Reste avec nous Seigneur

Réflexion biblique pour le premier dimanche de Pâques

Emmaus iconL’histoire biblique des deux disciples d’Emmaüs raconte comment un chemin de tristesse peut devenir une promesse d’espérance. Deux compagnons découragés ont quitté Jérusalem. Tandis qu’ils s’éloignent de la Ville Sainte, un inconnu les rejoint, s’approche, les interroge et commence à leur parler.

Pour les disciples en route vers Emmaüs, la nouvelle les a fait sortir de leur propre apitoiement et de leur mauvaise interprétation des Écritures.  Par ailleurs, cette nouvelle les a amenés à se plonger plus profondément dans le mystère de la passion et de la mort de Jésus.

L’histoire d’Emmaüs parle du pain rompu et partagé au petit groupe.  Mais c’est encore peu de chose pour lui. Si ce geste n’est pas habité par une lumière plus profonde, il ne vaut rien du tout.

Quelque chose s’éveille en eux et les bouleverse intérieurement : «Notre coeur n’était-il pas tout brûlant tandis qu’il nous parlait sur la route?», diront-ils, lorsque leurs yeux s’ouvriront et reconnaîtront Jésus ressuscité.

Ce récit biblique des disciples d’Emmaüs est avant tout une école de prière pour notre vie.  L’itinéraire des deux disciples nous offre un modèle et une consolation nous aidant à découvrir la présence de Dieu qui marche avec nous, surtout dans des moments difficiles, de désespoir, et de tristesse. [Read more…]

« Comme des fioles d’albâtre de nard… »

Réflexion biblique pour le Veillée pascale, année C

Je considère le chapitre sur la résurrection (24) de l’évangile de Luc comme une belle symphonie en trois mouvements. Dans le premier mouvement du tombeau vide (vv.1-12), Dieu seul dénoue une situation sans espoir et sans issue. Dans le deuxième mouvement du récit d’Emmaüs (vv.13-35), Dieu, en la personne de Jésus, accompagne des personnes dans leur chemin à travers les ruines du désespoir et de la mort. Les récits du troisième mouvement présentent Jésus parmi ses disciples (vv.36-53) et conduisent les personnes à une expérience de  communauté.

Femmes au tombeauL’évangile pour la vigile de Pâques cette année (24, 1-12) est le premier mouvement d’une symphonie de résurrection. Ce sont d’abord les femmes qui découvrent le tombeau vide et reçoivent le message des anges que Jésus est ressuscité. Tandis que les femmes ne sont pas nommées au chapitre 23, nous apprenons en 24,10 qu’il s’agissait de Marie Madeleine, Jeanne et Marie, la mère de Jacques. Même si les apôtres allaient être des témoins de la résurrection (Actes 1, 22), ils semblent être dans le désarroi tandis que les femmes disciples sont là pour recevoir la joyeuse nouvelle.

L’histoire du tombeau vide commence par une référence aux épices que les femmes avaient préparées. Le passage précédent racontant l’enterrement de Jésus (23, 50-56) se termine avec une note selon laquelle les femmes qui étaient venues avec Jésus de Galilée ont suivi Joseph d’Arimathie et ont vu le tombeau ainsi que la manière dont le corps de Jésus y avait été étendu. Les femmes connaissaient le tombeau exact où Jésus avait été placé. Il n’y avait aucune possibilité de confondre le tombeau. Après avoir préparé des épices et des onguents, elles se sont reposées le jour du sabbat d’après la loi juive. Le sabbat terminé elles sont venues embaumer le corps de Jésus pour qu’il ait un enterrement approprié. [Read more…]

Le spécialiste des Croix et du port de la croix…

Réflexion biblique pour le Vendredi Saint C

Chaque année le Vendredi Saint, nous revivons les événements tragiques de la Passion de notre Sauveur jusqu’à à sa crucifixion sur le Golgotha. Il y a une question lancinante au sujet de cette journée qui a résonné partout dans l’histoire. Sur le Calvaire, au milieu de ce désastre, où était Dieu? Même Jésus le Seigneur a implorée dans ses pleurs, sur le bois de la croix : « Où es-tu? M’as-tu réellement oublié? Pourquoi es-tu sourd à la voix de ma plainte. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Le salut est loin de moi, loin des mots que je rugis » (Psaume 22).

