Le silence et le courage des témoins de la résurrection

Dimanche de Pâques
Actes 10,34a.37-43; Colossiens 3,1-4 ou 1 Corinthiens 5,6b-8; Jean 20,1-9 ou Marc 16,1-7 ou Luc 24,13-35

Pâques est la promesse que la mort nous visitera tous. Mais plus important encore, c’est l’assurance que la mort n’a pas le dernier mot. La résurrection de Jésus nous amène à nous rappeler, aux plus sombres moments de chagrin comme face aux petits défis quotidiens, comment Dieu nous réconforte et nous donne la force de persévérer. Le mystère de Pâques nous donne une nouvelle identité et un nouveau nom : nous sommes sauvés, rachetés, renouvelés, nous sommes chrétiens, et nous n’avons plus besoin d’avoir peur ou de désespérer.

Les lectures scripturaires saisissantes de ce Triduum (notamment les Évangiles de la Veillée pascale et du matin de Pâques), nous montrent ce que signifie la résurrection. Mais comment exprimer la victoire sur la mort et la mise au pas des enfers? Il faut bien admettre qu’il n’y a pas de mots. Nous nous tournons donc vers l’expérience des femmes au tombeau dans le récit de Marc et vers le témoignage de Marie-Madeleine, témoin du Christ Vivant, afin de trouver des images et des mots pour décrire ce qui est arrivé.

Le silence des femmes

L’Évangile de Marc pour la Veillée pascale (16,1-8) nous laisse perplexes. Nous lisons qu’après avoir découvert le tombeau de Jésus ouvert et vide et avoir entendu le message angélique sur la résurrection et sur un rendez-vous en Galilée, les femmes « sortirent et s’enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. »

Est-ce possible que l’Évangile de Marc se termine en 16,8? Les premiers compilateurs chrétiens, confondus par une pareille conclusion, en offrirent deux autres plus conventionnelles; la plus longue se retrouve dans la plupart des bibles en Marc 16,9-20. Néanmoins, la question demeure : que dire d’un récit de la résurrection où Jésus Vivant n’apparaît jamais? Comment Marc peut-il être si différent du chef-d’œuvre du chapitre 24 de Luc ou des portraits raffinés qu’offre Jean des premiers témoins de la résurrection (Jean 20-21)?

Plutôt que de rejeter l’étrangeté de la fin de l’Évangile de Marc, réfléchissons avec soin à ce qu’elle nous offre. Premièrement, nous ne voyons jamais le Christ ressuscité en personne. Nous voici plutôt devant une scène intrigante : à la première heure, il fait encore sombre et les femmes arrivent au tombeau pour une mission presque impossible. Or le tombeau est déjà ouvert et elles sont accueillies par un messager venu du Ciel qui leur commande : « …allez dire aux disciples et à Pierre “Il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit”. »

Crainte et tremblement accompagnent les femmes et les empêchent de parler de ce qu’elles ont vu. De quoi ont-elles peur? En se taisant, désobéissent-elles au message de l’ange, « Allez dire… »? Que comprendre du silence de ces femmes? [Read more...]

Entre la tristesse de la Croix et la joie de Pâques…


Samedi Saint
Genèse 1,1; 2,2; 22,1-13.15-18; Exodus 14,15; 15,1a; Isaïe 54,5-14; 55,1-11; Baruc 3,9-15.32; 4,4; Ézékiel 36,16-17a.18-28; Romains 6,3-11; Marc 16,1-7

Le Samedi saint est un jour de chagrin et de deuil, d’attente patiente et d’espoir. Avec Marie et ses disciples, nous pleurons la mort de l’un des membres les plus importants de notre communauté chrétienne. La foi de Marie et des disciples fut fortement ébranlée en ce premier Samedi saint alors qu’ils attendaient la résurrection.

Le choc de la mort d’amis ou de proches a de quoi assommer, obscurcir et écraser le cœur. Paralyser l’action et la réflexion. Si nous n’avons ni foi ni espérance, l’expérience de la confusion, du chagrin et de la perte peut nous tuer.

