L’ombre de Pierre, le toucher de Thomas

Réflexion pour le deuxième Dimanche de Pâques année C ou Dimanche de la divine providence

La première lecture de ce dimanche, tirée des Actes des Apôtres (5,12-16), nous offre un aperçu de la communauté chrétienne primitive à Jérusalem. Luc a déjà mentionné la croissance rapide de l’église primitive (2,41. 47 ; 4,4; 6,1 ; 9,31). Dans la lecture d’aujourd’hui, il veut ajouter le fait qu’un grand nombre de femmes ainsi que des hommes ont été baptisés et sont devenus disciples (5,14). Signes et prodiges sont les résultats visibles de quelques cadeaux de l’Esprit comme « le travail des miracles » et les « actions du pouvoir » (I Corinthiens 12, 9-28). Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d’assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.Pierre Guérison

Une image puissante de Pierre nous est présentée (vv 15-16): «On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des lits et des brancards : ainsi, quand Pierre passerait, il toucherait l’un ou l’autre de son ombre. Et même, une foule venue des villages voisins de Jérusalem amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits mauvais. Et tous, ils étaient guéris. »

L’ombre de Pierre

J’ai toujours été ému par l’image de « l’ombre de Pierre » planant au-dessus des malades et des affligés. Les personnes qui passaient sous l’ombre de Pierre étaient guéries, non par l’ombre de Pierre, mais par la puissance de Dieu qui était à l’œuvre à travers Pierre. Ces miracles de guérison attiraient les personnes de l’église primitive et les confirmaient dans la véracité des enseignements des apôtres et le fait que la puissance de Dieu était avec eux. Nous apprenons aussi que les chefs religieux qui étaient jaloux du pouvoir et de l’autorité de Jésus voyaient les apôtres comme une menace et exigeaient d’être respectés pour eux-mêmes. Les apôtres n’exigeaient pas de respect pour eux-mêmes. Leur but était d’apporter le respect et la révérence à Dieu. Les apôtres ont acquis le respect du peuple, non parce qu’ils l’exigeaient mais parce qu’ils le méritaient. [Read more…]

Une réflexion vidéo pour le temps pascal

Le père Thomas Rosica parle du temps de la résurrection, temps de grâce et temps de joie.

Quelles retrouvailles ce dut être!

Décès de Pietro Molla à l’âge de 97 ans – une réflexion du père Thomas Rosica

À l’aube du samedi saint, le 3 avril, M. Pietro Molla, mari de sainte Gianna Beretta Molla, est décédé chez lui à Mesero, près de Milan en Italie, entouré de sa fille Gianna Emanuela et de ses autres enfants Pierluigi et Laura. M. Molla avait 97 ans et voyait sa santé se détériorer depuis plusieurs années.

Je suis ami de la famille Molla depuis 1999 et sainte Gianna est la Sainte Patronne de la Télévision Sel + Lumière au Canada. Mon amitié avec la famille Molla est née lors de notre première rencontre en 1999 à Mesero. J’ai été béni par le don de leur amitié ces onze dernières années et j’ai le privilège d’accompagner de la famille Molla dans les années qui ont précédé la canonisation de sainte Gianna en 2004, une sainte femme contemporaine, épouse, mère de famille, médecin et amoureuse de la vie.

Pietro & Gianna MontagnesJ’ai découvert un pilier de la foi, de courage et de dévouement en la personne de Pietro Molla, époux de sainte Gianna. Lors de notre première rencontre, Pietro a partagé avec moi des dizaines de photos tirées d’albums de famille, me racontant des histoires sur les intérêts de Gianna pour la musique, l’opéra, le théâtre, les randonnées en montagne et le ski. Il a également partagé avec moi de façon très détaillée les derniers mois et les dernières semaines de l’existence terrestre de Gianna en 1962. À la mort de sa femme, Pietro devint un parent seul avec trois jeunes enfants. Il ne s’est jamais remarié.

Les enfants Molla sont très proches de moi en âge, et nous avons un lien d’amitié qui dure jusqu’à ce jour. Pierluigi et sa famille m’ont accueilli comme l’un des leurs. Laura, ma contemporaine est une femme très intelligente chaleureuse et professionnelle, heureusement mariée à Giuseppe Pannuti.

