« La gratitude est le cœur de la mémoire »

La fête de l’Action de Grâce est certainement un contre poids intéressant à la Thanskiving de nos voisins du Sud. Alors que les Américains célèbrent l’arrivée des premiers colons et de leur établissement en Amérique, les Canadiens rendent grâce pour la bonne récolte.

La reconnaissance pour les bonnes choses de la saison qui se termine est au coeur de notre fête d’Action de Grâce.  Lorsque tout va bien dans notre vie, combien de fois rendons-nous grâce à Dieu pour ce que nous sommes et pour ce que nous avons? La reconnaissance est beaucoup plus qu’un simple «merci» qu’on est obligé de dire. C’est une manière de percevoir le monde, de se laisser surprendre. C’est avoir les yeux ouverts et proches de son cœur.

Quels sont les traits et les qualités des personnes reconnaissantes? Le souvenir est certainement la caractéristique la plus précieuse de la vertu de gratitude. Une des plus importantes qualités d’une personne est la capacité de dire «merci» aux autres et de ne prendre rien ni personne pour acquis. Ceux et celles qui ont cette vertu de gratitude possèdent une grande richesse. Ces personnes ne sont pas seulement conscientes combien elles sont bénies, mais elles se rappellent toujours que toute bonne chose vient de Dieu. [Read more...]

S’habiller pour la fête–Réflexion biblique pour le vingt-huitième dimanche du Temps ordinaire A

Les invités au festinLa parabole des invités au festin constitue chez Matthieu (22,1-14) la dernière des trois paraboles (elles débutent en 21, 28) sur le jugement prononcé contre Israël, en particulier contre ses dirigeants.  Il y a des liens évidents entre les trois textes. Chacun présente une « figure d’autorité » (dans l’ordre, un père, un propriétaire et un roi).  On retrouve dans les trois «des fils » ou « un fils ». La deuxième et la troisième parabole ont en commun de mettre en scène deux groupes de serviteurs et de formuler un jugement sévère contre ceux qui s’opposent au fils.

Dans la parabole d’aujourd’hui, le roi représente Dieu; le fils, Jésus; et le festin de noces, le temps de la célébration à la fois divine et humaine que symbolise le royaume. La très belle image des noces entre le Seigneur (YHWH) et Israël (Osée 2,19-20; Isaïe 54,4-8; 62,5) lui fournit un riche arrière-plan biblique. Le récit d’aujourd’hui reprend deux images qui reviennent fréquemment dans l’Ancien et le Nouveau Testament : celle du banquet et celle des noces.

Matthieu a inscrit plusieurs traits allégoriques dans la parabole d’aujourd’hui; la ville des convives qui refusent l’invitation est rasée par les flammes (v. 7), ce qui correspond à la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère.  Notre récit présente des ressemblances avec la parabole des vignerons homicides, qui le précède immédiatement : l’envoi de deux groupes de serviteurs (v. 3-4), l’assassinat des serviteurs (v. 6), le châtiment des meurtriers (v. 7) et l’admission d’un nouveau groupe à une situation privilégiée dont les autres s’étaient montrés indignes (v. 8-10). La parabole se termine par un passage qu’on ne trouve qu’en Matthieu (v. 11-14) et dont certains estiment qu’il forme une parabole distincte. [Read more...]

Le Seigneur n’abandonnera jamais sa vigne

Réflexion biblique pour le vingt-septième dimanche du Temps ordinaire A

Nous revoici, cette semaine encore, dans la vigne : plongés dans une autre des paraboles complexes de Matthieu. Ces paraboles, Jésus les raconte pour répondre à la question : à quoi ressemble le royaume de Dieu? Elles sont de courts récits qui allient des détails réalistes de la vie des petits villages palestiniens du premier siècle à des éléments complètement étrangers à ce qui se passe dans la vie quotidienne. 

On donne souvent à la parabole de l’évangile d’aujourd’hui le titre de « parabole des vignerons homicides ». Comme celle des deux fils, la semaine dernière, et celle du festin nuptial (v. 33-46), la semaine prochaine, l’histoire d’aujourd’hui porte clairement sur le jugement et forme le cœur de la réaction de Jésus aux chefs religieux qui contestent son autorité (v. 23-27).