Aujourd’hui, nous réfléchissons à cette période de confusion et de silence, entre la tristesse de la croix et la joie de Pâques. De l’ahurissement des disciples de Jésus à la grande foi de Marie, nous examinons nos propres vies à la lumière du grand « Sabbat du Temps » et nous reprenons courage en voyant Marie faire face à l’avenir dans l’espérance, la patience, l’amour et la paix intérieure.

À la fin de cette longue journée d’attente, nous célébrons « la mère de toutes les liturgies », véritable fête pour les sens. L’Église se rassemble dans la pénombre puis allume le feu nouveau et un grand cierge qui illuminera cette nuit pour nous. Nous écoutons les Écritures anciennes, le récit de la création, Abraham et Isaac, Moïse et Myriam et la traversée de la mer, des poèmes de promesse et de réjouissance et enfin l’histoire du tombeau vide. Nous voyons, nous entendons, nous goûtons, nous sentons la nouveauté de Dieu en Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts. Dans « la mère de toutes les liturgies », le passé et le présent se rencontrent, la mort et la vie s’affrontent, et la vie triomphe; nous rejetons le mal et renouvelons nos promesses baptismales.

Le Samedi saint, plusieurs d’entre nous sont beaucoup trop pris par les préparatifs de Pâques pour réfléchir à l’importance de la journée. Nous ne prenons pas nécessairement le temps de pleurer, de réfléchir et d’entrer dans l’esprit et le cœur de Marie et des disciples lors du premier Samedi saint.

Je suis très reconnaissant à l’un de mes bons amis et confrères basiliens, le père Robert Crooker, csb, qui m’a fait découvrir il y a plusieurs années le mystère et le sens du Samedi saint. Aujourd’hui retraité, le père Crooker a été professeur de droit canon dans l’une de nos universités basiliennes, à Houston, au Texas. Même s’il est maintenant octogénaire, ce prêtre est resté « toujours jeune » dans sa foi, sa spiritualité, son ouverture et son amour de l’Église. Il est l’une de ces personnes uniques avec qui on peut discuter des plus grandes questions spirituelles et religieuses en termes simples, profonds, sages et toujours porteurs d’espérance. Le père Crooker m’a envoyé le texte suivant en 1990; depuis, je le relis tous les Samedis saints. Il peut nous aider à apprécier plus profondément la signification de ce grand jour de veille et d’attente. [Read more...]

Embrasser l’authentique « Science de la Croix »

Vendredi Saint
Isaïe 52,13; 53,12; Hébreux 4,14-16; 5,7-9; Jean 18,1; 19,42

Chaque année, le Vendredi saint, nous lisons la Passion selon saint Jean. Ce récit envoûtant et émouvant met l’accent sur la souveraineté de Jésus jusque dans sa mort. En contemplant le mystère de Jésus crucifié, nous apprenons de sa souffrance et sa mort quelle immense personne il a été parmi nous. Nous sommes invités à prendre conscience de la mort tragique de Jésus dans le contexte de nos propres épreuves, de nos douleurs et de nos morts. La croix de Jésus est un message, une parole pour nous, un signe de contradiction, un signe de victoire. Nous contemplons la croix et nous réagissons dans la foi au message de vie qui en découle, message porteur de guérison et de réconciliation.

Quand la croix est dressée dans notre assemblée, d’une façon étrange et mystérieuse, nous puisons, en la regardant, force et espoir au milieu de nos propres difficultés.

Ecce Homo « Voici l’Homme »

Jésus crucifié symbolise ce que fait l’humanité de la bonté : nous la tuons. Ce n’est pas le diable qui nous fait peur mais bien la bonté. Dans la Passion de saint Jean, Ponce Pilate présente Jésus au peuple par ces mots : « Voici l’Homme »

Quelle incroyable expression pour décrire le paradoxe de la personne et de la mission du Fils de Dieu!

