Fidèles intendants des dons et des mystères de Dieu

Réflexion biblique du 25ème dimanche du temps ordinaire C

Les lectures de ce dimanche démontrent le propre usage des possessions matérielles comme ingrédient essentiel pour mener une vie dans la foi. Les trois propos de l’évangile suggèrent un contraste entre les richesses terrestres et les richesses éternelles. La parabole de Luc sur l’intendant malhonnête (16,1-8a) devrait être interprétée à la lumière de la coutume palestinienne des agents qui agissent au nom de leur maîtres et les pratiques usuraires à de tels agents. La malhonnêteté de l’intendant consistait à dilapider les biens de son maître (v. 1).

Le maître loue l’intendant malhonnête qui a renoncé à sa propre commission de la transaction en conviant les débiteurs à émettre de nouveaux billets qui reflètent le montant effectif dont le maître est redevable (c.à.d. moins le profit de l’intendant). Le malhonnête intendant agit de cette manière afin de s’insinuer dans les bonnes grâces des débiteurs, car il sait qu’il sera démis de son poste (v. 3).

Le deuxième volet de l’évangile d’aujourd’hui (8b-13) porte sur quelques propos indépendants de Jésus recueillis par Luc pour former une application conclusive de la parabole de l’intendant malhonnête. La première conclusion (v. 8b-9) recommande l’usage prudent des biens de soi (en vue de l’imminence de la fin des temps) d’après la manière des fils de ce monde, représentés dans la parabole de l’intendant malhonnête. Le terme utilisé pour désigner l’Argent trompeur est littéralement « Mammon de l’iniquité ». «Mαμμωνάς» est la translitération grecque d’un vocable hébreu ou araméen «ממונא, ממון» qui d’ordinaire signifie « ce en quoi on a confiance. » Les richesses sont caractérisées par la malhonnêteté. [Read more…]

Un amour qui donne un chez soi aux deux fils

Réflexion biblique pour le 24e dimanche du temps ordinaire, année C

Le chapitre 15 de l’évangile selon Luc est souvent décrit comme la « collection d’objets perdus et retrouvés » du Nouveau Testament. Le chapitre s’ouvre sur la parabole de la brebis perdue (Lc 15, v. 1 à 7), se poursuit avec la parabole de la pièce d’argent perdue (Lc 15, v. 8 à 10) et atteint un crescendo avec le chef d’œuvre de la parabole du fils prodigue – celui qui « était perdu et est retrouvé » – (Lc 15, v. 11 à 32) qui est au cœur de l’évangile de ce dimanche.

Fils prodigueLe mot « prodigue » porte deux significations. En tant qu’adjectif, il désigne une personne excessive, extravagante, immodérée et gaspilleuse – tout l’opposé de « frugal ». En tant que nom commun (« prodigalité »), il réfère au style de vie des débauchés, des dépensiers, des dissipateurs et des vauriens. est aisé de comprendre pourquoi cette histoire bien connue a été appelée « la parabole du fils prodigue ». L’enfant a certainement dilapidé l’argent de son père et a dépensé en pure perte son héritage. Cette histoire va cependant bien au-delà des frasques d’un jeune homme rebelle.

Nous jouons chacun des rôles de l’histoire

À différents moments de nos vies, la plupart d’entre nous avons joué chacun des rôles dans cette histoire : celui du parent gâteux, aimant, indulgent jusqu’à l’excès; celui du fils cadet dont la culpabilité et l’orgueil a abaissé, humilié, causant un besoin criant de miséricorde; celui du fils aîné, responsable et irréprochable, qui est vexé de la générosité et de la clémence avec lesquelles les faiblesses et les péchés des autres sont accueillis. [Read more…]

Accepter le Christ, c’est accepter Sa croix

Réflexion biblique pour le 23e dimanche du temps ordinaire C

Le passage de l’évangile de ce dimanche (Luc 14, v. 25 à 33) présente une série de dictons, ce qui est unique au style de Luc. Ce dernier fait parler Jésus au sujet des exigences d’être un disciple. L’évangéliste rassemble trois dictons (v. 26, 27 et 33) et deux paraboles (v. 28 à 32) pour illustrer l’entièreté du dévouement d’un disciple de Jésus. Aucun attachement à la famille (v. 26) ni à des possessions matérielles (v. 33) ne doit entraver l’engagement total attendu du disciple. Accepter l’appel à être disciple, c’est être prêt à accepter aussi la persécution et les souffrances (v. 27); c’est également évaluer de façon réaliste les difficultés et les coûts (v. 28 à 32) inhérents.

