Journée mondiale des pauvres

(CNS photo/L’Osservatore Romano)

« Un pauvre crie ; le Seigneur entend. » Voilà le thème de la deuxième journée mondiale des pauvres, célébrée par l’Église ce dimanche 18 novembre. Instituée à l’issue du Jubilé extraordinaire de la miséricorde par le pape François, le Saint-Père assurait qu’il est « venu le temps de la miséricorde pour que les pauvres sentent se poser sur eux le regard respectueux mais attentif de ceux qui, ayant vaincu l’indifférence, découvrent l’essentiel de la vie. »

Cette initiative, lancée en 2016, veut aider à faire réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile. Selon le pape François cette journée constitue une « authentique forme de nouvelle évangélisation par laquelle se renouvellera le visage de l’Église dans son action continuelle de conversion pastorale pour être témoin de la miséricorde. »

En 2016 lors d’une rencontre au Vatican avec des personnes en grande précarité le souverain pontife insistait sur la dignité des plus pauvres, notamment parce qu’ils ont « la capacité à trouver la beauté jusque dans les choses les plus tristes et les plus douloureuses. »

Dans son intervention, après avoir rappelé que la pauvreté se trouve au cœur de l’Évangile, François invitait avec insistance les personnes pauvres à rêver : « Seul celui qui sent qu’il lui manque quelque chose, regarde vers le haut et rêve ; celui qui a tout ne peut pas rêver ! ». « Ne vous arrêtez pas de rêver » a insisté le Pape, leur demandant de rêver qu’on peut changer le monde.

Et le Pape de conclure son discours, en forme de prière : « Enseignez à nous tous, qui avons un toit, de la nourriture et des médicaments, enseignez-nous à ne pas être satisfaits. Avec vos rêves, enseignez-nous à rêver, enseignez-nous à rêver à partir de l’Évangile, là où vous êtes, au cœur de l’Évangile. »

Dimanche, pour cette deuxième édition de la journée mondiale des pauvres le souverain pontife présidera la messe dans la basilique Saint-Pierre, puis il partagera un déjeuner avec près de 3000 personnes, hommes et femmes défavorisés.

Dealer d’espoir, à ne pas manquer le 12 novembre

Dealer d’espoir sera diffusé lundi 12 novembre à 20h00 sur Sel et Lumière TV

C’est un reportage plein d’espérance qui vous emmène dans les rues enneigées de Montréal, à la rencontre d’un prêtre hors du commun. L’Abbé Claude Paradis vit son ministère dans la rue, auprès des itinérants. Lui-même ancien sans-abri et consommateur de drogue, il s’est converti en dealer d’espoir pour apporter du réconfort au milieu de la misère.

A mesure de nos pérégrinations dans le froid hivernal du mois de décembre, le père Claude nous raconte sa vie. De son désir de suicide jusqu’à l’appel à devenir prêtre, en passant par ses addictions à l’alcool et à la drogue. Une histoire à la fois terrible et empreinte d’espérance, qui nous permet de comprendre sa mission et sa vocation  de prêtre.

Aujourd’hui, en étant une présence d’Eglise réconfortante auprès des sans-abris, l’abbé Paradis veut interpeller sur les réalités de l’itinérance, afin notamment d’éliminer les préjugés et de se faire la voix de ceux que l’on n’écoute pas. Voilà pourquoi sa paroisse à lui c’est les rues et les poubelles. C’est sur ce terrain-là qu’il partage l’Évangile, qu’il célèbre la messe, et qu’il se rend disponible, humblement, pour réconforter ceux qui ont tout perdu.

Cette mission qu’il vit au quotidien, c’est l’expérience de l’Évangile de saint Matthieu (25,35) qui nous appelle à nous mettre au service des plus petits. Comme dans cet épisode biblique le père Claude voit dans la rue celui qui a faim d’être reconnu par quelqu’un, celui qui a soif d’être aimé, celui qui veut être habillé de dignité…pour ce peuple des oubliés, il est prêt à mourir, selon son propre aveu.

A l’exemple d’un pasteur qui se salit les mains au milieu de son troupeau l’abbé Paradis rejoint les hommes dans leur vie quotidienne, jusqu’aux périphéries de leur existence. A l’image du Christ qui n’est pas venu pour les biens portants mais pour les malades.