Ecce Homo – En lui notre humanité était si bien intégrée qu’il a été pleinement homme et qu’il demeure pour chacun de nous le modèle qui nous montre comment être pleinement humain et authentiquement saint.

Ecce Homo – Il a vécu pour les autres, les guérissant, les rétablissant et les aimant pour la vie.

Ecce Homo – Il a eu le courage de choisir des femmes comme disciples et amies proches.

Ecce Homo – Il a revendiqué une relation unique, personnelle, avec le Dieu d’Israël qu’il appelait Abba.

Ecce Homo – Il est venu dans le monde comme celui qui est sans péché, le juste, le parfait, le saint; et ses semblables, les humains, l’ont tué. À la fin, nous détruisons et nous tuons l’être humain parfait, celui que nous avons tant désiré et tant aimé.

Depuis le début de notre vie, nous sommes aveuglés par une force autodestructrice, par un péché fondamental d’insensibilité à la bonté humaine. N’est-ce pas ce que nous voulons dire quand nous parlons de péché originel, cette capacité illimitée en nous d’autodestruction et de haine de soi? [Read more...]

Vérité et pieds nus le Jeudi saint

Exode 12,1-8,11-14; 1 Corinthiens 11,23-26; Jean 13,1-15

Dans les deux traditions juive et chrétienne, manger et fêter sont beaucoup plus qu’une simple façon d’alimenter le corps, de goûter certains mets ou de célébrer un événement. Manger et festoyer sont devenus pour les deux traditions des rencontres avec des réalités transcendantes, une union avec le divin. Dans le Nouveau Testament, le ministère de Jésus se passe très souvent à table durant les repas. Certains disent que nous sommes toujours en train de manger avec Jésus dans les Évangiles!

Jésus assiste à de nombreux repas dans les quatre Évangiles : avec Lévi et ses collègues de bureau, avec Simon le Pharisien, avec Lazare et ses sœurs à Béthanie, avec Zachée et la foule à Jéricho, avec des parias et des centurions, avec une multitude de gens dans les collines de Galilée et chez ses disciples. C’est finalement durant son dernier repas que Jésus nous laisse son cadeau le plus précieux : l’Eucharistie. La lecture des Écritures, le Jeudi saint, nous enracine profondément dans notre passé juif : nous célébrons la Pâque avec le peuple juif, nous recevons de saint Paul ce qui lui a été transmis, c’est-à- dire le banquet eucharistique, et nous regardons Jésus dans les yeux tandis qu’il s’agenouille devant nous pour nous laver les pieds. Au lieu de nous présenter l’un des récits synoptiques de l’institution de l’Eucharistie, l’Église nous présente un tableau troublant : le Maître agenouillé devant ses amis, lavant leurs pieds dans un geste d’humilité et de service.

Imaginez la scène! Jésus se noue une serviette autour de la taille, prend un pichet d’eau, se penche et commence à laver les pieds des disciples pour enseigner à ses amis que la libération et la vie nouvelle ne s’obtiennent pas en trônant sur les multitudes ou en multipliant les sacrifices sanglants sur les autels de l’époque, mais en cheminant avec le pauvre et le marginal et en les servant comme l’esclave chargé de laver les pieds des voyageurs.

Durant cette nuit sainte de l’« institution », lorsque Jésus but la coupe de son sang et s’abaissa pour laver les pieds, il instaura entre ses disciples et nous une alliance nouvelle et dynamique. C’est comme si l’histoire entière du salut se terminait cette nuit, alorsque tout commence. Les pieds nus et la voix de Dieu nous parlent dans la chair et le sang : « Ce que j’ai fait pour vous, vous devez le faire aussi. » Le lavement des pieds est l’intégrale de la dernière Cène. C’est pour Jean la manière de dire à ceux qui suivent Jésus tout au long des âges : « Vous devez vous souvenir de son sacrifice à la messe, mais vous devez aussi vous rappeler qu’il vous a demandé d’aller servir le monde. » [Read more...]