CRUCIFIXLes lectures profondément émouvantes de la liturgie d’aujourd’hui ne se concentrent pas sur le cadavre de Jésus mais elles vont et viennent délicatement entre Jésus mort et la communauté affligée. Les passages sont remplis de paroles de douleur et d’espérance, de mort et de vie. Dans la lecture de la lettre aux Hébreux (4,14-16; 5,7-9), l’auteur contemple l’agonie de Jésus au jardin en relation avec les sacrifices du temple et le sacerdoce selon les Écritures hébraïques.

Nous découvrons notre Dieu qui permet qu’un Vendredi Saint surviennent: un Dieu-homme qui est toujours fils comme nous en toutes choses, à l’exception du péché. Loin de créer un abîme entre le Christ et nous-mêmes, nos épreuves et nos faiblesses sont devenues les lieux privilégiés de notre rencontre avec Lui et non seulement avec Lui, mais avec Dieu lui-même, grâce à cet homme sur la croix. À partir de maintenant, aucun de nous ne peut s’abaisser dans une situation douloureuse sans trouver le Christ présent à nos côtés.  Si les épreuves de l’existence humaine ont donné au Christ sa position présente proche de Dieu, alors il a été revêtu de gloire et d’honneur pour avoir souffert la mort. [Read more…]

Devine qui vient dîner!

Réflexion biblique pour le Jeudi Saint C (Cène du Seigneur)

LavementdespiedsEn commémorant les événements de la Semaine Sainte, nous faisons plus que de rappeler les souffrances et la glorification du Christ. En réalité nous célébrons sa vie et nous partageons sa victoire. À travers sa passion, sa mort et sa résurrection, Jésus  accomplit la mission à laquelle son père l’appelle. Il est vainqueur du péché et restaure l’humanité dans la justice de Dieu.

Le Jeudi saint marque la fin du temps de Carême. Cette nuit, d’une manière très spéciale, nous faisons l’expérience de Jésus qui se donne lui-même dans l’Eucharistie, qui nous est offerte. Cette nuit, nous commençons les trois jours qui sont au centre de notre année, et en vérité de la foi chrétienne. Les lectures des écritures de la messe de la Cène du Seigneur (Ex 12,1-8. 11-14 et Ps 115,12-13) nous enracinent profondément dans notre passé juif, célébrant la Pâque avec le peuple juif, recevant de saint Paul (1 Cor 11,23-26) ce qui lui a été transmis, à savoir le banquet eucharistique. Dans l’évangile (Jean 13,1-15) nous regardons Jésus bien en face alors qu’il s’agenouille devant nous pour laver les pieds en humble service. Cette nuit, Jésus nous donne une image de ce à quoi l’Église est supposée ressembler. 

Nous contemplons le Christ dans le Chambre haute, la veille de sa Passion, lorsqu’ il se donne en offrande à l’Église, instituer le sacerdoce ministériel et laisser à ses disciples le nouveau commandement de l’amour. De cette façon, il souhaita rester avec nous par le sacrement de l’Eucharistie, se faisant lui-même la nourriture du salut. Après la messe du repas du Seigneur, nous resterons, veillant en adoration Lui, obéissant au désir qu’il exprima à ses apôtres dans le Jardin des Oliviers : « Demeurez ici et veillez avec moi » (Mt 26, 38). [Read more…]

Une semaine pas comme les autres

Réflexion du père Thomas Rosica à l’occasion du début de la Semaine Sainte.

Suivre Jésus sur le chemin royal de la Croix

Réflexion biblique pour le dimanche des Rameaux C

Cette année, au dimanche des Rameaux, nous entendons deux parties de l’évangile de Luc – le premier à la bénédiction des Rameaux et le second lors de la lecture du récit de la Passion. Avec l’entrée royale de Jésus à Jérusalem, (19, 28-21,38) une nouvelle section de l’évangile commence – le ministère de Jésus à Jérusalem avant sa mort et résurrection.

RameauxDans un élan d’enthousiasme, le peuple de Jérusalem a agité les palmes et accueilli Jésus comme il entrait dans la ville, monté sur un âne. L’acclamation : «Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur » (v.38) est présente seulement dans l’évangile de Luc où est explicitement donné à Jésus le titre de roi lorsqu’il entre en triomphe dans Jérusalem. Luc a inséré ce titre dans les paroles du psaume 118,26 qui annonçait l’arrivée des pèlerins venant vers la ville sainte et au temple. Jésus est acclamé comme roi et comme celui qui vient (Malachie 3,1; Luc 7,19). L’acclamation des disciples: « Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux» fait écho à l’annonce des anges à la naissance de Jésus (Luc 2,14). La paix que Jésus apporte est associée au salut qui doit être accompli à Jérusalem. Il y a une unité interne entre les récits de l’enfance et la passion de l’évangile de Luc.

