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Les Béatitudes révèlent la justice ultime de Dieu

Réflexion biblique pour le sixième dimanche du temps ordinaire C

L’évangile de ce dimanche nous présente les Béatitudes de Luc (6, 17-26) enseignées à une multitude de personnes venant d’horizons divers. La référence à la région côtière de Tyr et de Sidon au verset 17 signifie que non seulement les juifs de Judée et Jérusalem, mais même les Gentils hors de Palestine, viennent écouter Jésus. La version de Luc et le sermon sur la montagne de Matthieu (Matthieu 5,7) offrent quelques similitudes mais aussi des différences. Matthieu a neuf béatitudes et aucune malédiction, Luc en a quatre de chaque. Luc compare la bénédiction du pauvre, de l’affamé, du malheureux et du persécuté à la tristesse du célèbre, du suffisant, du repu et du riche. « Malédiction» est pour Luc la manière de décrire ce qui va advenir à ceux qui ne veulent pas reconnaître Dieu comme seule source de vrai sens et de la joie qui dure.

SermonMt-1Ce texte de Luc (Luc 6,17; 20-26) est formé d’une partie de l’introduction du sermon et des bénédictions et malédictions concernant les conditions économiques et sociales de l’humanité. En contraste, Matthieu accentue les valeurs religieuses et spirituelles des disciples dans le Royaume inauguré par Jésus («pauvre de cœur», Mt 5,5 ; « affamé et assoiffé pour la justice » Mt, 5,6). Dans toutes ces bénédictions et malédictions, la condition des personnes auxquelles elles s’adressent changera complètement dans l’avenir. L’enseignement de Jésus sur l’amour pour ses ennemis est au cœur de la version de Luc (6,27-36) faisant référence à la compassion de Dieu pour toute l’humanité,(6,37-42) caractérisée par le pardon et la générosité. On trouve presque toutes les paroles de Jésus rapportées par Luc dans la version de Matthieu.

La proximité prophétique de Jésus

Le ministère entier de Jésus, qui était centré sur la proclamation du Royaume de Dieu, a eu lieu au Nord du rivage de la Mer de Galilée, dans une région réputée pour sa violence et ses factions rivales. Jésus cherche à y apporter la justice. Les foules qui écoutèrent Jésus sont subjuguées parce qu’il parlait avec autorité, avec la force de quelqu’un qui connaissait la vérité et l’offrait librement aux autres. Les Béatitudes révèlent la justice ultime de Dieu. Elles soulignent la proximité prophétique envers ceux qui vivent aux franges de la société. Dans cette magnifique scène, surplombant la Mer, Jésus met la justice biblique en pratique en proclamant les Béatitudes. La justice authentique est un élan de soi-même vers le malade, l’infirme, le pauvre et l’affamé. [Read more…]

Avance en eau profonde et lance tes filets

Réflexion biblique du 5e dimanche du temps ordinaire

La mer de Galilée est un lac d’eau douce d’environ 12 kilomètres de long et 6 de large. Elle s’étend 200 m au-dessous du niveau de la mer et a 60 m de profondeur. La pêche en est l’industrie principale. La mer est entourée par de hautes collines de tous cotés. La grande différence entre l’air du haut et celui près de l’eau cause des violentes tempêtes. On y fait référence dans le livre des Nombres 34,11 comme la mer de Kinnéreth (de l’hébreu « kinnor », petite harpe). Le Nouveau Testament fait mentionne des lacs de Génésareth et de Tibériade ainsi que la mer de Galilée. Les prédications de Jésus sont situées le long de ces rives.

Selon Matthieu, Marc et Luc, Jésus appela ses premiers disciples, les invitant à laisser leurs barques de pêcheurs sur la mer de Galilée. Ce cours d’eau était une frontière naturelle entre le coté juif à l’Ouest et celui des Gentils à l’Est. Jésus traverse un bon nombre de fois la mer de Galilée dans l’évangile de Marc. Ces traversées font de cette mer un pont entre les Juifs et les Gentils grâce aux prédications et aux guérisons de Jésus.