La Passion de Jésus est notre raison d’espérer


Dimanche des Rameaux

Isaïe 50,4-7; Philippiens 2,6-11; Marc 14,1-15.47 ou 15,1-39
Pour la bénédiction des Rameaux: Marc 11,1-10 ou Jean 12,12-16

La Passion, la souffrance, la mort et la résurrection du Seigneur sont les thèmes qui nous unissent comme peuple chrétien et comme Église durant la Semaine sainte. Cette année au dimanche des Rameaux, nous écoutons le récit des dernières heures de Jésus sur terre selon saint Marc.

Ce récit nous frappe par ses contrastes. Nous entendons à nouveau cette histoire émouvante et la Passion de Jésus pénètre l’engourdissement de nos vies. Cette semaine en particulier, nous avons une occasion privilégiée d’apprendre ce qui est arrivé à Jésus et de découvrir non seulement l’identité de ceux qui l’ont jugé, condamné et mis à mort voilà bien longtemps, mais aussi ce qui a tué Jésus. Le cercle vicieux de la violence, de la brutalité, de la haine et de la jalousie continue de Le crucifier aujourd’hui dans ses frères et sœurs de la famille humaine.

Gros plan sur le récit de la passion en Marc

Le compte rendu que fait Marc (Marc 11,1-10) de l’entrée de Jésus à Jérusalem est la version la plus réservée de cet événement dans le Nouveau Testament. Pour certaines raisons, l’évangéliste y donne un rôle plus important à l’âne. C’était la coutume pour les pèlerins d’entrer à Jérusalem à pied. Seuls les rois et les gouverneurs traversaient la ville, montés sur des chars ou sur des destriers, dans le cadre de défilés ostentatoires, pour bien faire sentir leur présence. Jésus, roi d’une autre sorte, choisit d’entrer dans la ville, non sur un majestueux étalon, mais sur le dos d’une jeune bête de somme. [Read more...]

Ite missa est…


32ème anniversaire du martyre de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador

Pendant que le Saint Père Benoît XVI continue son voyage pastoral au Méxique et Cuba, portant une message important de l’espérance et courage aux peuples de l’Amérique Latine, c’est bon de nous souvenir de l’anniversaire du martyre de Monseigneur Oscar Romero, Archevêque de San Salvadorce, ce jour même il y a déjà 32 ans. Il célébrait le mystère eucharistique lors qu’il est devenu à son tour ‘pain rompu’ pour ceux qu’il aime. Ni de gauche, ni de droite, Mgr Romero a pris l’évangile pour dénoncer l’injustice et la corruption qui opprimaient ses fidèles. [Read more...]

Contempler le visage de Jésus

Cinquième dimanche de carême
Jérémie 31,31-34; Hébreux 5,7-9; Jean 12,20-33

Pour le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes: Ézékiel 37,12-14; Romains 8,8-11; Jean 11,1-45 ou Jean 11,3-7.17.20-27.34-45

Le cinquième dimanche du Carême (Année B) nous invite à fixer notre regard sur Jésus, le prêtre modèle, souffrant, compatissant et solidaire de l’humanité. Considérons d’abord l’Évangile de Jean au chapitre 12 : l’apogée du ministère public de Jésus. C’est le dernier acte officiel avant les événements de sa passion, dimanche prochain. Il y a les gentils, les non-Juifs, qui cherchent Jésus pour la première fois. Ils ne viennent pas simplement pour lui jeter un regard, avoir une « audience générale » avec lui, mais plutôt pour le « voir ». Dans l’Évangile de Jean, « voir » Jésus, c’est croire en lui. D’où cette demande toute simple et pourtant stupéfiante: « Monsieur, nous voudrions voir Jésus » (Jean 12,21).

