symboliques ont été posés et demeurent dans l’imaginaire de plusieurs. Pensons à la rencontre entre Paul VI et le Patriarche Athénagoras 1er qui ont prié ensemble la prière du Christ « Que tous soient un », Jn 17. C’est justement par la prière qu’adviendra la réunion de tous les chrétiens. Car l’Unité des chrétiens ne relève pas de nous mais de l’Esprit de Dieu présent et agissant en nous. Ainsi, en discernant attentivement les signes de l’Esprit au sein des Églises, nous parviendrons, plus tôt que tard, à cette unité qui sera le véritable reflet de l’amour trinitaire.

Il y a cent ans, le Père Paul Wattson, prêtre épiscopalien (anglican) et cofondateur de la Society of the Atonement de Graymoor (à Garrisson, dans l’Etat de New York), inaugurait une Octave de prière pour l’unité des chrétiens qui fut célébrée pour la première fois du 18 au 25 janvier 1908. En 1968, exactement soixante ans plus tard, les Eglises et les paroisses du monde entier recevaient pour la première fois des textes pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, conjointement préparés par la Commission Foi et Constitution du Conseil oecuménique des Eglises et le Secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique).

Le passage biblique choisi pour la célébration du 100e anniversaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est tiré de la première lettre aux Thessaloniciens. Le texte « Priez sans cesse » (1 Th 5,17) souligne le rôle essentiel de la prière dans la vie de la communauté des croyants car elle donne à ses membres d’approfondir leur relation au Christ et aux autres. Ce passage fait partie d’une série d’ ‘impératifs’, des déclarations par lesquelles Paul encourage la communauté à vivre de l’unité que Dieu nous donne en Christ, à être dans la pratique ce qu’elle est dans le principe : le corps unique du Christ, visiblement uni en ce lieu.

                                                    Tiré du livret pour la semaine de prières pour l’unité des chrétiens 2008 du Conseil oeucuméniques des églises

Au cours de la semaine qui vient, offrons au Seigneur nos brisures et en même temps nos désirs d’unité. Joignons-nous à ce grand mouvement de prière qui permettra qu’un jour, nous ne fassions qu’un.

Au travail!

Par Sébastien Lacroix

Le sort était jeté déjà l’automne dernier, suite à l’annonce par le Saint-Siège d’une visite du pape aux États-Unis en avril 2008. Un grand voyage qui mènera Benoît XVI de la Maison Blanche aux Nations-Unis, où il prononcera un important discours. Auparavant, le Saint-Père avait déjà annoncé aux jeunes qu’il les retrouverait à Sydney à la fin juillet, et on ne renie pas une promesse faite aux jeunes. Malgré cela, le cardinal Marc Ouellet a joué le tout pour le tout en novembre dernier: lettre du premier ministre du Québec, pétition de quelques milliers de Québécois alors que la majorité d’entre-eux tournent le dos à leurs racines chrétiennes:  tout pour convaincre le pape de venir à Québec en juin prochain.

Enfin voici un extrait de la réponse qu’a reçue l’archevêque de Québec il y a déjà quelques jours :

En raison d’un calendrier déjà très chargé et de la proximité des J.M.J. à Sydney, le Saint-Père m’a demandé de vous informer qu’à son grand regret, il ne peut accepter votre invitation à participer au Congrès eucharistique de Québec. Il peut éventuellement être envisagé que le Pape adresse un message au moyen d’une vidéoconférence au moment le plus opportun qu’il conviendrait de définir avec vous.

L’idée d’une vidéoconférence n’est pas mauvaise du tout. Et le cardinal Ouellet s’est empressé d’en demander non pas une, mais deux. Outre une transmission à la messe de clôture sur les plaines, l’archevêque a demandé une rencontre vidéo entre le pape et les jeunes qui seront réunis au Colisée Pepsi. Comment refuser?