Dans le Nouveau Testament, la mer représente le moment de conversion. En mer, rien n’arrive normalement mais toujours de manière abrupte, merveilleuse ou très difficile. Les miracles les plus spectaculaires de Jésus se sont produits en mer de Galilée. Marc 4,35 raconte le récit où Jésus apaise la tempête et les flots qui menaçaient la vie des disciples. En Marc 6,45, Jésus marche sur les eaux de ce lac et se révèle lui-même comme «Celui qui est». En Jean 21, nous pouvons lire l’émouvante scène du déjeuner après la résurrection avec la confession de foi de Pierre et la confidence de Jésus à Pierre, le pécheur repentant. [Read more…]

Le prix d’une prophétie authentique

Réflexion biblique pour le quatrième dimanche du temps ordinaire C

Le prophète Jérémie par MichelangeloLa lecture de l’Ancien Testament de ce dimanche tirée de Jérémie (1, 4-5, 17-19) et le passage de l’évangile de Luc (4, 21-30) nous offrent une occasion de réfléchir sur les bienfaits, les contraintes et les risques des vrais prophètes de notre tradition judéo-chrétienne. Parmi les prophètes de la Bible, nous connaissons probablement Jérémie mieux que tous les autres. Fils du prêtre Hilkija, il est né en Anatoth, une dizaine de kilomètres au nord de Jérusalem et fut appelé très tôt à réaliser sa mission prophétique, peut-être en 626, sous le règne de Josias (Jr 22,16). Jérémie était si jeune qu’il pria le Seigneur de lui permettre de mener une vie normale et de lui épargner la tâche de ‘fouetter’  le peuple d’Israël et la mission de prophétiser l’invasion des étrangers « du nord », qui déporteraient les Juifs et détruiraient le Temple de Salomon.

Jérémie a vu le malheur de son peuple comme une conséquence inévitable de la culpabilité de tout un peuple qui ne se souvenait plus de son histoire. Les Hébreux, qui comptaient aveuglément sur l’Alliance garantie par le Seigneur et sur l’arche conservée dans le Temple, se croyaient ainsi protégés et se permirent tous les péchés, parce que de toutes manières, « le Seigneur était avec eux !» Après être sorti du joug du Seigneur, Jérémie dit au peuple élu qu’il tomberait sous le joug des étrangers. Mais la tâche qui lui est assignée par Dieu n’est pas seulement destructrice: « Sache que je te donne aujourd’hui autorité sur les peuples et les royaumes, pour arracher et abattre, pour démolir et détruire, pour bâtir et planter » (1,10). Il s’agissait déjà de bâtir et de planter, mais il fallait d’abord déraciner cette plante afin que la croissance réelle puisse se produire. [Read more…]

Une parole accomplie en notre présence

Réflexion biblique pour le 3e dimanche du temps ordinaire C

Esdras et Néhémie ravivent la foi

La première lecture de ce dimanche est tirée du Livre de Néhémie (8, 2-4a, 5-6, 8-10), un livre qui raconte la reconstitution de la communauté juive après l’exil, la dispersion et la destruction de Jérusalem. On y relate l’histoire des débuts d’une nouvelle communauté. Ce livre déborde d’espoir et ce malgré de grandes difficultés qui pointent à l’horizon. Le prêtre Ezra, et un laïc, Néhémie, ont vécu à l’époque où le peuple d’Israël a été reconduit à sa terre, après les années de la captivité babylonienne. Il s’agissait clairement d’un temps de reconstruction. Le peuple avait perdu tout lien avec sa foi. Le Seigneur a envoyé Esdras et Néhémie pour enseigner au peuple ce qui avait été perdu, lui inspirer une fois de plus les idéaux de sa foi juive et reconstruire les structures communes de sorte qu’il puisse commencer à vivre sainement tant sur le plan social que religieux.

Dans cette première lecture, la scène émouvante est celle où la loi sur laquelle la vie de cette communauté a été fondée, est proclamée de nouveau publiquement. L’assemblée l’écouta dans une atmosphère profondément spirituelle. Certains ont commencé à pleurer de joie pour avoir pu une fois de plus écouter librement la Parole de Dieu après la tragédie de la destruction de Jérusalem et ainsi commencer de nouveau l’histoire du salut. Néhémie les mit en garde, disant que c’était jour de fête et qu’afin d’avoir la force du Seigneur, il était nécessaire de se réjouir, en exprimant sa reconnaissance pour les dons de Dieu. En fin de compte, la Parole de Dieu est force et joie.