JesusPreachingLes deux paraboles intégrées dans le passage d’évangile d’aujourd’hui racontent à leur façon ce que Jésus dit dans les versets précédents : « Êtes-vous bien certains de vouloir me suivre? Le prix en est-il plus élevé que ce que vous êtes prêts à payer? » La première parabole évoque la construction sur un vignoble d’une tour de guet d’où le vigneron pourra monter la garde contre les voleurs et les animaux fourrageurs. La seconde dépeint la maison royale où de grands enjeux politiques se résolvent. Que l’on soit riche ou pauvre, de souche royale ou de la gente paysanne, tous nous avons essentiellement la même décision à prendre lorsque confrontés à une dépense considérable en temps, en biens : ce prix est-il plus élevé que ce que je suis prêt à débourser? La décision ne diffère aucunement lorsqu’on entend l’appel à être disciple : l’enthousiasme des débuts y est, certes, mais ai-je les ressources nécessaires pour persévérer jusqu’au bout?

Les deux paraboles mettent en évidence l’importance d’évaluer sagement le coût d’une vie de disciple. Le bâtisseur de la tour de guet et le roi va-t-en-guerre doivent tous deux calculer le coût de leur projet et en étudier attentivement les risques avant de prendre une décision finale. Le disciple qui choisit de suivre le Christ doit comprendre que cette allégeance aura toujours préséance sur toutes autres choses. Accepter la personne du Christ, c’est accepter Sa croix également.

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Se souvenir d’un vrai patriarche et de son cadeau du Concile

John XXIIIAujourd’hui, 3 septembre, nous nous souvenons en particulier du bon Pape Jean XXIII qui a été proclamé bienheureux par Jean Paul II il y a dix ans avec le pape Pie IX, l’archevêque Tommaso Reggio de Gênes, le P. William Joseph Chaminade et le moine bénédictin Columba Marmion (connu comme Don Marmion par ses amis à travers le monde).

Un point intéressant peu connu de plusieurs personnes est que le pape Jean Paul II a assigné comme jour de fête du Bienheureux pape Jean XXIII le 11 octobre, et non la date de sa mort du 3 juin 1963. Le 11 octobre 1962 marque l’anniversaire de la première session de Vatican II. Jean XXIII et le Concile sont à jamais liés ensemble.

Chaque fois que je visite la basilique St-Pierre, j’essaie de prier devant les papes de mon propre temps – les papes Roncalli, Montini, Luciani et maintenant Wojtyla. Bienheureux Jean XXIII repose maintenant sous un autel sur le côté de la basilique principale en-haut. On l’a déplacé de sa crypte originale quelques temps avant sa béatification en 2000. Ce nouvel emplacement continue à attirer de grandes foules chaque jour.

Il y a de cela plusieurs années, je m’étais arrangé pour célébrer une messe au reposoir et autel du Bienheureux Jean XXIII. Quelques membres de la jeune équipe de Télévision Sel + Lumière étaient avec moi. Quand nous sommes arrivés pour la célébration, le jeune prêtre italien qui me précédait à l’autel était déjà en « temps supplémentaire ». Le prêtre avait un groupe de jeunes adultes avec lui et ils regardaient à travers le cercueil de verre les restes de Papa Giovanni. C’était ennuyant de les regarder prendre ce temps précieux: nous aurions moins de temps à l’autel! Nous avons attendu patiemment, sachant que notre groupe aurait seulement 25 minutes pour célébrer cette messe. [Read more…]

Propos de table et étiquette dans l’évangile de Luc

Réflexion biblique pour le 22e dimanche du temps ordinaire C

Dans l’évangile de Luc, les enseignements de Jésus les plus importants ont lieu autour de la table, dans des fêtes, des célébrations. Nous découvrons que chaque repas porte un sens plus profond que le simple boire et manger en compagnie d’autrui.

Les propos de table présentés aujourd’hui s’inscrivent dans le cadre du voyage vers Jérusalem entamé au chapitre 9 verset 51. Chez Luc, rien n’a plus d’importance que la table à manger. C’est là que se déroule l’eucharistie, de même que les révélations du Ressuscité (Luc 24, v. 28 à 32). De plus, c’est en mangeant ensemble que les disciples reçoivent du Christ la promesse de l’envoi de l’Esprit Saint et leur mission spécifique (Actes 1, v. 8). Enfin, juifs et païens ont pu former Église grâce au partage du repas (Actes 10, v. 9 à 16 et 11, v. 1 à 18).