Lorsque Pierluigi et docteure Gianna Emanuela sont venus me rendre visite à Toronto en 1999, alors que j’étais encore aumônier du Centre Newman de l’Université de Toronto, Gianna m’a demandé de l’accompagner pour visiter deux hôpitaux de Toronto spécialisés dans les soins et le traitement de ceux qui souffrent de la maladie d’Alzheimer. Gianna est une spécialiste dans ce domaine. Je la regardais à l’œuvre auprès de ses pairs et ses collègues de la communauté médicale à Toronto, partager des histoires et des résultants de recherche sur la maladie d’Alzheimer et son amour des personnes âgées. Docteure Gianna Emanuela poursuit la mission de guérison de sa mère. [Read more…]

Reste avec nous Seigneur

Réflexion biblique pour le premier dimanche de Pâques

Emmaus iconL’histoire biblique des deux disciples d’Emmaüs raconte comment un chemin de tristesse peut devenir une promesse d’espérance. Deux compagnons découragés ont quitté Jérusalem. Tandis qu’ils s’éloignent de la Ville Sainte, un inconnu les rejoint, s’approche, les interroge et commence à leur parler.

Pour les disciples en route vers Emmaüs, la nouvelle les a fait sortir de leur propre apitoiement et de leur mauvaise interprétation des Écritures.  Par ailleurs, cette nouvelle les a amenés à se plonger plus profondément dans le mystère de la passion et de la mort de Jésus.

L’histoire d’Emmaüs parle du pain rompu et partagé au petit groupe.  Mais c’est encore peu de chose pour lui. Si ce geste n’est pas habité par une lumière plus profonde, il ne vaut rien du tout.

Quelque chose s’éveille en eux et les bouleverse intérieurement : «Notre coeur n’était-il pas tout brûlant tandis qu’il nous parlait sur la route?», diront-ils, lorsque leurs yeux s’ouvriront et reconnaîtront Jésus ressuscité.

Ce récit biblique des disciples d’Emmaüs est avant tout une école de prière pour notre vie.  L’itinéraire des deux disciples nous offre un modèle et une consolation nous aidant à découvrir la présence de Dieu qui marche avec nous, surtout dans des moments difficiles, de désespoir, et de tristesse. [Read more…]

« Comme des fioles d’albâtre de nard… »

Réflexion biblique pour le Veillée pascale, année C

Je considère le chapitre sur la résurrection (24) de l’évangile de Luc comme une belle symphonie en trois mouvements. Dans le premier mouvement du tombeau vide (vv.1-12), Dieu seul dénoue une situation sans espoir et sans issue. Dans le deuxième mouvement du récit d’Emmaüs (vv.13-35), Dieu, en la personne de Jésus, accompagne des personnes dans leur chemin à travers les ruines du désespoir et de la mort. Les récits du troisième mouvement présentent Jésus parmi ses disciples (vv.36-53) et conduisent les personnes à une expérience de  communauté.

Femmes au tombeauL’évangile pour la vigile de Pâques cette année (24, 1-12) est le premier mouvement d’une symphonie de résurrection. Ce sont d’abord les femmes qui découvrent le tombeau vide et reçoivent le message des anges que Jésus est ressuscité. Tandis que les femmes ne sont pas nommées au chapitre 23, nous apprenons en 24,10 qu’il s’agissait de Marie Madeleine, Jeanne et Marie, la mère de Jacques. Même si les apôtres allaient être des témoins de la résurrection (Actes 1, 22), ils semblent être dans le désarroi tandis que les femmes disciples sont là pour recevoir la joyeuse nouvelle.

L’histoire du tombeau vide commence par une référence aux épices que les femmes avaient préparées. Le passage précédent racontant l’enterrement de Jésus (23, 50-56) se termine avec une note selon laquelle les femmes qui étaient venues avec Jésus de Galilée ont suivi Joseph d’Arimathie et ont vu le tombeau ainsi que la manière dont le corps de Jésus y avait été étendu. Les femmes connaissaient le tombeau exact où Jésus avait été placé. Il n’y avait aucune possibilité de confondre le tombeau. Après avoir préparé des épices et des onguents, elles se sont reposées le jour du sabbat d’après la loi juive. Le sabbat terminé elles sont venues embaumer le corps de Jésus pour qu’il ait un enterrement approprié. [Read more…]

Le spécialiste des Croix et du port de la croix…

Réflexion biblique pour le Vendredi Saint C

Chaque année le Vendredi Saint, nous revivons les événements tragiques de la Passion de notre Sauveur jusqu’à à sa crucifixion sur le Golgotha. Il y a une question lancinante au sujet de cette journée qui a résonné partout dans l’histoire. Sur le Calvaire, au milieu de ce désastre, où était Dieu? Même Jésus le Seigneur a implorée dans ses pleurs, sur le bois de la croix : « Où es-tu? M’as-tu réellement oublié? Pourquoi es-tu sourd à la voix de ma plainte. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis » (Psaume 22).