Luc est lié à Marc pour la composition du récit de sa Passion (22,14-23.56) mais il a incorporé beaucoup de sa propre tradition dans le récit. On distingue plusieurs parties dans le récit de la Passion de Jésus dans Luc: 1 la tradition de l’institution de l’Eucharistie (22, 15-20); 2 Le discours d’adieu de Jésus (22,21-38); 3 Le mauvais traitement et l’interrogation de Jésus (22,63-71); 4 Jésus devant Hérode et sa seconde apparition devant Pilate (23,6-16); 5 les paroles adressées aux femmes qui suivaient le chemin de croix (23, 27-32); 6 les paroles au larron pénitent (23, 39-41); 7 la mort de Jésus (23,46, 47b-49). [Read more…]

Au sujet de la lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande

Message du père Thomas Rosica, csb – Directeur gén. de Télévision Sel + Lumière

Le père Thomas RosicaLe pape Benoît XVI a écrit une lettre pastorale à tous les catholiques d’Irlande. Cette lettre a été rendue publique ce matin, le 20 mars, à Rome. Dans ce message d’une grande profondeur, le Saint-Père exprime son désarroi face aux abus sexuels commis par des représentants de l’Église et la manière dont plusieurs évêques et supérieurs religieux ont abordé ces problèmes. Il demande de lire la lettre attentivement et jusqu’au bout. Le Saint-Père parle de sa proximité de cœur avec l’ensemble de la communauté catholique irlandaise en cette période douloureuse et propose une voie de guérison, de renouveau et de réparation.

En s’adressant d’abord aux victimes d’abus, il reconnaît la grande trahison dont elles ont souffert. Il leur dit à quel point il est désolé de ce qu’elles ont dû endurer. Il reconnaît que, dans bien des cas, personnes ne voulaient les écouter lorsqu’elles trouvaient le courage de parler de ce qui leur était arrivé. Le Pape presse les victimes de chercher en Église l’opportunité de rencontrer Jésus-Christ et trouver la guérison et la réconciliation en redécouvrant l’amour infini du Christ pour chacune d’elle.

Aux prêtres et aux religieux qui ont abusé d’enfants et de jeunes, le Pape affirme qu’ils devront répondre de leurs actes devant Dieu et devant les tribunaux proprement constitués pour les gestes criminels et les graves péchés qu’ils ont commis. Ils ont trahi une confiance sacrée et ont déshonoré leurs confrères. Un tort énorme a été causé, non seulement aux victimes, mais aussi à la perception du sacerdoce et de la vie religieuse en Irlande.

Le Pape encourage les parents à persévérer pour élever leurs enfants afin qu’ils sachent qu’ils sont aimés, et développent ainsi une saine estime d’eux-mêmes. Les parents ont la responsabilité première d’éduquer les nouvelles générations aux principes moraux qui sont essentiels à une société civilisée. Le Pape invite les enfants et les jeunes à trouver l’opportunité d’une rencontre avec le Christ au sein de l’Église. Il compte sur la nouvelle génération pour contribuer au renouveau de l’Église.

S’adressant aux évêques d’Irlande, Benoît XVI note les graves erreurs de jugement et le manque de leadership de plusieurs, parce qu’ils n’ont pas correctement mis en œuvre les normes canoniques en réponse aux allégations d’abus. Bien qu’il était souvent difficile de savoir comment faire face à de telles situations, il demeure que de sérieuses erreurs ont été commises, et que, comme résultat, ces évêques ont perdu toute crédibilité. Le Pape les empresse de poursuivre leurs efforts déterminés pour remédier aux erreurs passées et éviter qu’elles se répètent, en mettant en application le droit canonique et en coopérant pleinement avec les autorités civiles dans le domaine de leur compétence.