Certes, il y a bien des gens déçu ce soir. Une visite du pape a Québec aurait certainement donné de l’envergure tant au Congrès eucharistique qu’aux fêtes du 400e de Québec. Et d’aucuns savent que le Saint-Père n’aurait pas manqué de fouetter le moral de ses troupes en les invitant à retourner à leurs racines chrétiennes.

C’est justement-là l’une des raisons pour lesquelles d’autres ont eu un soupir de soulagement ce matin. Beaucoup au sein de l’Église au Québec estiment qu’ils en ont déjà plein les bras et qu’une visite de Benoît XVI viendrait jeter de l’huile sur le feu. C’est sous estimer la figure du pape et son ministère d’Unité au sein de l’Église. Benoît XVI demeurera toujours influencé par Joseph Ratzinger, mais il demeure le successeur de Pierre, et nous croyons que l’Esprit de Dieu sait le guider dans la direction de l’Église.  

Quant au congrès lui-même, il ne perd aucunement sa pertinence pour Québec. Divers événements et rencontres sont prévus entre le 15 et le 22 juin. Des catholiques du monde entier débarqueront alors dans ce berceau de l’Amérique française. Espérons que l’enthousiasme de ces gens se fera sentir chez les Québécois frileux de leur héritage.

Le choc de la déception passé, les membres du comité organisateur du Congrès doivent maintenant retrousser leurs manches et redoubler d’ardeur afin que l’événement de juin prochain soit rassembleur et puissent ébranler l’incrédulité de ceux et celles qui doutent.

Ce baptême qui nous pousse à aller vers les autres

Par le père Thomas Rosica, c.s.b.

 

Le thème de l’épiphanie du Christ – de Jésus inaugurant sa mission divine sur la terre – parvient  à son accomplissement au jour du Baptême du Seigneur, que nous célébrons cette année le 13 janvier. La belle antienne de la prière du soir de la fête de l’Épiphanie (dimanche dernier) dit : « Nous célébrons trois mystères en ce jour : aujourd’hui l’étoile à conduit les mages vers la crèche ; aujourd’hui l’eau fut changée en vin aux noces de Cana ; aujourd’hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver. » Chaque événement est accompagné d’une théophanie, une preuve évidente de l’intervention divine. L’étoile, l’eau changée en vin, la voix venant du ciel et la colombe. Aujourd’hui nous assistons au baptême du Seigneur, celui dans lequel nous sommes nous-mêmes baptisés.

Le mot « épiphanie »  signifie « manifester ». Les épiphanies, grandes ou petites, sont plutôt des évènements privés, mais des évènements d’une grande portée pour les  témoins. Essayer de comparer les détails avec une autre épiphanie est compliqué ; les mots ne sont jamais tout à fait justes, et même l’auditeur le plus sympathique ne peut pas pleinement combler l’écart entre la description et l’évènement lui-même. Beaucoup d’entre-nous tenons notre expérience du sacré de nous-mêmes. Qui pourrait le croire ? Et qui pourrait vraiment comprendre? L’ironie est que les épiphanies sont faites pour partager, même si celles-ci sont impossibles à communiquer pleinement.

La puissance de la présence de Dieu dans notre expérience quotidienne ne doit pas être conservée pour nous-mêmes. Même si personne ne peut la comprendre complètement, nous devons essayer de la partager. Bien que nous devons être satisfaits d’avoir fait nous-mêmes l’expérience de l’épiphanie, il y aura toujours en nous un désir pour les rapports humains.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus est bien le Serviteur du Seigneur, qui a reçu l’Esprit de Dieu pour pourvoir aux besoins de son peuple. Dans la scène du baptême, Matthieu (3, 13-17) ne montre pas seulement la relation intime entre le Père et le Fils, mais aussi les conséquences de cette relation. Le croyant est le serviteur de tous. Selon Matthieu, quand Jésus sort, trempé, des eaux du Jourdain, Jean est déjà en train de procéder au baptême suivant alors que la foule est en repentir. Jésus seul voit l’Esprit descendant sur des ailes de lumière et rester sur sa tête trempée. Lui seul entend la bienheureuse voix de Dieu l’appelant Fils Bien-aimé.  L’expérience le conduit dans le désert pendant 40 jours, seul, pour affûter sa vocation. Pas étonnant que lorsqu’il rentre pour débuter son ministère, l’une de ses premières actions est d’appeler ses disciples. C’en est assez de la solitude ! C’est le moment d’avoir de la compagnie!