Des repas partagés lourds de sens

RUBENS-Pieter-Pauwel-Christ chez Simon le Pharisien-1618-20La scène de banquet présentée aujourd’hui ne se trouve que dans l’évangile de Luc (14, v. 7 à 14). Elle offre un cadre aux enseignements de Jésus sur l’humilité et présente son attitude envers la richesse et la pauvreté. Le partage du repas pour le judaïsme, pour Jésus et pour l’Église des premiers temps comporte une dimension religieuse, sociale et économique riche de sens.

Le premier verset du chapitre 14 pose d’emblée le contexte pour les versets 7 à 11. Attablé chez un pharisien, Jésus observe le comportement des hôtes comme des invités. L’observation attentive du quotidien lui fournissait une compréhension profonde de la véritable nature de ses auditeurs de même que des opportunités de leur révéler le fonctionnement du Royaume de Dieu. Ce qui est récurrent et coutumier ne doit pas être négligé lorsqu’on tente de définir la vie vécue dans la présence de Dieu. [Read more…]

Mère Teresa: une vie de dévouement désintéressé

Il y a déjà 13 ans que Mère Teresa est morte d’une crise cardiaque à l’âge de 87 ans, le 5 septembre 1997 à Calcutta. Et le 26 août de cette année marque le centième anniversaire de cette femme incroyable. Le lendemain de sa mort, elle était supposée présider un service de prière à Calcutta pour son amie, Diana, Princesse de Galles, qui avait été tragiquement tuée dans un accident de voiture une semaine auparavant.

Mother Teresa Window

Je me souviens très bien de ces journées… Mon propre père est mort le 27 août de la même année. La nuit de mon retour à Toronto après ses obsèques, la Princesse fut tuée par l’horrible accident de voiture à Paris. Une semaine après, Mère Teresa fut appelée à rejoindre Dieu dans Sa demeure. J’ai présenté un commentaire à l’occasion de ses funérailles pour plusieurs chaînes de télévision nationales au Canada. La pompe, la précision et la sombre majesté de l’adieu londonien à la Princesse Diana, présenté une semaine avant, était presque inaperçu dans les scènes chaotiques du passage du cercueil de bois de Mère Teresa transporté sur un attelage à canon à travers les rues affairées et encombrées par les foules lors de ses funérailles d’État.

La vie de Mère Teresa n’était pas ordinaire, mais plutôt une métaphore d’altruisme et de sainteté. Ses fameuses oeuvres débutèrent en 1950 avec l’inauguration à Calcutta de la première maison pour les personnes mourantes et les démunis  Nirmal Hriday (Cœur tendre). Les mots de Mères Teresa demeurent inscrits sur les murs de cette maison : « De nos jours l’épidémie la plus horrible n’est pas la lèpre, ni la tuberculose. C’est le sentiment d’être indésirable, rejeté, abandonné par tous. »

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L’occasion qui ne se représentera pas

Réflexion biblique du 21e dimanche du temps ordinaire

Bien que l’Évangile d’aujourd’hui (Luc 13, 22-30) puisse bien être un recueil des dictons de Jésus, émis dans différents contextes mais rassemblés ensemble ici sous le titre général de « qui sera sauvé », le ton général du sens de tout l’ensemble est clair : la bonne nouvelle est offerte : « totale et entière » et doit être acceptée de la même manière. Les paroles de Jésus suivent les paraboles du royaume (Luc 13, 18-21) et mettent l’accent sur le grand effort requis pour entrer dans le royaume (13, 24) et sur l’urgence d’accepter l’opportunité présente d’entrer parce que la porte étroite ne restera pas ouverte indéfiniment (13, 25). Derrière cette affirmation se cache le rejet de Jésus et de son message par ses contemporains juifs (13, 26) dont les places au banquet dans le royaume seront prises par les Gentils des quatre coins du monde (13, 29). Ceux qui sont appelés derniers (les Gentils) précéderont ceux auxquels l’invitation fut adressée en premier (les Juifs).
 
Seigneur, qui peut-être sauvé ?

CefaluDome-PantokratorEn réalité, la question posée à Jésus est: « N’y aura-t-il que quelques-uns qui seront sauvés ? » Jésus répond en disant que la voie est ouverte mais le chemin d’accès au royaume est étroit et exige plus qu’un intérêt passager. En effet, la porte ne restera pas toujours ouverte. Dieu veut nous mener à l’eschaton (la fin des temps), et quand la porte est fermée, c’est fermé. La porte ne pourra certainement pas être réouverte par les personnes qui affirment avoir vu Jésus une fois lors d’une visite dans leurs villes et leurs villages ou quand il a prêché dans leurs rues ou qu’ils ont vu une fois  parmi la foule ou qu’ils ont rencontré des membres de sa famille. De tels appels ne sont pas seulement futiles mais aussi compromettant pour eux-mêmes par ce que leurs opportunités portent aussi des obligations. En plus de la douleur de rester assis devant une porte close, il y aura la vue du grand nombre de gens qui sont admis, non seulement ceux qui sont attendus parmi les anciens fideles d’Israël mais aussi les Gentils, que l’on n’attendait pas, qui ont entendu et cru. Voilà une opportunité pour Israël et pour nous d’évaluer où nous en sommes par rapport au Royaume de Dieu. [Read more…]