Synode sur les jeunes : quelques points à retenir

(CNS photo/Paul Haring) 

Après trois semaines et demie de débats intenses, le synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel s’est conclu le 28 octobre 2018 avec la publication d’un document final voté par les pères synodaux.

Ce texte (60 pages et 167 paragraphes) qui formule peu de propositions concrètes pour les jeunes veut être comme une carte pour orienter l’Eglise. En ce sens les pères synodaux ont insisté sur l’urgence de l’accompagnement. Les séminaristes, les jeunes prêtres, les fiancés doivent être accompagnés personnellement par de bons accompagnateurs, pieux, équilibré et à l’écoute. Cet accompagnement, explique le document, est nécessaire car il aide à reconnaitre, interpréter et choisir dans la perspective de la foi. Il doit se faire sans moralisme et sans fausse indulgence.

La place des femmes est également abordée, pour une plus grande reconnaissance et valorisation dans l’Eglise. Pour ce faire il faut une courageuse conversion culturelle, et un changement dans la pratique pastorale quotidienne, car les femmes demande le document doivent être présente a tous les niveaux compris aux responsabilités.

Sur la question de la sexualité le document souligne la beauté de la vision chrétienne, mais il regrette la difficulté a la transmettre. Il est donc urgent de chercher des modalités plus adéquates pour l’enseigner. Selon les pères synodaux, il faut aussi éviter d’étouffer les jeunes avec un ensemble de règles qui réduisent la foi a une vision réductive et moraliste.

Le document s’attarde aussi sur la question de l’homosexualité. Il estime que définir une personne selon son “orientation sexuelle” est réducteur. Mais dans le même temps il veut favoriser les parcours d’accompagnement dans la foi, pour les personnes homosexuelles, afin de discerner les formes les plus adaptées à leur participation dans la vie de l’Eglise.

Le document revient également sur les réalités difficiles vécues par de nombreux jeunes, notamment la corruption, la guerre, le commerce des armes, ou encore l’humiliant manque de travail. Les Eglises locales doivent agir face à ces situations en soutenant par exemple l’entreprenariat des jeunes.

L’engagement politique des jeunes doit aussi être favorisé lui aussi pour permettre un réel changement des structures sociales injustes.

Le synode a par ailleurs évoqué le rôle du numérique, ses atouts et ses limites. Il peut être un territoire de solitude, de manipulation, d’exploitation et de violence ; en ce sens il est important d’accompagner les jeunes pour les aider à discerner. Mais le synode reconnait aussi l’importance du numérique comme un outil d’évangélisation, où les jeunes peuvent aussi trouver une mission authentique.

Enfin les pères synodaux regrettent que trop souvent les jeunes délaissent l’Eglise en y trouvant la médiocrité, la vanité, la division et la corruption. Rappellent que chaque vocation s’inscrit dans l’unique et universel appel à la sainteté, ils reconnaissent la nécessité pour eux-mêmes d’être des saints, afin d’inviter les jeunes à le devenir.

Jean-Paul II, un homme devenu saint !

A l’occasion du 40ème anniversaire de l’élection du pape Jean-Paul II (16 octobre 1978), nous revenons sur le parcours de cet homme devenu exemple de sainteté. Voici le texte de la vidéo que nous présentions lors des Journées Mondiales de la Jeunesse sur sa terre natale, en Pologne, à Cracovie, où il etait le saint patron.

Jean-Paul II, saint patron des Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne. Et pour cause, c’est sur cette terre qu’il est né, qu’il a grandi et qu’il a vécu la plus grande partie de sa vie.

Pour Karol Wojtyla tout commence le 18 mai 1920, jour de sa naissance à Wadowice, où il restera pendant 18 ans. Il s’installe ensuite avec son père à Cracovie où il étudie la littérature polonaise, avant de rejoindre le séminaire clandestin de Cracovie.

En 1946 il est ordonné prêtre et poursuit ses études à Rome pendant deux heures. A son retour en Pologne Karol Wojtyla s’engage dans une pastorale paroissiale avec des jeunes de Cracovie. Grand sportif, il les emmène régulièrement marcher en montagne ou encore faire des sorties en kayak.