CRUCIFIXLes lectures profondément émouvantes de la liturgie d’aujourd’hui ne se concentrent pas sur le cadavre de Jésus mais elles vont et viennent délicatement entre Jésus mort et la communauté affligée. Les passages sont remplis de paroles de douleur et d’espérance, de mort et de vie. Dans la lecture de la lettre aux Hébreux (4,14-16; 5,7-9), l’auteur contemple l’agonie de Jésus au jardin en relation avec les sacrifices du temple et le sacerdoce selon les Écritures hébraïques.

Nous découvrons notre Dieu qui permet qu’un Vendredi Saint surviennent: un Dieu-homme qui est toujours fils comme nous en toutes choses, à l’exception du péché. Loin de créer un abîme entre le Christ et nous-mêmes, nos épreuves et nos faiblesses sont devenues les lieux privilégiés de notre rencontre avec Lui et non seulement avec Lui, mais avec Dieu lui-même, grâce à cet homme sur la croix. À partir de maintenant, aucun de nous ne peut s’abaisser dans une situation douloureuse sans trouver le Christ présent à nos côtés.  Si les épreuves de l’existence humaine ont donné au Christ sa position présente proche de Dieu, alors il a été revêtu de gloire et d’honneur pour avoir souffert la mort. [Read more…]

Devine qui vient dîner!

Réflexion biblique pour le Jeudi Saint C (Cène du Seigneur)

LavementdespiedsEn commémorant les événements de la Semaine Sainte, nous faisons plus que de rappeler les souffrances et la glorification du Christ. En réalité nous célébrons sa vie et nous partageons sa victoire. À travers sa passion, sa mort et sa résurrection, Jésus  accomplit la mission à laquelle son père l’appelle. Il est vainqueur du péché et restaure l’humanité dans la justice de Dieu.

Le Jeudi saint marque la fin du temps de Carême. Cette nuit, d’une manière très spéciale, nous faisons l’expérience de Jésus qui se donne lui-même dans l’Eucharistie, qui nous est offerte. Cette nuit, nous commençons les trois jours qui sont au centre de notre année, et en vérité de la foi chrétienne. Les lectures des écritures de la messe de la Cène du Seigneur (Ex 12,1-8. 11-14 et Ps 115,12-13) nous enracinent profondément dans notre passé juif, célébrant la Pâque avec le peuple juif, recevant de saint Paul (1 Cor 11,23-26) ce qui lui a été transmis, à savoir le banquet eucharistique. Dans l’évangile (Jean 13,1-15) nous regardons Jésus bien en face alors qu’il s’agenouille devant nous pour laver les pieds en humble service. Cette nuit, Jésus nous donne une image de ce à quoi l’Église est supposée ressembler. 

Nous contemplons le Christ dans le Chambre haute, la veille de sa Passion, lorsqu’ il se donne en offrande à l’Église, instituer le sacerdoce ministériel et laisser à ses disciples le nouveau commandement de l’amour. De cette façon, il souhaita rester avec nous par le sacrement de l’Eucharistie, se faisant lui-même la nourriture du salut. Après la messe du repas du Seigneur, nous resterons, veillant en adoration Lui, obéissant au désir qu’il exprima à ses apôtres dans le Jardin des Oliviers : « Demeurez ici et veillez avec moi » (Mt 26, 38). [Read more…]

Une semaine pas comme les autres

Réflexion du père Thomas Rosica à l’occasion du début de la Semaine Sainte.

Suivre Jésus sur le chemin royal de la Croix

Réflexion biblique pour le dimanche des Rameaux C

Cette année, au dimanche des Rameaux, nous entendons deux parties de l’évangile de Luc – le premier à la bénédiction des Rameaux et le second lors de la lecture du récit de la Passion. Avec l’entrée royale de Jésus à Jérusalem, (19, 28-21,38) une nouvelle section de l’évangile commence – le ministère de Jésus à Jérusalem avant sa mort et résurrection.

RameauxDans un élan d’enthousiasme, le peuple de Jérusalem a agité les palmes et accueilli Jésus comme il entrait dans la ville, monté sur un âne. L’acclamation : «Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur » (v.38) est présente seulement dans l’évangile de Luc où est explicitement donné à Jésus le titre de roi lorsqu’il entre en triomphe dans Jérusalem. Luc a inséré ce titre dans les paroles du psaume 118,26 qui annonçait l’arrivée des pèlerins venant vers la ville sainte et au temple. Jésus est acclamé comme roi et comme celui qui vient (Malachie 3,1; Luc 7,19). L’acclamation des disciples: « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux» fait écho à l’annonce des anges à la naissance de Jésus (Luc 2,14). La paix que Jésus apporte est associée au salut qui doit être accompli à Jérusalem. Il y a une unité interne entre les récits de l’enfance et la passion de l’évangile de Luc.