Dans toute l’Écriture, hommes et femmes désirent voir Dieu, contempler son apparence, sa beauté et sa gloire. Combien de fois dans les psaumes demandons-nous de voir la face de Dieu? « Que ton visage illumine ton serviteur » (Psaume 119,135). Non seulement nous supplions de voir le visage de Dieu, mais il nous est demandé de le faire. « Cherchez ma face », dit le Seigneur (Psaume 27,8). Nous ne pouvons pas faire semblant, il nous est demandé de chercher la face de Dieu. Puis, commencent les lamentations. « Ne me cache pas ta face » (Psaume 102,2). « Pourquoi caches-tu ton visage, Seigneur? » (13,2). Nous supplions, nous cherchons mais nous ne pouvons pas trouver le visage de Dieu. Ensuite nous sommes éperdus. Moïse, sur le ton d’un ami qui parle à un ami, demande à Dieu de voir son visage. Mais Dieu lui répond : « Tu ne peux pas voir mon visage; car personne ne pourra voir mon visage et vivre » (Exode 33,20). [Read more...]

Un zoom sur Joseph, le jour de sa fête

J’aimerais que l’on regarde plus attentivement la figure de Joseph, l’un des personnages des récits de Noël.  En nous penchant sur le père nourricier du Seigneur, nous découvrons un aperçu du contexte de la famille de notre Sauveur.

Joseph est souvent dans l’ombre de la gloire du Christ et de la pureté de Marie. Mais, il attend lui aussi que Dieu lui parle pour lui répondre avec obéissance. Luc et Matthieu notent tous deux que Joseph descend de David, le plus grand roi d’Israël (Matthieu 1,18 et Luc 3, 23-38). L’Écriture nous donne une information essentielle sur Joseph: il était « un homme droit » (Matthieu 1, 18).

Joseph était un homme compatissant et attentionné. Lorsqu’il découvre que Marie était enceinte tout juste après leurs fiançailles, il savait que l’enfant n’était pas le sien mais il n’était pas encore conscient qu’il était le Fils de Dieu. Il projetait de rompre avec Marie selon la loi mais il était soucieux de sa sécurité. Joseph était aussi un homme de foi, obéissant à ce que Dieu lui demandait sans connaître le dénouement.
Quand l’ange lui apparut en songe pour lui dire la vérité au sujet de l’enfant que Marie portait, Joseph,  sans attendre et sans question ou souci de commérage, prit Marie pour femme. Lorsque l’ange revint encore pour l’avertir du danger, il quitta immédiatement ce qu’il avait, sa famille et ses amis, et s’enfuit dans un pays étranger avec sa femme et son bébé. Il attendit en Egypte jusqu’à ce que l’ange lui dise qu’il pouvait rentrer. (Matthieu 2, 13-23).

On nous a dit que Joseph était un charpentier-menuisier, un homme qui travaillait pour soutenir sa famille. Joseph n’était pas un homme riche, car lorsqu’il monta au temple avec Jésus pour la circoncision et la purification de Marie, il offrit en sacrifice deux tourterelles ou une paire de pigeons, animaux autorisés seulement à ceux qui ne pouvaient payer un agneau.

Joseph nous révèle dans son humanité le rôle unique des pères de proclamer la vérité de Dieu par la parole et le devoir. Sa situation paradoxale de « père nourricier de Jésus » met l’emphase sur la paternité, qui est plus que le simple fait de la génération biologique. Un homme est un père lorsqu’il s’investit lui-même dans la formation spirituelle et morale de ses enfants. Joseph est tout particulièrement conscient, comme tout père devrait l’être, qu’il servait en tant que représentant de Dieu le Père.
Joseph a protégé et a pourvu au bien-être de Jésus et de Marie. Il a donné son nom à Jésus, lui apprit comment prier, comment travailler et comment être un homme. Bien qu’aucun texte ou aucune parole ne lui soient attribués, nous pouvons être sûrs que Joseph prononça deux des mots les plus importants quand il nomma son fils « Jésus » et l’appela « Emmanuel ». Lorsque l’enfant restait au temple on nous dit que Joseph (avec Marie), le chercha pendant trois jours, tout angoissé.

La vie de Joseph nous rappelle qu’une maison ou une communauté n’est pas construite sur le pouvoir et l’avoir mais sur la bonté; pas sur les richesses mais sur la foi, la fidélité, la pureté et l’amour mutuel.