En 1958 il est nommé évêque auxiliaire de Cracovie. Ensuite il participe activement aux préparations du concile Vatican 2, puis au concile lui-même, où il devient porte-parole de la délégation polonaise.

En 1967 il est nommé cardinal par le pape Paul VI. Wojtyla est alors une référence dans l’Église : philosophe, penseur et théologien il est même connu en dehors de la Pologne.

En septembre 1978, après la mort de Jean-Paul 1er, Karol Wojtyla participe à Rome au conclave qui le désignera successeur de Pierre, le 16 octobre 1978. Il devient alors le premier Pape non italien de l’Église moderne.

Durant son pontificat, Jean-Paul II s’oppose au communisme, et par son action il favorise la chute du bloc de l’Est. Grand promoteur des droits de l’Homme, il améliore les relations entre les religions en instaurant notamment les rencontres d’Assise, où se réunissent les responsables religieux du monde entier.

Son pontificat est à ce jour le troisième plus long de l’histoire catholique. En 26 ans de règne Jean-Paul II a parcouru plus de 129 pays, et en héritage aujourd’hui il nous laisse notamment les Journées Mondiales de la Jeunesse, lancées en 1986. Et cette fois ci, c’est sous son patronage que s’organisent les 28èmes JMJ dans son propre pays, en Pologne.

Saint Jean-Paul II a été canonisé par le pape François en 2015

Il y a 40 ans arrivait Jean-Paul II

(CNS photo/courtesy Torchia Communications) 

Le 22 octobre nous célébrons la fête de saint Jean-Paul II. Cette date a été choisie car elle correspond au jour de son intronisation. C’était en 1978, il y a 40 ans.

Après 27 ans de pontificat, le jour de sa mort, les fidèles réclament sa canonisation immédiate. Preuve s’il en est de l’importance de cet homme pour l’Église et pour le monde. Son héritage est gravé dans l’histoire, et sa mémoire dans les cœurs.

Son pontificat commence par un appel, ce 22 octobre 1978 lors de sa messe d’intronisation. « N’ayez pas peur ! » lance le nouveau souverain pontife à la foule réunie sur la place Saint-Pierre. « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des états, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait ce qu’il y a dans l’homme ! Et lui seul le sait ! » Le ton est donné. Sa première homélie est une clé de lecture de son pontificat : un appel à l’espérance, dans un monde marqué à l’époque par la guerre froide.

Cette espérance, Jean-Paul II la confie aux jeunes, avec insistance : « Vous êtes l’avenir du monde, l’espérance de l’Église, vous êtes mon espérance », leur dit-il. Et pour cause, en 1984 il crée les Journées Mondiales de la Jeunesse. Lors d’un de ces rassemblements il leur dit encore: « Vous êtes les hommes et les femmes de demain ; dans vos cœurs et dans vos mains est contenu l’avenir. À vous, Dieu confie la tâche, difficile mais exaltante, de collaborer avec Lui pour édifier la civilisation de l’amour. »

Jean-Paul II, ce « pèlerin de l’espérance », multiplie tout au long de son pontificat les voyages autour du globe. Il visite 127 pays, rencontrant quasiment tous les chefs d’Etats et dirigeants politiques. Il profite de ces déplacements pour faire entendre la voix de l’Église, militant pour la paix, prônant une culture de la vie, défendant les droits humains et notamment la liberté religieuse.

A ce propos, son pontificat est marqué par une intensification des échanges avec les autres religions, et la fameuse rencontre d’Assise est un des exemples les plus marquants. Pour la première fois dans l’histoire, à son initiative, en octobre 1986, toutes les religions sont réunies pour prier. Non pas pour trouver un consensus religieux, mais « pour que le monde puisse enfin devenir un lieu de paix véritable et permanente ».

D’un point de vue diplomatique et à l’échelle internationale le pape polonais joue un rôle des plus importants. La fin de la guerre froide et l’effondrement des régimes communistes sont en partie le fruit de ses efforts. C’est ce qu’admet le dernier leader soviétique, Mikhaïl Gorbatchev : « Rien de ce qui s’est passé en Europe de l’Est n’aurait été possible sans la présence de ce Pape, sans le grand rôle, également politique, qu’il a su tenir sur la scène mondiale ». En effet, plus largement, Jean-Paul II critique avec forces les dérives du capitalisme, dénonçant les inégalités de richesses dans le monde et la primauté des choses matérielles sur l’homme. En la matière il insiste notamment sur la nécessité d’une éthique dans l’économie.

