Jésus, le berger compatissant de Dieu

Réflexion biblique pour le 16e dimanche du temps ordinaire B

Le thème du berger est au cœur des lectures de ce 16e dimanche du temps ordinaire (B). Le récit évangélique présente Jésus qui a de la compassion pour la foule, car ils étaient ‘comme des brebis sans berger.’ Il nous aide à comprendre son ministère d’enseignement, de réconciliation et de berger.

La littérature de l’Antiquité qualifiait souvent de berger la personne en charge de diriger la communauté.  L’Ancien Testament décrit souvent le Seigneur lui-même comme berger de son peuple. On l’invoque comme ‘mon berger’ (Ps 22, 1), et la communauté le prie en tant  que ‘Berger d’Israël’ (Ps 79, 1).

Dans le Nouveau Testament, l’image du berger manifeste à la fois une grande autorité et une grande responsabilité. Nourrir le troupeau signifie que le berger doit les protéger de l’hérésie, toujours prêt à protéger ses brebis des maraudeurs. Jean nous dit que Jésus lui-même proclamait accomplir l’espoir d’Israël en la venue du Bon Berger: «Je suis le Bon Berger. Le Bon Berger donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11).

Lorsque Jésus se retire dans un endroit désert avec ses disciples pour se reposer, il attire un grand nombre de gens à sa suite. Jésus est rempli de pitié envers ce nouveau peuple de l’exode; il satisfait leur faim spirituelle en leur enseignant plusieurs choses, se montrant ainsi le berger fidèle de la nouvelle Israël.  [Read more…]

Jésus nous envoie pour enseigner et guérir

Réflexion biblique pour le 15e dimanche du temps ordinaire B

Lorsque les évangiles nous rapportent l’appel lancé par Jésus à ces jeunes disciples et apôtres, cet appel est toujours fait avec compassion. Jésus veille sur ceux qu’il appelle, il les aime, les met au défi et les incite à être quelque chose qu’ils n’auraient jamais pu imaginer!

L’évangile de ce dimanche (Marc 6, 7-13) porte sur la formation de ceux qui éventuellement propageront l’Évangile aux quatre coins du monde. Marc perçoit l’enseignement et le travail des apôtres comme un prolongement de l’enseignement et de l’œuvre de Jésus. Dans le récit de Marc, cet appel des Douze est vu dans l’invitation de Jésus à devenir pêcheur d’hommes (Mc 1, 16-20), puis des Douze choisis pour être avec Jésus et recevoir l’autorité pour prêcher et expier les démons (3, 13-19). On leur donne maintenant la mission spécifique d’exercer cette autorité en paroles et en actes comme représentants de Jésus.

Dans ce récit de l’appel, Jésus n’interdit pas la visite de territoire païen ou l’entrée de ville de Samarie. Ces différences indiquent une certaine adaptation aux conditions à l’intérieur et à l’extérieur de la Palestine et suggère, d’après le récit de Marc, une activité tardive dans l’Église. Du reste, Jésus exigeait de ses apôtres une dépendance totale à Dieu pour la nourriture et l’abri (Cf. Mc 6, 35-44; 8, 1-9). Logeant dans une même demeure en tant qu’invité (6,10), au lieu d’aller dans un lieu plus confortable évitait toute impression de chercher des avantages pour soi et déshonorer son hôte. Pourquoi Jésus dit-il à ses apôtres de ‘voyager léger’ avec peu ou pas de provision? Il veut que ses disciples dépendent de lui et non d’eux-mêmes. Il promet d’œuvrer à travers et en chaque personne appelée à sa gloire. Secouer la poussière de ses pieds servait de témoignage contre ceux qui rejetait l’appel au repentir.

Aide ou obstacle?

L’ignorance des disciples est l’un des thèmes récurant de l’évangile de Marc. En lisant l’évangile au complet, nous constatons que les disciples sont à la fois un obstacle et une aide pour Jésus. Ils ne comprennent pas ces paroles ni ne l’appuie dans sa mission. À maintes reprises, Jésus les blâme pour leur incapacité à comprendre et pour leur dureté de cœur. Mais lorsque les disciples comprennent mal Jésus et le laisse tomber, ils font plus qu’exercer sa patience. Ils servent de cobayes. Ceux qui ‘songent aux choses du monde’ plutôt qu’aux choses de Dieu ne peuvent comprendre que le chemin étroit qui se trouve devant Jésus doit nécessairement se terminer à la croix. Ainsi ils agissent d’une manière qui risque de détourner Jésus de sa voie. [Read more…]

N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie?