Quelle est notre propre réaction à cette scène puissante? Cette lecture est une invitation à chaque personne, spécialement celles qui œuvrent en pastorale, à remercier Dieu pour sa fidélité et ses dons et remercier tous ceux et celles qui ont travaillé à la reconstruction des fondations de notre foi et de notre Église chaque jour.

La stratégie pastorale de Luc

Gottlieb-Jesus prechant a CapharnaumL’Évangile selon Luc est le seul des évangiles synoptiques à commencer par un prologue littéraire [1,1-4]. Luc reconnaît sa dette envers les témoins oculaires et les ministres de la parole qui l’ont précédé, mais il affirme que sa contribution est un compte rendu complet et précis, destiné à fournir à Théophile («ami de Dieu») et aux autres lecteurs une certitude à propos des enseignements antérieurs qu’ils ont reçus. Luc ne dit pas aux gens que ce qu’ils ont appris auparavant était erroné. Au contraire, il les confirme dans leur foi, les affermit dans leur désir d’en savoir plus au sujet de Jésus, et met aussi les choses en ordre pour eux afin que la foi soit renforcée. Une telle stratégie pastorale est encore très efficace dans la transmission de la foi aujourd’hui. [Read more…]

Une prière pour Haïti

Dieu de toute création, en ce temps où nous pleurons notre famille d’Haïti, console-nous.

En ce temps de crise, ouvre nos yeux afin que nous regardions au-delà du désastre pour voir le Christ dans nos frères et sœurs en Haïti, comme le Christ nous voit.

Sois avec nous quand nous sommes solidaires de ceux qui vivent et travaillent en Haïti.

Sois avec nous dans notre peine et guide nos efforts pour nourrir l’affamé, accueillir le sans-abri, réconforter le blessé et œuvrer pour la justice.

Soutiens-nous de ta miséricorde pour que nous continuions de travailler à la paix et la justice. Amen

Pour le peuple d’Haïti, que l’aide arrive rapidement et que le réconfort vienne aux blessés. Seigneur, entends notre prière.

Pour les personnes perdues ou enterrées sous les décombres, qu’elles soient réunies avec ceux qui leur sont chers. Seigneur, entends notre prière.

Pour le soulagement des personnes qui travaillent, qu’ils aient les outils dont ils ont besoin, le courage et la force de servir pleinement. Seigneur, entends notre prière

Pour les familles en Haïti, au Canada, et spécialement au Québec, qui sont dans l’attente des nouvelles de leurs proches. Seigneur, entends notre prière.

Pour ceux qui ont péri, que leurs âmes reposent en paix avec toi, ô Seigneur, où ils trouveront l’amour éternel. Amen.

À l’invitation de Benoît XVI, soyons généreux et prions pour les victimes de cette catastrophe et pour ceux qui pleurent leur disparition.

Le Canada s’est engagé à verser un montant équivalent aux dons effectués par les citoyens d’ici le 12 février, jusqu’à concurrence de 50 millions de dollars.

Ce montant sera mis dans un fond pour les victimes du tremblement de terre en Haïti et sera attribué par l’ACDI à des organisations d’aide humanitaire et de développement pour leurs programmes de secours d’urgence et de reconstruction en Haïti. Développement et Paix, l’organisme pour la solidarité et la justice sociale fondé par les évêques canadiens,  est l’un de ces organismes reconnus par le gouvernement canadien.

Développement et Paix suit de près la situation en Haïti et invite la population à faire preuve de générosité envers les victimes de cette catastrophe.  Déjà deux membres chevronnés de l’organisme sont sur place pour prêter main forte à Caritas Haïti.

Développement et Paix accepte les dons de la population. Il est possible de faire un don par téléphone (1 888 664-3387), par Internet ou en faisant parvenir un chèque au nom de Développement et Paix (en indiquant Urgence Haïti) à l’adresse suivante:

Développement et Paix – Urgence Haïti
1425, boul. René-Lévesque Ouest, 3e étage
Montréal (Québec) H3G 1T7

Plusieurs paroisses à travers le pays feront une quête spéciale dans les jours et les semaines qui viennent.

Que Dieu vous bénisse pour votre générosité et votre solidarité avec le peuple d’Haïti.