Luc est lié à Marc pour la composition du récit de sa Passion (22,14-23.56) mais il a incorporé beaucoup de sa propre tradition dans le récit. On distingue plusieurs parties dans le récit de la Passion de Jésus dans Luc: 1 la tradition de l’institution de l’Eucharistie (22, 15-20); 2 Le discours d’adieu de Jésus (22,21-38); 3 Le mauvais traitement et l’interrogation de Jésus (22,63-71); 4 Jésus devant Hérode et sa seconde apparition devant Pilate (23,6-16); 5 les paroles adressées aux femmes qui suivaient le chemin de croix (23, 27-32); 6 les paroles au larron pénitent (23, 39-41); 7 la mort de Jésus (23,46, 47b-49). [Read more…]

Au sujet de la lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande

Message du père Thomas Rosica, csb – Directeur gén. de Télévision Sel + Lumière

Le père Thomas RosicaLe pape Benoît XVI a écrit une lettre pastorale à tous les catholiques d’Irlande. Cette lettre a été rendue publique ce matin, le 20 mars, à Rome. Dans ce message d’une grande profondeur, le Saint-Père exprime son désarroi face aux abus sexuels commis par des représentants de l’Église et la manière dont plusieurs évêques et supérieurs religieux ont abordé ces problèmes. Il demande de lire la lettre attentivement et jusqu’au bout. Le Saint-Père parle de sa proximité de cœur avec l’ensemble de la communauté catholique irlandaise en cette période douloureuse et propose une voie de guérison, de renouveau et de réparation.

En s’adressant d’abord aux victimes d’abus, il reconnaît la grande trahison dont elles ont souffert. Il leur dit à quel point il est désolé de ce qu’elles ont dû endurer. Il reconnaît que, dans bien des cas, personnes ne voulaient les écouter lorsqu’elles trouvaient le courage de parler de ce qui leur était arrivé. Le Pape presse les victimes de chercher en Église l’opportunité de rencontrer Jésus-Christ et trouver la guérison et la réconciliation en redécouvrant l’amour infini du Christ pour chacune d’elle.

Aux prêtres et aux religieux qui ont abusé d’enfants et de jeunes, le Pape affirme qu’ils devront répondre de leurs actes devant Dieu et devant les tribunaux proprement constitués pour les gestes criminels et les graves péchés qu’ils ont commis. Ils ont trahi une confiance sacrée et ont déshonoré leurs confrères. Un tort énorme a été causé, non seulement aux victimes, mais aussi à la perception du sacerdoce et de la vie religieuse en Irlande.

Le Pape encourage les parents à persévérer pour élever leurs enfants afin qu’ils sachent qu’ils sont aimés, et développent ainsi une saine estime d’eux-mêmes. Les parents ont la responsabilité première d’éduquer les nouvelles générations aux principes moraux qui sont essentiels à une société civilisée. Le Pape invite les enfants et les jeunes à trouver l’opportunité d’une rencontre avec le Christ au sein de l’Église. Il compte sur la nouvelle génération pour contribuer au renouveau de l’Église.

S’adressant aux évêques d’Irlande, Benoît XVI note les graves erreurs de jugement et le manque de leadership de plusieurs, parce qu’ils n’ont pas correctement mis en œuvre les normes canoniques en réponse aux allégations d’abus. Bien qu’il était souvent difficile de savoir comment faire face à de telles situations, il demeure que de sérieuses erreurs ont été commises, et que, comme résultat, ces évêques ont perdu toute crédibilité. Le Pape les empresse de poursuivre leurs efforts déterminés pour remédier aux erreurs passées et éviter qu’elles se répètent, en mettant en application le droit canonique et en coopérant pleinement avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence.

Le péché et le stigmate des abus sexuels ne sont pas uniques à l’Irlande, ni à l’Église catholique. Ce péché est présent dans toutes les sociétés et nations. Prions ensemble afin que la guérison et la réconciliation de l’Église en Irlande, de l’Église au Canada et aux Etats-Unis, et pour l’Église en Allemagne, en Autriche, au Pays-Bas, en Italie et à tous ces endroits où le Corps du Christ a été profondément blessé et bafoué par le péché de l’abus sexuel. Ensemble, pansons ces blessures et soyons des agents de guérison, de réconciliation et de paix.