Marie, demeure de l’Humanité et de la Divinité

Réflexion biblique pour la Solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

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Ce n’est pas souvent que la Solennité de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie tombe un dimanche. Je voudrais partager quelques réflexions sur la signification historique et pastorale de cette fête importante et de sa pertinence dans notre vie. L’Assomption de Marie, Mère du Seigneur, dans les cieux est un signe de consolation pour notre foi. En contemplant, enlevée au ciel, entourée d’anges en jubilation, la vie humaine s’ouvre à la dimension de la joie éternelle. Notre propre mort n’est pas la fin mais plutôt le passage à la vie éternelle.

Lien à l’Immaculée Conception

Pour les chrétiens catholiques, la croyance en l’Assomption de Marie émane de notre croyance et de notre compréhension de l’Immaculée Conception de Marie. Nous croyons que Marie a été épargnée du péché originel par la grâce de Dieu, elle ne vivra sûrement pas les conséquences du péché et de la mort comme nous les connaissons. Nous croyons que c’est grâce à l’obéissance et à la fidélité de la Vierge Marie, qu’à la fin de sa vie terrestre, elle fut élevée assumée corps et âme dans la gloire céleste.

Aperçu historique de la Fête

Au cours de plusieurs siècles de l’époque paléochrétienne, l’Église ne fait pas mention de l’Assomption corporelle de Marie. Irénée, Jérôme, Augustin, Ambroise et les autres patriarches de l’Église n’en mentionnent rien non plus. En 377 apr. J.-C. Épiphane, Père de l’Église, déclarait que personne ne connait la fin de la vie de Marie.

La Fête de l’Assomption était fêtée en Syrie déjà dès le Vème siècle. Aux Vème et VIème siècles, les évangiles apocryphes témoignaient de la réticence de l’Église d’accepter le fait que le corps de la Mère de Dieu doit reposer dans un tombeau. Au VIème siècle, on célébrait la Fête de l’Assomption à Jérusalem et peut-être même en Alexandrie. La première référence écrite « authentique » à l’Assomption provient des auteurs qui vivaient durant le VIème et jusqu’au VIIIème siècle. Parmi les sermons qui en font mention celui de St. André, St. Jean Damascène, St. Modeste de Jérusalem. En Occident, c’est St. Grégoire qui en fait la première référence. St. Grégoire vivait au cours du VIème siècle, alors que St. Jean Damascène vivait au VIIIème siècle.

En Espagne on célébrait la Fête de l’Assomption au IXème siècle. Du Xème aux XIIème siècles, il n’y avait aucun doute concernant la célébration de ladite fête dans l’Église occidentale. Au XIème siècle, on célébrait cette fête dans la ville de Rome ainsi qu’en France.

Du XIIIème siècle jusqu’à aujourd’hui, la croyance en l’Assomption de Marie est incontestée à travers l’Église universelle. En 1950, le pape Pie XII enseignait l’infaillibilité [Munificentissimus Deus]: “Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.”

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Privilégier le précieux don de la foi

Réflexion biblique du 19e dimanche du temps ordinaire C christpantocratorsinaitp71

Appelé selon les plus sages des rois Israélites, Salomon, le Livre de la Sagesse, était utilisé comme un manuel ou un vade-mecum pour les jeunes juifs qui vivaient au sein de la culture Grecque, de 300 av. J.-C. a 200 apr. J.-C. Les Juifs étaient en admiration de cette brillante culture qui les entouraient, et craignaient peut être que leurs valeurs traditionnelles pourraient bien être inferieures à celles de la société égyptienne. La sagesse consistait en une série de dictons sages, des discussions philosophiques et morales, des écrits d’apologétiques religieuses, de science et de rhétorique. Les auteurs aspiraient à éduquer et à consolider la foi juive dans un environnement étranger.

La section finale du livre de la Sagesse, d’où est extraite la première lecture d’aujourd’hui [Sagesse 18, 6-9] loue Dieu en tant que libérateur de son peuple. Un des points culminants du texte consistait en une glorification de Dieu pour son pouvoir magnanime qui détruisit le premier né des Égyptiens, et qui, en contrepartie, avait simultanément libéré son peuple. Israël a été sauvé parce qu’il avait « attendu le salut des justes » [v7]. Les Égyptiens avaient été anéantis parce ce qu’ils n’avaient pas écoutés Dieu ; Israël a été sauvé parce qu’il a écouté Dieu.