Le péché et le stigmate des abus sexuels ne sont pas uniques à l’Irlande, ni à l’Église catholique. Ce péché est présent dans toutes les sociétés et nations. Prions ensemble afin que la guérison et la réconciliation de l’Église en Irlande, de l’Église au Canada et aux Etats-Unis, et pour l’Église en Allemagne, en Autriche, au Pays-Bas, en Italie et à tous ces endroits où le Corps du Christ a été profondément blessé et bafoué par le péché de l’abus sexuel. Ensemble, pansons ces blessures et soyons des agents de guérison, de réconciliation et de paix.

Le jour où pauvreté et miséricorde se sont rencontrées

Réflexion biblique pour le 5e dimanche de Carême C

Le récit émouvant de l’évangile de ce dimanche (Jean 8, 1-11) relate l’épisode de la femme adultère en deux scènes très vives : dans la première, nous sommes témoins d’une discussion entre Jésus, les scribes et les pharisiens au sujet d’une femme prise en flagrant délit d’adultère qui, selon les prescriptions du Lévitique (20, 10), devait être lapidée ; dans la seconde, d’un bref mais émouvant dialogue entre Jésus et la femme pécheresse.

lafemmeadultereAucun autre événement de la vie de Jésus n’illustre plus clairement le triomphe de la miséricorde sur la justice que ce récit. Deux aspects nous intriguent : le premier c’est que cette histoire de Jean est absente de la plupart des manuscrits anciens grecs et n’est certainement pas à sa place dans le quatrième évangile. Le style et le langage semblent plus proches de celui de Luc que de celui de Jean.

Les seuls mots qui ne sont pas communs dans l’évangile de Jean incluent « Le Mont des Oliviers » (8, 1), « Les scribes »  (8, 3) et « Je condamne » (8, 11), tous les autres mots se trouvent très communément dans les évangiles synoptiques. Les mots et phrases comme « Tout le monde » (8, 2) et « les scribes et les pharisiens » (8,3) sont plus communs à Luc. Cependant, en dépit du fait de la présence de ces mots de Luc dans cette histoire, il s’y trouve aussi des phrases non-lucaniennes qui suggèrent  un texte non-lucanien.

D’autre part, quelques paroles de ce récit ne se trouvent nulle part ailleurs dans les évangiles : « en action » (8, 4), « sans péché » (8, 7) et « resta seul » (8, 9). Il n’y a aucun doute que le langage de ce récit le rend unique à l’intérieur du Nouveau Testament. [Read more…]

Seigneur, si seulement tu avais été là

Réflexion biblique pour le 5e dimanche de Carême en initiation à la vie chrétienne pour adultes (vidéo)

Se trouver sur une terre sainte

Réflexion biblique pour le troisième dimanche de Carême C

La première lecture de ce dimanche tirée de l’Exode (3,1-8a; 13-15) me rappelle ma première visite au Mont Sinaï et au monastère Ste Catherine en 1990, pendant mes années d’études à Jérusalem. Je me souviens très bien de cette fabuleuse expérience d’être sur la « Terre Sainte » au Sinaï, sur le lieu où Dieu donna à l’humanité sa Loi, les Dix commandements de l’Alliance.

Je me souviens aussi des paroles bouleversantes du pape Jean-Paul II, prononcées au Monastère Ste Catherine au Sinaï le 26 février 2000 lors de son pèlerinage jubilaire aux lieux de notre salut.

Mount_SinaiCombien de personnes sont venues en ce lieu avant nous ! Ici, le peuple de Dieu a planté ses tentes (cf. Ex 19, 2) ; ici, le prophète Elie trouva refuge dans une grotte (cf. 1 R 19, 9) ; ici, le corps de la martyre Catherine trouva son lieu de repos ultime ; ici, une foule de pèlerins à travers les âges ont fait l’ascension de ce que saint Grégoire de Nysse appelait « la montagne du désir » (Vie de Moïse, 2, 232) ; ici, des générations de moines ont veillé et prié. Nous suivons humblement leurs pas jusqu’à « la terre sainte » où le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob chargea Moïse de rendre son peuple libre (cf. Ex 3, 5-8).

Dans ce passage bien connu tiré du chapitre 3 de l’Exode, l’image de la « terre sainte » est vivante, parlante. Pendant des siècles, des auteurs spirituels ont contemplé la profonde signification de la terre et des lieux saints. La région entière du Sinaï, avec sa beauté naturelle et rude et l’ancien monastère dressé au pied de la montagne sainte de Dieu, sont les témoins silencieux de l’entrée de Dieu dans l’histoire humaine. [Read more…]