Réflexion biblique pour le 14e dimanche du temps ordinaire B

gottlieb-jesus-prechant-a-capharnaumNous connaissons bien l’Évangile d’aujourd’hui, même trop bien! Il en relevait de traditions que Jésus aille à la synagogue chaque semaine durant le Sabbat et une fois son tour, il devait lire les écritures sacrées au cours de la célébration du Sabbat. Les habitants de sa ville natale écoutaient encore plus attentivement ses enseignements, car ils étaient tous au courant des miracles accomplis dans les autres villes. De quels signes le gars du village pourrait-il s’occuper sur son propre territoire?

Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus a surpris son propre peuple, car il semble rebuter la croyance qu’aucun prophète de Dieu ne puisse être honoré parmi son peuple. Les habitants de Nazareth se sont offusqués et ont refusé d’écouter ce qu’il avait à dire. Ils méprisaient son message, car il était de la classe ouvrière, un charpentier, un simple laïc de même qu’ils le méprisaient en raison de sa famille. Jésus  ne pouvait pas accomplir des actes dignes de sa puissance en leur présence, car ils étaient fermés et ne croyaient pas en lui. Si des personnes se regroupent dans les buts de haine et du refus de comprendre, ils seront incapables de percevoir d’autres points de vue et ils refuseront d’aimer  et d’accepter les autres. Est-ce un scénario connu? Combien de fois nous sommes-nous retrouvés dans une situation similaire? [Read more…]

Une Unité qui transcende toutes les différences

Réflexion biblique en la Fête des apôtres Pierre et Paul

Saints Pierre et PaulAujourd’hui mes réflexions veulent donner le sens de la fête des saints Pierre et Paul célébré le 29 juin. L’itinéraire de Pierre fut de passer de la faiblesse du refus au roc de la fidélité.  Il nous a donné l’ultime témoignage de la croix. Le pèlerinage de Paul fut de l’aveuglement de la persécution au feu de la proclamation. Il a rendu vivante la Parole de Dieu aux nations.

Être avec Pierre signifie préserver l’unité de l’Église chrétienne. Parler avec Paul c’est proclamer la pure Parole de Dieu. Leur passion était de proclamer l’Évangile du Christ. Leur engagement était de créer une place pour chacun dans l’église du Christ. Leur loyauté envers le Christ mena à la mort. Pierre et Paul sont pour nous une fondation solide; ils sont les piliers de notre église.

À Césarée de Philippe, affirmation, identité et intention

Le récit de l’évangile d’aujourd’hui (Matthieu 16, 13-19) tourne autour de l’affirmation, d’identité et d’intention. Jésus et ses disciples viennent d’arriver dans la région de Césarée de Philippe,  loin de leur environnement familier. Césarée de Philippe, bâtie par Philippe, était une garnison romaine, pleine d’architecture, d’imagerie, et de styles de vie de la civilisation urbaine gréco-romaine. Cette place était étrangère aux apôtres qui étaient plus habitués à des bourgs et des alentours du lac.

Sexualité et violence marchaient fort dans ces sanctuaires religieux de la ville, connus pour leur culte au dieu grec Pan. Dans ce centre de pouvoir, de sophistication et d’exubérance du culte païen, Jésus se tourne vers ses disciples et leur demande ce que les gens disent de lui Comment voient-ils son travail? Qu’ont-ils à l’esprit? Probablement pris de court par cette question, les disciples font appel à leurs souvenirs: des remarques surprises lors de conversations, des opinions qui circulaient dans les villes de pêcheurs des environs du lac. Jésus lui-même est au courant de quelques-unes des histoires à son sujet. Il ne connaît que trop bien l’attitude de sa propre ville de Nazareth et ce souvenir le blesse profondément. [Read more…]

« Jeune homme, jeune femme, lève-toi! Revis! Aime à nouveau! »

Réflexion biblique du 13e dimanche du temps ordinaire B
 
La semaine dernière, nous avons été témoins de la puissance divine agissant sur les forces de la nature (Marc 4, 37-41). Aujourd’hui, les récits de l’Évangile en ce 13e dimanche du temps ordinaire, nous révèlent son autorité envers  le mal et la mort. Dans ces récits forts, Jésus nous rappelle de l’importance de la foi. Rien n’est possible sans la foi. En se rendant à la maison  de Jaïre (Marc 5), Jésus est confronté à des pannes, des délais et même des obstacles sur la route. Les personnages de Marc (5) transmettent leur impureté à Jésus et à chacun, Jésus leur accorde la plénitude de Dieu qui purifie. Prenons un moment pour revoir chaque situation.