Nombreux sont les enseignements du saint Pape. La dignité de l’homme est au cœur de son pontificat, et en ce sens il consacre une large part de ses catéchèses à la fameuse Théologie du corps. Une vaste réflexion qu’il développe sur plusieurs années à travers de nombreuses homélies. Il partage ainsi sa vision de la personne humaine, avec son corps, son âme, et son esprit, abordant, entre autre, la vocation de l’homme, l’union conjugale entre l’homme et la femme, et la sexualité. Parmi les actes majeurs de son pontificat on relève aussi la publication du catéchisme de l’Eglise catholique. Un ouvrage de référence qui résume la foi, l’enseignement et la morale de l’Eglise catholique.

Avec presque 27 ans de règne, le pontificat de Jean-Paul II est le troisième plus long de l’histoire de l’Église. En 9.665 jours sur le Siège apostolique, non seulement il parcourt plus d’un million de kilomètre, mais il fait tomber des murs entre les nations et construire des ponts entre les religions.

Au total il béatifie 1 340 personnes et canonise 483 saints, soit plus que pendant les cinq siècles précédents.

Incontestablement, saint Jean-Paul II est un des plus grands hommes du XXème siècle.

12 octobre: fête de Notre-Dame d’Aparecida

CNS

Comme chaque année, nous célébrons ce 12 octobre la fête de Notre-Dame d’Aparecida. Cette Vierge noire, très célèbre en Amérique latine, est la sainte patronne du Brésil. Lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, à Rio de Janeiro en juillet 2013, le pape François s’était rendu en pèlerinage au sancturaire d’Aparecida où il avait notamment confié son pontificat au pied de la Vierge.

Aujourd’hui nous profitons de sa fête pour partager un vidéo réalisée sur place, au sanctuaire d’Aparecida, lors de JMJ de 2013, apportant ainsi un éclairage sur cette célèbre Madonne. Voyez ci-dessous le texte de la vidéo.

Le sanctuaire que vous apercevez juste derrière moi est le principal sanctuaire marial du Brésil. Ici se dresse la célèbre basilique Notre-Dame d’Aparecida, en hommage à la sainte patronne du pays. Construite en 1955 elle est inaugurée par le pape Jean-Paul II lors de son voyage au Brésil en 1980. Désormais devenu sanctuaire national il accueille chaque année près de huit millions de pèlerins et peut abriter jusqu’à 45.000 personnes. Après la basilique Saint-Pierre de Rome il représente le deuxième plus grand édifice cultuel catholique au monde.

A l’intérieur de l’édifice se trouve une statue désormais très célèbre de la Vierge Marie. Sa découverte remonte au XVIIIème siècle. En 1717 trois pêcheurs de la ville jettent leur filet dans le fleuve et remontent cette statue, une vierge noire, haute de 40 cm en terre cuite ; elle est aujourd’hui décorée d’une couronne d’or et vêtue d’un manteau bleu offert par la princesse Isabelle en 1888. Après sa découverte la statue demeure une quinzaine d’années dans une maison où se retrouvent les pêcheurs et le voisinage pour prier. Mais la dévotion pour cette statue devient de plus en plus importante et beaucoup de choses sont obtenus pour ceux qui la prient ; si bien que sa renommée se répand dans toutes les régions du Brésil. Un oratoire est alors construit puis une chapelle ; mais devant l’augmentation du nombre de fidèles une église est alors construite en 1834 : c’est aujourd’hui la vieille basilique.

Outre ces bijoux architecturaux, Aparecida est également connu pour avoir reçu en mai 2007 la 5ème Conférence générale des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes. Une rencontre dont on parle encore aujourd’hui car elle ouvre dit-on de nombreuses perspectives pour l’Église en Amérique latine. Option pour les pauvres, pastorale sociale, lutte pour la justice et les changements structurels, inspiration de la théologie de la libération, méthodes pastorales consistant à voir, juger et agir… En fait c’est le choix même du sanctuaire d’Aparecida qui a marqué l’ambiance et l’esprit de cette rencontre Un lieu symbolique pour ce pays très catholique.