Lorsque chronos se transforme en kairos

Réflexion biblique pour le deuxième dimanche du temps ordinaire C

Les noces de Cana par Giotto di Bondone

L’évangile de dimanche dernier fut l’occasion de réfléchir au baptême de Jésus dans le Jourdain de même qu’à notre propre engagement baptismal. Dans l’Évangile de ce dimanche (Jean 2, 1-11), les noces de Cana représentent une manifestation de la gloire de Dieu, la suite du thème de l’Épiphanie du Christ et l’inauguration de la mission divine sur terre par le Baptême de Jésus. Ce texte inspirant de la prière du soir (Vêpres) de la Fête de l’Épiphanie nous déclare : trois mystères distinguent ce jour saint; aujourd’hui, l’étoile mena les rois mages à l’enfant Jésus; aujourd’hui, l’eau se transforme en vin pour la fête du mariage; aujourd’hui, le Christ sera baptisé par Jean dans la rivière du Jourdain pour que l’on puisse obtenir le salut. Chaque événement est lié à une théophanie, par les preuves irréfutables d’une intervention divine, l’étoile, l’eau en vin, la voix des cieux et la colombe.

Le récit de la fête des noces de Cana s’inspire tout probablement d’un événement réel de la vie de Jésus. Une lecture approfondie du texte nous permet de repérer l’œuvre de l’évangéliste Jean qui illustre cette situation en superposant de multiples sens symboliques. Aujourd’hui, nous observons l’eau transformée en vin, l’ordinaire qui se transforme en l’extraordinaire et les débuts d’une ère messianique. Le miracle de Cana anticipe la façon par laquelle Jésus accomplira sa mission en versant son sang sur la croix.

Éléments-clés du récit

Prenons en considération plusieurs éléments-clés de ce récit largement symbolique de cet évangile qui n’a aucun parallèle avec les autres passages de l’évangile. Le mot signe (semeion) est le terme symbolique de Jean qui renvoie aux exploits merveilleux de Jésus. Jean s’intéresse principalement au sens des signes (semeia), c’est-à-dire à la nouvelle façon dont Jésus intervient dans l’humanité. À Cana, le symbolisme et la réalité se font face. Plus précisément, le mariage humain de deux jeunes est l’occasion d’aborder une autre union, celle du Christ et de l’Église qui sera atteinte lors de « son heure » sur la croix. À Cana en Galilée, nous découvrons le premier signe lorsque Jésus manifeste sa gloire et que les disciples crurent. [Read more…]

« La seule chose dont vous avez besoin: une étoile et un cœur pur »

Solennité de l’Epiphanie C – 3 janvier 2010

EpiphanieLe terme épiphanie signifie «montrer», «faire connaître» ou «révéler». La fête de l’Épiphanie tire son origine de l’Église d’Orient. À Jérusalem, près de Bethléem, la fête avait une référence spéciale à la Nativité. Aujourd’hui, dans les églises orthodoxes d’Orient, cette fête porte surtout sur le rayonnement et la révélation de Jésus-Christ comme Messie et seconde personne de la Sainte Trinité, au moment de son baptême. Habituellement appelée Fête de la Théophanie, elle est l’une des grandes fêtes de l’année liturgique. «Théophanie» vient du grec et signifie «Dieu resplendissant. »

L’Épiphanie en Occident

L’Occident a pris cette fête orientale de janvier, conservant toutes ses caractéristiques principales, mais en attachant une importance prépondérante, avec le temps, à la visite des rois mages qui apportent des présents et visitent l’enfant Jésus, et donc «révèlent» Jésus au monde en tant que Seigneur et Roi. La fête est observée comme un temps pour se concentrer sur la mission de l’Église ad gentes en « montrant » que Jésus est le Sauveur de tous les peuples. Le futur rejet de Jésus par Israël et son acceptation par les païens sont mis en lumière dans cette scène du récit de Matthieu.