La femme souffrante d’hémorragies

La guérison miraculeuse, par Jésus, de cette femme  qui souffrait d’hémorragies depuis douze ans est décrite dans trois  des quatre Évangiles (Mt 9, 20-22; Mc 5, 25-34; Lc 8, 43-48). Selon la loi juive, trois formes d’impuretés étaient assez graves pour valoir l’exclusion sociale : la lèpre, les souillures causées par des écoulements corporels et les impuretés au contact d’un mort (Nb 5, 2-4). Dans l’Évangile selon Marc (verset 5), la femme était affligée d’une maladie qui la rendait rituellement impure (Lévitique 15, 25-27), ce qui l’aurait exclue de contacts sociaux et de la pratique religieuse au temple. Elle souhaitait désespérément la guérison par  Jésus, mais elle savait que d’après la loi juive, il serait ainsi rituellement impur au contact de son sang.

Tous ceux qui souffraient d’une des maladies devenaient impurs. Toute chose ou personne touchée par le malade devenait impure. Tous ceux qui étaient impurs souffraient également d’une séparation avec les autres et avec Dieu. Toute chose impure était inapte ou indigne de la présence d’un Dieu qui était saint. Ceux que l’on jugeait impurs devaient se soumettre à un rite de purification ou d’épuration afin d’être accueillis à nouveau en société et dans la présence de Dieu.

[Read more…]

“Puiser avec joie aux sources du salut…”

 

Le mois de juin est traditionnellement pour les catholiques le “mois du Sacré Coeur”.  Faisons un “pèlerinage aux sources” de cette tradition, à Paray le Monial, en France, lieu des révélations du Coeur du Christ à sainte Marguerite Marie Alacoque au XVIIe siècle. C’est en effet dans cette petite ville de Bourgogne que le Christ est apparu à Sainte Marguerite-Marie (1647-1690), religieuse de la Visitation, et lui a révélé l’amour miséricordieux de son Coeur pour les hommes.

Le siècle de Marguerite-Marie est celui de l’éclatement de l’hérésie janséniste condamnée au siècle suivant.  Cette hérésie présente volontiers un Dieu terrible et sévère en opposition au Dieu d’Amour et de Miséricorde. Le message d’amour du Coeur de Jésus arrive donc à point nommé, il aura d’ailleurs un autre apôtre, dans le même siècle, en la personne de Saint Jean-Eudes.  Marguerite-Marie rentre donc chez les visitandines de Paray-le-Monial, c’est là que le Seigneur lui fait savoir son désir de faire connaître au plus grand nombre l’amour de son Coeur. 

Jésus lui apparaît de nombreuses fois, alors qu’elle était en prière devant le Saint-Sacrement. L’essentiel de son message est regroupé dans trois de ces révélations.  Peu à peu, le «message du Coeur de Jésus » a touché l’ensemble du monde chrétien, et a donné naissance, à partir de 1873, à de grands pèlerinages qui se poursuivent aujourd’hui. 

Ce Message “« Je vous donnerai un coeur nouveau » avait été annoncé par le prophète Ezéchiel. Ces paroles résonnent à Paray le Monial avec force. Celui qui est venu pour révéler son Coeur transpercé est Celui-là même en qui tous peuvent venir puiser à la source de la miséricorde :  «Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rendra témoignage- son témoignage est véritable et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi, vous croyiez. » (Jean 19,33-35)  [Read more…]

Nourriture fabuleuse et boisson pour la route

Réflexion biblique pour la Solennité du Corps et du Sang du Christ
 
L’évangile de ce jour (Marc 14, 12-16; 22-26) associe la mort de Jésus avec la grande fête de libération d’Israël. A la première Pâque, le sang sur les portes avait pour but de préserver les premiers-nés de la mort. Le pain rompu au Dernier Repas symbolise le partage des disciples dans l’offrande de Jésus. Boire la coupe de sang crée un lien commun nouveau et dynamique. Le sang de Jésus sanctifie et revitalise chacun de nous. L’eucharistie a quelque chose qui la distingue de tout autre mémorial. C’est à la fois un mémorial et une présence, même si elle est cachée sous les signes du pain et du vin. 
 