Notre-Dame d’Aparecida est proclamée reine du Brésil et sainte patronne du pays par le pape Pie XI en 1929. Elle est célébrée chaque année le 12 octobre.

Nunzio Sulprizio: un modèle pour les jeunes

Ce dimanche 14 octobre le pape François canonisera sept nouveaux saints lors d’une messe qu’il présidera sur la place Saint-Pierre. Un évènement qui s’inscrit dans le contexte du synode des évêques sur les jeunes, réuni à Rome durant tout le mois d’octobre.

C’est donc dans ces circonstances que sera canonisé le bienheureux Nunzio Sulprizio, un laïc italien mort à l’âge de 19 ans. Il avait été proposé comme modèle aux jeunes lors de sa béatification par le Pape Paul VI en 1963. Dimanche, en rentrant dans le catalogue des saints, il deviendra un modèle pour l’Église toute entière, mais sa canonisation en plein synode sur les jeunes est une manière de les interpeler, eux particulièrement,  sur ce modèle de sainteté.

Nunzio Sulprizio est né le 13 avril 1817 dans la province de Pescara, à l’est de Rome. A l’âge de 6 ans il devient orphelin et est accueilli par sa grand-mère maternelle qui s’occupe de lui jusqu’à ce qu’elle décède en 1826. Le jeune garçon est alors recueilli par un oncle maternel qui le maltraite et le force à travailler à la forge, avec des travaux incompatibles à son jeune âge.

Atteint d’une maladie à la jambe, il est hospitalisé en 1831, et les médecins déclarent le mal incurable. Il retourne alors chez son oncle qui continue de le maltraiter, jusqu’à ce qu’un colonel pieux et charitable le prenne finalement sous son aile. Après deux années de séjours à l’hôpital et en cures thermales la situation de Nunzio s’aggrave en mars 1836. Deux mois plus tard, le 5 mai 1836 il meurt à l’âge de 19 ans.

Orphelin, il subit la violence de son oncle, la fatigue du travail, la douleur de la maladie…autant de souffrances que le garçon supporte durant toute sa vie le cœur tranquille et joyeux. Non seulement il accepte avec sérénité la souffrance qui lui est infligée, mais il fait aussi preuve de charité envers les autres.

Avant sa mort, Nunzio écrit une lettre adressée à son à oncle. Un message rempli de respect et de tendresse à l’intention de cet homme qui le battait et l’a tant fait souffrir. Aucune amertume, ni colère, ni ressentiment, ni haine dans ce message. Sur son lit de mort, avant son dernier souffle, il s’exclame : « la vierge Marie, regarde comme elle est belle ».

Nunzio Sulprizio est béatifié 127 ans après sa mort par le pape Paul VI qui le propose comme modèle aux jeunes, pour son témoignage de patience, de tendresse, de douceur joyeuse, de piété et de charité. Sa canonisation ce dimanche en plein synode sur les jeunes est l’occasion de faire connaitre ce modèle à la jeunesse du monde.

 

 

 

 

 

 

Nouveau rapport des évêques du Canada contre les abus sexuels

Comment protéger les personnes mineures contre les abus sexuels ? C’est à cette question que tentent de répondre les évêques du Canada dans un document rendu public ce jeudi 4 octobre 2018.

Intitulé « Protection des personnes mineures contre les abus sexuels » ce document veut être un « appel aux fidèles catholiques du Canada pour la guérison, la réconciliation et la transformation ».

26 ans après la publication du rapport  « De la souffrance à l’espérance » par la CECC sur les cas d’agressions sexuelles, ce nouveau document met à jour les lignes directrices de la Conférence des évêques du Canada en harmonie avec les récentes lois du pays et les dernières normes établies par le Saint-Siège.

Adopté à l’unanimité par les évêques canadiens en septembre dernier le document présente non seulement les procédures à suivre dans les affaires d’abus sexuels, mais aussi une série de recommandations directement inspirées de l’expérience des dirigeants de l’Église catholique au Canada.