En recevant la vie du Christ dans le baptême, nous chrétiens sommes appelés à soutenir la vie de l’Église. La foi implique le souci des autres. Comme le serviteur dans la lecture d’Isaïe d’aujourd’hui (Is 42, 1-4.6-7), nous devons remplacer les ténèbre par la lumière. Comme le Serviteur dans Matthieu, nous devons remplacer la douleur par la guérison. Loin d’être un don purement privé, la foi est une responsabilité commune.

Alors que j’étudiais à Rome, je suis tombé sur une histoire datant de l’Église primitive qui est très appropriée pour nous en cette fête. Au troisième siècle, Cyprien de Carthage écrivait à son amis Donatus : « C’est un monde mauvais, Donatus, dans lequel nous vivons. Mais au milieu de lui, j’ai découvert un groupe de personnes calme et saint. Ce sont des gens qui ont trouvé un bonheur qui est mille fois plus joyeux que tous les plaisirs de nos vies pécheresses. Ces personnes sont méprisées et persécutées, mais cela n’a pas d’importance pour elles. Ce sont des chrétiens Donatus, et moi je suis l’un d’eux. »

En nous rappelant du baptême de Jésus dans le Jourdain et de notre propre baptême, puissions-nous, nous aussi, nous lever debout et être compter du nombre. Prions pour que notre propre baptême nous aide à être lumière pour les autres et pour le monde, et nous donne le courage d’être différent, d’être compté parmi les amis de Jésus.

Le baptême – mystère et espérance du monde à venir – est le plus beau des dons de Dieu, nous invitant à devenir disciples du Seigneur. Il nous fait entrer dans l’intimité de Dieu, dans la vie trinitaire, dès aujourd’hui et jusque dans l’éternité. Il est une grâce donnée au pécheur, qui nous purifie du péché et nous ouvre un avenir nouveau. Il est un bain qui lave et qui régénère. Il est une onction, qui nous conforme au Christ, Prêtre, Prophète et Roi. Il est une illumination, qui éclaire notre route et lui donne tout son sens. …Revêtus de blanc au jour de notre baptême, comme nous le serons au dernier jour, nous sommes appelés à en garder chaque jour l’éclat et à le retrouver grâce au pardon, à la prière et à la vie chrétienne. Le Baptême est le signe que Dieu nous a rejoints sur notre route, qu’il embellit notre existence et qu’il transforme notre histoire en une histoire sainte. »

Jean-Paul II
JMJ de Paris, 1997

Debout pour célébrer!

Par Benoît Lévêque 

 

Du 28 décembre 2007 au 1er janvier 2008 se tenait à Calgary Rise Up, la conférence nationale du CCO (Catholic Christian Outreach), un mouvement étudiant anglophone qui œuvre dans les universités canadiennes. Pour l’occasion, près de 500 jeunes venus de 60 collèges et universités de tout le Canada se sont rassemblés autours du thème : « La renaissance de l’Espérance ».

Venant de France, c’était la première fois que je rencontrais ce mouvement. Je dois dire que ce fut une heureuse découverte. Le CCO est un réseau d’équipes d’étudiants qui témoignent de leur Foi dans les universités. Il connaît une croissance rapide et fêtera ses 20 ans cette année.  Pendant 4 jours j’ai participé à cet évènement  annuel où des jeunes se retrouvent pour prier, se former, partager leur foi et pour fêter l’entrée dans la nouvelle année. J’ai vu des chrétiens heureux qui n’ont pas peur de mettre le Christ au cœur de leurs vies. Ils s’engagent tout au long de l’année dans les universités pour transmettre l’Évangile à leur génération. Certains parmi eux suivent une formation plus longue pour devenir missionnaire à plein temps sur les campus.

