S+L logo

Le don de Dieu : la rencontre qui désaltère

16 mars 2017
Une réflexion pour le troisième dimanche du carême
Nous avons tous un aspect de nous-mêmes que nous souhaiterions différent. Quelque chose en nous que nous souhaitons autre. Souvent cet aspect est une source de honte, de peur, de regret ou d’embarras. C’est quelque chose qui nous rend malheureux et que nous aimerions voir disparaître. Nous souhaitons que ça change mais rien n’y fait ! Que peut-on faire de plus?
L’Évangile de ce troisième dimanche du carême (Jean 4,5-42) commence avec un curieuse précision de temps : « C’était la sixième heure, environ midi ». Jésus atteint une ville de Samarie où il y a un puits construit par Jacob le patriarche, celui qui a donné sa tunique de plusieurs couleurs à son fils Joseph. Jésus arrive vers midi. S’agit-il simplement d’une précision pour mieux définir les lieux ? Justement non ! À l’époque de Jésus, personne n’allait au puits au milieu du jour. Tout le monde s’abritait du soleil de midi. Personne ne voulait s’aventurer au puits, avec une cruche en plus, pour ensuite la ramener pleine à ras bord chez soi. Juste y penser nous fait transpirer !
Mais Jésus arrive à midi quand même. Le puits est désert. Il est fatigué et Il s’assoit. Une femme arrive seule pour puiser de l’eau. Elle ne s’attendait pas à rencontrer quelqu’un au puits. C’est précisément pour cette raison qu’elle a choisi de venir à cette heure-là. Quelle surprise de trouver un homme assis en pleine chaleur à midi ! Jésus lui demande une gorgée d’eau. La question la met mal à l’aise : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » Aucun Juif qui se respectait ne voulait avoir affaire avec un Samaritain au temps de Jésus. Cependant Jésus réplique : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire,” c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ».
La conversation qui suivra dépasse toutes les attentes de la femme. La voilà l’eau qu’elle cherchait ! Jésus sait qu’elle a eu cinq maris. Jésus sait que celui avec qui elle vit maintenant n’est pas l’un d’eux. La rencontre est si forte que, là sous le soleil de midi, la femme qui un moment avant voulait rester cachée et passer inaperçue, laisse sa cruche et se hâte vers la ville en s’exclamant : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Son témoignage est si lumineux que les gens de sa ville accueillent Jésus chez eux et croient en Lui.
Que tirons-nous d’une telle rencontre ? Quel impact a-t-elle sur notre chemin de carême et notre chemin de vie ? Nous aussi, nous avons soif. Nous aussi, nous avons des aspects de nos vies qui nous font honte et peur, qui nous rendent malheureux. Nous avons soif. Jésus vient à nous dans notre soif, dans les aspects de nos vies où nous avons le plus grand besoin de Lui. Il connaît ces aspects de nous avant même que nous disions un mot. Il sait que nous avons soif et Il lui tarde de nous désaltérer. Jésus vient essuyer la buée qui brouille le pare-brise de nos vies. Il est venu laver les taches que nous cherchons à dissimuler. Il est venu enlever notre péché et nous remplir de l’eau qui désaltère. Jésus est l’eau qui désaltère !
Jésus nous apporte quelque chose qui ne rentre pas dans une cruche. Jésus nous apporte l’amour de Dieu. Cet Amour vient à la rencontre de la femme au puits. Il connaissait déjà toutes sa vie et son histoire. Il a voulu la libérer de ce qui l’enchaînait le plus. C’est un Amour qui désire nous pardonner et nous rendre libres. Jésus nous parle non pas comme un juge impatient, mais comme un ami qui s’assoit à nos côtés sous le soleil de midi. Cet Ami a les réponses que nous cherchons. Il est Lui-même l’eau vive qui nous désaltère. Nous pouvons nous confier à Lui. Nous pouvons Lui parler comme à un ami, comme à quelqu’un qui nous connaît et qui nous veut du bien.
L’Évangile de la femme samaritaine nous lance un défi. Nous sommes appelés à l’imiter. Allez vers Jésus. Parlez avec Lui à cœur ouvert. Permettez-Lui d’entrer vos peurs, vos hontes, vos inquiétudes, et vos incertitudes. N’ayons pas peur. Il n’est pas venu nous juger. Il nous apporte l’amour de Dieu. Jésus vient à nous à midi. Il nous rencontre dans la chaleur, en plein midi, pour nous désaltérer. Jésus sait que nous avons soif. Il veut nous désaltérer. Jésus est l’eau vive qui nous désaltère !
À lire aussi
« Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson… »
FacebookTwitter
Seizième dimanche du temps ordinaire, Année A – 23 juillet 2017 Sagesse 12,13.16-19 Romains 8,26-27 Matthieu 13,24-43 Encore une fois, dans l’Évangile de cette semaine, des images d’arbres, d’arbustes et de plantes potagères en croissance nous offrent de profondes intuitions sur la lenteur et la discrétion de l’action du Royaume de Dieu parmi nous et ...lire la suite
La Parole de Dieu n’est jamais dite en vain
FacebookTwitter
Quinzième dimanche du temps ordinaire, Année A – 16 juillet 2017 Isaïe 55,10-11 Romains 8,18-23 Matthieu 13,1-23 Au verset 10 de la première lecture d’aujourd’hui, tirée du chapitre 55 du prophète Isaïe, nous lisons : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée ...lire la suite
Le joug léger et le sourire d’un Maître bienveillant
FacebookTwitter
Quatorzième dimanche du temps ordinaire, Année A – 9 juillet 2017 Zacharie 9,9-10 Romains 8,9.11-13 Matthieu 11,25-30 Lors d’une session d’été en France pendant mes études de premier cycle, je me rappelle avoir visité l’Abbaye de Saint-Honorat dans les îles de Lérins, dans le Midi. J’y ai été particulièrement frappé par une figure médiévale du ...lire la suite
Prendre sa croix avec générosité
FacebookTwitter
Treizième dimanche du Temps ordinaire, Année A – 2 juillet 2017 2 Rois 4,8-12a.14-16 Romains 6,3-4.8-11 Matthieu 10,37-42 À la lumière de l’histoire imagée de la première lecture du deuxième livre des Rois, voici quelques réflexions sur la vertu de l’hospitalité. Quelles leçons d’hospitalité peut-on tirer de la femme sunamite et de son mari ? Plusieurs ...lire la suite
«  Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu »
FacebookTwitter
Réflexion biblique du père Thomas Rosica c.s.b. pour le 12e dimanche du temps ordinaire, Année A (25 juin 2017) Le tragique portrait de la première lecture d’aujourd’hui, tiré du livre de Jérémie, nous présente une histoire de déception, de désolation et de terreur qui a amené le prophète à la limite du désespoir. Malgré tout ...lire la suite