Pour parvenir à ce résultat les évêques ont sollicité la contribution de personnes très diverses ; non seulement des victimes mais aussi des experts professionnels  en psychologie, en travail social, en protection de l’enfance, en droit civil et loi de l’Église. Ces experts, pour la plupart, ont également une expérience spécifique en protection des personnes mineures et des adultes vulnérables contre les abus sexuels.

Le document de presque 200 pages est organisé en trois parties. La première présente notamment l’expérience canadienne et les leçons apprises du passé. La deuxième propose des lignes directrices pour progresser selon les normes canoniques en vigueur pour favoriser une réponse pastorale efficace aux problèmes d’abus sexuels. Enfin la troisième partie offre une liste de ressources utiles comme du matériel éducationnel ou encore des liens électroniques vers des agences de protection des personnes mineures.

Même si les évêques reconnaissent que l’application d’un tel document prendra du temps, ce nouveau rapport est le signe qu’ils s’engagent à améliorer les pratiques dans leurs diocèses pour la protection des mineurs contre les abus sexuels.

Synode sur les jeunes: les vœux du pape François

(CNS photo/Paul Haring) See POPE-SYNOD-BEGINS Oct. 3, 2018.

Le synode sur les jeunes, la foi et le discernement s’est ouvert ce mercredi 3 octobre 2018, au Vatican. Pendant 3 semaines, des évêques, cardinaux, experts et jeunes du monde entier se rassemblent, autour du Saint-Père, pour échanger sur la manière dont l’Église aujourd’hui doit accompagner les jeunes dans leur vocation.

Jusqu’au 28 octobre prochain les 409 participants à cette Assemblée sont appelés à parler avec courage et franchise, en intégrant « liberté, vérité et charité ». C’est en ces termes que le Pape s’est adressé aux pères synodaux lors de son discours d’ouverture. Comme il l’avait déjà fait auparavant, le Pape François a insisté sur la nécessité de parler franc, car selon lui « une critique honnête et transparente est constructive », contrairement aux rumeurs et aux préjugés.

Si les participants sont invités à s’exprimer librement, ils sont aussi appelés à écouter humblement ; condition sine qua non à l’espace de dialogue. « C’est important pour le synode ! » a insisté le Pape qui demande que les travaux soient notamment rythmés par des moments de silence pour permettre à chacun d’intérioriser.

Mais « l’attitude de l’écoute ne peut pas se limiter aux paroles que nous échangerons » avertit François qui reconnait une Église en « déficit d’écoute » vis-à-vis des jeunes notamment qui ne se sentent ni compris ni accueillis, et parfois même rejetés par l’Église. Voilà pourquoi le Saint-Père invite ce synode à sortir des préjugés et des stéréotypes. Afin qu’il soit le signe d’une Église qui écoute, qui se laisse interpeler, sans toujours avoir une réponse toute faite, afin d’être plus crédible auprès des jeunes.

Le Saint-Père veut aussi mettre en garde contre les obstacles au dialogue et à la rencontre entre générations. Car « les jeunes sont tentés de considérer les adultes comme dépassés, et les adultes sont tentés de prendre les jeunes pour inexpérimentés. » Alors que les jeunes ne sont qu’une quarantaine au sein de cette Assemblée synodale, François veut éviter le risque de parler d’eux « à partir de catégories et de schémas mentaux désormais dépassés. » Voilà un des écueils à éviter lors de ce synode, afin de rendre possible une alliance entre générations.

L’autre risque auquel sont exposés les pères synodaux c’est le cléricalisme. Cette « perversion est la racine de nombreux maux dans l’Église », explique le Pape qui appelle les prélats à éviter ce fléaux en interprétant leur ministère non pas comme « un pouvoir à exercer », mais comme « un service gratuit et généreux à offrir. »

Si le présent, et notamment celui de l’Église, apparaît chargé d’ennuis, de problèmes, et de fardeaux, le Saint-Père exhorte toutefois à ne pas se laisser « tenter par les prophéties de malheur ». Au lieu de compter les échecs et ressasser les amertumes il invite plutôt à tourner le regard « sur le bien qui souvent ne fait pas de bruit, n’est pas le thème des blogs et ne fait pas la une des journaux. »

En conclusion de son discours le souverain pontife appelle de ses vœux « des propositions pastorales concrètes en mesure de réaliser la tâche du synode lui-même, c’est-à-dire de faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions, faire fleurir des espérances, stimuler la confiance, bander les blessures, tisser des relations, ressusciter une aube d’espérance, apprendre l’un de l’autre, et créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains, et inspire [à tous les jeunes] la vision d’un avenir rempli de la joie de l’Evangile. »

 

40 ans après sa mort, que retenir du « Pape au sourire » ?