Dans l’Ancien Testament, le vignoble ou « la vigne » sert souvent de métaphore pour le peuple de Dieu. La vigne apparaît fréquemment dans les paraboles de Jésus : elle prépare l’implantation du Royaume de Dieu et le déploiement du drame du salut. Le travail dans le vignoble est éreintant; la patience est essentielle et le salaire imprévisible, comme nous l’avons vu dans une parabole antérieure (Matthieu 20). La vigne peut aussi être un endroit dangereux. Des conflits peuvent surgir entre les ouvriers (Marc 9,33), et la violence peut y éclater : nous le voyons dans le récit d’aujourd’hui (Matthieu 21, 33-43).

Une histoire de violence et de misère

La combinaison d’un symbole de paix et d’abondance à un récit de violence et de misère confère une grande force à la parabole d’aujourd’hui. Un regard plus attentif nous aide à comprendre la dure réalité que vivaient les gens au temps de Jésus. [Read more...]

Sommes-nous des ouvriers fidèles et généreux dans la vigne du Seigneur?

Réflexion biblique pour le vingt-sixième dimanche du Temps ordinaire A

Tout de suite avant le récit de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus est retourné au Temple (v. 23a) et il a revendiqué cet espace sacré pour son ministère de guérison (v. 14), pour enseigner et pour interpeller ses adversaires. Les grands prêtres et les anciens du peuple continuent de le harceler : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité? » (v. 23b).  C’est Dieu lui-même qui est la source de l’autorité de Jésus mais celui-ci ne saurait le dire sans se faire accuser de blasphème.  Au lieu de répondre directement à ses adversaires, Jésus leur oppose une question de son crû au sujet du baptême de Jean. Ceux qui sont rassemblés autour de Jésus refusent de voir Dieu à l’œuvre dans le baptême de Jean. Du même coup, ils rejettent Jésus. Cette réticence à croire en Dieu et en Jésus se manifeste dans la réaction des adversaires de Jésus face à Jean le Baptiste.

Le texte d’aujourd’hui commence par la parabole bien connue du père qui demande à ses deux fils d’aller travailler dans son vignoble (Matthieu 21,28-32).  Pour un auditeur juif familier des récits des Écritures hébraïques, il y a déjà là un indice important : il va y avoir des problèmes. Il suffit de penser que les récits bibliques qui mettent en scène des frères sont presque toujours des histoires de conflit, d’hostilité, d’incompréhension, de concurrence et de tensions. Pensons à Ésaü et Jacob, Isaac et Ismaël, Joseph et ses frères.  Jésus est un conteur de talent; il sait préparer son public à l’enseignement qu’il lui réserve.  Je me demande à quoi songeaient les auditeurs de Jésus en l’entendant commencer son histoire : « Que pensez-vous de ceci? Un homme avait deux fils… »

Après leur avoir donné ses directives, le père attend de ses fils une réponse. Mais il ne se contentera pas de mots; il veut un engagement authentique. Le premier fils commence par dire non mais il se repent, vit une conversion et va travailler. Le second fils acquiesce en paroles à la demande de son père mais ne tient pas sa promesse. [Read more...]

« Vas-tu regarder d’un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? »

Réflexion biblique pour le vingt-cinquième dimanche du Temps ordinaire A  

Quand Jésus enseigne en paraboles, il exprime de profondes vérités au moyen de récits et d’images toutes simples qui parlent à l’intelligence et au cœur. Dans l’Ancien Testament, l’emploi des paraboles correspond à une pédagogie très ancienne, ancrée dans la culture universelle et visant à donner un enseignement éthique qui s’applique à la vie de tous les jours à l’aide d’histoires symboliques qui mettent en scène des personnages et des situations concrètes. La plupart du temps, les premiers auditeurs de ces récits tiraient leurs propres conclusions. Parfois, les évangélistes ont ajouté une explication à l’histoire racontée par Jésus. Souvent, le caractère allusif de la parabole rend la sagesse de Jésus inaccessible aux auditeurs ou aux lecteurs mal disposés qui s’arrêtent à la lettre du texte. [Read more...]

Le pardon a des conséquences en cette vie et dans l’autre

Réflexion biblique pour le vingt-quatrième dimanche du Temps ordinaire A
Le 11 septembre 2011

L’Évangile d’aujourd’hui (Matthieu 18, 21-35) traite de la nécessité du repentir et du pardon répété pour ceux et celles qui se disent disciples du Christ. Ce texte de l’Évangile peut se diviser en deux grandes parties : la question de Pierre à Jésus : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner? Jusqu’à sept fois? » (v. 21-22). Jésus répond à Pierre que le pardon ne connaît pas de limites (v. 22). Puis Jésus raconte la parabole du débiteur impitoyable pour faire passer le message (v. 23-34).

