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Réflexion du père Thomas Rosica c.s.b. sur saint André de Montréal

6 janvier 2017
Vous trouverez ci-dessous la réflexion du père Thomas Rosica c.s.b., Directeur général, Fondation catholique Sel et Lumière média, sur sur saint André de Montréal:
Le dimanche 17 octobre prochain, parmi les nouveaux canonisés par le pape Benoît XVI sera un Canadien de la Congrégation de Sainte-Croix, frère André Bessette. Pendant près de quarante ans, le frère André va travailler comme portier du Collège Notre-Dame dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal. Commentant plus tard la tâche qu’on lui avait confiée il dit : « On m’a mis à la porte et j’y suis resté toute ma vie. »
En tant que portier du Collège, le frère André loge dans une petite pièce près de l’entrée, pièce qui est aussi son bureau. Il presse les gens qui viennent le voir, de prier avec confiance et persévérance, tout en demeurant ouverts à la volonté de Dieu. Il les incite à prendre le chemin de la guérison avec foi et humilité, en allant se confesser et en recevant les sacrements de l’Église. Il encourage les malades à consulter un médecin. Pour lui, la souffrance trouve un sens lorsqu’elle est jointe à la souffrance du Christ. Il était attentif et présent à la tristesse et à la douleur des autres, mais était toujours de nature joyeuse avec un bon sens de l’humour. On raconte l’avoir vu pleurer avec les visiteurs qui lui confiaient leurs difficultés et leur peine. La rumeur de guérisons obtenues à la suite de ses prières, se répand. Alors que sa renommée de guérisseur dépasse les frontières, lui-même insiste toujours plus : « Je ne suis rien… qu’un simple instrument entre les mains de la Providence, un humble instrument au service de saint Joseph. »
Le frère André est décédé à Montréal le 6 janvier 1937 sans voir la fin de son rêve. On estime que plus d’un million de visiteurs de partout en Amérique sont venus lui rendre un dernier hommage dans les jours qui suivirent sa mort. Il fut béatifié par le pape Jean-Paul II le 23 mai 1982 à Rome. Le 17 octobre 2010, le frère André sera canonisé et deviendra le premier saint homme natif du Canada.
Grâce aux efforts, aux souffrances et à la foi du frère André, d’une petite chapelle sur le Mont Royal s’est élevée une grande basilique qui domine désormais Montréal et le paysage spirituel de tout un pays. L’Oratoire Saint-Joseph est le plus grand sanctuaire au monde dédié à saint Joseph, grâce au rêve du frère André Bessette. La puissance et la grandeur de Dieu se sont révélées à travers un humble frère de Sainte-Croix. « Pauper, servus et umilis » forme l’inscription latine au-dessus de son tombeau à l’Oratoire : pauvre, obéissant et humble serviteur. Ce sont les mêmes mots qui sont chantés dans le Panis Angelicus, ce magnifique hymne eucharistique. Qui peut dire pourquoi André a été choisi? Dans sa magnifique lettre circulaire à la famille Sainte-Croix plus tôt cette année, l’ancien supérieur général, le père Hugh Cleary, csc, déclarait : Peut-être qu’André a été choisi, tout comme Marie et Joseph, parce qu’il n’était rien aux yeux de ce monde ; il n’avait rien, rien ne le possédait. (…) Dieu l’a possédé en lui donnant ce qui lui importait le plus, lui accordant la réalisation de l’aspiration la plus profonde de son cœur.
Adulte, le frère André faisait à peine 1,50 mètre. Malgré cela, il était un géant de foi et de spiritualité, et son ombre veille toujours sur Montréal et sur le Canada. Il nous montre ce qu’il est possible de réaliser par la foi et l’amour. Pour reprendre les mots de l’humble portier : « L’artiste, c’est avec les plus petits pinceaux qu’il peint les plus beaux tableaux. »
Le Christ est la porte vers le Père, qui frappe à la porte de nos cœurs, de nos maisons, de notre Église. L’Église, et en particulier l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal, est la porte du salut, la porte du Royaume de Dieu. Le frère André était le portier de cet endroit béni. Le Seigneur est passé par ses doutes, ses infirmités, ses forces, sa persévérance et son ingéniosité pour construire une église et construire l’Église.
Nous franchissons chaque jour plusieurs portes sans même nous en apercevoir. Nous nous souvenons tous de l’époque où nos parents ou grands-parents « ne fermaient jamais à clé. » Nous vivons aujourd’hui à une époque de serrures et de systèmes d’alarme. Finis les jours où les portes de nos maisons s’ouvraient sans difficulté aux proches, aux amis, aux voisins. Les portes de nos maisons et de nos églises ne semblent plus s’ouvrir aussi facilement ou aussi souvent qu’avant. Il est urgent de trouver des manières d’ouvrir les portes de nos maisons, de nos églises et de nos cœurs à tous ceux qui ont besoin de nous.
À son époque, le frère André était le Portier de Montréal et est désormais l’un des gardiens spéciaux de la porte du Ciel. Il nous montre l’importance d’accueillir chaque personne comme le Seigneur lui-même. Certains viendront à nous dans la joie, d’autres seront effrayés, certains viendront guéris et d’autres viendront chercher la guérison. Saint André nous montre à être sensible et accueillant à tous ceux et celles qui frappent à nos portes. Puisse-t-il continuer à nous inspirer à ouvrir des portes et bâtir des ponts vers les personnes que le Seigneur met sur notre route chaque jour, spécialement celles qui sont malades, pauvres, seules et éprouvées. Aujourd’hui, puisse saint André de Montréal faire de nous des instruments de paix, de joie, d’amitié et de guérison.
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