Les détails particuliers de Matthieu

Le roi Hérode a régné de l’an 37 à 4 avant notre ère. « Mages » étaient une désignation de la caste sacerdotale perse et le mot a été par la suite utilisé pour désigner ceux considérés comme ayant des connaissances dépassant le savoir humain. Les Mages de Matthieu sont des astrologues. Quant à l’étoile dans le récit, elle correspond à une ancienne croyance commune qui veut qu’une nouvelle étoile apparaisse au moment de la naissance du souverain. Matthieu s’appuie aussi sur le récit de Balaam dans l’Ancien Testament, qui avait prophétisé qu’«une étoile se lève, issue de Jacob» [Nombres 24,17], bien que dans ce cas l’étoile ne signifie pas un phénomène astral, mais le roi lui-même. [Read more…]

Marie: modèle et paradigme de la croyance des chrétiens

Solennité de Marie, Mère de Dieu – Année C

Notre-Dame de la Croix du Sud - huile sur canevas de Paul Newton. Commandé pour les JMJ 2008 à Sydney.

Notre-Dame de la Croix du Sud - huile sur canevas de Paul Newton. Commandé pour les JMJ 2008 à Sydney.

Le Nouvel An chrétien est célébré le 1er janvier, une semaine après la célébration de la naissance de Jésus. Le 1er janvier est qualifié de diverses manières qui révèlent divers aspects de la nature de la fête. Tout d’abord, le Nouvel an chrétien se trouve dans l’octave de Noël [i.e. 8 jours après la naissance de Jésus.] Avant la réforme liturgique du Concile Vatican II [1962-1965], la fête de la Circoncision de Jésus ou de l’attribution du nom de Jésus [Saint Nom de Jésus] a été célébrée à cette date pour commémorer le récit évangélique de la circoncision de Jésus selon les prescriptions rituelles de la loi mosaïque, faisant ainsi officiellement de lui un membre du peuple de l’alliance: « Quand arriva le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. » [Lc 2, 21-24]

Suite au renouvellement liturgique du Concile Vatican II, le 1er janvier est aussi connu comme la Solennité de Marie, la Mère du Seigneur, et a également été désigné Journée mondiale de prière pour la paix.

Nous pouvons nous demander souvent si en accumulant tant de significations différentes, les gens ne portent plus attention au Jour de l’An comme une fête religieuse.

N’est-il pas vrai non plus que l’atmosphère de réjouissances attachée à la veille du Jour de l’An ne laisse pratiquement personne avec l’énergie, le désir ou la volonté de considérer le Nouvel An comme une fête religieuse? [Read more…]

Emmanuel, notre prière et notre promesse

Réflexion du père Thomas Rosica pour la veille de Noël C

NativitéL’évangile pour la messe de la nuit de Noël, tiré du récit de l’enfance chez Matthieu (1,1-5), présente un riche panorama de l’incarnation. Plus que Marc et Luc, Matthieu résume l’origine juive de Jésus : la généalogie le présente comme « Fils de David, fils d’Abraham » (1,1) et ne remonte pas plus loin. Matthieu insiste sur les quatorze générations, probablement parce qu’en hébreu quatorze est la valeur numérique des lettres formant le nom de David.

Des deux généalogies de Jésus dans les récits néotestamentaires de Matthieu et Luc, celle de Matthieu est présentée dans un ordre décroissant, listant les ancêtres de Jésus, fils de Marie, en commençant par Abraham. L’autre généalogie, tirée de Luc (3, 23-28) est en ordre croissant, commençant par Jésus et remontant jusqu’à Adam. Alors que la généalogie de Luc relie Jésus avec toute l’humanité, la généalogie de Matthieu met en évidence sa descendance d’Abraham. C’est en tant que fils d’Israël, peuple choisi de Dieu dans l’ancienne alliance auquel il appartient directement, que Jésus de Nazareth est pleinement membre de la famille humaine.

Alors que la généalogie montre la continuité du plan providentiel de Dieu à partir d’Abraham, on y trouve aussi une certaine discontinuité. Les femmes Tamar (1,3), Rahab et Ruth (1,5) et la femme de Urie, Bethsabée, eurent des fils à travers des unions aussi étranges qu’inattendus. Ces « irrégularités » culminent dans la grande « irrégularité » de la naissance du Messie d’une jeune vierge. Matthieu a pris soin d’attirer notre attention sur les particularités de ces femmes bibliques de l’Ancien Testament, peut-être pour nous prévenir que quelque chose d’encore plus étrange  allait arriver ou peut-être pour nous permettre de faire le lien, lorsque la nouvelle sera annoncée, entre cette annonce et la manière étrange de faire de Dieu dans le passé. Notre Dieu écrit certainement droit sur des lignes courbes et cette généalogie en est une preuve vivante ! [Read more…]