La théologie chrétienne du Saint-Esprit est enracinée dans le judaïsme. Le terme Esprit est traduit par le mot hébreu (ruah) et même dans sa prononciation nous détectons le vent et la respiration de Dieu. Le vent de Dieu, la respiration de Dieu sont des chemins qui se référent à la présence de Dieu. L’expression « Saint-Esprit » est utilisée seulement sept fois dans l’Ancien Testament, tandis que les termes « Esprit de Dieu » ou « Esprit du Seigneur » reviennent 67 fois dans les écritures hébraïques. Dans la première ligne du livre de la Genèse 1,1, l’Esprit de Dieu planait sur les premières eaux attendant le moment opportun de mettre de l’ordre dans ce chaos.
Jésus lui-même utilise l’image sensorielle du vent lors de sa conversation mystérieuse et nocturne avec Nicodème. Il parle au sujet de l’Esprit comme le vent qui souffle où il veut (cf. Jean 3). C’est aussi la première fonction de l’Esprit dans les Écritures : être la présence mystérieuse de Dieu dans l’histoire, non réductible à la logique humaine ou terrestre.
La deuxième fonction de l’Esprit dans l’Ancien Testament est de mettre les choses en ordre. Le récit de la création de la Genèse (chapitre 1) révèle un Esprit descendant sur ce monde sans forme et sa descente produit le miracle de la création, la transformation du chaos en cosmos, du désordre en ordre, de l’anonymat en communauté.
La troisième fonction de l’Esprit dans l’Ancien Testament est donneuse de vie. Nous lisons dans Genèse 2,7: « Le Seigneur Dieu modela l’homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie et l’homme devint un être vivant. » Comme résultat de cette respiration divine, la créature humaine est transformée en un être vivant, pas pour être simplement une créature mais un partenaire fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, avec qui et à qui Dieu parle et confie la responsabilité pour le monde.
La quatrième fonction du Saint-Esprit est d’être guide. Nous lisons dans Isaïe 11 « sur lui reposera l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et crainte du Seigneur. ». La crainte du Seigneur n’est pas quelque chose qui fait peur aux personnes mais peut être comprise comme notre capacité de s’exclamer « wow! » « merveilleux! » devant l’œuvre et la création de Dieu.
La cinquième fonction de l’Esprit est de guérir, exprimée si puissamment dans la prophétie d’Ézéchiel, 36, 26-27: «Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes commandements et vous y serez fidèles» L’Esprit entre, recrée, restaure la santé et terrasse le péché. [Read more...]

Dans la Bible et l’ancien Proche Orient, «berger» était un titre politique qui sous-entendait l’obligation des rois à s’occuper de leurs sujets. Ce titre dénote le souci total et le dévouement aux autres. S’occuper d’un troupeau était l’un des éléments importants de l’économie palestinienne au temps de la bible. Dans l’ancien testament, Dieu est appelé le Berger d’Israël qui va devant le troupeau (Ps 67, 7), le guide (Ps 22, 3), le mène vers la nourriture et l’eau (Ps 22, 2), le protège (Ps 22, 4) et porte ses petits (Is 40, 11). Imprégnant ainsi la piété des croyants, la métaphore démontre que tout le peuple est sous la protection de Dieu.
Je considère souvent que le chapitre 24 de l’évangile de Luc est une symphonie de la résurrection en quatre puissants mouvements a) le premier mouvement est le récit des femmes au tombeau, qui finit avec la visite de Pierre au tombeau pour vérifier leurs dires (vv.1-12). b) le deuxième raconte la grande histoire des deux disciples sur la route d’Emmaüs, culminant avec l’annonce de l’apparition du Seigneur à Pierre (vv.13-35) c) le troisième mouvement est l’apparition du Seigneur à ses disciples au repas, se terminant avec l’envoie en mission (vv.36-49) et le quatrième mouvement: l’ascension de Jésus au ciel (vv.50-52). 