Il y a des ressemblances entre la parabole de Matthieu et l’histoire que raconte Luc 17,4, mais la parabole et sa conclusion ne se trouvent que dans le récit de Matthieu. En regardant de plus près la parabole de Matthieu sur le roi et son serviteur, nous découvrons qu’elle ne décrit pas nécessairement l’insistance de Jésus sur le pardon répété, qui était l’objet de la question de Pierre et de la réponse de Jésus. Le premier serviteur était devenu vulnérable; il était faible et sans ressources devant le roi, dont il ne pouvait qu’implorer la pitié. Il reprend du pouvoir en exigeant de son compagnon qu’il le rembourse et en le faisant jeter en prison pour défaut de paiement. Il ne renonce pas au pouvoir qu’il a sur d’autres. Et pourtant, le geste de ses compagnons qui le dénoncent ressemble fort à l’attitude du premier serviteur; eux non plus ne savent pas pardonner et ils exigent de le voir puni. En fin de compte, le pardon du Père, qui est déjà accordé, sera retiré au jugement dernier à ceux qui n’auront pas su imiter sa miséricorde et pardonner à leur tour (v. 35). Jésus avertit que son Père céleste traitera ceux qui ne savent pas pardonner de la même façon que le roi traite le serviteur impitoyable.

Des questions qui persistent

Qu’est-ce que ça veut dire, « pardonner »? Avant tout, le pardon suppose qu’il y a quelque chose à pardonner. Que ce soit quelque chose d’important ou non, le besoin de pardon signifie que quelqu’un a fait quelque chose de mal. Le mot grec qui est employé pour désigner le « pardon » dans la parabole d’aujourd’hui veut dire « chasser, renvoyer » ou « mettre à part ». Le pardon « renvoie » ce qui a séparé les gens. La colère ou les sentiments de vengeance sont « renvoyés ». En pardonnant, on n’est plus sous le contrôle du geste peccamineux, de l’ancien péché qu’on a subi. Nous savons que Jésus exige de ses disciples un pardon sans limites. Mais le pardon et la miséricorde ne sont pas toujours simples.

Le pardon ne veut pas dire que les gens vont se réconcilier sur-le-champ. Mais il amorce du moins le processus de guérison et aide à écarter les sentiments de vengeance. Le fait d’ignorer l’enseignement de Jésus sur le pardon entraîne de sérieuses conséquences en cette vie et dans l’autre. Croyons-nous vraiment que notre destinée et notre salut éternel sont compromis ou entravés par notre incapacité de pardonner alors que nous sommes sur cette terre? Comment rendre justice et montrer de la miséricorde? Assurément, ce ne sont pas là pas pour nous des questions faciles et elles font lever en nous des nœuds d’émotions qu’on retrouve d’ailleurs dans la parabole d’aujourd’hui.
Aussi faut-il prêter une grande attention aux paroles du Siracide dans la première lecture (27, 30-28:7): « Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s’obstine. L’homme qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur; celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés. Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait; alors, à ta prière, tes péchés seront remis. »

Il y a dix ans aujourd’hui 

La date d’aujourd’hui nous donne l’occasion de réfléchir en profondeur sur la façon dont nous réagissons, comme communauté chrétienne, au mal dans le monde : à la façon dont nous pardonnons et faisons preuve de miséricorde. Il y a dix ans aujourd’hui, le monde s’est arrêté, et la terreur et l’horreur du 11 septembre 2001 nous ont plongés comme jamais dans les profondeurs des mystères du mal, de la souffrance humaine et de la mort. Nombreux sont ceux qui se sont alors demandé où était Dieu au milieu de pareille destruction, dans la dévastation du 11 septembre. Mais, avec la grâce de Dieu, nous avons aussi été témoins de la grandeur du sacrifice humain et nous avons vu nos frères et sœurs manifester un amour héroïque.