Notre liturgie eucharistique proclame le seul lien de vie entre Dieu et son peuple. A la manière du sang qui coule du cœur et unit tous les membres dans un seul flot de vie, ainsi sommes-nous unis intimement avec Dieu à travers le corps et le sang de Jésus. La vraie nature de l’Eucharistie implique un lien avec Dieu et avec la communauté. Nos destinées sont entremêlées avec la propre vie de Dieu. Nous ne pouvons pas être seuls, car le sang est notre lien commun.
 
En célébrant la fête du Corps et du Sang du Seigneur cette année, nous réalisons deux choses.  Cette fête est quotidienne et pourtant, nous avons fixé un jour dans l’année pour célébrer la fête des fêtes que nous célébrons chaque jour. Non seulement célébrons-nous le pain et le vin qui deviennent le corps et le sang du Seigneur, nous célébrons aussi la nouvelle identité donnée à ceux qui partagent entre eux le corps et le sang de Jésus et deviennent alors ce qu’ils mangent et boivent. [Read more…]

Rapports aux autres et communauté : deux éléments importants aux yeux de Dieu

Réflexion biblique pour la Fête de la Sainte Trinité

Une des plus importantes dimensions de notre Dieu Trinitaire est la communauté d’amour et de personnes modelées pour nous dans le mystère de la Sainte Trinité. Pour les chrétiens, la Trinité est le premier symbole d’une communauté qui se tient grâce à sa diversité interne. Si notre foi est fondée sur le mystère de la Trinité qui est fondamentalement un mystère de communauté, alors tous nos efforts humains, toutes nos activités, doivent contribuer à la construction de la communauté humaine, reflet de la vie trinitaire de Dieu.

Le passage d’aujourd’hui du Deutéronome (4, 32-34, 39-40) est un excellent point de départ pour sonder les profondeurs du mystère de la Trinité. Considérez un moment les paroles de Moïse encourageant et exhortant le peuple d’Israël :

Alors, de là-bas, vous rechercherez le SEIGNEUR ton Dieu ; tu le trouveras si tu le cherches de tout ton cœur, de tout ton être. Quand tu seras dans la détresse, quand tout cela t’arrivera, dans les jours à venir, tu reviendras jusqu’au Seigneur ton Dieu, et tu écouteras sa voix. Car le Seigneur ton Dieu est un Dieu miséricordieux ; il ne te délaissera pas, il ne te détruira pas, il n’oubliera pas l’alliance jurée à tes pères.

Le passage tout entier parle de la relation privilégiée  entre Dieu et Israël, liant l’unicité de la vocation d’Israël avec l’unicité du Dieu d’Israël.

Puis, dans une série de questions plus rhétoriques, Moïse, sachant très bien que le Seigneur seul est Dieu, met les habitants du peuple d’Israël «sur la sellette» et  demande au sujet de leur Dieu:

Interroge les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu de la flamme, et qui soit resté en vie ?  Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, par la force de sa main et la vigueur de son bras, et par des exploits terrifiants – comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ?  Il t’a été donné de voir tout cela pour que tu saches que le Seigneur est Dieu, et qu’il n’y en a pas d’autre (4, 32-35).  

Le grand ouvrage Trinitaire de Matthieu

A la fin de l’Évangile de Matthieu la scène majestueuse du départ (28,16-20) nous rapporte les derniers moments de Jésus sur terre et nous rappelle la grande tâche de l’Église : “Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit et apprenez-leur tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. (v. 19-20). [Read more…]

Libérez les dons de l’Esprit !

pentecoteLa théologie chrétienne du Saint-Esprit est enracinée dans le judaïsme. Le terme Esprit est traduit par le mot hébreu (ruah) et même dans sa prononciation nous détectons le vent et la respiration de Dieu.  Le vent de Dieu, la respiration de Dieu sont des chemins qui se référent à la présence de Dieu. L’expression « Saint-Esprit » est utilisée seulement sept fois dans l’Ancien Testament, tandis que les termes « Esprit de Dieu » ou « Esprit du Seigneur » reviennent 67 fois dans les écritures hébraïques. Dans la première ligne du livre de la Genèse  1,1, l’Esprit de Dieu planait sur les premières eaux attendant le moment opportun de mettre de l’ordre dans ce chaos.

Jésus lui-même utilise l’image sensorielle du vent lors de sa conversation mystérieuse et nocturne avec Nicodème. Il parle au sujet de l’Esprit comme le vent qui souffle où il veut (cf. Jean 3). C’est aussi la première fonction de l’Esprit dans les Écritures : être la présence mystérieuse de Dieu dans l’histoire,  non réductible à la logique humaine ou terrestre.