Dans un contexte où témoigner de sa foi est difficile, je pense que la structure et les outils du CCO répondent bien au désir d’évangélisation des jeunes catholiques. Plusieurs évêques présents sont intervenus au cours de conférences sur le thème de l’Espérance. Il me semble que ce thème a été apprécié. Alors qu’un courant de pensée voudrait que la jeunesse soit définitivement éloignée de l’Église, la réponse enthousiaste de ces étudiants montre qu’il n’en est rien. Je peux témoigner qu’il s’agit de jeunes « normaux » qui sont capable de réfléchir et d’être réaliste, mais leur Espérance les pousse à aller de l’avant. Ils ont remarqué que  beaucoup de jeunes ne sont pas croyants simplement parce qu’ils n’ont pas rencontré de témoins. Aujourd’hui, ils répondent avec joie aux appels pour une nouvelle évangélisation de Jean-Paul II et de Benoît XVI.

Je dois dire que les jeunes que j’ai vu durant ces quelques jours m’ont permis d’avoir une opinion très positive sur le CCO. Prochainement le CCO prendra part au Congrès Eucharistique de Québec en organisant une mission intitulée « Rencontrer Jésus » qui se tiendra du 4 mai au 24 juin 2008. Vous pourrez peut-être rencontrer ces jeunes témoins à cette occasion.

La vraie joie et le vrai espoir nous viennent du Christ

Par le père Thomas Rosica, c.s.b. 

J’ai toujours aimé le récit biblique des Rois mages cherchant le Christ dans l’Évangile de Matthieu [2, 1-12]. À la maison, dans leur pays éloigné, les trois étrangers, probablement des astrologues, avaient tout le confort d’une vie princière, mais quelque chose manquait, ils étaient agités et insatisfaits. Ils étaient des chercheurs, non satisfaits du monde tel qu’ils le connaissaient; ils ont espéré qu’un nouveau leader soit quelqu’un qui puisse faire du monde une meilleure place pour vivre. Ils avaient le courage de parier leur vie, leur confort et leur réputation en partant sous les cieux gris d’hiver, suivant la lumière d’une nouvelle étoile dans le ciel qui les mènerait à la Vérité et la Vie.

Comme vous pouvez voir, l’histoire de l’Évangile de Matthieu est remplie de contrastes extraordinaires des gens, des lieux et des situations : des gens – Hérode souverain tyrannique, des Rois mages simples qui cherchent la vérité, des gens qui semble s’élever avec l’appui de leur dirigeant despotique; des lieux – la petitesse de Bethléem et la splendeur de Jérusalem; des attitudes – simplicité et joie, inquiétude, jalousie et menace.

Au centre de l’histoire entière, frappée de contrastes, se trouve un bébé qui est la joie. Hérode a peur de cette « grande joie pour tout le peuple. » À ceux qui sont sensibles aux signes des temps et des lieux, l’arrivée de Jésus est une invitation à se risquer et à s’engager dans un voyage de foi. À la fin, les Rois mages ont suivi leur propre voie, et parce qu’ils ont refusé d’être séduits par le cynisme, parce qu’ils se sont permis d’être étonnés par cette grande joie, l’étoile, à la suite de laquelle ils s’étaient engagés, est apparue de nouveau.

Cette histoire du voyage des Rois mages, est non seulement la description des conditions dans lesquelles Jésus est né, mais aussi la description de tant de gens dans notre monde contemporain.

La vraie joie nous vient du Christ.  C’est lui notre espoir.  Celui-là même pour qui les prophètes n’ont cessé de marcher. Celui-là même que les Rois mages ont adoré, Celui pour qui les martyrs ont témoigné en donnant leurs vies.  Adorons-le cette année avec des coeurs simples et ouverts.

De la part de nous tous à Sel et Lumière, je vous souhaite une nouvelle année comblée de joie, de paix et l’espoir que Dieu seul nous donne.

À qui le Salut de Dieu s’étend-il?