Nicodème et l’« âme de la théologie »

Quatrième Dimanche de Carême
2 Chroniques 36,14-16.19-23; Éphésiens 2,4-10; Jean 3,14-21
Pour le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes : 1 Samuel 16,1.6-7.10-13a; Éphésiens 5,8-14; Jean 9,1-41 ou 9,1.6-9.13-17.34-38

L’Évangile du quatrième dimanche de Carême (Année B) présente une conversation nocturne entre deux éminents professeurs de religion : un « Maître en Israël » renommé du nom de Nicodème et Jésus, que ce Nicodème appelle « Maître qui vient de la part de Dieu. »

Nicodème est venu trouver Jésus durant la nuit. Son rôle éminent et sa position au sein de l’institution nationale du Sanhédrin font de lui le gardien de la grande tradition. Pour beaucoup, il est l’expert sur le sujet de Dieu!
Il est important de bien voir le contexte de notre passage d’Évangile. La conversation entre Jésus et Nicodème est l’un des dialogues les plus importants du Nouveau Testament et cette visite secrète à Jésus de nuit suggère l’opacité de l’incroyance. La visite et la conversation sont enveloppées d’ambiguïté et le penchant de saint Jean pour les contrastes forts comme l’obscurité et la lumière ne manque pas de jouer dans ce récit hautement symbolique.

Jésus parle à Nicodème du besoin de vivre la présence de Dieu et de s’offrir à lui. Connaître Dieu, c’est beaucoup plus que rassembler de l’information et des données théologiques à son sujet. En parlant de renaître d’en haut, Jésus ne veut pas dire que nous devons rentrer dans le ventre de notre mère; il fait référence à une renaissance que seul l’Esprit de Dieu rend possible. [Read more...]

Un amour incandescent pour la maison du Seigneur

Troisième Dimanche de Carême B
Exode 20,1-17 ou 20,1-3.7-8.12-17; 1 Corinthiens 1,22-25; Jean 2,13-25

Pour le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes :
Exode 17,3-7; Romains 5,1-2.5-8; Jean 4,5-42 ou 4,5-15.19b-26.39a.40-42

Dans les textes de ce troisième dimanche de Carême (Année B), je voudrais mettre l’accent sur deux images fortes : celle de Jésus purifiant le Temple de Jérusalem et celle du message de saint Paul au sujet de la croix de Jésus Christ. L’action purificatrice de Jésus et la compréhension de la croix chez Paul peuvent nous être d’un grand secours pour grandir dans notre connaissance et notre amour de Jésus Christ en cette saison de Carême.

Le récit que donne Jean de la purification du Temple par Jésus est très particulier. Dans les Évangiles synoptiques, cette scène prend place à la fin de la procession du dimanche des Rameaux dans la ville sainte. Alors que les gens l’acclament triomphalement, Jésus entre dans la zone du Temple, non pas pour rendre hommage, mais pour interpeller le Temple et ses chefs. Il jette par terre la monnaie des changeurs, renverse leurs comptoirs et les tables de ceux qui vendent des oiseaux et des animaux pour le sacrifice. Quel enseignement! Jésus cite les Écritures : « L’Écriture ne dit-elle pas : Ma maison s’appellera maison de prière pour toutes les nations? Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits » (Marc 11,17; Isaïe 56,6-7; Jérémie 7,11).

Dans le quatrième Évangile, la purification du Temple prend place au début du ministère de Jésus et non au commencement des événements entourant les derniers jours de sa vie. Les actions et les mots surprenants de Jésus au Temple, qu’ils soient tirés des Évangiles synoptiques ou du récit de Jean, devaient prendre un sens nouveau pour les futures générations chrétiennes. « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. » Le Temple n’est pas un centre commercial ou un marché public, mais un lieu saint du Père. Comme les prophètes avant lui, Jésus essaie de réveiller le cœur de son peuple. [Read more...]