La deuxième fonction de l’Esprit dans l’Ancien Testament est de mettre les choses en ordre. Le récit de la création de la Genèse (chapitre 1) révèle un Esprit descendant sur ce monde sans forme et sa descente produit le miracle de la création, la transformation du chaos en cosmos, du désordre en ordre, de l’anonymat en communauté.

La troisième fonction de l’Esprit dans l’Ancien Testament est donneuse de vie. Nous lisons dans Genèse 2,7: « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant. » Comme résultat de cette respiration divine, la créature humaine est transformée en un être vivant, pas pour être simplement une créature mais un partenaire fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, avec qui et à qui Dieu parle et confie la responsabilité pour le monde.

La quatrième fonction du Saint-Esprit est d’être guide. Nous lisons dans Isaïe 11 « sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et crainte du Seigneur. ». La crainte du Seigneur n’est pas quelque chose  qui fait peur aux personnes mais peut être comprise comme notre capacité de s’exclamer « wow! » « merveilleux! » devant l’œuvre et la création de Dieu.

La cinquième fonction de l’Esprit est de guérir, exprimée si puissamment dans la prophétie d’Ézéchiel, 36, 26-27: «Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes commandements et vous y serez fidèles»  L’Esprit entre, recrée, restaure la santé et terrasse le péché. [Read more…]

Le départ de Jésus nous donne le pouvoir de réaliser le rêve de l’évangile

Réflexion biblique pour la fête de l’Ascensionascension-du-seigneur

Les paroles de l’ange aux «hommes de Galilée» dans la première lecture des Actes des Apôtres en la fête de l’Ascension du Seigneur (1,1-11) nous frappent de plein fouet et laissent peu de place au malentendu. «Pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel?  Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel». Les disciples de Jésus reçoivent un dernier enseignement. « Ne restez pas à regarder fixement le futur. Ne vous souciez pas trop de l’heure de son retour.» Nous ne devons pas rester à contempler le ciel et ruminer le passé, au sujet duquel nous ne pouvons rien faire, sauf l’enterrer profondément dans les mains et le cœur de Dieu! Le Seigneur sera glorifié et il s’ensuit que ses disciples partageront aussi sa gloire. 

Lorsque Jésus disparut, il ne s’est pas simplement dissout dans l’air. Le jour de son Ascension, certains ont pu conclure qu’il s’est enlevé de lui-même dans une nouvelle forme d’exclusion divine. C’est exactement le cas inverse. En Dieu, Jésus est «ici» d’une nouvelle et spécifique manière.  C’est seulement dans la séparation physique de la scène historique que peut s’accomplir son union spirituelle avec tout le monde, en tout temps. Jésus a quitté le monde, à un moment donné, pour être disponible à tous,  pour toujours.  Il dut dissoudre les liens établis avec ses amis, pour être disponible à  tous. En Jésus, le futur a déjà commencé!

L’ Ascension selon Marc

Il existe des similitudes dans les récits de l’Ascension de Jésus dans les évangiles synoptiques – Marc, Matthieu et Luc. Dans chaque cas, Jésus donne à ses disciples la tâche de proclamer le message de l’Évangile au monde entier. Chez Marc et Matthieu, les disciples sont envoyés par Jésus pour baptiser et prêcher. Cependant chez Luc, l’engagement de baptiser n’y est pas mentionné.  A la place, Jésus commande aux disciples de retourner à Jérusalem pour attendre l’accomplissement de sa promesse d’envoyer l’Esprit Saint. Seuls les évangiles de Marc et de Luc rapportent l’Ascension de Jésus au ciel. L’Évangile de Matthieu se conclut avec la promesse de Jésus de rester avec ses disciples pour toujours.

Cette année, le texte d’évangile de l’Ascension (Marc 16, 15-20) est tiré de la conclusion de l’Évangile de Marc. Ce dernier chapitre de Marc contient plusieurs irrégularités évidentes pour de nombreux lecteurs. Le matin de Pâques de l’année B nous entendons proclamer l’histoire de la découverte du tombeau vide par les femmes, et la frayeur qui accompagne ces premiers témoins de la résurrection. Le verset 8 arrive comme conclusion abrupte alors que les femmes, saisies de frayeur, ne disent rien à personne. Cela peut très bien être la fin originale de l’Évangile de Marc, mais il est aussi possible que la fin plus complète ait été perdue.

[Read more…]