(CNS photo/L’Osservatore Romano)

33 jours. C’est la très courte période durant laquelle Jean-Paul Ier a gouverné l’Église en tant que successeur de Pierre, du 26 août au 28 septembre 1978. Aujourd’hui, le quarantième anniversaire de sa mort nous donne l’occasion de revisiter ce pontificat, le plus court de l’histoire récente de la papauté.

Hormis son bref passage sur le Siège apostolique, que peut-on retenir d’Albino Luciani, surnommé « le Pape au sourire » ?

Au lendemain de son élection, le 27 août 1978,  le pontife fraîchement élu prend la parole place Saint-Pierre, lors de la prière de l’Angélus. Il revient alors sur les raisons qui l’ont poussées la veille à choisir son nom. « J’ai fait le raisonnement suivant : le pape Jean m’a consacré ici, dans la basilique de Saint-Pierre, puis, bien qu’indignement, je lui ai succédé sur le siège de saint Marc, en cette Venise qui est encore toute remplie de lui. Ensuite, […] le pape Paul m’a nommé cardinal, […] en quinze ans de pontificat, ce pape a montré, au monde entier, comment on aime, comment on sert, comment on travaille et on souffre pour l’Église du Christ. Pour cela, j’ai dit : “Je m’appellerai Jean-Paul”. Je n’ai ni la “sagesse du cœur” du pape Jean, ni la préparation et la culture du pape Paul. Cependant, je suis à leur place, je dois tâcher de servir l’Église. J’espère que vous m’aiderez par vos prières. » C’est donc en l’honneur de ses deux prédécesseurs que Jean-Paul Ier a choisi ce nom. Et c’était original, puisqu’aucun Pape avant lui n’avait choisi un prénom composé.

D’entrée de jeu, les premières paroles du nouveau pontife laissent transparaître, outre sa simplicité, une certaine humilité. Et du reste, c’est précisément le sujet de son allocution lors de sa première audience générale, le 6 septembre 1978.  « A ma droite et à ma gauche il y a des Cardinaux et des Evêques, mes frères dans l’épiscopat. Moi, je suis seulement leur frère aîné », lançait-il à la foule en introduction de sa catéchèse. « Nous devons nous sentir petits devant Dieu. Quand je dis : « Seigneur, je crois », je n’ai aucune honte à me sentir comme un enfant devant sa maman », disait-il encore avant d’exhorter les fidèles : « Même si vous avez accompli de grandes choses, dites : nous sommes des serviteurs inutiles. Nous avons une tendance toute contraire : nous voulons nous mettre en évidence. Humble, humble : c’est la vertu chrétienne qui nous concerne nous-mêmes. »

Les mots ne sont pas restés seuls. En effet, le 263ème Pape s’efforce dès son intronisation à humaniser la charge pontificale, en refusant par exemple de coiffer la tiare (lourde couronne à trois étages, symbole du pouvoir pétrinien). Le souverain pontife avait à cœur de rompre avec les lourdeurs protocolaires afin de se rendre plus accessible.

C’est précisément ce qu’explique l’actuel secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, dans la préface d’un ouvrage qui lui est consacré. Il décrit Jean-Paul Ier comme un pasteur proche du peuple de Dieu, insistant notamment sur « la proximité, l’humilité, la simplicité, la miséricorde de Dieu, la solidarité fraternelle et l’amour du prochain. » « Il n’a pas été choisi pour être un pasteur, mais parce qu’il l’était », avance encore le numéro 2 du Vatican, pour qui l’importance de son pontificat est inversement proportionnelle à sa durée.

Le 8 novembre 2017, le pape François a reconnu les vertus héroïques de Jean-Paul Ier, ouvrant ainsi la voie à sa béatification.