Portraiture de la foi religieuse

Chaque fois que j’ai un moment de frustration, de découragement ou de tristesse sur l’état actuel de l’Église, je relis le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux. Ce chapitre s’inspire des personnes et des évènements de l’Ancien Testament pour dépeindre un portrait inspirant de la foi religieuse, ferme et inébranlable face à n’importe quels obstacles qui la confrontent.

La deuxième lecture d’aujourd’hui [Héb 11, 1-2 ; 8-19] est extraite d’un chapitre chronologiquement rédigé. Hébreux [11, 3-7] s’inspire des neuf premiers chapitres de la Genèse [1-9] ; le chapitre [11, 8-22], s’inspire de la période des patriarches ; le chapitre [11, 23-31] s’inspire de l’époque de Moïse ; et le chapitre [11, 32-38] de l’histoire des Juges, des Prophètes et des martyrs Maccabéens.

L’auteur présente la description la plus extensive que l’on retrouve dans le Nouveau Testament, même si son intérêt n’accuse pas une définition technique. C’est en se basant sur les besoins de son audience qu’il décrit ce que fait la foi authentique, et non pas ce qu’elle est en soi. À travers la foi Dieu garantit les bénédictions que l’on espérait de lui, en fournissant une évidence dans le don de la foi, que ce qu’il promet adviendra éventuellement [11, 1]. Comme ils avaient acceptés dans la foi, la garantie du futur que Dieu leur a promis, les personnages bibliques évoqués dans la Lettre aux Hébreux [11, 3-38] étaient eux mêmes commandés par Dieu [11, 2]. Les Chrétiens avaient une raison plus grande pour rester fermes dans la foi car, contrairement a l’Ancien Testament, les hommes et les femmes de foi on perçu le commencement de l’accomplissement des promesses messianiques de Dieu [11, 39-40].

Il est important de se rappeler les paroles du Cardinal John Henry Newman dans une de ses homélies sur cet extrait des Hébreux : « C’est alors une chose d’avoir la foi, et une autre chose de recevoir la promesse a travers la foi. La foi n’affecte pas en elle-même le faite de recevoir la promesse. » (Extrait traduit de la version originale en Anglais. Cf. http://www.newmanreader.org/works/parochial/volume6/sermon13.html)

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Amasser des trésors au paradis

MIMI_76F13_023R_MINRéflexion biblique pour le 18e dimanche du temps ordinaire C

En plus de la préparation de la scène pour l’Évangile de Luc sur les possessions et la collecte d’objets, la lecture d’aujourd’hui est extraite de l’Ecclésiaste [1, 2 ; 2, 21-23] qui permet de prendre conscience avec un franc réalisme, de la nature de la vie et de l’inexorable écoulement du temps : « Vanité des vanités(…), tout est vanité » [Ecc 1,2]. Le vocable « vanité » se réfere  usuellement à l’amour excessif de l’apparence de soi, et pourtant dans Qohélet il prend un tout autre sens. Le terme en anglais signifie « vide » ou « néant », alors une « vanité des vanités » se définirait en quelque sorte par « une perte de temps absolue. » L’auteur du livre de l’Ecclésiaste se donne le nom « Qohélet, » qui se traduit par « une personne qui assemble » ou « une personne qui enseigne ». Il est cynique vis à vis de la vie, ayant vécu longtemps et témoigné de la futilité d’une bonne part de son travail. Son livre se termine par une simple vérité : la seule chose qui vaut la peine concernant la vie est la connaissance de Dieu.

Une parabole sur l’accumulation et la possession

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Luc [12, 13-21] a combiné des concepts qui contrastent avec ceux qui se concentrent et se confient dans la vie sur les possessions matérielles, symbolisés par le riche incrédule de la parabole [vv16-21], avec ceux qui sont conscients de leur dépendance complète de Dieu [v 21], ceux dont le détachement radical du monde des possessions matérielles symbolise leur trésor eschatologique [vv 33-34].

Le sujet de la convoitise survient à cause d’une sollicitation de Jésus par une personne dans la foule d’intervenir dans une affaire d’héritage. Jésus refuse et transforme la conversation en une leçon contre le matérialisme. Il illustre ceci par l’histoire d’un fermier prospère qui décide de stocker l’excès de ses récoltes. L’homme riche décide alors d’ériger une grange ou un silo à grains. Jésus semble suggérer que le fermier devrait partager son surplus de récolte avec les pauvres. [Read more…]