Les attaques terroristes à Washington, D.C., en Pennsylvanie et à New York ne furent pas seulement des attaques contre les États-Unis. Pour citer le Bienheureux Jean-Paul II, « ce furent des crimes contre l’humanité ». Les victimes de ces tragédies venaient de dizaines de pays différents, et les retombées économiques et politiques de ces attentats ont touché le monde entier. Même si les responsables de ces attaques ont pu être motivés par leur opposition à des politiques américaines précises, notamment au Moyen-Orient, leur programme fondamental a paru s’inspirer d’un profond antagonisme à l’encontre de la culture et des institutions occidentales. Or il faut rejeter toute association simpliste entre l’islam et le terrorisme. Le 11 septembre pose un défi à l’Église autant qu’à l’État : nous devons en arriver à une meilleure compréhension de l’islam et établir avec lui des rapports plus profonds.

« L’ennemi » dans une guerre contre le terrorisme est très difficile à cerner; évitons soigneusement de faire du premier venu un ennemi potentiel. Il faut éviter de faire en sorte que la guerre au terrorisme devienne la guerre contre l’autre. Une société édifiée sur la peur et la méfiance de l’autre ne sera jamais une société pacifique. Ce n’est que lorsque seront rétablies la légalité, la règle de droit et la coexistence pacifique que nous pourrons goûter la victoire. [Read more...]

La dimension communautaire du pardon et de la réconciliation

Réflexion biblique pour le vingt-troisième dimanche du Temps ordinaire A

L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 18, 15-20) nous oblige à considérer les éléments qui sont essentiels à la démarche du pardon entre membres de la communauté ecclésiale. Le texte de Matthieu souligne la correction fraternelle des membres qui commettent le péché, l’importance de la prière des disciples (v. 19-20) et le besoin constant de pardon, qui doit s’étendre aux membres repentants de la communauté chrétienne (v. 21-35).

À Césarée de Philippe, nous avons appris que Pierre est le rocher, la fondation sur laquelle le Seigneur bâtit l’édifice de l’Église. Pierre se voit confier les clés du Royaume des cieux, qu’il pourra ouvrir ou fermer aux gens selon qu’il le jugera bon. Pierre pourra lier ou délier, c’est-à-dire qu’il pourra instituer ou interdire ce qu’il jugera nécessaire à la vie de l’Église. Pierre reçoit les clés. Au verset 18 de l’Évangile d’aujourd’hui, nous voyons une répétition presque exacte de l’expression du verset 16,19 et plus d’un estime que cette formule accorde ici à tous les disciples ce qui avait d’abord été remis à Pierre seul. 

La dureté des propos au sujet des païens et des publicains (collecteurs d’impôt) dans l’Évangile d’aujourd’hui reflète probablement une certaine période de l’histoire de la communauté de Matthieu, alors qu’elle était sans doute composée de chrétiens juifs. De même que les juifs observants fuyaient la compagnie des païens et des collecteurs d’impôt, la congrégation des disciples du Christ doit se séparer de ceux de ses membres qui seraient des pécheurs arrogants et refuseraient de se repentir même une fois convaincus de péché par toute l’église. De tels individus doivent être rejetés de la fraternité de la communauté.

L’enseignement de l’Église sur la pénitence et la réconciliation

Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que le péché est avant tout une offense à Dieu, une rupture de la communion avec lui. Par ailleurs, il porte atteinte à la communion avec l’Église. C’est pourquoi la conversion comprend à la fois le pardon de Dieu et la réconciliation avec l’Église, qui trouvent leur expression et leur accomplissement liturgique dans le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation. « Dieu seul pardonne les péchés (cf. Mc 2, 7). Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même :  » Le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre  » (Mc 2, 10) et il exerce ce pouvoir divin. » (CÉC, n° 1441). [Read more...]

Cardinal Aloysius Ambrozic, que votre âme repose en paix

Sel +Lumière offre sa profonde sympathie à la famille du cardinal Aloysius Ambrozic, archevêque émérite de Toronto qui vient de mourir ce matin, à l’âge de 81 ans, des suites d’une longue maladie. Prêtre depuis 56 ans, il était évêque pendant 35 ans et a servi comme 9e archevêque de Toronto de 1990 à 2006. 

Cardinal Ambrozic est né en 1930 à Gaberje, en Slovénie; il était le deuxième de sept enfants. En mai 1945, toute la famille s’est enfuie d’Autriche et a vécu dans plusieurs camps de refugiés, c’est là que le jeune Aloysius a fini ses études secondaires. En Septembre 1948, la famille a immigré au Canada et s’est installée à Markham en Ontario. Peu de temps après, Aloysius Ambrozic est entré au Séminaire St Augustin, une maison spirituelle où il est souvent revenu en tant qu’étudiant, professeur, évêque, archevêque et cardinal.