Par le père Thomas Rosica, c.s.b.,
Directeur général de Télévision Sel et Lumière

Ceux parmi nous qui attendent une histoire familiale de Noël sont surpris d’entendre Matthieu commencer abruptement son récit de l’enfance du Christ avec ces mots : « Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ.» Où est l’introduction du couple sans domicile cherchant un abri au moment où la femme se prépare à donner naissance? Où est la description de l’étable, crue et nue, et de l’enfant Jésus couché sur un lit de paille, entouré par les bêtes? Où sont les bergers dans les champs, les anges annonçant la Bonne nouvelle et chantant les louanges de Dieu? Si nous lisons plus loin en Matthieu, nous trouvons l’histoire familière des hommes sages, qui ont suivi l’étoile et ont apporté les cadeaux d’or, d’encens et de myrrhe. Mais l’histoire de la naissance de Jésus est racontée depuis une perspective très différente. Luc se concentre sur la personne de Marie – sa rencontre avec l’ange, son accouchement, Jésus dans les langes et ses réflexions sur les événements. L’histoire de Matthieu elle, se concentre sur Joseph.

Peut-être que Matthieu et Luc ne sont pas si différents. Chacun raconte l’histoire d’une grossesse imprévue ainsi que la crainte et la consternation qui accompagnent initialement l’annonce de cette grossesse. Chacun raconte l’histoire d’une rencontre avec un ange qui offre des encouragements par la prédiction de la mission de l’enfant qui naîtra. Chacun raconte l’histoire d’un parent acceptant cette étonnante nouvelle dans une humble obéissance à Dieu.

La promesse d’un sauveur est une étonnante nouvelle pour le peuple qui était désespéré d’un sauveur. En Isaïe quand le roi Achaz fut démis par des forces étrangères, il a cherché à faire alliance avec l’un des rois étrangers. Mais Isaïe conseilla la confiance en Dieu pas en un gouvernement extérieur. Isaïe promit alors la naissance d’un enfant appelé Emmanuel, « Dieu avec nous. » Dans l’histoire de Matthieu, l’enfant Emmanuel est Jésus, Dieu avec nous, celui qui sauvera le peuple de ses péchés.

Une partie de cette étonnante surprise de cette annonce du sauveur est son inclusivité. D’un côté, Jésus est un juif descendant d’Abraham, Isaac et Jacob, un homme d’ascendance royal descendant du renommé Roi David. D’un autre côté, le salut incarné en Jésus s’étend au-delà du peuple d’Israël pour inclure les nations païennes. Ceci est implicite dans la généalogie qui introduit la narration de la naissance de Jésus dans l’évangile de Matthieu. La généalogie nomme non seulement Abraham et David mais aussi Rahab, Ruth, des païennes qui se marièrent dans la lignée juive. Paul met en lumière l’inclusion des païens dans sa lettre aux Romains, leur disant qu’il était envoyé vers les païens, incluant ceux de Rome.

Pour nous, la distinction entre juifs et païens n’a pas la signification qu’elle avait dans le monde scripturaire du premier siècle. Mais qu’en est il des distinctions contemporaines crées par les frontières ou les identités ethniques et raciales ? Qu’en est il des distinctions entre chrétiens, juifs, musulmans? À qui le Salut de Dieu est-il étendu?

La narration de la naissance de Jésus ne fournit pas de réponses toutes prêtes à de telles questions. À la conclusion de l’évangile de Matthieu, le Christ ressuscité envoie les disciples vers toutes les nations, leur demandant de porter le message qu’ils ont reçu de lui. Peut-être qu’en l’histoire de la naissance non conventionnelle de Jésus nous avons une petite idée de ce que fut le premier miracle de Jésus: en lui Dieu vient pour tous. Peut-être que, comme nous entendons encore la naissance non conventionnelle de Jésus, nous pourrions être ouvert au salut de Dieu qui pourrait apparaître en des lieux nouveaux et parfois surprenant.

Au nom de tous à Télévision Sel et Lumière, je vous souhaite un Noël saint, joyeux et rempli de paix!