Après presque 21 années comme prêtre diocésain, le père Ambrozic fut nommé évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Toronto en 1976. Mgr Ambozic a servi aux côtés de l’archevêque Philip Pocok et du Cardinal Emmett Carter, avant sa nomination en tant qu’archevêque de Toronto le 17 mars 1990. En janvier 1998, le pape Jean-Paul II l’a nommé Cardinal, ce qui lui a permis de participer au conclave de 2005 qui a élu le pape Benoît XVI. [Read more...]

Suivre Jésus, c’est accepter la souffrance et la croix – Réflexion biblique pour le vingt-deuxième dimanche du Temps ordinaire A

L’Évangile d’aujourd’hui, Matthieu 1, 21-27, nous présente la première annonce de la passion de Jésus. La scène suit le récit rapporté en Marc 8,31-33 et vient corriger une conception de la mission messianique qui ne serait que glorieuse et triomphale. Le récit que donne Matthieu de la première annonce de la passion aborde les souffrances du Fils de l’Homme. Dans le texte grec du Nouveau Testament, la formulation de Matthieu est presque identique au fragment pré-paulinien du kérygme qu’on trouve en 1 Co 15,4 et au texte d’Osée 6,2, dans lequel plusieurs voient la référence vétérotestamentaire à la confession de la résurrection de Jésus le troisième jour.

En ajoutant les mots « à partir de ce moment » (16,21), Matthieu souligne que la révélation faite par Jésus de la souffrance et de la mort qui l’attendent ouvre une nouvelle étape de l’évangile. Tout de suite après la confession de Pierre à Césarée de Philippe, Jésus « commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter » (16,21). On nous dit qu’en réponse à la déclaration de Jésus, Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches. « Dieu t’en garde, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas. » « Mais lui, se retournant, dit à Pierre : Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (v. 22-23).

Le refus de Pierre

Le refus qu’oppose Pierre à la souffrance et à la mort annoncées (v. 22-23) est interprété comme une tentative satanique pour détourner Jésus de la mission que Dieu lui a confiée, et les paroles adressées au disciple rappellent la réponse de Jésus au diable dans le récit des tentations (Mt 4,10: « Retire-toi, Satan! »). L’objectif satanique est souligné par les mots que Matthieu ajoute à sa source marcienne : « tu es un obstacle sur ma route ». Le vrai disciple doit être prêt à suivre Jésus et même à donner sa vie pour lui; cela lui sera rendu au jugement dernier (v. 24-28). [Read more...]

Chants, Joie, Chaos et Silence…. Pourquoi avons-nous tous afflués à Madrid cet été

Chers amis de Sel + Lumière,

Cela me prendrait une bonne semaine pour répondre à tous vos lettres, e-mails, appels et messages que nous avons reçus au cours des deux dernières semaines, comme Télévision Sel + Lumière nous avons essayé de notre mieux pour vous apporter les Journées Mondiales de la Jeunesse 2011. Merci pour vos très sympathiques messages d’encouragement. La ligne qui revient dans les messages est: “Nous nous sentions comme si nous étions là avec vous!”

Notre signal était transmis non seulement à travers le Canada, mais aussi aux États-Unis et en Australie, et à de nombreuses personnes qui ont rejoint nos émissions radio sur le canal catholique de Sirius Radio aux États-Unis, ainsi que sur Radio Maria Europe. Des centaines de milliers de personnes à travers le monde ont regardé les JMJ grâce à Télévision Sel + Lumière au Canada.

C’est le jour après la messe de clôture de la Journée Mondiale de la Jeunesse 2011 en Espagne à Madrid. Des centaines de milliers de “pèlerins” errent encore dans les rues de Madrid avec leurs drapeaux et leurs chansons. Des pèlerins fatigués montent à bord de centaines de bus qui sont en train d’être chargés avec leurs bagages, pour qu’ils repartent dans différentes destinations de l’Europe. L’aéroport de Madrid Barajas expérimente probablement la journée la plus achalandée de son histoire car les pèlerins décollent pour les quatre coins du monde. Ceux d’entre nous qui ont travaillé sur l’événement, et l’ont couvert à travers les médias du monde entier (plus de 6000 journalistes étaient formellement accrédités à l’événement!) ont pu dormir un peu ce matin! Beaucoup d’entre nous ont attrapé un rhume avec l’extrême chaleur dehors et l’air trop climatisé des chambres d’hôtel! [Read more...]